Attention, ça va coller !

Aujourd’hui, je vous propose trois albums avec des gommettes ou des autocollants, trois albums différents et originaux. Attention, ça va coller !

Gommettes 2000Oubliez les vieux albums de gommettes, voici Gommettes 2000 ! Un album de loisirs créatifs original qui nous est proposé par Romain Gallissot (qui connaît bien son sujet puisqu’il est à la fois instit et chroniqueur de livres jeunesse). Ici, on ne va pas se contenter de recopier un modèle, de coller le carré sur un emplacement prévu… ici, on crée ! Avec les gommettes fournies (mais à mon avis va falloir en racheter), on va faire des poissons, des bonshommes avec uniquement des gommettes carrées, des hamburgers, des personnages et leurs animaux de compagnie…
Pour inspirer les enfants, cinq illustrateurs se sont prêtés au jeu ! Chamo, Lili Scratchy, Candice Hayat, Delphine Durand et Yassine ont eux aussi tenté de suivre les consignes.
Un cahier d’activité plein d’humour et original dont vous saurez tout sur le site consacré : http://www.gommettes2000.fr

VousBoris L'abécédaire à Colorier connaissez Boris, le héros de Mathis ? Voici L’abécédaire à colorier ! A comme avion, B comme bisou, C comme cousine… Les lettres sont écrites en majuscule et minuscule (pareil pour le mot) et il faudra donc colorier le dessin qui accompagne chaque lettre de l’alphabet. Petit plus, une planche de gommettes (repositionnables) avec 26 éléments qu’il va falloir retrouver dans l’album (et donc remettre l’autocollant sur son emplacement). Tout l’univers (et l’humour) de Boris se retrouve ici et les pages sont épaisses (donc on peut y aller au feutre !).
Apprendre l’alphabet avec humour et en s’amusant, merci Boris !

OnMa petite galerie d'art avec autocollants termine avec une visite de musée ?
Avec Ma petite galerie d’art en autocollants, on va découvrir de belles œuvres, classées par catégories, mais pas de façon passive. Ici, il faut remettre les autocollants des tableaux sur l’emplacement qui leur est réservé. On va aussi créer d’autres tableaux, grâce aux gommettes, en s’inspirant de ceux de grands peintres. De plus, de nombreuses annotations nous permettent d’en savoir plus sur les œuvres présentées (soit pour nous faire remarquer un détail, soit pour nous raconter des anecdotes).
Une façon ludique d’appréhender les arts (essentiellement peinture, mais aussi un peu de photo).

Quelques pas de plus…
Une sélection de cahiers d’activités et de loisirs créatifs regroupés dans un tableau pinterest.

Gommettes 2000
de Romain Gallissot, illustré par Chamo, Lili Scratchy, Candice Hayat, Delphine Durand et Yassine
Les fourmis rouges
15,50 €, 310×210 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2014.
Boris – L’abécédaire à colorier
de Mathis
Thierry Magnier dans la série Boris
10,90 €, 175×235 mm, 56 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.
Ma petite galerie d’art en autocollants
de Joséphine Thompson et Carles Ballesteros (traduit par Véronique Duran)
Usborne
Prix, 246×214 mm, 44 pages, imprimé en Chine, 2014.

Ils m’ont touchée !

Il est parfois difficile de définir exactement pourquoi un album nous a plu… C’est un peu le cas avec les deux titres que je vous présente aujourd’hui ! Il ont un petit quelque chose qui m’a charmée, séduite, et émue et que j’avais envie de vous faire partager !

Mais quelle idée !Tibelle est une jeune écureuil. Elle apprend un matin d’hiver que son Papi Charly est très malade. On lui dit qu’il va bientôt mourir.  Tout cela est un peu abstrait pour elle. Elle demande alors des éclaircissements à son père, qui va essayer de rendre les choses les plus concrètes et les moins difficiles possibles.
Je n’arrive pas, avec ces quelques mots, à retranscrire la poésie et la beauté de cet album ! Avec Mais quelle idée !, Pascal Brissy aborde le thème du deuil, en comparant l’existence humaine à celle d’une pomme de pin, qui quoiqu’on fasse, finit toujours par tomber un jour… pour mieux donner naissance à un nouvel arbre ! Les grands-parents, la maladie, la mort, la vie, la transmission, autant de thèmes que j’aime voir aborder en littérature jeunesse et qui sont ici abordés avec tendresse mais sans niaiserie. Didier Jean et Zad signent les très belles illustrations, qui nous plongent dans l’hiver et les paysages enneigés avec délice.
Un album fort pour parler de la mort ! Un coup de cœur !
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions Utopique.

mo-moMo-Mo a perdu ses mots. Sans eux, il se sent vide et il part donc à leur recherche. Il se rend notamment au Mot-zambique, pays lointain où il va vivre une grande aventure et rencontrer toutes sortes de personnages qui l’amèneront à se poser les bonnes questions pour avancer et remettre la main sur ce langage perdu.
Là encore, j’ai bien du mal à vous faire partager l’ambiance si particulière de cet album. Et pourtant, quel plaisir de découvrir cette histoire que l’on imagine aisément lue à haute voix par un conteur ! Les illustrations, joliment colorées, en grande partie composées de lettres, invitent vraiment à l’évasion dans ce monde imaginaire. On suit Mo-Mo dans sa quête, et on profite des jeux de mots et des belles phrases.
Original et pas forcément attirant au premier abord, cet album de Mickaël El Fathi m’a finalement charmée !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pascal Brissy (Le petit bonhomme de pain d’épice et La véritable histoire de Patam, champion de la savane) et  Didier Jean et Zad (Mes rêves au grand galop, Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts). Retrouvez également notre interview de Didier Jean et Zad.

Mais quelle idée !
Texte de Pascal Brissy, illustré par Didier Jean et Zad
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014
Mo-Mo
de Mickaël El Fathi
Motus
13 €, 235 x 265 mm, 38 pages, imprimé en France, 2014

À part ça ?

georges grueLe nouveau numéro du magazine Georges est sorti ! Il s’appelle Grue, et comme d’habitude, il en met plein la vue ! On va visiter un chantier avec la grande histoire, découvrir une nouvelle histoire de Panpi et Gorri, jouer avec des monuments célèbres, construire une grue en papier, découvrir le métier de cordiste, apprendre quelques mots de grec moderne, cuisiner des bricks,… Et je ne vous dis pas tout !
Comme d’habitude, la qualité est au rendez-vous, avec des thèmes originaux, des informations étonnantes et de belles illustrations variées qui donnent vraiment de l’allure à ce nouveau numéro, plein de vie et de dynamisme !

Magazine Georges, Numéro Grue, 8,90 €

Marianne

C’est qui le plus fort ?

La coccinelle et le caméléonUn caméléon aperçoit une coccinelle, tout de go il lui déclare qu’elle est bien petite, la coccinelle quant à elle trouve cet animal bien grand ! Le caméléon rétorque que lui au moins est élégant, la coccinelle objecte qu’elle au moins vole… S’en suit une petite conversation où chacun oppose à l’autre ses qualités pour lui faire comprendre qu’il est le mieux…
La coccinelle et le caméléon est un petit album plein d’humour signé Laurie Cohen et Marjorie Béal. Ici donc on se compare, on se trouve mieux que l’autre et la fin (très drôle) nous prouvera que tout avantage est relatif. On parle donc de la différence, d’accepter l’autre tel qu’il est et de relativiser nos « avantages ». Graphiquement, je trouve que c’est un des albums les plus réussis de Marjorie Béal (et d’après moi le meilleur album du duo).
Un bel album plein d’humour avec un beau message derrière.

D’unWaterlo & Trafalgar côté Trafalgar, de l’autre Waterlo. Chacun est derrière son mur, armé d’une longue vue et zieute l’autre. Waterlo observe Trafalgar, Trafalgar observe Waterlo… et par tous les temps ! Trafalgar voit un escargot, ça égaye son quotidien, mais celui-ci continue sa route… et fini chez Waterlo qui le mange ! Trafalgar hurle, menace, sort les armes, Waterlo hurle, menace, sort les armes. Puis on va se coucher. Et le lendemain, ça recommence…
Waterlo et Trafalgar est un album sans texte, proche de la BD, signé Olivier Tallec. Ici, on parle donc de deux hommes en guerre (sont-ils les gardes de deux peuples ennemis ? la réponse sera donnée à la fin). Trafalgar et Waterlo sont différents, ils n’agissent pas de la même façon, n’ont pas les mêmes armes, la même nourriture, mais au fond… ne sont-ils pas fait pour s’entendre ?
Un superbe album du génial Olivier Tallec qui nous fait réfléchir un peu et sourire pas mal.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Laurie Cohen (Dans la nuit noire, Une touche de…, Mon ami imaginaire, À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), Marjorie Béal (Lucien le magicien, L’histoire qui fait peurÀ la campagne, Et toute la ville s’éveille, Mes deux papas, Si petit, Si grand, Ma maison du bout du monde, et La fabrique extraordinaire) et Olivier Tallec (Jérôme par cœur, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte). Retrouvez aussi nos interview de Marjorie Béal et d’Olivier Tallec.

La coccinelle et le caméléon
Texte de Laurie Cohen, illustré par Marjorie Béal
Frimousse dans la collection Tralala itou
11 €, 185×185 mm, 24 pages, imprimé en Slovénie, 2014.
Waterlo & Trafalgar
d’Olivier Tallec
Père Castor
13 €, 195×260 mm, 58 pages, imprimé en Chine, 2012.

Deux romans forts

Le coeur des louvesCélia a fait la route toute seule, elle arrive, seule, au village de sa grand-mère. Celle-ci n’est plus. Il faut faire à nouveau entrer la vie dans cette maison, la faire respirer. Seule porte qui reste close, celle de la chambre de la grand-mère, Célia n’en a jamais eu la clef, elle n’a jamais eu le droit d’y entrer. Que cache-t-elle ? Célia se souvient avoir vu des gens, l’air maussade, entrer dans la pièce avec sa grand-mère, que venaient-ils y faire ? Une jeune femme est une institutrice qui vit dans un petit village où les jeunes filles disparaissent. Elle a fui son village à elle, où elle a vécu l’inqualifiable. Quelque chose lie ces deux jeunes filles, elles sont les louves.
Mais comment résumer un roman aussi riche que Le cœur des louves de Stéphane Servant. Un roman qui rend hommage au courage des femmes ? Un roman social ? Un thriller ? Une histoire de secrets de famille ? On y parle aussi d’homosexualité, de filiation, de transmission… et tant d’autres choses encore. L’écriture de Stéphane Servant est belle, et l’on se surprend à relire certaines phrases pour le plaisir des mots. Il nous entraîne avec lui dans cette histoire de femmes, de femmes qui se battent, de femmes humiliées. C’est un gros roman (près de 550 pages), mais on a du mal à le poser, l’auteur sait nous tenir tant dans les moments de suspense que dans le reste. Un roman fort, très fort.
Un magnifique roman hommage aux femmes proies qui deviennent femmes louves, autant (plus ?) pour les adultes que pour les ados.

(Petit aparté, j’ai tellement été pris par Le cœur des louves, que j’ai eu énormément de mal à passer à un autre livre… Je les trouvais tous insipides… j’en ai abandonné 4 avant de lire celui qui suit…)

AméliaLà où naissent les nuages est de celle qu’on remarque à cause de son surpoids. Dès qu’elle est contrariée, le chocolat est son meilleur remède. Son père est médecin, sa mère magistrate, Amélia vit dans une famille aisée. Ses parents sont particulièrement préoccupés par les autres et le monde qui les entoure, sa mère envoie d’ailleurs chaque année une grosse somme à une association en Mongolie. C’est un véritable choc lorsqu’elle apprend que le responsable de l’ONG est décédé. Le père d’Amélia décide que toute la famille doit aller là-bas le temps d’un été pour aider l’association, mais à cause d’un concours de circonstances, Amélia partira seule. Un été qui risque de changer sa vie.
Annelise Heurtier écrit généralement des romans forts, là encore. On est entraîné avec Amélia dans des bidonvilles où les enfants sont battus, vivent dans la rue, où des adolescentes accouchent seules dans des endroits sordides… Et pourtant, même s’il y a des moments forts, ce n’est jamais glauque, jamais violent. Amélia, 16 ans, va découvrir plein de choses à l’autre bout du monde, des choses sur elle-même notamment. Annelise Heurtier parle essentiellement de ça, d’apprendre à se connaître, d’apprendre qui l’on est. Elle ouvre des portes qu’elle ne referme par carrément, à nous de nous faire l’histoire.
Un nouveau roman très fort d’un auteur qu’on aime décidément beaucoup.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Stéphane Servant (Le gros goûter, Nos beaux doudous, Boucle d’ours, Le machin, Le crafougna et Le masque) et d’Annelise Heurtier (Combien de terre faut-il à un homme ?, L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre). Retrouvez aussi notre interview d’Annelise Heurtier.

Le cœur des louves
Texte de Stéphane Servant
Rouergue dans la collection DoAdo
17,50 €, 140×205 mm, 541 pages, imprimé en France, 2013.
Là où naissent les nuages
Texte d’Annelise Heurtier
Casterman
12 €, 146×220 mm, 199 pages, imprimé en Italie, 2014.

Les invités du mercredi : Sébastien Pelon, Isabelle Wlodarczyk, Thanh Portal et L’escamoteur

Aujourd’hui, nous recevons Sébastien Pelon, un illustrateur dont j’ai découvert le travail il y a peu et que j’avais envie de vous faire découvrir (et j’avais aussi envie d’en savoir plus sur lui). Ensuite, pour notre rubrique Parlez-moi de… j’ai eu envie de revenir sur le très beau roman Léo et Célestin (que nous avons chroniqué ici) avec ses auteurs et son éditeur. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Sébastien Pelon

Sébastien PelonPouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai grandi à Besançon avec un passage par le Havre puis Amiens avant d’atterrir à Paris pour mes études d’Arts.
Je suis diplômé de l’école Supérieure des Arts-Appliqué Duperré, j’ai commencé par travailler comme graphiste dans l’édition et à illustrer des livres en parallèle. Depuis deux ans je suis complètement indépendant. Je partage toujours mon temps entre graphisme et illustration avec maintenant une dominante pour cette dernière.

Y a-t-il des livres qui ont particulièrement marqué votre enfance et votre adolescence ?
Je me souviens des livres de Tomi Hungerer, Le géant de Zeralda en particulier. Et des petits livres d’or que me racontait ma grand-mère pendant les vacances, comme Les 5 petits pompiers et Sambo le petit noir.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Je travaille principalement sur ordinateur, ma technique s’apparente à de la gouache. Si on devait la comparer à une technique traditionnelle. Je fais également quelques albums en peinture (Matriochka, La Befana, et prochainement La Mamani à paraître chez Flammarion Père Castor), huile et acrylique principalement.

Parlez-nous de votre travail sur Robin des bois, avez-vous fait des recherches, vous êtes-vous inspiré de certains films… ?
J’ai effectivement regardé Robin des bois avec Kevin Kostner et le nouveau de Ridley Scott avec Russell Crowe. J’ai également revu le Walt Disney pour l’occasion. Je m’en suis un peu servi comme appui pour les costumes et décors mais sans plus. J’avais globalement en tête des choses assez différentes. Et puis ce qui est intéressant dans le fait de revisiter un classique, c’est justement d’essayer d’apporter quelque chose d’autre. Pour Robin, la forêt est un personnage important, je voulais qu’elle soit présente dans la mesure du possible et du découpage du livre, j’ai donc pris et regardé beaucoup de photos de forêt.

Quels sont vos projets ?
Je termine tout juste un album pour Flammarion Père Castor, l’histoire d’une gentille sorcière bolivienne qui aide une petite fille à sortir sa sœur des griffes d’un méchant sorcier qui lui a volé ses rêves. Il fait suite en quelque sorte à Matriochka et La Befana, du même auteur, comme un petit tour du monde des sorcières…
Toujours chez Flammarion, sortira prochainement un recueil des aventures de Sinbad le marin, un « gros morceau » que j’ai pris un grand plaisir à illustrer.

Bibliographie sélective :

  • Robin des bois, illustration d’un texte de Stéphane Frattini, Milan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Brune du lac, illustration d’un texte de Christelle Chatel, Nathan (2014).
  • Contes de Russie, illustrations de textes de Robert Giraud, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon livre des doudous : Où sont-ils cachés ?, Père Castor (2014).
  • Pourquoi les éléphants aiment-ils tant leur trompe ?, illustration d’un texte de Rudyard Kipling, Larousse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La Befana, illustration d’un texte de Sandra Nelson, Père Castor (2012),
  • Matriochka, illustration d’un texte de Sandra Nelson, Père Castor (2012),
  • Blanche Neige, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Milan (2011).
  • Ali Baba et les 40 Voleurs, illustration d’un texte d’Anne Royer, Lito (2011).
  • Un loup à la maison, illustration d’un texte de Mim, Milan (2010).
  • Série Nitou l’indien, illustrations de textes de Marc Cantin, Castor Benjamin (2004-2011).
  • Le loup et l’agneau et 3 autres fables de La Fontaine, illustrations de textes de Jean de La Fontaine, Père Castor (2003).

Retrouvez Sébastien Pelon sur son site : http://sebastienpelon.com.


Parlez-moi de… Léo et Célestin

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur un de nos coups de cœur, Léo et Célestin (chroniqué ici), d’Isabelle Wlodarczyk et Thanh Portal que j’ai eu envie de revenir (avec aussi l’éditeur, L’escamoteur).

isabelle Wlodarczyk Isabelle Wlodarczyk (auteur) :
Léo et Célestin est un court roman né d’une expérience un peu folle : c’est un livre inspiré d’un autre livre… écrit et illustré par Thanh et moi.
Avec Thanh, nous avions publié quelques mois auparavant un album autour de la thématique de la mémoire : l’histoire d’un renard qui se fait voler ses souvenirs. C’est Thanh qui a eu cette idée, je crois bien ! Nous souhaitions parler de la perte de mémoire, sans l’aborder frontalement.
Si le texte d’album a l’avantage de dire « sans dire », de suggérer, de donner à penser, à imaginer, le roman offre évidemment d’autres possibilités : donner vie aux personnages sur plusieurs chapitres, développer leurs marottes, leur donner un passé, les immerger dans un monde à eux qui les dépasse et leur donne sens. Avoir de l’espace. Je le confesse : j’ai bien du mal à rester dans le format album, je trouve l’exercice redoutable, quoique captivant ! Thanh et moi avions encore à dire sur la thématique du souvenir : nous avons pris la liberté de développer un deuxième livre, sur un sujet similaire, tout en faisant un livre différent… un petit roman policier.
Notre renard s’est donc réincarné en vieux renard, un inspecteur à la retraite, un jeune renard est venu le seconder. La relation qui unit les deux personnages sert de moteur au roman, puisque c’est par amour pour son grand-père que le petit-fils va tenter de le retrouver. Le format roman m’a aussi permis d’introduire un personnage secondaire — Arsène Lapin, un lapin voleur de grand chemin qui devient ami avec notre jeune renard — et de créer un petit monde, tout à eux. J’ai d’ailleurs pensé à une suite autour d’Arsène et du renardeau.
Léo et Célestin est donc une micro-expérience littéraire,… et c’était passionnant à réaliser.
Le site d’Isabelle Wlodarczyk : http://papierbrouillard.blogspot.fr.

Thanh PortalThanh Portal (illustratrice) :
Isabelle et moi avons des affinités et des goûts communs, on partage notamment le même amour du polar. Mémoire et Souvenir sont des concepts qui par ailleurs m’intéressent depuis longtemps.
C’est ainsi qu’un soir en papotant avec Isabelle une histoire est née.
Je crois me souvenir qu’au départ il s’agissait juste d’un personnage qui entrait dans le bureau d’un détective pour l’engager à retrouver un de ses souvenirs.
Nous en avons d’abord fait un album mais nous voulions prolonger l’aventure et accentuer l’aspect polar avec un personnage de vieux détective : c’est devenu Léo et Célestin, un roman.
J’ai choisi un traitement à l’encre avec beaucoup de traits noirs et de la gouache dans les tons bleus, puis orangés, de façon à poser une ambiance sombre et brumeuse.
Le roman est plus proche de notre idée de départ par rapport à l’album qui représente certaines contraintes narratives mais laisse plus de place à l’illustrateur.
J’ai vraiment adoré cette expérience !

Le site de Thanh Portalhttp://thanh.ultra-book.com.

l'escamoteur éditionsL’escamoteur (éditeur) :
Léo et Célestin est arrivé dans notre boîte aux lettres très rapidement après l’annonce des ouvertures des soumissions de projets Jeunesse. Une enveloppe marron contenant une lettre de présentation accompagnée du manuscrit. Sur la première page du livret A4, il y avait une illustration de deux renards marchant dans une forêt ; le dessin nous a tout de suite plu.
Chaque personne du comité de lecture a reçu tour à tour Léo et Célestin entre les mains. À chaque fois, le manuscrit était validé avec des commentaires toujours positifs tant sur la forme légère et poétique que sur le fond : l’histoire qui ne nous est pas indifférente, l’aventure et le courage de ce petit renard, les différents niveaux de lecture possibles, la quête du souvenir perdu et la maladie sans jamais en faire trop. Bref, Léo et Célestin était un livre qu’il fallait publier. Nous nous sommes rapprochés d’Isabelle puis de Thanh. Enfin, nous avons tous pris la décision de faire ce livre, ensemble.
Le travail avec Isabelle et Thanh a été formidable pour tous les acteurs de la maison d’édition. Le livre a été imprimé en octobre 2013 et depuis il est lu par de nombreux enfants mais aussi par des adultes qui le lisent puis l’offrent.
Le site de L’escamoteur http://www.lescamoteur.com.

Léo et CélestinLéo et Célestin
Texte d’Isabelle Wlodarczyk
Illustré par Thanh Portal
Sorti chez L’escamoteur
2013.
Chroniqué ici.