Documentaires animaliers

Aujourd’hui, je vous présente une sélection de documentaires sur la nature, les animaux ou les plantes ! Mais hors de question de s’ennuyer : l’originalité est au rendez-vous !

le pouCommençons avec un documentaire qui n’en a pas l’air ! En cette période de rentrée scolaire on en entend beaucoup parler, et malheureusement, ce n’est pas prêt de s’arrêter ! Le Pou est absolument partout ! Saviez-vous que cet insecte vivait 20 à 30 jours sur la tête des humains ? Qu’on pouvait voir son estomac tant il est transparent ? Qu’il ne pouvait ni voler ni sauter ? Élise Gravel nous apprend tout ça, et bien d’autres détails encore, avec beaucoup d’humour, tant dans le texte que dans les illustrations ! On arrive même à éprouver un peu de tendresse pour cette petite bête, rendue si sympathique (et pourtant, on sait comme tout le monde la déteste, à raison !)
Un petit album souple pour s’informer avec le sourire !
L’occasion de vous rappeler que le concours pour gagner Le pou est toujours d’actualité, jusqu’à mercredi 10 h !

le livre géant des animaux sauvagesPartons tout autour du monde avec Le livre géant des animaux sauvages ! Éléphant, girafe, ours polaire, baleine bleue, chameau, panda, hippopotame : tous ces animaux livrent leurs secrets ! Pour chaque animal, une double-page nous renseigne sur le lieu de vie de l’espèce, sa taille, ses prédateurs, et ses particularités physiques. Marie Greenwood nous apprend énormément de choses et on en prend plein les yeux ! Les illustrations numériques en 3D de Peter Minister ne sont pas tout à fait ma tasse de thé, mais il faut avouer qu’ici, elles donnent vraiment un côté réaliste au documentaire. Il faut dire aussi qu’elles sont imposantes par la taille, grâce à un système de volets, qui rend l’ensemble assez impressionnant ! Ma petite sœur a exploré cet album documentaire avec attention, en poussant des « Oh ! » de surprise tout au long de sa lecture !
Un documentaire original pour les amoureux des animaux !

bon appétit les animauxLa nature est très organisée. Pour l’alimentation, les espèces animales (dont les humains font évidemment partie) adoptent différents régimes. Il y a les carnivores, les herbivores, les insectivores, les omnivores… Il y a ceux qui courent pour se nourrir, ceux qui épuisent leurs proies, ceux qui avalent sans mâcher, ceux qui ruminent pendant des heures, et ceux qui ont des ustensiles particuliers (la trompe de l’éléphant, le cou de la girafe,…) !
Avec Bon appétit les animaux ! vous saurez tout sur l’alimentation des animaux, du loup au campagnol en passant par les dauphins et les hérons ! Françoise Laurent vulgarise tous ces termes techniques de classification, pour expliquer les régimes alimentaires aux plus jeunes. C’est bien pensé, et joliment illustré par Capucine Mazille.
Un album instructif et éducatif, qui n’oublie pas l’esthétique !

mon guide natureTout aussi instructif et plus traditionnel dans la forme, Mon guide nature porte bien son nom ! Les mammifères, les oiseaux, les insectes, les arbres et les fleurs : tout y est ! Organisées en grandes classes, puis selon leurs caractéristiques et/ou leurs couleurs, beaucoup d’ espèces courantes de la faune et de la flore de nos régions sont présentées.
Anne Baudier signe de courts textes informatifs dans lesquels on vient piocher pour se renseigner, tout en profitant des jolies illustrations détaillées de Cathy Gaspoz, Florence Mc Kenzie et Dominique Mansion.
Un peu comme dans les guides du même type existants pour adultes, mais avec une présentation convenant aux jeunes lecteurs : on ouvre, on lit, on parcourt au hasard, on cherche précisément,…
Un guide complet et détaillé pour apprendre à observer la nature autour de nous !

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres documentaires sur notre tableau Pinterest.

Le pou
d’Élise Gravel
Éditions Le pommier dans la collection Les petits dégoûtants
6,90 €, 150 x 210 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014
Le livre géant des animaux sauvages
Texte de Marie Greenwood (traduit par Christiane Prigent), illustré par Peter Minister
Gallimard Jeunesse
16 €, 266 x 282 mm, 15 pages, imprimé en Chine, 2014
Bon appétit les animaux ! Les régimes alimentaires
Texte de Françoise Laurent, illustré par Capucine Mazille
Ricochet dans la collection Ohé la science !
12,50 €, 280 x 210 mm, nombre de pages, imprimé en Italie, 2014
Mon guide nature
Texte d’Anne Baudier, illustré par Cathy Gaspoz, Florence Mc Kenzie et Dominique Mansion
Rue des enfants
10,50 €, 150 x 210 mm, 158 pages, imprimé en Slovénie, 2014 (première édition en 2008)

À part ça ?

dadoclemPour la 4ème année, les éditions Dadoclem lancent leur concours bilingue, La Marmite-O-langues ! Il faut avoir entre 8 et 16 ans et écrire une histoire en deux versions : en français et en anglais, allemand, espagnol ou italien. Le thème de cette année, qui devrait inspirer les jeunes auteurs, est Globe-trotters ! A vous les récits de voyage et d’aventure aux quatre coins du globe !
Vous avez jusqu’au 15 Novembre et vous trouverez toutes les informations utiles ici.
Alors à vos stylos !

Marianne

Des amis perchés

Nos deux héros du jour vont trouver l’amitié perchée sur un arbre.

Léopold et le chat perchéLéopold vit avec ses deux pères sur un bateau de pirate, c’est d’ailleurs ce qu’il est, un pirate ! Le cuisinier du bateau interroge un jour l’enfant pour savoir si l’école ne lui manque pas. L’école ? Léopold ne s’était jamais posé la question ! Il voudrait voir ce que c’est, ses pères acceptent. Mais quand, en classe, Léopold doit dessiner sa famille, personne ne le croit, « les enfants pirates, ça n’existe pas ! ». Léopold devra prouver qu’il est bien, qui il dit être.
Oups éditions est une nouvelle maison d’édition dont le but est la banalisation de l’homoparentalité. Ici, Léopold a deux papas, mais c’est juste une donnée, ça ne change rien à l’histoire, disons-le clairement, on s’en fout qu’il ait deux papas ! Et ça, c’est quand même une super idée. Je l’avais déjà dit, on avancera beaucoup plus avec des livres où les « différences » sont des données parmi tant d’autres qu’avec des livres « militants » qui ne s’adressent qu’aux gens concernés (je rêve d’un copain de Tchoupi ou de Petit Ours brun vivant dans une famille homoparentale).
Ici, on parle de l’école, de l’amitié, du fait de se défendre autrement que par la violence. Et surtout, c’est le talentueux Loren Bes qui illustre cette histoire, et c’est franchement beau !
Pour tout savoir sur cette jolie maison d’édition : http://www.oupseditions.fr.

Le renard perchéUn enfant voit un renard perché sur une haute branche d’un arbre. Celui-ci lui explique qu’il attend un ami, c’est pour ça qu’il regarde au loin. L’enfant se joint à lui, ensemble ils vont attendre. Il va aussi nourrir l’animal qui n’ose pas descendre de peur de rater son ami. Il y aura aussi la pluie, le vent, mais rien n’y fait, tous deux continuent d’attendre. Mais l’enfant s’interroge, que se passera-t-il quand l’ami arrivera ? Il s’entend si bien avec le renard…
Le renard perché est un album extrêmement poétique, tant dans le texte que dans les illustrations. On parle ici, vous l’aurez compris, d’amitié. C’est très doux, très tendre, c’est le genre d’album qu’on lit et relit avec plaisir et qu’on peut même ouvrir pour admirer les illustrations délicates. Bien sûr, on repense à un livre bien connu (et avec lequel j’ai personnellement du mal), mais ici il n’est pas question d’apprivoiser, mais plutôt de rencontre, d’amitié partagée, l’animal est ici à égalité avec l’enfant.
Un album aussi esthétique que poétique sur l’amitié.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs ouvrages de Loren Bes (Le monde imaginaire de Martin, Les yeux du parapluie et Raconte-moi la Révolution…) et nous l’avons également interviewé.
D’autres livres sur l’homoparentalité et l’homosexualité dans notre album Pinterest.

Léopold et le chat perché
Texte de Muriel Montagut, illustré par Loren Bes
Oups éditions
14 €, 210×210 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le renard perché
Texte de Quitterie Simon, illustré par Magali Dulain
Casterman dans la collection les albums Casterman
13,95 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.

Jouer et s’amuser

Aujourd’hui, les livres que je vais vous proposer ne se lisent pas comme on lit une histoire, aujourd’hui on va jouer et s’amuser avec les livres !

Un intrus s'est perduParmi les oiseaux, un seul a déjà trouvé de quoi manger, dans la nuée de chauves-souris il y en a une qui n’est toujours pas réveillée, il y a parmi les tortues une qui est plus timide et se cache, au pays des pandas il en est un qui a perdu son bâton… Saurez-vous tous les retrouver ?
Sur les pages de gauche de jolis textes poétiques qui nous invitent à trouver l’intrus dans les pages de droite. Parfois, il y a juste un petit détail qui le différencie des autres, il faut bien ouvrir l’œil !
L’album est beau (beau papier, couverture structurée, belles illustrations) et c’est le genre de livre-jeu que l’on conserve pour le plaisir des yeux.
Un très bel album-jeu pour jouer seul ou à plusieurs.

C’estRange ta chambre le matin, François doit s’habiller et pour cela il doit trouver ses chaussettes rouges dans son bazar. Mais ce soir, il faudra qu’il range sa chambre ! Le lendemain, il y a encore plus de bazar et François doit trouver son livre de math, sa raquette de tennis et son pull bleu, mais surtout cet après-midi il devra ranger sa chambre… Ainsi s’écoulent les jours, Le bazar s’accumule et il y a de plus en plus de choses à trouver… et c’est de plus en plus difficile, forcément ! Mais à la fin de la semaine, le lecteur ne joue plus… Il découvre un beau moment entre un père et son fils.
Ici, encore plus que dans le précédent, on est au-delà du livre jeu. Bien sûr, il va falloir chercher, mais il y a une vraie histoire, avec une jolie chute. Les scènes de bazar sont si riches qu’on pourra, bien au-delà du texte du livre, faire chercher les enfants toutes sortes de choses. On s’amusera aussi à trouver les références connues des enfants (et même Atchoum, du même auteur, que l’on avait chroniqué ici).
Un bel album aussi drôle que tendre, aussi ludique qu’original.

LesLe petit livre des blagues Larousse enfants, en général, adorent les blagues ! Ils adorent nous les lire (généralement par lot de 30) et les apprendre pour faire rire les copains à la récré.
Trois petits livres viennent de sortir chez Larousse : Le petit livre des blagues, Le petit livre des blagues de récré et Le petit livre des blagues de vacances. Blagues, donc, mais aussi, Monsieur, Madame, rébus, charades, devinettes…
Alors bien sûr ça ne vole pas toujours très haut (les blagues pour enfants c’est pas non plus de la philo…), c’est même généralement affligeant, mais ça devrait tout de même faire rire les enfants (en tout cas, pour être franc,sur nous, ça n’a pas trop marché…).
Trois petits ouvrages qui devraient ravir les petits amateurs de blagues.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Britta Teckentrup (Tu vivras dans nos cœurs pour toujours… et Monsieur Lion chez le coiffeur) et Xavier Salomó  (Atchoum).

Un intrus s’est perdu
de Britta Teckentrup (traduit par Camille Gautier et Chloé Guidoux)
Autrement
12,50 €, 246×189 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Range ta chambre !
Texte de Xavier Salomó 
Seuil Jeunesse
15 €, 300×230 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2014.
Le petit livre des blagues
Texte de Aurore Meyer, illustré par un collectif
Larousse dans la collection Petit livre des blagues
5,90 €, 140×140 mm,192 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le petit livre des blagues des vacances
Texte de Mina et André Guillois, illustré par un collectif
Larousse dans la collection Petit livre des blagues
5,90 €, 140×140 mm,192 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le petit livre des blagues de la récré
Texte de Valentin Verthé, illustré par un collectif
Larousse dans la collection Petit livre des blagues
5,90 €, 140×140 mm,192 pages, imprimé en Espagne, 2014.

A l’heure où retentit la sonnerie…

Aujourd’hui, on s’intéresse à ce qu’il se passe en fin de journée, après l’école !

L'heure des mamansL’heure des mamans, c’est ce moment qui marque la fin de la journée et le retour à la maison. Mais le petit raton-laveur, héros de cette histoire, ne comprend vraiment pas pourquoi on l’appelle comme ça : lui, ce n’est jamais sa maman qui vient le chercher ! Le lundi, c’est la baby-sitter, le mardi c’est Papi, le mercredi Tonton, et Mamie et Papa terminent la semaine. Sa maman, il en profite le week-end, parce qu’en semaine, elle travaille tard le soir. Et il aimerait vraiment que la maîtresse en tienne compte !
Quelle bonne idée de s’intéresser à cette fameuse expression, qui pour beaucoup d’enfants aujourd’hui ne correspond pas à la réalité ! C’est également l’occasion de combattre une fois de plus un cliché sexiste (à ce sujet, retrouvez la chronique de Gabriel parue hier) : papa au travail et maman qui ne s’occupe que des enfants, ce n’est pas systématique ! Les situations sont multiples et chacun devrait trouver son compte dans cette histoire pleine d’humour et de tendresse. Yaël Hassan nous présente tous ces adultes de la sortie d’école avec des mots simples mais bien choisis, et Sophie Rastégar les croque avec malice ! Les illustrations fourmillent de détails et de clins d’œil au quotidien des jeunes lecteurs !
Un album simple et bien pensé, qui s’ancre dans la vie des enfants !
Vous pouvez feuilleter quelques pages sur le site des éditions Utopique.

cover MaitresseEt la maîtresse alors ? Que fait-elle une fois les portes de l’école refermées ? Tous les enfants se sont sans doute déjà posé cette question. Et bien figurez-vous que je connais maintenant quelques secrets : elle reste à l’école ! Elle se couche sous son bureau, mange avec ses collègues dans la cantine, joue dans la cour au clair de lune, échange des dessins avec ses collègues et organise même quelques fêtes !
En tout cas, c’est ce que nous raconte Carole Fives dans Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?, un album original, qui tente de lever le voile sur une grande question d’enfance, avec humour et tendresse ! Les illustrations d’Anne Isabelle Le Touzé contribuent grandement au côté décalé de cette histoire, en mettant en scène l’enseignante dans les lieux familiers des enfants.
Malicieux et indiscret, voici un album pour lever le secret !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Yaël Hassan (Défi d’enfer).

L’heure des mamans
Texte de Yaël Hassan, illustré par Sophie Rastégar
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 320 x 220 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifé, 2014
Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?
Texte de Carole Fives, illustré par Anne Isabelle Le Touzé
Pastel
13 €, 300 x 220 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2014

À part ça ?

Pejac est un artiste espagnol qui a notamment créé des décors muraux très poétiques dans Paris.

Marianne

L’importance d’une littérature antisexiste

Vous commencez à nous connaître, nous sommes toujours à l’affût de livres antisexistes. Nous aimons vous les présenter, car c’est pour nous quelque chose de très important. Je me suis encore rendu compte cette semaine de l’importance de la littérature dans l’esprit de nos enfants (s’il en était encore besoin). Ma fille de 6 ans nous a affirmé que « SI ! les garçons sont plus grands que les filles » et n’en démordait pas. Son père (moi-même) n’étant pas très grand (et plus petit qu’une grande partie des filles), elle-même étant assez grande (et plus grande que la grande partie des garçons de sa classe), il était évident que ce jugement ne pouvait pas se faire sur son vécu, mais sur la représentation qu’elle voit des deux sexes. Et si vous regardez, très souvent les « papas » des histoires dominent les « mamans » (et pas seulement en taille…). Bref, j’avais envie de présenter une nouvelle fois (et de compléter notre album antisexiste) deux ouvrages sortis récemment. Mais je voulais une chronique un peu spéciale, je me disais que ça serait sympa de demander son avis à Laura du blog Fille d’album qui est en train de devenir le blog référence en matière d’antisexisme dans la littérature jeunesse. Elle complétera donc mes deux avis avec le sien (et chronique ces deux mêmes ouvrages aujourd’hui). Et parce que plus on est de fous plus, on rit, c’est une chronique croisée avec Maman Baobab (elle chronique aussi, aujourd’hui, des ouvrages antisexistes ici) !

Histoire de Julie qui avait une ombre de garçonDans sa chambre, Julie lit, ses patins à roulettes aux pieds. Faut dire que, comme elle le précise, elle n’est pas comme tout le monde ! Julie n’aime pas se coiffer, mais elle aime se regarder dans le miroir habillée d’un rideau, elle dit des gros mots, elle est un « vrai garçon manqué » comme le dit son père. Les mots résonnent dans la tête de Julie « garçon manqué », ces deux mots qui reviennent sans cesse… Jusqu’à ce qu’un jour, Julie se rende compte qu’elle a une ombre de garçon. Personne ne la croit, elle veut certainement faire son intéressante ! Mais non, Julie le voit bien, elle a une ombre de garçon !
J’avais entendu parler de ce livre dans l’excellent Contre les jouets sexistes (chroniqué ici) et j’avais follement envie de le lire depuis, mais il était épuisé. Thierry Magnier a eu la très bonne idée de le rééditer.
Cet ouvrage de 1975, disons-le, a quand même un peu vieilli… et en même temps pas tant que ça ! Si les illustrations nous semblent d’une autre époque (et peut-être aussi le rapport texte-image), le thème est totalement d’actualité. On parle ici du genre, Julie s’interroge, est-elle un garçon manqué ? Qui est ce garçon qui est son ombre ? Comment s’en débarrasser ? Et si c’était l’ombre qui était vraie ? Et si elle était un garçon en réalité ? Tant de questions qui tenaillent Julie. La petite fille rencontrera un garçon qui « pleure comme les filles ». Ensemble, ils décideront qu’on a le droit d’être qui l’on est, il faut être soi et pour cela il faut savoir qui l’on est. Julie le sait, elle est Julie, tout simplement.
Magnifique ouvrage sur le genre, un classique qu’on peut (enfin) à nouveau se procurer.
L’avis de Laura de Fille d’album :
Cet album est complètement bouleversant quand il aborde le décalage entre ce qu’est Julie et ce que ses parents, attachés aux stéréotypes et à l’image d’une petite fille modèle, attendent d’elle. Et les dégâts que cela cause à leur fille.  « Julie ne sait plus qui elle est puisqu’elle devrait toujours faire comme quelqu’un d’autre pour être aimée. » (…)Ici, les adultes ne sont d’aucun secours. Ce sont les enfants, seuls, qui s’affirment tels qu’ils sont.
Voir la chronique complète ici.
Des extraits sur le site de Thierry Magnier.

La dictature des petites couettesOh un coffre rempli de vêtements ! Et si l’on se déguisait se disent les filles, Olga complimente Ana, lui dit qu’elle est belle, Sophie, s’énerve, elle affirme que c’est elle la plus belle, surtout qu’elle a des couettes ! Gabriel regarde la scène, en dessinant. Les filles décident de faire un concours de beauté pour savoir qui est la plus belle, le petit garçon pose ses crayons : il veut participer ! Sophie s’énerve, il ne peut pas participer c’est un garçon ! Un garçon ce n’est pas beau surtout que ça n’a pas de couettes ! Gabriel pleure, pourquoi le fait d’être un garçon ferait-il qu’il ne peut pas être beau ? Le chat arrive, lui aussi aimerait savoir s’il peut participer, est-il beau ?
Au-delà de l’antisexisme, on parle aussi ici de la beauté, et surtout du fait que toute beauté est relative. Pour Sophie il faut des couettes pour être beau (et surtout ne pas être un garçon), pour Gabriel le chat ne peut pas gagner un concours de beauté : il est poilu. Ilya Green raconte à merveille les jeux d’enfants et les exclusions par rapport au genre (combien de fois a-t-on entendu « tu ne peux pas jouer avec nous tu es une fille/un garçon » ?) et le diktat de la beauté selon des normes pas toujours justifiées (et surtout pas toujours partagées par tous). La chute est vraiment très drôle et viendra justement confirmer que les critères de beautés ne sont pas les mêmes pour chacun.
Un album drôle et tendre signé Ilya Green pour se rappeler que toute beauté est relative.
L’avis de Laura de Fille d’album :
Les critères de beauté présentés par les enfants, même s’ils peuvent faire sourire, paraître dérisoires, sont cependant très proches de leur vécu, et pas foncièrement différents de ceux qui pèsent sur les adultes. Comme chez les adultes, les critères de beauté et les normes à respecter pèsent davantage chez les filles que chez les garçons. Elles les connaissent, les ont intégrées. Et cherchent à les reproduire, à les imposer aux autres. Elles sont certaines que ces critères relatifs sont absolus. La chute va rappeler que ce n’est pas le cas.
Voir la chronique complète ici.
Extraits sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les livres antisexistes que nous avons chroniqués ici.
Nous avons déjà chroniqué des albums d’Ilya Green (Achile et la rivière, Bulle et Bob au jardin, Nos beaux doudous, Bulle et Bob à l’école, Mon arbre, Marre du rose, Bulle et Bob préparent Noël, Les plus belles berceuses jazz, Bulle et Bob à la plage, Peter Pan et Wendy, Bulle et Bob dans la cuisine et Le masque).

Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon
Texte de Christian Bruel, illustré par Anne Bozellec
Éditions Thierry Magnier
16,50 €, 216×217 mm, 72 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.
La dictature des petites couettes
d’Ilya Green
Didier Jeunesse
11,10 €, 195×178 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

« Chahutages et autres désordres », quand une classe échappe au professeur… Encore un très beau numéro de Les pieds sur Terre.

Gabriel