La mare aux mots
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Les invités du mercredi

Les invité·e·s du mercredi : Philippe UG et Mathis

Par 13 septembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose un entretien avec un grand monsieur du pop up : Philippe UG. Ensuite, nous partons en vacances (comment ça « on en vient » ?) avec Mathis. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Philippe UG

Parlez-nous de votre parcours
Après les beaux arts et les arts appliqués, j’ai exercé comme professeur de dessin en même temps que la création de livres d’artiste, que je continue aujourd’hui encore activement parallèlement aux livres d’éditions courante chez Les Grandes Personnes

Pourriez-vous nous expliquer la façon dont vous créez vos magnifiques pop-up ? Quel matériel utilisez-vous ? Comment procédez-vous ?
Tout d’abord j’imagine les pop up ! ensuite des croquis rapides, ensuite des maquettes papier « sale » avec tout ce qui me tombe sous la main (scotch d’emballage, feutre…), puis des maquettes « propres et belles » en papier de couleur, puis une traduction des pièces détachées en fichier informatique, puis des maquettes techniques pour l’industrialisation.

Le dernier en date c’est Les maisons des animaux qui vient de sortir chez Les Grandes Personnes, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
J’ai voulu dessiner des animaux avec une esthétique moderne associée à des systèmes simples d’apparition/disparition.

Quelles sont vos principales sources d’inspirations ?
Ces dernières années, surtout la nature car j’y passe beaucoup de temps

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescent ? Y a-t-il des livres pop-up qui ont marqué votre enfance ?
Aucun livre d’image étant enfant !, et ado très peu de choses ! À part La guerre du feu et Jules Verne. Je me rattrape maintenant en collectionnant les livres d’images des années cinquante et contemporains, pop up ou pas.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de vos prochains ouvrages ?
Le petit peuple du sol va sortir cet automne chez Les Grandes Personnes, un pop up sur les champignons et la vie dans l’humus.
Un livre d’artiste sérigraphié sur les volcans La tectonique des pages.
Et plein d’autres en projet…

Bibliographie sélective :

  • Le petit peuple du sol, Les Grandes Personnes (à paraître, 2017).
  • Les maisons des animaux, Les Grandes Personnes (2017).
  • Tout au fond, Les Grandes Personnes (2017).
  • La princesse Flore et son poney bouton d’or, Les Grandes Personnes (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les shadoks, texte de Thierry Dejean, Les Grandes Personnes (2015).
  • Le jardin des papillons, Les Grandes Personnes (2014).
  • Lutins des bois, Les Grandes Personnes (2014).
  • Vasarely, Les Grandes Personnes (2014).
  • Les robots n’aiment pas l’eau, Les Grandes Personnes (2013).
  •  Big Bang Pop, Les Grandes Personnes (2012).
  • Drôle d’oiseau, Les Grandes Personnes (2011).
  • Tobor, Seuil Jeunesse (2005)


En vacances avec… Mathis

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Mathis que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • La deuxième fois que je suis née, de Vincent Cuvellier et Charles Dutertre
  • L’art d’être champion du monde, de Aurore Petit
  • Titi nounours et la soupe au pilipili, de Benoit Jacques
  • Vincent, le chien terriblement jaune, de Pierre et Dylan Pelot
  • Monstres malades, de Emmanuelle Houdart

5 romans

  • Martin Eden, de Jack London
  • Les oiseaux, de Tarjei Vesaas
  • Le chemin des âmes, de Joseph Boyden
  • La trilogie des confins, de Cormac McCarthy
  • Les racontars arctiques, de Jorn Riel

5 BD

  • Colombo, de Altan
  • L’incal, de Jodorowsky et Moebius
  • Snoopy et les Peanuts, de Charles M. Schulz
  • Calvin et Hobbes, de Bill Watterson
  • Nam-Bok, de Thierry Martin (d’après Jack London)

5 DVD

  • 2001, l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick
  • Brazil, de Terry Gilliam
  • Le bon, la brute et le truand, de Sergio Leone
  • La chienne, de Jean Renoir
  • Le bouton de nacre, de Patricio Guzman

5 CD

  • Mirage, de Klaus Schulze
  • Phaedra, de Tangerine Dream
  • The Commercial Album, de The Residents
  • Il était une fois la révolution, de Ennio Moricone
  • Arvo Pärt für Anna Maria complete piano music, de Jeroen Van Veen

5 artistes

  • Jean Dubuffet
  • Francis Bacon
  • Sol LeWitt
  • Tibor Csernus
  • Pierre Soulage

5 lieux

  • La forêt Vosgienne
  • Le canal entre Nancy et Champigneulles
  • Une bonne salle de cinéma
  • La lune
  • Mars

Mathis est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Le secret du lac Vert, roman, Thierry Magnier (à paraître, 2017).
  • Série Boris, albums, Thierry Magnier (2010-2017), que nous avons chroniqué ici, ici et .
  • Le petit oiseau, la vache et le renard, album, Thierry Magnier (2017).
  • Le petit pou rit, texte illustré par Aurore Petit, Les Fourmis Rouges (2016).
  • Le petit pou sait, texte illustré par Aurore Petit, Les Fourmis Rouges (2016).
  • Série Victor qui pète, albums, Chours (2016).
  • Le trésor du lac des trois chats, roman, Thierry Magnier (2016).
  • La gelée d’été, roman, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Dolorès Wilson, albums, textes illustrés par Aurore Petit, Les Fourmis Rouges (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Cinq, six bonheurs, roman, Thierry Magnier (2013).
  • Je hais les vacances, album, Actes Sud Junior (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Du bruit sous mon lit, album, Thierry Magnier (2004), que nous avons chroniqué ici.

 

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Les invité·e·s du mercredi : Jonathan Garnier, Françoise de Guibert et Jean Leroy

Par 6 septembre 2017 Les invités du mercredi

Pour le retour des invité·e·s du mercredi je vous propose tout d’abord une longue et belle interview de Jonathan Garnier, scénariste de deux des plus belles séries de cette année, Momo et Bergères guerrières. Ensuite, on a rendez-vous avec une nouvelle chronique : Ma question est peut-être bête, mais… Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Jonathan Garnier

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je ne me suis jamais vu faire autre chose que de la bande dessinée. Petit, je passais mon temps à dessiner, d’abord Mickey puis Mario Bros et du Dragon Ball ! J’ai fait un bac Arts Appliqués puis une école de BD dans l’idée de devenir dessinateur BD mais j’ai commencé à travailler en tant que graphiste et illustrateur dans une boîte qui gérait des licences de jeux vidéo online, puis à Ankama Presse, sur le Dofus Mag. Entre deux numéros je donnais un coup de main à l’équipe d’Ankama Éditions avant de finalement la rejoindre à temps plein en tant que graphiste. C’était une toute petite équipe chapeautée par Run. À l’époque il n’y avait pas vraiment d’éditeur à part lui et quand je me suis retrouvé à travailler sur des albums, j’ai dû m’occuper du suivi des auteurs et, sans m’en rendre compte, j’apprenais sur le tas le métier d’éditeur.
Travailler avec Run était une super expérience, c’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut et qui fait tout pour offrir le meilleur aux lecteurs. Comme nous étions sur la même longueur d’onde et qu’il sentait que l’éditorial m’intéressait, il m’a proposé de passer éditeur. Une vraie chance mais aussi un sacré challenge car je ne voulais pas me contenter de signer des contrats et laisser les auteurs bosser dans leur coin. Je souhaitais leur offrir un suivi éditorial mais aussi littéraire et graphique. Aussi, je ne cherchais pas à débaucher des auteurs signés chez d’autres maisons d’édition, ce qui me plaisait vraiment c’était de dénicher de nouveaux talents et monter des projets avec eux. J’ai pu présenter à Run le travail de Guillaume Singelin et de Sourya, éditer Ulysse Malassagne et Valentin Seiche, initier Chemin Perdu d’Amélie Fléchais et éditer son Petit Loup Rouge pour la Collection Etincelle que je dirigeais…
Travailler ainsi s’est révélé vraiment enrichissant, notamment grâce aux longues discussions que j’ai eues sur l’écriture, la narration, avec les talentueux auteurs avec qui j’ai pu collaborer. Je pense que l’envie de me lancer dans l’écriture me vient en partie de ces échanges et de mon travail de directeur de collection. En réfléchissant à la ligne éditoriale qui guiderait la Collection Étincelle est né le désir de mettre en lumière des récits tout public qui n’ont pas peur de traiter de sujets sérieux en mêlant aventure et humour. En gros, revendiquer du « 7 à 77 ans » à une époque où beaucoup d’éditeurs freinent l’émergence de récits familiaux en enfermant la production BD dans des tranches d’âges précises sous prétexte de mieux cibler un lectorat défini.
Dans cette logique, la première histoire que j’ai voulu raconter est celle de Momo, un récit transgénérationnel que j’ai écrit sans jamais viser un lectorat particulier.
Le dernier facteur qui m’a amené vers l’écriture est le fait d’avoir lâché le dessin pour me mettre à la photographie. Par ce nouveau média je me suis intéressé à des documentaires, des reportages qui ont pas mal titillé mon imagination.
Plus jeune, je me disais que l’écriture n’était pas pour moi, que j’en resterais au dessin… comme quoi !

Momo et Bergères guerrières mettent en scène des personnages féminins forts. Est-ce un hasard que vos deux premiers albums aient ce point commun, ou est-ce le genre de personnages que vous aimez ?
Ce que j’aime avant tout ce sont les personnages bien écrits. Qu’ils soient féminins ou masculins m’importe peu. Chez Hayao Miyazaki par exemple, j’aime autant Marco Pagot (de Porco Rosso) que Nausicaä, je ne fais pas de fixette sur ces « personnages féminins forts ».
Une femme peut être tout aussi forte, courageuse qu’un homme, cela va de soi pour moi. Ce n’est donc pas un message que je m’échine à marteler dans mes histoires en y casant à tout prix des héroïnes « badass » et il m’apparaît naturel que doivent coexister dans mes récits des personnages masculins ET féminins forts et nuancés.
Pour Bergères Guerrières, le choix du genre du héros s’est fait de façon logique.
Dans les récits de guerres, qu’ils soient destinés à un public adulte ou jeunesse, il est souvent question des hommes qui partent au front mais rarement des femmes, enfants, anciens qui doivent survivre dans des conditions souvent difficiles. Nous basant sur un dessin d’Amélie montrant de fières bergères prêtent à défendre leurs pâturages, c’est ce point de vue de « ceux qui restent » qu’il nous intéressait de développer dans ce projet et c’est ce qui nous a encouragés à choisir une héroïne féminine.
Pour Momo, j’ai choisi comme personnage principal une petite fille car cela me permettait de mettre une certaine distance avec ma propre enfance lors de l’écriture, d’éviter de m’enfermer dans mon vécu personnel. Cela m’aide à aborder des thématiques sous un angle nouveau et je procède de la même façon pour des scénarios que je suis en train d’écrire traitant de l’adolescence et du passage à l’âge adulte. Il faut dire que si je devais écrire sur mon enfance et mon adolescence, ce serait d’un ennui effroyable ! Pour en revenir à Momo, au final le personnage n’est pas vraiment « genré », beaucoup de lecteurs ont d’abord pensé que Momo est un petit garçon mais n’ont pas été choqués de découvrir que c’est en fait une fille. Cela prouve, je pense, que c’est avant tout à l’écriture du personnage, de son caractère, de ses émotions, que les lecteurs se sont attachés plus qu’au fait qu’il s’agisse d’un personnage féminin au fort caractère.

J’ai trouvé une similitude graphique entre les deux séries, avez-vous choisi les illustrateur·trice·s ?
La BD est un média de l’image et c’est important pour moi qu’il y ait une vraie harmonie entre le scénario et le dessin, je choisis donc moi-même les dessinateur·trice·s avec lesquel·le·s je travaille, sauf lorsqu’un·e dessinateur·trice me sollicite et que nos envies concordent.
En réalité je connais depuis longtemps Amélie et Rony, mais aussi Yohan Sacré et Jérémie Almanza, avec qui j’ai des projets en cours. Je les avais contactés lorsque j’étais directeur de collection, souhaitant éditer les projets qu’ils pourraient avoir, et je leur ai finalement proposé mes propres histoires quand je suis passé à l’écriture.
Nous partageons avec cette génération d’auteurs (dans laquelle j’inclus Guillaume Singelin, Ulysse Malassagne et Valentin Seiche), des envies graphiques, narratives, qui découlent de nos références qui viennent aussi bien d’Europe, des États-Unis ou du Japon, de la BD, du jeu vidéo, des séries ou du cinéma. Cela explique la similitude graphique qu’il peut y avoir entre certains d’entre eux. Le fait qu’Amélie et Rony aient tous les deux un pied dans le monde de l’animation a une influence sur leur dessin et ajoute surement à ce cousinage.

Comment se sont passées ces collaborations ?
Elles étaient quelque peu différentes.
Pour Momo, j’avais écrit l’intégralité des 2 tomes, y compris les dialogues, avant même de proposer le récit à Rony. Nous avons tout de même beaucoup échangé lors du découpage. Peut-être même trop pour Rony car de par mon bagage, lorsque j’écris je visualise déjà précisément ce que pourrait donner le découpage de mes scènes et il faut que je prenne sur moi pour ne pas être trop dirigiste et laisser de la place au dessinateur lorsqu’il aborde cette étape, pour éviter de le frustrer.
Pour le guider vers le ton, la narration, les designs que j’avais en tête, je lui ai donné des références de films, BD et surtout beaucoup de photos de ma jeunesse en Normandie ou de photographes que j’apprécie. Avec une facilité désarmante il a su s’accaparer le tout pour trouver les bons designs, acting de personnages et le rendu idéal pour cette histoire ! Une fois le découpage mis en place, à part pour affiner quelques détails et expressions, je n’ai eu aucun retour à lui faire sur le dessin et la couleur, c’était parfait !
Pour les Bergères Guerrières, Amélie était là dès les premières étapes. Nous avons posé la base de l’histoire, imaginé la plupart des personnages et discuté de la trame ensemble. J’ai ensuite développé, structuré tout cela, écrit les scènes et les dialogues. Mais du fait qu’Amélie est ma compagne et que nous vivons et travaillons sous le même toit, elle pouvait facilement intervenir n’importe quand pour m’apporter son avis, ses idées, tout comme j’ai pu aisément échanger avec elle lors du découpage (et pour l’instant notre couple survit à cette collaboration, c’est beau !).
Comme avec Rony, une fois le rendu défini ensemble et le découpage validé par tout le monde, je n’interviens pas ou peu sur la réalisation des planches.
Ce qui est génial avec Amélie et Rony c’est que j’ai beau connaître mes histoires par cœur et les trouver perfectibles, c’est toujours un plaisir pour moi de les redécouvrir à travers les planches qu’ils ont réalisé tant ils ont su rendre les personnages vivants et drôles.

Si Bergères guerrières se déroule dans une époque imaginaire, Momo semble se dérouler il y a une trentaine d’années, soit lorsque vous étiez vous-même enfant. Quelle part de vous y a-t-il dans cette histoire ?
Le contexte du début des années 90 et du petit village Normand correspond en effet à mon enfance. Je les ai choisis un peu par nostalgie je dois avouer, mais aussi par confort. Connaissant parfaitement le lieu et l’époque de mon histoire, je n’avais qu’à me concentrer sur l’écriture des personnages et de la trame.
Comme je l’ai précisé, j’ai essayé de mettre de la distance entre celui que j’étais enfant et le personnage de Momo. J’étais un petit gars posé qui passait son temps à dessiner, lire et jouer aux Lego et je voulais écrire sur un enfant caractériel, qui a du mal à tenir en place, je n’étais donc pas le modèle idéal (je pense que si petiot j’avais rencontré Momo, mon flegme l’aurait sacrément agacée !). Le vécu de Momo n’est donc pas directement le mien mais il y a beaucoup de thématiques personnelles dans cette histoire comme la communication entre enfants, adolescents et adultes, l’impact que peuvent avoir les mots ou les actes sur un enfant, la vie en milieu rural (en tant que fils d’agriculteur élevé dans une ferme perdue en Normandie, je m’y connais sur la question), les connexions qui peuvent exister entre petits-enfants et grands-parents… et un sujet important dont je ne peux pas parler sous peine de « spoiler » l’histoire !
Il y a aussi des sujets abordés qui relèvent plus de ce qu’ont vécu des membres de ma famille ou des amis, comme les familles monoparentales et les défis à relever lorsqu’on grandit dans ce contexte.
Et puis plein de petites choses plus légères, qui m’ont marqué enfant : le jardin de mes grands-parents maternels, écosser des haricots, l’excentrique du village, la découverte de Dragon Ball, les nuits d’orages, les grands-mères qui piquent et leurs mains parcheminées…
Sinon le physique et parfois le caractère des personnages sont souvent inspirés de gens que j’ai connus enfant mais ce sont plus des clins d’œil qu’autre chose. Tristan est l’adolescent au look de loubard qui faisait pétarader sa mob près de chez mes parents, Françoise est inspirée d’une ancienne voisine, les bandes d’enfants et d’adolescents sont d’anciens camarades de classes et la grand-mère de Momo un mix de mes 2 grands-mères.
Enfin, pour ce qui est du décor, je n’ai pas vécu au bord de la mer mais j’ai repris la configuration du petit village où j’habitais pour celui de Momo. La maison de la mamie est inspirée par celle de mes grands-parents paternels et le jardin est celui de mes grands-parents maternels dans lequel j’adorais trainer !

Comment sont nées ces deux histoires ?
À force d’accompagner des auteurs dans le développement de leurs projets j’ai fini par vouloir travailler sur les miens parce qu’au fond, j’ai toujours voulu raconter des histoires.
Le déclencheur pour Momo est une série de photographies de Kotori Kawashima qui a pour sujet une petite Japonaise à la bouille constamment renfrognée, Mirai-Chan. Ces photos ont réveillé mon envie de parler de l’enfance, sujet dont je voulais traiter en mêlant récit initiatique, chronique sociale et humour, comme le font très bien Julien Neel, Taiyou Mastumoto, Kiyohiko Azuma et les films L’Été de Kikujiro, Little Miss Sunshine et Billy Elliot.
Je n’avais encore jamais écrit, même pas une histoire courte, mais tout est venu assez naturellement, que ce soit l’intrigue ou les personnages… Il me paraissait par exemple évident que Momo devrait évoluer aux côtés d’adultes mais aussi d’adolescents, car lorsqu’on est enfant ils représentent une projection plus directe que les adultes, de ce que nous pourrions et/ou voudrions devenir.
Le plus gros travail a été de structurer mes scènes pour arriver à l’équilibre que je cherchais, à savoir une narration qui ne développe pas le récit et les personnages par du blabla, des punchlines trop bien senties et des grosses ficelles mais qui déroule plutôt l’intrigue et construit les personnages par petites touches, de la façon la plus sensitive possible pour que le lecteur ne lise pas mais partage l’aventure de Momo.
Pour Bergères Guerrières le point de départ a aussi été une série d’images.
Amélie a participé à Cavalry, un recueil d’illustrations pour lequel elle devait dessiner des cavaliers. Plutôt que de dessiner des gros gaillards en armures, elle a préféré imaginer une troupe de bergères chevauchant des boucs !
À la base nous devions travailler ensemble sur un autre projet mais nous n’étions pas vraiment satisfaits de l’histoire. Je patinais pas mal dessus alors que j’étais super motivé pour écrire sur ces fameuses Bergères Guerrières dont nous discutions régulièrement. Je trouvais l’idée d’un ordre de femmes combattantes vraiment intéressante car j’y voyais la possibilité de lui donner comme contexte cette thématique de « ceux qui restent en temps de guerre » sur laquelle je voulais écrire.
Nous nous sommes alors lancés sur Bergères Guerrières et mine de rien, à force d’en parler nous avions déjà accumulé beaucoup de matière et la rédaction du dossier a été super rapide !
J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire aux côtés d’Amélie le premier tome de cette saga qu’on a voulu dans la lignée d’Asterix & Obélix et Harry Potter, des références pour leur galerie de personnages bien campés mais aussi leur contexte simple, efficace et leurs aventures prenantes et accessibles à un large public ! Et comme ce qui m’importe le plus lorsque j’écris un projet, au-delà des thématiques que je souhaite aborder, ce sont les personnages, leurs développement et interactions, j’ai de quoi m’amuser avec les dizaines de personnages que compte cette série !

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescent ?
Enfant je lisais en boucle les quelques albums que j’avais, de Snoopy (dont je ne comprenais clairement pas les subtilités), Quick & Flupke et les classiques que je chipais à mon grand frère ou à des amis comme Tintin, Astérix et Obélix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe et quelques Spirou (avec un gros coup de cœur pour Le Nid des Marsupilamis et Spirou à New York).
Adolescent j’ai continué de lire de la BD avec quelques découvertes marquantes comme Andreas, Régis Loisel, Enki Bilal et Alejandro Jodorowsky. Je suis aussi devenu un gros lecteur de mangas (ça s’est calmé depuis) et j’ai pris de bonnes baffes avec One Piece, que je dévore toujours, et ce que je considère comme la « trinité » : AkiraGunnmNausicaä (merci Glénat !).
Grâce à mes anciens camarades de lycée j’ai aussi découvert pas mal de romanciers comme Serge Brussolo, dont j’ai dû lire une quarantaine de romans, Anne McCaffrey, René Barjavel et je suis devenu un peu fou quand j’ai commencé à lire Tolkien. Le même été j’ai dévoré tous ses livres !
Bref, j’avais un beau profil de geek !

Pouvez-vous nous dire quelques mots de vos prochains ouvrages ?
Je vais mettre à profit mon bagage d’ancien adolescent binoclard (mais épargné par l’acné) fan de fantastique, avec la suite des Bergères Guerrières qui est déjà bien avancée et deux séries d’aventures jeunesses à paraître en 2018. Il s’agit deTimo l’Aventurier avec Yohan Sacré chez Le Lombard et Elias & Ida avec Jérémie Almanza chez Casterman.
J’ai aussi eu la chance d’être sollicité pour participer à un collectif sur le Marsupilami chez Dupuis.
Pour les projets qui ne sont encore qu’au stade de dossiers à présenter aux éditeurs il y a un Spin Off des Bergères Guerrières qui suivrait le grand frère de Liam (personnage juste évoqué dans la série) alors qu’il part à la guerre, seulement âgé de 14 ans. Je travaille aussi sur Polly White, l’histoire d’une adolescente islandaise qui va voir le monde de conte qu’elle s’est modelé au sein de son village isolé, se briser à cause de divers évènements et de sa difficulté à appréhender le monde réel. J’ai aussi dans mes cartons un récit SF où l’on suit une bande d’enfants et d’ados laissés-pour-compte dans un vaisseau-monde.
Mon projet le plus ambitieux reste FRÆ une épopée médiévale-fantastique pouvant être développée en transmédia (séries et one shot BD + application numérique) et qui réunit mes passions pour les sagas, l’Histoire et l’ethnologie. J’ai été lauréat d’une résidence numérique pour ce projet, ce qui m’a donné du temps pour poser le concept, l’univers, les mécaniques de l’application et pas mal de matière pour les différents récits qui composeraient cette saga. La prochaine étape est de trouver le dessinateur qui pourrait m’accompagner sur la série BD qui serait le point de départ du projet !
Et puis j’ai quelques idées sur lesquelles j’ai hâte de pouvoir travailler et qui seront davantage à hauteur d’adultes, dans des ambiances assez différentes : seconde guerre mondiale, chronique sociale, dark fantasy…
Je me suis mis aux Arts Martiaux il y a 3 ans, c’est un univers passionnant et ça ne m’étonnerait pas que j’écrive aussi sur le sujet.
J’espère que les éditeurs suivront !

Bibliographie :

  • série Momo (2 tomes), scénario illustré par Rony Hotin, Casterman (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • série Bergères guerrières (1 tome), scénario illustré par Amélie Fléchais, Glénat (2017).
  • DoggyBags – tome 8, collectif, Ankama (2015).


Ma question est peut-être bête, mais…

C’est une nouvelle rubrique qu’on vous propose aujourd’hui. Régulièrement, on osera poser une question qui peut sembler un peu bête (mais l’est-elle vraiment ?) à des auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, éditeur·trice·s… Histoire de répondre à des questions que tout le monde se pose ou de tordre le cou à des idées reçues. La première question est une chose qu’on a souvent entendu « écrire un livre pour les tout petits, ça prend cinq minutes, non ? ». On a décidé de la poser à Françoise de Guibert (autrice, notamment, de la série Eliot) et Jean Leroy (qui en écrit plein, des livres pour les tout-petits). Si vous avez des questions bêtes, n’hésitez pas à nous les dire !

Françoise de Guibert :
Alors là, je vous arrête tout de suite ! Quand on écrit pour les petits, ça prend parfois du temps, la longueur du texte publié n’étant pas proportionnelle à la durée du travail de création et vice versa…
D’abord, il faut une idée ! Concernant le dernier titre de la série Eliott chez Gallimard, illustrée par Olivier Latyk et dont je suis l’auteure, j’avais envie de parler des courses et notamment du marché : les petits accompagnent souvent leurs parents au marché, c’est un lieu haut en couleur, un lieu de découvertes et d’échanges, une chouette façon d’évoquer la ville aussi.
La thématique du hors-série Eliott fait les courses était là mais comment éviter l’énumération des commerçants et rendre la lecture vivante ? En discutant avec l’éditrice de Gallimard, Elise Lacharme, nous avons eu l’idée de raconter une matinée de courses particulière : pour préparer l’anniversaire de sa maman, Eliott et son papa font des achats en secret. La première étape d’écriture a été de décider du parcours d’Eliott et son père dans la ville, sachant qu’ils se rendraient sur le marché mais aussi dans des commerces (boulangerie, magasin de jouets, librairie…), que maman devrait suivre un parcours parallèle et que la dernière double réunirait tout le monde à la terrasse d’un café. Dans ce travail sur le chemin de fer, je dois aussi déterminer l’emplacement et le contenu des différents flaps qui permettent par exemple de découvrir l’intérieur de la boulangerie ou de faire apparaître maman et Klara, la petite sœur, derrière le portant du marchand de tissu. J’adore réfléchir à tout ça ! Je dessine à plusieurs reprises toutes les pages du livre dans mon carnet pour essayer plusieurs combinaisons, plusieurs déroulés possibles, c’est une espèce de casse-tête.
Une fois, le contenu de chaque page clairement défini, je passe à l’écriture proprement dite. Le texte qui figurera dans le livre, je le veux court, simple mais dynamique, mêlant narration et dialogue. Le premier jet est souvent beaucoup trop long, il me faut couper, simplifier. Quand nous avons imaginé le personnage d’Eliott avec Olivier Latyk et l’équipe de Gallimard, mon fils avait trois ans, j’avais tout loisir de l’observer, lui et ses copains. J’ai essayé de rendre une manière de parler, d’échanger avec les parents, les copains qui sonne naturel quand on lit à haute voix. Mon fils a sept ans à présent, mais il me semble que le personnage a trouvé sa justesse. L’éditrice relit mon texte et me fait part de ses remarques, bien utiles. Et le texte est parfois revu, une dernière fois, quand les illustrations d’Olivier ont été mises en page, avec pour objectif d’être le plus fluide et le plus cohérent possible dans le rapport texte-image (à trois ans, le lecteur ne laissera rien passer !).
Comme on peut le constater, l’écriture d’un album pour les tout-petits représente un réel travail. Si l’impression qui ressort à la lecture est une impression de simplicité et d’évidence (qui pourrait laisser croire que ça n’a pris que cinq minutes), c’est que le labeur n’est plus visible et que le livre est réussi !
Françoise de Guibert vient de sortir une nouvelle aventure d’Eliott : Eliott fait les courses (illustré par Olivier Latyk, sorti chez Gallimard).

Jean Leroy :
Oui. Enfin, pour le premier jet… et après avoir cherché plusieurs jours, voire des semaines avant de trouver la bonne idée. Alors, finalement… ben plutôt non !
Le dernier livre pour les tout-petits de Jean Leroy : Papa Poule, (illustré par Giulia Bruel, sorti à l’école des loisirs cette année).

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Du berger à la bergère : de Émile Jadoul à Stephanie Blake

Par 30 août 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un.e auteur.trice ou un.e illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, Stéphane Servant et Madeline Roth, Patrick Pasques et Sévérine Vidal, Thanh Portal et Maurèen Poignonec, Coline Pierré et Loïc Froissart, Taï-Marc Le Thanh et Flore Vesco et Jean Leroy et Christian Voltz, pour cette dernière semaine cette semaine c’est Émile Jadoul qui a choisi de poser des questions à Stephanie Blake !

Émile Jadoul : Bonjour Stephanie, où prends-tu rendez-vous avec Simon pour une nouvelle aventure ? Dans le train, dans ta cuisine, ton atelier….?
Stephanie Blake : Simon sort directement de mes tripes ! Je me nourris de tout, de mes obsessions, de mes amours, de mes cris du cœur, de mes cris de rage ou de joie. En gros, Simon est fait de tout ce que je suis.

Émile Jadoul : La charte graphique d’une série a-t-elle été facile à intégrer pour toi ?
Stephanie Blake : Le dessin animé Simon est un travail de longue haleine, j’ai du créer des décors car dans mes livres il n’y en a pas beaucoup… ce qui était rigolo c’est que l’équipe qui travaillait sur mes dessins et adaptait mes décors n’arrivait pas à dessiner comme moi… je fais des raccourcis de dessins qu’ils ont eu du mal à saisir et moi beaucoup de mal à transmettre… mais au bout d’un moment on a pigé !

Émile Jadoul : À quel moment te dis-tu « ça y est une nouvelle aventure démarre » ? Qui arrive en premier le dessin ou l’histoire ?
Stephanie Blake : Un livre commence par un cri de révolte ou de joie qui varie selon mon humeur, mon entourage, le monde dans lequel je vis, les échanges que j’ai avec les autres, etc.…
Il faut que cette chose extérieure vienne toucher quelque chose de bien installé en moi pour que le cri sorte… ensuite je fais un pas de côté pour l’adapter au monde des enfants, ils sont comme nous les enfants, ils traversent les mêmes doutes, angoisses, bonheurs, joies… on en parle un peu différemment c’est tout, c’est ce que j’appelle mon « pas de côté »..

Stephanie Blake : Dans la plupart de tes livres, il y a une dédicace spéciale. Est-ce que tu écris en pensant à cette personne en particulier avec une problématique ou quelque chose lié à elle ou bien est-ce que tu te rends compte lorsque tu as fini ton histoire que « inconsciemment » c’était lié à cette personne ? Je ne sais pas si je suis très claire !
Émile Jadoul : La dédicace, j’y pense juste un peu avant de rendre mes images, elle n’est pas forcément liée à la thématique de l’album et bien souvent pas du tout. Par contre, elle est très régulièrement destinée à des enfants et il m’est arrivé d’avoir un retour des parents qui trouvent que l’histoire dédicacée à leur petit lui convient parfaitement, le hasard sans doute.
J’aime bien cette idée de dédicace, c’est toujours un plaisir d’offrir l’album à l’enfant à qui il est destiné, de découvrir sa réaction. J’ai certains albums qui ne sont pas dédicacés, c’est de l’ordre du sentiment.

Stephanie Blake : Il est souvent question de partage et d’attention aux autres, accepter les différences… est-ce que c’est conscient lorsque tu te mets à ta table de travail ? Tes livres transmettent la douceur en tout cas !
Émile Jadoul : J’aime l’idée de partage, de complicité entre les personnages de mes histoires.
J’aime aussi quand ce n’est pas forcément le plus grand qui gagne, j’aime la coopération qui va aider à avancer. J’essaye d’associer une pointe d’humour et la douceur dans mes albums, ce qui ne va pas forcément ensemble. Ce mélange d’humour et de tendresse, oui, j’y pense quand je me mets à ma table pour le début d’une nouvelle aventure, je débute toujours par quelques dessins, les mots viennent après, peut-être que cette idée de douceur arrive plus facilement par le dessin.

Stephanie Blake : Il est beaucoup question aussi d’émancipation, d’avancer, d’arriver à grandir et à se détacher. Le livre que j’affectionne particulièrement que tu as écrit c’est Les mains de papa : va-vit et devient ! Un livre qui « accompagne » et je trouve qu’à tout moment on a besoin de ça, d’être encouragé, d’être « accompagné ». Est-ce l’enfant en toi qui parle ou l’adulte ?
Émile Jadoul : Je crois énormément à l’enfant, à sa capacité d’aller loin mais pour ça, il a besoin d’être encouragé, guidé pour après avancer seul. Je pense que c’est à la fois l’enfant en moi qui parle, cette envie d’encore être accompagné parfois dans mes choix mais aussi l’adulte qui rencontre beaucoup d’enfants dans les classes, qui sont parfois malmenés, j’ai tendance à aller vers ce petit qui est un peu bousculé pour l’aider…
Dans Les mains de papa, j’ai revécu les moments où j’accompagnais mes enfants des deux mains et puis d’un ou deux doigts et puis sans les mains, cet album a été un vrai bonheur, il me touche d’autant plus que j’ai réalisé mes images entièrement à la peinture aux doigts,
Il y avait quelque chose de l’ordre du symbolique dans la réalisation de cet album.

Bibliographie sélective d’Émile Jadoul :

  • On fait la taille, texte et illustrations, Pastel (2017)
  • Va, mon Achille, texte illustré par Catherine Pineur, Pastel (2016).
  • Un bisou tout là-haut, texte et illustrations, Pastel (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Cerf… Cerf… ouvre-moi !, texte et illustrations, Casterman (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes premiers livres de bébé, texte et illustrations, Casterman (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans mes bras, texte et illustrations, Pastel (2016).
  • Grand Lapin es-tu là ?, texte et illustrations, Pastel (2015).
  • Gros boudeur, texte et illustrations, Pastel (2015).
  • Papa-île, texte et illustrations, Pastel (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça sent bon la maman, texte illustré par Claude K. Dubois, Pastel (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un secret, avec Catherine Pineur, Pastel (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Canaille, illustration de textes de Jean Leroy, Casterman (2013-2014), chroniqué ici, , ici, ou ici.
  • Hiver long, très long (et froid, très froid), texte et illustrations, Pastel (2012).
  • Les mains de papa, texte et illustrations, Pastel (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • À l’eau, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon bonnet, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Hourra, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Au feu les pompiers…, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Aglagla, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Gros pipi, texte et illustrations, Pastel (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • À la folie, texte et illustrations, Casterman (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • À la douche, texte et illustrations, Pastel (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est la petite bête…, texte et illustrations, Casterman (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout le monde y va, texte et illustrations, Casterman (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Émile Jadoul sur son site : http://www.emilejadoul.be.

Bibliographie sélective de Stephanie Blake :

  • Mais… c’est pas juste, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017).
  • Je veux pas déménager !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • NULtiplications, texte et illustrations, l’école des loisirs (2015).
  • Je suis le plus grand, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Un bébé dans le ventre de maman ?, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Non pas le pot !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Noyeux Joël !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2011).
  • Non pas dodo !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Poux !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Je veux des pâtes, texte et illustrations, l’école des loisirs (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Je veux pas aller à l’école, texte et illustrations, l’école des loisirs (2007), que nous avons chroniqué ici.
  • Caca boudin, texte et illustrations, l’école des loisirs (2002), que nous avons chroniqué ici.

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Du berger à la bergère : de Jean Leroy à Christian Voltz

Par 23 août 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, Stéphane Servant et Madeline Roth, Patrick Pasques et Sévérine Vidal,, Thanh Portal et Maurèen Poignonec, Coline Pierré et Loïc Froissart et Taï-Marc Le Thanh et Flore Vesco, cette semaine c’est Jean Leroy qui a choisi de poser des questions à Christian Voltz !

Jean Leroy : La caresse du papillon est l’un de mes albums préférés (sans doute mon mais je m’en voudrais de te faire prendre la grosse tête). C’est un trésor de tendresse, de justesse et d’humour. Je l’ai lu avec mon fils aîné pour évoquer le décès de sa grand-mère maternelle qui était une personne très gaie. T’es-tu inspiré d’une expérience personnelle pour créer cet album ? Ou est-ce une œuvre de fiction ?
Christian Voltz : Tout d’abord, cher Jean, je te remercie très chaleureusement pour ton retour élogieux sur La caresse du papillon. Cela me touche d’autant plus que s’il ne me fallait garder qu’un seul de mes albums, c’est celui-ci que je choisirais !
Je me suis effectivement nourri d’une expérience personnelle pour l’écrire puisque c’est à l’époque où mon père est tombé gravement malade, que la mort rôdait pas loin de chez moi, que j’ai eu le désir d’aborder le thème difficile de la disparition, du deuil, du manque…
J’ai d’ailleurs écrit d’autres albums évoquant ce sujet à la même période (Vous voulez rire ?, Une forêt blanche et noire)

Jean Leroy : La plupart du temps, tu travailles seul sur tes albums. Est-ce par plaisir de conduire un projet en solo ou est-ce parce que tu n’as pas eu d’autres occasions de travailler en duo ?
Christian Voltz : Je travaille plus volontiers en solo car ça m’est tout simplement plus facile. Je commence par travailler le texte, ce qui m’est toujours très difficile et aléatoire, mais quand je tiens une histoire qui me plaît, les images viennent d’elles même, évidentes !
À contrario, quand je travaille sur le texte d’un autre auteur, je n’ai pas le même sentiment d’évidence, je dois me fondre dans un univers qui m’est étranger et ça demande parfois beaucoup d’essais avant que d’être satisfait.

Jean Leroy : Dans La caresse du papillon, tu as dessiné la grand-mère. Est-ce parce que tu ne sais dessiner que les grands-mères que le reste du temps tu utilises ton petit matériel ? (au cas où ma question serait prise au sérieux, je veux bien que tu me fabriques un smiley avec un clin d’œil).
Christian Voltz : Je n’ai pas de smiley en capsule et fil de fer rouillé en stock, mais je t’envoie un bonhomme avec un oiseau sur la tête, ça devrait faire l’affaire !

Concernant les questions que je dois te poser, eh bien, je ne vais pas me casser la tête et te répéter les questions des enfants colombiens que j’ai rencontrés dans des classes à Bogota la semaine dernière :

Christian Voltz : Mais où trouves-tu donc toutes tes idées ?
Jean Leroy : Certaines arrivent comme par magie, mais c’est très rare… À bien y réfléchir, ça ne m’est même arrivé qu’une seule fois ! Pour Les orteils n’ont pas de noms, illustré par Matthieu Maudet. Je suis assez souvent inspiré par des images. Par exemple, c’est un poster de Jean-Luc Englebert qui m’a inspiré Carabinette, illustré par Béatrice Rodriguez. Ensuite, c’est une illustration découverte sur le blog de Jean-Luc qui m’a inspiré C’est Papy qui choisit que j’aie réalisé avec lui. Pour Grand Guili, c’est Emmanuelle Eeckhout qui m’a parlé d’un jeu qu’elle avait inventé pour s’amuser à faire peur à ses neveux… Je peux aussi me lancer des petits défis : écrire une histoire sur un thème mille fois abordé, comme celui des animaux de la ferme, ou mettant en scène un personnage vu et revu dans la littérature de jeunesse, comme la sorcière ; mais en essayant dans les deux cas d’apporter un petit quelque chose de nouveau. J’ai suivi cette technique d’écriture pour Le tout petit fermier et Le panier, réalisés avec Matthieu Maudet. Pour mon dernier livre sorti au printemps, Giulia Bruel m’avait fait part de son envie de dessiner une poule… je suis arrivé assez rapidement à l’histoire de Papa poule. Mais bon, ça ne marche pas à chaque fois, loin de là ! Il y a aussi de nombreuses journées pendant lesquelles je ne trouve rien mais rien du tout ! J’enfile alors mon costume de père au foyer qui me permet d’oublier ma frustration dans les courses, la cuisine, la lessive et le ménage !

Christian Voltz : Es-tu célèbre et riche ?
Jean Leroy : Pas encore ! Plus sérieusement, ce n’est pas ce que je recherche. Quand j’ai quitté mon métier de professeur des écoles, mon objectif était de pouvoir vivre de ma plume. Il m’a fallu un peu de temps mais ça y est, j’y suis arrivé. La reconnaissance de ma personne ne m’intéresse pas. C’est d’ailleurs pour cela que je préfère toujours donner un portrait plutôt qu’une photo officielle. Mais j’avoue que la reconnaissance de mon travail, elle, me touche beaucoup. Quand je croise quelqu’un sur un salon qui me dit : « Ah ! C’est vous qui avez écrit ça ? Si vous saviez le nombre de fois où on l’a lu à la maison… » eh bien… je ne m’en lasse pas !!

Christian Voltz : Quel est ton animal préféré ?
Jean Leroy : L’ours. Ah pour celle-ci, j’ai réussi à faire court !

Bibliographie sélective de Jean Leroy :

Retrouvez la bibliographie complète de Jean Leroy sur son blog.

Bibliographie sélective de Christian Voltz :

  • Loupé !, texte et illustration, Le Rouergue (à paraître en octobre 2017).
  • Savez-vous planter les choux ?, texte et illustration, Didier Jeunesse (2017).
  • Le nid de Jean, illustration d’un texte de Carl Norac, l’école des loisirs (2016).
  • La mare aux aveux, illustration d’un texte de Jihad Darwiche, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Heu-reux !, texte et illustrations, Le Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Quel bazar !, texte et illustrations, Le Rouergue (2015).
  • Mon cahier d’activités Printemps été, textes et illustrations, La petite salamandre (2015) que nous avons chroniqué ici.
  • Chouette de vie !, texte et illustrations, Le Rouergue (2013).
  • Mon cahier Nature, textes et illustrations, La petite salamandre (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Dans l’atelier de Christian Voltz, jouer, dessiner, créer avec des objets, texte et illustrations, Le Rouergue (2011).
  • Il est où ?, texte et illustrations, Le Rouergue (2007).
  • Petit escargot, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2005), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est pas ma faute !, texte et illustrations, Le Rouergue (2001).
  • Toujours rien, texte et illustrations, Le Rouergue (1997), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Christian Voltz sur son site : https://www.christianvoltz.com.

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Du berger à la bergère : de Taï-Marc Le Thanh à Flore Vesco

Par 16 août 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, Stéphane Servant et Madeline Roth, Patrick Pasques et Sévérine Vidal, Thanh Portal et Maurèen Poignonec, Coline Pierré et Loïc Froissart, cette semaine c’est Taï-Marc Le Thanh qui a choisi de poser des questions à Flore Vesco !

Taï-Marc Le Thanh : Mais… mais… Pourquoi ?
Flore Vesco : Parce que dans l’Intermonde d’Aube’r’Djinn, l’Archiduc de FeuNooyes avait promis de ne se remarier qu’avec une femme plus difficile encore avec la nourriture que sa précédente épouse, laquelle était morte lapidée par des goules ectoplasmiques alors qu’elle tentait de s’enfuir du Monde des Conques-Ombres où elle était prisonnière, enfermée là lorsqu’elle était enceinte, suite à son enlèvement par le frère adoptif et presbyte de l’Archiduc, qui était jaloux de leur bonheur, si bien que l’Archiduc ne pouvait pas savoir que la séduisante jeune servante aux trois estomacs était en réalité sa fille.

Taï-Marc Le Thanh : Pourrais-tu cependant préciser dans quelles circonstances ?
Flore Vesco : Mais enfin Taï-Marc, tu suis ou quoi ? Les circonstances sont celles des tensions politiques entre l’Intermonde et le monde des Conques-Ombres, et des complots qui se trament à la cour Gète, qui plongeront l’Archiduc et sa famille dans la tourmente.

Taï-Marc Le Thanh : Mais t’arrive-t-il de penser à autre chose ?
Flore Vesco : À autre chose qu’au destin du peuple des Six Trooyes, maintenant qu’un convecteur spatiotemporel a ouvert un portail entre les mondes ? Oui, des fois, je pense aux garçons. (*)

Flore Vesco : Quelle est la première question que je vais te poser ? 
Taï-Marc Le Thanh : Dans la catégorie des petites malines, il y a les petites malines-et-demi, et les petites malines-trois-quart. Ce qui m’intéresse présentement se situe dans ces micro-portions de malice. C’est ce qui fait le sel de la communication selon moi. Les embûches sont nombreuses et les pièges tendus d’une subtilité à toute épreuve. Et je pense que c’est à travers une micro-portion de cette même malice que tu as opté pour cette mise en abîme de toute beauté. Je te répondrai donc par la suivante : ta première question est celle qui antécède à la première réponse de ce questionnaire.

Flore Vesco : Whoa !! Mais comment as-tu fait pour deviner du premier coup ?
Taï-Marc Le Thanh : Avant d’être auteur, j’étais policier (la résolution de l’affaire du Titanic c’est moi), puis j’ai été mentalist (la résolution des chaussettes orphelines c’est moi également), et enfin je suis devenu profiler (la résolution de la tartine de confiture a été un jeu d’enfant). Alors tu penses, résoudre une mise en abîme, trop fastoche.

Flore Vesco : Hey, t’as vu, j’ai entrepris avec une grande subtilité de déclarer ma flamme à un jeune homme. Des conseils ?
Taï-Marc Le Thanh : Feindre l’indifférence. Se montrer grossière et capricieuse, jusqu’à attirer l’attention. Une fois que le jouvenceau a mordu à l’hameçon : feindre l’indifférence, se montrer grossière et capricieuse. Pratiquer la technique du comique de répétition, du déjà-vu (pronounce didja-vou’), et surtout, surtout : opter pour la mise en abîme (si le technicien au son pouvait juste me coller un peu d’écho sur les derniers mots, façon Les cochons dans l’espace, ça serait parfait). La mise en abîme est LA solution, elle libère l’espace des opportunités, élargit le champ des possibles. Et le vide finit par se combler, et le cœur par battre au diapason avec celui de l’être aimé. Mais je pense que la mise en abîme n’a aucun secret pour toi.
Une dernière chose : toujours avoir avec soi un technicien du son pour ajouter de l’écho à tes phrases de-ci de-là. Ça fait toujours un peu plus classe, surtout si tu fais référence aux Cochons dans l’espace (ça rime donc c’est vrai).

(*) Surtout ceux qui aiment le gruyère de France, et font un usage immodéré des parenthèses et points-virgules.
(y a plus qu’à espérer qu’il va tomber sur cette page et se reconnaitre)
(la Mare aux mots = le lieu idéal pour avouer sa flamme en toute discrétion).

Bibliographie de Flore Vesco :

  • Louis Pasteur contre les loups-garous, roman, Didier Jeunesse (2016).
  • De cape et de mots, roman, Didier Jeunesse (2015).

Retrouvez la sur son site : florevesco.com

Bibliographie (sélective) de Taï-Marc Le Thanh :

  • Les 7 de Babylone – Tome 1 : La mémoire des Anciens, roman, Slalom (à paraître en septembre 2017)
  • série Le Jardin des épitaphes, romans, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Carnaval Jazz des animaux, livre-CD, illustré par Rose Poupelain, raconté par Édouard Baer, musique de The Amazing Keystone Big Band d’après Camille Saint-Saëns, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Yéti, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • série Jonah, six tomes, Didier Jeunesse (2013-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • À fond la caisse, album illustré par Christophe Merlin, Seuil Jeunesse (2009).
  • Elvis, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2008).
  • Tout nu, album illustré par Benjamin Chaud, Gautier-Languereau (2008).
  • Mon père en slip, album illustré par Barroux, Gautier-Languereau (2008).
  • Série Séraphin Mouton, albums illustrés par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2007-2008).
  • Cyrano, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2005),
  • Le voleur et le magicien, album illustré par Aurélia Fronty, Gautier-Languereau (2005).
  • Babayaga, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez le sur son site http://www.taimarclethanh.fr .

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