La mare aux mots

Demandez des contes ! [article en libre accès]

Par 20 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux pépites pour accompagner vos soirées d’automne au coin du feu : le conte féministe Anna qui chante de Sonia Paoloni et Eloïse Rey et le formidable Le petit poucet c’est moi… Régalez-vous !

Il était une fois un drôle de pays : le Pays des Sept Collines. Dans cette contrée éloignée, vivaient un roi et sa fille, Judith, surnommée par les habitant·e·s du royaume « Judith la Triste ». Un roi méchant, tyrannique qui la gardait enfermée. Si Judith avait droit à une éducation hors pair, musique, langues étrangères, calcul et dissection, elle s’ennuyait ferme toute seule… Alors le roi eut une idée de génie : kidnapper des petites filles pour que Judith ait des amies… Seulement, au milieu de ces petites filles, il y en avait une particulière : Anna…
Anna qui chante est un album féministe et poétique. Sonia Paolini nous propose une histoire drôle et révoltée. L’autrice suit les codes classiques du conte : un pays lointain, un roi odieux, une princesse enfermée promise à un prince… Sauf que contrairement aux contes classiques, la Princesse Judith ne se mariera pas à un Prince, et que les jeunes filles se rebellent contre le patriarcat. Grâce à « Anna qui chante » « Judith qui pleure » va oser s’exprimer face au Roi et prendre son destin en main. Le chant d’Anna est un chant de colère, qui parle aux cœurs des jeunes filles désobéissantes et insoumises. C’est un chant de soulèvement, d’émeute. Les illustrations d’Eloise Rey accompagnent magnifiquement ce très beau texte. Oniriques et éclatantes, d’un style symbolique, elles nous plongent dans un univers ensoleillé où la sororité est la première des qualités. Graphiquement, l’album est somptueux et l’on suit la mélopée d’Anna avec ravissement – on la murmure presque… –
Un très bel album, coup de cœur, féministe et engagé !

Des années après avoir volé les bottes de sept lieux et échappé à l’Ogre, le Petit Poucet reçoit une drôle de lettre « Petit Poucet, tu seras sans doute surpris de recevoir cette lettre. Depuis que j’ai voulu vous manger, tes frères et toi, il est vrai que je n’ai pas beaucoup donné de nouvelles. » À partir de là, une correspondance s’établit entre le Petit Poucet et l’Ogre. Une correspondance passionnante, étonnante et drôle, où l’on découvre le quotidien de notre Petit Poucet (pas si drôle) et les envies d’écrivain de l’Ogre…
Quel album incroyable ! Christophe Mauri et Marie Caudry nous offrent ici un album fantastique. L’idée de départ est géniale : écrire une suite au Petit Poucet (et quelle suite). Sous forme épistolaire, on découvre le quotidien des deux protagonistes : le Petit Poucet est toujours le vilain petit canard de sa famille, tandis que l’Ogre souffre de rhumatisme, de vieillesse… Il adorerait recevoir son correspondant à manger chez lui… Sauf que tout n’est pas si facile : un Ogre peut-il inviter un Petit Poucet pour dîner sans avoir envie d’en faire son plat principal ? (Vous avez 4 heures). L’histoire est à la fois hilarante, émouvante et pose des questions morales et éthiques : notamment lorsque l’Ogre décide de se lancer dans l’écriture de conte de fée (que vous reconnaîtrez, j’en suis sûre) et qu’il se fait emporter dans l’industrie du divertissement. Marie Caudry illustre à merveille ce bel album : on a l’impression d’ouvrir un livre de conte du XIXe siècle : tant dans le trait que dans la forme. On passe du temps à admirer ces belles scènes qui sont parfois sur double-page !
Un superbe album, à lire sans modération ! Un vrai coup de cœur.

Anna qui chante
Texte de Sonia Paolini, illustré par Eloïse Rey
Biscoto
18 €, 227×317 mm, 66 pages, imprimé en France, 2017
Le Petit Poucet c’est moi
Texte de Christophe Mauri, illustré par Marie Caudry
Casterman
14,95 €, 195×254 mm, 124 pages, imprimé en France, 2017.

Des doudous

Par 17 novembre 2017 Livres Jeunesse

On les appelle objets transitionnels ou doudous, aujourd’hui des livres qui mettent en scène des ours en peluche, un lapin de velours, un koala et toute sorte d’autres doudous. Et chez vous, c’est quoi le doudou ?

Le lapin de velours
Texte de Margery Williams (traduit par Rose-Marie Vassallo), illustré par Sarah Massini
Père Castor
16,50 €, 240×265 mm, 64 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
L’ours et la poupée
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustré par Sejung Kim
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Je n’aime pas koala
Texte de Sean Ferrell (traducteur·trice non crédité·e), illustré par Charles Santoso
Alice Jeunesse dans la collection Histoires comme ça
12,90 €, 237×242 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017.
Balthazar a perdu son ours Pépin
Texte de Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier
Hatier Jeunesse dans la collection Balthazar
12,94 €, 240×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Tous les doudous et le mien !
Textes de Bénédicte Rivière, illustré par Élise Garcette
Larousse
11,50 €, 205×245 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

Histoires de bibliothèques

Par 16 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, des histoires de biblis ! On commence en douceur avec une bande de doudous qui profite de la nuit pour découvrir le monde merveilleux de la lecture… Puis place à l’action, avec un petit héros qui va devoir sauver les livres et affronter deux terribles super-méchants !

Une nuit à la bibliothèque
Texte de Kazuhito Kazeki (traduit par Mutsumi Fomato), illustré par Chiaki Okada
Seuil Jeunesse
13,50€, 215×260 mm, 34 pages, imprimé en Italie, 2016.
Super Lecture Boy, Menace sur la bibliothèque
Texte d’Arnaud Alméras illustré par Clément Devaux
Nathan dans la collection Premiers Romans
6,90€, 145×191 mm, 54 pages, imprimé en France, 2017.

Les invité·e·s du mercredi : Raphaëlle Barbanègre et Carl Norac

Par 15 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Raphaëlle Barbanègre qui a accepté de répondre à nos questions. Avec elle nous revenons sur son dernier album, Cendrillon et la pantoufle velue, et sur son parcours. Ensuite, nous partons en vacances avec l’auteur Carl Norac. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Raphaëlle Barbanègre

Parlez-nous de votre parcours.
Alors je suis née à Toulouse et j’ai grandi à la campagne dans une grande et vieille maison.
J’ai toujours aimé dessiner et j’ai grandi dans une famille où l’art tient une très grande place, d’ailleurs ma sœur Juliette Barbanègre est aussi illustratrice (de grand talent). Nous avons donc été grandement encouragées dans cette voie artistique.
Après le lycée (quel ennui) je suis partie faire mes études à Lyon à l’École Émile Cohl pendant 4 ans, où je me suis tournée vers l’illustration jeunesse.
Ensuite j’ai déménagé à Montpellier, puis Paris, puis Montréal en 2012. J’y vis depuis avec joie, le Québec et ses paysages (et ses saisons) étant une source d’inspirations infinie !

Pouvez-vous nous parler de Cendrillon et la pantoufle velue qui vient de sortir chez Talents Hauts
Après Blanche neige et les 77 nains, nous avions envie de continuer et d’adapter un autre conte.
Celui de Cendrillon a été très intéressant à adapter car dans le genre « macho » il se pose là ! Et puis en dehors de ça c’est super marrant de détourner une histoire classique que tout le monde connaît par cœur. Dans Cendrillon, l’histoire commence comme le conte classique puis ensuite chaque page représente un épisode clé du conte (la robe, les chaussures, le carrosse, le bal, etc.) mais complètement raté. C’était génial d’imaginer tout ça et de faire l’inverse de ce que j’aurais fait si j’avais dû illustrer le conte classique !

Ce n’est pas votre premier album avec Davide Cali, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration ?
Oui, j’aime beaucoup travailler avec Davide ! Il y a un côté décalé et loufoque dans ses textes qui correspond bien à mon travail. On réfléchit souvent ensemble à toutes les blagues qu’on va mettre dans le livre.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Ça dépend des projets. Pour Cendrillon c’est du 100 % à l’ordi, mais j’ai aussi illustré un livre au feutre (« Les abominables Mini yétis » chez Sarbacane) et en ce moment je me sens de plus en plus attirée vers les techniques plus traditionnelles.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Enfant et ado je lisais beaucoup et c’est toujours le cas.
Quand j’étais petite je lisais beaucoup de contes. J’ai aussi été très marquée par les livres de Tomi Ungerer et ceux de Roald Dahl (quels génies !). Ado j’ai eu une grande période heroic fantasy après avoir lu Le seigneur des anneaux et Dune et j’étais une grande fan de bd, j’en achetais beaucoup.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
Alors je viens d’illustrer un album qui s’appelle « Les saisons de Montréal » chez La Pastèque, qui devrait sortir en France en janvier prochain, et bien sûr nous projetons avec Davide d’adapter un nouveau conte à notre sauce, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment 😉

Bibliographie sélective :

  • Cendrillon et la pantoufle velue, illustration d’un texte de Davide Cali, Talents Hauts (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les abominables mini-yétis, illustration d’un texte de Didier Levy, Sarbacane (2017).
  • 1000 méli-mélo robots et 1000 méli-mélo autos, Père Castor (2016), que nous avons chroniqués ici.
  • Blanche Neige et les 77 nains, illustration d’un texte de Davide Cali, Talents Hauts (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Baisers ratés de New York, illustration d’un texte de Davide Cali, Gulf Stream Éditeur (2015).
  • La folle aventure de Doudou à Paris, texte et illustrations, Graine² (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Super Potamo, illustration d’un scénario de Davide Cali, Bang Editiones (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon cahier d’activités dingo !, texte et illustrations, Graine² (2013), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Carl Norac

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Carl Norac que nous partons ! Allez, en route !

Albums jeunesse

  • Moi et rien, Kitty Crowther (Pastel)
  • A book of nonsense, Edward Lear (divers éditeurs)
  • Un grand jour pour rien, Beatrice Alemagna (Albin Michel)
  • Buddhism for sheep, Chris Ridell (Erbury Press)
  • Préférerais-tu…, John Burningham (Kaléidoscope)

Romans

  • Les oiseaux, Tarjei Vesaas
  • Pays de neige, Yasunari Kawabata
  • Le chagrin des Belges, Hugo Claus
  • Sur la route, Jack Kerouac
  • Toutes les nouvelles de Robert Walser et de Raymond Carver

CD

  • The idiot, Iggy Pop
  • Whatever People Say I Am That’s What I’m Not, Arctic Monkeys
  • L’amour, l’argent, le vent, Barbara Carlotti
  • Out for lunch, Éric Dolphy
  • et le récent magnifique Warhaus par Warhaus

DVD

  • Les Temps Modernes, Charlie Chaplin
  • Léviathan, Andrei Zviaguintsev
  • M le Maudit, Fritz Lang
  • Festen, Thomas Vinterberg
  • Breaking bad (série)

BD

  • Salto, l’histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie, Judith Vanistendael et Mark Bellido
  • Maus, Art Spiegelman
  • Cinema Panopticum, Thomas Ott
  • Philémon, Fred (toute la série)
  • Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied, Pascal Rabaté et Kokor

5 artistes

  • Andy Goldsworthy
  • Constant Permeke
  • Hans Memling
  • Jessie Oonark
  • Anish Kapoor

5 lieux

  • Flâner en hiver dans le vent sur la plage d’Ostende
  • Monter sur un terril du Hainaut et oublier un instant la montagne
  • Écrire sur un banc dans le jardin de la maison de Grieg en Norvège
  • Retourner en Inde et accepter de ne rien y comprendre (sur les Backwaters du Kerala)
  • Parler d’amour dans le quartier de l’Alfama à Lisbonne

Carl Norac est auteur.

Bibliographie sélective :

  • La piscine magique, album illustré par Clothilde Delacroix, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Poèmes pour mieux rêver ensemble, poèmes illustrés par Géraldine Alibeu, Actes Sud Junior (2017).
  • Le nid de jean, album illustré par Christian Voltz, Pastel (2016).
  • Les saisons de Vivaldi : Piazzolla, livre-CD illustré par Laurent Corvaisier, Little Village (2016).
  • Petits Poèmes pour passer le temps, poèmes illustrés par Kitty Crowther, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Rue des amours, album illustré par Carole Chaix, À pas de loups (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Sorcière blanche, album illustré par Herbéra, À pas de loups (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le noir quart d’heure, album illustré par Emmanuelle Eeckhout, Pastel (2015).
  • Bazar Circus, livre-CD illustré par Isabelle Chatellard Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Petites histoires pour rêver dans sa poche, album illustré par Thomas Baas, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Raja, album illustré par Aurélia Fronty, Didier Jeunesse (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit sorcier de la pluie, album illustré par Anne-Catherine de Boel, Pastel (2006).
  • Monsieur Satie : L’homme qui avait un petit piano dans la tête, Livre-CD illustré par Élodie Nouhen, Didier Jeunesse (2006).
  • Les mots doux, album illustré par Claude K. Dubois, Pastel (1995).

De A à Z

Par 14 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler des lettres grâce à de bien jolis albums.

Mon abécédaire
de Céline Lamour-Crochet
Éditions Les Minots dans la collection Mon album Ceci Cela
13,90 €, 210×210 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
En peu de mots – Un abécédaire
d’Isol (traducteur·trice non crédité·e)
Syros
15,50 €, 209×210 mm, 48 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
De A à Z – Abécédaire
de Peggy Nille
Nathan
14,95 €, 202×290 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Alphabet des plantes et des animaux
d’Émilie Vast
Éditions MeMo
13 €, 195×200 mm, 60 pages, imprimé en République Tchèque, 2017.
New York de A à Z
de Paul Thurlby (traduit par Anne Kalicky)
Gautier-Languereau
18 €, 245×313 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2017.
Un petit dessin vaut mieux qu’une grande leçon
Textes de Sandrine Campese, illustrés par Isabelle Fregevu-Claracq
Le Robert
12,90 €, 197×207 mm, 126 pages, imprimé en France, 2017