La mare aux mots

Histoires mystérieuses

Par 22 août 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre deux histoires pleines de mystère. La première nous embarque à travers les océans à bord d’un drôle de taxi-baleine et la seconde nous plonge dans un univers peuplé de monstres étranges et d’ados amnésiques.

Taxi Baleine
Texte de Sandra Le Guen, illustré par Maurèen Poignonec
Little Urban
13,50 €, 239×275 mm, 33 pages, imprimé en Belgique, 2019.
Céphéide
Scénario de Clotilde Bruneau illustré par Melissa Morin
Glénat
17,90 €, 215×293 mm, 112 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2019.

Du berger à la bergère : d’Elodie Shanta à Mirion Malle

Par 21 août 2019 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les trois derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. Après Fanny Joly et Catharina Valcks, Clémence Pollet et Sandrine Thommen, Marc Daniau et Natalie Fortier, Gaya Wisniewski à Gaëtan Dorémus, Ella Charbon et Claire Lebourg, Ghislaine Roman et Csil, cette semaine c’est Élodie Shanta qui a choisi de poser des questions à Mirion Malle !

Elodie Shanta : Est ce que tu écris depuis toute petite ? Quel genre d’histoires écrivais-tu ? Quel·le·s étaient les héro·ïne·s de tes histoires ?
Mirion Malle : Oui, j’ai chez mes parents des cahiers où j’écrivais des débuts de romans, je n’étais pas très persévérante et je m’ennuyais vite alors ça faisait au final rarement plus de 10 pages. Je me rappelle bien de quelques histoires, par exemple ma première rédaction en CP c’était sur un lion qui avait mal aux dents car la viande humaine (la nourriture des lions) les fait pourrir, alors il partait en quête d’un arbre à viande mais végétale… et aujourd’hui je suis vegan… donc bon… on peut voir que j’étais prédestinée… À 7 ans j’ai ensuite commencé une œuvre qui s’appelait « Trois petites chattes », les aventures félines de trois petites chattes, donc, qui s’appelaient Coquine, Chipie et Câline, tout simplement. À 8 ans j’ai écrit aussi une sorte de roman avec une fille cool et riche et populaire qui avait un dauphin domestique. Donc vraiment de bonnes œuvres d’art.
Mais les vrais retournements de situation c’est quand j’ai lu le Journal d’Anne Frank à 10 ans (j’ai ensuite essayé de tenir plusieurs journaux intimes que j’abandonnais au bout de trois entrées), puis quand j’ai eu les cours sur les nouvelles fantastiques de Maupassant au collège, à 12 ans je pense ? En tout cas, je me suis mise à écrire des tonnes et des tonnes de nouvelles à chute et hyper glauques. Cette fillette mal en point dont le récit parle ? Elle est en fait morte depuis le début ET dans un camp de concentration ! Surprise ! La rédaction de mon bac blanc de français ? Tout simplement l’histoire de l’assassinat d’une jeune femme qui est en fait, plot twist, la première victime de Jack l’Éventreur. J’étais donc : hyper fun.
J’ai longtemps voulu être romancière, je ne faisais pas tant de BD au final, à part de nombreuses tentatives d’histoires de magical girls clairement pompées sur les W.I.T.C.H.

Elodie Shanta : Je sais que tu es très inspirée par le cinéma mais y a-t-il des œuvres de BD qui t’inspirent également aujourd’hui ?
Mirion Malle : Oui, des tas !! Déjà, il y a celles de Julie Delporte qui ont su parler exactement à ce qui me plaisait dans l’autobiographie en BD et qui ont complètement modifié mon rapport à mon travail de narration, dans l’autobio mais aussi en général. Je pense que c’est une des artistes qui a le plus marquée et je ne sais pas si ça se voit dans mon travail, mais ça m’a vraiment fait reconsidérer beaucoup de choses dans ma façon de raconter.
Il y a aussi le travail de Debbie Drechsler, qui je crois m’a fait comprendre que la forme devait aller avec le fond, qu’on ne dessine pas pareil selon ce qu’on veut raconter. Et puis ça a vraiment été un bouleversement de lire ses livres.
Sinon, en ce moment je travaille sur ma première fiction longue, et Les petits garçons de Sophie Bédard m’a beaucoup motivée et inspirée, je trouve que Sophie est une des meilleures dialoguistes actuelles, et je valorise beaucoup les dialogues en général. Je l’ai lu et puis j’avais envie de me remettre tout de suite au travail ! Enfin, j’essaie aussi dans mon dessin de revenir à mes premières amours : les shōjo manga, et particulièrement ceux d’Ai Yazawa et Mihona Fujii. Parce que je trouve que c’est un dessin vraiment expressif et nuancé, très vivant et souvent moqué (comme par hasard), et j’essaie d’incorporer cette influence quand même majeure dans ma vie dans mes bandes dessinées.

Elodie Shanta : Tu peux composer la BD de tes rêves : thèmes/scénariste/dessinateur·ice. Ça ressemble à quoi ?
Mirion Malle : Une BD sur le thème de l’amitié, co-dessinée et écrite par Élodie Shanta et Mirion Malle…

Mirion Malle : C’est quoi l’histoire qui t’a le plus marquée quand t’étais petite ou adolescente ? Genre, que ce soit un roman, une BD, un conte, un film, ou même un fait divers ou une légende urbaine sur un skyblog d’horreur ?
Élodie Shanta : Il y en a vraiment beaucoup mais un des trucs qui m’a marquée à plusieurs niveaux c’est le film Willow. Aujourd’hui je le découvrirais, j’arriverais pas à en venir à bout mais petite fille ça m’avait rendu dingue. Y’avait de la bagarre, des blagues, des sorcières, de l’amour. Et les trolls, des créatures qui m’ont filé des cauchemars pendant des mois. Aussi j’ai eu mon premier crush en la personne de Mad Martigan joué par Val Kilmer.
Sinon, marquée de façon plus violente, quand j’avais 4 ou 5 ans je suis tombée sur la scène de la douche dans Psychose chez mes cousins !

Mirion Malle : Est-ce que tu lis beaucoup de BD toi ? Est-ce que tu as l’impression que ça te nourrit ou plutôt que ça te « déconcentre » par rapport à ce que tu veux faire ? C’est qui ton autrice/auteur préf (de tous les temps ou en ce moment, ou les deux) ?
Élodie Shanta : Je lisais pas mal de BD oui. L’intégrale de Calvin et Hobbes assez jeune et je pense que ça m’a influencé sans que ça soit trop obvious. Plus tard j’ai lu Donjon et puis aussi des mangas, ce qui m’a le plus épaté c’est Akira Toriyama, j’étais et je suis encore fan de sa narration et de son trait. Mon auteur pref à l’heure actuelle c’est sûrement Mortis Ghost pour la fraicheur de sa narration et son dessin trop beau.
Sinon, je suis plus influencée par mes lectures, romans contemplatifs etc. que par des BD bien précises. D’ailleurs je lis plus tant de BD que ça aujourd’hui.

Mirion Malle : Tu m’as posé une question sur le cinéma alors en voici une sur les jeux vidéos : si tu devais en inventer un, il ressemblerait à quoi ? Quel type, quelle histoire, on jouerait qui et est-ce que les graphismes seraient beaux ?
Élodie Shanta : Alors, déjà ça serait soit du cell shading comme dans Zelda wind waker ou bien une très belle 2D en pixel.
Ça serait un genre d’action RPG simulation.
On jouerait une fille ou un garçon au choix.
Il y aurait une quête principale vraiment variée avec une aventure et plein de lieux variés, pas trop de quêtes secondaires chiantes. On pourrait aussi planter des trucs et les vendre une fois qu’ils ont poussé. Y’aurait plein d’items avec des icônes adorables, des villages avec plein de maisons visitables. Plusieurs gameplays différents, parfois de l’action mais aussi parfois de la réflexion. Il faut aussi de la magie en quantité raisonnable.

Bibliographie de Mirion Malle :

  • La Ligue des Super Féministes, texte et illustrations, La ville brûle (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Les règles… quelle aventure !, illustration d’un texte d’Élise Thiébaut, La ville brûle (2017), dont nous avons parlé ici.
  • Commando Culotte, texte et illustrations, Ankama Éditions (2016).
  • Héro(ïne)s : La Représentation féminine en bande dessinée, collectif, éditions du Lyon BD festival (2016).
  • Intinimitié amoureuse, avec Thomas Mathieu, Warum, (2013).

Son site : http://www.mirionmalle.com.

Bibliographie d’Élodie Shanta :

  • L’énigme de l’objet mystérieux, illustration d’un texte d’Alexandre Fontaine-Rousseau, Lapin éditions (2019).
  • Crevette, texte et illustrations, La pastèque (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Jujub’ et Bleble, texte et illustrations, Lapin éditions (2018).
  • Madame Musaraigne change de maison !, texte et illustrations, Vide Cocagne (2017).
  • Les Malheurs de Jean-Jean, texte et illustrations, Des ronds dans l’O (2016).
  • Marcelin Comète se balade dans le cosmos, illustration d’un texte de Marc Lizano, Des ronds dans l’O (2015).

Son site : https://elodieshanta.weebly.com.

Des contes du monde entier

Par 20 août 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose deux contes qui nous font voyager. Alionouchka qui nous plonge au cœur de la campagne russe et Soly ou la leçon d’humilité, un conte peul qui nous raconte la rencontre improbable entre un ermite et un roi… Bon voyage !

Alionouchka est une jeune fille intrépide et pleine de ressources ! Elle ne tient pas en place au grand dam de ses parents… Elle aime courir à travers champs, grimper dans les arbres, se servir d’un grand couteau bleu… Bref, Alionouchka n’a pas froid aux yeux ! Oui mais voilà, le danger rôde… On dit que des brigands sèment la terreur. Heureusement, Alionouchka a plus d’un tour dans son sac !
Avec Alionouchka Françoise Morvan nous propose de (re)découvrir un conte traditionnel russe qui met en scène une jeune fille forte et courageuse, prête à tout pour combattre les brigands. L’écriture est enlevée, on est happé dès la première page par l’ambiance qui se dégage de l’ouvrage. Les rebondissements s’enchaînent, les actions se succèdent, tout est formidablement bien rythmé. L’héroïne se révèle être un personnage romanesque génial, une jeune fille bien décidée à ne pas se laisser faire dans la vie, qui va à l’encontre des conventions sociales et des décisions prises par ses parents (notamment quand son père décide de la marier à un brigand… !). Les illustrations d’Étienne Beck nous plongent dans un monde bariolé. L’utilisation de couleurs vives participe à la création d’une ambiance tout à fait singulière, étrange et onirique. C’est beau, étonnant et drôle. Bien construit, l’album séduira les plus jeunes et leur permettra une petite immersion au sein de la culture russe !
Un beau conte, poétique et féministe !

Il était une fois le royaume de Soulé gouverné par un roi : Seydou. Un monarque craint par tous les sujets. Tous… sauf un. Sur le flanc d’une montagne vit un homme, Soly. Un homme libre, en harmonie avec la nature et bien décidé  à se tenir à l’écart des hommes. Intrigué par ce personnage, Seydou décide de le rencontrer. À son contact, le roi va se transformer et apprendre l’humilité…
Soly ou la leçon d’humilité est un conte initiatique peul. La construction de l’histoire est simple : elle met en scène deux personnages : le « vieux » sage incarné par Soly et le « jeune » roi hautain et autoritaire qui va, au contact de l’ermite se transformer pour devenir un bon roi. La leçon que lui enseigne Soly est simple : il doit apprendre l’humilité. Pour se faire, Seydou va devoir voyager, faire des expériences singulières qui l’enrichiront et le transformeront. L’histoire est belle, bien narrée par Amadou Hampâté Bâ. Le vocabulaire, riche et imagé. Le récit est porté par les sublimes illustrations de Sara Quod. On se retrouve plongé·e  au cœur d’une nature riche et luxuriante. L’album — tant dans le texte que dans les illustrations — respire la sérénité et la quiétude. La morale est tout à fait compréhensible par les plus jeunes : le pouvoir n’est rien sans sagesse, et l’on ressort de cette « leçon d’humilité » grandit.
Un très beau conte africain qui défend une thèse universelle, une ode à l’humilité !

Alionouchka
Texte de Françoise Morvan, illustré par Étienne Beck 
Éditions MeMo
16 €, 225×295 mm, 40 pages, imprimé en France, 2019.
Soly ou la leçon d’humilité
Texte d’Amadou Hampâté Bâ, illustré par Sarah Quod
Les éditions des éléphants
15 €, 272×307 mm, 40 pages, imprimé en France, 2019.

Un road-trip, un roman noir : deux lectures surprenantes

Par 19 août 2019 Livres Jeunesse

Mes deux conseils du jour sont des romans qui se dévorent. L’un est une histoire loufoque entre Floride et Géorgie, l’autre est un roman noir sur une adolescente au destin bien sombre.

Louisiana
de Kate DiCamillo (traduit de l’américain par Antoine Pinchot)
Didier Jeunesse
13,90 €, 145×215 mm, 160 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2019.
Je voulais juste être libre
de Claire Gratias
Le Muscadier dans la collection Rester vivant
13,50 €, 140×190 mm, 216 pages, imprimé en Slovaquie chez un imprimeur écoresponsable, 2019.

En vacances, on se laisse porter et rêver

Par 16 août 2019 Livres Jeunesse

Pour beaucoup d’entre nous, les vacances sont synonymes de repos, de flânerie et de temps libre. Voici deux albums parfaits pour nous aider à nous laisser porter.

Roberto & Gélatine, une grande histoire pour les grands
Texte de Germano Zullo, illustré par Albertine
La Joie de lire
14,90 €, 220×160 mm, 80 pages, imprimé en Lettonie, 2019.
Vacances d’été
de Mori
HongFei
13,90 €, 220×220 mm, 28 pages, imprimé en République Tchèque chez un imprimeur écoresponsable, 2019.
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