La mare aux mots

Adolescence et télévision

Par 4 août 2015 Livres Jeunesse

les étoiles en moiFord et Magnolia sont deux participants du dernier jeu de télé-réalité à la mode. Ils ont tous les deux décidé de s’inscrire au concours musical Spotlight afin d’échapper à leur vie quotidienne. Pour Ford, c’est son Arkansas natal et la négligence de ses parents qu’il faut fuir. Pour Magnolia, ses pensées noires et sa personnalité introvertie qui la tiennent éloignée des autres. Chacun cherche à se révéler, loin du poids du passé et de l’image négative que leur renvoient leurs proches. Mais comment trouver qui l’on est vraiment quand on est pris dans les faux-semblants du show-business ?
Cette comédie romantique est une vraie bonne surprise. Je dois avouer avoir débuté ma lecture avec beaucoup d’a priori : une romance sur fond de télé-réalité… Le risque était grand de tomber dans le feuilleton pour midinette. Passées les vingt premières pages, le doute se dissipe. On est déjà sous le charme des deux personnages principaux dont les points de vue sont alternés. Magnolia a un esprit aiguisé, une grande sensibilité et beaucoup de répartie. Ford est une sorte de mélange entre Johnny Cash, James Dean et Justin Bieber, avec une bonne dose de second degré pour parfaire le tout. Il est en effet beaucoup question de musique, dans cette histoire. Le lecteur est invité à consulter en ligne la liste des tubes chantés ou évoqués par les jeunes concurrents, et c’est un véritable voyage rock’n’roll dans les États-Unis des années 70 à nos jours qui nous est offert. L’intrigue laisse une place importante aux questionnements des adolescents en quête de célébrité, mais tout en restant parfaitement rythmée.
Un roman addictif qu’on referme à regret, la tête pleine de bonne musique.

La pyramide des besoins humainsChristopher a 14 ans. Un matin, après l’affrontement de trop avec les poings de son père, il quitte la maison et part pour Londres. Rapidement, il se retrouve à faire la manche dans le quartier de Soho, sans attendre plus de la vie qu’un hot-dog épicé, un carton pas trop humide pour passer la nuit, et que les passants lui lancent suffisamment de pièces pour qu’il puisse se saouler pour s’endormir. Cette vie sans perspective va être bouleversée par une affiche : un nouveau jeu de télé-réalité le défie de démontrer qu’il subsiste à ses besoins. Le jeu est inspiré de la pyramide de Maslow qui schématise les besoins humains en cinq grandes catégories. À la base de la pyramide, les besoins physiologiques (se nourrir, dormir…), ensuite viennent le besoin de sécurité, celui d’appartenance, celui de reconnaissance et enfin le besoin de réalisation de soi. À chaque étape du jeu, les candidats, qui se créent un compte en ligne, doivent écrire un texte prouvant la satisfaction de ces besoins successifs. Christopher prend ce défi comme une occasion de se sortir de la rue, mais aussi de démontrer que notre société moderne s’est éloignée de ce qui est vraiment important pour l’homme.
Cette histoire nous emmène dans les bas-fonds de Chinatown, à la marge de la vie moderne, de l’autre côté du caniveau que nous évitons du regard la plupart du temps. Ce qui marque, c’est la simplicité avec laquelle on adopte le point de vue du jeune SDF. Bien qu’il soit vindicatif, un peu déconnecté de la réalité à force de ne fréquenter que des drogués, prostituées et autres rebuts de la société, Christopher ne nous est pas étranger. Encore hier, il était un enfant qui allait à l’école, campait le week-end… Et tout a basculé avec une rapidité désarmante.
Caroline Solé critique notre société superficielle, plus préoccupée par la lueur qu’émet un écran de smartphone ou de télévision que par les plaintes d’un sans-abri. Sa description de la vie quotidienne dans la rue est brute, parfois choquante, sans tomber dans le misérabilisme.
Un roman peu commun qui évoque avec finesse les questions difficiles de la pauvreté et de l’exclusion.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette, Bricabook, et Sous le feuillage

La gelée d'étéCoup de tonnerre sur les vacances d’été de Pierre et Jean : la télé familiale ne fonctionne plus ! Pour les deux frères, c’est la catastrophe. Ils ont pour habitude de passer leurs vacances plantés devant leur écran. Et si cette panne était l’occasion de mettre enfin le nez dehors et de redécouvrir la saveur des moments partagés ?
Ce tout petit roman aborde avec légèreté l’abus d’écran par les enfants. Avec l’humour qui le caractérise, Mathis dresse un portrait tendre, mais moqueur de ces deux préados désespérés à l’idée de passer un été sans leur télé. Le texte est très court, mais nous fait rencontrer des personnages attachants. La complicité entre les frères est brillamment suggérée en quelques lignes de dialogue. Les relations familiales sont esquissées à la simple évocation d’une partie de Scrabble. Mathis, en dépit d’une grande économie de mots, raconte une histoire tendre relevée par un humour très fin.
Une réussite.
Le même vu par Bob et Jean-Michel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Mathis (Un parfait petit avion, Et pan !J’ai 1 an + 1 an + 1 an + 1 an, Salut Cousine !, Panique au Mini-MarketJe hais les vacances et Du bruit sous le lit).

Les étoiles en moi
de Brent Bradshaw et Andrea Seigel traduit par Éric Betsch
Hugo Roman dans la collection New Way
16,00 €, 131 x 205 mm, 354 pages, imprimé en France, 2015.
La pyramide des besoins humains
de Caroline Solé
l’école des loisirs dans la collection Médium
12,80 €, 149 x 219 mm, 128 pages, imprimé en France, 2015.
La gelée d’été
de Mathis
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
3,90 €, 105 x 150 mm, 44 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

 À part ça ? 

The Who, Nirvana, Peter Gabriel ou même Beyoncé, retrouvez tous les artistes mentionnés dans le roman Les étoiles en moi sur la chaîne Youtube d’Hugo Roman. De quoi se plonger un peu plus dans l’univers musical des deux personnages principaux Ford et Magnolia.

Laura

Hej från Sverige, chronique suédoise

Par 3 août 2015 Livres Jeunesse

Je reviens d’un séjour (9 jours) en Suède, essentiellement à Stockholm. J’en suis tombé amoureux. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir quelques albums suédois (ou d’auteur-e-s Suédois-es) sortis en France. Prochainement, je vous proposerai une chronique de romans.

Petits piedsQu’ont fait ses pieds aujourd’hui ? Ils ont été bruyants puis silencieux (pour ne pas réveiller le chien), ils ont marché en équilibre puis shooté dans un ballon, ils se sont salis puis ont été lavés et ils ont même sauté sur le lit.
On commence avec un très joli petit livre tout carton d’Emma Adbåge sorti en France chez Cambourakis. Il est donc question ici des pieds, de ce à quoi ils nous servent, pour le meilleur et pour le pire ! L’album est vivant, tout en mouvement avec un personnage (au sexe indéterminé) absolument irrésistible.
Un album vivant et plein d’humour pour se rappeler combien nos pieds sont utiles.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

J'APPRENDS AVEC MOUMINEIl y a Moumine qui est grand et la petite Mu qui est petite, Papa Moumine est parfois en haut de l’échelle, parfois en bas. Demoiselle Snork est mouillée quand elle est dans l’eau, mais bien sèche ensuite dans sa serviette.
Moumine est blanc, mais le chapeau de Papa Moumine est noir, la petite Mu porte une robe rouge, l’herbe est verte et le ciel est bleu.
Il y a 1 Moumine entre 2 arbres. Heureusement qu’il y a 3 parapluies quand apparaissent 4 nuages.
Moumine cueille des pommes puis boit dans sa tasse. Il saute au milieu des fleurs et ramasse des coquillages.
Apprends les contraires, Apprends les couleurs, Apprends à compter et Tes premiers mots sont quatre livres en carton ayant pour héros les Moumines qui sont regroupés dans un petit coffret cartonné. Même s’ils ne sont pas réellement suédois (ils ont été écrits en suédois, mais par une finlandaise), les Moumines sont partout en Suède ! Il faut dire que ces personnages sont particulièrement attachants, drôles et surtout graphiquement très réussis. Ici, on s’adresse donc aux plus petits dans quatre livres colorés.
Quatre livres des Moumines pour les tout-petits.

L'expédition au clair de luneIl fait enfin beau dans la vallée des Moumines. Pour Moumine, c’est une journée idéale pour une expédition ! Seulement le temps que toute la famille Moumine se prépare c’est déjà la nuit… Mais d’après Maman Moumine ce n’est pas un souci, on peut faire une expédition au clair de lune !
On reste avec les Moumines avec cet album qui s’adresse aux plus grands. Moumine, l’expédition au clair de lune est un album inspiré par les histoires originales de Tove Jansson (et donc pas une histoire écrite par elle), mais on retrouve bien ici l’univers de ces personnages pleins de charme.
Une très jolie expédition pleine de tendresse.

sven s'en vaSven s’ennuie. Il est dans son jardin, il a toute la journée devant lui, mais que faire quand on a déjà tout fait, joué à tous les jeux au moins cinq fois ? Et s’il partait à l’aventure ?
On retrouve l’auteure-illustratrice Emma Adbåge cette fois avec un de ses plus célèbres personnages, Sven. Ici, le petit garçon s’ennuie et va vivre de folles aventures : prendre le train, faire du camping ou encore voyager en bateau… ou peut-être que tout ceci est dans sa tête !
Un très bel album sur l’ennui et l’imagination des enfants.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Leni fait la grandeLeni n’est pas « trop chou-à-croquer », elle est grande ! Et comme elle est grande elle peut tout faire comme une grande : construire des tours, mettre son manteau toute seule, pousser sa poussette plutôt que de monter dedans, se servir d’une fourchette et d’un couteau sans aide, faire le ménage… faire le ménage ? Finalement, peut-être que c’est mieux de ne pas être tout de suite une grande…
Autre personnage récurent d’Emma Adbåge, Leni. La petite fille au caractère bien trempé expérimente ici le fait que dans toutes les situations il y a des avantages et des inconvénients (et que finalement en étant enfant on a quand même plus d’avantages). C’est vraiment plein d’humour et c’est un père qui s’occupe de la petite Leni et qui fait le ménage… en Suède, le sexisme est bien moins présent dans la vie de tous les jours et donc dans la littérature.
Un personnage piquant comme on les aime pour un album très drôle sur le fait de vouloir sauter les étapes.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Bon anniversaireLes anniversaires c’est quand même formidable ! Mais si c’était toutes les semaines, ça serait comment ? Et être né un 29 février ça donne quoi ? Les adultes le fêtent-ils comment les enfants ? Et chez les animaux ?
Dernier album d’Emma Adbåge de la sélection, Bon anniversaire s’intéresse donc à cette fête qui revient chaque année. On parle des traditions suédoises, mais aussi on imagine si l’on changeait le rythme des anniversaires. Finalement un anniversaire par an, c’est ce qu’il y a de mieux !
Un album plein d’humour pour parler des anniversaires.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Où sont nos bonnetsIl y a Sofi, Tom, Mia et Marko. Sofi et Tom sont frères et sœurs. Mia et Marko sont leurs voisins. Ils ont tous un nouveau bonnet, ils en sont fiers ! Mais le jour de l’anniversaire de Jim, lors d’un tour de magie, le père de ce dernier fait disparaître les bonnets, imaginez la catastrophe !
Eva Lindström est également une auteure-illustratrice suédoise importante. J’avais découvert son travail avec le très beau J’aime pas l’eau puis avec le dessin animé Les amis animaux. J’aime beaucoup son univers. Elle croque l’anecdotique, les petits moments de la vie. Ici, il s’agit donc de bonnets disparus lors d’un tour de magie et d’ascenseur en panne.
Un album délicat et poétique.
Le même vu par Le tiroir à histoires et des extraits sur le site de la maison d’édition.

Olli et MaMa a décidé de partir en balade, Olli est bien obligé de suivre… Tout est prêt ? Alors on démarre la voiture et c’est parti ! On s’arrête pour le goûter, pour manger de bons gâteaux… mais Ma a oublié son portefeuille ! Il faudra faire la vaisselle pour pouvoir repartir…
On retrouve l’univers poétique d’Eva Lindström dans cette belle histoire de balade en voiture. Ici encore, elle parle du quotidien, mais de façon décalée, comme vu par les yeux d’un enfant.
Un album tout en douceur par une des auteures Suédoises les plus connues.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Molly et SueElles sont nées le même jour, reliées par des tresses. Elles ont grandi comme ça, devant adapter leurs vêtements à leur particularité (impossible de passer un vêtement par la tête quand on est attaché à quelqu’un par les cheveux). Il leur fallait aussi un vélo où elles pouvaient tenir à deux. Mais quand l’une ne pédala pas assez vite pour l’autre, ce qui n’était jamais arrivé arriva, les jumelles commencèrent à se disputer.
Molly & Sue est un très bel album sur le côté fusionnel de certains enfants et sur le besoin d’indépendance… et l’envie de se retrouver. Un album, aussi bien sûr, sur la gémellité. L’album a été élu meilleur album en 2013 par le prix Slangbellan (prix suédois).
Un très bel album aux illustrations à la peinture.

Il n'est jamais trop tardSa mère l’a prévenu, il est trop tard pour y aller. Son père l’a confirmé, ça ferait veiller trop tard, ils iront demain. Mais Riccardo veut rester trop tard. Ne pas aller se coucher. Riccardo est trop petit, mais avec un peu d’aide…
Ce n’est pas un album Suédois (mais Italien), mais son illustratrice, Camilla Engman, elle, est bien Suédoise et vit à Göteborg (vous pouvez découvrir son travail sur son blog). Il n’est jamais trop tard est un très bel album qui aborde avec une infinie délicatesse le rituel du coucher. C’est bien entendu dans ses rêves que le petit garçon va faire le voyage qu’il souhaitait faire. Les illustrations de Camilla Engman sont superbes. Elle accompagne le texte de Giovanna Zoboli tout en douceur et en poésie.
Un magnifique album sur le rituel du coucher et le monde des rêves.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Aujourd'hui en SuèdeAnders, 11 ans, vit à Stockholm. Il profite de ses vacances pour aller voir son oncle Magnus en Östergötland et se réinscrire au tennis. Puis vient la rentrée, il faut retourner en classe, supporter les autres, retrouver ses amis et découvrir une nouvelle qui vient de Belgique et qui s’appelle Astrid.
Entre l’album et le documentaire, Aujourd’hui en Suède, dans la collection Le journal d’un enfant chez Gallimard Jeunesse, raconte le quotidien d’un enfant sous forme de journal et son histoire est accompagnée de données documentaires. On en saura donc bien plus sur le pays, ses traditions, sa culture, les lieux importants… C’est drôlement bien fait, passionnant à lire et une super approche d’un pays. Le texte est écrit par le traducteur de Fifi Brindacier, Alain Gnaedig.
Un album pour apprendre plein de choses sur la Suède sans que ça ne soit jamais rébarbatif.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages d’Eva Lindström (J’aime pas l’eau), de Giovanna Zoboli (Ce que mes yeux ont vu et Le Voyage d’une Étoile) et de Camilla Engman (La fille verte).

Petits pieds
d’Emma Adbåge (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
8 €, 160×160 mm, 20 pages, imprimé en Pologne, 2015.
Moumine coffret 4 livres
de Tove Jansson
P’titGlénat dans la collection Vitamine
19,90€, 150x185x62 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2011.
Moumine, l’expédition au clair de lune
Texte français de Catherine Renaud, d’après les histoires originales de Tove Jansson
P’titGlénat
11 €, 220×267 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2011.
Sven s’en va
d’Emma Adbåge (traduit par Sylvain Briens)
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
13,20€, 200×246 mm, 30 pages, lieu d’impression non indiqué, 2010.
Leni fait la grande
d’Emma Adbåge (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
12,50 €, 200×225 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2015.
Bon anniversaire
d’Emma Adbåge (traduit par Sylvain Briens)
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
13,20€, 200×246 mm, 30 pages, lieu d’impression non indiqué, 2009.
Où sont nos bonnets ?
d’Eva Lindström (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
13,50 €, 200×280 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Olli et Ma
d’Eva Lindström (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
13,50 €, 200×280 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Molly & Sue
de Klara Persson (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
14 €, 200×280 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2013.
Il n’est jamais trop tard
Texte de Giovanna Zoboli (traducteur-trice non crédité-e), illustré par Camilla Engman
Hélium
14,10 €, 235×265 mm, 230×260 pages, imprimé en Italie, 2010.
Aujourd’hui, en Suède
Texte d’Alain Gnaedig, illustré par Agnès Decourchelle et Loïc Froissart
Gallimard Jeunesse dans la collection Le journal d’un enfant
13,10 €, 202×235 mm, 60 pages, imprimé en Chine, 2011.


À part ça ?

Qui voilà + Coucou nous voilàFolimage a regroupé, sur un DVD, Qui voilà ? et Coucou nous voilà, deux collections de courts métrages. Je vous avais parlé de Qui voilà ? (ici) lors de sa sortie en salle et je suis très fan de ces petits films venus de Suède et inspirés des albums de Stina Wirsén. C’est tout doux, très poétique et parfaitement adapté aux plus jeunes spectateur-trice-s (dès deux ans d’après l’éditeur). Ça parle du quotidien (une nuit chez un copain, la mort d’un grand-parent, une mère perdue au supermarché…). Chaque histoire dure 4 minutes (donc là aussi format adapté aux plus jeunes). J’adore le graphisme de l’animation. Côté bande-son, c’est Hippolyte Girardot qui raconte et les personnages ne s’expriment que par bruitage.
Un DVD a découvrir absolument !
Plus d’infos (avec des extraits) sur le site : http://www.quivoila-lefilm.fr.

Gabriel

La chronique numérique : Bzz bzz…

Par 2 août 2015 Livres numériques, Numérique

BzzQui fait bzz ?, la nouvelle appli de CotCotCot-Apps, nous propose de nous promener dans un joli jardin pour découvrir le bruit des animaux. C’est à un vrai jeu de cache-cache que le petit lecteur est convié. Le livre s’ouvre sur un parterre de fleurs, et une voix nous demande « Qui fait bzz ? ». Pour avancer dans l’histoire, l’enfant doit trouver la réponse en soulevant des rabats numériques, fleurs, rochers, et en farfouillant dans le paysage. Au cours de sa recherche, il fait la rencontre d’autres animaux, chat, chien, oiseau, mouton et vache, qui l’inviteront à les suivre. À la fin de l’histoire, le lecteur peut poursuivre sa promenade Bzz2à travers deux petits jeux : un jeu de méli-mélo où l’on peut s’amuser à créer des animaux, selon le modèle ou non, à les photographier et à imiter leurs sons en s’enregistrant, et un jeu dans lequel on classe les animaux par ordre de grandeur, du plus petit au plus grand. En prime, un chouette kit de bricolage (dans la partie Crédits) pour fabriquer le héros de l’histoire, un petit chat articulé, et lui faire vivre d’autres aventures.
L’originalité de ce livre numérique tout en douceur est la navigation. Il ne s’agit pas d’un livre dont on tournerait des pages, mais véritablement d’un paysage qui se déplie sous nos yeux. Ne sorte de leporello (livre accordéon) numérique. BzzL’histoire se déroule automatiquement, ce qui rend la navigation très fluide et contribue à l’immersion du lecteur. Mais il faut aussi parler des illustrations, que nous devons à Sabine De Greef. Ce sont des collages de papiers, de tissus et de boutons, dans des couleurs pastel très douces. Un incroyable travail a été fait pour leur rendre leur relief et plonger ainsi le lecteur dans ce jardin. Ajoutons à cela une délicate musique, qui chatouille l’oreille sans s’imposer et on obtient un livre numérique formidable pour les tout-petits : en les transformant en acteur de l’histoire, il leur offre une découverte drôle et intelligente de l’outil numérique. C’est assez rare pour être applaudi !
Bande-annonce :

Qui fait bzz ?
de Sabine De Greef, bande originale de Pierre Gevaert et Sylvain Boisvert
CotCotCot-apps
Prix constaté : 2,99 € (Apple).

Erica

Sur le pot !

Par 1 août 2015 Livres Jeunesse

L’été, pour certain-e-s, c’est la dernière ligne droite en ce qui concerne la propreté. S’ils veulent pouvoir rentrer à l’école, les enfants devront être propres. On a présenté de nombreux livres sur le pot (liste en fin de chronique), en voici deux récents.

Timoté va sur le potAujourd’hui, Timoté va avec sa mère au supermarché. Les couches c’est fini, il faut acheter un pot ! Aussitôt essayé, aussitôt adopté ! Enfin… la première fois ! Après, ça se complique.
Timoté va sur le pot est un album extrêmement classique sur le pot (avec le fameux passage où l’enfant tente de détourner le pot notamment en se faisant un chapeau qui doit être dans 95 % des livres sur le pot). Mais le petit héros que connaissent les enfants, avec des illustrations colorées, de l’humour et des petits jeux à la fin ça fonctionne toujours ! À noter qu’ici les pages sont plastifiées et que donc on peut le mettre dans les mains des tout-petits.
Un livre très classique sur le pot mais efficace.
Le même vu par Sous le feuillage et Livres et merveilles.

Le pire livre pour apprendre le potIl ne voulait pas venir, c’est sa mère qui l’a obligé mais maintenant que le petit lapin est là plus le choix, il va falloir faire sur le pot. Il trouve ça nul et en plus il sait déjà tout. Enfin quand on lui dit de ramener le pot il ramène quand même un pot de fleurs !
On change complètement de style, le piquant Antonin Louchard signe un album bien plus original sur le pot (même si là encore le héros tente de faire un chapeau avec son pot) avec un personnage râleur et surtout une fin aussi inattendue qu’hilarante. Pour dédramatiser le pot, rien de tel qu’un peu d’humour !
Un album piquant et original pour mieux apprivoiser le pot.
Le même vu par Enfantipages, Chez Clarabel et Les livres de Dorot’.

Quelques pas de plus…
Retrouvez dans un album Pinterest tous les livres sur le pot que nous avons chroniqué.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Antonin Louchard (Oh ! la vache, La promenade de Flaubert, C’est la p’tite bête, Gribouillis gribouillons, Je suis un lion, Je veux voler, Le crocolion, Cékicékapété ?, La planète de la petite bête et La chanson de la Petite Bête) et de Mélanie Combes (Comptines du chat et de la souris, Oh les jolies petites bêtes et Le petit bonhomme de pain d’épice).

Timoté va sur le pot
Texte d’Emmanuelle Massonaud, illustré par Mélanie Combes
Gründ dans la collection Timoté
5 €, 170×170 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Le pire livre pour apprendre le pot
d’Antonin Louchard
Seuil Jeunesse
8,90 €, 180×180 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2015.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons nos coups de cœur du mois qui se termine. En juillet, c’était donc, pour moi : Les Vitalabri de Jean-Claude Grumberg et Ronan Badel (Actes Sud Junior) et Riposte ! Comment répondre à la bêtise ordinaire de Jessie Magana et Alain Pilon (Actes Sud Junior), pour Marianne :  Animalium de Katie Scott et Jenny Broom (Autrement) et pour Marie : Tant et tant de choses d’Anna Kövecses (Seuil Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

N’ayez pas peur !

Par 31 juillet 2015 Livres Jeunesse

Mes petites peursElle a peur des bêtes, des petites et des grosses. Elle a peur de la nuit, du noir, des monstres cachés sous le lit. Elle a peur de perdre sa mère au supermarché. Elle a peur de tout un tas de choses, mais elle sait aussi très bien se rassurer.
Quelle joie de retrouver le duo de Le ventre de maman, Les bras de papa et Ma boîte à petits bonheurs. Cette fois-ci, c’est donc des petites (et grosses) peurs dont parlent Jo Witek et Christine Roussey. L’héroïne de l’histoire raconte ce qui l’effraye et comment elle se rassure. Comme toujours, Jo Witek signe un texte très poétique (et très littéraire) et Christine Roussey des dessins drôles et délicats.
Un beau livre cartonné avec des découpes, pour apprivoiser la peur.
Le même vu par Sous le feuillage.

Au Secours ! un dragon scrogneugneuUn dragon terrorise la région mais un petit garçon a décidé d’aller le combattre. Mais pour ça, il a besoin de l’aide du lecteur ou de la lectrice. Il faudra aider notre héros à trouver son pistolet anti-dragon, à traverser une rivière ou encore à occuper le dragon. Vous êtes prêts ? N’ayez pas peur, c’est parti !
J’aime décidément beaucoup cette collection signée Orianne Lallemand. Après le loup, l’ogre, la sorcière, le fantôme et le monstre, c’est donc au dragon qu’on s’attaque. On ouvre des flaps, on tourne des roues, on regarde par des fenêtres et l’on joue à se faire peur.
C’est drôle, interactif, bien écrit, bref, j’aime beaucoup.
Le même vu par Chez Clarabel.


Mes petites peurs
Texte de Jo Witek, illustré par Christine Roussey
De La Martinière Jeunesse
14,95 €, 250×260 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2015.
Au secours ! Un dragon scrogneugneu
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Caroline Hüe
Nathan dans la collection Au secours !
14,90 €, 190×290 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2015.


Gabriel