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Les invités du mercredi

Les invité·e·s du mercredi : Émilie Chazerand et Maurèen Poignonec

Par 17 janvier 2018 Les invités du mercredi

C’est l’autrice Émilie Chazerand qui a accepté de répondre à nos questions aujourd’hui. J’adore sa série Suzon, j’avais envie d’en parler avec elle mais aussi d’en savoir plus son travail et son parcours. Ensuite, on va se glisser à nouveau dans un atelier et cette fois-ci c’est celui de Maurèen Poignonec ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Émilie Chazerand

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Où commence réellement un parcours, tiens… J’ai toujours aimé les livres et j’ose croire qu’ils me le rendent un peu. J’ai passé un bac littéraire puis me suis tournée vers des études d’infirmière. Je lisais moins, à cette période, ce qui participe à me faire penser que je n’étais pas très heureuse, ces années-là. À l’époque, j’avais un contact pour travailler dans un dispensaire réservé aux femmes et jeunes filles, en Inde, et, pendant que je gravitais dans différents terrains d’exercices pour asseoir mes compétences et fleurir mon CV, les bouquins ont pris de plus en plus de place. J’ai commencé à griffonner un peu, ça et là, des ébauches d’histoires, des idées marrantes, des trucs saugrenus qui me passaient par la tête. J’ai écrit la série Apocalypsis, pour Matagot/Nouvel Angle, dont le premier tome est sorti en 2011, mais je rêvais toujours de publier des livres pour enfants. Une lubie tenace de petite fille. Et c’est arrivé grâce à Rudy Martel, de chez Benjamins Média, avec Un frère en bocal. J’ai rencontré mon mari, aussi, ce qui m’a résolument ancré en France et dans l’écriture, par ricochets.

Comment vous viennent vos idées ?
Ça, c’est la question éternelle à laquelle je ne sais jamais répondre. J’ai toujours l’impression que l’idée s’invite, sans demander l’avis de celui qu’elle frappe par surprise (un peu comme ma belle-mère). Les miennes sont parfois les aboutissements d’une guirlande de réflexions bizarres. Ou tirées de remarques rigolotes de mes proches. Les gens, la vie ordinaire, sont des inspirations permanentes et hyper riches, quand on se tait deux minutes et qu’on regarde attentivement.

Comment est né le super personnage de Suzon qui donne son nom à la série parue chez Gulf Stream ?
Alors, à la base, Gulf Stream avait manifesté l’envie d’éditer une série avec un petit héros, pour les plus jeunes lecteurs. Je ne me sentais pas concernée parce que je pensais ne pas savoir écrire pour ce public-ci. Ma super copine Amandine Piu ne voyait pas les choses comme ça et m’a dit un truc comme « Hé, tu voudrais pas qu’on le tente, ensemble ? ». J’ai baragouiné une réponse geignarde et pessimiste mais une série avec Amandine ne se refuse pas, n’est-ce pas ? On a parlé toutes les deux avec Justine de Lagausie, d’Okidokid, qui est une sorte d’encyclopédie sur pattes de la littérature enfantine. Elle a mille idées à la seconde et elle est hyper enthousiaste, galvanisante. Elle nous a parlé des attentes de l’équipe de Gulf Stream, avec laquelle elle travaille, dans des détails plus techniques et, sans s’en rendre compte, elle me donne le personnage de Suzon. « Il faut que le héros ait un truc à lui, une particularité qui permette aux petits de s’émerveiller. Je sais pas moi : il vole, il respire sous l’eau, il parle aux animaux, ce que tu veux ! » Je me suis dit « Bah oui, ça, tiens. Hop ! » et j’ai tout de suite visualisé des récits courts, avec une formule redondante et identifiable. J’ai donné à la fillette un prénom désuet, genre Jocelyne ou Yvette, je ne sais plus, mais Justine n’était pas convaincue. J’ai proposé Suzon, tout de suite après, parce que je trouvais ça efficace, accrocheur et vitaminé. De son côté, Amandine a immédiatement dessiné Suzon, telle qu’on la connait désormais (même si Suzette est passée par toutes les teintes capillaires avant qu’on arrête notre choix). C’était une évidence graphique pour elle et pour moi, aussi, du coup. Son gribouillon capillaire et ses grandes lunettes rondes la rendent parfaitement unique.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, tout ce qui venait de l’École des Loisirs, qui avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à ma petite école dans la pampa alsacienne et à atteindre ma maison, dont la majorité des livres avaient des pages brunes et rêches qui sentaient la poussière… Et puis Roald Dahl et Sempé, massivement. Des classiques de la bande dessinée, un peu, parfois. Adolescente, Kundera. Kundera, Kundera et Kundera. J’étais clairement mono-idéique… Et, puis des écrivains russes morts, des écrivains britanniques morts et quelques allemands, vivants ! Comme Isolde Heyne, qui écrit merveilleusement pour la jeunesse, par exemple.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Alors, pour ce qui est « sûr certain », là, tout de suite :
un album chez Sarbacane, avec Aurélie Guillerey aux crayons, et qui s’appellera « Les choukachic magiques ». Une histoire pleine de fantaisie, d’humour et d’optimisme, je crois !
Un album avec Amandine Piu, à l’Élan Vert, est aussi en préparation : Le Grizzli-virus. Une sorte de fable moderne, loufoque et un brin cruelle !
Et puis un album chez Gautier-Languereau, dans la collection des Grandes thématiques de l’Enfance, avec Gaëlle Souppart qui avait déjà mis son style unique au service du livre Les papas de Violette, dans la même série. Ce livre s’appellera « La sœur des vacances » et abordera le sujet (un peu délicat parfois) de la famille recomposée.
Un roman 8-12 ans, dans la collection Pépix de Sarbacane, pour la rentrée. Enfin, si j’arrive à le terminer… !
Et espérons une Suzon, voire deux pour cette année ! J’ai plusieurs propositions sous le coude mais je ne sais pas encore lesquelles seront choisies d’abord… En tout cas, Amandine et moi faisons en sorte que notre rousse impétueuse vous réserve encore de jolies surprises !

Bibliographie sélective

  • La fourmi rouge, roman, Sarbacane (2017).
  • L’ours qui ne rentrait plus dans son slip, livre-CD illustré par Félix Rousseau, Benjamins Médias (2017).
  • Le génie de la lampe de poche, roman illustré par Joëlle Dreidemy, Sarbacane (2017).
  • Série Suzon, albums illustrés par Amandine Piu, Gulf Stream éditeur (2017), que nous avons chroniqués ici et .
  • Y en a qui disent…, album illustré par Maurèen Poignonec, L’élan vert (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bébé s’appelle Repars, album illustré par Isabelle Maroger, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les papas de Violette, album illustré par Gaëlle Soupard, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • L’horrible madame mémé, album illustré par Amandine Piu, L’élan vert (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Jean-Jean à l’envers, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite Sirène à l’huile, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Maurèen Poignonec

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Maurèen Poignonec qui nous parle de quand elle crée.

Illustratrice profondément casanière, je dessine chez moi dans mon salon, assise sur mon fauteuil gris tout mou, les genoux contre le bureau, je ne m’assois jamais comme il faut, mes crayons sont éparpillés et classés par couleurs dans leurs pots face à moi, mes gouaches et encres à ma droite, et un mug de thé vert (voire infusion bizarroïde au curcuma et gingembre) à ma gauche. J’ai un besoin absolument maladif que tout soit rangé et organisé avant de travailler sinon je suis incapable d’être concentrée, si c’est le désordre sur mon bureau c’est le désordre dans ma tête.
Ma journée débute par un réveil situé entre 7 h et 9 h, ça dépendra de l’heure à laquelle je me suis couchée, je rampe mollement jusqu’à ma cuisine pour me concocter un petit déjeuner à base de porridge, des fruits, et du thé vert. Un vif coup d’œil à mon planning de la journée, je mets de la musique, et ainsi commence ma journée.
Vers 11 h je regarde des vidéos de recettes pour me donner des idées et me mettre l’eau à la bouche et hop petite pause de 11 h 30 à 12 h 30, et ensuite reprise jusqu’à 19 h et après 20 h je continue.
La musique est ma plus grande source d’inspiration et de motivation, elle vient creuser au plus profond de moi toute l’énergie nécessaire à la création de mes illustrations. En ce moment j’écoute en boucle Cascadeur, Chapelier fou, Mogwai, Agnes Obel et Camille, qui me donnent l’impression de partir en voyage, mais j’ai mes incontournables qui me suivent depuis toujours et qui me suivront encore des centaines d’années : les Beatles et David Bowie, qui procurent en moi autant de joie que de mélancolie.
La musique c’est pour les couleurs, ou quand je travaille sur l’ordinateur.
Pas de musique quand je suis à l’étape des crayonnés : c’est l’étape la plus cruciale dans la création des illustrations d’un album, j’essaie de faire au mieux et pour ça j’ai besoin de beaucoup de concentration et d’éviter toute source de distraction.
Quand je dessine dans le silence il y a des bruits qui m’empêchent d’être concentrée comme lorsque le chat des voisins miaule de désespoir au rez-de-chaussée, là j’ai qu’une envie c’est de dévaler l’escalier pour lui donner un bol de lait.
Je dois être dans l’état d’esprit le plus serein et confiant pour dessiner. Il suffit que je me pose trop de questions sur mon travail pour que je sois condamnée à regarder dans le vide, ou cas désespéré : rester au lit car je serai de toute façon incapable de poser quoique ce soit sur le papier, et quand ces périodes arrivent, j’ai juste à espérer rebondir très vite. Par exemple, ça faisait un an que je ne savais plus dessiner de personnages, j’ai eu beaucoup de projets cette année, ce qui signifie s’adapter à des demandes différentes dans un laps de temps très court, j’étais littéralement incapable de dessiner un personnage et d’en être fière, et c’est seulement il y a un mois ou deux que je pense avoir trouvé un truc qui me convient.
Mes idées et envies viennent un peu partout sans me prévenir, ça peut être quand je vais faire les courses, quand je prends le métro, quand je vois des familles qui discutent paisiblement ou qui s’enguirlandent, des pigeons, des canards, des gens amoureux, des vieux couples qui ne se regardent pas, ou ceux qui au contraire se regardent passionnément, des enfants qui courent, rigolent, gesticulent dans tous les sens… en gros tout ce qui bouillonne de vie m’encourage à dessiner.
Pour me détacher du travail, faire une petite pause, tous les jours dès que j’en ressens le besoin, je me pose sur mon canapé, et je regarde par la fenêtre, et j’arrive à ne penser à rien, ça m’apaise et après pouf petite piqûre de rappel que je dois continuer de dessiner.

Maurèen Poignonec est illustratrice.

  • Chez l’orthophoniste, illustration d’un texte de Léna Ellka, Milan (2018).
  • Une petite place, illustration d’un texte de Céline Claire, La Palissade (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Superfish, illustration d’un texte d’Orianne Lallemand, Kilowatt (2017).
  • Le livre de mes émotions, illustration d’un texte de Stéphanie Couturier, Gründ (2017).
  • Le collier de la fée Capucine, illustration d’un texte de Bernard Villiot, L’élan vert (2017).
  • Y’en a qui disent, illustration d’un texte d’Émilie Chazerand, L’élan vert (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • On n’a pas allumé la télé, illustration d’un texte de Bénédicte Rivière, L’élan vert (2017).
  • Série Quart de frère, quart de sœur, illustration de textes de Sophie Adriansen, Slalom (2017).
  • Le Saule rieur, illustration d’un texte de Pog, Sarbacane (2017)
  • Le doudou de la directrice, illustration d’un texte de Christophe Nicolas, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La grande inconnue, illustration d’un texte de Pog, Maison Eliza (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout le monde sait faire du vélo, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Kilowatt (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les tourterelles, illustration d’un texte de Karine Guiton, La palissade (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série La Famille Cerise, illustration de textes de Pascal Ruter, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Chrysalide, illustration d’un texte de Pog, Cépages éditions (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Histoires pour bien dormir, Collectif, Milan éditions (2016).
  • 10 petites souris cherchent une maison, illustration d’un texte de Pog, Gautier-Languereau (2015).
  • Le Vilain Petit Canard, illustration d’un texte de Magdalena, Castor Poche (dans la collection Contes du CP – 2015).

Son site : http://www.maureenpoignonec.com
Son book : http://maureenpoignonec.ultra-book.com

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Les invité·e·s du mercredi : Xavier Deneux et Audrey Poussier

Par 10 janvier 2018 Les invités du mercredi

Pour notre premier Les invité·e·s du mercredi de l’année nous recevons tout d’abord Xavier Deneux qui a accepté de répondre à nos questions. Ensuite, nous repartons en vacances avec l’autrice-illustratrice Audrey Poussier. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Xavier Deneux

Pouvez-vous nous présenter Un point c’est tout, votre nouvel ouvrage, étonnant, qui vient de sortir chez Milan ?
Ce dernier livre Un point c’est tout aurait pu avoir de multiples facettes.
Au départ j’avais envie de faire un livre articulé, j’avais montré à mon éditeur des maquettes très prometteuses et très parlantes, l’enfant pouvait articuler les animaux par un système de rivet, les mettre dans des positions saugrenues et rigolotes : un livre très interactif à toucher et à manipuler. Malheureusement pour des contraintes techniques cela n’a pas pu aboutir il a fallu donc rebondir.
L’idée m’est venue de décliner à partir d’une forme simple sur 10 pages 10 animaux.
En multipliant cette forme au fur et à mesure des pages (de 1 a 10) et en gardant l’esprit graphique du début les petits points noirs correspondant au mécanisme d’articulation initialement prévu.
Par le biais de cette accumulation, l’enfant peut commencer à appréhender la notion des chiffres. Pour accompagner l’enfant dans cette première notion et pour rendre le livre et ludique et interactif j’ai ajouté une page avant chaque animaux avec des ronds évidés (qui eux aussi se multiplient au fur et à mesure des pages) laissant le soin à l’enfant d’imaginer l’animal qui se cache derrière.
Je termine le livre par une double page où l’enfant sera amené à se souvenir et retrouver tous les animaux présents dans le livre.

Comment vous viennent vos idées ?
Mes idées viennent souvent de choses très simples : un petit bout de papier sur le coin d’une table, un trombone par terre dans mon atelier, des petites choses anodines qui quand on les manipule prennent progressivement du sens.
Ces petits objets deviennent alors cheval, maison, personnages, de la matière à rêver….
Après s’en suit un long processus pour donner du sens et en faire un livre.

Comment est née la super collection des imagiers gigognes ?
Il s’agissait de montrer d’une façon ludique l’extérieur et l’intérieur des choses.
La première maquette fut celle d’un fruit.
En page de gauche un fruit en volume, et en page de droite le même vu en coupe et en creux pour montrer l’intérieur de ce dernier, en refermant les pages l’une sur l’autre, les formes s’encastrent parfaitement pour rester sous la forme d’un livre classique.
Je ne pensais pas forcement au début que cette idée pourrait devenir une collection, mais au fur et à mesure des avancées le terrain de jeu s’est averré très riche.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour les techniques, j’ai tendance souvent à dire que je dessine avec mon cutter, et ce n’est pas totalement faux car il faut monter très souvent des maquettes découpées, étudier les encastrements parfois au millimètre pour que tout fonctionne qu’il n’y ai pas trop de différences entre la forme plus petite qui se situe en page de gauche qui doit forcément s’encastrer dans une forme plus grande en page de droite.
Pour commencer un livre j’utilise des techniques traditionnelles, crayons, découpage, collage… pour terminer par organiser et finaliser le tout avec une tablette graphique.
Une vrai petite cuisine…

Vous êtes, d’après moi, l’un des très rares illustrateurs à savoir charmer autant les tout-petits que les parents, c’est quelque chose que vous avez recherché, travaillé ou c’est quelque chose que vous n’avez pas contrôlé ?
J’essaie avant tout de me faire plaisir et de réaliser de belles images simples et graphiques qui parlent certainement aux plus grands et j’y ajoute une petite touche de narration ou un petit détail dans l’image qui parlera aux plus petits, voilà peut être un début d’explication.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mon parcours est ponctué de rencontres, à commencer par Jacques Gabriel Chevalier qui dirigeait une petite académie de beaux arts à Brive-la-Gaillarde, j’y ai appris le dessin académique et pratiqué aussi des stages de sculpture : des années de bonheur.
Cette petite académie m’aura marqué et mis le pied à l’étrier dans la voie artistique…
Je suis parti faire mes études à Paris à Penninghen, (l’esag) enseignement pluridisciplinaire (dessin croquis typographie photographie affiche….) 5 années pour finir par une thèse au côté de Roman Cieslewicz grand affichiste polonais, qui sera une nouvelle fois une rencontre très importante pour moi. Après mes études je commence à travailler à ses côtés dans son studio, où j’ai pu partager des moments merveilleux avec des personnes comme Topor ou bien encore Peter Knapp, puis s’en est suivi un parcours avec de multiples expériences : travail en agences, scénographie expositions personnelles…. pour finalement un jour me retrouver à travailler dans l’édition un peu par hasard : en réalisant un premier livre chez Mila édition (L’école du cirque) aux coté d’Anne Weiss et Pascale Estellon.
Puis tout s’est enchaîné : travail pour la presse jeunesse, des commandes de livres jeunesse, jouets, et dessins animés.
Au cours de différents salons je rencontre les éditions Milan et Christophe Tranchant (je travaillais déjà pour Milan presse), j’enchaîne les livres de commandes du type docu, livre à toucher pour les petits pour finalement amener progressivement mes propres projets et ma vision sur le livre pour les tout-petits. Je collabore aussi avec Tourbillon (avec Marie Fordacq et Franck Girard) je délaisse progressivement une partie de mon travail de commande pour travailler sur mes propres projets.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je ne serai pas très original en citant les livres de Munari ou de Tomi Ungerer, mais aussi j’ai le souvenir de l’imaginaire de Binette Schroeder ou de Kota Taniuchi, Leo Lionni, Dick Bruna.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
chuuuuuttt … 😉

Bibliographie sélective :

  • Mon hochet des animaux, texte et illustrations, Tourbillon (2018).
  • Un point, c’est tout ?, texte et illustrations, Milan (2017).
  • Série Les imagiers gigognes, textes et illustrations, Milan (2012-2017), que nous avons chroniquée ici et .
  • Mon grand imagier à toucher, texte et illustrations, Milan (2016).
  • Série Totam, textes et illustrations, Tourbillon (2012-2016), que nous avons chroniquée ici, et ici.
  • Série Les contes gigognes, textes et illustrations, Milan (2014-2015), que nous avons chroniquée ici.
  • Mes animaux tout doux, texte et illustrations, Tourbillon (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes rêves, texte et illustration, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde, texte et illustrations, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au dodo les animaux, illustration d’un texte de Frédérique Loew, Tourbillon (2008), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Audrey Poussier

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Audrey Poussier que nous partons ! Allez, en route !

Pour quelqu’un qui déteste choisir, cet exercice fut difficile. Impossible de respecter le nombre 5, désolée. Quand je pars, je charge TOUJOURS BEAUCOUP TROP ma valise, voilà, une fois n’est pas coutume :

7 livres pour enfants (oui car il en faut plus que 5 pour varier, ça dépend de la longueur des vacances) :

  • Hulul et compagnie (anthologie) d’Arnold Lobel
  • Cuisine de nuit Maurice Sendak
  • Monsieur le lièvre voulez-vous m’aider de Charlotte Zolotow et Maurice Sendak
  • Papa sur la lune d’Adrien Albert
  • Toute la famille Quichon d’Anaïs Vaugelade
  • La tototte de Barbro Lindgren et Olof Landstrom
  • Bruno. Quelques jours de ma vie très intéressante de Catharina Valckx et Nicolas Hubesh

4 BD (Les BD, ça prends de la place alors seulement 4) :

  • Alma de Claire Braud
  • Jimmy Corrigan The smartest kid on earth de Chris Ware
  • Course de bagnoles de Leo Maret
  • Arsène Schrauwen d’Olivier Schrauwen
  • Little Nemo de Winsor McCay

5 CD :

  • Passion selon saint Matthieu Bach
  • Silk and soul Nina Simone (et n’importe quel autre de Nina Simone)
  • Le film Philippe Katerine
  • Ella et Louis (Ella Fitzgerald et Louis Armstrong)
  • Chet Baker sings

7 DVD :

  • La règle du jeu de Jean Renoir
  • À nos amours de Maurice Pialat
  • Un film de Fellini, La dolce vita par exemple !
  • Blow up de Abbas Kiarostami
  • Où est la maison de mon ami de Abbas Kiarostami suivi de Et la vie continue
  • N’importe quel film de Truffaut et de Melville….

ET à regarder avec les enfants, 4 DVD :

  • La petite taupe en ville de Zdenek Miler
  • Le ballon rouge d’Albert Lamorisse
  • Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
  • Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy

5 artistes :

C’est trop dur de choisir…

  • Philippe Katerine
  • Israel Galván
  • Winsor MacCay
  • Pieter Brueghel l’Ancien
  • Le Caravage (le voir dans les églises en Italie)

5 ou 6 romans :

  • Sous le règne de Bone de Russel Banks
  • Martin Eden de Jack London
  • L’usage du monde de Nicolas Bouvier
  • L’art de la joie de Goliarda Sapienza
  • Bandini et Demande à la poussière de John Fante
  • Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski

5 endroits :

  • Le jardin des Plantes à Paris, et les jardins botaniques en général, et même n’importe quel jardin avec un peu de soleil.
  • Les marchés, tous les marchés.
  • L’océan, n’importe quel bout de côte, par tous les temps, toutes les saisons.
  • Une place dans un train (avec tous ces bouquins ça devrait aller)
  • Une maison avec des copains pour partager toutes ces bonnes choses.

(Et dans ma valise il y aurait probablement aussi des noix, des patates et des poireaux, parce que pour un peu que je passe les voir, mes parents me fourguent toujours un sac ou deux selon la saison)

Audrey Poussier est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Série Castor Têtu, illustration de textes de Jean Leroy, l’école des loisirs (2015-2017).
  • Le bain d’Abel, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Chevaliers et princesses avec gigot, illustration de textes de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Palmier de Noël, illustration d’un texte de Matthieu Sylvander, l’école des loisirs (2012).
  • Au lit tout le monde !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • J’ai pas dit partez !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Le plus beau, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Une farce, texte et illustrations, l’école des loisirs (2007).
  • Mon pull, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).
  • La piscine, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).

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Les invité·e·s du mercredi : Chiaki Okada et Anne-Fleur Multon

Par 20 décembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui je vous propose un peu de douceur et de poésie pour finir l’année en beauté, avec une interview de l’autrice-illustratrice Chiaki Okada. Ensuite, c’est Anne-Fleur Multon, qui nous avait régalé·e·s avec son roman Viser la Lune, qui nous emmène en vacances !


L’interview du mercredi : Chiaki Okada

Quelques mots sur votre parcours ?
Après avoir travaillé dans une boîte de design dans ma ville d’origine, j’ai quitté cet emploi et j’ai intégré une école d’illustration à Tokyo. Tout en travaillant en tant qu’illustratrice, je n’arrêtais pas de me dire que je voulais dessiner des enfants. Comme je lisais tous les soirs des histoires à mes enfants, c’est tout naturellement que j’ai décidé de faire des livres jeunesse. J’ai eu l’occasion de créer un livre pour enfant à partir d’illustrations d’une de mes expositions. À la même époque, j’ai été sélectionnée pour être exposée à la Foire du livre jeunesse de Bologne.

Votre dernier album, Douce Lumière, est un peu différent des précédents, pouvez vous nous en parler ?
Douce lumière est une histoire que l’éditeur a commandée à Kirin Hayashi sur le thème “la vie”. Je me suis chargée des illustrations en suivant ses indications. Elle était déjà venue à mes expositions et connaissait mon œuvre. Comme la bougie était l’héroïne de l’histoire, j’ai choisi des scènes où elle apparaîtrait dans le décor. Il me faut d’habitude beaucoup d’efforts pour trouver quels genres de paysages dessiner, et je fais attention aux scènes dans lesquelles évoluent les personnages. J’éprouve également beaucoup de plaisir à dessiner des paysages naturels.

Comment se passent vos collaborations ? En quoi le processus est-il différent pour les albums dont vous êtes également co-autrice ?
La rencontre avec une histoire se fait de deux manières possibles. La première, c’est lorsque l’éditeur ou l’auteur me choisissent en tant qu’illustratrice. La seconde, c’est lorsqu’un auteur dessine [crée] une histoire en partant d’une de mes œuvres. Je crée le story-board en fonction de l’histoire, et je décide ensuite de la structure. Il arrive que l’histoire soit modifiée durant cette étape. Lorsque la structure est fixée, je fais des croquis de chaque page, et je les assemble à nouveau.  Ces croquis ne sont pas des modèles, je pars directement de ces planches pour réaliser les dessins finaux. Lorsque je m’occupe aussi des textes, je pars tout d’abord d’une illustration. Je réfléchis ensuite à son contexte et je dessine le reste. L’image s’étend alors autour de cette illustration et l’histoire naît ainsi. Mais le processus de création d’un récit prend beaucoup de temps, et j’arrive difficilement à son achèvement.

Quelles sont vos techniques d’illustration ? Comment faites-vous pour rendre une telle impression de douceur ?
J’utilise principalement des crayons. Je scanne ensuite mes dessins, et j’ajoute par ordinateur des calques ainsi que des ombres aux tons clairs. J’imprime cela sur un papier aquarelle, et je modifie ce résultat avec des crayons de couleur.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Avant de dessiner, je me demande toujours qui sera l’origine de la perspective sur l’histoire. Si c’est celui d’un enfant, la vision sera assez basse, et si c’est celui d’un adulte qui regarde un enfant, alors cela donnera sûrement une perspective en plongée. Parfois, cela peut-être vu à travers les yeux d’une peluche, ou d’un personnage extérieur. J’adopte alors le point de vue du lecteur que je souhaite inclure comme spectateur du récit.

Plusieurs de vos ouvrages traitent du thème de la séparation, est-ce un thème qui vous est cher ?
Il est vrai que dans mes deux premières œuvres, les personnages finissent par se séparer à la fin, mais on peut aussi voir ça comme un retour à un état d’origine. L’histoire tourne autour de circonstances qui s’éloignent un peu du quotidien pour ensuite revenir à une situation de départ. Je souhaite que mes personnages apprennent de l’expérience qu’ils vivent à travers le récit et que leur vision du quotidien s’en embellisse par la suite.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ? Y’a-t-il des auteur.trice.s et illustrateur.trice.s qui ont influencé votre travail ?
Lorsque j’étais enfant, je lisais souvent Jerry et le lion (livre illustré basé sur le récit Novelle de Goethe) et La petite maison de Virginia Lee Burton. Plus tard, je me suis prise d’affection pour  Winnie l’ourson d’A.A. Milne et E.H. Shepard, Mary Poppins de Pamela L. Travers, Alice au pays des merveilles par Lewis Carroll et illustré par John Tenniel, et la série Les moumines par Tove Jansson. J’adorais particulièrement les illustrations de Shepard dans Winnie l’ourson.

Quels sont vos prochains projets ?
Je travaille actuellement pour les éditions Walker books sur une histoire de Karl Newson intitulée For all the stars across the sky. J’ai aussi en prévision une publication d’histoires pour enfants sur 8 volumes, réunissant les histoires de plusieurs auteurs des quatre coins du Japon, projet sur lequel nous travaillons depuis 4 ans. Parmi ces volumes, trois sont des travaux réalisés avec Kirin Hayashi, l’auteure de Douce lumière.

Bibliographie sélective :

  • C’est toi le printemps, co-écrit avec Ko Okada, Seuil Jeunesse (2014)
  • Une nuit à la bibliothèque, illustration d’un texte de Kazeki Kazuhito, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici
  • Le portrait de Nounours, illustration d’un texte de Mari Kasai, nobi nobi ! (2016)
  • J’attends maman, illustration d’un texte d’Izumi Motoshita, nobi nobi ! (2016)
  • Douce lumière, illustration d’un texte de Kirin Hayashi, nobi nobi ! (2017)

Un grand merci à Manon Debienne pour la traduction !


En vacances avec… Anne-Fleur Multon

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Anne-Fleur Multon que nous partons ! Allez, en route !

5 album jeunesse

  • Ma vallée, de Claude Ponti
  • Le zizi des mots, de Elizabeth Brami
  • Je me marierai avec Anna, de Thierry Lenain
  • Buffalo Belle, de Olivier Douzou
  • Madame Trotte-menu, de Béatrix Potter

5 romans

  • Là où tombent les anges, de Charlotte Bousquet
  • La croisée des mondes, de Philipp Pullman
  • Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka
  • Miss Charity, de Marie-Aude Murail
  • Harry Potter, de JKR

C’était très dur d’en choisir cinq… Je suis une très grosse dévoreuse de livres ! J’ai donc porté mon choix sur ceux que j’ai le plus relus.

5 BD

  • Yoko Tsung, de Roger Leloup
  • Les mauvaises gens, d’Étienne Davodeau
  • Le vrai sexe de la vraie vie, de Cy
  • Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet
  • Les mondes d’Aldebaran, de Léo

5 DVD

  • Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet
  • Love Actually, de Richard Curtis
  • Le château dans le ciel, de Miyazaki
  • Cléo de cinq à sept, d’Agnès Varda
  • Les demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy

5 CD

  • AIM, de MIA
  • Viens sur la montagne, de Marie Laforêt
  • Miss Perfumado, de Césaria Evora
  • Baby One More Time, de Britney Spears
  • Racine Carrée, de Stromae

5 artistes

  • Agnès Varda
  • Alix Cléo Roubaud
  • Stephen Shames
  • Claude Ponti
  • Louise Bourgeois

5 lieux que j’aimerais faire découvrir

  • La rue Daguerre, à Paris, neuf heure et demi, pour croiser Agnès Varda à la boulangerie
  • La médiathèque du Havre dans son petit volcan, pour y lire des heures lové·e dans une alcôve secrète
  • Une promenade après un repas de famille trop copieux le long des quais de la Saône à Lyon
  • Jouer aux aventurièr·e·s sur un îlot perdu dans le lagon calédonien
  • Boire un thé chaud à Harrods après s’être promené·e dans Londres, la semaine de Noël


Anne-Fleur Multon est autrice. Son premier roman, Viser la Lune (que nous avons chroniqué ici), est paru aux éditions Poulpe Fictions en 2017.

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Les invité·e·s du mercredi : Juliette Binet et Julien Castanié

Par 13 décembre 2017 Les invités du mercredi

Pour cette fin d’année 2017, je vous propose de rencontrer Juliette Binet qui nous parle de son travail et de son parcours. Ensuite, nous partons en vacances avec le génial Julien Castanié. Un beau mercredi  à toutes et à tous !


L’interview du mercredi : Juliette Binet

Comment est née l’idée de votre album Le Mauvais Pli qui utilise si ingénieusement la pliure intérieure du livre ?
Quand on compose une image pour un livre, on ne perd jamais de vue la reliure. En général, on l’évite, on ne met pas dedans ou trop près, d’éléments importants qui pourraient être coupés, raccourcis, mal lus. Cette fois, j’ai eu envie de donner à la reliure la place centrale qu’elle occupe de fait dans le livre, en ne l’évitant pas.
Le Mauvais Pli met à l’équilibre les trois préoccupations qui animent mon travail depuis longtemps: raconter une histoire, faire un livre, dessiner.
Le livre y est un personnage au même titre que l’homme et le chien. Il intervient dans l’histoire et agit sur le dessin.
Ayant défini l’objet qui allait m’intéresser, j’ai cherché des manières de jouer avec, de le faire rebondir, d’ouvrir peut-être la possibilité de prolongations.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous pour créer vos albums ?
Je dessine avec des crayons de couleurs bien taillés.

Vos albums s’apparentent de près aux livres d’artiste avec une fabrication à la fois très travaillée et très simple (des formats toujours atypiques et des couvertures toujours très sobres), d’où vous vient ce souci de faire de chaque ouvrage un bel objet ?
Un livre est un livre, il n’y a pas de distinctions pour moi, et ainsi, pas de raisons de traiter différemment l’un ou l’autre. Nous discutons avec l’éditeur des possibles papiers et façonnages, il faut trouver pour chacun une forme qui devient évidente.

Quel est le parcours qui vous a menée jusqu’à l’illustration jeunesse ?
J’ai suivi les cours des Arts Décoratifs de Strasbourg. J’avais passé un bac arts appliqués. Et avant, j’ai bricolé, toujours, beaucoup, en papier, carton, tissus, bois….

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ?
Babar, Les Gentils Voisins, À Calicochon, Une histoire Sombre, Au Revoir Petite Baleine, Le Docteur de Soto
Le Comte de Monte Cristo, Les Trois Mousquetaires, Thérèse Desqueyroux, Germinal, La Dame aux Camélias, Les Hauts de Hurlevent
Il y avait beaucoup de livres à la maison, on a lu sans trop y faire attention. Je préférais jouer ou bricoler. J’ai l’impression d’avoir commencé à lire adulte, pourtant les livres ont toujours été là.

Est-ce que vous pouvez nous dévoiler vos futurs projets ?
Je creuse pour les déterrer, et ne peux pas encore en parler.

Bibliographie (sélective) de Juliette Binet

  • Le Mauvais pli, texte et illustrations, Le Rouergue (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Les Trois cheveux d’or du diable, illustré d’un texte des frères Grimm, Gallimard Jeunesse (2015).
  • Hourra !, texte et illustrations, Le Rouergue (2015).
  • Un courant d’air, texte et illustrations, Le Rouergue (2012).
  • L’Horizon facétieux, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2011).
  • Cendrillon, illustration d’un texte de Charles Perrault, Gallimard Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Cousin, texte et illustrations, Albin Michel (2010).
  • Jonas, roman, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2009).
  • L’Ombre d’Igor, texte et illustrations, Autrement (2009).
  • Tels quels, texte et illustrations, Autrement (2008).


En vacances avec… Julien Castanié

Régulièrement, nous partons en vacances avec un.e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Julien Castanié que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Le ruban, d’Adrien Parlange
  • La chambre du Lion, d’Adrien Parlange
  • Parade, d’Adrien Parlange
  • Popville, d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud
  • Renard et l’Argent gratuit, de Fibre Tigre et Floriane Ricard

5 romans

  • La parenthèse, d’Élodie Durant
  • Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson
  • Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro
  • L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, de Bernard Werber
  • Building Stories, de Chris Ware

5 DVD

  • The Man From Earth, de Richard Schenkman
  • Le DVD de mon spectacle de théâtre de mes 12 ans
  • 12 hommes en colère, de Sydney Lumet
  • Interstellar, de Christopher Nolan
  • D.A.R.Y.L, de Simon Wincer

5 CD

  • Best of Queen
  • Best of Asaf Avidan
  • Sun Leads Me On, d’Half Moon Run
  • For Emma, Forever Ago, Bon Iver
  • Le fil, Camille

5 artistes

  • Jochen Gerner
  • Chris Ware
  • David Lafrance (Jouets Lafrance)
  • Crushiform
  • Henry Darger

5 lieux

  • La ville de Montréal
  • Le Parc du Bic (Gaspésie, QC, Canada)
  • Les arts Décoratifs de Strasbourg
  • Les rocheuses Canadiennes
  • Là où je ne suis pas encore allé

Julien Castanié est illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • La Terre, une planète et des Hommes, illustration d’un texte de Jean-Michel Billioud, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Un pas puis mille, illustration d’un texte de Séverine Vidal, La Pastèque (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Surprise en cuisine, illustration d’un texte de Mimy Doinet, Belin (2016).
  • Contes à rire et à trembler, illustration de textes de Jean-Louis le Craver, Syros (2011).
  • La Princesse Rose-Praline, illustration d’un texte de Gaël Aymon, Talents Hauts (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • En scène !, illustration de textes de Pascale Vd’Auria, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Julien Castanié sur son site : https://juliencastanie.com.

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Les invité·e·s du mercredi : Elsa Fouquier, Olivier Belhomme et Florent Grandin

Par 6 décembre 2017 Les invités du mercredi

J’ai adoré Les habits, le dernier album d’Elsa Fouquier, j’ai donc voulu en savoir un peu plus sur elle. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, c’est à une nouvelle question bête, notre nouvelle rubrique, qu’Olivier Belhomme (L’Atelier du Poisson Soluble) et Florent Grandin (Père Fouettard) ont bien voulu répondre : « Un éditeur, ça gagne beaucoup d’argent ? » Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Elsa Fouquier

Parlez-nous de votre parcours.
Passionnée de BD j’ai eu envie dès 14 ans de me diriger vers le dessin. Je me suis orientée au lycée vers un bac Arts plastiques, puis j’ai enchaîné avec l’école Émile Cohl, à Lyon. Là bas je me découvre une passion pour l’illustration !

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je dessine au crayon sur une feuille puis je scanne et passe au numérique. Je mets la couleur avec le logiciel Photoshop à l’aide d’une tablette graphique.
Ces jours-ci je reprends la peinture, la broderie, les pochoirs… J’ai très envie de renouer avec une mise en couleurs traditionnelle.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre album Les habits que je trouve magnifique ?
Merci tout d’abord 🙂 Il s’agissait de faire des images simples et de rester dans des gammes de couleurs restreintes et assez « classes » tout en donnant du relief avec de la matière. Pour les touts petits, il faut être bien lisible et en même temps les intéresser avec des couleurs vives !
J’ai aimé représenter des enfants différents et je trouve la fabrication d’une grande qualité. Les mécanismes sont chouettes, solides et créent tout de suite une interaction avec les plus petits.

Comment choisissez-vous vos projets ?
Il y a une chose qui joue beaucoup dans le choix de mes projets, c’est le temps !
Il faut que mon planning soit raccord avec les dates de rendus prévues.
Bien sûr, la qualité du projet, et l’enthousiasme de l’éditeur/trice.
Si en plus c’est quelque chose de nouveau pour moi, ça me donne toujours très envie ! J’ai par exemple illustré un calendrier de l’avent l’année dernière.
Et puis bien sur l’aspect financier, que les droits d’auteurs soient corrects.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Mes sources d’inspirations sont d’abord mes souvenirs d’enfant, mes sensations et envies d’enfant. Et puis maintenant mes propres enfants m’inspirent au quotidien !
J’aime beaucoup aussi instagram qui mélange photographes, peintres, illustrateurs, danseurs, designeurs… Qui est un melting pot très inspirant. Parfois complexant 😉

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Je suis une grande lectrice, je l’étais encore plus enfant et adolescente. Enfant je garde un super souvenir de Max et les maximonstres, de Fantômette, des J’aime lire et des Mickey parade ! Puis il y a eu les Royaumes du Nord, le Seigneur des anneaux, Harry Potter… J’ai ensuite lu beaucoup de mangas comme Akira ou des BD comme les Donjon, de Trondheim et Sfar, qui me font toujours beaucoup rire.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
Après 10 ans de dessin, j’ai très envie de travailler l’écriture. Enfant je voulais être écrivaine ! J’ai envie de développer des projets qui me trottent dans la tête depuis longtemps, au texte comme au dessin.
En ce moment je mets en couleur un livre pour les tout-petits sur le thème d’un toboggan aquatique… que j’ai imaginé du début à la fin !

Bibliographie sélective :

  • La maternelle de Milo, illustration d’un texte de Pakita, Rageot (2017).
  • Cendrillon, loisirs créatif, Milan (2017).
  • Rock’n’roll baby, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Mes berceuses jazz, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Les habits, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes comptines des animaux, illustration de comptines, Gallimard Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes plus belles berceuses jazz et autres musiques douces pour les petits, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes berceuses, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes comptines vol.2, illustration de comptines, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jenny and Jack, illustration d’un texte d’Orianne Lallemand et Tamara Page-Jones, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici et .
  • Mes comptines, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes chansonnettes, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pilate pour les petits, illustration d’un texte de Rida Ouerghi, Gallimard (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les caprices de Mélisse, illustration d’un texte de Benoît Broyart, Milan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Gym et comptines pour les petits, illustration de textes de Rida Ouerghi, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.


Ma question est peut-être bête, mais…

Régulièrement, on osera poser une question qui peut sembler un peu bête (mais l’est-elle vraiment ?) à des auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, éditeur·trice·s… Histoire de répondre à des questions que tout le monde se pose ou de tordre le cou à des idées reçues. Cette fois-ci, j’ai demandé à Olivier Belhomme (L’atelier du Poisson Soluble) et Florent Grandin (Père Fouettard) « Un éditeur, ça gagne beaucoup d’argent ? ». Je vous propose de lire leurs réponses. Si vous avez des questions bêtes, n’hésitez pas à nous les proposer !

Olivier Belhomme :
Être ou ne pas être… riche ? telle est la question.
Dans l’édition comme dans beaucoup de métiers, on doit pouvoir devenir riche, très riche même. Si on fabrique des livres et qu’on les commercialise comme des lessives ou des soupes, en segmentant le marché et en visant les cœurs de cible comme nous l’ont appris nos professeurs, on doit pouvoir y parvenir.
Par contre, si on conçoit des ouvrages comme des œuvres d’art pouvant bousculer les conventions, dépasser les classifications, ce sera plus difficile mais pas impossible pour autant. Mais comme ce n’est pas l’objectif, peu importe finalement, non ?
En ces temps de surproduction qui réduit dramatiquement leur durée de vie, chaque nouveauté chassant la précédente de plus en plus rapidement, la question ne porte plus sur la richesse mais sur la survie. Peut-on encore prendre des risques éditoriaux si l’on ne laisse plus de temps pour la rencontre du lecteur avec le livre ?
Olivier Belhomme est éditeur chez L’atelier du poisson soluble.

Florent Grandin :
Il faudrait déjà s’entendre sur ce qu’est un éditeur. Si c’est la personne qui, au sein d’une maison d’édition de taille moyenne ou d’un grand groupe, est en charge de choisir les titres qui vont être publiés, dans mon cercle de connaissances et cela n’a aucune valeur statistique, les écarts sont grands : de 1300 € à 3000 € mensuel net. Il est vrai qu’au sein du monde du livre, le secteur jeunesse est loin d’être le plus généreux en termes de carrière et de salaires.
Je connais des dirigeantes et dirigeants de maisons indépendantes qui se rémunèrent moins que le salaire minimum ou même pas du tout certaines années. Si certains bénéficient de revenus annexes ou d’un patrimoine, d’autres vivent dans une précarité évidente.
Je suppose que cette image d’un éditeur qui gagne beaucoup d’argent renvoie plutôt à la maison d’édition. Sur le prix du livre, la part d’un éditeur oscille entre 40 et 45 %. Sur cette part, il doit rétribuer le ou les auteurs (de 4 à 12 % du prix du livre), l’imprimeur, la promotion. Il lui reste donc peu pour couvrir les frais généraux de sa structure, les salaires, dont le sien. C’est un tabou mais il y a plus de livres déficitaires que de livres bénéficiaires, la recherche et la publication de nouveaux auteurs, de nouveaux livres est un chantier aussi exaltant qu’il est peu rentable.
Évidemment la problématique n’est pas la même lorsque l’éditeur possède son outil de diffusion (l’équipe de représentants qui vendent ses livres) ou même de distribution, ce sont plus des logiques de groupes que d’éditeurs.
Quelques maisons d’édition dégagent des profits solides, elles bénéficient de situations de rente grâce aux marchés captifs qu’elles ont organisés avec des ventes aux collectivités ou des prescriptions scolaires, c’est un oligopole qui n’est évidemment pas ouvert ! Mais des groupes importants et historiques aussi peuvent s’avérer incroyablement déficitaires. On ne peut pas dire que l’édition soit un secteur propice à un retour sur investissement généreux.
L’idée qu’un éditeur « gagne beaucoup d’argent » n’est pas répandue dans le grand public ou chez les lecteurs. Quand on entend cette idée reçue, et je l’entends parfois, elle vient généralement des libraires ou des auteurs qui souhaitent, légitiment ou non, remettre en cause leur part dans le prix du livre. À mon humble avis le problème n’est pas tant dans la répartition que dans le prix du livre en lui-même. Il est trop faible pour rémunérer correctement les acteurs de la chaîne du livre et comme il augmente moins vite que l’inflation cet état de fait n’est pas en voie de s’améliorer.
Je suis cependant assez d’accord pour dire que certains éditeurs réduisent leurs risques ou augmentent leurs marges en grattant sur les droits sur vente revenant aux auteurs ou leurs avaloirs. Il n’y a aucune raison qu’un auteur jeunesse reçoive un pourcentage inférieur à un auteur pour adulte. Un illustrateur doit pouvoir bénéficier d’une avance correspondant à son investissement en temps et en matériel. C’est rageant de voir les auteurs jeunesse compter sur les animations scolaires pour vivre alors que c’est la vente de leurs livres qui devrait les rémunérer correctement. Je ne crois pas à la bonne volonté d’un acteur comme le SNE [NDLR : Syndicat national de l’édition], c’est à la loi de déterminer un pourcentage minimum de droits d’auteurs (10 % comme c’est le cas au Brésil).
Le prix public d’un livre jeunesse est toujours moindre. Un album à plus de 15 € est considéré comme cher. Un roman de la même pagination est vendu moins cher. Difficile de vivre avec une telle économie. Prix de fabrication élevé, prix de vente faible, marché écrasé par quelques best-sellers qui cachent la forêt des petites ventes.
Bien que le marché du livre soit stable, publier un album pour enfants est une entreprise risquée. L’impression est coûteuse, la promotion requiert des coûts de déplacements et des investissements en PLV [NDLR : Publicité sur le lieu de vente] et publicité importants. Heureusement, les bonnes ventes permettent de financer les jeunes auteurs ou les livres risqués, une sorte de mutualisation des risques.
Être éditeur est une aventure extraordinaire, son rôle de pivot en fait tout l’intérêt car il demande un savoir-faire, un goût et une implication dans des domaines très différents et parfois même antagonistes. Pour faire une réponse courte, à part quelques exceptions, nous ne choisissons pas ce métier pour gagner beaucoup d’argent et de fait, un éditeur ne gagne pas beaucoup d’argent.
Florent Grandin est éditeur chez Père Fouettard.

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