La mare aux mots

Du roman à la BD

Par 3 mars 2015 Livres Jeunesse

Bjorn le MorphirAu cœur de l’hiver 1065, la maison de Bjorn et de sa famille est attaquée par la neige, qui prend la forme d’une créature agressive. D’ordinaire timide et craintif, Bjorn, pour sauver ceux qu’il aime, déploie des trésors d’ingéniosité et de courage, et gagne son surnom de « morphir », héros nordique destiné à accomplir des faits d’exception. Bientôt appelé à servir le roi viking, Bjorn le morphir se lance dans une aventure dangereuse, haletante, très plaisante pour tous les fans de littérature fantastique. En route pour les enfers, accompagné de trois compagnons dont sa fiancée, il devra affronter un ogoujon (sorte de tube digestif qui force ses proies à marcher jusqu’à son estomac), d’énormes baleines dentues et griffées, des aplatisseurs (araignées géantes à pattes d’éléphant), le propre fils du roi – un être sanguinaire et orgueilleux – et bien sûr, la Reine des Enfers elle-même…
Cette première aventure s’étend sur 3 tomes, qui ne peuvent se lire indépendamment les uns des autres. C’est une épopée très bien construite, très prenante, et vraiment chouette pour les enfants, mais aussi pour les plus grands. Comme le montrent les quelques créatures imaginaires citées plus haut, l’univers créé par l’auteur est vraiment très riche et les crayons de Thomas Gilbert en rendent parfaitement la profondeur.
Adaptée des romans de Thomas Lavachery, la série de BD compte donc pour le moment ces 3 tomes, qui reprennent les 5 premiers volumes du texte original, Bjorn le Morphir et le cycle des Bjorn aux enfers. Le 4e tome, basé sur le cycle des Bjorn aux armées, sort en mars.
Les mêmes vu par Des livres, etc et La valse des pages.

Les royaumes du nord T1Dans un monde où chaque être humain est lié à un animal qui le suit partout et qui ne peut pas s’éloigner de plus de quelques mètres, Lyra est une jeune orpheline téméraire et un peu insolente, élevée au Jordan College où elle comble son ennui en cumulant les bêtises. Elle rêve de partir avec son oncle, l’explorateur Lord Asriel, dans les royaumes du Nord, où vivent des créatures légendaires telles que les ours en armure. À la place, elle est accueillie par Mme Coulter, qui lui promet de l’emmener dans le Nord. Mais bientôt, celle-ci semble changer d’attitude et Lyra découvre que sa tutrice est liée aux nombreux enlèvements d’enfants qui secouent l’Angleterre.
Ce n’est pas pour rien que cet ouvrage a reçu le Prix Jeunesse 2015 au festival d’Angoulême ! Reprenant le célèbre texte de Philip Pullman, À la Croisée des mondes, Stéphane Melchior et le génialissime Clément Oubrerie nous livrent un premier tome vraiment magnifique, très dense et plein de rebondissements.
Le même vu par L’ivresse des mots, Dans la bibliothèque de Noukette et Chez Clarabel.

Le HorlaIl est toujours difficile de s’attaquer à un classique comme Le Horla, de Maupassant. Eh bien Guillaume Sorel s’en sort haut la main !
Dans ce récit, le personnage principal, qui vit paisiblement dans une belle demeure avec ses domestiques près de Rouen, se réveille brusquement une nuit parce qu’il a l’impression d’étouffer, et découvre, accroupi sur sa poitrine, un être imposant et évanescent qui disparaît en quelques secondes. Comprenant alors qu’il est possédé, il tente par tous les moyens de se débarrasser de celui qui hante ses nuits.
Le dessin et la colorisation sont relativement classiques, c’est très bien dessiné et très réaliste, mais je trouve surtout que c’est une très bonne adaptation, qui s’adresse plutôt aux adolescents et aux adultes. On ressent parfaitement la terreur montante du personnage principal, tout en se demandant si celui-ci est en train de devenir fou ou si tout cela est bien réel. Aurons-nous seulement une réponse claire à la fin de l’ouvrage ?…
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette, Bricabook et L’ivresse des mots.

Le Fantome de CantervilleCelui-ci, ça n’est pas une BD. Mais ça n’était pas non plus un roman à la base, donc on reste cohérent dans l’approximation ! Dans cette version du Fantôme de Canterville, on retrouve donc le texte très drôle d’Oscar Wilde (où un fantôme anglais tente en vain d’effrayer la famille américaine qui vient d’emménager dans sa maison), dans un bel ouvrage grand format. J’adore la couverture mate, le papier épais et la mise en page soignée (jeu avec les typos, incrustation de textes dans des illustrations). Mais surtout, le récit est animé par les magnifiques illustrations de Barbara Brun, ce qui en fait un vrai bel objet. Comme dit plus haut, ce n’est pas une BD, mais plutôt un livre illustré.
L’éditeur, Marmaille & compagnie, présente cet ouvrage comme le premier titre d’une nouvelle collection d’adaptations de classiques en livres illustrés. Moi qui adore retrouver un texte que j’aime adapté sous toutes les formes, j’ai hâte de voir les autres titres !
Le même vu par Les lectures de Liyah et Délivrer des livres.

Arsene LupinJe triche encore un peu avec cette BD, car il ne s’agit pas de l’adaptation d’un des récits écrits par Maurice Leblanc, mais de la réutilisation du célèbre gentleman cambrioleur, par Benoît Abtey et Pierre Deschodt.
L’idée de cette série ? Comprendre comment Arsène Lupin est devenu Arsène Lupin. On retrouve donc celui-ci en 1888 (il a environ 14 ans), au bagne pour enfants de Belle-Île-en-Mer, un endroit évidemment violent et tristement célèbre pour la disparition de nombreux pensionnaires. Finalement adopté par Perceval de la Marche, personnage noble et riche, Arsène apprend à se battre et à manier les armes à ses côtés, et ce dans un objectif : rejoindre les francs-juges, « représentants du pouvoir et faiseurs de justice » et lutter contre les Lombards, dont les « armes sont la corruption, le vol, le meurtre et la magie ».
Ce premier tome est très foisonnant : plusieurs intrigues se mêlent entre elles, et l’on a à peine ouvert le livre qu’on le referme déjà, l’ayant lu d’une traite, emporté par la vitesse du récit. Il pose les bases d’une aventure pleine de promesses, qu’on a hâte de retrouver dans la suite de la série !

Le journal d'un chat assassinSi vos enfants aiment les récits courts, drôles et faciles à lire, c’est vers cette BD, adaptation du classique jeunesse d’Anne Fine, qu’il faut se tourner !
Les dessins simples mais efficaces de Véronique Deiss, déjà illustratrice des romans, mettent en scène un chat qui fait le malheur de ses maîtres en leur apportant de petits animaux morts : tous les propriétaires de chat comprendront ça ! Les dialogues et les situations drolatiques charmeront les lecteurs débutants. L’utilisation de l’aquarelle pour la colorisation de ces personnages à gros nez et de ce chat légèrement psychopathe en fait un ouvrage lumineux et plutôt original.
Le même vu par Chez Clarabel, La valse des pages et Dans la bibliothèque de Noukette.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.

Bjorn le morphir – T.1 – La naissance d’un morphir
Scénario de Thomas Lavachery, illustré par Thomas Gilbert
Rue de Sèvres dans la série Bjorn le morphir
13 €, 217×282 mm, 70 pages, imprimé en France, 2015.
Bjorn le morphir – T.2 – Dans l’enfer des enfers
Scénario de Thomas Lavachery, illustré par Thomas Gilbert
Rue de Sèvres dans la série Bjorn le morphir
13 €, 217×282 mm, 96 pages, imprimé en France, 2015.
Bjorn le morphir – T.3 – La Reine des enfers
Scénario de Thomas Lavachery, illustré par Thomas Gilbert
Rue de Sèvres dans la série Bjorn le morphir
13 €, 217×282 mm, 96 pages, imprimé en France, 2015.
Les Royaumes du Nord .1
Scénario de Stéphane Melchior (d’après Philip Pullman), illustré par Clément Oubrerie
Gallimard
17,80€, 240×319 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le Horla
de Guillaume Sorel (d’après Guy de Maupassant)
Rue de Sèvres
15€, 240×319 mm, 64 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Le fantôme de Canterville
Texte d’Oscar Wilde (traduit par Albert Savine), illustré par Barbara Brun
Marmaille & Compagnie
20€, 250×360 mm, 70 pages, lieu d’impression non indiqué, imprimé chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Arsène Lupin, les origines - T.1, Les Disparus
Scénario de Benoît Abtey et Pierre Deschodt, illustré par Christophe Gautier et Marie Galopin
Rue de Sèvres
13,50€, 240×319 mm, 56 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Journal d’un chat assassin
de Véronique Deiss (d’après Anne Fine)
Rue de Sèvres
10,50€, 217×282 mm, 45 pages, imprimé en France, 2014

À part ça ?

Ce week-end, c’est la fête du Livre à Bron, à côté de Lyon ! Timothée de Fombelle sera là, mais aussi Aurélien Débat, Marie Caudry, Joëlle Jolivet et bien d’autres. Une programmation jeunesse très riche, avec des dédicaces, des rencontres, des lectures, des spectacles, et des ateliers menés par les auteurs et illustrateurs présents. Alors, plutôt masques en papier, tampons géants ou peinture à doigts ?

Marie

Allez, à l’école !

Par 2 mars 2015 Livres Jeunesse

Alors que certains reprennent aujourd’hui le chemin de l’école, je vous propose deux albums qui traitent de ce lieu étrange… avec humour !

Les secrets de l'écoleTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’école sans jamais oser le demander, c’est ce que nous propose Éric Veillé avec son album Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil. De ses origines à sa vie quotidienne, en passant par son milieu naturel (l’école) et ses congénères (la gardienne, la dame de service, la directrice, l’inspecteur…) vous allez tout connaître de ce personnage incroyable qu’est la maîtresse. Vous apprendrez, par exemple, ce qu’elles font dès que les élèves rentrent chez eux (et croyez-moi, ce n’est pas triste !). On va aussi savoir ce que deviennent les fautes d’orthographe, quelle est la journée d’une dame de la cantine, les règles élémentaires à suivre dans une école (saviez-vous, par exemple, qu’il était interdit de jouer à la marelle avec une assiette de quenelles à la main ou de lancer des crocodiles sur les filles ?) ou encore ce que deviennent les affaires oubliées à l’école pendant les grandes vacances ! Éric Veillé ne nous cache rien !
L’humour décalé d’Éric Veillé et ses illustrations aux contrastes forts nous séduisent toujours autant. C’est esthétique et drôle, original et même un peu barré. Bref, on est fan !
Le même vu par Le tiroir à histoires et par Les lectures de Liyah.

20 bonnes raisons d'aller à l'écoleFaut-il vraiment aller à l’école ? Eh bien oui ! Car si on n’allait pas à l’école, on ne saurait pas lire et écrire, donc on confondrait les flacons de shampooing avec les bouteilles de soda, donc on ferait des bulles en parlant, des bulles si grosses qu’on s’envolerait avec, loin de chez soi… et je ne vous raconte même pas la suite, mais croyez-moi ça ne serait pas joli-joli… Donc, il vaut mieux aller à l’école !
On connaît la série de Michaël Escoffier et Romain Guyard, 20 bonnes raisons… voici donc 20 bonnes raisons d’aller à l’école. Comme toujours dans cette série on se rend compte qu’en changeant une petite chose ça peut déclencher de grosses catastrophes. Bien sûr, c’est, là aussi, complètement décalé (comme par exemple quand notre héros, devenu Super Tomate, fait pipi sur ses frites pour avoir du ketchup), mais c’est vraiment drôle et ça fait rire autant les enfants que les parents.
Michael Escoffier signe une nouvelle fois un album plein d’humour.
Le même vu par Papier de soie (avec de nombreux visuels intérieurs).

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les ouvrages sur la rentrée scolaire et l’école en général que nous avons chroniqués regroupés dans un tableau pinterest.
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Éric Veillé (Un monstre à chaussettes !, Mon imagier après la tempête et Tout sur le grand méchant loup), de Michaël Escoffier (Le moustoc, 20 bonnes raisons de croire au Père Noël, Ouvre-moi ta porte, Le chevalier noir, L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume, Sans le A et Bonjour Docteur) et de Romain Guyard (20 bonnes raisons de croire au Père Noël). Retrouvez également nos interviews d’Eric Veillé et Michaël Escoffier.

Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil ?
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
12,50 €, 193×273 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2014.
20 bonnes raisons d’aller à l’école
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Romain Guyard
Frimousse dans la collection 20 bonnes raisons
18 €, 236×306 mm, 40 pages, imprimé en Malaisie, 2012.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui vient de se terminer. En février, c’était donc, pour moi : Yllavu de Gambhiro Bhikkhu et Samuel Ribeyron (HongFei), Arlequin ou Les oreilles de Venise d’Hubert Ben Kemoun et Mayalen Goust (Père Castor) et Il pleut, il pleut Berbère ! de Gérard Alle et Marianne Larvol (Locus Solus). Et pour Marianne, Une place au soleil de Jean Leroy et Sylvain Diez (Kaléidoscope), Coda petit ours blanc de Rury Lee et Emanuele Bertossi (Circonflexe) et Les Cygnes sauvages de Bernard Villiot et Anja Klauss (L’élan vert).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

La chronique numérique : Faire son cinéma

Par 1 mars 2015 Livres numériques, Numérique

L'Atelier McLarenNorman McLaren, vous connaissez peut-être. Dans les années 1940-1970, ce grand maître du cinéma d’animation, dans sa veine expérimentale, s’est essayé à un grand nombre de techniques d’animation, grattage et peinture sur pellicule, dessin animé et stop motion entre autres. Mais il a aussi et surtout travaillé le lien entre le son et l’image, créant ainsi des films « sonores optiques ». Ses courts-métrages d’animation ont reçu de multiples récompenses, Oscar et Palme d’or notamment. En 2014, l’Office national du film du Canada a célébré son centième anniversaire en imaginant une appli autour de son travail. C’est L’Atelier McLaren, une appli géniale pour découvrir ce grand réalisateur, mais aussi pour comprendre comment on fabrique un dessin animé.
L'Atelier McLarenÇa marche comment ? L’Atelier McLaren est donc à la fois un hommage à McLaren et au cinéma d’animation. On y trouvera une bibliothèque de tous les films du réalisateur (51 courts-métrages) ainsi que onze documentaires sur ses techniques d’animation, un essai inédit sur son œuvre et une biographie très détaillée. À côté de cela, l’ONF a eu l’excellente idée d’ajouter trois ateliers qui permettent d’expérimenter trois des techniques de prédilection de McLaren et de créer avec ses propres films : le dessin sur pellicule, le papier découpé et le son optique. L’atelier Papier découpé prend pour point de départ le court-métrage du Merle, qui met en scène un oiseau qui se décompose et se recompose au gré de la musique. L'Atelier Mc LarenIl regroupe le court-métrage du Merle, une explication de la technique, une démo et l’atelier en lui-même. On clique sur « Créer un film » et c’est parti. Quatre formes sont mises à disposition : une sorte de bec, un rectangle fin, un cercle et une empreinte d’oiseau. Sur la droite, la pellicule du film en train de se créer s’affiche, on peut y naviguer à sa guise en cliquant sur l’image choisie. On fait glisser les différents éléments sur l’écran, et une fois une image finie, on passe à la suivante. Il est possible de superposer plusieurs images contiguës afin de donner plus de fluidité aux mouvements. L’arrière-plan peut aussi être changé, de même que la musique qui accompagnera notre film (on peut reprendre la musique du Merle, ou bien en choisir une de la bibliothèque de la tablette). L'Atelier McLarenDans les paramètres, on détermine la vitesse de défilement des images : 8, 12 ou 24 par seconde. Une fois la suite d’images créée, il ne reste plus qu’à faire défiler le film qu’on a créé soi-même. Le deuxième atelier, Gravure sur pellicule, est basé sur le même principe et reprend la technique de Blinkity Blank. Sauf qu’ici, il s’agit de gratter une feuille noire, avec un trait plus ou moins épais, et de colorer ce trait. Enfin, le Son synthétique, qui reproduit la technique mise au point par McLaren dans Synchromie, permet de créer un film avec sa bande-son, en juxtaposant des bandes de couleurs qui correspondent à des sons.
Et j’en pense quoi ? Mais elle est formidable cette appli ! Déjà, elle permet de faire découvrir aux enfants l’œuvre d’un grand cinéaste, dont le travail sur le mouvement et la musique est passionnant. L'Atelier McLarenElle permet de regarder ses films en streaming ou bien de les télécharger. Ses courts-métrages ne sont pas tous adaptés aux enfants, mais on peut tout à fait les visionner au préalable. Pour n’en citer que quelques-uns, Alouette, Blinkity Blank, Spook Sport ou Caprice de noël feront le régal des petits yeux. Mais surtout, l’appli permet de s’essayer aux techniques d’animation. La prise en main est extrêmement simple et, avec un peu de courage et de temps, il est tout à fait possible de réaliser de petits films, qu’une fonction permet de partager sur Vimeo. Cinq réalisateurs se sont d’ailleurs prêtés à l’exercice et ont réalisé, grâce à cette appli, des films animés, visibles sur le site Vimeo de l’ONF. Avec un contenu d’une grande richesse, L’Atelier McLaren est un formidable outil de connaissance et de création.
Bande annonce :

 

Cahier de dessin animéMêlant coloriage et animation, le Cahier de dessin animé couplé à l’appli Wakatoon permet, sur la base d’un scénario préétabli, de créer son propre dessin animé.
Ça marche comment ? Il s’agit d’un livre papier. Un simple cahier de coloriage de seize pages. On commence par colorier un petit garçon, puis sa maison. Vient ensuite toute une série de coloriages d’animaux accompagnés de quelques consignes : une panthère mouchetée, une hermine, une chauve-souris noire, un paradisier aux plumes multicolores, etc. Une fois le coloriage achevé, on le prend en photo grâce à l’appli Wakatoon préalablement téléchargée — Cahier de dessin animéil suffit d’appuyer sur l’appareil photo qui s’affiche en bas de l’écran —, puis le dessin prend vie selon un scénario à intention pédagogique. Un petit garçon trouve une baguette magique grâce à laquelle il va faire apparaître différents animaux, qui se présentent chacun à tour de rôle. On découvre ainsi que le paradisier séduit sa femelle grâce à son plumage coloré et à des danses nuptiales, tandis que les femelles sont grises pour pouvoir se cacher dans la nature et protéger leurs petits ; ou bien que le pelage stroboscopique du zèbre sert à semer ses prédateurs. Cahier de dessin animéLes pages peuvent être coloriées une à une, et on avance ainsi par épisode dans le dessin animé ; ou bien en une fois pour pouvoir visionner le dessin animé dans son intégralité.
Et j’en pense quoi ? Wakatoon exploite ici le lien entre le papier et le numérique, mais dans un but pédagogique, en rendant l’enfant acteur de son propre apprentissage. Et ça marche ! Ici, on a testé le cahier pendant les vacances, les enfants ont été complètement conquis et ne voulaient plus s’arrêter… Rayures, tâches, aplats, motifs divers, tout y passe. On colorie même les décors (la maison, le ciel…). L’appli est le résultat d’une collaboration entre Claire Faÿ, auteur des célèbres Cahiers de gribouillages, Cahier de dessin animéqui a dessiné les personnages et animaux à colorier dans le livre et l’ingénieur Pierrick Chabi. La simplicité de la prise en main de l’appli est ici aussi remarquable. La seule difficulté est de photographier correctement le coloriage, sans tremblement. On aurait préféré que cela soit un peu plus intuitif. Conclusion ? Une appli astucieuse, intelligente et ludique, idéale pour les jours de mauvais temps ! Et un grand merci à Sophie Sooocute pour la découverte de cette appli !
Bande annonce :

L’Atelier de McLaren
ONF/Ottoblix
Prix constaté : Gratuit (Apple) avec achats dans l’application (0,99€ pour les ateliers Gravure sur pellicule et Son synthétique pour créer des films de plus de 5 secondes).
Cahier de dessin animé/Wakatoon
Illustrations de Claire Faÿ
Éditions animées
Prix constaté : 12,90€ pour le Cahier, gratuit pour l’appli (Apple, Android).


À part ça ?

Puisqu’on est dans le cinéma, restons-y. La Magie de Karel Zeman est encore sur les écrans, et c’est l’occasion de découvrir Karel Zeman (1910-1989), réalisateur tchèque et magicien du cinéma d’animation à travers cinq courts-métrages, en noir et blanc. Certains mêlent prises de vue réelle et dessins animés, dans d’autres des marionnettes ou même des personnages de verre soufflé prennent vie. C’est bien loin du cinéma d’animation actuel, mais la poésie et l’enchantement vous y attendent.

Erica

Hiver et autres saisons…

Par 28 février 2015 Livres Jeunesse

gaufrette et nougat jouent avec la neigeIl a neigé. Gaufrette et Nougat entreprennent de fabriquer un beau bonhomme de neige. Mais il fait froid, les gants sont mouillés, Gaufrette veut rentrer. Ils décident alors de continuer leur construction dans la baignoire de la salle de bains et se mettent en quête des accessoires nécessaires pour compléter le bonhomme. Quand ils reviennent, il a disparu…
On retrouve Gaufrette et Nougat, la souris et le chat, amis inséparables, avec grand plaisir ! Ils sont toujours aussi complices et vivent des aventures simples mais intenses, en lien avec la vie quotidienne des enfants. Le texte de Didier Jean et Zad parle aux plus jeunes, sans mièvrerie et les illustrations de Sophie Collin, vivantes et colorées regorgent de détails amusants.
Gaufrette et Nougat jouent avec la neige est un nouvel épisode de cette série, que l’on aime toujours autant !
Vous pouvez feuilleter quelques pages de cet album sur le site des éditions Utopique.

 

les secrets de la forêtLa forêt connait tout des animaux et des plantes qui vivent en son sein. Au fil des saisons, elle accueille des animaux, voit la neige recouvrir le sol, les feuilles tomber et l’eau des ruisseaux couler… Les couleurs changent, les paysages évoluent, et le cycle des saisons recommence infiniment.
Les secrets de la forêt est un très bel album. Les illustrations d’August Hall sont magnifiques, lumineuses, et délicates. Et le texte de George Ella Lyon, simple et poétiques à la fois, nous plonge au cœur de la nature, presque à la manière d’un documentaire.
Un album simple pour en prendre plein les yeux et parler des saisons et du temps qui passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Didier Jean et Zad (Mais quelle idée !, Mes rêves au grand galop, Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts) et Sophie Collin (Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, Le secret de Lili, La folle journée de Marie-Belle). Retrouvez également notre interview de Didier Jean et Zad.

Gaufrette et Nougat jouent avec la neige
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Sophie Collin
Utopique dans la collection Gaufrette et Nougat
9,50 €, 200 x 200 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les secrets de la forêt
Texte de George Ella Lyon (traduit par Félix Cornec), illustré par August Hall
Circonflexe dans la collection Aux couleurs du monde
13 €, 262 x 212 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2015.

À part ça ?

Vera Von Wolferen construit des maquettes uniquement avec du carton recyclé, de couleur grise. De jolis mondes miniatures !

Marianne

Petit… mais fort !

Par 27 février 2015 Livres Jeunesse

Les trois romans du jour ne dépassent pas les 150 pages à eux trois… et pourtant ils risquent de vous marquer !

Je suis le fruit de leur amourSes parents s’aiment. Éperdument. À la folie. Elle en est la preuve, elle est le fruit de leur amour. Ils ne sont pas très présents, mais c’est normal, quand on s’aime on a envie de passer du temps ensemble. Et puis ils sont si intelligents, ils ont autre chose à faire qu’être avec elle. Ils passent leurs soirées avec leurs amis qui sont comme eux. Pour elle, pour les repas, pour l’accompagner à l’école, il y a MaTalie. Elle est là pour ça, MaTalie, mais ce n’est pas sa mère. Elle le sait, elle est la fille de ses parents si parfaits, le fruit de leur amour.
Je suis le fruit de leur amour est un roman extrêmement fort. Le genre de roman qui ne laisse personne indifférent. Le sujet est véritablement casse gueule et exige une vraie belle plume, c’est le cas de Charlotte Moundlic. On parle donc ici du désespoir d’un enfant qui ne se sent pas aimé (à raison), pas à la hauteur de ses parents, si beaux, si intelligents à ses yeux. Le texte trouve toute sa force lu à voix haute, lu comme un monologue, avec cette phrase qui revient sans cesse, Je suis le fruit de leur amour.
Un court roman, extrêmement fort. Un texte qui ne laissera personne indifférent.
Le même vu par Alias Noukette, La littérature de Judith et Sophie et Enfantipages.

CharlyComme tous les étés, Sam donne un coup de main à ses parents dans leur hôtel. Il aide à porter les valises des touristes qui arrivent, fait visiter les chambres. Il retrouve d’année en année des habitués, mais parfois des petits nouveaux débarquent. Alors là, il faut répondre aux questions, toujours les mêmes. Cette année, l’été de Sam sera bien différent. Il va rencontrer Charly.
Charly nous apparaît au départ comme une histoire d’amitié assez classique, une rencontre entre deux préadolescents. La suite sera bien plus originale, la fin surprendra certain-e-s. Charly est un court roman sur la différence, les clichés, les a priori.
Un bien joli roman qui bouscule les idées reçues.
Le même vu par La littérature de Judith et Sophie et Enfantipages.

le chien anarchisteIl n’aime pas les chiens. Il n’aime pas non plus les animaux abandonnés alors il a pris le chien que son frère a trouvé. Il faudra qu’il s’entende avec les chats. L’homme n’aime pas les chiens, mais il est bon avec lui. Il se lie d’amitié avec l’animal si craintif. L’homme est bon, tous ne le sont pas.
Le chien anarchiste nous parle de la bonté de certains hommes et de la cruauté des autres, en particulier des chasseurs (en même temps, quand on parle des chasseurs on parle rarement d’autre chose que de cruauté…). Avec, là encore, un texte très court, Thierry Maricourt fait passer beaucoup de choses. Son style particulier est déroutant au départ, mais il nous décrit parfaitement des choses simples, des scènes de vie… jusqu’au dénouement tragique.
Un beau texte sur l’amour des animaux et sur la méchanceté de certains hommes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Charlotte Moundlic (Le papa de Simon, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Chamalo aime l’école, Je veux des lunettes !, Mon cœur en miette, Chamalo et sa baby sitter, Chamalo est jaloux, Les invités, Le slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte).

Je suis le fruit de leur amour
de Charlotte Moundlic
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
5,10 €, 102×151 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Charly
de Sarah Turoche-Dromery
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
5,10 €, 102×151 mm, 48 pages, imprimé en France, 2015.
Le chien anarchiste
Texte de Thierry Maricourt, illustré par Loïc Mailly
Éditions Chant d’orties dans la collection L’églantine
6 €, 115×150 mm, 30 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Trois minutes avec Samuel Ribeyron.

Gabriel

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