La mare aux mots
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Les invités du mercredi

Les invité.e.s du mercredi : Françoise de Guibert et Clémence Pollet

Par 22 mars 2017 Les invités du mercredi

Hasard du calendrier, nos deux invitées du jour viennent de sortir un ouvrage ensemble, Dis où tu habites un magnifique documentaire animalier qui vient de paraître à La Martinière Jeunesse : Françoise de Guibert et Clémence Pollet. La première a accepté de répondre à nos questions, la seconde nous fait visiter son atelier et nous parle de la façon dont elle travaille. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Françoise de Guibert

Pouvez-vous nous dire quelques mots du superbe documentaire Dis, où tu habites que vous venez de sortir avec Clémence Pollet à La Martinière Jeunesse ?
C’était un grand plaisir de retravailler avec Clémence Pollet après Dis, comment ça pousse ? J’avais aimé ses fruits et légumes mais ses illustrations animalières m’ont bluffée ! Car cette fois, on explore les habitats des animaux, de la coquille de l’escargot au terrier du blaireau. Le livre parle d’espèces très variées dont certaines communes et peu connues, le balanin des noisettes ou la patelle par exemple, qu’elle a dessinés avec beaucoup de sensibilité. Je dois à une amie naturaliste la découverte passionnante de ces mille petites bêtes qui nous entourent.

J’aimerais aussi que vous nous parliez d’un héros dont mes filles sont totalement fans, Eliott.
Ah Eliott ! Par le plus grand des hasards, il porte le prénom de mon fils ! Une belle aventure partagée avec l’illustrateur Olivier Latyk et l’éditrice Élise Lacharme chez Gallimard. Ce petit tigre a fait sa rentrée à l’école maternelle au moment où mon garçon y entrait ce qui m’a permis d’observer de près les réactions des petits pendant ces premiers jours. Olivier était dans le même état d’esprit à l’école de sa fille. D’ailleurs un enfant a fait le plus beau des compliments au livre lors d’une dédicace en s’écriant : « Regarde papa ! C’est mon école, c’est ma maîtresse ! » un oiseau, donc. Notre envie avec ce nouveau petit héros : montrer un enfant, enfin un tigre, d’aujourd’hui, entouré de sa famille mais aussi de ses copains et même des copains de ses parents qui viennent pour l’apéro et, ça, c’est chouette parce qu’Eliott adore le saucisson. La série arrive à son dixième titre avec Eliott a une petite sœur (Klara !) et un hors-série va paraître au printemps, un format à l’italienne où l’on retrouvera Eliott et ses parents faisant les courses sur le marché. Un thème idéal pour Olivier et ses grandes images riches mais très lisibles !

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Jeune fille, je me suis morfondu sur mon avenir bien incertain : qu’allais-je bien pouvoir faire ? (j’étais en DEUG de géographie !) Jusqu’au jour où j’ai trouvé un job d’été en librairie jeunesse. J’ai alors réalisé que je connaissais plein de livres, leurs auteurs et leurs illustrateurs, les noms des éditeurs, je me souvenais des histoires et pouvais conseillé des clients… j’avais trouvé mon élément : le livre jeunesse. J’ai ensuite travaillé dix ans dans l’édition jeunesse pour finalement quitter Paris et devenir auteure un peu par la force des choses. Tant mieux, je crois être bien meilleure auteure qu’éditrice !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Ma maman a été bénévole dans la bibliothèque pour enfants de ma commune, il y avait des livres à la maison, plein, et mes parents nous ont longtemps lu des livres à voix haute, des moments précieux. J’entends encore mon père rigoler comme un bossu en lisant les histoires du Petit Nicolas ! Petite, j’ai été marquée par les images d’albums comme La vache orange ou Poule rousse au Père castor, les imagiers de Richard Scarry ou encore le génial Préfèrerais-tu ? de John Burningham auquel on répondait très sérieusement avec mes frères (Préfèrerais-tu manger une grenouille ou sauter dans les orties ?!). Mais c’est en lisant mes premiers romans seule que j’ai rencontré les livres comme on rencontre des personnes. Je pense notamment aux romans de la bibliothèque internationale chez Nathan, ils étaient tous réussis. Mes deux préférés : La petite fille de la ville de Liouba Voronkova offert par ma grand-mère et qui m’a émue à en pleurer ; et Tom et le jardin de minuit de Philippa Pearce, relu à tous les âges, qui m’a entraînée dans son monde hors du temps. J’ai aussi adoré un roman d’aventures qui s’appelait Black Jack (Leon Garfield) et débutait avec la résurrection d’un pendu. Et aussi les deux jumelles interchangeables de Erich Kastner… et Lassie chien fidèle… et Moumine le troll… et les Contes de la rue Broca

Que lisez-vous en ce moment ?
Je viens de terminer le premier tome de Sauveur et fils de Marie-Aude Murail qui m’a donné envie de lire le deuxième vite. J’entame Les bottes suédoises de Henning Mankell, un peu inquiète de ne pas y trouver la force des Chaussures italiennes. J’ai beaucoup aimé récemment S’enfuir, le récit d’un otage raconté en BD par Guy Delisle (merci Alfred pour le conseil !) et L’île Louvre de Florent Chavouet dont j’adore les dessins et l’humour. Je bouquine aussi des essais historiques sur le XVIIe siècle (voir question suivante).

Quels sont vos projets ?
Je suis une auteure hétéroclite, j’aime expérimenter et quand ça change ! Parmi les projets, il y a des romans historiques dans la France de Louis XIV, trilogie initiée par ma complice en fiction Laurence Schaack ; un nouveau documentaire pour La Martinière toujours avec Clémence Pollet ; un livre dont vous êtes le héros imaginé par l’ébouriffante Florie Saint-Val.
Je suis aussi très contente, une petite histoire écrite mais aussi illustrée par moi-même sortira dans le numéro d’avril de Mes premiers j’aime lire. Ça s’appelle Petit Radis veut jouer au foot et ça m’a beaucoup plu de dessiner !

Bibliographie sélective :

  • Dis, où tu habites ?, album illustré par Clémence Pollet, Seuil Jeunesse (2017).
  • Série Eliott, illustrée par Olivier Latyk, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué et ici.
  • Sin le veilleur, album illustré par Audrey Calleja, Seuil Jeunesse (2016).
  • Série Gus le chevalier minus, illustrée par Dankerleroux, Gulf Stream (2016).
  • Love, Mode d’emploi, co-écrit avec Laurence Schaack, illustré par Jacques Azam, La martinière jeunesse (2016).
  • Les sœurs Ramdam, album illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 3 (ou 4) amies (trois tomes), co-écrits avec Laurence Schaack, Nathan (2014-2015).
  • Maman et Papa, album illustré par Vincent Bourgeau, Le baron perché (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • 1001 manières de se déplacer, avec Véronique Gaspaillard, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • 1001 manières de naître et de se reproduire, avec Véronique Gaspaillard, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Clémence Pollet

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.trice.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.trice.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils.elles créent. Cette semaine, c’est Clémence Pollet qui nous parle de quand elle crée.

Je construis mes images en collage, aux crayons de couleur, à la gouache ou à l’encre noire. Je fais également beaucoup de gravure taille douce (eau-forte, aquatinte, pointe sèche) ou taille d’épargne (linogravure). En fonction de la technique, je suis soit assise à mon bureau chez moi à Pantin, soit derrière les presses de mon atelier de gravure à Malesherbes dans le Loiret. Mon bureau est mobile, je n’ai pas arrêté de déménager depuis le début mes études. Paris, Strasbourg, Bologne, Troyes, Grasse, Betanzos, Montreuil, Londres, Tours, aujourd’hui Pantin, demain ? Dans chacun de ces lieux de vie, je réussis à me créer un petit coin bureau que j’ai plaisir à retrouver. J’ai partagé un atelier avec d’autres travailleurs indépendants quand je vivais à Londres, j’en garde un bon souvenir mais préfère travailler chez moi. J’aime bien me lever le matin et prendre mon temps. Répondre à mes mails ou commencer un dessin en buvant mon premier thé de la journée. Je suis souvent sortie le soir mais quelques fois je m’accorde une soirée travail pour mon plus grand plaisir.
Lorsque je travaille sur un album, le déroulé est à peu près toujours le même. Après d’éventuelles recherches graphiques, je commence à travailler sur le chemin de fer. Tout se met en place à ce moment (concept de l’illustration, rapport texte/image qui en découle, composition des images). Nous échangeons beaucoup avec l’éditeur. C’est très rare que ma première proposition soit la bonne… Ce temps de travail me demande beaucoup de concentration. Dans ce cas je travaille plutôt en silence ou avec un léger fond musical. Le temps de la réalisation des images est très différent, mon esprit ne se concentre alors plus que sur la forme. Dans ce cas, je suis plus disponible et aime écouter les émissions de l’après-midi sur France Culture. J’ai des semaines plutôt musique, et là j’alterne entre ma playlist très éclectique (France Gall, Metronomy, MIA) et FIP. En ce moment je travaille sur quatre chemins de fer, autant dire que mon ouverture sur ce qui se passe autour de moi est quasi nulle.
En parallèle de mes livres, je crée des images comme ça, détachées de tout projet. Elles me viennent au réveil, en lisant un texte ou en me baladant dans les musées. Je n’hésite pas à reprendre le jeu de couleur ou la composition d’une œuvre qui me plaît. Un petit tour au British Museum ou au musée d’Orsay m’est toujours bien utile en cas de panne d’inspiration.

Clémence Pollet est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Il était une fois… La traversée, illustration d’un texte de Véronique Massenot, HongFei (à paraître en avril).
  • Une poule sur un mur, illustration de textes de divers auteur.trice.s, P’titGlénat (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon grand livre-disque de comptines, illustration de textes de divers auteur.trice.s (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La ballade de Mulan, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2015).
  • Contes d’un roi pas si sage, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup un jour, illustration d’un texte de Céline Claire, Rouergue (2014).
  • La langue des oiseaux et autres contes du palais, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Rémi : d’après Sans famille d’Hector Malot, illustration d’un texte d’Alain Paraillous, Amaterra (2013).
  • Mon coffret pour découvrir la ferme, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’auberge des ânes, illustration d’un texte d’Alexandre Zouaghi et Chun-Liang Yeh, HongFei (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon bleu, illustration d’un texte de Guia Risari, Le baron perché (2012).
  • Soupe de maman, illustration d’un texte de Karin Serres, Rouergue (2011).
  • L’ébouriffée, illustration d’un texte d’Hélène Vignal, Rouergue (2009).

Le blog de Clémence Pollet : http://clemencepollet.wordpress.com.

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Les invité.e.s du mercredi : Kochka et Rémi Courgeon

Par 15 mars 2017 Les invités du mercredi

Je connaissais le nom de Kochka, car j’avais lu beaucoup de ses livres, mais je savais peu de choses d’elle. J’ai eu envie d’en savoir plus, elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, je vous propose de partir en vacances avec l’un de nos plus grands illustrateurs, Rémi Courgeon. Nous vous souhaitons un bon mercredi !


L’interview du mercredi : Kochka

Comment naissent vos histoires en général et plus particulièrement comment est née Brelin de la lune qui vient de sortir chez Oskar ?
Mon fils aîné est autiste asperger. Il a 26 ans maintenant. C’est lui que j’ai mis en scène dans Brelin. Lui et son frère. Dans la vraie vie, Julien qui est Jérémie est plus jeune. Mais quand ils étaient petits, nous le traitions comme le plus grand.

Vous avez proposé plusieurs interprétations de contes (Peau d’Âne, Le merveilleux voyage de Nils Holgersson, Les musiciens de Brême…), d’où vient cette passion pour les contes et quels sont les autres contes que vous aimeriez raconter ?
J’ai baigné dans les contes lorsque j’étais enfant. Nous n’avions que ça à la maison. J’ai grandi avec Peau d’Âne, je le lisais en boucle. J’aime le Petit Poucet, il est caché au fond de nous tous, c’est un merveilleux compagnon. J’aime aussi Peter Pan. En fait je crois aux contes de fées. On peut même dire qu’ils m’ont sauvée.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Enfant, je le suis encore.
Adolescente, j’ai sauté cette étape, c’était la guerre au Liban, il a fallu grandir vite
Maman, 5 enfants.
Avocate, pendant quelques années. J’en ai retenu les principes fondamentaux de la Constitution. Les hommes naissent libres et égaux en droit.
Puis l’écriture…

Vous êtes la nièce de la grande auteure jeunesse Gudule, est-ce qu’elle a influencé votre écriture ? Est-ce qu’elle vous a donné des conseils ?
C’est grâce à elle que j’ai osé sauter le pas : lâcher mon premier métier, avocate, pour l’écriture. Elle m’envoyait ses livres en douce. Elle a été mon guide. Elle a su avant moi que l’écriture était ma voie.
Influencer ? Je ne pense pas que ce soit le mot juste. Elle m’a encouragée à être moi-même. Et en étant elle-même, elle m’a aussi montré le chemin de la naissance à soi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Les contes.
Terre des hommes à 15 ans.
Jacques Prévert, et plein d’autres ensuite.

Quels sont vos projets ?
Mieux Aimer, et aller et emmener vers la joie…

Bibliographie (sélective) :

  • Brelin de la lune, album illustré par Charles Dutertre, Oskar Éditeur (2017).
  • Les animaux de l’arche, album illustré par Sandrine Kao, Grasset Jeunesse (2017).
  • La caravane, roman, Thierry Magnier (2017).
  • Le petit grand samouraï, album illustré par Chiaki Miyamoto, Tom’Poche (2016).
  • Le merveilleux voyage de Nils Holgersson, album illustré par Olivier Latyk, Père Castor (2016).
  • Bambi, album illustré par Sophie Lebot, Père Castor (2016).
  • Raiponce, album illustré par Sophie Lebot, Père Castor (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les musiciens de Brême, album illustré par Amélie Dufour, Père Castor (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les cygnes sauvages, album illustré par Charlotte Gastaut, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • À l’heure du loup, album illustré par Les Mamouchkas, Ricochet (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le rossignol et l’empereur de Chine, album illustré par Qu Lan, Chan-Ok (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Peau d’âne, album illustré par Charlotte Gastaut, Père Castor (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans ma ville, il y a…, album illustré par Fabienne Cinquin, Ricochet (2012), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Rémi Courgeon

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Rémi Courgeon que je pars ! Allez en route !

Difficile de ne choisir que 5, parmi toutes ces œuvres et ses artistes. Je vais essayer de sélectionner des choses qui me parlent sans être des incontournables absolus, connus et aimés du plus grand nombre.
Je crois au fond que ce qui me touche ce sont les œuvres qui ressemblent le plus à la vie, dans toute sa complexité. Passer du rire aux larmes, être traversé tour à tour par l’étonnement, la colère, la jalousie, le désir, la peur, la mélancolie, l’excitation, la joie, et bien sûr l’amour, c’est ça qui me plait. J’aime bien aussi quand les choses gardent une part de mystère, de non-dit. Justement parce que la vie est composée de beaucoup, beaucoup plus d’inconnu que de connu et que les artistes sont là pour en témoigner.

5 albums jeunesse :

  • Pecos Bill, l’album fétiche de mon enfance. G.Martina. Nardini. Aquenza.
  • Le grand Livre vert (dans sa version géante) Robert Grave. Maurice Sendak
  • Remue-Ménage chez madame K. Wolf Erlbruch
  • Strongboy le tee-shirt de pouvoir. Ilya Green
  • Le chien que Nino n’avait pas. Edward Van de Vendel. Anton Van Hertbruggen

5 romans :

  • Ne tuez pas l’oiseau moqueur. Harper Lee
  • La chorale des maîtres bouchers. Louise Erdrich
  • L’été meurtrier. Japrisot
  • Les belles endormies. Kawabata
  • Et que le vaste monde poursuive sa course folle. Colum Mc Cann

5 BD :

  • Bandonéon. Jorge Gonzalez
  • Trait de Craie. Prado
  • Jimmy Corrigan. Chris Ware
  • Les amateurs. Brecht Evens
  • Portugal. Pedrosa.

5 DVD :

  • Little Big Man. Arthur Penn
  • My sweet pepperland. Hiner Saleem
  • Cul de sac. Polanski
  • Mud. Jeff Nichols
  • Les rêves dansants. Pina Bausch

5 CD :

  • Transformer. Lou Reed
  • The key of life. Stevie Wonder
  • Let’s get lost. Vhut Baker
  • Salt rain. Susheela Raman
  • Parade. Prince

5 lieux :

  • Le chantier Naval et le restaurant du port à Essaouira, Maroc
  • La pointe d’Agon et la baie de Sienne. Cotentin.
  • Louisiana et son musée d’art contemporain près de Copenhague. Danemark.
  • La pointe des corbeaux à l’ile d’Yeu
  • Mon atelier aux Lilas.

5 artistes :

  • Le réalisateur Pedro Almodovar (impossible de ne pas le citer)
  • L’inventeur et sculpteur Théo Jansen
  • Le musicien Richard Galliano
  • La chorégraphe Marie Chouinard
  • Le sculpteur Ron Mueck

Rémi Courgeon est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Tohu Bohu, texte et illustrations, Nathan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Passion et Patience, texte et illustrations, Mango (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est l’histoire d’un poisson bavard, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • J’aime pas les clowns, illustration d’un texte de Vincent Cuvellier, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • L’oizochat, texte et illustrations, Mango (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Gros chagrin, texte et illustrations, Talents Hauts (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand arbre et autres histoires, recueil d’albums, textes et illustrations, Mango (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Contes d’Afrique, illustration de textes de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pieds nus, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Blancs comme neige, texte et illustrations, Milan (2013).
  • Toujours debout, texte illustré par Isabelle Simon, L’initiale (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Elvis Presley, illustration d’un texte de Stéphane Ollivier, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Brindille, texte et illustrations, Mango jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pas de ciel sans oiseaux, texte et illustrations, Mango Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le géant petit cadeau, texte et illustrations, Père Castor (2012).
  • Dans sa tête, texte et illustrations, JBZ & cie (2010).
  • Invisible mais vrai, texte et illustrations, Mango (2006).

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Les invité.e.s du mercredi : Baptiste Amsallem et Pascale Maret

Par 8 mars 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous recevons l’illustrateur Baptiste Amsallem, avec lui nous revenons, entre autres, sur son parcours. Ensuite, c’est un coup de cœur/coup de gueule que nous vous proposons et cette fois-ci c’est l’auteure Pascale Maret qui s’y colle ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Baptiste Amsallem

Baptiste Amsallem Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mes parents souhaitaient que j’ai un BAC général, au cas où. Moi je savais que je voulais dessiner mais je ne savais pas vraiment quoi, ou dans quelle branche. Je n’y connaissais vraiment rien. J’obtiens mon bac option Commerce et en 2005, un ami me parle d’une école à Montpellier pour apprendre la 3D. Nous nous inscrivons mais c’est une énorme déception. J’étais réfractaire à la 3D et il n’y avait pas assez de dessin à mon goût. Pile à ce moment-là, une nouvelle école allait ouvrir et proposait une formation aux métiers de l’animation avec comme base absolue : le dessin. Je fais deux ans à l’atelier API, dans l’Hérault. Lorsque j’en sors en 2009, je monte à Paris et décide de me lancer dans l’illustration jeunesse car c’est là que je me sentais le plus à l’aise. Par chance, je suis contacté par Loïc Dauvillier qui me propose d’illustrer Dino et Pablo pour les éditions Bang. J’ai depuis enchaîné plus d’une vingtaine de bouquins et de nombreuses commandes d’illustrations pour la presse jeunesse.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’utilise principalement l’ordinateur pour des questions pratiques. Mais je tends de plus en plus à dessiner à la plume et à l’encre de Chine, avec jus d’aquarelle et lavis.

Parlez-nous de votre collaboration avec Loïc Dauvillier
Comme je disais, Loïc est venu me chercher à la sortie de l’école pour faire Dino et Pablo avec lui. La collaboration s’étant très bien passée, nous avons continué sur Monsieur Lapin et la carotte sauvage, aux éditions Des Ronds dans l’O. Nous souhaitions développer le projet au-delà du format livre, c’est pourquoi nous avons créé une application pour smartphone du tome 1 de Monsieur Lapin. Puis nous avons cherché à en faire une série animée. Loïc et Jérôme d’Aviau ont réalisé 24 épisodes d’environ 2 minutes chez MarmitaFilms, à Bordeaux. La série a commencé à être diffusée cette année ! Il s’est aussi attelé à la réalisation d’une exposition Monsieur Lapin qu’il a fabriqué seul.
Loïc, au-delà d’être le scénariste de plusieurs de mes bouquins est devenu un ami sur qui je peux compter.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je lisais énormément de Picsou magazine et autres Mickey Parade quand j’étais petit. Tous les Boule et Bill y sont passés (plusieurs fois) ainsi que certains livres de la Comtesse de Ségur. Puis les mangas sont arrivés et ont été le fil conducteur de mes 11 et mes 18 ans. Période marquée par la saga Harry Potter, aussi.

Quelques mots sur vos projets ?
Je viens de terminer le tome 2 de Balez et Malina, série mensuelle publiée dans le magazine Wakou, chez Milan. Maintenant, je vais m’atteler à un ouvrage sur le végétarisme que j’écris et illustre. Tout ceci nous amène à septembre 2017. Pour la suite, on verra bien !

Bibliographie sélective :

  • Balez et Malina – Tome 2 : Secret défense, illustration d’un scénario de Thitaume et Romain Pujol, BD Kids (à paraître en 2017).
  • Jamais contents, illustration d’un texte de Mathieu Pierloot, La Pastèque (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La morsure, illustration d’un texte de Karine Dupont-Belrhali, Milan (2016).
  • Les quatre saisons, illustration d’un texte de Pascale Hédelin, Milan (2015).
  • Balez et Malina – Tome 1 : Un amour de mammouth, illustration d’un scénario de Thitaume et Romain Pujol, BD Kids (2015).
  • Monsieur Lapin – Tome 3 : Les Ballons, illustration d’un scénario de Loïc Dauvillier, Des ronds dans l’O (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Gare au loup, illustration d’un texte de Christophe Loupy, Milan (2015).
  • Les 3 petits cochons, illustration d’un texte de Camille Finateu, Larousse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Lapin – Tome 2 : La Chasse au papillon, illustration d’un scénario de Loïc Dauvillier, Des ronds dans l’O (2013).
  • Monsieur Lapin – Tome 1 : La Carotte sauvage, illustration d’un scénario de Loïc Dauvillier, Des ronds dans l’O (2012).
  • Dino et Pablo – Jeux préhistoriques, illustration d’un scénario de Loïc Dauvillier, Mamut (2010), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Baptiste Amsallem : http://baptisteamsallem.ultra-book.com.


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Pascale Maret

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Pascale Maret qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Mon coup de gueule est aussi un coup de blues, sans doute parce que, l’âge venant, ma propension naturelle à la colère commence à s’émousser et laisse davantage le champ libre à la tristesse. Tristesse, oui, de voir le FN monter en puissance et récolter toujours plus d’adhésion, tristesse devant les visages de ces Français ordinaires qui clament leur soutien aux propos haineux, aux propositions indignes, et qui voient dans cette idéologie nauséabonde et simpliste un remède à leurs frustrations. Tristesse de constater que dans le camp opposé les ambitions personnelles pèsent bien plus lourd que les idéaux (« les idéaux » ? Ha, ha, qui croit encore à un truc pareil dans le monde politique ?).

Même si Marine Le Pen ne gagne pas l’élection présidentielle, ce que j’espère bien, la pensée qu’un Français sur quatre adhère à sa vision n’est guère réjouissante. Quant au possible vainqueur, pas de quoi se réjouir non plus.

Bon, on va tâcher de se remonter le moral en passant au coup de cœur.  Il n’est pas sans lien avec mon coup de blues : la vie à la campagne, « loin de la foule déchaînée », m’apporte depuis quelques mois une grande bouffée d’air pur, au propre comme au figuré. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait une découverte : je suis « une fille du pays », et la maison où je suis installée a abrité mes vacances depuis trente-cinq ans. Mais il est très différent d’y être « pour de bon ». La vie hivernale du village, sans les « prend l’air* », soude les habitants, les vrais, ceux qui résistent au climat montagnard souvent neigeux. Aller faire ses courses, c’est prendre un bain de convivialité.

Et puis, il y a la nature : suivre le soleil tout au long de sa course, marcher dans les sentiers à l’abri des grands bois de sapins, passer des journées sans voir âme qui vive. Les jours de pluie comme les jours de soleil, la nature est belle. Je suis bien.

*Touristes

Pascale MaretPascale Maret est auteure.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • La Sylphide et Le lac des cygnes, collection « Les romans du ballet », Nathan (à paraître en 2017)
  • N’y pense plus, tout est bien, roman ado, Thierry Magnier (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Bon zigue et Clotaire, roman jeunesse, Thierry Magnier (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les ailes de la sylphide, roman ado, Thierry Magnier (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La véritable histoire d’Harrison Travis, hors la loi, racontée par lui-même, roman ado, Thierry Magnier (2012).
  • L’oiseau arlequin, album, Thierry Magnier (2011).
  • Vert jade, rouge sang, roman ado, Thierry Magnier (2011).
  • L’encrier maudit, roman jeunesse, Oskar (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Zone tribale, roman ado, Thierry Magnier (2010).
  • Le monde attend derrière la porte, roman ado, Thierry Magnier (2009).
  • À vos risques et périls, roman ado, Thierry Magnier (2007).
  • Une année douce-amère, roman ado, Thierry Magnier (2006).
  • Sur l’Orénoque, roman ado, Thierry Magnier (2005).
  • Esclave !, roman jeunesse, Milan (2003).
  • Clones en stock, roman jeunesse, Milan (2001).

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Les invité.e.s du mercredi : Marianne Ferrer et Annelise Heurtier

Par 1 mars 2017 Les invités du mercredi

Dès son premier album, j’ai été touché par le travail de Marianne Ferrer. J’ai eu la chance de voir en avant-première son prochain ouvrage, et je le trouve encore plus réussi. J’ai donc eu envie d’en savoir plus sur elle, ses influences, son travail. Ensuite, j’ai voulu savoir comment Annelise Heurtier écrit et surtout où, on a donc rendez-vous chez elle. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Marianne Ferrer

Comment est né votre album Racines qui vient de sortir chez Monsieur Ed
Racines est un projet qui a résidé en moi pendant plusieurs années, attendant le bon moment et la bonne place pour naître. Quand j’étais petite, au Vénézuéla, j’étais souvent frustrée, car les enfants se moquaient de mon prénom français. J’ai demandé à ma mère pourquoi je m’appelais ainsi et elle m’a raconté l’histoire de comment « Marianne » vient de mon grand-père qui est décédé lorsqu’elle avait 7-8 ans. Mon grand-père avait voulu donner le prénom Marianne à sa fille, ma mère donc, née le 14 juillet, jour de la prise de la Bastille, date symbolique en France. Pour lui, la Marianne de la nation française incarnait la force et le courage. Il l’a finalement nommée Maria Liliana… Il est mort alors que ma mère n’était encore qu’une enfant, laissant un vide énorme. Mais celle-ci m’a alors nommée Marianne pour me transmettre l’esprit sensible et créatif de mon grand-père. Mon nom est un héritage familial, mais c’est aussi l’histoire de ceux qui sont venus avant moi et qui vient se tisser avec la mienne. Et j’ai pu explorer tout cela lors de mon dernier projet à l’université et cela a donné Racines (qui s’appelait Identité à l’époque).

Monsieur Ed est un tout nouvel éditeur québécois, comment s’est passée la collaboration ?
Ce projet a tout de suite plu à Monsieur Ed, mais je le trouvais trop intime et trop personnel, je pensais que cela ne parlerait pas aux gens. Mais, alors que je travaillais sur un autre projet pour Monsieur Ed (Le jardin invisible qui sortira au printemps), Alice et Valérie m’ont reparlé de Racines et qu’elles voulaient vraiment le publier, qu’elles pensaient que ce livre toucherait les lecteurs. J’ai dit « oui » et, depuis, on collabore ! J’étais très excitée de publier Racines, nous avons fait quelques ajustements au niveau du texte et des illustrations. Les filles ont été si gentilles avec moi, me donnant tellement de liberté et d’espace pour grandir en tant qu’artiste.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’aime essayer de tout ! Il y a tellement de techniques et d’outils que c’est difficile de décider ce que je vais explorer comme technique. Je commence souvent mon travail avec l’aquarelle, le crayon, la gouache, l’encre, etc., car j’aime la chaleur et la texture de ces outils traditionnels. Et je finis le tout sur ordinateur pour pouvoir profiter de ⌘Z [NDLR : ⌘Z est un raccourci clavier qui permet, sur un mac, d’annuler la dernière action].

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’avais 3 ans lorsque j’ai pris un crayon pour la première fois et j’ai su, même à cet âge, que je voulais passer ma vie à dessiner. Mes parents m’ont toujours encouragée à suivre ce rêve, surtout ma mère. Quand j’avais 11-12 ans, elle était en train de compléter son BAC en Design Graphique à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Ses cours préférés étaient ceux de Michèle Lemieux et j’allais souvent avec elle et je dessinais dans ses classes. Ma mère me rappelle souvent de la fois où elle a demandé à Michèle comment je pourrais suivre une carrière d’artiste. Michèle lui a dit de faire attention, que la majorité des gens arrête de dessiner lorsqu’ils deviennent ados et qu’ils laissent alors l’art dans l’enfance, mais que si on n’arrête pas, on dessine pour la vie. Alors c’est exactement ce que j’ai fait.
J’ai donc dessiné tout le temps et partout : dans tous mes cahiers de notes, sur des pupitres, etc., et au secondaire, j’avais toujours un cahier d’esquisses avec moi, dans tous mes cours. J’ai construit tout mon parcours pour étudier dans un programme d’art pour perfectionner ma technique. J’ai donc fait le programme d’Illustration et Design au collège Dawson, mais je savais qu’il me manquait encore une étape avant de devenir une vraie illustratrice. Alors je suis allée à l’UQÀM dans le cours de Michèle Lemieux pour continuer à développer mon propre talent et ma passion.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai toujours été attirée par les albums illustrés. Même à l’adolescence. Lorsque moi et ma sœur allions flâner à la librairie, elle allait vers les romans, mais moi j’allais dans la section pour enfants ou dans les romans graphiques. Je prenais les œuvres avec la couverture dont l’art m’intéressait le plus et j’admirais les illustrations sur chaque page !

Quels sont les artistes qui vous inspirent ?
Évidemment, je suis toujours inspirée par le travail de grands illustrateurs/illustratrices qui ont aussi été mes professeurs, incluant Jules Prud’homme, Michèle Lemieux, Pol Turgeon, Janice Nadeau, et Gérard Dubois. Je suis aussi une énorme fan d’Isabelle Arsenault, Carson Ellis, Marion Arbona, Violeta Lopiz, Mar Hernandez, Gosia Herba, Yelena Bryksenkova, Benoît Tardif, Patrick Doyon, Brecht Evens, Chuck Groenink, Owen Gent… La liste est infinie, je passe mon temps libre à regarder sur internet le travail des artistes et de ceux qui les inspirent à leur tour !

Que lisez-vous en ce moment ?
En ce moment je suis en train de terminer un livre qui m’a été recommandé par mon copain, The Brief Wondrous Life of Oscar Wao, de Junot Díazt. ll me l’a suggéré, car j’avais tellement aimé Le tragique destin de Pépito, de Pierre Lapointe et Catherine Lepage. Et depuis quelques mois, je relis aussi souvent, au lit, Parfois les ennuis mettent un chapeau, de José Parrondo.

Quels sont vos projets ?
Il y a plusieurs projets d’albums sur lesquels je travaille avec différentes maisons d’édition. Je me sens très chanceuse d’être si occupée ! Monsieur Ed m’a également donné l’opportunité de publier un deuxième projet personnel, Le jardin invisible, qui sera raconté par Valérie Picard et qui paraîtra au printemps. En fait, lorsque j’ai rencontré Alice et Valérie, j’avais amené avec moi un de mes travaux, un jardin dessiné sur un petit mouchoir et Valérie m’a proposé d’explorer plus avant cela. J’ai toujours été une personne silencieuse et introspective. Petite, je passais beaucoup de mon temps à observer les détails autour de moi. Cette habitude s’est transformée en curiosité, en des questionnements. Je m’interroge sur ce que cela représente « exister » et comment, nous, les humains faisons partie de l’univers. Le Jardin Invisible touche à ce sujet. C’est un livre qui évoque notre place dans l’échelle de l’univers, que nous sommes des témoins de cet univers. L’album montre aussi qu’en changeant de perspective, on peut admirer à quel point nous sommes incroyablement grands et terriblement petits dans l’infini.

Bibliographie :

  • Le jardin invisible, raconté par Valérie Picard, Monsieur Ed (à paraître au printemps).
  • Racines, Monsieur Ed (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les carnets de Rhubarbe, avec  Stéphanie Labelle, Cyril Doisneau et Ohara Hale, La Pastèque (2015).


Quand je crée… Annelise Heurtier

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Annelise Heurtier qui nous parle de quand elle crée.

Spontanément, j’associe deux grands types de « lieux » à mon activité d’auteur.
D’abord, les chemins, les rues et les sentiers que je traverse lorsque je cours. Depuis quelques années, la course à pied est vraiment devenue un besoin. Et j’ai remarqué que souvent, une bonne séance peut m’aider à débloquer un point d’un scénario, voire même faire naitre une idée. En tous cas ce qui est sûr, c’est que les idées de fond n’arrivent pas souvent devant mon ordi, pendant la phase d’écriture. Elles naissent un peu spontanément, n’importe où, n’importe quand, car par définition, on ne peut pas vraiment provoquer leur apparition…Mais je suis persuadée que l’activité physique stimule la créativité…et je ne suis pas la seule : c’est scientifiquement prouvé !

Ensuite, bien sûr, il y a l’endroit où je m’installe pour travailler avec mon ordinateur. Là je ne peux pas courir. Enfin je crois.
J’ai eu de nombreux bureaux car avec mon compagnon, nous avons beaucoup déménagé ! Je suis récemment passée d’un bureau tahitien à un bureau…bourguignon. C’est sûr, quand on regarde par la fenêtre, ce n’est pas le même décor.
Je ne suis pas forcément toujours assise à une table, d’ailleurs. Il est important que je puisse avoir une pièce-bureau (même petite) pour y laisser mes affaires, mais souvent, je prends mon ordinateur et je vais m’installer ailleurs. Dehors (enfin ça c’était le bon temps, quand j’étais au chaud sous les tropiques !), sur le canapé avec une couverture (ça c’est ici), ou debout, en posant l’ordi sur une table haute… J’aime bien travailler debout. Et il parait que ça se développe de plus en plus !

Celui-là fait un peu hamster mais bon… j’aime bien l’idée !


Source image magazette.fr

Annelise Heurtier est auteure.

Bibliographie sélective :

  • Envole moi, roman, Casterman (sortie mars 2017).
  • Trois frères pour un seul trésor, album illustré par Judith Gueyfier, Rue du Monde (2016).
  • La couronne, album illustré par Andrea Alemanno, Alice Jeunesse (2016).
  • Le complexe du papillon, roman, Casterman (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Danse Hinatea !, album illustré par Élice, Au vent des îles (2015).
  • Refuges, roman, Casterman (2015)
  • Série Charly Tempête, romans, Casterman (2013-2014), que nous avons chroniqués ici, et ici.
  • Là où naissent les nuages, roman, Casterman (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Combien de terre faut-il à un homme ?, album illustré par Raphaël Urwiller, Thierry Magnier (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Babakunde, album illustré par Mariona Cabassa, (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Sweet Sixteen, roman, Casterman (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • On n’a rien vu venir, roman collectif, Alice Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Bertille au chocolat, roman illustré par Élice, Alice Jeunesse (2012).
  • La fille aux cheveux d’encre, roman illustré par Princesse Camcam, Éditions Casterman (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Le carnet rouge, roman, Casterman (2011), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez la bibliographie complète d’Annelise Heurtier sur son blog.

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Les invité.e.s du mercredi : Gaëlle Mazars, Cécile Roumiguière et Natali Fortier

Par 22 février 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, j’ai eu envie d’en savoir plus sur l’auteure d’un album sorti il y a peu chez Hélium, Muséum Dinos : Gaëlle Mazars ! Ensuite, c’est avec Cécile Roumiguière et Natali Fortier que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de… Ensemble, elles reviennent sur leur album, D’une rive à l’autre. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Gaëlle Mazars

Présentez-nous de votre dernier album, Muséum Dinos, paru chez Hélium
Muséum Dinos est la suite de Cache-cache dinos. Ces deux histoires mettent en scène Yvette et Roger, des petits dinosaures malins à qui il arrive quelques (més)aventures. Ces livres sont des prétextes pour donner à voir aux enfants la réalité sous un autre angle.
Et si les gros dinosaures n’avaient pas vraiment disparu et dormaient sous les collines et les montagnes ?
Et si nos muséums étaient remplis d’animaux qui font semblant d’être immobiles pour qu’on les laisse tranquilles ?
Et si les enfants étaient finalement, eux aussi, de drôles d’animaux et qu’eux seuls avaient accès à ces secrets bien gardés ?

C’est le deuxième album que vous sortez avec Jean-Baptiste Drouot, pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?
Jean-Baptiste est un ami. C’est en espérant qu’il l’illustre que j’ai écrit la première histoire. Et je n’ai pas été déçue : dès les premières ébauches, il a su apporter sa sensibilité, son humour et ses super idées.
Pour Cache-cache dinos, nous n’avions aucun impératif, nous avons pris notre temps. Nous avons beaucoup échangé, et finalement ce premier livre est le résultat d’un vrai travail d’équipe.
La conception du deuxième a été un peu différente. Nous avions un délai à respecter et de nouvelles contraintes. Concevoir une suite s’avère plus compliqué, je trouve, qu’écrire un album « unique ». Nous avons travaillé chacun de notre côté. Mais quand il y avait une difficulté, quand je bloquais sur le texte ou lui sur une image, on essayait de se trouver l’un l’autre des solutions, bien épaulés aussi par Gilberte Bourget notre éditrice.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
J’ai toujours aimé les livres, le papier, les histoires, mais après un bac littéraire, je ne savais pas vraiment ce que je voulais entreprendre. J’ai entamé des études d’Histoire et d’histoire de l’art. C’était passionnant. Mais je ne voyais pas d’application concrète et professionnelle à tout ça. Alors j’ai changé de cap avec un BTS édition. La bonne idée ! Il m’a ouvert les portes de l’école Estienne : l’école du livre, le support de toutes les histoires, le Saint Graal ! C’est là, qu’en plus de m’être nourrie de graphisme, d’images, de typographies, de concepts et de belles rencontres, je me suis mise, grâce à mon professeur de français, à écrire des nouvelles.
Aujourd’hui je suis graphiste. Je fabrique des images qui racontent des histoires, des images qui ont du sens, enfin, j’espère.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Quand on était enfants, on se racontait beaucoup d’histoires avec mon petit frère ou avec mes ami.e.s, pour s’endormir, pour rêver, pour jouer. Des histoires qu’on avait lues et qui nous avaient plu, des histoires qu’on inventait aussi. Chacun notre tour, on essayait d’imaginer une histoire meilleure que la précédente.
Petite fille, je dévorais les Astrapi, J’aime lire et Je bouquine. Je me souviens aussi particulièrement d’un des premiers vrais livres que j’ai lus toute seule : Les Malheurs de Sophie. Ce livre était un très bel objet. Un livre relié comme un livre de grand, avec une couverture qui n’avait rien des codes enfantins, presque comme une tapisserie en toile de Jouy. Mais cette histoire, je ne l’ai pas du tout aimée. C’était la première fois que ça m’arrivait. (Note pour plus tard : il faudrait que je la relise aujourd’hui.)
Adolescente, je me suis prise de passion pour les romans historiques, les sagas, les gros livres, les pavés. Si, en plus de l’Histoire, j’y trouvais une histoire d’amour en filigrane, je n’en décrochais pas ! Entre deux, je piquais les BD de mes frères.

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai récemment soumis quelques histoires à mon éditrice. Je croise les doigts ! D’autres sont encore en germination. Il est question de fées, de voyages, d’amour, de différence…
Je nourris aussi le défi secret de mener à terme un projet de A à Z : texte et illustrations. Mais il me faudra d’abord me débarrasser de quelques complexes. Ce n’est donc peut-être pas pour tout de suite !

Bibliographie :

  • Muséum dinos, texte illustré par Jean-Baptiste Drouot, Hélium (2016).
  • Cache-cache dinos, texte illustré par Jean-Baptiste Drouot, Hélium (2015).


Parlez-moi de… D’une rive à l’autre

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur.e, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur D’une rive à l’autre, que nous revenons avec son auteure (Cécile Roumiguière) et son illustratrice (Natali Fortier).

Cécile Roumiguière, auteure:

De « Entre deux rives, Noël 43 » à « D’une rive à l’autre »

Entre deux rives est mon premier album réédité, et j’en suis très heureuse ! Sa première version, D’une rive à l’autre, Noël 43, n’était plus disponible depuis un moment, et j’aime tellement le travail de Natali !

Revenons au commencement…

Il était une fois, une éditrice qui me demande si j’ai des idées pour une histoire de Noël. Je n’ai alors écrit qu’un album, À l’ombre du tilleul (illustré par Sacha Poliakova), et je suis ravie qu’on me demande d’en écrire un autre. Mais Noël n’est pas un sujet auquel j’aurais pensé toute seule, je ne suis pas très Père Noël, ni sapin enguirlandé, encore moins crèche ou santons. La demande reste quand même présente dans ma tête. Je réfléchis à ce que représente Noël. Au-delà du côté commercial, au-delà du religieux, Noël marque le passage d’une saison à une autre, la sortie de l’hiver, la (re)naissance, la réconciliation…
Quelques jours après, j’écris d’un jet ce qui allait devenir Entre deux rives… Un texte plus long que ce qu’on gardera dans l’album*, mais l’essentiel est là.

Du fin fond de l’enfance

L’histoire se passe en Aveyron, sur les terres de la famille de ma mère. Je lui fais lire l’histoire. Elle me téléphone, me demande comment je savais que « la Dourdou » était fâchée avec mon grand-père et qu’elle était « accoucheuse »… Je ne le savais pas. Ou plutôt, je ne savais pas le savoir. J’ai dû entendre les adultes parler de ces histoires de fâcheries toute petite, les enterrer tout au fond de ma mémoire d’enfant, elles ont refait surface avec l’écriture. Cette sensation d’avoir puisé dans des lieux insoupçonnés de l’enfance colore le lien que j’ai avec cet album. Un lien d’autant plus fort que ma demande côté illustrations est suivie : Natali Fortier va illustrer l’album !
Natali qui trace avec ses couleurs des dessins sur papier noir, qui gratte pour refaire naître le noir et éclabousser de douceur toute l’illustration. Natali qui cherche à la bibliothèque des intérieurs des années quarante pour rester au plus près de l’histoire et fait brouter un caribou près de l’église d’un village aveyronnais… Je ne pouvais rêver mieux !

Une vie d’album

L’album sort pour Noël 2006. Je découvre à cette occasion que les saisons sont courtes en librairie : dès Noël passé, le livre disparaît des tables, sauf chez quelques libraires qui le suivent et le mettent en avant longtemps (merci à « L’Oiseau Lire » à Évreux, entre autres belles librairies). Avec Natali, on reprend nos droits quelques années plus tard.
En 2013, Carole Chaix me présente Laurence Nobécourt qui monte sa maison d’édition « À pas de loups ». Elle n’a ni format ni idée préconçue, que l’amour des beaux livres, des illustrations fortes, atypiques, et des histoires où le sens et le style se font écho. Plus tard, en pleine création de S’aimer, je lui parle de Entre deux rives… Elle aime l’histoire, elle aime les illustrations… elle dit « banco ».

La renaissance

Natali est d’accord aussi. On a toutes les deux beaucoup d’interrogations. Le travail qu’on a fait en 2005 ne correspond plus à ce qu’on fait aujourd’hui. Nos styles, nos façons d’écrire, d’illustrer, bougent, évoluent. Faut-il retoucher le texte, l’image ? Ou laisser en l’état ? Avec Laurence, on se met d’accord assez vite sur le fait de garder texte et images tels qu’ils sont mais d’épurer la maquette, de donner plus d’air au livre, aux images, en enlevant des fonds. La couverture aussi sera retravaillée.

Et le titre…

Le titre de l’album de 2006 avait été sujet de discussions infinies, il était le résultat un peu bancal d’un compromis. Avec Natali, on a profité de cette nouvelle parution pour en trouver un plus évident, tout en gardant l’idée de « rive » pour préserver le lien avec la première version.
D’une rive à l’autre a retrouvé le chemin des librairies en octobre dernier. En juin prochain, avec Natali et Laurence, on ira le lire et le présenter au Mémorial de la Shoah…

D’une histoire l’autre

*Pour la petite histoire, cette partie du texte qui a été coupée, une histoire d’oiseau et de couteau, est en train de renaître dans un nouveau projet. Les histoires rebondissent les unes sur les autres, des surgeons naissent sur des branches coupées, des personnages font le lien entre un roman et un album, une toile se tisse… non pas d’une rive mais… « d’une histoire à l’autre ».

Natali Fortier, illustratrice:

Lorsque j’ai lu le texte de Cécile pour la première fois, j’en ai frissonné, et ce qui est encore plus fort, c’est qu’à chaque fois, il me fait le même effet.

Lors de la première parution, j’avais fait une quantité de dessins impressionnants car c’était un film qui se déroulait dans ma tête.

Les mouvements, les focus, plan en travelling, j’avais envie de tout balancer ce que je voyais.

Dix ans plus tard, Laurence, Cécile et moi on était toutes les trois d’avis qu’il fallait épurer, laisser respirer les mots de Cécile… du souffle dans l’image.

Des pages à suivre comme les pas d’Élise dans la neige.

Je suis très heureuse qu’il ait une seconde vie.

Les saisons ont passé entre les deux rives, entre les deux maisons d’édition, mais ce texte est au présent continuellement.


D’une rive à l’autre
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Natali Fortier.
Sorti chez À pas de loups (2016).

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