Et si on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ?

 

Extrait de Titiritesse, éditions OQO

L’homoparentalité on en parle de plus en plus, ça fait partie du quotidien des enfants (c’est de plus en plus courant que nos enfants aient, dans leur classe, un camarade qui a deux papas ou deux mamans) pourtant c’est un sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse… Et quand on en parle c’est souvent de façon assez « pédagogique » (c’est souvent le thème principal du livre). Moi je rêve de voir un personnage récurent comme T’choupi ou Petit ours brun avec un copain qui a deux papas (et que ça soit juste une donnée, pas une thématique), cela ferait tellement avancer les mentalités… Avoir des parents de même sexe ça devrait être juste « banal », ça ne devrait même pas mériter une chronique spéciale ici ! Mais comme ça reste rare j’ai eu envie de le faire. J’ai décidé de parler aussi de livres qui parlent de l’homosexualité, ils ne concernent pas forcément les homosexuels eux mêmes, mais permettent d’ouvrir l’esprit des enfants, et peut-être répondre à quelques questions (tout comme ma fille qui a des parents de sexes différents n’est pas dérangée par une histoire où un enfant a des parents de même sexe). Personnellement quand je lis une histoire d’amour elle m’émeut si elle est belle et je ne regarde pas si ce sont deux personnes de même sexe ou de sexes opposés. On devrait proposer aux enfants des livres avec des couples de même sexe, des couples mixtes (je parle d’origine ethnique) ou des couples avec des différences d’ages… comme ils en croisent tous les jours. Les livres pour enfants ne devraient plus, en 2012, ne proposer que des histoires dont les parents sont jeunes, blancs, hétérosexuels avec deux enfants (un garçon et une fille évidemment) et un chien. Les livres pour enfants sont là pour faire évoluer les mentalités aussi, merci donc à tous ceux qui écrivent des livres qui sortent de ce schéma.

Donc je parlerai dans la première partie des livres sur l’homoparentalité puis dans la deuxième de ceux sur l’homosexualité (dans chaque partie j’ai classé par âge). Vous retrouverez, comme d’habitude, les références des livres en fin de chronique. Je vous proposerai quelques autres livres et des liens dans le Quelques pas de plus… et un livre sur l’homoparentalité dans le A part ça ? Retrouvez aussi tous les livres que nous avons chroniqués sur le sujet (et même les nouveaux viendront s’ajouter) ici.

Vous remarquerez que cette chronique (qui est la 500ème chronique de La mare aux mots !) est plus longue que d’habitude mais je pense que c’est justifié !

Dans la collection Les petites familles de L’école des loisirs on trouve Jean a deux mamans. J’avais déjà parlé de cette collection lors de ma thématique sur le divorce avec Camille a deux familles. C’est une collection relativement bien faite pour les plus petits : textes courts, pages cartonnées épaisses. Ophélie Texier sait, en quelques mots, faire passer le message. Ici donc Jean et ses deux mamans, Maman Jeanne qui l’a porté (et qui attend d’ailleurs un autre enfant) et Maman Marie. Peut-être un bémol toutefois, vous me direz ce que vous en pensez. Maman Jeanne qui donc porte les bébés fait la cuisine et joue avec les enfants pendant que Maman Marie va à la pêche et fait les travaux dans la maison… On remarque aussi que c’est Maman Marie qui offre un bouquet à Maman Jeanne. Une vision très hétérosexuelle d’un couple homosexuel d’après moi.

Quand Théo dessine son arbre généalogique à l’école, Pauline se moque de lui « hi, hi, hi… mais c’est pas possible ta famille ! » en effet Théo a deux mamans ! « mais dans une famille y’a un papa et une maman » d’après elle. Et pourtant… pourtant Théo n’est pas le seul à ne pas répondre à ce schéma : un de ses petits camarades vit seul avec sa maman, un autre a été adopté, un autre vit avec deux papas,… Voilà un livre bien fait et très sympa (bon les illustrations ne sont pas…). Ce n’est pas caricatural, c’est doux, l’histoire est simple mais percutante. Un livre qui plaira à tous les enfants qui n’ont pas une famille qui correspond aux canons habituels… et ça plaira aussi aux autres enfants !


Tango a deux papas et pourquoi pas ? En effet Silo et Roy sont deux manchots inséparables. Et au moment où tous les couples manchots font leurs nids, eux c’est ensemble qu’ils font le leur, entre mâles. Le souci c’est que les autres couples ont tous un œuf à couver mais pas Silo et Roy, un gardien du zoo va leur en confier un. Ils vont ainsi devenir papas. L’homoparentalité vu par les animaux c’est une très bonne idée. Les enfants adorent ce genre de façon de montrer les choses, ça passe tout seul. De plus les dessins sont magnifiques, l’histoire est vraiment réussie. Bref c’est un très bon album pour aborder l’homoparentalité mais aussi la différence et la tolérance.

Ulysse vit avec ses deux mamans et son chat, Capsule. Un jour son oncle Dédé à la drôle d’idée de lui offrir une souris. Les mamans d’Ulysse ont du mal avec cette idée, et Capsule… comment réagira-t-il ? Ce qui m’a plu dans ce livre c’est qu’Ulysse a deux mamans, c’est un fait mais ce n’est pas le but de l’histoire. C’est un détail dans le récit. Après… je trouve que ce livre n’est pas mémorable (histoire pas folichonne et illustrations assez moyennes) mais c’est sympa que ce genre de livres existent aussi. Un livre très « grand public » (le genre de livre qu’on trouverait en supermarché) qui, en arrière-plan, fait passer un message. Ça serait intéressant d’ailleurs qu’on trouve plus de livres avec une famille homoparentale dont ce ne soit pas le sujet principal.

Marius est un petit garçon de cinq ans qui a deux maisons, sa maman a un amoureux et son papa aussi. Il aime ses deux maisons et leurs différences (chez maman y a une maison de pirate, chez papa on n’est pas obligé de ranger sa chambre), par contre il n’aime pas quand sa mamie dit que deux hommes ensemble c’est pas bien…
J’ai adoré ce petit album aux illustrations qui peuvent surprendre, que l’on peut trouver un peu dures et que moi je trouve très esthétique. L’histoire racontée par l’enfant est à la fois touchante et absolument pas mièvre (souvent quand c’est un enfant qui parle on le fait parler de façon niaise). On parle donc d’un papa qui vit avec un homme, du regard de la grand-mère, de l’institutrice (scène que j’ai trouvé très drôle où Marius est puni parce qu’il dit que son père est homosexuel), de comment on fait les bébés,… Un très bel album sur un apprenti pirate qui mène sa vie comme n’importe quel enfant.

Rosalie vit avec celles qu’elle appelle ses amourEs : ses deux mamans, Natacha et Mélanie. Avec sa meilleure amie Lucie, elle se pose des questions, elles se posent des questions sur l’amitié et l’amour en général et sur l’amour entre deux femmes en particulier (comment elles s’aiment nues la nuit ?).
Ce petit roman illustré de façon très particulière par Thisou Dartois, est complètement décalé. Dans sa forme et dans le fond. Rosalie joue avec les mots, leur orthographe (on parle de « goût thé », d’ « en nuit »,…). Le roman ramène parfois à une page puis à une autre, par moment c’est écrit avec une  écriture manuscrite, les dessins semblent rajoutés à la main par-dessus le texte, bref on joue avec la mise en page. Le livre aborde des choses qu’on aborde rarement dans la littérature jeunesse (comme l’amour physique entre personnes du même sexe ou l’insémination artificielle par exemple) ou des choses plus courantes mais d’une façon décalée. Un joli petit roman pour jeunes lecteurs sur l’amour sous toutes ses formes.

Oh, boy ! Siméon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) viennent de perdre leur mère et leur père s’est volatilisé il y a quelques années… que vont devenir les enfants ? Ont-ils une famille ? Après recherche ils ont un demi-frère et une demi-sœur (qui ne l’est pas vraiment…). Qui aura la garde, l’antipathique Josiane ou le « pédésexuel » Bart ?
Oh, Boy ! est sans aucun doute l’un des meilleurs romans jeunesse que j’ai lu. Extrêmement drôle (même dans les scènes tragiques), écrit avec une grande finesse, on ne s’ennuie pas une minute, on a envie de connaître la suite, de savoir ce que vont devenirs ces enfants. Les personnages sont très bien croqués, du surdoué Siméon à l’adorable petite Venise qui fait faire l’amour à ses barbies en racontant des histoires où le passé simple est très utilisé et très approximatif, en passant par la juge des tutelles accro au chocolat ou la voisine battue par son mari et qui refuse de porter plainte. Car oui le roman aborde des tas de thèmes : l’homosexualité, l’adoption, la fratrie, la maladie, les femmes battues,… Alors peut-être seul bémol, j’ai trouvé le personnage de Bart assez caricatural… Enfin disons que des homos avec plein de manières, qui s’évanouissent à la vue du sang, parlent au féminin, cumulent les conquêtes,… bien-sûr que ça existe, mais est-ce qu’il faut forcément montrer cette image ? C’est un grand débat que j’ai commencé avec une fan du livre et nous n’étions pas du tout d’accord. Passé ce bémol, qui n’en sera pas un pour la plupart des gens, c’est vraiment un roman exceptionnel, un vrai bijou de la littérature jeunesse que je vous conseille grandement !

Après les livres sur l’homoparentalité, ceux sur l’homosexualité.C’est l’histoire d’une petite grenouille qui s’appelle Cristelle. Elle est la fille du roi et de la reine, et comme toutes les princesses elle doit rencontrer le crapaud charmant pour l’épouser. C’est aussi l’histoire de Crioline, grenouille parmi tant d’autres, dont les parents sont de modestes travailleurs. Crioline préfère jouer aux jeux rigolos des crapauds que de passer son temps à se mirer dans la mare comme les autres grenouilles de son âge. Et si c’était Crioline qui devait épouser Cristelle ?
Très belle histoire que celle de ces deux grenouilles, le texte est beau et touchant, ici aucune mièvrerie. On reprend un peu les codes du conte pour mieux les casser : la princesse va épouser non seulement une fille mais une fille du peuple. L’amie de Crioline se demande quelles seront les réactions des autres, ses copains crapauds, ses parents. Crioline a même peur de finir en prison à cause de cet amour interdit. Mais en fait tout ça n’arrivera pas, il semble naturel à tout le monde qu’une grenouille épouse une autre grenouille. On parle de l’amour, des picotements dans le ventre que ça procure, de l’adoption même. Un très très bel album, pas militant, qui parlera à tous les enfants.

Au royaume d’Avant-hier vivait la princesse Titiritesse. Elle rêvait de voir le monde, sa mère rêvait surtout de la voir mariée ! Pour échapper à tout ce que lui destine sa mère Titiritesse décide de s’enfuir. En chemin elle rencontre un roi dont la fille Wendoline a été enlevée, ni une ni deux elle part sauver la princesse, détenue par l’ignoble (pas si ignoble finalement) Avalesix Duncoup. Dès leur première rencontre, Wendoline tombe sous le charme de Titiritesse et adore son parfum sucré, les deux princesses sentent une brise qui leur fait des chatouillis dans la tête quand elles sont ensemble et la nuit elles rêvent qu’elles s’embrassent…
Titiritesse est un album OQO, et si vous suivez ce blog vous savez à quel point j’aime cette maison d’édition. Comme d’habitude c’est totalement original, cet album ne ressemble à aucun autre. On est ici dans un conte complètement farfelu avec un ogre qui rêve d’un nouveau pull, un âne sans nom, un mot qui fait rire tout le monde et des princesses qui se marient. Comme toujours chez OQO les illustrations sont particulières, certains vont adorer et les regarder longuement, scrutant les détails, d’autres vont y être hermétique (je fais partie des premiers, ma compagne des seconds). L’objet est beau avec son papier épais. Un très bel album plein de fantaisie, d’humour et d’amour.

Zoé se sent anormale et sale. Elle a ses premières règles et elle est amoureuse de Nina, sa cousine. Elle vit tout ça comme quelque chose qui la dégoûte. Son éducation catholique ne l’aide pas à trouver les choses « normales ». De plus dans sa vie ce n’est pas la joie : ses parents sont en pleine crise de couple.
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été fan de F comme garçon. L’histoire ne m’a pas emballé, le personnage pas séduit et je n’ai pas accroché au style. Le titre lui-même qui voudrait dire que qui dit lesbienne dit garçon ne me plaît pas. Pourtant ce roman pourra peut-être plaire à des jeunes qui connaissent ces situations : confusion entre homosexualité et expériences, premières amours, premiers émois, situation familiale tendue,… C’est un des rares romans pour ado, d’après moi, qui aborde ce sujet de la différence entre l’homosexualité et les expériences qu’on veut tenter ado, coucher avec quelqu’un du même sexe sans se sentir homosexuel. Après le fait que ça ne m’ait pas parlé c’est très subjectif ! Je ne trouve pas que ça soit un mauvais roman (sinon je ne l’aurai pas chroniqué) mais moi il ne m’a pas séduit.

Jérôme l’esprit de camaraderie, les conversations « viriles », les filles avec leur agenda « star » et leurs stylos roses, la musique à la mode, les baignades entre potes… ce n’est vraiment pas son truc. La rentrée de seconde le stress, il ne veut pas passer pour le mec associable, il faut se fondre au groupe, faire des concessions, paraître cool… et pour lui c’est une vraie épreuve… et dans la classe il y a Clément, un garçon qui le trouble de plus en plus sans qu’il n’en comprenne la raison.
J’ai adoré ce roman, j’ai trouvé ça bien écrit, drôle, fin, intelligent. Je me suis régalé ! Jérôme Lambert a une vraie plume et a su croquer ce garçon un poil misanthrope qui découvre son attirance pour les garçons. L’histoire d’amour est très belle, la relation avec les parents intéressante. C’est un des meilleurs livres sur le sujet, un personnage dans lequel beaucoup de garçons qui vivent tout ça vont se reconnaître. On n’est pas dans les clichés ici, tout sonne juste. On parle aussi du regard des autres (les copains, les parents,…). Le seul bémol c’est que j’ai été frustré par la fin, j’aurai aimé qu’il soit plus long, savoir la suite. En tout cas je vais regarder ce que Jérôme Lambert a écrit d’autre.

Scènes de vies : Vincent se fait ridiculiser à la gym, Vincent dans sa famille où l’on ne communique pas, Vincent et sa meilleure amie, Vincent rencontre le nouveau…
Construit sous forme de petits chapitres, comme si Vincent nous racontait des passages de sa vie (un peu comme un journal, un peu comme des séances de psy ou des confessions… un moment Vincent dit, à propos de son père « j’en parlerai dans un autre bouquin »), Qui-suis-je ? est un joli roman dans lequel un ado de 14 ans et demi découvre son homosexualité. Le roman ne véhicule pas de clichés, Vincent, bien qu’un peu en marge et nul en sport, est un adolescent type. Les scènes où il se rend compte de qui il est sont belles tout en faisant très réelles, ici pas de grandiloquence et pas d’effet de style, tout sonne juste. On parle aussi ici des mots « pédé » et « enculé » utilisés à longueur de temps comme insulte dans les cours de récré sans en chercher le sens et les conséquences. Un joli petit roman, facile à lire avec une écriture très fluide.

Quelques pas de plus…
Sophie de La littérature de Judith et Sophie a déjà parlé de Oh, Boy ! ici.
Un autre livre sur l’homoparentalité et dont nous avons parlé sur La mare aux mots : La fête des deux mamans d’Ingrid Chabbert et Chadia Loueslati.
D’autres livres qui parlent d’homosexualité et dont nous avons parlés sur La mare aux mots : On m’a oublié de Guillaume Le Touze (un jeune garçon passe quelques jours chez son oncle homo), Plan B pour l’été d’Hélène Vignal (le meilleur ami de l’héroïne est homo), Les petites marées de Séverine Vidal (l’héroïne est amoureuse d’un garçon qui se révèle être homo), Sur les quais d’Anne Loyer et Ingrid Chabbert (une histoire d’amour entre deux filles), Le mariage de Coquet le Coq de Juan Alfonso Belmontes et Natalie Pudalov (un album jeunesse dans lequel la laitière et la renarde se marient).
Sur d’autres blogs, Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier par La littérature de Judith et Sophie, par Les livres de Dorot et en lecture commune sur A l’ombre du grand arbre, Will & Will de John Green et David Levithan sur Les carnets de Nathan et Arc-en-cielles de Nina Emisson sur de Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait  LIVREsse.
Et beaucoup d’autres livres sur le site Altersexualité (albums, bd, romans,…).
Et pour finir, vendredi le sujet des Maternelles, sur France 5 sera « Prévenir l’homophobie (parler d’homosexualité avec ses enfants) ».

Jean a deux mamans
d’Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie.
7,70€, 170×170 mm, 20 pages, imprimé en Malaisie.
Dis, mamans
de Muriel Douru
Éditions gaies et lesbiennes
8,01€, 28 pages, lieu d’impression non indiqué.
Tango a deux papas et pourquoi pas ?
de Béatrice Boutignon
Le baron perché
16,30€, 280×220 mm, 40 pages, imprimé en France
Ulysse et Alice
d’Ariane Bertouille, illustré par Marie–Claude Favreau
Les éditions du remue-ménage et Bouton d’or Acadie
18,35€, 245×340 mm, 40 pages, imprimé au Canada
Marius
de Latifa Alaoui M., illustré par Stéphane Poulin
L’atelier du poisson soluble
13,50€, 170×210 mm, 28 pages, imprimé en France
À mes amourEs
de Claudine Galéa, illustré par Thisou
Le Rouergue
6,50€, 120×170 mm, 112 pages, imprimé en France
Oh, boy !
de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,50€ , 125×190 mm, 207 pages, imprimé en France
Cristelle et Crioline
de Muriel Douru
KTM éditions
14€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Titiritesse
de Xerardo Quintiá, illustré par Maurizio A. C. Quarello
OQO dans la collection O
12€, 250×230 mm, 48 pages, imprimé au Portugal
F comme garçon
de Isabelle Rossignol
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,40€ , 125×190 mm, 152 pages, imprimé en France
Tous les garçons et les filles
de Jérôme Lambert
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,20€ , 125×190 mm, 111 pages, imprimé en France
Qui suis-je ?
de Thomas Gornet
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,70€ , 125×190 mm, 101 pages, imprimé en France

A part ça ?

Qu’est-ce que l’homoparentalité ? C’est ce à quoi tente de répondre Martine Gross dans un petit livre très complet. Ici tout est abordé, de la sémantique à l’aspect juridique. On y parle bien sûr de l’intérêt de l’enfant, de l’adoption, de l’insémination artificielle,… On y lit des vécus de parents et d’enfants, des témoignages d’experts (scientifiques, psychanalystes,…). On va aussi parler de ce qui fâche (les idées reçues du genre qu’un enfant élevé par un couple gay a plus de chance d’être abusé, des arguments des « anti-homoparentalité »), de ce qu’il reste à faire (gageons que ça change les prochaines années)… bref un petit livre très complet, une mine d’information pour tous les gens qui vivent cette situation.
Qu’est-ce que l’homoparentalité ? de Martine Gross. Éditions Payot-Rivages, 7,50€.

Gabriel

26 réflexions au sujet de « Et si on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ? »

  1. Tango a deux papas m’a beaucoup touché. la qualité du texte et des illustrations y a été pour beaucoup.
    bravo pour cet article même si comme toi j’aimerais que cela soit devenu si banal qu’on n’ai pas besoin d’en parler…

  2. chouette chronique

    il y a aussi « La princesse qui n’aimait pas les princes » d’Alice Brière Haquet (illustré par the Lionel Larchevêque), chez Actes sud, où la princesse se tire avec la fée et ça, c’est bon ;))

  3. Toi qui es fan de…. comment as-tu pu oublier « On n’a rien vu venir »?
    ;-)
    J’aime bien cette chronique, même si elle est longue, mais je « tique » sur une phrase :
    « Enfin disons que des homos avec plein de manières, qui s’évanouissent à la vue du sang, parlent au féminin, cumulent les conquêtes,… bien-sûr que ça existe, mais est-ce qu’il faut forcément montrer cette image ? »
    Moi j’ai envie de dire « Et pourquoi pas les montrer? ». Ca existe aussi. On a le droit de les aimer aussi, et il est normal de les accepter aussi. Même si on n’aime pas cette attitude-là, ou qu’elle nous énerve parfois (ce qui est mon cas). C’est aussi une acceptation de la différence. J’ai un couple d’amis, dont l’un correspond à cette image. L’autre est le papa de 2 enfants, nés d’une « vie » précédente… ses enfants sont aussi très heureux, et aiment aussi son compagnon (qui les aime). Même si cela leur a souvent posé des problèmes relationnels à l’école, ils ont dû se battre (ça n’a certainement pas été facile c’est sûr) mais ils sont aujourd’hui de grands ados épanouis.
    Que l’on soit des parents traditionnels, homos, « grande folle », bipolaires, adoptants, mixtes, en prison, ou autres, c’est la relation au jour le jour avec les enfants qui est importante et « construisante ». Tous peuvent être montrés, après c’est aux parents d’être responsables de ce qu’ils transmettent.

      • Ah ben heureusement qu’ils ne sont pas systématiquement comme ça, la vie serait fatigante! C’est vrai que si le livre (pas lu) tend à faire croire que les homos sont tous un peu « folles », c’est réducteur !
        Mais pourquoi Marie-Aude Murail n’en choisirait pas un comme personnage, pour père ? Ca ne veut pas dire que tout le monde doit être comme ça, mais que eux aussi peuvent avoir l’envie, le droit d’être père. Et qu’on peut aussi en choisir un comme personnage de roman (à mon humble avis) et l’aimer – ou pas .

        • Non, le livre ne montre absolument pas que tous les homos sont comme ça!
          Et je suis complètement d’accord que je ne vois pas pourquoi il faudrait les cacher. Ici, Marie Aude Murail a flirté avec les clichés, avec brio, car le personnage le plus attachant, celui qui m’a ému au plus haut point, c’est bien ce personnage !!! Et s’il n’était pas comme il est décrit, l’histoire n’aurait pas lieu. Le but d’un roman n’est pas de faire de la pédagogie.
          « Oh boy » est un roman magnifique, que je conseille à tout le monde. Il ne fait absolument pas dans le « militantisme », « revendication », ou la « démagogie » (tout ce que je déteste). C’est un personnage, c’est tout. Ce livre n’est pas un prétexte pour parler des homos.

          • Oui on peut ne pas être d’accord, je ne dis pas que j’ai raison, je dis justement que j’ai eu ce débat avec quelqu’un qui n’était pas d’accord. C’est justement pour ça que j’en ai parlé dans l’article. Pour bien illustrer que c’est ma vision de la chose mais d’autres pensent l’inverse, ce que je respecte.

  4. Un article très intéressant pour la 500è.
    Je trouve que le sujet est bien choisi et j’espère comme toi que bientôt on aura un héros type Chamalo (je ne suis pas fan de Tchoupi) qui aura une famille homoparentale.
    Dans la litté de jeunesse il y a des personnages homosexuels, mais en effet peu de personnages ayant des parents homosexuels.

  5. Très bel article, sur le même thème j’ai aussi beaucoup aimé « Jérome par coeur » de thomas scotto et Olivier Tallec, un album pour les 6-8 ans environ.

  6. Chouette chronique.
    En roman je mettrais aussi l’excellent « je ne suis pas une fille à papa » de Christophe Honoré et du même « tout contre Léo » qui traite avec une infinie justesse à la fois de l’homosexualité et du sida…

  7. Bonsoir Gabriel,
    Je découvre votre blog que je trouve très intéressant et enrichissant !
    Vous transmettez beaucoup d’optimisme et de tolérance à travers vos articles.
    J’ai une fille de 6ans d’une union hétérosexuelle et j’ai retrouvé mon amour d’enfance (qui est une femme) avec qui je partage ma vie depuis 4 ans.
    Nous avons un projet d’enfant et je cherche quelques livres pour adoucir et faciliter l’explication de nos différences même si ma fille est une véritable machine à solutions ;-) … Les enfants sont spontanés et bourrés de bonnes idées ! Il n’y a jamais de problèmes !
    Je vais m’empresser d’aller acheter quelques livres dont vous avez parlé avec beaucoup d’intérêt.
    Mille mercis !

  8. Je rejoins les autres commentaires, c’est une très jolie chronique et surtout indispensable! Il est important de montrer que la littérature de jeunesse peut s’adresser à tous et à toutes. Les enfants doivent savoir dés leur plus jeune âge qu’il existe plusieurs modèles de familles. Et dans les familles homoparentales, il est nécessaire que les enfants retrouvent « leur famille » dans des livres.
    Je connaissais beaucoup de ces ouvrages et quand à ceux qu’il me manquent, je vais vite combler mon « retard » :)
    Un grand merci pour cette chronique!

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