La mare aux mots

Séparations [article en libre accès]

Par 17 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux albums sur le divorce. L’un comme l’autre aborde le sujet de manière originale et intelligente. Dans le premier, la vie dans deux maisons différentes est illustrée par un système de rabats et, dans le second, l’orage qui précède la séparation laisse place à la paix…

Quand les parents décident de divorcer, la famille se divise tout à coup dans deux maisons. Une semaine chez maman, une semaine chez papa, des jouets chez maman, des jouets chez papa… Deux lieux de vie différents ! On décore ses deux chambres, on fait des activités avec chacun des parents et la vie suit tranquillement son cours.
Cet album est réellement utile parce qu’il en existe malheureusement trop peu sur la garde alternée, surtout pour les très jeunes lecteurs et lectrices. Tout est fait ici de manière intelligente et ludique. Les rabats permettent d’observer comment se passe la vie chez maman, puis chez papa et/ou inversement. L’album pourrait presque servir de guide rassurant aux enfants de parents divorcés, pour leur montrer que la vie va suivre son cours normalement et que le fait d’habiter dans deux lieux différents ne doit surtout pas les inquiéter. Bon, on passera sur les quelques clichés sexistes, la mère vit dans la maison avec une porte rose et fait un gâteau pour l’anniversaire (le père emmène l’enfant au bowling, lui). Mais au moins, l’album a le mérite d’exister et compte tenu de la rareté des livres sur ce thème et pour ce lectorat, cela reste tout de même très positif.
Un bon outil pour présenter et aborder la question de la garde alternée pour les tout-petits.

À la maison, c’est comme un début d’orage. Papa commence à gronder, maman à pleurer et depuis sa chambre, le jeune enfant entend tout et se sent triste. Au début, on ne lui explique rien, mais il voit bien que l’ambiance à la maison se détériore dangereusement. Au fil des années, l’orage finit par carrément exploser. C’est d’abord l’incompréhension totale. Pourquoi est-ce qu’il faut partir de la maison ? Pourquoi est-ce que la vie, c’est désormais papa OU maman plutôt que papa ET maman ? Mais le temps passe et, chacun de leur côté, les parents ont chassé les nuages. Dans les deux maisons, la météo est revenue au beau fixe. Finalement, cette grosse tempête a remis les choses en ordre et tout le monde est bien plus heureux comme ça, chacun dans sa maison.
Cette histoire est réellement touchante. Le ton est très juste, dénué de pathos. C’est un bel album, aussi bien dans les illustrations que dans le texte. Ici, le thème tourne plutôt autour de la dégradation des rapports entre les parents et sur la façon dont le divorce a permis à tout le monde de retrouver une vie paisible et agréable. Dans cet album, le divorce est abordé comme un retour à l’équilibre, ce que je trouve très intéressant. L’autre bon point très positif, c’est que les personnages sont vraiment peu genrés. Déjà, il est très compliqué de savoir si le personnage principal est un petit garçon ou une petite fille et du côté des parents, le papa pleure, la maman hurle et inversement.
À lire d’urgence, à mettre dans toutes les bibliothèques et dans toutes les écoles.

Retrouvez les autres albums que nous avons chroniqués sur le thème du divorce ici !

Chez papa et maman, mes deux maisons
de Melanie Walsh
Gallimard Jeunesse
13,50 €, 255 x 275 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2015.
La Séparation
de Pascale Francotte
Alice Jeunesse dans la collection Histoires comme ça
11,40 €, 240 x 170 mm, 40 pages, imprimé à Malte, 2014.

Du berger à la bergère : de Taï-Marc Le Thanh à Flore Vesco

Par 16 août 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, Stéphane Servant et Madeline Roth, Patrick Pasques et Sévérine Vidal, Thanh Portal et Maurèen Poignonec, Coline Pierré et Loïc Froissart, cette semaine c’est Taï-Marc Le Thanh qui a choisi de poser des questions à Flore Vesco !

Taï-Marc Le Thanh : Mais… mais… Pourquoi ?
Flore Vesco : Parce que dans l’Intermonde d’Aube’r’Djinn, l’Archiduc de FeuNooyes avait promis de ne se remarier qu’avec une femme plus difficile encore avec la nourriture que sa précédente épouse, laquelle était morte lapidée par des goules ectoplasmiques alors qu’elle tentait de s’enfuir du Monde des Conques-Ombres où elle était prisonnière, enfermée là lorsqu’elle était enceinte, suite à son enlèvement par le frère adoptif et presbyte de l’Archiduc, qui était jaloux de leur bonheur, si bien que l’Archiduc ne pouvait pas savoir que la séduisante jeune servante aux trois estomacs était en réalité sa fille.

Taï-Marc Le Thanh : Pourrais-tu cependant préciser dans quelles circonstances ?
Flore Vesco : Mais enfin Taï-Marc, tu suis ou quoi ? Les circonstances sont celles des tensions politiques entre l’Intermonde et le monde des Conques-Ombres, et des complots qui se trament à la cour Gète, qui plongeront l’Archiduc et sa famille dans la tourmente.

Taï-Marc Le Thanh : Mais t’arrive-t-il de penser à autre chose ?
Flore Vesco : À autre chose qu’au destin du peuple des Six Trooyes, maintenant qu’un convecteur spatiotemporel a ouvert un portail entre les mondes ? Oui, des fois, je pense aux garçons. (*)

Flore Vesco : Quelle est la première question que je vais te poser ? 
Taï-Marc Le Thanh : Dans la catégorie des petites malines, il y a les petites malines-et-demi, et les petites malines-trois-quart. Ce qui m’intéresse présentement se situe dans ces micro-portions de malice. C’est ce qui fait le sel de la communication selon moi. Les embûches sont nombreuses et les pièges tendus d’une subtilité à toute épreuve. Et je pense que c’est à travers une micro-portion de cette même malice que tu as opté pour cette mise en abîme de toute beauté. Je te répondrai donc par la suivante : ta première question est celle qui antécède à la première réponse de ce questionnaire.

Flore Vesco : Whoa !! Mais comment as-tu fait pour deviner du premier coup ?
Taï-Marc Le Thanh : Avant d’être auteur, j’étais policier (la résolution de l’affaire du Titanic c’est moi), puis j’ai été mentalist (la résolution des chaussettes orphelines c’est moi également), et enfin je suis devenu profiler (la résolution de la tartine de confiture a été un jeu d’enfant). Alors tu penses, résoudre une mise en abîme, trop fastoche.

Flore Vesco : Hey, t’as vu, j’ai entrepris avec une grande subtilité de déclarer ma flamme à un jeune homme. Des conseils ?
Taï-Marc Le Thanh : Feindre l’indifférence. Se montrer grossière et capricieuse, jusqu’à attirer l’attention. Une fois que le jouvenceau a mordu à l’hameçon : feindre l’indifférence, se montrer grossière et capricieuse. Pratiquer la technique du comique de répétition, du déjà-vu (pronounce didja-vou’), et surtout, surtout : opter pour la mise en abîme (si le technicien au son pouvait juste me coller un peu d’écho sur les derniers mots, façon Les cochons dans l’espace, ça serait parfait). La mise en abîme est LA solution, elle libère l’espace des opportunités, élargit le champ des possibles. Et le vide finit par se combler, et le cœur par battre au diapason avec celui de l’être aimé. Mais je pense que la mise en abîme n’a aucun secret pour toi.
Une dernière chose : toujours avoir avec soi un technicien du son pour ajouter de l’écho à tes phrases de-ci de-là. Ça fait toujours un peu plus classe, surtout si tu fais référence aux Cochons dans l’espace (ça rime donc c’est vrai).

(*) Surtout ceux qui aiment le gruyère de France, et font un usage immodéré des parenthèses et points-virgules.
(y a plus qu’à espérer qu’il va tomber sur cette page et se reconnaitre)
(la Mare aux mots = le lieu idéal pour avouer sa flamme en toute discrétion).

Bibliographie de Flore Vesco :

  • Louis Pasteur contre les loups-garous, roman, Didier Jeunesse (2016).
  • De cape et de mots, roman, Didier Jeunesse (2015).

Retrouvez la sur son site : florevesco.com

Bibliographie (sélective) de Taï-Marc Le Thanh :

  • Les 7 de Babylone – Tome 1 : La mémoire des Anciens, roman, Slalom (à paraître en septembre 2017)
  • série Le Jardin des épitaphes, romans, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Carnaval Jazz des animaux, livre-CD, illustré par Rose Poupelain, raconté par Édouard Baer, musique de The Amazing Keystone Big Band d’après Camille Saint-Saëns, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Yéti, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • série Jonah, six tomes, Didier Jeunesse (2013-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • À fond la caisse, album illustré par Christophe Merlin, Seuil Jeunesse (2009).
  • Elvis, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2008).
  • Tout nu, album illustré par Benjamin Chaud, Gautier-Languereau (2008).
  • Mon père en slip, album illustré par Barroux, Gautier-Languereau (2008).
  • Série Séraphin Mouton, albums illustrés par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2007-2008).
  • Cyrano, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2005),
  • Le voleur et le magicien, album illustré par Aurélia Fronty, Gautier-Languereau (2005).
  • Babayaga, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez le sur son site http://www.taimarclethanh.fr .

Un loup trouillard et une amitié hivernale

Par 15 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux romans pour les débutant.e.s ! On commence avec une première lecture aux airs de petit conte, et l’on poursuit avec une belle histoire d’amitié !

Le grand Monstrouilleux
Texte de Christophe Loupy, illustré par Prisca Le Tandé
Milan dans la collection Poussin
4,99 €, 140×900 mm, 24 pages, imprimé en Roumanie, 2016.
Ourse et Lapin T.1, Drôle de rencontre
Texte de Julian Gough (traduit par Rose-Marie Vassallo), illustré par Jim Field
Père Castor Flammarion
10,50 €, 137×188 mm, 110 pages, imprimé en Chine, 2017.

De drôles de petites bêtes

Par 14 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on fait la connaissance de drôles de petites bêtes qui s’apprivoisent grâce à deux très chouettes albums : Petite peur bleue de Valentine Laffitte et Les petites bêtes du terrain de foot de Tove Pierrou et Joanna Hellgren.

Petite peur bleue
de Valentine Laffitte
Versant Sud
14,90 €, 225×285 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
Les petites bêtes du terrain de foot
Texte de Joanna Hellgren (traduit par Marie Valera), illustré par Tove Pierrou
Cambourakis
14 €, 227x296mm, 100 pages, imprimé en France, 2017.

En haut d’un arbre et les pieds dans l’eau

Par 11 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on part pour la forêt à la rencontre d’un écureuil et d’une grosse bête abandonnée, puis on va se rafraichir sur la banquise avec une bande d’animaux rigolos, dans deux très chouettes petits albums !

Je ne suis pas ta maman
de Marianne Dubuc
De La Martinière Jeunesse
12,90 €, 178×241 mm, 72 pages, imprimé au Portugal, 2017.
Elle est bonne ?
de Jean Gourounas
L’atelier du poisson soluble
15 €, 163×208 mm, imprimé en Espagne, 2017.