La mare aux mots

Soyons créatifs !

Par 18 avril 2015 Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Vos enfants sont déjà en vacances ou ça sera bientôt le cas, voici des idées de loisirs créatifs pour les occuper.

Mon grand bloc de dessins et de coloriagesOn commence par du coloriage. Mon grand bloc de dessins et de coloriages sorti chez Usborne (qui est quand même l’un des spécialistes du loisir créatif) est, comme son nom l’indique, particulièrement grand (35 cm sur 28). Ici, les activités de dessins proposées sont nombreuses ! Colorier une forêt en vert et jaune, personnaliser des baskets, compléter des dragons, dessiner des poissons dans l’eau, ajouter des tours à un château… Et graphiquement, il est plein d’humour et très sympa. Pas pratique pour le sac à main, mais super pour occuper des enfants dans le train pendant des heures !

Colorier, oui, mais en réfléchissant ! On voit de plus en plus de coloriages magiques. En voici quatre parus récemment.
Sorti chez Larousse dans la collection Mon cahier de coloriages magiques… très magiques, deux albums nous proposent de colorier des petites parties en fonction d’un code couleur, d’un chiffre ou d’une lettre, pour le premier, de couleurs, de symboles ou de fruits pour le second. En mettant du rouge là où il y a un ananas, un cœur ou un 4, du bleu là où il y a un citron, un triangle ou un A, on voit apparaître un dessin qu’on ne soupçonnait pas. C’est magique ! (et c’est une façon vraiment sympa d’apprendre les lettres et les chiffres et de suivre un énoncé)
GautierMême principe pour les deux albums sortis chez Deux coqs d’or dans la collection Les ateliers du calme sauf qu’ici les choses se corsent ! Dans Colos mystères avec des codes on va, par exemple, voir des mots dans des cases et l’on devra colorier en fonction des rimes, si dans la phrase c’est « ces », « sait », « c’est », « ses »… ou le cri d’un animal ! Bref, là il va vraiment falloir se creuser les méninges ! Colos mystère pixel art propose quant à lui des petits carrés qui une fois coloriés feront apparaître un dessin en pixel art… sauf qu’ici les choses ne sont pas forcément super simples non plus. Les exercices Bataille navale pixel proposent par exemple un quadrillage alphanumérique et une liste de type bleu = B2, C4, D26, rouge = A2, D16, E20… il va falloir être attentif ! Certaines pages proposent un exercice plus facile, le carré sera colorié de la couleur du point qui y est présent. Et le résultat est vraiment sympa.

Le livre-jeux de TrotroLes enfants vont être ravis de retrouver leur grand copain (qui fête en ce moment ses 15 ans), l’âne Trotro. Dans Le livre-jeux de Trotro, on ne va pas trouver que des coloriages, mais aussi des jeux ! Les enfants devront entourer ce que mange un lion, associer des oreilles au bon animal, compter les éléments de la garde-robe de Trotro ou continuer des lignes de boucles.
C’est varié, et entrecoupé d’histoires qui rendent le cahier plus intéressant qu’un simple cahier de jeux.
Un livre-jeux parfait pour les fans du petit âne trop trop rigolo.

Gruffalo autocollants et activitésSi vous êtes plus Gruffalo qu’Âne Trotro, vous allez préférer le cahier d’activités et d’autocollants du célèbre monstre de Julia Donalson et Axel Scheffler. Ici aussi des coloriages, mais également des images à compléter avec les autocollants, des paires à reformer, des trous dans une histoire à boucher… En fin d’ouvrage, on trouve même une activité créative (des guirlandes en papier du gruffalo) et un jeu de cartes à détacher ! C’est, là aussi, complet et varié (y’a même des recettes !), les fans vont vraiment se régaler !

Les activités sont variées également dans Le grand bain sorti chez Palette… (maison qu’on aime beaucoup pour la qualité de ses ouvrages). Ici, on s’arme de bâton de colle, paire de ciseaux, crayon ou encore peinture et l’on va s’amuser avec des œuvres. Dessiner ses rêves après avoir découvert le Téléphone Homard de Dali, créer le portrait d’un animal en collant des papiers prédécoupés en s’inspirant de Matisse, créer un musée en exposant des objets de sa chambre dans une autre pièce après avoir pris connaissance du Museum Shop de Meshac Gaba, regarder d’une autre façon un objet du quotidien après avoir découvert la Fontaine de Duchamp. Les idées sont très diverses, parfois un peu farfelues et vont surtout permettre de trouver de l’inspiration pour des ateliers sympas (contrairement aux autres cahiers, on ne va pas forcément tout faire le cahier de la première page  à la dernière, mais on trouvera des tas d’idées). Un cahier totalement original… qui peut être déconcertant pour certains.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

On va aussi retrouver des œuvres connues dans Mes premiers pas d’artiste sorti chez Usborne. Ici aussi, il nous faudra du papier, de la colle, des ciseaux et bien d’autres choses pour essayer de créer en s’inspirant de grands maîtres. Par exemple, L’été d’Arcimboldo nous inspirera pour créer un visage en découpant des vieux magazines. L’Arbre généalogique de René II, duc de Lorraine d’un artiste anonyme nous donnera l’idée de faire le nôtre en découpant et collant des pommes en papier. Après avoir découvert le Paysage exotique du douanier Rousseau, on va créer des oiseaux exotiques en se servant de feuilles et de nos mains. Bref, c’est là aussi très imaginatif et l’on découvre vraiment beaucoup d’œuvres (avec un langage à la portée des plus jeunes). C’est à la fois culturel et éducatif, on fait vraiment connaissance avec de grandes œuvres et l’on s’amuse, on crée soi-même. Bref un très chouette livre pour trouver des tas d’idées.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Je dessine pas à pas les personnagesOn reste chez Usborne et maintenant on va apprendre à dessiner en suivant des étapes pas à pas. Une funambule, un cow-boy, un explorateur, un chanteur, un basketteur… ici, ce sont les personnages qu’on apprend à dessiner. L’ouvrage est particulièrement bien fait et les enfants, s’ils aiment dessiner vont adorer. C’est le cas de ma fille de 7 ans qui a passé beaucoup de temps sur cet ouvrage, ravie d’arriver à dessiner à la perfection des personnages qu’elle connaît. Ici, on dessine directement sur le livre, ce qui en fait un ouvrage pratique pour le train !

Mon petit monde à jouerUne toute nouvelle série de cahiers d’activités sortie chez Gallimard : Mon petit monde à jouer. Ces super cahiers sont signés Marion Billet. Ici, on colle des autocollants (repositionnables et fournis) sur des décors, on cherche et trouve, on apprend à dessiner des personnages, on décore, on aide un personnage à sortir d’un labyrinthe, on cherche des différences entre deux dessins, on retrouve l’ombre qui va avec le personnage… mais les ouvrages proposent aussi des pochoirs et des papertoys (un petit pliage à réaliser grâce à une maquette prédécoupée). C’est non seulement beau graphiquement parlant et ludique, mais c’est aussi bourré d’infos documentaires pour apprendre des choses. Quatre cahiers sont déjà sortis : Animaux, Pirates, Princesses et Ninjas… et on les adore !

Les amis du Père CastorC’est une activité très originale que je vous propose maintenant. Créer des lanternes magiques et des images lumineuses ! C’est grâce à la très belle maison d’édition des Amis du père Castor que l’on peut retrouver ces ouvrages qui nous viennent des années 30 (les livres sont des rééditions à l’identique). Dans les deux ouvrages Lanterne Magique on va découper les parties blanches des dessins avant d’y coller des morceaux de cellophane coloré (fourni). On se servira de la plaque obtenue pour projeter une forme colorée. Dans le premier ouvrage on trouve des animaux, des plantes et des décors, dans Au pays des 1001 nuits on va trouver des personnages et des décors inspirés des célèbres histoires. Légèrement différent, Contes de fées propose quant à lui des images lumineuses. Ici, ce n’est pas le dessin que l’on découpe, mais les zones de vide (si ce n’est pas clair, dans les deux premiers on va par exemple enlever la forme du coq alors qu’ici on va garder la forme des personnages, c’est le décor qu’on retire). Ici, on fixera le résultat sur une fenêtre. Les planches proposées sont inspirées du Petit Chaperon Rouge, du Petit Poucet, de Cendrillon, de Peau d’âne, de La Belle au bois dormant et de Riquet à la Houpe.
Une super activité pour enfants soigneux (à faire plutôt au cutter, avec des ciseaux ce n’est pas facile).

On termine par des autocollants ! Les enfants adorent les coller… et pas que là où il faut !

Autocollants TrotroOn retrouve notre ami Trotro avec une petite boîte contenant 100 autocollants le représentant lui, son père, sa mère et sa sœur Zaza. Pas de décors fournis ici, mais on pourra placer les autocollants sur un dessin que l’on aura fait auparavant, par exemple ! Dans la petite pochette La chambre de Trotro on trouve par contre un décor (la chambre de Trotro, vous l’aurez compris) et 40 autocollants pour la décorer ! Une activité pratique à transporter qui va vous laisser un peu de temps tranquille dans les transports !
Dans la même collection que Trotro, papa, maman et Zaza, on retrouve aussi une boîte Trotro et ses amis (avec là aussi 100 autocollants) et dans la même collection que La chambre de Trotro, une pochette Le jardin de Trotro.

1000 stickers animaux1000 stickers animaux, sorti chez Gründ est un petit carnet (qui tient dans le sac) dans lequel on va trouver plein (1000 en fait) d’animaux autocollants. Ours, hibou, perroquet, baleine, hippocampe… Ici, on ne peut pas dire que ce n’est pas varié ! En plus, les dessins sont pleins de douceur. De quoi décorer, là aussi, une multitude de dessins !

Smiley world 5000 citations en stickersPour les plus grands, deux autres carnets d’autocollants sortis également chez Gründ (qui décidément préfère le terme anglais, stickers, au terme français, autocollant) : Smiley World 1000 stickers bonne humeur ! et 500 citations en stickers.
Dans le premier, il est question de garder la « smiley attitude » avec des citations positives (« La vie est belle », « En mode positif », « C’est le moment où jamais d’être heureux »…), des bons pour un câlin, un sourire ou un cadeau, des motifs ou des dessins pleins d’humour. Bref, c’est plus un ouvrage pour les préados qui veulent décorer leurs cahiers !
C’est un peu la même chose avec 500 citations en stickers. Ronsard, Chamfort, Céline, mais aussi Hitchcock, Coco Chanel ou Coluche (rien de M. Pokora) sont ici cités sur des autocollants à détacher. De quoi habiller les cahiers avec des citations qui nous plaisent particulièrement.

Quelques pas de plus…
Une sélection de cahiers d’activités et de loisirs créatifs regroupés dans un tableau pinterest.

Mon grand bloc de dessins et de coloriages
Collectif
Usborne
7,95 €, 355×280 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2015.
Mon cahier de coloriages magiques… très magiques ! couleurs, symboles et fruits
d’Isabelle Nicolle
Larousse
4,90 €, 210×297 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Mon cahier de coloriages magiques… très magiques ! couleurs, chiffres et lettres
d’Alain Boyer
Larousse
4,90 €, 210×297 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Colos mystères avec des codes
d’Aurélie Desfour, illustrations de Lili La Baleine
Deux coqs d’Or dans la collection Les ateliers du calme
4,95 €, 210×297 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Colos mystères pixel art
de Aurélie Desfour, illustrations de Yassine
Deux coqs d’Or dans la collection Les ateliers du calme
4,95 €, 210×297 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Le livre-jeux de Trotro
de Bénédicte Guettier
Gallimard jeunesse giboulées dans la collection Trotro
6,50 €, 210×295 mm, 64 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Guffalo, autocollants et activités
d’après Julia Donaldson et Axel Sheffler
Gallimard jeunesse dans la collection Gruffalo
9,90 €, 260×270 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2015.
Le grand bain
de James Lambert et Sharna Jackson (traducteur non crédité)
Palette…
14,50 €, 210×298 mm, 64 pages, imprimé en Europe, 2015.
Mes premiers pas d’artistes
de Rosie Dickins (traduit par Claire Lefebvre)
Usborne
9,95 €, 250×280 mm, 62 pages, imprimé en Chine, 2015.
Je dessine… pas à pas les personnages
Texte de Fiona Watt (traduit par Déborah Cixous), illustrations de Candice Whatmore
Usborne dans la collection Je dessine !
8,95 €, 215×250 mm, 96 pages, imprimé en Chine, 2015.
Animaux
de Marion Billet
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à jouer
9,90 €, 220×300 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2015.
Ninjas
de Marion Billet
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à jouer
9,90 €, 220×300 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2015.
Princesses
de Marion Billet
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à jouer
9,90 €, 220×300 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2015.
Pirates
de Marion Billet
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à jouer
9,90 €, 220×300 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2015.
Lanterne Magique
Dessins de Lalouve
Flammarion Éditeur Paris dans la collection Albums du père Castor
5 €, 212×214 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Au pays des 1001 nuits
Dessins de Lalouve
Flammarion Éditeur Paris dans la collection Albums du père Castor
5 €, 212×214 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Contes de fées en images lumineuses
Dessins de Lalouve
Flammarion Éditeur Paris dans la collection Albums du père Castor
5 €, 212×214 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Trotro, papa, maman et Zaza
de Bénédicte Guettier
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Trotro
5,90 €, 100×190 mm, 100 autocollants, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
La chambre de Trotro
de Bénédicte Guettier
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Trotro
3,50 €, 130×180 mm, 40 autocollants + un décor, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
1000 stickers animaux
de Sejung Kim
Gründ
8,95 €, 164×120 mm, 99 pages, imprimé en Chine, 2015.
Smiley World 1000 stickers Bonne humeur !
illustrateur non crédité
Les Livres du Dragon d’Or dans la collection Smiley World
9,95 €, 166×210 mm, 48 pages, imprimé en Pologne, 2015.
500 citations en stickers
de Sonia Feertchak
Gründ
9,95 €, 166×210 mm, 24 pages, imprimé en Pologne, 2015.

Gabriel

 

Si tu réfléchis…

Par 17 avril 2015 Livres Jeunesse

Imaginez. Imaginez que tous les animaux de la Terre aient disparu, tous à part les girafes. Imaginez un monde peuplé de girafes. Sa grande taille ne lui permettrait plus de voir les autres animaux, ses oreilles de les entendre… elles seraient seules. Quelle tristesse. Imaginez maintenant un monde sans hommes et femmes à la peau blanche, à la peau noire, à la peau jaune… Que des hommes gris, uniquement des gris. Plus de gros ni de maigre, plus de grands ni de nains, que des gens identiques, avec la même voix, les mêmes vêtements, la même coiffure. Imaginez ce monde-là.
C’est une belle ode à la diversité que nous propose François David. Il rappelle, à travers ce conte philosophique, l’importance des différences, la tristesse que serait un monde sans nos singularités. J’avoue avoir été moins touché par les illustrations, mais tout ça n’est qu’une histoire de goût (et la littérature jeunesse, elle-même, serait tellement triste si toutes les illustrations se ressemblaient, non ?).
Un album à l’humour subtil pour nous rappeler l’importance d’être différents.
Le même vu par Enfantipages.

Les autresSur Terre, il y a des gens blancs, il y a aussi des gens noirs et des gens jaunes, il y a des corpulences diverses, des différences d’âges et même de richesse. Nous sommes tous différents et en même temps nous sommes les mêmes, fait de chair et d’os. Nous rêvons tous, nous espérons tous avoir une belle vie. L’amour nous donne à tous des ailes. Et nous avons besoin des autres.
Ici aussi, Orianne Lallemand rend hommage à la diversité. Elle rappelle, elle aussi, l’importance de ne pas être tous identiques, mais en même temps elle rappelle également que nous sommes tous faits de la même chose. Son texte est à la fois simple et poétique, parfaitement en adéquation avec les illustrations de Servane Havette.
Un album poétique et délicat pour se rappeler l’importance des autres.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Les Lunettes du bonheurQu’est-ce que le bonheur ? À la question posée par un adulte, l’enfant répond que c’est recevoir des cadeaux, quand il fait beau, quand il reçoit la visite de sa grand-mère, quand c’est les vacances ou son anniversaire. Mais alors, les jours où le temps est gris, où l’on ne voit pas sa grand-mère, les jours sans vacances et sans anniversaire, les jours sans cadeau… on ne peut pas être heureux ? Parfois, il suffit de voir la vie d’une certaine façon et le bonheur se trouve facilement.
Des lunettes pour voir le bonheur ? Vous l’aurez compris, ici il s’agit surtout d’ouvrir les yeux et de mieux regarder autour de soi. Le bonheur se trouve partout pour celui qui sait regarder. Et si vraiment il n’apparaît pas, avec les yeux fermés on peut l’imaginer !
Un texte plein de poésie et de philosophie pour se rappeler que le bonheur est en chacun de nous.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de François David (La planète Avril, Charlie, L’homme, Un rêve sans fin, Georges Brassens, à la lèvre un doux chantVole vole vole, et Les bêtes curieuses) d’Orianne Lallemand (Au secours ! Un fantôme, Let’s go to school with Jenny and Jack !Let’s play with colours with Jenny and Jack !, La Princesse Optipois, Le loup qui changeait de couleurLe loup qui fêtait son anniversaire, Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas NoëlLes chaussettes de GaspardAu secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’écoleAu secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur). Retrouvez également notre interview de François David.

Des girafes et des hommes
Texte de François David, illustré par Lisa Nanni
Océan Éditions dans la collection Océan Jeunesse
15 €, 205×230 mm, 36 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Les autres
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Servane Havette
Éditions du Jasmin
12,50 €, 220×220 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Les lunettes du bonheur
Texte de Denitza Mineva
Éditions du Jasmin dans la collection La cabane sur le chien
12,90 €, 220×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Un super blog découvert grâce à Fille d’album, Mi-Kids, Mi-raisins : http://mikidsmiraisin.tumblr.com.

Gabriel

Ah, l’amour !

Par 16 avril 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires d’amour, deux coups de cœur !

Attention chantier amoureuxHubert creuse des tunnels. C’est son métier et sa passion. Maud, creuse aussi des galeries. Mais elle, elle préférerait écrire des livres pour enfants. Alors quand ils se rencontrent, ils parlent nécessairement de trous et de sous-sols, et Maud imagine toutes les histoires qu’elle pourrait écrire sur cet homme passionné…
Quelle histoire d’amour singulière que celle qui naît entre ses deux personnages, Hubert et Maud ! Pierre-Emmanuel Dufour nous fait vivre leur rencontre, la naissance de leurs sentiments. C’est plein de délicatesse et de tendresse, et les illustrations de Julie Grugeaux fouillées et originales nous laissent entrevoir leur univers souterrain, si particulier.
Attention ! Chantier amoureux est un album simple comme on les aime, qui met du baume au cœur et le sourire aux lèvres !
Vous pouvez feuilleter cet album en ligne sur le site des éditions L’initiale.

Les amoureux du livreLe petit bonhomme à moustache vit sur la page de gauche. La petite dame aux cheveux frisés vit sur celle de droite. Ils sont très amoureux l’un de l’autre. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais il y a un hic, un obstacle infranchissable : la reliure du livre, ce fossé qui les sépare. Heureusement que le lecteur est là pour leur permettre de se retrouver régulièrement, à chaque fois qu’il tourne la page, et que le personnage de droite retrouve celui de gauche.
En lisant cette drôle d’histoire, j’ai immédiatement pensé à La paire de chaussures, un des Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari. Cet amour qui paraît impossible à vivre tant les obstacles sont nombreux, et qui finalement triomphe ! Cette fois, Frédéric Laurent implique directement le lecteur, et j’aime cette interactivité qui naît entre l’objet du livre et celui qui lit ! Dorénavant, à chaque fois que je tournerai une page, je me dirai que je permets peut-être à deux personnages de se retrouver !
C’est optimiste, léger et plein d’humour tant dans le texte que dans les illustrations ! Les amoureux du livre est une belle réussite !
Vous pouvez consulter quelques pages de cet album sur le site des éditions Balivernes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres albums de Julie Grugeaux (L’accumulatôr à bidouilleries) et Frédéric Laurent (La vraie fausse histoire du Minotaure, L’oubli de Noé, Un autre monde, Momotaro, Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus). Retrouvez également notre interview de Frédéric Laurent.

Attention ! Chantier amoureux
Texte de Pierre-Emmanuel Dufour, illustré par Julie Grugeaux
L’initiale
12 €, 200 x 200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les amoureux du livre
de Frédéric Laurent
Balivernes dans la collection Calembredaines
13 €, 240 x 240 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2015.

À part ça ?

Jim Denevan dessine sur le sable, et c’est assez impressionnant !

Marianne

Les invité-e-s du mercredi : Elitza Dimitrova et Françoise Cruz (+concours)

Par 15 avril 2015 Les invités du mercredi

J’avais envie cette semaine d’en savoir plus sur les éditions Elitchka et le mieux, pour ça, était d’interviewer Elitza Dimitrova son éditrice. Elle a accepté de répondre à mes questions. À la suite de ses réponses, vous pourrez tenter de gagner son dernier album, Maritchka et Marie. Ensuite c’est avec Françoise Cruz que nous avons rendez-vous. Auteure et éditrice, elle revient sur Comme les autres pour notre rubrique Parlez-moi de… Bon mercredi à vous !


L’invitée du mercredi : Elitza Dimitrova

Elitza DimitrovaComment sont nées les éditions Elitchka ?
Un jour, je me suis rendu compte qu’on ne connaissait pas, ou peu, en France, la littérature bulgare pour enfants. Pourtant, il y a en Bulgarie des auteurs dont les écrits ont une portée universelle et qui méritent d’être connus. Certains, tels Anguel Karaliitchev ou Kina Kudreva, ont obtenu le prix Andersen. Il m’a semblé qu’il y avait, là, une lacune à combler. Et comme la création d’une entreprise est toujours un acte de foi, je me suis lancée.
Élitchka est née ainsi, en Alsace, en décembre 2013. Souhaitant promouvoir le patrimoine culturel bulgare, loin de toute institution étatique, en toute indépendance, elle présente des contes populaires et des contes d’auteurs de Bulgarie sous la forme d’albums qualitatifs grand format, avec un graphisme épuré.

Quelle est votre ligne éditoriale ?
La maison met en avant des histoires d’aventures, à morale, des contes-randonnées, illustrés par des artistes français et bulgares (surtout français, pour le moment, et des premiers livres), et inédits en France. Ce sont avant tout de belles histoires sans âge. Chacune est un coup de cœur. Nos thèmes de prédilection sont la liberté, la force créative, l’émancipation, le voyage initiatique.
Une histoire de dragonsEn 2014, la maison a créé trois livres. Une histoire de dragons (Edvin Sugarev et Sylvie Kromer) est un conte sur l’affirmation de soi. Une larme de maman (avec les images de Céline Corréale) est considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature bulgare pour enfants, elle est née de la plume d’Anguel Karallitchev, le Andersen de la Bulgarie. Maritchka et Marie (texte populaire revisité, illustré par Elisabeth K. Hamon) met en scène deux fillettes et une baba, personnage lumineux qui aide les enfants seuls à trouver leur chemin dans la vie. C’est un hommage à mes deux grands-mères qui ont joué un rôle très important dans la mienne.

Que signifie ce nom, Elitchka ?
Elitchka désigne en bulgare le petit sapin, l’arbre toujours vert. Cette maison est une recherche du regard de l’enfant qui ne juge pas le monde qui l’entoure, et qui y puise sa force. Elle représente un pont jeté d’un bout à l’autre de l’Europe, un pont qui relie mon pays d’origine à mon pays d’adoption. Je souhaite que les enfants qui lisent nos livres en gardent une émotion pour la vie, et se sentent plus déterminés sur leur chemin.

Comment choisissez-vous les projets que vous éditez ?
Chaque projet est un coup de cœur. Je cherche d’abord un texte qui m’inspire, qui me parle, et la plupart du temps il s’articule autour de mes thèmes favoris — la liberté, la force créative, l’ouverture au monde. Je tâche non pas de présenter des contes épars, mais de développer une politique d’auteur. En 2014, nous avons lancé de jeunes illustrateurs avec qui nous continuons de travailler.

une larme de mamanParlez-moi de vous, quel est votre parcours personnel ?
Après avoir terminé mes études secondaires dans un lycée français, à Haskovo, en Bulgarie, j’ai eu l’opportunité de m’inscrire dans une université en France (sur concours organisé par l’Alliance française). Ainsi, en septembre 1995, j’ai fait le voyage Sofia-Paris-Avignon, et après trois jours de car et de train, je suis arrivée à la cité des Papes. J’avais 18 ans, deux valises, et je n’étais jamais sortie de la Bulgarie auparavant. J’ai donc entamé des études de lettres modernes qui se sont terminées à Paris 4 par une spécialisation en littérature comparée, traduction de la poésie. J’ai pu approcher la traduction littéraire grâce à la patience et aux conseils constructifs d’un excellent directeur de recherches. Parallèlement à mes longues études, j’ai travaillé dans un magasin à temps partiel, et fait beaucoup de petits jobs complémentaires à côté, sans oublier quelques stages dans l’édition. Ensuite, j’ai eu la chance de travailler pour Sabine Wespieser Editeur, puis chez les éditions de Tournon, avant de déménager en Alsace où j’ai continué les tâches rédactionnelles et éditoriales en free-lance. Et le jour de créer Elitchka est arrivé. C’était le moment ou jamais.

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant, adolescente ?
Enfant, je dévorais les contes, qu’ils soient populaires, de tous pays, ou d’auteur. J’adorais Les 1001 nuits. Ma grand-mère maternelle, qui avait été danseuse, m’a sensibilisée à la poésie. Elle m’offrait des recueils de chants populaires, chantait elle-même en bulgare, en français et un peu en grec, récitait des poèmes, me racontait les romans qu’elle lisait. J’ai gardé le goût de ces lectures-là pour toujours, contes, poésie, prose poétique. Je n’ai jamais eu, ado, un engouement pour les romans d’aventures ou de science-fiction, mis à part les romans d’Alexandre Béliaev, notamment L’Homme amphibie, et il y avait très peu, ou pas, de BD dans nos librairies bulgares à cette époque de transition politique — j’ai redécouvert le genre en France. Donc, des contes, je suis passée directement aux romans « adultes ». Le premier qui m’a vraiment marqué était Tabac de Dimitar Dimov (le père de la romancière Théodora Dimova, auteure du très remarqué Mères). J’ai découvert en même temps La Bible et Ainsi parlait Zaratoustra, auquel je n’ai pas compris grand-chose, mais j’ai été subjuguée par ses allures de prêche et sa force poétique. Parmi les poètes bulgares, j’avais toujours avec moi les recueils de Yavorov, de Vaptzarov et de Daltchev, je lisais beaucoup de femmes poètes, pas forcément classiques.

Maritchka et MarieQuels sont vos projets ?
Dans un premier temps, je prévois de lancer une petite collection de livres de poche issus de nos albums grand format, et toucher ainsi un lectorat différent.
Pour l’automne, je prépare un projet avec la talentueuse Clémence Pollet, d’après un conte de Sugarev, Conte lent en rouge. C’est un chant jubilatoire en hommage à la force créative des enfants, souvent opposée au monde très concret et très pragmatique des adultes. Le Chat-Peintre (ou à bas, la censure !), du même auteur, verra sans doute le jour en 2016, et je prévois de le confier à un illustrateur de Mulhouse, Bearboz.
Un autre conte d’Anguel Karaliitchev, La Luciole et le Hibou, devrait être travaillé en collaboration avec l’illustratrice strasbourgeoise Sherley Freudenreich. Il y est question de la lumière dans les « profondes ténèbres de la nuit ».
Nous devrions également lancer une collection poésie avec un premier recueil de Margaritt Jékov, poète contemporain bulgare d’inspiration chrétienne. Lycéenne, j’ai découvert sa poésie, et la sérénité qui s’en dégageait. Ses sujets ont évolué avec le temps, mais Jékov reste un poète de l’époque post socialiste à découvrir. Cinq de ses poèmes sont parus dans la revue Europe en octobre 2006.

Bibliographie :

  • Maritchka et Marie, texte d’Eli, illustré par Elisabeth K. Hamon (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Une larme de maman, texte d’Anguel Karaliitchev (traduit par Eli), illustré par Céline Corréale (2014).
  • Une histoire de dragons, texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Sylvie Kromer (2014), que nous avons chroniqué ici.

Pour aller plus loin, Elitza Dimitrova a également répondu a une interview d’Un livre dans ma valise.

Concours :
Elitza Dimitrova et les éditions Elitchka vous donnent la possibilité de gagner un exemplaire du dernier album de leur dernier livre,  Maritchka et Marie (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, dites-nous en commentaire à cet article quel est votre conte classique préféré, vous participerez au tirage au sort. Vous avez jusqu’à mardi 20 h.


Parlez-moi de… Comme les autres

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Comme les autres (chroniqué ici), un très bel album sur un enfant surdoué qui ne veut pas être différent. Françoise Cruz, auteure et éditrice, a accepté de nous en parler.

francoise CruzComme les autres est une histoire qui vit en moi depuis… toujours.
D’abord, on est enfant, on observe et intuitivement, on comprend plus ou moins. Ensuite, devenue adulte (enfin, presque !), j’ai continué à observer et surtout à questionner, à la fois les enfants, mais aussi les parents.
Augustin qui a 9 ans et qui a peur de ne pas être à la hauteur de ce que ses parents attendent de lui, je le vois partout.
J’avais envie d’écrire sur la souffrance des enfants qui réussissent à l’école (on parle souvent de l’échec scolaire) et auxquels on en demande toujours davantage, auxquels on demande, même implicitement, de ne pas « chuter », « pas redescendre ».
Cette souffrance-là est souvent muette. Elle n’a pas le droit de s’exprimer, parce que les enfants savent que cela déplairait à leurs parents.
Pour continuer à se sentir valorisés à leurs yeux, à être « forts », les enfants vont intérioriser un esprit de compétition féroce, qui parfois occulte tout le reste.
Ils vont vivre dans la terreur de décevoir. De ne plus correspondre à l’image que leurs parents, leurs proches, leur renvoient d’eux-mêmes. En fait, ils ont peur de ne plus être aimés.
Ce qui est paradoxal, c’est que c’est cet esprit de compétition qui est ensuite et souvent dénoncé.
Je trouve cette souffrance terrible, dévastatrice… Il me semble essentiel que les parents puissent dire à leurs enfants « Notre amour est sans condition. Nous souhaitons pour vous une réussite scolaire, mais notre amour ne dépend pas de vos résultats à l’école ».
C’est très complexe ce rôle de parents et je ne me pose pas comme juge, étant moi-même mère de famille. Avec humilité, j’ai juste cherché à envoyer un signal à certains parents. Je pense que l’on peut facilement tomber dans ces pièges d’autosatisfaction par rapport à nos enfants. Mais leur vie leur appartient ! Je sais, cela peut paraître comme d’enfoncer une porte ouverte, mais j’avoue que je suis parfois choquée, j’ai l’impression que les enfants font partie de la panoplie des « Parents modèles » !
Et bien non ! Nous n’avons pas le droit de tout exiger de nos enfants, même si nous avons le devoir de leur demander de chercher le meilleur en eux-mêmes.

C’est un sujet délicat que celui des enfants surdoués, car si intellectuellement ils sont au-delà de la norme, affectivement, ils continuent à avoir les besoins que leur âge exige.

Avec « Comme les autres », j’ai essayé de dire tout cela, de dire encore, en quelques pages, qu’avant de trouver sa propre identité, sa singularité, il y a le passage obligé pour un enfant, de se sentir comme les autres. À partir de là, il sera possible pour lui de construire sa personnalité.

Quand j’ai proposé ce sujet à mon éditrice, elle a tout de suite réagi positivement… il faut vous dire que mon éditrice, c’est moi !
Françoise Cruz

Comme les autres
Comme les autres
de Françoise Cruz
Sorti chez Naïve (2014)
Chroniqué ici.

Partir, partir…

Par 14 avril 2015 Livres Jeunesse

Le KojikiUn soir, après que son papa lui a souhaité bonne nuit alors que sa maman est absente, l’enfant entend dans le noir une voix qui lui demande comment tout a commencé et pourquoi il est lui-même. Effrayé par cette voix mais aussi par cette question à laquelle il ne parvient pas à répondre, l’enfant retourne auprès de son père, qui lui raconte alors l’histoire des origines. Une histoire qui met en scène le premier couple de la Terre, Izanagi et Izanami, et qui n’est pas sans rappeler plusieurs mythes plus connus en France, comme celui d’Adam et Éve ou celui d’Orphée et d’Eurydice. Embarqué dans le récit par une sorte de rêverie éveillée, l’enfant suit avec Izanagi et Izanami la création du monde, la naissance de l’enfant-feu, la mort d’Izanami, posant mille et une questions sur ce qu’il voit.
Kojiki est au départ un recueil de mythes racontant l’origine des îles qui forment le Japon. On dit qu’il serait le plus ancien texte japonais encore existant. S’en inspirant, Yan Allegret imagine une histoire dense (il y a quand même beaucoup de texte) et exigeante (même les adultes y trouveront des pistes de réflexion et de rêverie). Le questionnement existentiel sur la vie et la mort, mené par la naïveté sincère de l’enfant, est très beau et émouvant. Les illustrations mêlent des esquisses très sommaires au crayon (que j’ai un peu moins aimé) et des jeux de couleurs qui sont vraiment magnifiques : ça explose littéralement, c’est magique.
En résumé, c’est un album pointu et philosophique qui amènera sûrement beaucoup de questions de la part de vos enfants. Soyez préparés !
Le même vu par Sous le feuillage.

couv bateau de fortuneLa journée commençait mal pour l’ours Michao, la chevrette Marguerite et le petit renardeau. Arrivés à la plage, ils se rendent compte qu’ils ont tout oublié : les maillots, les serviettes, les seaux, les pelles et les râteaux. Personne ne sait quoi faire et la petite bande est bien déçue… Mais c’était sans compter sur le pouvoir de l’imagination : quelques algues, des bouts de bois et des coquillages, et l’ennui s’évanouit !
Voilà un bel album qui rappelle que la Nature a bien des cadeaux à nous offrir, il suffit d’imaginer. Avec ses textes courts et ses illustrations plein pot, il est idéal pour les soirs de vacances en bord de mer. De grandes illustrations un brin vintage, un soupçon de mystère (qui sont les personnages les uns pour les autres ?) et beaucoup de poésie : voilà la recette réussie de ce livre qui vous donnera des envies d’air pur et de simplicité !
Des extraits sur le site de l’éditeur.

couv - Le Roi de la pisteMonsieur Coin, un palmipède expert-comptable, s’évade le temps d’un week-end à Proupatel, un petit village de montagne. Il est tellement impatient qu’il dort avec ses skis aux palmes ! Le lendemain, il file sur les pistes, tel un bolide, profitant de cette liberté loin de ses dossiers, prêt à pulvériser le record de vitesse. Mais voilà qu’un ours en raquettes traverse la piste. Un dérapage contrôlé, et hop, Monsieur Coin évite l’ours brun de justesse. Celui-ci, étonné de voir ce skieur si pressé, le met au pari d’arriver le premier au café de la station. Sûr de gagner, notre palmipède tombe dans une crevasse dans laquelle il rencontre un ancien diplomate devenu ermite car dégoûté par l’hypocrisie des hommes. Enfin, c’est ce qu’il dit en tout cas…
Personnellement, je suis assez fan de Nicolas de Crécy, et cet album ne m’a déçu ! Le texte est assez dense (il vous faudra certainement plusieurs séances de lecture pour en venir à bout) mais j’ai retrouvé sa poésie, son audace (glisser les mots « palmipède », « hydrocarbures » ou encore « plantigrade » dans un livre recommandé pour les enfants dès 4 ans, on peut parler d’audace, non ?), son sens du récit et, bien sûr, ses illustrations très travaillées.

Papa hérisson rentrera-t-il à la maison ?Alors qu’il parcourt la nature à la recherche de victuailles pour sa famille, Papa Hérisson s’aventure dans un panier à pique-nique drôlement alléchant, dans lequel il se retrouve prisonnier. Enfermé dans un carton dans la cabane au fond du jardin (si ça se trouve, c’est Cabrel qui a fait le coup), il parvient à s’échapper. Commence alors un long périple, semé de dangers, comme la route sur laquelle filent les voitures ou la mort aux rats qu’il ingère par erreur, mais aussi d’amis…
Les noms de l’auteur et de l’illustrateur, Nicolas Hénin et Pierre Torres, vous disent peut-être quelque chose : journalistes reporters, ils ont tous deux été enlevés en juin 2013 et retenus en otage en Syrie jusqu’en avril 2014. Au cours de leur captivité, ils ont imaginé ce hérisson loin de sa maison, dont le seul but est de rentrer chez lui auprès de sa famille. Autant dire que cette histoire a une portée symbolique très forte. Au-delà de ça (vous n’êtes bien sûr pas tenu de raconter l’origine de l’ouvrage), c’est aussi un récit positif et plein d’espoir, qui invite à se mettre à la place de ces animaux qu’on cherche à apprivoiser et à mettre en cage, et de tout ce qui sont loin de chez eux (comme dirait Lââm).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Olivier de Solminihac (Le dragon dans les dunes), de Stéphane Poulin (Bartleby le scribe et Marius).

Le Kojiki, demande à ceux qui dorment
Texte de Yan Allegret, illustré par Carla Talopp
Gallimard Jeunesse Giboulées
16 €, 240×300 mm, 51 pages, imprimé en Europe, 2015.
Le Bateau de fortune
Texte d’Olivier de Solminihac, illustré par Stéphane Poulin
Sarbacane
15,50 €, 244×324 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Le roi de la piste
De Nicolas de Crécy
Cambourakis
15 €, 208×277 mm, 46 pages, imprimé en Lettonie, 2015.
Papa Hérisson rentrera-t-il à la maison ?
Texte de Nicolas Hénin, illustré par Pierre Torres
Flammarion
13,50 €, 247×308 mm, 30 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?
Le Kojiki, demande à ceux qui dorment, c’est aussi un spectacle pour les enfants dès 8 ans, mis en scène par Yan Allegret. Il sera en représentation au théâtre Dunois, dans le 13e arrondissement de Paris, du 20 au 30 mai. Une merveilleuse façon de prolonger la lecture de l’album et la réflexion sur le monde.

Marie

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