La mare aux mots

Les invité.e.s du mercredi : Timothée de Fombelle et François Place

By 29 juin 2016 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est une interview un peu particulière que nous vous proposons. Déjà parce que c’est la première que je réalise pour la Mare aux mots – et quelle première ! -, ensuite parce que c’est la dernière avant la rubrique d’été (vous retrouverez les rubriques d’interviews habituelles à la rentrée). Pour cette dernière, nous voulions vous faire un beau cadeau… et nous sommes allés à la rencontre des talentueux Timothée de Fombelle et François Place pour leur poser quelques questions à propos des 10 ans de Tobie Lolness. 10 ans déjà que le petit Tobie et son millimètre et demi ont fait leur apparition sur la planète littérature jeunesse. Pour fêter cet anniversaire, Gallimard a décidé de rééditer le roman en une magnifique édition ! Alors, n’hésitez pas à replonger dans cette vie minuscule entre les arbres. Une décennie plus tard, Tobie Lolness est toujours aussi fort, aussi émouvant, aussi éblouissant… Qui a dit que la littérature jeunesse ne pouvait pas rivaliser avec son aînée ?


L’interview du mercredi : Timothée de Fombelle et François Place

Timothée de Fombelle

D’où vous est venue l’idée de Tobie Lolness et de cette vie minuscule dans les arbres ?
Timothée de Fombelle : Les bonnes idées viennent toujours en ouvrant grands les yeux ! Quand j’étais enfant, je regardais les arbres et je me disais qu’un peuple qui aurait grandi dans les cimes se poserait les mêmes questions que nous. Y a-t-il une vie en dehors de l’arbre ? Petit à petit ce monde est né dans ma tête, puis sur la page.

Sans être un texte à message, Tobie Lolness demeure une fable sur notre monde contemporain. 10 ans après, l’auriez-vous écrit différemment ?
TdF : Sur ses grands enjeux, je n’écrirais pas autre chose. Le thème principal de Tobie est celui de la fragilité. Cette préoccupation est aujourd’hui au cœur de notre monde. A60148Encore plus qu’il y a dix ans. Pour la construction et l’écriture, oui, je l’écrirais sûrement différemment aujourd’hui… Et j’aurais tort ! C’est l’énergie d’un premier roman qui fait sa force…

Pourquoi s’être tourné vers la littérature jeunesse ? Que vous permet-elle de plus que la littérature adulte ?
TdF : Le livre pour la jeunesse permet de faire de la littérature sans s’en rendre compte. C’est une cachette où s’épanouit l’imaginaire. Oui, j’ose beaucoup plus en littérature jeunesse que ce que j’écrirais pour les adultes. J’ose des sujets plus vastes, moins prudents. Étrangement, en pensant aux plus jeunes, j’écris plus grand, avec des mondes plus complexes. Mais je serais incapable de faire un portrait-robot de mon lecteur. Ça peut être une fille de treize ans, mais c’est souvent aussi son père de 40 ans, sa grand-mère… et son petit frère ! D’ailleurs, en faisant le bilan de ces dix ans, le mélange des générations est la plus belle surprise pour moi.

francois placeComment vous êtes-vous rencontré avec Timothée de Fombelle ?
François Place : J’ai rencontré Tobie avant Timothée puisque j’ai reçu son manuscrit sans le connaître. Timothée a eu la gentillesse de se déplacer jusque dans mon atelier pour parler des illustrations.
Et il m’a laissé libre d’interpréter son livre. C’est une grande chance d’avoir à illustrer un texte comme celui-ci.

Avez-vous tout de suite eu envie d’illustrer Tobie Lolness ?
FP : Non seulement j’en ai eu envie, mais Tobie m’a donné l’occasion d’aller vers des images que je n’aurais pas faites pour moi. C’est un texte qui emporte, littéralement.

Comment s’est passée la confrontation de vos deux imaginaires ? Avez-vous eu « carte blanche » pour illustrer Tobie Lolness ?
FP : Je ne sais pas ce que Timothée imaginait. Il y a juste une difficulté pour les images de ce texte : l’échelle réelle donnée par la hauteur des personnages est à un degré de grossissement tel qu’on ne devrait pas reconnaître l’environnement. J’ai volontairement triché : les décors sont à une échelle où on peut facilement désigner une feuille, une écorce, de la mousse. Pour les costumes, je les ai situés dans de fausses années 30, il y a dans le texte des éléments qui pourraient tirer vers le Moyen-Âge et d’autres qui sont des éléments plus modernes, mais datés (je pense au béret du papa de Tobie, par exemple). Je ne pouvais imaginer le succès qu’aurait ce livre. Ce n’était que le début de la trajectoire de Timothée, et je crois que c’est ce qui est le plus extraordinaire dans ce livre, il y en avait d’autres derrière tout aussi novateurs, tout aussi étonnants : ce n’était, en fait, que le début d’une œuvre magnifique et polymorphe, parce que Timothée joue de tous les registres.

Bibliographie commune :

  • Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2016)
  • Victoria Rêve, roman, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les yeux d’Elisha, deuxième tome de Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2007)
  • La vie suspendue, premier tome de Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2006)

Bibliographie de Timothée de Fombelle  :

  • La bulle, album illustré par Éloïse Scherrer, Gallimard Jeunesse (2015)
  • Un prince sans royaume, deuxième tome de Vango, roman, Gallimard Jeunesse (2011)
  • Entre ciel et terre, premier tome de Vango, roman, Gallimard Jeunesse (2010)
  • Céleste, ma planète, roman, Gallimard Jeunesse (2009)
  • Je danse toujours, théâtre, Actes Sud (2003)

Bibliographie (sélective) de François Place :

  • Angel, l’indien blanc, Casterman (2014).
  • Lou Pilouface, tome 1 : Passagère clandestine, Gallimard Jeunesse (2014).
  • Le vieil homme et la mer, illustration d’un texte d’Ernest Hemingway, Gallimard Jeunesse (2013).
  • Le sourire de la montagne, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret d’Orbae, Casterman (2011).
  • La douane volante, Gallimard Jeunesse (2010).
  • La Fille des Bataille, Casterman (2007).
  • Le prince bégayant, Gallimard Jeunesse (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Le vieux fou de dessin, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Le royaume de Kensuke, illustration d’un texte de Michaël Morpugo, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Les Derniers Géants, Casterman (1992).

Retrouvez notre interview de François Place ici et retrouvez le sur son site internet .

Les invités du mercredi : Régine Joséphine et Timothée de Fombelle

By 26 décembre 2012 Les invités du mercredi

Encore un beau mercredi puisque nous recevons un auteur que j’aime beaucoup, gine Joséphine à qui j’ai posée quelques questions puis nous partirons en vacances avec Timothée de Fombelle, auteur, entre autre, du très beau Victoria Rêve dont je vous parlais hier. Je vous souhaite un bon mercredi.


L’interview du mercredi : Régine Joséphine

Parlez-nous de votre parcours.
Ma vie d’enfant a été marquée par les livres. J’étais et je suis toujours nulle en maths et tout ce qui y ressemble (physique, chimie, logique) me rebute ! Ce qui m’intéressait, c’était l’imagination, l’irréel, partir dans les nuages, inventer des mondes, bref, me raconter des histoires pour m’endormir. Ça me rassurait, surtout à l’adolescence, période difficile Le Dragon Du Ventoù le monde réel vous rattrape et vous terrifie. Seulement, écrire des histoires, ce n’est pas un métier, n’est-ce pas ? J’ai donc essayé la publicité, les lettres, un peu de secrétariat (15 jours !) pour finalement me tourner vers l’enseignement. Et au fond, ce n’est pas très loin de l’écriture jeunesse ! Donc, depuis l’âge de 14 ans, j’ai écrit et je n’ai jamais cessé. Après plusieurs tentatives, mon premier roman Les rebelles de l’Enki-Ea est paru en 1997 chez Milan. Et depuis, je publie des albums et des romans chez différents éditeurs tout en exerçant mon métier de professeur d’école.

Quels étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Ah ! Comme tout le monde, la fameuse bibliothèque rose ! Il n’y avait pas beaucoup de choix à l’époque. C’était la verte, la rose, la rouge et or… Et quand on grandissait, on tombait directement dans les romans d’amour à la Delly ou à la Barbara Cartland. Bon, ça n’a pas duré longtemps. Après j’ai adoré Vercors, Maupassant, Pergaud, les comédies de Shakespeare, un peu de Queneau, Cesbron, Georges Sand, Giono, Supervielle, Brecht… J’ai même eu une période, à 17 ans, où je lisais tout ce que je trouvais sur la 2e guerre mondiale… Ça me fascinait et me terrifiait en même temps, j’ignore toujours pourquoi…

Je t'aime signé Lou(p)Parlez-nous de votre très beau roman Je t’aime signé Lou(p), comment est-il né ?
Je m’attendais bien à ce qu’on me pose un jour cette question et je me suis préparée à y répondre. J’avais profondément besoin d’écrire ce texte. Il fallait que cette histoire s’exprime hors de moi. Je l’ai écrite en 3 semaines (un record !) tellement j’en ressentais l’urgence. Ce n’est pas mon histoire, je le précise. J’ai été bouleversée par les confidences d’une personne. D’une voix douce, elle m’a dit cette chose si laide et violente… J’ai eu besoin d’en faire quelque chose. Pas une fiction romancée, non. Il me fallait juste laisser sortir cette histoire telle qu’elle était, douce par les mots, brutale par les faits. Juste pour m’en délivrer, égoïstement. Mais en espérant que ces mots serviront aussi à d’autres.

Vous avez écrit plusieurs ouvrages avec Anne Ferrier, comment est née cette collaboration ?
Anne est ma sœur d’écriture ! Nous sommes différentes par nos goûts et justement, j’ai l’impression que c’est ce qui nous rapproche. Comme deux êtres complémentaires, tu Une vie de chateauvois ? Nous nous sommes rencontrées par le biais de l’ancien forum « Ricochet », le fameux portail de littérature jeunesse. Nous avons sympathisé par mail, nous avons commencé à donner notre avis sur les projets de l’une et de l’autre. Nous ne nous sommes rencontrées réellement qu’au bout d’un an, au salon de Montreuil ! Un été, toujours par mail, nous avons décidé de passer le temps en écrivant ensemble une histoire de sorcière. Nous avons tellement déliré que nous ne nous sommes plus arrêtées. Nous avons donc plusieurs parutions communes à notre actif.

Comment travaillez-vous ensemble ?
Toujours de la même façon : sur l’idée de l’une ou de l’autre, nous établissons le schéma de l’histoire, puis nous composons les chapitres. Ensuite, au boulot ! L’une commence à écrire, l’autre corrige son premier jet et continue, renvoie le tout à la première, qui corrige et continue. Une fois arrivées à la fin, nous reprenons le tout et nous corrigeons ensemble. Tout cela dans la bonne humeur, les éclats de rire et le délire.

Le rêve de petit pierreQuels sont vos projets ?
En ce moment, j’ai envie de ralentir un peu mes activités pour me consacrer à l’écriture de projets qui me tiennent vraiment à cœur. Écrire moins pour écrire plus intensément, voilà ce dont je ressens le besoin actuellement. J’ai envie d’écrire sur les problèmes adolescents (je connais puisque ma fille atteint cet âge « formidable » !), peut-être aussi sur des choses qui font mal et dont on n’arrive pas toujours à se délivrer. J’ai entamé l’écriture d’un roman adolescent-jeune adulte, assez noir, qui touche à ces sujets-là. Pour contrebalancer, parce que je ne suis pas un auteur triste, nous continuons, Anne Ferrier et moi, la suite des aventures de nos « enfants Trotter ». Quelques albums à paraître en 2013, une participation active à un groupe de réflexion sur la littérature jeunesse, des ateliers d’écriture poétique tout au long de l’année, et bien sûr des idées de romans que je mets de côté pour l’instant, faute de temps… Mes journées sont encore bien chargées !

Bibliographie sélective :

Retrouvez Régine Joséphine sur son site : http://www.regine-josephine.com


En vacances avec… Timothée de Fombelle

Une fois par mois, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Timothée de Fombelle qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums :

  • Lian Chen Jiang HongLe merveilleux chef d’œuvre de Séraphin, Philippe Fix
  • L’arbre rouge, Shaun Tan
  • Les trois brigands, Tomi Ungerer
  • Les derniers géants, François Place
  • Lian, Chen Jiang Hong

5 romans :

  • Michel Strogoff, Jules VerneL'élégance des veuves, Alice Ferney
  • L’élégance des veuves, Alice Ferney
  • L’éducation sentimentale, Flaubert
  • Seul ce qui brûle, Christiane Singer
  • Le Comte de Monte Cristo, Dumas

5 DVD :

  • Out of Africa, Sydney PollackElle et lui
  • Down Town Abbey (série)
  • Ordet, Dreyer
  • Elle et Lui, Léo McCarey
  • Le Parrain, Coppola

5 CD :

  • Piano Solo (1 et 2), Gonzalesgonzales Solo Piano
  • Les communiqués colombophiles, Julos Beaucarne
  • Renaud (Intégrale), Renaud
  • Jacques Brel (Integrale)
  • Xiao Mei Zhu (Dernières sonates, Beethoven et Schubert)

5 artistes :

  • Thomas FougeirolBillie Holiday
  • Pablo Picasso
  • René Char
  • Fabien Chalon
  • Billie Holiday

5 endroits :

  • HanoiLisbonne
  • Les îles Eoliennes
  • New York
  • Le Causse Méjean
  • Lisbonne
©C.Helie

©C.Helie

Timothée de Fombelle est auteur.

Bibliographie :

Les invité.e.s du mercredi : Andrée Prigent et Flore Vesco

By 3 mai 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Andrée Prigent qui a accepté de répondre à nos questions, puis on part en vacances avec Flore Vesco… et l’on va bien se marrer ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Andrée Prigent

J’aimerais que vous nous parliez de Poto le chien, qui est ce personnage qui donne son titre à un album qui vient de sortir chez Didier Jeunesse ?
Poto est un chien abandonné ! Attaché à un poteau qui lui donnera son nom : POTO

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
La technique ressemble à celle de la lithographie, chaque couleur est réalisée en noir au crayon 9B sur des feuilles séparées, ensuite ces matières noires sont scannées puis transformées en couleur puis en calque et ensuite tout est assemblé.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Coté parcours j’ai fait les beaux arts de Rennes je passais mon temps dans l’atelier de gravure… j’ai adoré ces 5 années d’étude…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je n’ai pas eu beaucoup de livres quand j’étais enfant alors je me rattrape !

Quels sont vos projets ?
Mon prochain texte est en préparation le titre serait « C’est quand qu’il neige ».
Histoire d’un lièvre et d’une planète qui se réchauffe…

Bibliographie sélective :

  • Poto le chien, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Gérard et le machin collant, illustration d’un texte de Fred Paronuzzi, Kaléidoscope (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Didoune, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2016).
  • L’Ogre Babborco, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Didier jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Colografouillage, La maison est en carton (2014).
  • Quel radis dis-donc !, illustration d’un texte de Praline Gay-Para (2008).
  • Tibili, le petit garçon qui ne voulait pas aller à l’école, illustration d’un texte de Marie Léonard, Magnard Jeunesse (2001).


En vacances avec… Flore Vesco

Régulièrement, nous partons en vacances avec un.e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Flore Vesco que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

Bon, je m’excuse, j’ai explosé le compteur… cet exercice est trop difficile. Sans mentir, j’ai terminé avec un tic nerveux à la paupière gauche, rien que d’avoir essayé de choisir entre tout ce que j’aime.

  • Album primo-avrilesque, Alphonse Allais
  • Tout-petits déjà, Nikolaus Heidelbach
  • Cuisine de nuit, Maurice Sendak
  • Il ne faut pas habiller les animaux, Judi et Ron Barrett
  • Marcel et Hugo, Anthony Browne
  • Papa ! Philippe Corentin
  • Pierre l’ébouriffé, Heinrich Hoffmann
  • Les Nibelungen, Carl Otto Czeschka

5 romans

Cette fois, je m’engage à respecter les règles. Cinq romans, pas plus. Promis, je ne triche pas. La preuve ? Je me suis retenue de poursuivre la liste ci-dessous en tassant encore L’Odyssée de Pi de Yann Martel et Le Passage de Louis Sachar. Et j’ai fait des efforts pour ne pas glisser également Neil Gaiman, Anthony Horowitz, François Place, Timothée de Fombelle, Gail Carson Levine, Franny Billingsley…

  • 1) Tout Marcel Aymé
  • 1bis) Dieu et nous seuls pouvons, Michel Folco
  • 1 ter) La Horde du contrevent, Alain Damasio
  • 2) La trilogie héraldique d’Italo Calvino
  • 3) Princess Bride, William Goldman
  • 3 bis) Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski
  • 3 ter) Le cœur cousu, Carole Martinez
  • 4) La Stratégie Ender, Orson Scott Card
  • 5) Le nom du vent, Patrick Rothfuss

5 BD

Je continue à jouer le jeu. C’est la moindre des choses. Où irions-nous, si tous les auteurs s’amusaient à dépasser systématiquement le compte ? Ça n’aurait plus aucun sens.

  • 1) Tout Marcel Gotlib
  • 2) Tout Daniel Goossens
  • 2.5) Sunnymoon et Blotch, Blutch
  • 3) Petit Vampire, Joan Sfar
  • 3.8) Le Capitaine Ecarlate, David B et Guibert
  • 4) Nausicaä, Hayao Miyazaki
  • 4.33) Peter Pan, Loisel
  • 5) La ligue des gentlemen extraordinaires, Alan Moore et Kevin O’Neill

5 DVD

Ça n’a pas été facile, mais je suis fière de moi. Je suis à nouveau parvenue à me plier à cette contrainte du top 5.

  • -2) Tout Charlie Chaplin
  • -1) Le Sens de la vie, les Monty Python (et tous les autres films des Monty Python, évidemment)
  • 0) Old boy, Park Chan-Wook
  • 1) La Folle ingénue, Ernst Lubitsch
  • 2) Grindhouse, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez
  • 3) 12 hommes en colère, Sidney Lumet
  • 4) Shaolin Soccer et Crazy kung fu, Stephen Chow
  • 5) Le Corbeau, Les Diaboliques et Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot

5 CD

En voilà cinq et seulement cinq. Je suis comme ça, moi. J’ai une discipline de fer.  

  • 1) Boris Vian et Boby Lapointe
  • 2) Hans Zimmer et James Newton Howard
  • 3) John Frusciante et R.E.M.
  • 4) Florence and the machine et alt-J
  • 5) Rimsky Korsakov et Camille Saint-Saëns

5 artistes

Clairement, je m’améliore à cet exercice. Je m’en tiens à cinq. Facile. Les cinq doigts dans le nez ! High five !

  • 1) Roland Topor
  • 2) Gustave Doré
  • 3) Jacques Prévert, les poèmes et les collages
  • 3) Plonk et Replonk
  • 4) Robert Doisneau
  • 5) Jean Lecointre

5 lieux

J’ai beaucoup cherché, et puis je suis enfin arrivée à trouver cinq lieux. Si, si. 

  • 1) Le nombril du monde, à Pougne-Hérisson (79)
  • 2) La colline de Taumata­whakatangihanga­koauau­o­tamatea­turi­pukaka­piki­maungah­oronuku­pokai­whenuaki­tanatahu en Nouvelle-Zélande
  • 3) La plaine où vivent les mulefas dans A la croisée des mondes
  • 5) Le jardin de ma grand-mère

Flore Vesco est autrice.

Bibliographie :

  • Louis Pasteur contre les loups-garous, roman, Didier Jeunesse (2016).
  • De cape et de mots, roman, Didier Jeunesse (2015).

Retrouvez Flore Vesco sur son site : florevesco.com

Maestro !

By 13 janvier 2017 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Aujourd’hui, de la musique pour petits et grands, dans ces deux livres-CD qui réunissent de grands noms ! On commence avec des chants accessibles dès la naissance, et l’on poursuit avec un beau conte plein d’émotion.

Georgia, tous mes rêves chantent
Texte de Timothée de Fombelle, illustré par Benjamin Chaud et lu par Cécile de France
Gallimard Jeunesse musique
24,90€, 250×290 mm, 44 pages, imprimé en Roumanie, 2016.
Je chante avec mon bébé
Texte d’Agnès Chaumié, illustré par Loren Capelli, Bénédicte Guettier, Marjolaine Leray et Louise Heugel
Enfance et Musique
24,90€, 237×209 mm, 165 pages, imprimé en Belgique, 2013.

Les invité.e.s du mercredi : quelques moments de 2016 et Anaïs Vaugelade

By 21 décembre 2016 Les invités du mercredi

Dernier mercredi de 2016 puisque comme tous les ans, La mare aux mots s’arrête la dernière semaine de l’année. On voulait vous proposer non pas un « best of », mais quelques moments partagés. Dix invité.e.s, pas plus, c’était le pari… C’était pas facile et assez aléatoire… Mais on vous propose tout de même dix extraits d’interviews de cette année. Retrouvez toutes les interviews ici. Ensuite, et puisqu’on partira nous même dans quelques jours, on part en vacances avec Anaïs Vaugelade ! Bon mercredi à vous.


Jean-Luc Englebert (3 février)

Vous alternez les histoires dont vous êtes l’auteur-illustrateur et l’illustration des histoires des autres, est-ce un travail totalement différent ? Est-ce que l’auteur que vous êtes n’est pas tenté d’intervenir dans les histoires des autres ?
Ce sont souvent des rencontres. Le travail est différent au départ, quand je fais les premières esquisses, le découpage. Il faut qu’à un moment j’aie cette impression que c’est moi qui ai écrit l’histoire. Quand je travaille avec un auteur, je sais qu’il a des attentes, des envies, voire des images en tête sur son projet. Le jeu pour moi est de trouver ce qu’il attend tout en proposant ma vision personnelle. J’aime quand il y a des aller-retour entre moi et l’auteur, je fais des propositions de dessins qui, parfois, induisent un changement dans son texte. Mais aussi de son côté il peut m’aiguiller vers des choses auxquelles je ne pense pas. Mais j’interviens peu sur le texte en lui-même. Je suis un illustrateur qui s’est mis à écrire parce qu’au départ il ne connaissait pas de scénaristes. Je ne me sens pas « auteur » dans le sens où je ne pourrai jamais faire un texte sans le support du dessin.
Interview complète, ici.

Clothilde Delacroix (9 mars)

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur votre travail sur Le chien-chien à sa mémère, la façon dont vous avez illustré ce texte.
J’ai beaucoup étudié sur le terrain.
C’est toujours un enjeu important pour moi d’illustrer le texte de quelqu’un d’autre. D’une part parce que je me dis que l’éditeur, en faisant appel à moi, a certainement des attentes et d’autre part parce qu’il s’agit de ne pas décevoir l’auteur tout en réussissant à raconter quelque chose en plus par le dessin, sans étouffer le texte de l’auteur. Mais le texte d’Agnès était suffisamment riche en respirations pour me permettre de trouver ma place. De même, la bienveillance d’Emmanuelle Beulque (éditrice chez Sarbacane) m’a très vite permis de savoir quelle direction prendre tout en me laissant une grande liberté d’action.
En terme de méthode, en général, ma première lecture est toujours très rapide, j’effectue une sorte de survol global, qui favorise les collisions, coalescences ou associations d’idées chez moi et, en général, je vois tout de suite des images, des situations, comme une sorte de film dans ma tête, (encore plus si les situations sont comiques, ou se prêtent aux gags visuels). Puis, toujours très vite, je pose des crayonnés. Après je définis des personnages. Le personnage de mémère n’était pas simple car je le voulais « sans âge ». Pour le chien, j’ai très vite choisi de prendre le contre-pied de l’idée attendue du petit chien-chien. J’ai tout de suite senti que je m’amuserai plus avec un gros chien un peu balourd et que cela me permettrait de mettre en scène un certain nombre de situations amusantes.
Interview complète, ici.

Fanny Joly (23 mars)

Comment naissent vos histoires ?
Difficilement. Je fais des tonnes de brouillons. Je trouve plein d’idées nulles. Je tâtonne à fond. J’ai l’impression que je n’y arriverai jamais. Je travaille beaucoup jusqu’à me sentir en appétit, avec des bons trucs sous le coude, des persos, des scènes, des noms, des gags qui me donnent envie.
Vous faites de nombreuses rencontres avec les enfants, qu’est-ce que vous y trouvez, qu’est-ce que cela vous apporte ?
J’aime rencontrer les lecteurs. À dose contrôlée, 1 ou 2 jours par mois. Je ne le fais pas pour l’argent. C’est frais, marrant, vivant, partageux. C’est aussi un coup de boost, souvent. Sans l’enthousiasme des lecteurs, je ne ferais rien…
Interview complète, ici.

Amandine Piu (13 avril)

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’ai (presque) tout essayé, collage, peinture, crayon, fusain, volume… mais aujourd’hui je travaille essentiellement sur mes albums avec ma palette graphique (et depuis peu avec une cintiq, le luxe !!), mais je continue à faire mes premières recherches et crayonnés au crayon de papier, des recherches dans mes carnets avec tout ce qu’il me passe sous la main (feutres de mes enfants, stylo… etc.). Mes cartes postales « les fausses piubs » sont encore et toujours faites à l’acrylique et crayon de couleur, même le texte est entièrement peint (comme les vieilles publicités d’autrefois !) Du coup, je dois faire vraiment attention à ne pas faire de fautes d’orthographe !
J’aime bien varier les techniques, les supports, et les thèmes, aller vers de nouvelles choses… passer des albums aux jeux, aux affiches, aux cartes postales…
Interview complète, ici.

Pierre Delye (22 juin)

J’ai remarqué aussi que vous aimiez rire des puissants (le roi de Caprices c’est fini ou le lion de Sssi j’te mords en sont de parfaits exemples), en vous connaissant un peu on peut se dire qu’il y a quelque chose de politique derrière tout ça, non ?
Évidemment ! Même les flemmards de La petite poule rousse… Évidemment. J’ai compris très vite que si je prenais la parole, si j’écrivais, je devais m’investir dans cette parole. Je ne suis pas là pour faire dans le mou, le consensuel. Je me suis fait insulter pour Moitié de coq, pour un peu de scatologie, on occulte (verbe choisi exprès !) la réalité de l’histoire : un petit mal foutu va voir le roi pour lui dire qu’il n’a pas tous les droits ! Pas de droits sans devoirs !
Je ne m’accommode pas du monde tel qu’il est quand je pense à ce qu’il pourrait être ! Et quelle responsabilité pour un artiste quand il s’adresse à des enfants et à leurs parents (ils lisent aussi ! Vive l’histoire du soir !) : on parle à l’avenir. On s’adresse à des enfants qui disent « c’est pas juste ! » et qui en même temps sont accablés par le monde environnant qu’on leur impose sans qu’ils puissent le comprendre c’est-à-dire le « prendre avec » et les contes, les histoires sont là aussi pour ça. Ils sont aussi là pour le plaisir comme pour aider ceux qui les écoutent, les consoler, leur montrer le chemin des possibles, y compris et surtout celui du refus du fatalisme et du choix de la résistance. Évidemment, tous les contes ne sont aussi vertueux ! il en est des racistes, des misogynes mais à nous de bien choisir et, éventuellement de les adapter ! c’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec Caprices ? C’est fini !.
Et puis, j’adore faire rire les enfants ! C’est mon meilleur moyen sérieux pour leur parler.
Interview complète, ici.

Timothée de Fombelle et François Place (29 juin)

Sans être un texte à message, Tobie Lolness demeure une fable sur notre monde contemporain. 10 ans après, l’auriez-vous écrit différemment ?
TdF :
Sur ses grands enjeux, je n’écrirais pas autre chose. Le thème principal de Tobie est celui de la fragilité. Cette préoccupation est aujourd’hui au cœur de notre monde. Encore plus qu’il y a dix ans. Pour la construction et l’écriture, oui, je l’écrirais sûrement différemment aujourd’hui… Et j’aurais tort ! C’est l’énergie d’un premier roman qui fait sa force…
Comment s’est passée la confrontation de vos deux imaginaires ? Avez-vous eu « carte blanche » pour illustrer Tobie Lolness ?

FP : Je ne sais pas ce que Timothée imaginait. Il y a juste une difficulté pour les images de ce texte : l’échelle réelle donnée par la hauteur des personnages est à un degré de grossissement tel qu’on ne devrait pas reconnaître l’environnement. J’ai volontairement triché : les décors sont à une échelle où on peut facilement désigner une feuille, une écorce, de la mousse. Pour les costumes, je les ai situés dans de fausses années 30, il y a dans le texte des éléments qui pourraient tirer vers le Moyen-Âge et d’autres qui sont des éléments plus modernes, mais datés (je pense au béret du papa de Tobie, par exemple). Je ne pouvais imaginer le succès qu’aurait ce livre. Ce n’était que le début de la trajectoire de Timothée, et je crois que c’est ce qui est le plus extraordinaire dans ce livre, il y en avait d’autres derrière tout aussi novateurs, tout aussi étonnants : ce n’était, en fait, que le début d’une œuvre magnifique et polymorphe, parce que Timothée joue de tous les registres.
Interview complète, ici.

Cécile Roumiguière (7 septembre)

J’ai l’impression que l’image compte particulièrement pour vous (dans vos projets, dans vos amitiés…), est-ce que vous vous impliquez particulièrement dans les choix des illustrateur.trice.s (puis dans leur travail) qui illustrent vos livres ? Et, question subsidiaire, avez-vous une certaine frustration de ne pas illustrer vous-même ?
Oui, comme je l’ai dit, l’image est essentielle. Par exemple, j’ai une mémoire visuelle, je suis incapable de dire le titre du roman que je suis en train de lire, mais je peux retrouver des détails visuels anodins d’une rencontre il y a deux ans… Quand mon premier texte a été accepté, je ne connaissais rien ni aux livres « jeunesse » ni au monde de l’édition en général. J’avais regardé pas mal d’albums, noté le travail de certains illustrateurs que j’aimais beaucoup, et j’ai donc proposé que mon texte soit illustré par telle illustratrice. Je me suis aperçue que ça ne se passait pas comme ça. Pour mon premier livre, j’ai donc laissé choisir l’éditrice (un très bon choix d’ailleurs, Sacha Poliakova). Ensuite, j’ai d’abord « rusé », suggéré, parlementé… puis très vite j’ai proposé des projets en commun avec l’illustrateur, jusqu’au travail avec Carole Chaix qui se fait en duo dès la genèse du projet.
Avec Carole, on crée ensemble dès le départ. Avec d’autres illustrateurs, je leur propose une idée ou un texte terminé, s’ils sont partants, on cherche un éditeur puis ils illustrent. Il peut y avoir un dialogue entre nous, mais je ne m’immisce pas dans leur travail, sauf s’ils me demandent mon avis. C’est leur univers qui vient croiser le mien, c’est ça qui est puissant, et qui me fascine chaque fois : cette rencontre entre des mots, une histoire, et des images, ce tressage. Avec Delphine Jacquot par exemple, il y a eu ce moment magique où Delphine m’a demandé si elle pouvait « annoncer » le dénouement de l’histoire en pointillé dès le début (Le fil de soie, chez Thierry Magnier), une idée qui donne une force étonnante au livre. Ou encore avec Fanny Ducassé pour un album à paraître en octobre (Dans le ventre de la terre, au Seuil), quand elle m’a fait cerner par ses dessins des sens que je n’avais pas lus dans mes propres mots… Je pourrais ainsi citer des tas de moments forts dans ce travail avec les illustrateurs.
Pour la question subsidiaire, non, je n’ai pas de frustration. J’aime trop ce temps de collaboration et la surprise, chaque fois, l’émerveillement quand les images et les mots résonnent ensemble. Si je m’amuse à griffonner, gribouiller dans mes carnets, c’est plus comme un jeu.
Interview complète, ici.

Maria Jalibert (14 septembre)

Pourriez-vous nous parler du processus de création pour ces deux albums en particulier ?
J’ai un processus de création, peut-être un peu désordonné, qui se traduit par des allers-retours entre mon carnet, dans lequel je note des idées, et des essais de compositions de jouets que je peux faire spontanément, sans réfléchir, l’un alimentant l’autre. Quand une ligne, qui me paraît intéressante, se dessine, je décide de la suivre. Parfois elle m’amène quelque part, parfois c’est une impasse. Pour Bric à Brac l’idée de collection et de tri m’intéressait, j’avais envie de proposer à l’enfant un imagier où des petits jouets seraient organisés de différentes manières. J’ai donc commencé avec des critères simples de couleurs, de contraires et puis progressivement les critères se sont croisés, se sont affinés, les jeux de mots se sont invités et je me suis laissée prendre au jeu.
Le travail de l’abécédaire, lui, a commencé par un vaste rangement des jouets et un classement par lettres. Parce que je savais que j’en oublierais sûrement j’ai littéralement épluché le dictionnaire de la lettre A jusqu’à la lettre Z en listant des mots que je pouvais potentiellement trouver sous forme de jouets. Puis j’ai créé une multitude de compositions en faisant interagir les jouets de même lettre entre eux ce qui a donné des résultats parfois assez étonnants du type « Espadon essayant d’étriper un extra terrestre à épée », « Pelleteuse à piment et petit-pois » ou « Dépanneuse de dindon ». Le travail d’écriture et de composition des jouets s’est fait en même temps,
Au fur et à mesure j’ai pris toutes les compositions en photo en multipliant les propositions. Puis à un moment donné je me suis arrêtée pour laisser reposer. Lorsque j’ai repris le travail il était temps de dégraisser, de faire des choix. Tout n’était pas bon, certaines compositions fonctionnaient tout de suite, d’autres étaient plus faibles, moins drôles. Didier Jeunesse m’a beaucoup aidé dans ce travail de sélection, on a discuté, argumenté, certaines lettres ont été regroupées, on a essayé de trouver une fluidité sur l’ensemble du projet, ménager quelques respirations aussi pour éviter le côté trop « profusion ». Lorsque tout a été calé j’ai fixé toutes les petites compositions sur des grandes plaques de carton blanc, tout enfourné dans ma voiture et je suis partie direction Toulouse pour le shooting : deux jours de prise de vues minutieuses. Didier Jeunesse s’est ensuite chargé de finaliser la maquette.
En général, même si le travail est loin d’être fini, le moment de la prise de vue des compositions signe pour moi la fin du projet et me libère l’esprit pour en commencer, ou en continuer un autre.
Interview complète, ici.

Isabelle Arsenault (19 octobre)

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur le superbe Jane, le renard & moi qui a d’ailleurs été très remarqué.
L’auteur Fanny Britt et moi avons eu carte blanche de la part de notre éditeur La Pastèque. Il a d’abord proposé à Fanny de créer un texte sans direction précise. Elle a écrit cette histoire très personnelle, inspirée d’événements vécus dans sa jeunesse. Après l’avoir lu, il m’a proposé de l’illustrer croyant que nos univers pouvaient bien se compléter. Il m’a laissée libre de l’interpréter à ma façon et ce fut un véritable plaisir du début à la fin. Le résultat en est un album très intimiste. Nous ne savions pas trop si le livre allait trouver son public, mais nous avons été agréablement surprises par son accueil. Le livre a été traduit dans plus d’une douzaine de langues et a remporté plusieurs prix prestigieux.
Interview complète, ici.

Anne Herbauts (30 novembre)

Pouvez-vous nous parler de Broutille, votre dernier album ?
En écoutant le monde à travers les ondes ces dernières années, m’est ressorti cette idée que l’on cherchait peut-être trop à comparer les douleurs, qu’il fallait, sur ces ondes, une surenchère aux malheurs pour avoir sa place dans l’écho du monde.
Et il m’a semblé que ces comparaisons rendaient les choses encore plus violentes.
Et que faire de notre conscience, de notre refuge douillet, face à toutes ces actualités sombres et cataclysmiques ? Moi cela me tétanise. Je suffoque.
La seule chose que je sais faire, c’est des livres. Alors je fais des livres. Et j’essaye d’y passer la nuance, l’importance de la réflexion, le besoin de retrait.
Ici, je voulais montrer comme ce petit personnage est de plus en plus muet, écrasé, face au monde et aux réponses brutales et parfois bavardes ou silencieuses. Que les échardes les plus petites sont présentées au quotidien. Que, bien certainement, il y a des événements très graves, mais que l’important est d’exprimer ce que l’on ressent, et l’importance d’être écouté afin que l’écharde sorte et que l’on fasse sienne cette blessure même minime, que l’on l’accepte en soi, qu’on en fasse une, son histoire.
C’est un travail que l’on doit faire seul avec (l’écoute) des autres. C’est une façon d’être humain. Pour enfin pouvoir être debout avec les histoires des autres. Pour ne pas avoir pitié, ou seulement pitié, mais regarder les autres comme des hommes, et le monde comme un élément faisant partie d’une galaxie. Et là serait la vraie et juste humanité.
Sans comparaison, sans ramener tout à soi.
Broutille est un personnage à peine ébauché, un peu mieux qu’un gribouillage.
Il est triste. Mais personne ne l’écoute. Personne ne veut entendre sa perte. Seul un chien sans importance l’écoute et lui propose de faire de cette tristesse son histoire. Qui sera le livre.
Broutille offre plusieurs niveaux de lecture, plusieurs sens. Dans mes livres, je veux la complexité mêlée à la limpidité (comme les flaques en forêt/ça c’est bien pour la Mare aux Mots !) — à l’image de la complexité, la rugosité humaine. La maladresse prodigieuse.
Aussi, je n’arriverai pas à résumer ce livre, que j’ai écrit le plus sobrement possible.
Avec, aussi, de l’espièglerie.
Interview complète, ici.


En vacances avec… Anaïs Vaugelade

Régulièrement, je pars en vacances avec un. e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Anaïs Vaugelade que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse (que je suis bien contente d’avoir publié)

  • Simon sur les rails, d’Adrien Albert
  • Les trois pires histoires de Pirates, de Perceval Barrier et Thomas Bretonneau
  • Bruno, quelques jours de ma vie très intéressante, de Nicolas Hubesh et Catharina Valcks
  • Palmier de Noël, d’Audrey Poussier et Matthieu Sylvander
  • Capitaine Maman, de Magali Arnal (en librairie de 19 avril, ne le ratez pas)

5 DVD (moi toute seule je ne regarde jamais de DVD, mais partons avec les enfants, on regardera des DVD par dessus leurs épaules ?)

  • Lady Oscar, de Jacques Demy
  • Espèces d’Espèces, de Denis Van Waerebeke
  • Le petit fugitif, de Morris Engel et Ruth Orkin
  • Le conte de la princesse Kaguya, de Isao Takahata
  • la compil Pingu Forever, de Otmar Gutmann (ça fait toujours plaisir)

10 livres (on peut bien, pendant que les enfants regardent des dvds…)

  • Tout Flannery O’Connor, correspondance comprise
  • Tous les chevaliers sauvages, de Pacôme Thiellement
  • Sur les rives de Manhattan, de Charles Reznikoff
  • Ce qu’être d’avant garde veut dire, de David Antin
  • Histoire de la littérature récente, d’Olivier Cadiot
  • Vie Commune, de Stéphane Bouquet
  • L’espion de Dieu, de Jean François Bory
  • Le Roi René, d’Agnès Desarthe
  • De l’œuf à l’éternité, de Vincent Fleury
  • Naissance de Dieu, de Jean Bottero

5 CD (de chanson, parce que la voiture c’est ce qu’il y a de mieux pour écouter des chansons)

  • Transa, de Caetano Veloso
  • Maquillaje, de Adriana Varela
  • Easy Living, d’Ella fitzgerald et Joe Pass (Ella Vieille Dame)
  • n’importe quelle compil de Warda al Jaizaira tant qu’il y a Harramt Ahebbak dedans
  • Rita Mitsouko, des Rita Mitsouko

plus Cheap Thrills de Janis Joplin, car si on ne prend pas le CD je vais devoir te le chanter moi-même (il vaut mieux prendre le CD)

8 artistes dont quatre deux en un

  • Claire Braud
  • Jerome Bel + Pichet Klunchun
  • peter Fischli + David Weiss
  • Charlotte Salomon
  • Charlie Mingus
  • Gena Rowlands

 

Avec tout ça dans la valise, franchement, on peut aller n’importe où, on sort de paris et on campe sur l’aire de repos de la première station essence.

Anaïs Vaugelade est auteure, illustratrice et éditrice.

Bibliographie sélective :

  • Comment fabriquer son grand frère, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes animaux (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • L’invitation faite au loup, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poulet fermier, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Te voilà !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2013).
  • 4 histoires d’Amir, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Le chevalier et la forêt, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Papa, maman bébé, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Zuza ! (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Mission impossible, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans les basquettes de Babakar Quichon, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Le déjeuner de la petite ogresse, texte et illustrations, l’école des loisirs (2002).
  • Une soupe au caillou, texte et illustrations, l’école des loisirs (2000).
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