Amitié et despotisme

La belle histoire des amis"Ours l’avait sauvée quand elle était tombée dans le lac gelé alors quand Janet entend le cri de l’animal elle se précipite, elle se transforme en Ourse et part l’aider. On ne sait jamais, s’il était tombé dans un piège… Quand Charlie entend le cri de Janet, ni une, ni deux le voilà parti pour venir en aide à la jeune fille qui lui avait prêté son vélo le jour où il en a eu besoin. Ensemble, ils seront plus forts, car quand on a des amis, on pourrait, pour eux, soulever des montagnes.
Quel magnifique ouvrage sur l’amitié et sur l’entraide ! Nos amis savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre, et ils se sortiront d’une épreuve que parce qu’ils sont tous les trois. Le texte d’Amélie Billon-Le Guennec est simple, mais percutant, avec peu de mots elle fait passer énormément de choses et les illustrations de Marion Duval sont splendides !
Un grand et bel album pour se rappeler l’importance des amis, et qu’on est toujours plus forts quand on est soudés.

Louis IerC’est le vent qui ramena une couronne à Louis le Mouton, mais l’occasion était trop belle, le voilà qui devient le roi des moutons Louis Ier ! Très vite, il se munit d’un sceptre et d’un trône, il lui fallait bien ça ! Et comme il est bon, il autorise son peuple à assister à son coucher. Mais si ce pouvoir lui montait à la tête ?
C’est avec beaucoup de poésie (et d’humour !) qu’Olivier Tallec nous parle de ceux qui se prennent pour le chef. Parce qu’il a reçu une couronne, Louis va devenir un despote… sauf qu’une couronne qui arrive aussi facilement… peut repartir de la même manière ! On s’amuse énormément à voir ce mouton fier de lui, qui s’adresse à un troupeau… qui s’en fout royalement ! Son sceptre n’est qu’une branche et son trône un arbre, mais il a une couronne alors Louis se croit le plus intéressant. On pense au superbe (dernier) album de Mario Ramos, Le petit Guili, où là aussi une simple couronne pouvait rendre quelqu’un despotique. On pense surtout à d’autres personnages, qui ne sont pas dans la littérature jeunesse… Le livre est très beau, avec un papier épais, ce qui ne gâche rien !
Un très bel album poétique et drôle, mais avec un vrai fond, signé par l’un de nos plus grands illustrateurs.
Des visuels intérieurs sur le site d’Actes Sud Junior.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Amélie Billon-Le Guennec (Moi je, L’étrange histoire de Pétula-Elisabeth Artichaut, Tais-toi, Le secret de Madame Tennenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de La Grande Rêverie), de Marion Duval (Le piano) et  d’Olivier Tallec (Waterlo & Trafalgar, Jérôme par cœur, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte). Retrouvez aussi notre interview d’Olivier Tallec.

La belle histoire des amis
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Marion Duval
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Louis Ier, Roi des moutons
d’Olivier Tallec
Actes Sud Junior
15,80 €, 265×300 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui se termine. En septembre, c’était donc, pour Marianne : Mo-mo de Mickaël El-Fathi (Motus), L’heure des mamans de Yaël Hassan et Sophie Rastégar (Utopique) et Le loup beauté d’Angélique Chusseau et Mélanie Desplanches (Editions Les minots). Et pour moi : Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (HongFei), La retraite de Nénette de Claire Lebourg (autoproduit) et Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec (L’édune).
Côté romans, comme chaque nouveau trimestre, nous avons choisi les romans qui nous ont le plus plu dans les trois mois qui viennent de s’écouler. Pour le troisième trimestre de 2014 il s’agit, pour Marianne, d’Une vie merveilleuse de Dominique Brisson (Syros), Le club de la pluie au pensionnat des mystères de Malika Ferdjoukh (l’école des loisirs) et Les Filouttinen de Siri Kolu (Didier Jeunesse). Et pour moi : Le cœur des louves de Stéphane Servant (Le Rouergue), Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier (Casterman) et Jonah, T. 2 – Le Retour du Sept de Taï-Marc le Thanh (Didier Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

Les invité-e-s du mercredi : Raphaël Urwiller et Claire, institutrice

Aujourd’hui, nous recevons Raphaël Urwiller. J’ai eu un coup de cœur dernièrement pour Combien de terre faut-il à un homme ? et il y a quelque temps pour Issun Bôshi, du collectif Icinori, dont il fait partie. J’ai eu envie d’en savoir plus sur lui, sur son travail et sur Icinori, justement. Ensuite, c’est un deuxième numéro de Dans la classe de que je vous propose. Cette rubrique donne la parole à de grands consommateurs de livres jeunesse : les instituteurs-trices ! Ils nous parlent donc de livres qui sont dans leurs classes, des livres qu’ils aiment lire aux élèves… Cette fois-ci, c’est Claire, institutrice dans une classe multiâge en maternelle. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Raphaël Urwiller

Issun boshiPouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Réchappé d’une école d’ingénieur, passionné par le dessin, j’ai intégré par un demi-hasard l’ESAD de Strasbourg. Pour mieux nous affranchir des cours, nous avons commencé à travailler ensemble avec Mayumi Otero sous le nom d’Icinori et réalisé nos premiers livres en sérigraphie. Notre idée a toujours été de centrer notre pratique sur l’expérimental, au travers d’éditions étranges autoproduites (popups, estampes, etc.) puis de réinvestir nos trouvailles dans des champs plus ouverts – l’édition jeunesse étant un lieu formidable pour poursuivre nos recherches.
Chaque nouvelle expérience étant enrichissante, nous travaillons aussi pour la presse, pour l’animation, l’édition adulte voire l’exposition de dessins très adultes, choses que nous pensons complémentaires à notre travail d’illustrateurs jeunesse – et d’éditeurs expérimentaux !

Quels sont les illustrateurs (ou les livres) qui ont marqué votre enfance ?
D’un coté, il y a les incontournables Tomi Ungerer, Wolf Erlbruch et Sendak, nous nous battions à la maternelle et en primaire pour emprunter leurs livres, avec entre tous, les incontournables Max et les Maximonstres et autres 3 brigands.
D’un autre côté, la bande dessinée était le jardin défendu du père, il fallait entasser les max et les maximonstreschaises pour accéder aux livres interdits, de Jano à Moebius en passant par Bourgeon ou même Serpieri.
Deux autres auteurs m’ont fait une forte impression, étrangement autorisés pour la jeunesse, Jacques Martin et son ambiguë Alix, ainsi que les extraordinaires et très sanglants Vie privée des hommes de Pierre Joubert.
Fétichiste, j’ai conservé tous les Astrapi, J’aime lire, Je lis déjà et autres Spirou du tout début des années 90 et, en les rouvrant parfois, je découvre avec angoisse que je connais presque toutes les pages par cœur — découvrant à quel point ils m’ont marqué, les ayant lu des dizaines de fois — et dont certains illustrateurs sont restés mes favoris comme Martin Jarrie ou Jean François Martin.
Il reste enfin tous les musées que nous parcourions en famille, avec une passion pour le retable d’Issenheim que nous visitions régulièrement comme on visite un vieil oncle.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
À la base, je ne dessinais qu’en noir et blanc, Lu Urwillerà l’encre de Chine et à la plume, fasciné par des maîtres comme Munoz ou Pratt. Avec Mayumi, nous nous sommes investis dans la sérigraphie, puis à la découverte des différentes méthodes de reproduction, de la gravure à la Risographie.
Pour moi, l’illustration est un dessin qui prend chair au travers de sa technique de reproduction.
Cette étape de la reproduction est presque aussi cruciale que le premier trait de crayon et j’essaye de l’anticiper et de la maîtriser au mieux, je ne dessine pas de la même façon selon le type d’impression ou même de papier choisis.
Techniquement, c’est un grand mélange, il y a du crayon, de la gouache, de l’encre, du tipex et tout est assemblé à l’ordinateur — qui me permet d’ordinaire, mettre en couches, en calques, équilibrer le jaune et le rouge. L’ordinateur est une étape clé, non pas de création, mais de cohésion – toutes les étapes de dessin restent à la main.

Quelle est la différence entre Icinori et Raphaël Urwiller ?
Icinori
est un territoire qui contient certains travaux de Mayumi Otero et Raphael U., ainsi qu’une bonne partie de nos travaux à quatre mains.
Combien de Terre faut il à un homme n’est pas signé Icinori, mais habite tout de même ce territoire, c’est une principauté autonome…
Icinori une forme d’écosystème graphique et imaginaire que l’on construit et entretient à deux.
C’est un territoire privilégié, dédié à la découverte et l’expérimentation, où chacun de nous peut se mettre en recherche en toute liberté, hors des contraintes de commande

Comment avez-vous travaillé sur Combien de terre faut-il à un homme ? Quelles étaient vos inspirations ?
Le texte étant très sombre, il me fallait rehausser par l’image, le rendre attrayant Combien de terre faut-il à un homme-tout en respectant l’histoire implacable. Tout le travail de dessin fut pour moi un beau travail d’équilibre sur le fil du rasoir, ne pas tomber dans un pathos expressionniste tout en évitant le décoratif gratuit.
J’ai refait plusieurs fois certaines doubles, car elles sonnaient faux, le texte est tout en tension, l’illustration doit l’ouvrir sans l’amollir, c’est ce défi qui m’a fait accepter ce projet.
J’ai aussi conçu le livre, pour qu’il soit parfaitement cohérent avec son contenu, du format à la typographie en passant par le choix du papier, chaque élément étant artisan du tout.
Mes références sont très variées, le livre étant très ancré en Russie, il y a bien sûr l’ombre du constructivisme russe, les Luboks (imagerie populaire russe), beaucoup de lectures de Tolstoï pour intégrer l’esprit même de l’œuvre.
On ne peut oublier la formidable avant-garde du livre jeunesse et de l’affichisme issue des pays de l’Est (Lebedev, les frères Sternberg, Parain, etc.).
Sans compter mes propres références, qui vont de l’underground punk aux graphistes japonais des années 70 en passant par tout type d’imageries populaires (papiers peints Zuber, imagerie d’Épinal et autres éphémères).

Quels sont vos projets ?
Dans l’immédiat, une exposition chez les très pointus Fotokinos à Marseille (jusqu’au 30 octobre) puis une autre au sein de l’extraordinaire musée du Palazio Poggi à Bologne dans le cadre de l’excellent festival Bilbolbul (du 20 novembre au 20 décembre).
Je travaille actuellement sur des projets de livres jeunesse, plusieurs écrits, mais qui attendent encore d’être formalisés.
Et en parallèle, une foule de projets d’auto-édition expérimentales dans le cadre d’Icinori, pour adultes ou pour enfants, dont des nouveaux popups en sérigraphie en cours de conception.

Combien faut-il de terre à un homme ?

Bibliographie :

Avec le collectif Icinori

Retrouvez Raphaël Urwiller sur son site : http://raphaelurwiller.com/fr.


Dans la classe de… Claire

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parle de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est Claire qui nous parle des livres de sa classe. Claire a une classe multiâge (de 3 à 6 ans) en ZEP.

Quand on se retrouve avec 25 enfants de 3 à 6 ans en face de soi on peut : prendre ses jambes à son cou en hurlant, faire le clown, sortir de sa poche un ballon et entamer une partie de foot endiablée…
Mais il existe aussi un objet magique. Grand ou petit, plein de couleurs ou noir et blanc, en relief ou non… quelle que soit son apparence il a un réel pouvoir. J’ai nommé « le livre ».
Dans ma classe, c’est « la grenouille des histoires » qui annonce ce moment (que je n’échangerai pour rien au monde) : l’heure de l’histoire. Trois « gratouilles » sur le dos de ma grenouille gyro… et c’est parti !!! Les bouches se ferment, les oreilles s’ouvrent, et les yeux commencent à briller…
Vu l’ampleur de l’offre en littérature de jeunesse, le risque est grand de ne pas savoir où donner de la tête. Quel livre prendre ? Il est difficile de donner des conseils. Pour être franche, je pense qu’une bonne histoire c’est avant tout une histoire qui plaît aussi à celui qui la lit. Car qu’elle fasse rire ou rêver qu’elle fasse peur ou qu’elle émeuve, rien ne vaut le partage qu’elle induit !
Non, non et non !En début d’année, les premiers jours, je commence souvent par Tchoupi à l’école de Thierry Courtin et par Non, non, et non ! de Mireille d’Allancé. La journée d’école de Tchoupi touche surtout les plus petits (particulièrement la page où il se fait prendre son vélo !), tandis que les Moyens apprécient le jeune Octave qui répond « non » à chaque fois qu’on lui pose une question. Cette année, pour les grandes sections (j’ai une classe multiâge), j’ai découvert La rentrée des animaux de Samir Senoussi. C’est un livre plein d’humour qui montre qu’à l’école, on apprend plus qu’à apprendre à écrire et compter, qu’il est courant d’avoir du mal à se faire des copains, et d’être fatigué en fin de journée.
Un peu plus tard dans l’année, je leur lis Le machin de Stéphane Servant et Cécile Bonbon. J’entraîne souvent les GS à raconter eux même l’histoire avec des petites marottes et ensuite, ils se « produisent » devant les MS et devant l’ATSEM. Ils adorent rejouer la dispute de ces animaux qui, ayant trouvé un bout de tissu au bord d’un lac,Le machin tentent à tour de rôle de trouver à quoi il peut bien servir. Se traiter (comme les personnages du livre) de cornichon et de banane les fait beaucoup rire. Quant au « Beurk » final, c’est vraiment la cerise sur le gâteau pour eux.
S’il y a un livre que je n’oublie jamais de lire, c’est Et pourquoi ? de Michel Van Zeveren (un auteur que j’adore, tant les références aux contes classiques qu’il fait dans ses livres sont subtiles !!). Je prends soin de prendre une voix « stupide » pour le petit chaperon rouge… L’entêtement de ce dernier à comprendre la raison qu’a le loup de la manger n’en est que plus hilarant !
J’ai découvert un livre sympa et drôle aussi pour faire compter les enfants. Dans 1,2,3 sorcière de Magdalena, le vent, à chaque page, prive une sorcière de ses attributs (balai, chaudron) jusqu’à ce que….
oreilles papillonsJe pourrais poursuivre encore longtemps cette liste, mais j’ai aussi une classe à préparer ! Alors je finis juste par un coup de cœur que j’ai eu l’année dernière : Oreilles Papillons de Luisa Aguilar, André Neves. J’ai craqué pour la jeune Mara, qui répond de façon si poétique aux moqueries de ses camarades !!! Je l’ai découvert trop tard pour le lire l’année dernière, mais je compte bien le faire cette année !!!
Bonnes lectures !!!

En avant la musique !

Aujourd’hui, je vous présente deux albums de musique pour enfants !

réoSoizic le moustique, Monsieur le Hibou, Yvon et Yvonne le couple de hérissons, une petite souris, une baleine, un petit chat, et surtout la « Mouchenillaraignéefourmi », cette bestiole mal identifiée : voilà quelques-uns des personnages que chante Réo ! Ça swingue, on danse, on chante et on entonne les refrains ! Les amis de la Mouchenillaraignéefourmi est un album plein de vie. Non seulement les paroles sont gaies, mais en plus la musique tient une vraie place ! Ce ne sont pas de simples fonds sonores, mais de vraies mélodies ! Les animaux sont mis à l’honneur et Réo raconte de vraies petites histoires !
Un album à écouter en famille !

ballades enfantinesJacques Prévert, Charles Trénet, Henri Salvador, la tour Eiffel, l’opéra, les quais de Seine, la pluie.. Nous voilà transportés à Paris !
Domitille et Amaury de Crayencour rendent hommage aux belles ballades du XXème siècle, pleines de poésie, et joliment mises en mélodie. De grands classiques sont remis au goût du jour, et on se laisse bercer par ces jolis mots qui racontent finalement de belles histoires ! Un joli livre accompagne le disque, avec de très belles illustrations d’Hélène Druvert, tout en bleu, blanc, rouge. Là encore, les vieilles mélodies n’ont pas pris une ride ! Un spectacle a également été construit à partir de l’album !
Ballades enfantines est un album à écouter avec plaisir, à Paris ou ailleurs !

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les CD et livres-CD musicaux que nous avons chroniqués sur l’album Pinterest qui leur est consacré.

Les amis de la Mouchenillaraignéefourmi
de Réo
Harmonia Mundi
13 €, 74 minutes, 2013.
Ballades enfantines
de Domitille et Amaury de Crayencour
Naïve Jeunesse
12,99 €, 24 minutes, livre de 26 pages, 2014.

Deux qui s’aiment

Aujourd’hui deux albums coups de cœur, deux albums qu’on lit avec les poils qui se dressent.

Ce n'est pas compliquéAvec Louise, sa voisine, ils ne parlent pas beaucoup. Ils se regardent à travers la fenêtre puis ils se retrouvent pour dessiner. Avec leurs craies, ils mettent de la couleur sur le sol de la rue et tant pis si les voitures passent sur leurs dessins. C’est une forêt qu’ils dessinent. Parce qu’un jour Louise lui demande ce qu’il a dans la tête, le petit garçon se dit que ce n’est pas compliqué de savoir… suffit d’ouvrir du bon côté…
Ce n’est pas très compliqué est un album extraordinaire, d’une infinie poésie. Tant dans les illustrations que dans le texte. Samuel Ribeyron est un grand auteur/illustrateur, il le prouve encore ici. On va visiter la tête du petit garçon, les forêts qu’elle contient. Puis Louise déménagera et l’on ira voir ce qu’il y a dans le cœur du héros de l’histoire, ce n’est pas très compliqué, il n’y a qu’à ouvrir du bon côté.
Les illustrations sont magnifiques, et HongFei a fait un beau travail d’édition avec ce livre : un beau papier, des pages épaisses, un grand format.
Ce n’est même pas un coup de cœur, c’est au-delà. Un des plus beaux (le plus beau ?) albums de cette année. Un ouvrage à découvrir absolument, à offrir à ceux qu’on aime.
De nombreuses illustrations intérieures sur le site de HongFei (et même une interview de Samuel Ribeyron à propos de ce livre).

AvantLe petit voleur de temps lundi, il ne la connaissait pas, il ne savait même pas qu’elle existait, les jours se ressemblaient… puis il l’a vu. Il l’a regardé pendant ce qui lui a semblé être un instant, mais d’après son ami c’était long. Il voulait tout savoir d’elle, il imaginait sa vie. Mardi, elle a donné une enveloppe à son ami, pour lui. Elle lui donnait rendez-vous jeudi… mais jeudi c’est loin… si loin…
On parle ici du temps et de relativité des durées (quand on regarde celle qu’on aime, le temps passe plus vite que quand on attend de la revoir), mais on parle surtout d’amour. Le texte et les illustrations de Nathalie Minne sont délicats et poétiques. Là aussi, il y a un beau travail d’impression, c’est un grand ouvrage avec une couverture légèrement en relief.
Une magnifique histoire d’amour avec des illustrations délicates, un ouvrage d’une extrême poésie.
Plusieurs illustrations sur le blog de Nathalie Minne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Samuel Ribeyron (Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface). Retrouvez aussi notre interview de Samuel Ribeyron.

Ce n’est pas très compliqué
de Samuel Ribeyron
HongFei
16,50 €, 257×348 mm, 42 pages, imprimé en Slovénie, 2014.
Le petit voleur de temps
de Nathalie Minne
Casterman dans la collection les albums Casterman
14,95 €, 280×360 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2014.

On joue… mais on se marre aussi !

Chez LiliChez Lili, on s’amuse ! Dans la cuisine on cherche les Pom-Pom, sur le balcon on relie les points pour voir apparaître des fleurs, sur le canapé raconteur d’histoires il faut remettre des saynètes dans l’ordre, dans la chambre on essaye de retrouver des éléments…
Chez Lili est un cahier d’activités déjantées signé Lili Scratchy. Ici, les activités sont vraiment sympas pour les enfants, elles sont variées, pleines d’humour (humour potache comme on aime). Très souvent, les cahiers d’activités réalisés par des illustrateurs sont vite barbants pour les enfants, ici ils vont vraiment s’amuser.
Un cahier d’activité plein d’humour et original sorti chez Les fourmis rouges et signé Lili Scratchy.
Des extraits en ligne.

EtLe cahier d'exos rigolos si l’on jouait avec les parents ? On va leur coller des habits, répertorier les phrases qu’ils disent tout le temps, lister les qualités de parents idéals, relier des onomatopées à ce qui a pu les déclencher…
J’avais beaucoup aimé Le livre qui t’explique enfin tout sur les parents de Françoize Boucher (même si je n’ai pas été fan de tous les suivants), donc j’étais ravi de retrouver l’ambiance mordante de l’album dans ce cahier d’activité… qui n’en est pas vraiment un. Soyons francs, vous n’occuperez pas des heures vos enfants avec les exos proposés dans cet ouvrage, c’est généralement complètement farfelu, on s’amuse bien, on rigole même, mais il y a peu de vraies activités. Françoize Boucher en profite pour faire passer quelques petites choses sur la tolérance, l’amour (et même l’écologie). Seule ombre au tableau, vous le savez j’ai horreur des marques citées dans la littérature jeunesse et ici un célèbre fabriquant de pâte à tartiner à la graisse est cité… mais c’est un tout petit bémol.
Un cahier d’exos où y’en a pas vraiment, mais on rigole pas mal et c’est l’essentiel !

Quelques pas de plus…
Une sélection de cahiers d’activités et de loisirs créatifs regroupés dans un tableau pinterest.

Chez Lili
de Lili Scratchy
Les fourmis rouges
13,90 €, 220×310 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2014.
Le cahier d’exos rigolos
de Françoize Boucher
Nathan
11,90 €, 210×280 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.