Les invité-e-s du mercredi : Sébastien Chebret et Mirontaine (+ concours)

Aujourd’hui, c’est Sébastien Chebret qui a accepté de répondre à mes questions. Avec lui, nous revenons sur son parcours. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner un de ses albums. Ensuite, c’est avec une enseignante auprès d’enfants du voyage avec qui l’on a rendez-vous pour le Dans la classe de ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Sébastien Chebret

Sébastien ChebretParlez-nous de votre parcours ?
J’ai fait des études d’arts plastiques à Bordeaux avant de partir voyager pour dessiner. Quelque temps après mon retour, j’ai rencontré Gigi Bigot, conteuse qui m’a « connecté » avec les éditions Vents d’ailleurs, mon premier éditeur.

Quelle(s) technique(s) d’illustration utilisez-vous ?
Elles sont différentes en fonction des projets sur lesquels je travaille. Aquarelle, gouache, Les Etoiles d'Hubertacrylique, infographie, collages. J’aime ne pas rester sur une même technique mais en chercher des nouvelles.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’adorais lire les bandes dessinées classiques, Tintin, Asterix, Lucky Lucke, Pif et Hercule, Le journal de Spirou.

Y a-t-il des illustrateurs actuels que vous aimez particulièrement ?
Olivier Tallec, Christian Heinrich, Benjamin Flao, Jean-Francois Martin, Claude Boujon, Gwen Keraval, Olivier Latyk, Thomas Ott, Christophe Merlin, Marcelino Truong, et tellement d’autres…..

arrête de bouderPouvez-vous nous dire quelques mots sur votre travail sur Arrête de bouder sorti chez Les p’tits bérets ?
Un projet avec mon ami Christophe qui est né de notre rencontre avec Gaëlle Perret, éditrice aux p’tits bérets. Elle nous a évoqué de faire une histoire sur un loup, et Christophe a très vite trouvé cette histoire amusante. Pour la technique, j’ai scanné mes palettes d’aquarelle que j’applique par ordinateur sur mes dessins. Cela me permet d’insérer des petits détails.

Quels sont vos projets ?
J’illustre des histoires courtes pour tout petits écrites par Christophe Pernaudet et Géraldine Collet aux éditions Lito, des histoires moins courtes pour jeunes lecteurs aux éditions Marmaille. Des projets d’albums avec différents auteurs. Et un projet BD.

Bibliographie sélective

  • Chien boudin, illustration d’un texte de Zidrou, Les 400 coups (2014).
  • Toute la lumière sur l’obscurité, illustration d’un texte de Christophe Pernaudet, Les 400 coups (2014).
  • Chien fou, illustration d’un texte de Zidrou, Les 400 coups (2014).
  • Arrête de bouder, illustration d’un texte de Christophe Pernaudet, Les p’tits bérets (2014), que nous avons chroniqués ici.
  • Les étoiles d’Hubert, illustration d’un texte de Dominique Dimey, Les éditions des Braques (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pourquoi les éléphants sont-ils gris ?, 50 devinettes spécial éléphants, illustration d’un texte de Pierre Ruaud, Gründ (2013).
  • Contes d’Afrique, illustration d’un texte de Claude Lemoine, Tana Editions (2012)
  • La mystérieuse lettre au Père Noël, illustration d’un texte de Christine Deroin, Oslo Éditions (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon album à compter, illustration d’un texte d’Évelyne Touchard, Le pommier (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • L’entrée en maternelle, illustration d’un texte de Sandrine Bosc, Éveil et découvertes (2011), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Sébastien Chebret : http://www.sebastienchebret.com.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions Les p’tits bérets je vous propose de gagner un exemplaire d’Arrête de bouder de Sébastien Chebret (chroniqué ici). Pour cela, dites-moi, en commentaire, si vos enfants sont des boudeurs (ou si vous-même l’étiez) ! Vous avez jusqu’à mardi, 20 h !


Dans la classe de Mirontaine

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parle de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est Mirontaine qui nous parle des livres de sa classe. Mirontaine enseigne aux enfants du voyage.

Mirontaine, professeur des écoles cycle 3 et collège adapté, accompagne les enfants du voyage par correspondance et sur les aires d’accueil. La classe est différente puisqu’elle est itinérante. Accompagner les enfants du voyage se fait le plus souvent « hors classe » puisque leur mode de vie itinérante ne permet pas l’inscription en milieu scolaire ordinaire. Je travaille donc par correspondance avec les enfants mais aussi en présentiel dans les aires d’accueil lorsqu’ils sont de passage.

Les enfants du voyage n’ont peut-être pas de classe mais ils ont la même capacité à s’émerveiller face à la littérature jeunesse, hors les murs, en revendiquant leur liberté !

Un peu à la manière d’Esther dans Grâce et dénuement d’Alice Ferney, je tente d’apporter aux fils du vent l’émerveillement face à l’objet livre.

Mes supports préférés sont :

La caravaneLa Caravane de Kochka éditions Thierry Magnier.

Un court texte publié chez Thierry Magnier éditions dans la collection Petite poche. Un texte dans lequel je pioche des phrases pour tenter d’attirer la curiosité des enfants que j’accompagne. Ce petit livre aborde la scolarisation des enfants du voyage. Un sujet difficile puisque la vie itinérante ne permet pas toujours l’accès aux écoles pour les enfants de la communauté. De plus, l’éducation repose essentiellement sur l’oralité. On trouve peu d’écrits dans la culture tsigane, et encore moins des livres dont les enfants gitans sont les héros. Il en existe mais les titres sont peu nombreux.

La porte de l’école s’ouvre pourtant pour Jessy. Elle parcourt les routes avec sa famille et sur les lieux de campement, elle est inscrite provisoirement dans l’école communale, l’école de Jeanne. Jeanne et Jessy deviennent amies.

La lecture n’est pas une priorité pour la communauté tsigane, pourtant Django, le père de Jessy, souhaite qu’elle apprenne à lire et à écrire.

Dans la classe de CM1 de Madame Hallart, Jessy prend vite conscience qu’elle n’est pas comme les autres. Les vies sont différentes mais les enfants ont tant à apprendre les uns des autres. Jeanne collectionne les bruits de la montagne, elle ne peut que s’entendre avec la petite gitane.

On apprend mieux dans un esprit d’amitié. Mais comme toujours la quiétude du quotidien semble être bouleversée. Jessy, fille du vent, n’est que de passage.

Le vocabulaire simple, la typographie en gros caractères permet une lecture aisée pour les apprentis lecteurs ou les enfants non allophones.

Une autre pépite :

Je m'appelle NakoJe m’appelle Nako de Guia Risari, illustré par Magali Dulain, éditions Le baron perché.

Nako est un jeune garçon de la communauté des gens du voyage. Ceux que l’on appelle Tsiganes, Manouches, Bohémiens, Gitans, Romanichels, Sintis, Roms ou nomades.

Guia Risari s’intéresse aux gens qui n’ont pas de frontières, aux oiseaux de passage. Nako évoque son quotidien, à l’école où l’intégration est difficile. Il parle de sa maison avec des roues, de ses espoirs, ses rêves. On apprend à ses côtés la richesse de la culture tsigane, des coutumes, du sens accordé aux mots et dictons, aux valeurs de la communauté. L’histoire des Tsiganes n’est pas écrite, ce sont des traces, des histoires qui se racontent. Nako nous explique les noms donnés par les gadjé, des noms inventés, utiles pour l’administration. Ces noms n’évoquent rien pour les Tsiganes.

L’album révèle un foisonnement de styles et celui de l’illustratrice offre une jolie inventivité sur cette narration singulière. Les dessins de Magali Dulain illustrent parfaitement la spécificité du texte, certains dessins me rappellent ceux d’Audrey Calléja. Elle réussit brillamment à suggérer l’espace de liberté des campements tsiganes. Ses dessins miment l’expérience illusoire du temps et du mouvement.

À la fin de l’album, la chanson tsigane Djelem, Djelem de Zàrko Jovanovìc Jagdino est mise à l’honneur. L’hymne du peuple gitan fait référence à Porajmos (la dévastation) : l’extermination des Sintis par les nazis. Souvent l’ensemble de la communauté reprend le chant en cœur.

Un texte que j’aime faire lire aux plus grands :

L'été des gitansL’Été des gitans de Sylvie Fournout, chez Oskar Éditeur.

Un village du Sud, la chaleur d’un ciel de plomb, la douceur d’une maison, celle de Maria la grand-mère de Julie. Les cigales chantent, les vergers offrent des fruits délicieux, les vignes sont abondantes, c’est l’heure des vendanges. Comme chaque été, Maria accueille des gitans pour récolter le raisin. Nad est un fils du vent, le regard sombre comme celui d’un loup, très séduisant. Nad le gitan plaît à Sarah, la cousine de Julie mais aussi à Noah, la fille du maire. Une amourette d’été ? Un roman du terroir ? Un texte sur le racisme ?

L’Été des gitans est une leçon sur l’histoire d’une intégration difficile des peuples nomades. Les romans de littérature jeunesse évoquent souvent sur cette thématique la difficile intégration des enfants du voyage au sein des écoles. Sylvie Fournout choisit le temps d’un été, loin de l’espace clos des écoles. Le texte souligne la faculté du peuple gitan tel le loup intelligent qui réussit à survivre par une sorte d’adaptation naturelle, d’ajustement au milieu ambiant. Nad se sent chez lui dehors, lorsque la lune est solitaire, la fraîcheur se déploie, l’odeur des résineux devient intense et son cœur s’allège des paroles douloureuses. Tel le loup il n’y a plus rien entre le ciel et lui. C’est un beau roman sur la peur parce que « la haine, ça trouve son chemin tout seul ». Les histoires et les secrets s’entremêlent, celle de Nad et celle de Baptiste, le grand-père, sauvagement abattu. Autre temps, autre époque et les histoires se perpétuent de la même manière et l’on entend encore le vol noir des corbeaux.

Très belle parution avec une densité romanesque remarquable et un talent descriptif subtil chez Oskar Éditeur. Souvent toute la famille se réunit pour écouter la lecture de cette histoire et la communauté reste émue, une fois le livre refermé.

Alors petit à petit, heureux de constater qu’ils existent dans les livres des gadjés, les enfants se tournent vers d’autres livres…

La caravane

Inventaires

les robesVerte, jaune, rose,… En soie, en coton, avec ou sans jupon. À motifs, unie, longue, courte, avec ou sans accessoires, il y en a pour tous les goûts !
Vingt robes, vingt dames qui les portent à merveille, et vingt portraits de ces personnalités toutes différentes : voilà ce que propose Les robes, ce bel et grand album de Germano Zullo et Albertine ! Dans un album grand format, on découvre ces vingt tranches de vie. À gauche, quelques phrases pleines d’humour et de tendresse, que l’on devine dites par un enfant, et à droite, une grande illustration pour admirer les robes colorées, qui collent aux caractères de celles qui les portent. C’est beau !
Un album en forme de catalogue, d’inventaire, une galerie de portraits pleine de sensibilité, pour les petits et les (très) grands !

un éléphant et autres animaux de compagnieUn chat, un chien, un lapin, rien que de très classique en matière d’animal de compagnie ! Mais que dire d’une pieuvre, d’une taupe, d’un caméléon, d’un phacochère, ou bien encore d’un éléphant ? Certes, c’est moins courant, mais c’est loin d’être facile à vivre tous les jours !
Joséphine, Michelle, Alfred et les autres nous présentent chacun leur tour leur compagnon ! Et ça déménage ! Charlotte Voake signe une histoire pleine d’humour, avec une chute qui devrait faire sourire petits et grands, et la met en images avec des illustrations vivantes et  colorées !
Un album simple et tendre, pour rire en famille !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Albertine et Germano Zullo (Le génie de la boîte de raviolis, Dada et  À la montagne) et Charlotte Voake (Coucou les jumeaux). Retrouvez également notre interview d’Albertine et Germano Zullo.

Les robes
Texte de Germano Zullo, illustré par Albertine
La joie de lire
19,90 €, 287 x 378 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2014.
Un éléphant et autres animaux de compagnie
de Charlotte Voake
Gallimard Jeunesse
13,50 €, 276 x 226 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Christophe Niemann mêle dessins et objets du quotidien ! Amusant et surprenant !

Marianne

Des ours et leurs amis

les musiciens de la nouvellebreme_couvertureDans la forêt lointaine, on n’entend pas que le coucou ! De la musique s’élève, c’est Franky le Caribou qui chante… et ça énerve les autres caribous ! Il arrive la même chose à Max le Castor, qui adore taper avec ses baguettes de bois, à Dexter, le raton laveur, qui passe son temps à souffler dans les roseaux et à Charlie, le grizzli, qui a des rythmes qui lui dansent dans la tête. Alors ces quatre-là fuient leurs congénères et partent pour La Nouvelle-Brème, la ville qui aime les musiciens… sauf qu’en route ils vont se rencontrer !
Ce qui marque toujours, quand on lit un album de Pierre Delye, génial conteur, c’est à quel point le texte est rythmé, alors forcément un texte rempli de musique, on s’en donne à cœur joie en le lisant à voix haute ! L’auteur joue avec les mots, les sonorités et l’on se régale ! C’est drôle, fin, ça parle d’accepter nos différences, de vivre ensemble. Les illustrations de Cécile Hudrisier sont un mélange de collages et de dessins et comme d’habitude c’est magnifique !
Un bien bel hommage à la musique.

Le miel des trois compèresIl était une fois un renard, un loup et un ours qui se promenaient en forêt… Il était une fois trois nigauds perdus en pleine forêt… Il était une fois trois crapules qui rôdaient dans une sombre forêt… et quatorze autres histoires où il est question de miel…
Dix-sept histoires, donc, assez courtes avec chaque fois nos trois héros et du miel. Tantôt prêts à tout pour avoir le miel qu’ils viennent de trouver, tantôt prêt à le partager, tantôt ne le voyant même pas ! L’ensemble donne un album poétique et plein d’humour. Une sorte d’exercice à la Queneau. Les illustrations de Gaëtan Dorémus sont somptueuses.
Dix-sept petites histoires pour un album très original.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Pierre Delye (La drôle de maladie de P’tit Bonhomme, Ferme ton bec !, Les aventures de p’tit Bonhomme, La petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ? et La grosse faim de P’tit Bonhomme), Cécile Hudrissier (L’oiseau et la pièce d’or, Les aventures de p’tit Bonhomme, Comptines pour mon bébé, Le gâteau de Ouistiti, La moufle, Comptines pour compterComptines pour chanter les couleursLa petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ?, La grosse faim de P’tit Bonhomme, Il était une fois… Contes en haïku, Les plus belles chansons anglaises et américaines, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, Comptines pour chanter en anglais, Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme), de Richard Marnier (On ne sait jamais… et Est-ce la lune ?) et Gaëtan Dorémus (60 nouvelles expériences faciles et amusantes). Retrouvez aussi notre interview de Cécile Hudrisier.

Les Musiciens de la Nouvelle-Brême
Texte de Pierre Delye, illustré par Cécile Hudrisier
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm,36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2010.
Le miel des trois compères
Texte de Richard Marnier, illustré par Gaëtan Dorémus
Le rouergue
13,50 €, 160×240 mm,40 pages, imprimé en Belgique, 2014.

À part ça ?

À l’occasion des 20 ans de Mon Quotidien, François Hollande a été le rédacteur en chef d’un numéro spécial ! Vous pouvez télécharger gratuitement ce numéro.

Gabriel

La chronique numérique : Jouer avec les lettres

La Magie des motsVous avez déjà vu ça, vous, un alphabet qui parle ? C’est ce que nous propose L’Escapadou et ça s’appelle La Magie des mots. Inspirée de la méthode Montessori, cette appli vient à notre rescousse pour faire découvrir et aimer aux enfants l’écriture et même l’orthographe. Magique !
Comment ça marche ? L’appli se compose de quatre parties. « L’alphabet mobile » permet de créer des mots. La partie basse de l’écran se présente comme un clavier ; on peut choisir le type de lettre, majuscule ou minuscule, script ou cursive. Les consonnes apparaissent en bleu, les voyelles en rouge. On place lesLa Magie des mots lettres sur le plateau de jeu et là, la magie opère : une voix (masculine ou féminine) lit les sons, les mots et les phrases qui sont écrits. Et on peut tout expérimenter, inventer des mots, intercaler des chiffres (la voix lit même les nombres), entendre les différences entre les accents (grave, aigu, circonflexe), entre « lait » et « les ». On peut choisir la taille des lettres et on a la possibilité d’afficher une grille sur le plateau pour les aligner. Les trois autres parties fonctionnent à partir de listes de mots. L’appli intègre une douzaine de listes thématiques La Magie des mots(Mots pour débutants, Les 1500 mots les plus utilisés, Famille, Nombres, Animaux, Maison, Date, Nourriture, Corps humain, Sports, Vêtements, Mots invariables). Dans la partie « Apprendre en recopiant », à partir de la liste choisie, un mot s’affiche en haut de l’écran que l’utilisateur doit recopier. « Les Lettres mélangées » propose quant à elle, un mot, lu par la voix de l’appli, que l’on doit écrire sans modèle, mais avec uniquement les lettres qui le composent qui sont dispersées sur l’écran. Enfin, la « Dictée » est une dictée de mots, toujours choisis à partir des listes proposées. Un bouton d’aide donne des indices à l’utilisateur qui serait bloqué (à chaque clic, les lettres s’affichent les unes après les autres). Lorsque l’utilisateur réussit, une petite animation interactive s’affiche. La grande trouvaille de cette appli est le nombre d’options proposées. On peut notamment créer ses propres listes de mots, courants ou difficiles. Si l’on peut choisir la voix qui prononce les mots (masculine ou féminine), on peut aussi la faire parler plus ou moins vite, avec une tonalité plus ou moins aiguë, ce qui donne lieu à quelques fous rires… On choisit de toucher/glisser les lettres pour les déplacer ou bien uniquement de taper dessus à la manière d’un ordinateur. Par un clic sur une lettre, on peut entendre soit le nom de la lettre, soit sa sonorité. Et l’on peut bien sûr créer différents profils d’utilisateur.
La Magie des motsEt j’en pense quoi ? Disons-le tout de go, cette appli est formidable. À la fois ludique et pédagogique, c’est un moyen fantastique d’apprivoiser l’écriture et l’orthographe. L’alphabet mobile est une vraie trouvaille : on crée des mots au hasard, on éprouve leurs sons, tout est possible. Les nombreux réglages permettent d’adapter l’application à différents usages et même de s’amuser avec les lettres. Ils ont été extrêmement bien pensés, ce qui fait que l’appli est très facile d’utilisation. Et on peut s’en saisir à tous les âges : les petits découvriront le plaisir d’associer des lettres, de créer des sons, d’écrire et d’entendre leur prénom, les plus grands pourront réviser leur orthographe et se faire des listes de mots compliqués. L’Escapadou a pensé à tout. Bref, génial je vous dis !!
Bande-annonce :

C'est pas de l'eau, c'est des motsUn dimanche comme un autre, dans un petit village. L’orage menace. Les nuages noirs s’amoncellent, les éclairs zèbrent le ciel, jusqu’à ce que la pluie se mette à déferler sur les toits d’ardoises. Mais il ne pleut pas de l’eau, ce sont des mots ! Des mots de toutes sortes et de toutes tailles. Les lettres dégringolent sur les enfants ébahis qui partent à la chasse aux mots.
Comment ça marche ? C’est pas de l’eau, c’est des mots est composée de deuxC'est pas de l'eau, c'est des mots parties, l’histoire et deux jeux avec les lettres. Les sept pages de ce court livre sont animées et interactives. Le lecteur est invité à déclencher des éclairs, à rattraper les lettres qui s’enfuient dans les caniveaux, ou encore à créer des ribambelles de lettres qui montent vers le ciel. Le texte est très joliment lu par un enfant, Damien, mais on peut aussi choisir de lire le texte sans l’écouter. Quant aux deux jeux qui accompagnent l’histoire, il s’agit d’un jeu du pendu où l’on doit deviner un mot mystère en C'est pas de l'eau, c'est des motsattrapant des lettres avant qu’elles ne sombrent dans le caniveau, et d’un jeu de lecture dans lequel on doit associer un mot écrit avec sa prononciation.
Et j’en pense quoi ? C’est pas de l’eau, c’est des mots est donc l’histoire d’une rencontre, l’une des plus jolies qui soient, celle qui peut se faire entre des enfants et les mots. L’univers graphique, tout en nuances de gris, est très réussi. L’animation, toute en délicatesse, dans laquelle un travelling à travers une C'est pas de l'eau, c'est des motsfenêtre nous fait embrasser tout le village est simplement magnifique. On peut reprocher à l’histoire d’être un peu courte. Mais les jeux la complètent tout à fait. Dommage en revanche qu’il n’y ait pas de sommaire et qu’on ne puisse pas accéder directement à la partie des jeux. Avec tendresse et poésie, l’appli se propose de donner aux petits lecteurs en herbe le goût des mots.

La Magie des mots
L’Escapadou
Prix constaté : 3,99 € (Apple).
C’est pas de l’eau, c’est des mots
Texte de Marc Solal, illustrations de Marie-Paule Prot, lu par Damien
La Dentellière
Prix constaté : 3,99 € (Apple).

À part ça ?
Gaston et Lucie
Après le livre-disque, L’Incroyable Histoire de Gaston et Lucie est adaptée pour la scène par Monsieur Lune dans un concert illustré qui mêle avec bonheur musique, bande-son et vidéos (réalisées à partir des illustrations du livre de Sébastien Rost), et théâtre. Les Bovillains, habitants de Boville comme leur nom l’indique, vivent dans un monde où règne la beauté. Bien sûr, pour avoir conscience de cette beauté, il leur faut un faire-valoir. C’est le rôle de Gaston, petit blond habillé d’un costume bizarre, et surtout très laid (Gaston, pas le costume, quoique…), qui vit enfermé dans une cage de cirque, aux yeux de tous. Mais un jour, ou plutôt une nuit, le soleil ne se lève pas, et Boville reste plongée dans le noir. Gaston accepte de partir à la recherche du soleil (parce que si les Bovillains sont beaux, ils sont surtout bien peu courageux). Son voyage le mènera à Lucie, une Bovillaine un peu particulière… Avec beaucoup d’humour, Monsieur Lune et ses acolytes nous offrent un joyeux plaidoyer en faveur de la tolérance et de l’acceptation de l’autre. Sur scène, ils débordent d’énergie, ça swingue, et les enfants sont ravis. Ils seront en concert pour trois dates à Paris à partir d’avril, et toutes les dates de leurGaston et Lucie tournée se trouvent ici. Et si l’on veut continuer à danser avec Gaston et Lucie, on peut retrouver toutes les chansons du spectacle sur le livre-CD, sorti en 2010 chez Enfance et musique/Papaluna (histoire de Nicolas Pantalacci et Sébastien Rost, illustrations de Sébastien Rost, chansons de Nicolas Pantalacci, distribué par L’autre distribution,  prix: 19,90€).
Un petit extrait :

Erica

Original dans sa forme

Tout changeAvant c’était au coin du poêle qu’on devait se réchauffer, puis il y a eu les radiateurs dans chaque pièce. Avant, pour s’éclairer, une lampe à huile était nécessaire. Maintenant, il suffit de presser un simple bouton…
Les amis du Père Castor ressortent ce magnifique ouvrage de 1934 dans lequel on va comparer les époques… grâce à des lunettes magiques ! Si l’on regarde à travers la fenêtre rouge on voit le monde de 1834, dans la fenêtre bleue celui de 1934. Le principe va ravir les enfants (et même les parents) et l’ouvrage est superbe : illustrations à l’ancienne et beau papier.
Plus d’infos sur ce livre.

Album FéeMême principe dans l’Album Fée sauf qu’ici on nous raconte des contes classiques. On retrouve donc Cendrillon, Le chat botté, Les cygnes sauvages ou encore Peau d’âne. Chaque fois l’illustration est faite en deux tableaux mais pour les voir il vous faut utiliser les lunettes magiques. L’histoire est aussi racontée dans un court texte. C’est là encore un magnifique album qui nous vient des années 30.

La Grande TraverséeUn oiseau s’envole, c’est l’heure, il faut partir pour aller de l’autre côté. En chemin, il survole des arbres, des fourmilières et des usines, des villes… Mais que se passe-t-il à l’intérieur ?
C’est le même tour de magie que nous jouent Agathe Demois et Vincent Godeau avec La grande traversée. En baladant une « loupe » rouge fournie, on voit ce qui se cache dans le décor, à l’intérieur des gens et des maisons. C’est très poétique, complètement farfelu (ce qu’on voit à l’intérieur n’est pas « réel », on n’est pas du tout dans un documentaire) et assez magique.

julie stephen chhengAssis au cinéma, il regarde la fille à côté de lui. Autour de lui, les gens rient et ont peur.
Alors qu’elle bronze sur la plage, elle reçoit un avion en papier qui contient une déclaration d’amour, qui la lui a envoyée ?
Un voleur s’introduit dans l’immeuble, mais il est très vite repéré.
Sur le terrain de foot, alors qu’il a enfin la balle, il se passe quelque chose d’étrange…
Il y a une fête, des gens s’aiment.
Julie Stephen Chheng propose 5 tout petits livres qui se déplient. L’histoire commence sur la première page, sur une case. On ouvre la page il y a maintenant deux cases et nos héros sont rejoints par d’autres. On continue et il y a maintenant quatre cases puis ça sera huit puis seize. Peu de dialogues, l’objet est surtout graphique. Chaque livre est illustré par un-e dessinateur-trice différent-e (on retrouve notamment Serge Bloch).
Cinq livres objets originaux que vous pouvez découvrir ici : http://les-depliables.fr.

Tout change
de Georges Tcherkessof
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2008.
Album Fée
textes de Rose Celli et Marguerite Reynier, illustré par Hélène Guertik
Flammarion éditeur dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 240×260 mm, 10 pages, imprimé En France, 2013.
La grande traversée
d’Agathe Demois et Vincent Godeau
Seuil
16 €, 236×336 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014.
La fête
de Julie Stephen Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La plage
de Julie Stephen Chheng et Julien Chheng
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le cinéma
de Julie Stephen Chheng et Serge Bloch
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le voleur
de Julie Stephen Chheng et Jocelyn Gravot
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.
Le foot
de Julie Stephen Chheng et Thomas Pons
Les éditions Volumique dans la collection Les dépliables
8 €, 75×105 mm, lieu d’impression non indiqué, 2014.

Gabriel