Les invité-e-s du mercredi : Patricia Côté, Guénola Moreau et Lola Roig (+concours)

Aujourd’hui c’est mercredi, et pour la dernière interview de l’année, je vous propose de découvrir Patricia Côté, qui a écrit Où es-tu petite boule rouge ? (chroniqué ici), un premier livre cartonné, à destination des plus jeunes. Six d’entre vous pourront gagner un exemplaire de cette belle histoire grâce à un concours en fin d’interview. Puis, pour la rubrique Parlez-moi de…, Guénola Moreau , Lola Roig  et Claudine Furlano reviennent sur la naissance de La cigogne de fer qui déposa mon frère, un album que nous avions chroniqué ici. Bon mercredi !


L’invitée du mercredi : Patricia Côté

patricia côtéQuel est votre parcours ?
Je suis une amoureuse des mots et des histoires qui font rêver, adorant l’univers de l’enfance et tout l’émerveillement qui vient avec ! Ça faisait quelque temps que je souhaitais mettre sur papier une histoire pour les tout-petits. Histoire teintée de quête, de rêve et de bonheur à cultiver.
Déjà toute petite, j’aimais beaucoup les livres que je « lisais » à ma maman avant même de savoir lire ! Dès que j’ai pu écrire, j’ai confectionné mon premier livre artisanal que j’ai écrit, illustré et relié moi-même… en édition limitée bien sûr ! Baccalauréat et travail dans le domaine de la santé, mon parcours m’a amené à vivre des expériences de coopération internationale (Afrique, Espagne, Turquie) et des voyages plus personnels (Inde, Népal, Tibet), en passant par la création d’une petite chocolaterie artisanale ! Tout ce cheminement m’a aussi permis de voyager à l’intérieur de moi-même et de me connecter avec ma créativité pour ainsi revenir vers mes premiers amours. Ainsi, je me suis laissée transporter dans l’univers de l’enfance et de l’émerveillement en créant ma première histoire pour les tout-petits : Où es-tu Petite boule rouge ?, aux Éditions de la Bagnole. Une petite boule rouge qui explore et expérimente différentes activités qui lui ressemblent, et qui, à travers de belles rencontres, trouve sa voie et réalise ses rêves ! Au fond… il y a beaucoup de moi dans Où es-tu petite boule rouge ? !

Que lisiez-vous enfant, adolescente ?
La collection de Disney (un classique !) ; La collection Martine ; j’aimais bien apprendre sur les différentes personnalités avec la collection « L’une des belles histoires vraies de Grolier » (ex : Un bel exemple de persévérance : Hellen Keller) ; la revue J’aime lire. À l’adolescence, j’ai lu tous les livres de la Comtesse de Ségur, Le Petit Prince de St-Exupéry et beaucoup d’autres dont je ne me souviens plus trop ! J’aimais bien la bande dessinée Archies aussi !

où es-tu petite boule rougeQue pensez-vous de la littérature de jeunesse actuellement ?
Je pense qu’elle est très riche et diversifiée. Il y en a pour tous les goûts ! Elle est essentielle pour semer le goût de lire, le goût d’apprendre et d’écrire et l’ouverture sur d’autres mondes aux jeunes.

Où es-tu petite boule rouge ?, votre premier livre, est un album cartonné à destination des plus jeunes. Pourquoi ce choix ?
Initialement, il a été pensé pour être un album illustré destiné aux 4 à 6 ans. C’est la maison d’édition qui m’a suggéré ce choix d’album cartonné. Et je suis très heureuse du résultat final. Je trouve que le livre est un très bel objet en soi ; il a un format original et agréable pour les enfants et un côté simple, minimaliste, épuré, qui apporte un côté très artistique au livre. Sans oublier les magnifiques illustrations de Yayo qui reflètent une belle sensibilité et une belle poésie. Sincèrement, je n’aurais pu rêver mieux comme premier livre ! Pour les tout-petits, il offre aussi une belle stimulation au niveau sensoriel (format, boule rouge et autres couleurs, pages cartonnées qui se tournent facilement), un premier contact amusant avec un livre pour l’enfant et une initiation agréable à la lecture.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans mon quotidien, autour de moi, dans les expériences qui m’habitent. L’idée de la petite boule rouge m’est venue alors que j’ai posé le regard sur des nez de clown que j’avais chez moi ! L’idée d’une petite boule rouge comme personnage, provient du fait que j’aime bien humaniser un personnage qui n’est pas une personne à la base ; pour moi ça unifie les gens, ils peuvent se voir en la petite boule, connecter avec ce qui leur parle, leur propre reflet. J’aime aussi le côté un peu absurde, créatif et ludique. L’histoire en est une qui permet de beaux échanges avec les enfants ; elle leur permet d’imaginer d’autres aventures pour la petite boule rouge ou encore, de verbaliser sur leurs propres rêves qu’ils aimeraient réaliser au cours de leur vie. Ceci rejoint directement mon côté empathique et humaniste qui m’habite dans la vie comme dans mon travail. L’idée que la petite boule rouge cherche sa voie, recherche son bonheur et le trouve à la fin est pour moi une façon de semer des petites graines sur l’importante de croire en soi et de réaliser ses rêves à la hauteur des tout-petits.

Quels sont vos projets ?
Continuer d’écrire pour les enfants et éventuellement pour les adolescents. Faire des animations dans les écoles et les bibliothèques. Et qui sait, peut-être traverser l’océan pour venir rencontrer mes petits fans français ?

Bibliographie :

Où es-tu petite boule rouge ?, illustré par Yayo, Éditions de La Bagnole, 2014, que nous avons chroniqué ici.

Concours :
Grâce aux Éditions de la Bagnole, vous avez donc la possibilité de gagner un exemplaire d’Où es-tu petite boule rouge ? (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, laissez un commentaire pour participer au tirage au sort, en indiquant, si vous le souhaitez, à quoi vous fait penser la couleur rouge ! Vous avez jusqu’à mardi 20h, et il y aura 6 gagnants !


Parlez-moi de… La cigogne de fer qui déposa mon frère

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur La cigogne de fer qui déposa mon frère (chroniqué ici), une histoire sur l’adoption, racontée du point de vue de la fratrie. Guénola Moreau, l’auteur, Lola Roig, l’illustratrice, et les éditeurs de Zoom, nous en parlent.

La cigogne de fer qui déposa mon petit frèreGuénola Moreau, auteur:
L’idée d´écrire l’histoire de La cigogne de fer qui déposa mon frère m’est venue un matin un peu par hasard, sans que ce ne soit un projet qui avait été vraiment envisagé auparavant. C´est une histoire finalement très personnelle et qui faisait tellement « naturellement » partie de moi que je n´avais jamais pensé « l´extraire » ainsi pour la relater et la transmettre, ou la regarder de l´extérieur. L´autre jour, en retombant sur le manuscrit dans mon carnet (du moins le premier jet), j’ai pu constater qu’il était entouré d’un texte pour « grands » et d’un autre pour « petits », les deux non achevés (ça m’arrive souvent…). La chance de La cigogne… a peut-être été justement de me « tomber dessus » d´un coup et d’une traite, si bien qu’il ne restait ensuite plus qu’à retaper ces notes éparses, les retravailler puis songer à en faire quelque chose de plus. C’est là qu’entre en scène un couple d’amis catalans qui m’est cher, Meritxell Martí et Xavier Salomó, auteure et illustrateur respectivement. Un jour où ils étaient venus fêter la Chandeleur chez moi, je leur expliquais entre deux sauts de crêpes que j’avais terminé peu de temps avant un texte relatant l’arrivée de mon frère adoptif mais que je n’avais pas du tout envie d’envoyer ce manuscrit comme ça aux maisons d’édition, sans savoir qui l’illustrerait. Meritxell a immédiatement pensé à une illustratrice qui avait assisté à un de ses ateliers sur l’édition quelques semaines avant et lui avait dit à peu près la même chose dans l’autre sens : qu’elle avait envie de travailler en binôme avec un(e) auteur(e) et qu’elle aimerait aussi s’ouvrir au monde de l’édition de l’autre côté des Pyrénées. J’avais donc noté l’adresse de son site, et dès que j’y suis entrée, son univers m’a plu et j’ai su que j’avais envie de travailler avec elle. Ce qui était intrigant d’ailleurs, c’était cet aspect un peu oriental dans les traits des personnages qu’elle dessine, et puis j’ai aimé la finesse et la poésie de ses illustrations et leur côté peu conventionnel. Je l’ai contactée et lui ai envoyé le manuscrit et peu de temps après je recevais une réponse enthousiaste et positive : l’histoire et le texte lui avaient beaucoup plu et elle était prête à se lancer dans l’aventure. Il y a eu quelques rencontres, beaucoup d’échanges via mail, des sessions de travail ensemble vraiment passionnantes, quelques interruptions et une énergie partagée ensuite à s’atteler à ce qui demande le plus de patience : chercher des maisons d’édition susceptibles d’être intéressées par le projet, et aller à quelques salons (Lola à Bologne d’abord puis nous deux ensembles à Montreuil en décembre dernier), ce qui n’est pas évident pour nous puisque nous vivons et travaillons en Catalogne, avec des emplois du temps compliqués.
Quant à l’histoire de La cigogne…, mon intention a été simplement de me replonger entièrement dans les souvenirs de cette date clef de notre biographie familiale et de retrouver les sensations qui avaient accompagné l’arrivée de mon frère adoptif. J’ai laissé couler l’encre et les souvenirs, en même temps… (plus tard j’ai élagué…). J’ai pris pour point de départ la surprise des enfants de l’école quand ils apprennent qu’on va le chercher à l’aéroport car c’est vraiment à ce moment-là que moi, petite fille, et mon frère aîné peut-être aussi, nous avons réalisé qu’il y avait quelque chose de spécial et de différent dans cette histoire. Avec le recul, je suis assez fascinée par la façon dont mes parents ont amené tout cela avec naturel et simplicité car tel que je l’exprime dans l’album, pour nous tout semblait vraiment « couler de source » : un petit frère pouvait aussi arriver de cette façon-là. On avait sa photo, comme d’autres ont leur échographie, il allait « atterrir » là et c’était notre frère. Au-delà du récit, c’était cette dimension qui m’intéressait dans ce projet d’album jeunesse : faire partager cette capacité immense des enfants à accepter les choses telles qu’elles viennent, sans préjugés ou préoccupations démesurées. J’ai très peu lu de livres sur l’adoption ; après avoir écrit cette histoire, je me suis intéressée à ce qui existait sur le sujet mais finalement je n´ai pas eu ces livres entre les mains – j’avais constaté néanmoins qu’ils semblaient toujours partir du point de vue de l’enfant adopté ou des parents adoptants. Et en effet, un jour je suis tombée par hasard sur un album (espagnol il me semble) dans une bibliothèque près de chez moi et j´ai été assez surprise par le côté presque technique avec lequel l’auteure (elle-même parent adoptant) racontait cette histoire, en donnant toutes sortes de détails sur les procédures administratives par lesquelles elle avait dû passer. Cette réalité existe, bien entendu, mais c’est celle des parents. Pour moi, ça ne correspond pas du tout à ce que vivent les enfants (frères ou sœurs ou l’enfant adoptif) et ce n’est pas du tout ce qu’on a envie ni besoin de savoir à ce moment-là. Dans notre famille, nous en avons parlé beaucoup plus tard quand, ados ou adultes déjà, nous étions plus intéressés par cet aspect ou quand mon frère, dans le besoin naturel de connaître ses origines, commençait des démarches dans ce sens.
Une autre anecdote allant dans ce sens : il y a quelques jours j’ai découvert en librairie un album sur le thème et, curieuse de voir comment était traitée l’histoire mais aussi attirée par les illustrations, j’ai décidé de l’acheter. Je ne devrais peut-être pas l’avouer car c’est la première fois que je fais ça et j’en étais presque meurtrie mais le lendemain je suis allée voir le libraire pour lui demander si je pouvais échanger cet album contre un autre : j’avais été choquée par le ton du livre qui commençait de manière très sombre du type « Comme tellement d´autres enfants, X était un pauvre enfant orphelin, qui n’avait pas été désiré, très triste et se retrouvant dans un orphelinat où personne ne le prenait jamais dans ses bras… ». Waouh ! Comment lire cela à des enfants, en particulier à ceux dont c’est peut-être l’histoire ? Est-il besoin de mettre des mots si crus sur une réalité dont nous méconnaissons en outre presque tout dans la grande majorité des cas ? Même si cela se « terminait bien » dans ce livre, j’ai été incapable de le lire à ma fille de six ans. Je préfère vraiment pour ma part donner à lire une expérience positive (et tout aussi réelle) qui fait la part belle à l’humour, voire l’espièglerie des enfants, ne cherche pas à fouiller ni l’origine ni les motifs de la blessure originelle de l’enfant adoptif mais rend hommage à ce qu’il représente aux yeux de sa famille et de ceux qu’il connaîtra : un trésor de vie et un véritable cadeau. Au-delà de l’adoption en soi, c’est la question de la construction d’une famille qui est en jeu : « comment devient-on parents, enfant de ses parents, frères et sœurs ? Qu’est-ce qui nous lie ? Comment s’apprivoise-t-on et s’adopte-t-on mutuellement ? ». À l’heure actuelle, sur fond de tant d’intolérances face à ces questions, l’histoire devait résonner en moi de façon sensible. C’est peut-être aussi pour cela qu’elle m’est revenue comme ça, sans crier gare. En tout cas je n’aurais pas pu extorquer mes souvenirs ni raconter une autre histoire sur ce sujet : c’est celle que j’ai vécue enfant et celle qui m’a fait grandir.

Lola Roig, illustratrice:
J’ai connu Guénola à travers l’auteure Meritxell Martí, quand, dans un atelier auquel j’avais assisté, j’ai manifesté mon désir de collaborer à un projet avec un écrivain et d´avoir un bon texte à illustrer. Je voulais une histoire qui me touche le cœur. Peu de temps après, Guénola m’a contactée et m’a parlé de son histoire. Tout de suite j´ai accroché avec le point de vue frais et naturel qu’elle donnait sur le sujet de l’adoption et qui n’est pas facile à trouver dans d’autres textes.
J’ai été ravie d’avoir une histoire de première main, c’est-à-dire, une histoire vraie ; une histoire intime et émouvante. Cela m’a plu que ce soit la sœur qui attende avec émotion son nouveau frère, celle qui donne voix au récit, avec un langage riche et direct, et à la fois évocateur, en repêchant des souvenirs et des moments uniques qui sont restés gravés dans la mémoire de cette petite fille. Cela m’a permis de connecter avec mes propres souvenirs d’enfance, quand tout était excitant, magique et à la fois naturel.
Spontanéité, poésie, et humour ; l’excitation autour du grand jour, de l’attente, et l’impatience de l’arrivée. L’étonnement et la surprise, la joie et la réjouissance qui sont provoquées chez tous par le fait d’arriver en avion, m’a fait penser que cet élément se promènerait sur toutes les pages de l´album comme fil conducteur : « l’avion », comme symbole de ce qui est excitant et surprenant, quelque chose d’innocent, presque comme un jeu.
Guénola et moi avons eu quelques rencontres pour nous connaître et pour établir un fil conducteur au livre, mais aussi pour clarifier quelques doutes qui pouvaient surgir de l’interprétation, surtout parce que c’était la première fois que j’illustrais un texte en français et je ne voulais rien en perdre.
Comme nous vivons toutes les deux en Catalogne (bien que séparées par quelques centaines de kilomètres), nous sommes en train de préparer des présentations du livre dans différents lieux, pour faire connaître, à la communauté francophone d’ici, et à toutes les personnes qui désirent s’en approcher, cette histoire précieuse d’amour fraternel.

Claude Furlano, éditrice:
La genèse de La cigogne de fer qui déposa mon frère aux éditions Zoom est, comme d’habitude, d’abord l’histoire d’une rencontre fortuite.
Lola Roig et Guénola Moreau s’étaient proposé de nous montrer leur projet en gestation à l’occasion du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2013. Pour nous, Montreuil sert à ça en premier lieu. On a accepté, naturellement. Claudine Furlano, la directrice de Zoom, a regardé. Puis elle est rentrée en disant qu’elle avait vu un très beau projet pour notre collection Gros Béguin.
Chez Zoom, cette collection tient une place particulière. Elle propose des cartes blanches à des auteurs et des illustrateurs, à condition de respecter deux contraintes : traiter d’un sujet sociétal non consensuel ou problématique ; respecter le format italien du livre, sans limites de pages a priori. Comme son nom l’indique, cette collection laisse transparaître nos coups de cœur et nos questionnements sans considération commerciale ni de marketing. Le seul critère : notre subjectivité esthétique et littéraire.
Chez Zoom, on est deux, il vaut donc mieux que les deux soient d’accord. Et ce fut le cas ici sans discussions ni persuasion.
La cigogne de fer qui déposa mon frère n’a suscité aucune hésitation. Un « beau » livre, comme on aime à en trouver parfois. Un graphisme rare, délicat, riche et précis au service d’une histoire touchante mais pas mièvre, drôle et légère dans la pesanteur du thème abordé. Nous n’avions encore jamais traité ce sujet de l’adoption, dans les pays lointains de surcroît, propice aux différends mais qui ne laisse personne insensible.
Il nous a été servi par Lola et Guénola comme sur un plateau. Nous sommes, de notre côté, ravis d’avoir pu contribuer à lui donner vie. La collaboration avec elles s’est faite sans problèmes et toute en douceur, comme le livre.
Dans la collection Gros Béguin, nous pensons qu’on peut parler de tout. Tout dépend de la façon dont on en parle. Et pour parler de ce sujet délicat, on peut dire que Lola et Guénola ont su trouver les mots et les images particulièrement justes. Rien à dire de plus. Il faut lire le livre et le regarder, et puis ensuite le relire et le regarder à nouveau… on ne s’en lasse pas.

La cigogne de fer qui déposa mon petit frère La cigogne de fer qui déposa mon frère
Texte de Guénola Moreau, illustré par Lola Roig
Sorti chez Zoom Editions
2014
Chroniqué ici.

Coups de coeur en pagaille !

Aujourd’hui pour mon avant-dernière chronique de 2014 (samedi, toute l’équipe de La Mare aux Mots vous parlera cuisine), j’avais envie de vous faire partager plusieurs coups de cœur, pour bien terminer l’année (et pourquoi pas vous aider à terminer vos achats de Noël) : il y en a des (très) grands, des plus petits, avec beaucoup de texte ou très peu, on rit ou on s’émeut ! Bref, du bonheur pour tous les goûts !

choco et gélatineChoco et Gélatine sont deux bonbons en forme d’oursons, l’un en gélatine et l’autre en chocolat. Ils se sont rencontrés au travail. Ils s’aiment, mais seulement à l’abri des regards puisqu’une loi sévit : les sucreries au chocolat ne doivent pas côtoyer les autres. Dans le bus, à la piscine, dans la rue, c’est chacun de son côté. Trop malheureux, ils décident de partir à la recherche d’un endroit qui les accueillerait tous les deux, sans faire de différence. C’est le Bigoût City Bus qui les emmènera dans ce pays de tolérance et de respect mutuel…
J’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour cette histoire qui nous emmène dans un pays imaginaire, plutôt attirant au premier regard, mais qui nous rappelle des événements bien tristes de notre réalité… Yann Kebbi nous fait réfléchir l’air de rien à des problématiques bien de notre temps, malheureusement : le racisme, l’intolérance, la non-acceptation de la différence… Le tout grâce à des illustrations très grandes et fourmillantes de détails humoristiques, jusque dans les moindres recoins des décors, et à un texte simple, accessible à tous…
Choco et Gélatine est un livre à lire à plusieurs pour observer les images, s’interroger sur le texte et ouvrir une réflexion sur la tolérance !
Vous pouvez visualiser quelques pages intérieures sur le site des éditions Sarbacane.

pedro crocodile et george alligatorOn continue avec un album plein d’humour !
Georges et Pedro sont cousins. L’un est alligator, l’autre crocodile. Ils en ont plus qu’assez que tout le monde les confonde… Ils décident donc de quitter la jungle pour aller directement expliquer la différence aux enfants, et pourquoi pas en manger un ou deux au passage… Et bien ! Ils ne sont pas au bout de leurs surprises… et nous des fous-rires !
Effectivement, à la lecture de ce grand album de Delphine Perret, tout illustré en noir et blanc à l’exception des deux reptiles verts (moi-même je n’ose plus les nommer, de peur de les confondre…) qui tranchent sur la page, j’ai ri de bon cœur ! Le texte est savoureux, plein d’humour qui fera sourire autant les parents que les enfants !
Pedro Crocodile et George Alligator ne s’en laissent pas conter, mais ne sont pas très futés quand même, et ils nous régalent !
Un album pour faire la lumière avec humour sur une question qui a déjà turlupiné des générations d’enfants : quelle est la différence entre un crocodile et alligator ?

fables de la fontaineBeaucoup plus classique, j’ai vraiment beaucoup aimé cette réédition des Fables de Jean de La Fontaine, si joliment mises en valeur par les découpages de papier d’Emmanuel Fornage qui ont ensuite été photographiés pour servir d’illustrations. Le Corbeau et le Renard, La Cigale et La Fourmi, Le loup et l’agneau, mais également les textes moins connus comme L’Ours et les deux Compagnons ou bien encore Le Coche et La Mouche, ce sont quinze textes qui sont ainsi mis en valeur.
Un grand livre, une belle reliure, des pages épaisses, une très belle mise en page et donc des illustrations très originales, pour redécouvrir ces textes intemporels d’une bien belle manière. Cet album est artistique et c’est tout à fait le genre de livre que j’aimerais laisser ouvert sur un meuble, rien que pour le plaisir des yeux.
Vous pouvez visualiser quelques pages intérieures sur le site des éditions Circonflexe.

célestin rêveCélestin est un pantin de bois. Il attend avec tristesse sur l’étagère d’un magasin de jouets. En effet, il y a longtemps, il prenait vie sous les doigts de Gaspard, qui sous le chapiteau du cirque manipulait ses ficelles pour émerveiller les enfants. Le duo fonctionnait à merveille… Jusqu’au jour de la faillite, où ils durent se séparer. Depuis, Célestin attend d’être choisi sur cette étagère. Et s’il prenait son destin en main en s’évadant plutôt que d’attendre de manière passive ? Et s’il retrouvait Gaspard ?
Impossible, en lisant cette belle histoire, de ne pas penser au conte de Pinocchio, un autre pantin célèbre. Et pourtant, ils sont si différents ! Avec poésie et délicatesse, Isabelle Wlodarczyk nous propose cette jolie histoire d’amitié, qui nous permet aussi de réfléchir au temps qui passe, avec sensibilité. Les illustrations de Toni Demuro sont très tendres, et expressives : on ressent toute la mélancolie et la nostalgie qui se dégagent des personnages !
Célestin rêve est un bel album pour mettre en valeur l’amitié, que rien ou presque ne peut détruire !
Vous pouvez découvrir quelques pages intérieures sur le site des éditions Rêves Bleus.

les trois dragonsÉtoile du Nord, Pierre de Lune et Fleur de Sel sont trois dragons des mers. Ils sont frères et ont des caractères très différents. Le premier est avare, le second sournois et manipulateur, le troisième gourmand et rieur. Tous les trois sont attirés par les pierres précieuses et tout ce qui brille. Ils s’en remettent donc à Gandevelour, la reine des ténèbres, pour qu’elle les aide à trouver les spécimens les plus brillants de l’océan… Mais à quel prix ?
Avec Les Trois Dragons, Lucie Vandevelde nous plonge au plus profond des mers, (notamment grâce à une présentation à la verticale) !
Avec des illustrations oniriques et poétiques et un texte riche, elle nous propose un conte intelligent dans lequel on prend plaisir à s’égarer pour mieux en apprécier les détails.

au pays des dragonsPour compléter la lecture et prolonger le séjour au pays des dragons, elle nous propose également un Carnet d’Artiste Au Pays des Dragons, qui complète l’album. Dessiner, colorier, compléter des illustrations, inventer son propre univers, voilà tout ce que propose ce cahier souple.
Une bien jolie manière de poursuivre la lecture et de s’immerger encore un peu plus au cœur des océans !

Vous pouvez visualiser quelques pages intérieures de ces ouvrages sur le site des éditions Les Minots.

kaléidoscope d'histoiresLes éditions Kaléidoscope ont 25 ans !
À cette occasion, une anthologie de publications marquantes du quart de siècle de cette maison d’édition est parue !
En tout ce sont 25 albums qui sont regroupés dans ce grand livre, et c’est une réussite ! Il y en a pour tous les âges, pour tous les goûts et pour tous les styles, et on se rend compte que certains titres publiés il y a 25 ans n’ont pas pris une ride ! D’une histoire à l’autre, on change d’univers, on passe par toutes les émotions et on se régale ! La mise en page initiale a forcément été modifiée pour s’adapter à ce nouveau format, mais on ne perd rien !
Kaléidoscope d’histoires, c’est une belle sélection, un très beau recueil, pour découvrir ou redécouvrir 25 ans d’albums et les partager avec les plus jeunes !

nutsUn écureuil vole un fruit à un autre écureuil. Il s’enfuit avec son butin qu’il laissera un peu plus loin parce qu’il a trouvé mieux à chaparder : une fleur. Ses victimes se lancent à sa poursuite, et sont bien décidées à se venger !
Mais il continue de les narguer, jusqu’au moment où la chance tourne…
Rira bien qui rira le dernier, comme on dit souvent !

costerQuand on est un petit animal de compagnie, type cochon d’inde ou hamster, la cohabitation avec ses congénères est parfois difficile… Impossible d’être tranquille quand l’un des deux est complètement excité, qu’il saute partout, grimpe, et gesticule sans trop faire attention à ce qu’il se passe autour de lui…
Il va falloir mettre au point un plan d’attaque pour le calmer, c’est une question de survie !

pichienDans un square, un chien poursuit un pigeon. Il est déterminé, il saute, il détale, il revient, il repart, mais ne lâche pas son objectif des yeux. Mais le pigeon se défend, en esquivant les coups de pattes et les coups de langue… Comme ça ne suffit pas à décourager le chien, le volatile va être obligé d’employer les grands moyens…
Et je peux vous dire que ça va calmer les ardeurs du chien !

panchemarAlors qu’il se promène dans les bambous, un jeune panda se retrouve nez à nez avec une panthère. Effrayé, il court, il s’enfuit, toujours poursuivi. Une racine le fait trébucher, et il s’apprête à passer un sale quart d’heure… Il ferme les yeux, terrorisé, et quand il les rouvre, plus de panthère à l’horizon ! Ouf ! Mais une petite souris passe par là, et finalement, cette fois-ci, c’est lui le méchant !

Ces quatre petits albums sont quatre petits bijoux, sans texte mais avec de très belles illustrations de Layla Benabid.
Quatre histoires sans paroles plus subtiles qu’il n’y paraît, qui m’ont fait pouffer lors de leur découverte tant l’image, tout en noir et blanc avec uniquement une couleur par album, est vivante et expressive. Et puis finalement, cet écureuil qui embête tout le monde, ce hamster un peu agaçant, ce chien excité un peu fou, et ce panda qui aussi doux qu’il soit a également sa part d’ombre, bien qu’ils soient des animaux, ont finalement bien des traits de caractère communs avec les humains…
C’est simple et fort !
Vous pouvez découvrir des pages intérieures de ces albums sur le site des éditions Rêves Bleus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Isabelle Wlodarczyk (Surtout ne prends pas froid, Léo et Célestin, Sur mon arbre perché et La petite disparue), Toni Demuro (La cheneuille), Lucie Vandevelde (Dans mes rêves et Le jardin des secrets) et Layla Benabid (Chapillon, Kid-do, Nounours et Li-loup).
Retrouvez également nos interviews d’Isabelle Wlodarczyk, Lucie Vandevelde et Layla Benabid.

Choco et Gélatine
de Yann Kebbi
Sarbacane
16,50 €, 263  x 372 mm, 40 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Pedro Crocodile et George Alligator
de Delphine Perret
Les fourmis rouges
16,50 €, 247 x 328 mm, 24 pages, imprimé au Portugal, 2014.
Les Fables de La Fontaine
Illustrées par Emmanuel Fornage
Circonflexe
29 €, 277 x 370 mm, 70 pages, imprimé en Chine, 2014.
Célestin rêve
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Toni Demuro
Rêves bleus
10 €, 145 x 210 mm, 36 pages, imprimé en France, 2014.
Les trois dragons
de Lucie Vandevelde
Les Minots
14 €, 240 x 195 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Carnet d’artiste : Au pays des dragons
de Lucie Vandevelde
Les Minots
13 €, 210 x 270 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Kaléidoscope d’histoires
Collectif
Kaléidoscope
25 €, 228 x 285 mm, 237 pages, imprimé en Italie, 2014.
Nuts
de Layla Benabid
Rêves bleus dans la collection Cartoons
5,90 €, 150 x 150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Coster
de Layla Benabid
Rêves bleus dans la collection Cartoons
5,90 €, 150 x 150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Pichien
de Layla Benabid
Rêves Bleus dans la collection Cartoons
5,90 €, 150 x 150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Panchemar
de Layla Benabid
Rêves bleus dans la collection Cartoons
5,90 €, 150 x 150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.

Marianne

Les invité-e-s du mercredi : Albertine et Germano Zullo et Émilie (+concours)

Aujourd’hui est un sacré mercredi ! Nous vous proposons l’interview d’un grand duo de la littérature jeunesse : Albertine et Germano Zullo ! Suite à cette interview, vous pourrez tenter de gagner leur dernier album, Les robes. Ensuite c’est avec une enseignante de Colombie-Britannique avec qui on a rendez-vous pour le Dans la classe de ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Albertine et Germano Zullo

albertine et germanoQuels sont vos parcours respectifs ?
Albertine : L’École des Arts décoratifs, puis l’École supérieure d’arts visuels à Genève. J’ai ensuite très rapidement dessiné pour la presse et créé mon atelier de sérigraphie. Après avoir enseigné pendant dix-sept ans à l’École supérieure d’arts et de design de Genève, je me consacre désormais entièrement à la création. Je partage ainsi mon temps entre la conception de livres, d’expositions et la réalisation de certaines commandes.
Germano : L’École de commerce de Genève, puis les bancs de la Faculté des sciences politiques en touriste. J’ai travaillé dix ans en tant qu’aide-comptable à mi-temps dans une grande chaîne hôtelière et depuis, j’écris à plein temps.

Le merveilleux chef-d’œuvre de SéraphinQue lisiez-vous enfants, adolescents ?
Albertine : Je lisais Buster Brown, Le merveilleux chef-d’œuvre de Séraphin de Philippe Fix, Les Contes illustrés par Edmond Dulac, L’Invasion de la Sicile par les ours de Buzzati, les nouvelles de Maupassant
Germano : Les fumetti italien, Tintin, Blake et Mortimer, Paul Bocuse, Jules Verne, le journal de Spirou, Bradbury, Buzzati, Fante, Kafka

Vous signez des albums en commun et ça se sent dans l’harmonie entre les illustrations et le texte. Comment se passe votre collaboration ? Le texte vient avant ? les oiseauxVous partez plutôt d’une idée d’illustration ?
C’est un véritable dialogue où la place centrale est toujours donnée à l’idée. Nous discutons beaucoup avant de nous mettre au travail. Il n’y a pas de véritables règles. L’essentiel est que l’imaginaire de l’un ne vienne pas empiéter sur l’imaginaire de l’autre. Germano commence généralement par écrire un scénario très détaillé sur lequel Albertine se basera pour créer ses illustrations. Il peut aussi nous arriver de travailler en parallèle sur un projet donné, mais la trame a toujours été prédéfinie en amont. Pour Les Robes, les images d’Albertine devaient à l’origine simplement constituer une matière d’exposition. Notre éditrice, Francine Bouchet, a souhaité les voir éditées. Germano s’est alors penché sur l’illustration littéraire des images. On y retrouve une thématique qui nous occupe beaucoup ces derniers : la transmission.

Votre univers, souvent un mélange d’humour et DADA Albertine et Germano Zullode poésie, aussi bien dans les textes que les illustrations est très original et reconnaissable. On a parfois l’impression que vos personnages pourraient voyager d’un album à l’autre, tant ils ont une allure particulière (Le cheval de Dada pourrait facilement être la monture d’une des femmes que l’on trouve dans Les Robes par exemple). Où puisez-vous votre inspiration ?
C’est bien la vie dans son entier qui est source d’inspiration. La vie et l’expérience intime que l’on a d’elle. Les premiers outils d’Albertine sont l’observation et une pratique quasiment stakhanoviste du dessin. Il y a beaucoup d’urgences en elle. Germano est plus réfléchi, contemplatif, son imaginaire tente toujours de relier passé, présent et futur. Marta est née d’une soudaine pulsion d’Albertine pour le dessin animalier, qui jusqu’alors la rebutait profondément. Le Génie de la boîte de raviolis et Les Gratte-ciel sont le fruit des réflexions politiques de Germano. Les Oiseaux réunissent probablement les déclinaisons poétiques de l’un et de l’autre et qui jusqu’alors étaient explorées de manières indépendantes. La Ligne 135 se nourrit d’un voyage au Japon, mais également de l’intérêt particulier d’Albertine pour les grandes villes et de Germano pour les contrées sauvages…

les robesDada, À la montagne, En ville, À la mer, et dernièrement Les robes, vos albums sont souvent très grands et laisse une large place aux illustrations. Pourquoi appréciez-vous ce format ?
À moins que cela ne soit une commande, nous choisissons nos formats le plus souvent en fonction du propos. En cela, le format est aussi important que le choix du papier ou que la technique d’illustration. Nous devons également remercier ici notre éditrice, Francine Bouchet, pour la grande liberté d’action qu’elle nous octroie, ainsi que notre graphiste, Pascale Rosier, pour son immense talent.

Que pensez-vous de la littérature jeunesse actuelle ?
C’est un espace de création formidable et qui se réinvente chaque jour. Il y a toujours une nouvelle perle à découvrir. Ce que nous regrettons, c’est son cloisonnement médiatique et l’attitude de certains à ne la considérer que d’un point de vue purement commercial. Il y a certes, comme partout dans l’édition, une tendance aux concepts artificiels dans certaines collections et au niveau des albums un déséquilibre parfois à l’avantage de a_la_montagnel’esthétisme plutôt que du contenu, mais dans son ensemble, l’édition jeunesse mérite vraiment d’être découverte par le plus grand nombre.

Quels sont vos projets ? Avez-vous également des projets personnels chacun de votre côté ?
Nous travaillons actuellement sur un projet qui paraîtra à la fois en bande dessinée et en film d’animation : La Femme-canon et à l’adaptation en film d’animation également de notre album Les Gratte-ciel. L’album Mon tout petit paraîtra au mois de janvier à La Joie de lire. Albertine prépare une exposition de robes en papier mâché et Germano poursuit l’écriture de plusieurs textes de genres très différents.

Bibliographie sélective (aux éditions La Joie de Lire) :

  • Les Robes, 2014
  • Dada, 2013 que nous avons chroniqué ici.
  • Ligne 135, 2012, sélection Pépite de Montreuil 2012.
  • À la montagne, 2011, sélection Pépite de Montreuil 2011, que nous avons chroniqué ici.
  • Les oiseaux, 2010. (Prix Sorcières 2011).
  • Les gratte-ciel, 2011.
  • Grand couturier Raphaël, 2009.
  • En ville, 2009.
  • Le chat botté, conte de Charles Perrault, illustrations d’Albertine, 2009.
  • Le retour de Marta, 2008.
  • À la mer, 2008.
  • La rumeur de Venise, 2008 (Prix Jeunesse et Médias 2009).
  • La marelle, 2007.
  • Blanche et Marcel, 2007.
  • Vacances sur Vénus, 2005.
  • Le fromage, 2004
  • La Java Bleue, 2003.
  • Le Génie de la Boîte de Raviolis, 2002.

A noter qu’Albertine vient aussi de sortir Circus chez À pas de loups.

Le site d’Albertine : http://www.albertine.ch.

Concours :
Comme je vous le disais en introduction à cette interview, les éditions La Joie de Lire vous proposent de gagner un exemplaire du dernier album d’Albertine et Germano Zullo, Les Robes, un bel et grand album dont je vous parlerai bientôt. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article en indiquant que vous souhaitez participer au tirage au sort, et pourquoi pas nous parler d’un vêtement qui compte pour vous ! Vous avez jusqu’à mardi, 20h !


Dans la classe d’Émilie

Émilie Prunier est enseignante en immersion française en Colombie-Britannique (Canada), au cycle 3 (équivalent CM-6ème).

En tant qu’enseignante, l’un de mes objectifs est de développer la pensée critique de mes élèves, ainsi que leur curiosité et leur ouverture d’esprit. C’est d’autant plus important chez moi en Colombie-Britannique, une région anglophone très multiculturelle où le français est minoritaire. Les composantes culturelles et interculturelles sont donc essentielles !
C’est pourquoi j’aime travailler de façon interdisciplinaire, en faisant des liens entre les matières et avec le quotidien des élèves, afin qu’ils puissent s’approprier plus facilement les connaissances et les compétences et les transférer à d’autres contextes. La littérature jeunesse est formidable en ce sens tant elle offre de pistes de discussion et de mises en réseau. Et en plus, c’est divertissant ! Alors pour allier l’utile à l’agréable, voici un petit tour de mes coups de cœur, pour le cycle 3 :

  • Des albums pour voyager et découvrir une autre culture…

Mingan, mon villageMingan, mon village : Quinze poèmes d’écoliers innus exprimant leur regard sur leur communauté de la réserve de Mingan, au nord-est de Québec, accompagnés de quinze portraits de leurs auteurs, réalisés par Rogé. Un magnifique album, riche et émouvant, qui nous fait découvrir la langue et la culture innue.

Une journée à PékinUne journée à Pékin (Hsin Yu Sun) : un album sans texte qui nous entraîne dans le dédale des rues de Pékin, à la suite d’une petite fille elle-même à la poursuite de son chat. On y découvre, sous un jour nouveau, la ville d’hier et d’aujourd’hui, avec en prime un voyage dans le temps qui nous emmène au cœur de la Cité Interdite !

  • Des albums pour provoquer des discussions et des débats :

KoletailleKoletaille (Sylvie Pinsonneault) : un album tout en subtilité et non-dits, qui interroge sur les réalités et les conséquences des guerres en donnant la parole à un… char d’assaut ! Mais l’identité du narrateur est dévoilée au fur et à mesure à travers des indices dans le texte et les images. Succès assuré auprès des élèves, qui se prennent au jeu d’inférer qui peut bien être Koletaille. En prime à la fin, une double page documentaire qui aborde le prix d’un char d’assaut en le comparant à de l’équipement de base qui permettrait de sauver des vies en Afrique (ex : vaccins, hôpitaux, puits…). De quoi alimenter de belles discussions avec les élèves.

Rébellion chez les crayons (Drew Daywalt et Oliver Jeffers) : Les crayons de couleur Rebellion chez les crayonsde Duncan en ont marre ! Certains se plaignent d’être trop sollicités, d’autres d’être ignorés, et il y a ceux qui aspirent à colorier d’autres choses que ce à quoi ils sont habitués. Alors ils font la grève et en écrivent des lettres de doléance à Duncan, qui devra faire preuve de créativité pour apaiser la rébellion. Un album drôle et plein d’esprit, formidable pour discuter de la liberté d’expression et encourager les enfants à sortir des chemins battus et à faire preuve de créativité !

Machin truc chouetteMachin truc chouette (Hubert Kemoun) : un album fort sur la place qu’on accorde aux étrangers dans notre société à travers l’histoire de Massicholihaloi, un immigrant venu pour travailler qui fait tout son possible pour s’intégrer, quitte à se faire exploiter, et va même jusqu’à s’engager pour le défendre. Pourtant, les habitants refusent de lui faire une place dans la communauté. Un excellent déclencheur pour une réflexion sur l’autre et la xénophobie.

Attatruc 1erAttatruc 1er (Thierry Dedieu) : Un roi absolument abominable veut devenir artiste peintre. Malheureusement, il a bien peu de talent. Mais en tant que roi, il estime pouvoir tout se permettre et commence à s’en prendre aux peintres et aux œuvres d’art en les rectifiant à sa guise afin de tenter de « réécrire » l’histoire de l’art. Une excellente réflexion sur la liberté d’expression et l’art au service du pouvoir politique.

  • Albums et arts visuels :

Les tableaux de MarcelLes tableaux de Marcel : l’incontournable Anthony Browne, sous les traits du singe Marcel, revisite des tableaux de maître. Ludique et drôle : un album idéal pour découvrir l’histoire de l’art !

Albums et matières scientifiques…

365 pingouins (Jean-Luc Fromental) : Le premier jour de l’année, un livreur vient sonner à la porte 365 pingouinsd’une famille pour leur porter un paquet contenant un pingouin et une note indiquant de le nourrir quand il a faim. Qui l’envoie ? Mystère ! Et d’autant plus bizarre que la famille va continuer à recevoir, sans explication, un pingouin par jour pendant un an. Que vont-ils bien pouvoir en faire ? Où vont-ils les mettre ? Un album cocasse et plein de rebondissements, très sympa à utiliser en maths pour aborder les représentations des nombres, les regroupements, les régularités et les opérations de façon ludique.

Comme une soudaine envie de volerComme une soudaine envie de voler : carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin : un album original, plein d’humour et esthétiquement très réussi, premier d’une série signée Thierry Dedieu, mettant en scène un savant farfelu de 327 ans haut comme trois pommes qui passe son temps à observer et étudier la nature afin d’en percer les secrets et de s’en inspirer pour réaliser ses rêves les plus fous. Entre carnet de naturaliste, aux croquis d’un réalisme photographique incroyable, et récit loufoque, l’album invite à regarder la nature d’un autre œil et à partir en exploration.

        • des romans à lire à haute voix :

La plus grosse poutine du monde (Andrée Poulin) : un coup de cœur canadien ! La plus grosse poutine du mondeLorsque Thomas a eu 5 ans, sa mère lui a préparé une poutine en guise de gâteau de fête. Le lendemain, elle a disparu. Neuf ans plus tard, au lendemain de ses 14 ans, Thomas a l’idée de battre le record de la plus grosse poutine du monde afin d’attirer l’attention de son père, un homme absent et profondément malheureux et surtout de faire revenir sa mère. Un livre émouvant et accrocheur, qui rejoint les filles et les garçons. En prime, le lecteur français se familiarisera au français québécois !

La rivière à l'enversLa rivière à l’envers (Jean-Claude Mourlevat: un roman enchanteur, qui raconte l’histoire de Tomek, un jeune orphelin qui tient l’épicerie du village mais qui s’ennuie et rêve de parcourir le monde. Un jour, une jeune fille passe le seuil de sa boutique avec une requête pour le moins originale : elle lui demande s’il a de l’eau de la rivière Qjar, la rivière qui coule à l’envers et dont l’eau empêche de mourir. Il n’en faut pas plus pour que Tomek se lance dans l’aventure.

        • L’auteur-illustrateur chouchou : Émile Bravo

Les contes palpitants des 7 ours nainsLes contes palpitants des 7 ours nains : une anthologie délicieuse réunissant les trois albums de la série des ours nains d’Émile BravoBoucle d’or et les sept ours nains, La Faim des sept ours nains, La Belle aux ours nains. Émile Bravo revisite les contes de fée à sa manière, en détournant certains des personnages les plus célèbres et en les réunissant dans un même scénario. On se trouve ainsi avec un prince qui s’appelle Boucle d’or, sept ours au lieu de trois, qui vont partir en quête d’un prince charmant pour une princesse embêtante, ou encore un chat aux bottes fourrées… Un album rafraîchissant et délirant qui plaît à tous.

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (Jean Régnaud et Émile Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo BillBravo) : Cette bande dessinée au fond autobiographique raconte l’histoire de Jean, un petit garçon qui entre en CP, dans une nouvelle école, en 1970. Il vit avec son père — un homme assez distant —, son frère d’un an plus jeune et Yvette, la gouvernante, qui s’occupe des enfants comme une mère car Jean ne sait pas où est sa maman.
Il imagine qu’elle est en voyage mais il n’ose pas vraiment demander. Michèle, sa petite voisine un peu plus âgée, lui lit régulièrement des cartes postales du monde entier qu’elle prétend recevoir en secret de la mère de Jean. Mais pourquoi sa maman n’écrit qu’à lui, et surtout pourquoi chez Michèle ? Une histoire belle et émouvante, magnifiquement illustrée du trait rond et coloré d’Émile Bravo, sur le deuil et sur la confusion que peut ressentir un enfant dont la mère est morte, surtout quand tout le monde autour de lui le lui cache.

Joliment solides

Aujourd’hui, je vous présente une sélection d’albums cartonnés, beaux et costauds !

genial il pleutIl pleut, il fait froid, le temps est humide… Grenouilles et escargots sont à la fête, mais les autres animaux font la tête ! Ce n’est pas un temps à mettre un chat ou un chien dehors comme on dit ! Et pourtant, un temps pluvieux apporte également son lot de petites joies et de bonheurs simples !
Avec Génial il pleut !, Malika Doray nous propose justement de nous intéresser à ces petites joies de la pluie (goûter, bain moussant, moment entre amis,…) avec humour, et nous offre illustrations toujours aussi tendres !
Un album cartonné à lire bien au chaud, quand on la flemme de sortir sous la pluie !

bim bam boumAprès la pluie, la neige ! L’oiseau pousse la boule en haut de la colline, et c’est parti ! Elle emporte tout sur son passage, l’écureuil, le lapin, le renard, et l’ours… Et toute cette joyeuse troupe dégringole, semant au passage quelques effets personnels…
Bim Bam Boum !, ça décoiffe ! Carré, épais, très simple, cet album cartonné nous emporte dans une course folle ! La boule de neige grossit grossit grossit : c’est vivant et drôle, tant grâce au texte d’Anne Crahay qu’aux illustrations de John Pan !, pleines de vie !
Enfilez bonnets et moufles, on part à la neige !

ouvre-moi ta porteToc, toc, toc ! C’est le cerf qui s’invite chez le lapin, il a croisé le loup… Toc, toc, toc ! Voilà le loup justement… Tous aux abris ! Mais il semble avoir peur lui aussi… Alors il entrera, quoiqu’il en soit ! Mais le calme n’est pas revenu dans la maisonnée… Tout le monde tremble toujours…
Quel suspense dans ce livre cartonné ! Du suspense à la portée des plus jeunes qui riront des aventures nocturnes de tous ces animaux… Très bien pensé, efficace en quelques mots, et drôle jusqu’à la chute, Ouvre-moi ta porte est une réussite, jusque dans les illustrations tout en noir et blanc…ou presque ! Michaël Escoffier et Matthieu Maudet font la paire !
Un album pour frissonner de rire (ça se dit non ?) !

mes animaux tout douxOn reste dans le noir et le blanc ! Une souris, un chat, une taupe, un lapin, des moutons, un loup, une chouette, une chauve-souris, des papillons, un panda, un pingouin, des ours…
Tout ce beau monde se retrouve dans Mes animaux tout doux, un imagier en noir et blanc de Xavier Deneux, à observer et à toucher ! C’est doux, en velours ou en poils, c’est simple, mais c’est joli et les plus petits apprécient cette découverte des images très contrastées !
Un album à offrir aux tout-petits qui découvrent les livres !

DunCoteEtDeLautre-entier_Mise en page 1Un ourson se retrouve face à un mur. Mais qu’y a-t-il donc de l’autre côté ? Il voit des choses dépasser, il essaie de l’escalader, il regarde à travers un trou, et finit par passer de l’autre côté ! Vous voulez savoir ce qu’il y a trouvé ? Retournez donc le livre, et vous découvrirez ce qui se cache de l’autre côté du mur…
Deux histoires en une qui se réunissent sur la page centrale (on tourne alors le livre), un univers tout simple autour de ce mur, et ça fonctionne ! Gwendoline Raisson suscite la curiosité des jeunes lecteurs, et Ella Charbon propose des illustrations douces et vivantes !
D’un côté… et de l’autre est un album cartonné intelligent qui fera réfléchir les plus petits !

couv boucleBoucle d’Or, on ne vous la présente plus ! Elle s’invite chez les Ours, sème la pagaille, finit par s’endormir dans le petit lit, et prend ses jambes à son cou quand la famille Ours rentre après sa balade en forêt…
Mais voir ce conte prendre vie sous nos doigts, c’est assez magique ! Anne-Sophie Baumann nous propose une version simple de ce conte classique, et Laure Du Fay donne une nouvelle jeunesse à la petite fille bouclée et à la famille des ours ! Et le lecteur, sur des pages solides et avec des systèmes de tirettes, de volets, et de roues, donne vie à cette aventure : la balade en forêt, les larmes de la fillette, les bols de soupe, les chaises, les lits,… L’animation suit le texte et renforce la compréhension ! Très utile avec les plus jeunes (ou avec mes patients qui présentent des troubles de compréhension du langage oral…) qui donnent vie à l’histoire !
Un album cartonné qui ne craint pas les assauts des petites mains, et qui les invitent même à manipuler encore et encore !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Malika Doray (Y’a plus de place, Un manteau de pluie pour la fourmi, 4 petits livres de saisons, Le grand livre de tout même de petit pois, Le mariage, une histoire à colorier, Nous ce qu’on préfère, Près du grand érable, Dans le ventre des dames, parfois, il y a un bébé… et Quand ils ont su), Michaël Escoffier (Le chevalier noir, L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume, Sans le A et Bonjour Docteur), Matthieu Maudet (Un jeune loup bien éduqué, La croccinelle, Le ça, Bonjour facteur et Bonjour docteur), Xavier Deneux (Totam ne veut pas dormir, Chez moi, Mes rêves, Bon appétit Totam !, Regarde et Au dodo les animaux !), Gwendoline Raisson (Vite, Les sornettes de Gullemette et Fête d’anniversaire chez la famille Pompom), Ella Charbon (Vite), Anne-Sophie Baumann (Dessus dessous la ville, Les trois petits cochons, Les pompiers, Le grand-livre jeu du permis, Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin, Au trot petit poney ! et Bonjour docteur !), et Laure Du Fay (Ze vais te manzer, Je suis le cauchemar, Welcome to the zoo ! Bienvenue au zoo !, Pablo le pirate chasse au trésor !, Petit indien, Jeux de langue – Jeux d’écriture et Hans la chance).
Retrouvez également nos interviews de Malika Doray, Michaël Escoffier et Matthieu Maudet.

Génial il pleut !
de Malika Doray
L’école des loisirs
10,50 €, 260 x 190 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Bim Bam Boum !
Texte d’Anne Crahay, illustré par John Pan !
L’élan vert
9,40 €, 160 x 160 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2014.
Ouvre-moi ta porte
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet
L’école des loisirs
12,30 €, 150 x 215 mm, 36 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Mes animaux tout doux
de Xavier Deneux
Tourbillon dans la collection Blanc Noir
13,99 €, 166 x 166 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2014.
D’un côté… et de l’autre
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Ella Charbon
L’école des loisirs
11,70 €, 200 x 200 mm, 38 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Boucle d’Or
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Laure Du Fay
Tourbillon
13,99 €, 201 x 210 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Vous cherchez des idées de cadeaux de Noël, nous vous avons préparé une sélection en photos, pour les petits et les grands ! Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts ! Retrouvez cet album sur Facebook !

Marianne

Mères

Aujourd’hui, on rencontre deux mères un peu particulières !

mère méduseDepuis sa naissance, Irisée passe son temps dans les longs cheveux de sa mère. Elles ne se quittent jamais et évoluent ensemble. Irisée voudrait aller à l’école avec les autres enfants, mais sa mère a du mal à envisager cette séparation… Et puis, progressivement, elle acceptera ce détachement, pour qu’Irisée, forte de tout cet amour, vole de ses propres ailes !
Quelle belle histoire que celle de Mère Méduse..! Avec beaucoup de poésie, de tendresse, et d’originalité, tant dans le texte que les illustrations, cet album évoque le grand amour d’un parent pour son enfant, les moments partagés, et la séparation pas toujours facile à envisager… L’univers de Kitty Crowther est étrange et particulier, reconnaissable entre mille, et colle parfaitement à cette histoire pleine de délicatesse.
Un album sensible, poétique, juste et plein de douceur, un peu à part !

maman_couv_Mise en page 1La mère de Lise est très très très distraite… Et c’est même peu de le dire ! Les clefs, les lunettes, le rôti dans le four, le porte-monnaie, elle oublie tout tout le temps ! Jusque là, c’est assez drôle, mais à l’approche de la rentrée scolaire, Lise a peur que sa maman oublie de venir la chercher… Et l’angoisse monte, monte, monte… Surtout que si finalement, tout se passe bien le premier soir, la petite boule qu’elle a dans le ventre ne s’allège pas pour autant… Au point de lui gâcher un peu la vie !
Avec un texte drôle et tendre, jamais larmoyant mais sensible, Zaza Pinson aborde une angoisse que doivent ressentir certains enfants : être oublié… Mais c’est aussi l’occasion de parler des parents très occupés, qui malgré leurs petites étourderies, et leurs journées chargées, gardent toujours un œil sur leurs petits… Je suis par ailleurs toujours aussi conquise par les illustrations de Laure Monloubou, si expressives et pleines de détails humoristiques !
Maman arrive… est un album vrai, drôle et sincère pour rassurer les enfants !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Kitty Crowther (Le petit homme et Dieu), Laure Monloubou (Jacinthe, Mais pourquoi ? et Danse, Prosper, danse !). Retrouvez également notre interview de Laure Monloubou.

Mère Méduse
de Kitty Crowther
Pastel
12,50 €, 216 x 256 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2014.
Maman arrive…
Texte de Zaza Pinson, illustré par Laure Monloubou
Kaléidoscope
12,80 €, 226 x 285 mm, 26 pages, imprimé en Italie, 2014.

Marianne