La mare aux mots
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À grands pas

Entre rire et émotion, avec Séverine Vidal (+ concours)

Par 5 juin 2014 Livres Jeunesse

Séverine Vidal est un auteur dont nous vous parlons régulièrement, quelqu’un dont nous suivons le travail depuis le début du blog. Elle a sorti trois très bons ouvrages ces dernières semaines qui montrent l’étendue de son talent. Un petit garçon au caractère bien trempé, des bonheurs sonores et un père qui a connu le pire, trois livres bien différents que je voulais vous présenter aujourd’hui.

nestor maudits mercredisC’est fini, Nestor arrête la pâte à modeler, il l’a décidé. Ce n’est pas la première fois que Nestor abandonne une activité… il y a eu la poterie, le macramé, le scrapbooking, la peinture sur soie… Faut dire que ce petit garçon refuse d’aller au centre de loisirs le mercredi, alors il faut bien lui trouver une activité, mais rien ne semble lui correspondre. Allez on ne baisse pas les bras et l’on tente d’en trouver une. Nestor va donc essayer le rugby, le théâtre, la pêche, le dessin, l’équitation ou encore la collec « de collec »… Arrivera-t-il à occuper ses mercredis ? Vous le saurez en lisant Nestor maudits mercredis !

Nestor nous rappelle un peu Arsène, autre personnage de Séverine Vidal. Petit garçon qui, même s’il pourrait devenir horripilant à tout laisser tomber, reste vraiment touchant. Bien entendu, il a chaque fois une très bonne raison d’abandonner son activité : le rugby c’est salissant, le théâtre c’est bien si l’on joue le rôle du prince charmant pas une coccinelle… Les enfants vont se reconnaître dans cette BD pleine d’humour dont les illustrations sont signées Marc Lizano. Les fans de Séverine Vidal reconnaîtront une allusion à un autre de ses albums, La grande collection. Une super BD pour les jeunes lecteurs (et même avant).
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Les bruits chez qui j'habiteLe bruit de la tondeuse qui indique que c’est le printemps, le bruit d’une douche qui rappelle que c’est presque le moment de se lever puis ce sera le son du café qui s’écoule et des tartines qui sautent, le blabla des grands quand, parce qu’il y a des invités, on s’est endormi sur le canapé et qu’on entend des paroles sans les entendre vraiment, le « aïe » suivi d’un gros mot qui indique que maman s’est cognée… tous ces bruits chez qui l’on habite.

C’est une petite fille (qui ressemble beaucoup à Séverine Vidal elle-même, d’ailleurs) qui nous raconte ses bruits… et pourtant ce sont aussi, pour la plupart, les nôtres. De petits textes extrêmement poétiques mis en images par des collages et des crayonnés signés Claire Cantais. Les illustrations sont aussi tendres (sans mièvrerie) que le texte. Les enfants souriront de se reconnaître, les adultes seront émus de retrouver des morceaux de leurs enfances. Un petit album très très fort, peut-être le plus beau de Séverine Vidal. Un superbe objet autant (plus ?) pour les adultes que pour les enfants.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

huit saisons et des poussièresDeux ans, un mois et seize jours soit huit saisons et des poussières. Une longue période quand on est enfant, deux ans, un mois et seize jours. C’est le temps qu’Amos a passé sans son père. Mais il est enfin revenu, sauf qu’il ne parle presque pas, il est assis dans le fauteuil du salon et regarde devant lui. Il est là, c’est tout. Sarah, la grande sœur d’Amos, ne comprend pas pourquoi son père ressemble à un fantôme, pourquoi il crie la nuit pendant ses cauchemars. Leur mère, elle, est parfois gênée et pose sa main sur le numéro qui est tatoué sur l’avant-bras de son mari pour le cacher. Amos garde espoir, il va retrouver son père, il va donc lui parler, lui raconter les huit saisons et des poussières sans lui, et peut-être qu’un jour…

Un album fort pour un sujet fort. Un père qui revient de la guerre, d’un camp de concentration. Des enfants qui aimeraient retrouver celui qu’ils ont connu et pas un fantôme. Des camarades qui se moquent. Sans que ça ne soit jamais trop dur, Séverine Vidal nous raconte cette nouvelle vie, ces retrouvailles difficiles, cet « après » avec beaucoup de justesse, de pudeur. Les illustrations d’Anne Montel accompagnent à merveille le texte et le rendent même encore plus doux. Plus proche du roman jeune lecteur que de l’album classique (il y a beaucoup de texte), Huit saisons et des poussières est un très bel album, de ceux qui marquent.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Séverine Vidal (J’aime mes cauchemars, Méga-Loup, Fées d’hiver, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresse, Noël à l’endroit, Mon secret rit tout le temps, 55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps), Claire Cantais (On n’est pas des poupées et Avec de l’ail et du beurre) et Anne Montel (Le temps des mitaines et Le crafougna ). Retrouvez aussi nos interviews de Séverine Vidal et Anne Montel.

Nestor, maudits mercredis
Texte de Séverine Vidal, illustré par Marc Lizano
Didier Jeunesse
9,90 €, 160×217 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les bruits chez qui j’habite
Texte de Séverine Vidal, illustré par Claire Cantais
L’édune
14,50 €, 170×210 mm, 40 pages, imprimé en UE, 2014.
Huit saisons et des poussières
Texte de Séverine Vidal, illustré par Anne Montel
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50 €, 185×260 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014.


À part ça ?

Cet été, ce sont vos enfants qui vont poser des questions aux professionnels de la littérature jeunesse.
Les deux premiers étés de La mare aux mots nous avons proposé des fiches métiers, le but était de mieux connaître les métiers qui ont rapport à la littérature jeunesse. Seize métiers… il n’en reste pas assez pour faire un autre été !
Donc cet été, ce sont vos enfants qui vont poser des questions aux auteurs, illustrateurs, éditeurs… Envoyez-nous leurs questions à maquestion@lamareauxmots.com et nous soumettrons les questions les plus rigolotes, originales, pertinentes… aux auteurs, illustrateurs, éditeurs…
Ce doit être des questions « générales », pas une question à quelqu’un en particulier que nous soumettrons chaque fois à plusieurs personnes qui peuvent être concernées.
Ceux dont les questions ont été retenues (ou le premier qui l’a posée en cas de même question posée plusieurs fois) recevront un petit cadeau.
On attend donc les questions de vos enfants ! (jusqu’au 15 juin)

Gabriel

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Pages d’Histoire

Par 4 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage dans le passé. Quand les albums parlent de notre Histoire.

Alex et léon dans les camps françaisJuin 1942, Alex et Léon sont deux enfants juifs. Ils doivent désormais porter sur leurs vestes une étoile jaune et, par le fait, supporter les moqueries de leurs camarades. Dorénavant, ils n’auront plus le droit d’aller dans les parcs qui sont interdits aux juifs et ne pourront plus prendre que le wagon de métro qui leur est réservé. Leur mère les protège, leur père cherche un moyen de fuir. Malheureusement, c’est dans des camps que seront amenés Alex et Léon et leur famille. Tout d’abord, Nexon puis Rivesaltes et enfin Gurs, en attendant la libération.

Parler des camps de concentration aux enfants n’est pas chose aisée, Rolande Causse et Gilles Rapaport y sont arrivés. Avec beaucoup de délicatesse, sans détails sordides, ils nous racontent le parcours de deux enfants (qui font partie des chanceux qui s’en sortent). Graphiquement, c’est un album extrêmement intéressant. C’est à partir de photos d’époque que Gilles Rapaport a travaillé (les photos sont d’ailleurs en fin d’ouvrage). Les vrais visages sont mêlés à la peinture pour un résultat des plus réunis. Un bel album pour parler d’un sujet grave, une des plus noires pages de notre Histoire.
Des extraits en ligne.

Les cloches de la Libération1943. Pauline et son grand-frère ont une mission. La cloche que leur grand-père avait installée en haut de l’église a été décrochée par les Allemands. Ils veulent la fondre pour en faire des obus. Les enfants ne veulent pas laisser faire ça. Ils vont mener l’enquête pour la retrouver et tenter de la sauver.

C’est une histoire peu connue de la Seconde Guerre Mondiale que nous raconte Fabian Grégoire. Car ici tout est basé sur des faits réels, ils nous sont d’ailleurs racontés en fin d’ouvrage dans une partie documentaire richement illustrée de photos et documents d’époque. Rien de dur dans Les cloches de la libération, juste une sorte de récit d’aventures où deux enfants veulent sauver une chose chère à leurs yeux, avec la guerre en arrière-plan. Un bel album/documentaire sur une jolie histoire dans l’Histoire.


Tache d'encreParmi les élèves du jeune instituteur qui rabâche sa haine des boches, il y a Émile. Un peu cancre, un peu boute-en-train, Émile est sans nouvelle de son père, parti à la guerre. Il a peur de le voir rentrer avec des membres en moins. Nous sommes en 1914, la guerre est loin d’être finie.

Le duo de Fais tes contes signe ici un album complètement à l’opposé du précédent. Tache d’encre nous raconte des écoliers sans nouvelles de leurs pères, partis à la guerre. Ici, c’est un album très dur, avec une fin tragique, mais c’est ça aussi la réalité de la guerre. Dans les illustrations (auxquelles j’avoue ne pas avoir accroché personnellement, je trouve qu’elles font très croquis) sont cachées des images en trompe l’œil, les enfants pourront partir à leur recherche. Un album sur la Première Guerre Mondiale qui nous raconte l’attente et l’espoir, parfois déçu, de voir rentrer les pères partis combattre.
Des extraits en ligne.

Un bond de géant

Nuit entre le 20 et le 21 juillet 1969. Pour June, c’est une grande nuit, c’est son papa qui le lui a dit. Pendant que des millions de gens se demandent ce qu’il y a derrière la lune, sur le côté qu’on ne voit pas d’ici, June, elle se demande quel visage se cache de l’autre côté du ventre de sa maman. Dans la salle d’attente, elle attend. Des Américains posent un pied sur la lune, June devient une grande sœur.

On termine par un sujet plus léger (surtout qu’il est aussi question de naissance) et surtout par un gros coup de cœur. Je ne vais pas vous redire à quel point je suis fan du travail de Barroux… oh et en même temps pourquoi s’en priver ? Graphiquement, Un bond de géant, 1969 on a marché sur la lune est une merveille. Cet illustrateur de génie a encore fait un travail extraordinaire pour accompagner le très beau texte de Thomas Scotto. On parle donc ici des premiers pas sur la lune et d’une naissance, d’une petite fille qui s’étonne que tout le monde ne parle que du premier évènement et pas du second (tous les enfants on vécut ça, ne pas comprendre pourquoi la télé n’annonce pas la naissance du petit frère ou la mort de la mamie). Un album extraordinaire sur les premiers pas sur la lune (avec une partie documentaire en fin d’ouvrage) ou tout simplement sur une naissance.
Le même vu par Les lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Stéphane Millerou et Quitterie Laborde (Fais tes contes) et Barroux (Méga-Loup, Mon voyage en gâteauKako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi notre interview de Barroux.

Alex et Léon dans les camps français 1942/1943
Texte de Rolande Causse, illustré par Gilles Rapaport
Circonflexe
15 €, 235×298 mm, 30 pages, imprimé aux Émirats Arabes Unis, 2013.
les cloches de la libération
de Fabian Grégoire
L’école des loisirs dans la collection Archimède
12,70 €, 220×280 mm, 45 pages, imprimé en France, 2013
Tache d’encre
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Quitterie Laborde
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50 €, 186×267 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune
Texte de Thomas Scotto, illustrations de Barroux
Kilowatt dans la collection Un jour ailleurs
15,80 €, 196×268 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Georges CHAISELe numéro Chaise de Georges est sorti. Comment ? Quoi ? Vous ne connaissez pas Georges ? C’est un Drôle de magazine pour enfants, une revue classe pour les enfants (comprenez beau papier et contenu de qualité) qui est bien connu des gens qui aiment les illustrations graphiques. Alors comme personnellement, justement, les illustrations graphiques, c’est pas forcément mon truc j’avoue ne pas avoir pris de nouvelles depuis longtemps de ce bon vieux Georges, mais le Salon du Livre de Paris m’a fait le recroiser. Et ça m’a fait comme quand on recroise un vieux copain et qu’on se souvient à quel point on l’aimait bien en fait. Alors que trouve-t-on dans ce numéro Chaise (car oui, chaque numéro de Georges est par rapport à un sujet, il n’y a pas de numéro ici) ? Une histoire de la géniale Delphine Perret (et pas le genre petite histoire, non non non une histoire de 10 pages avec de belles illustrations) dans laquelle il est question d’un enfant qui a reçu une chaise en cadeau, une interview d’un des protagonistes de l’histoire, le cheval (ok, ce n’est qu’un figurant, mais c’est toujours intéressant), une BD, l’histoire (vraie) de deux designers de chaises, la suite d’une histoire à suivre (extrêmement graphique, pour le coup), des jeux (sept différences, jeux de lettres, jeux d’observations…) et même des loisirs créatifs (on va fabriquer une chaise et une maison en carton) et même de la cuisine (des recettes de canapés). Une soixantaine de pages pour une revue vraiment très classe (je l’ai déjà dit, mais ça lui va bien). Pour le bonheur des enfants et de leurs parents !
Georges, numéro Chaise, 8,90 € (34 € par abonnements, 4 numéros). Renseignements : http://www.magazinegeorges.com.

Gabriel

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Aller vers l’autre

Par 9 décembre 2013 Livres Jeunesse

Avant que vous ne boucliez votre liste de Noël* je voulais absolument vous présenter Le grand arbre et autres histoires… seulement, j’avais du mal à trouver avec quels livres le chroniquer. En fait, les quatre histoires qu’il comporte parlent toutes, d’une manière ou d’une autre, d’aller vers l’autre… ça sera donc le thème de cette chronique.

Le grand arbre et autres histoiresUn homme très riche avait eu comme lubie d’acheter un arbre qu’il trouvait magnifique, il fallait donc le déplacer, il le voulait chez lui. Seulement les racines de l’arbre étaient liées à celles d’un arbrisseau, en coupant ces liens les deux mourraient. Le petit arbre appartenait à une vieille dame qui n’était pas prête à le vendre, mais qui allait changer la vie de l’homme.

Un petit garçon, fan de l’homme invisible, rencontre un jour un accordeur de piano aveugle. Pour ce dernier le petit garçon était tel que son héros, invisible. L’enfant décida de lui apprendre les couleurs. Une belle histoire entre les deux était née.

Un vieux lapin demandait chaque année trois jours de vie en plus à tous ses amis en cadeau d’anniversaire. Seulement les années passant, il se trouvait de plus en plus vieux et n’avait plus envie de ces bonus. Après avoir appris toutes ses connaissances de jardinier au jeune Touneuf il lui demanda de faire savoir à tout le monde que désormais il fallait lui offrir autre chose… et le laisser partir.

Léontine était si timide qu’elle se cachait sous un rideau de cheveux. Les autres se moquaient. Elle se souvenait à peine de son père, mort quand elle était petite, mais sa mère lui disait qu’elle avait ses cheveux, c’est dire l’importance pour elle de sa chevelure qu’elle n’avait jamais coupée. La rencontre avec Olaf allait changer sa vie.

Quatre histoires absolument magnifiques sont réunies ici dans un très bel album au beau papier et à la couverture épaisse. Rémi Courgeon aborde de nombreux thèmes : le partage, la transmission, l’amitié, l’amour, la timidité, les gens qui changent notre vie… C’est une super idée que d’avoir réuni ici ces quatre histoires. C’est typiquement le genre d’album qu’on garde précieusement, dont on se souvient encore une fois adulte (vous avez remarqué que les albums qui nous ont le plus marqués enfant sont des recueils d’histoires ?). Les illustrations de Rémi Courgeon sont superbes et il fait passer de très beaux messages dans ses histoires pleines de sens. Un magnifique album, cadeau parfait pour les fêtes de fin d’année.

Le MurNahum était un jeune berger. Il s’était un peu perdu dans le désert, au milieu de la tempête de sable. Son seul agneau avait disparu. Pas de doute, le vent l’avait emporté et il était passé derrière le grand mur qui bordait le désert. Personne ne savait ce qu’il y avait derrière ce mur. L’océan pour certains, un monde d’autrefois rempli de bêtes féroces pour d’autres. Et si Nahum allait voir par lui-même ce qu’il y avait derrière ce mur et qui y vivait ?

Le mur est un magnifique album signé François Aubin. Ici, on parle de l’inconnu, de la peur qu’il déclenche en nous, on parle aussi des frontières, de la peur de celui qui est de l’autre côté de la barrière. La première rencontre entre Nahum et celui qui vit derrière le mur donne lieu à une double planche sans texte, juste les deux visages qui se découvrent l’un l’autre. Vraiment très beau.

MélinaC’est un jour de pluie que Mélina est arrivée dans l’école. Les enfants attendaient qu’il se passe enfin quelque chose dans leurs journées monotones, c’est une jeune fille de passage qui allait mettre du piment dans leur journée. Car Mélina n’était pas faite pour rester, avec ses parents elle bougeait tout le temps, d’où le nom qu’on leur donnait « gens du voyage ». Pourtant se poser de temps en temps serait agréable, mais comment faire quand on se fait traiter de voleur de poules, que les gens font tout pour vous faire partir ? Les héros de cette histoire ne comprennent pas… surtout qu’ils n’ont pas de poule à voler. Eux aimeraient que Mélina reste un peu avec eux…

Ah, les mots d’Alice Brière-Haquet… son écriture si poétique. Ici encore, elle nous raconte avec une infinie poésie, beaucoup de délicatesse cette histoire de gens qui refusent d’accepter ceux qui sont différents d’eaux, d’enfants qui ne comprennent pas la haine des adultes. Les jolies illustrations de Leïla Brient (bien que parfois un peu trop numériques à mon goût, mais c’est personnel) accompagnent parfaitement ce très joli texte. Une belle histoire pour rappeler la bêtise humaine et les a priori idiots.

Mon secret rit tout le tempsElle le voyait souvent sur son banc, ce vieux monsieur un peu original. L’air un peu triste il restait là à parler aux oiseaux. Elle avait même décidé de lui donner un nom : Marcello. Et malgré qu’on lui ai dit de se méfier (il faut toujours se méfier des originaux), elle avait décidé de lui parler. Très vite, ces deux-là se sont liés, il a commencé à sourire, mais il fallait surtout garder cette amitié secrète, que penseraient les parents…

Ici aussi, c’est une très belle histoire sur l’amitié que nous raconte Séverine Vidal. L’amitié transgénérationnelle, en se moquant des a priori et des on-dit. Parfois, il faut désobéir aux adultes, ne pas se fier à leurs peurs. Parfois, les enfants ont raison de ne pas voir le mal partout. Peu importe l’âge, peu importe le sexe, peu importe l’apparence quand on a un ami (qui rit tout le temps de surcroît).
Le même vu par Le tiroir à histoires.

Simon et NaslatDans la classe de Simon, il y a Naslat. Simon ne voit qu’elle même si elle ne le regarde pas. Simon est ailleurs, il pense à Naslat, la petite fille pas toujours très sage et à qui il n’ose pas donner la main quand le maître demande de se mettre deux par deux. La jolie Naslat qu’il observe en cachette. Un jour peut-être que Simon osera dire à Naslat qu’il est amoureux d’elle.

Dans la classe de Naslat il y a Simon, celui que personne ne voit tellement il est timide, mais Naslat, elle, ne voit que lui. Parfois Naslat semble dans la lune, mais elle pense à Simon, elle pense qu’elle aimerait bien qu’il la regarde, elle pense qu’elle aimerait bien qu’il lui donne la main quand le maître demande de se mettre deux par deux. Naslat rêve, un jour peut-être qu’elle osera dire à Simon qu’elle est amoureuse de lui.

Simon et Naslat est un livre qui se lit dans les deux sens, d’un côté l’histoire de Simon, de l’autre celle de Naslat. Deux histoires qui nous montrent en parallèle deux personnages qui n’osent pas aller vers l’autre (alors qu’ils sont amoureux l’un de l’autre). Le texte d’Hélène Rice est très sensible, poétique, plein de douceur. Les illustrations de Ninamasina accompagnent avec beaucoup de délicatesse ce bien joli texte. Parfois, il faut oser aller vers l’autre…
Le même vu par Enfantipages.

*il y aura encore des idées cadeaux lundi prochain donc ne bouclez pas encore !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Rémi Courgeon (Contes d’AfriquePieds nus, Toujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley), François Aubin (Ma maison de nuit), Alice Brière-Haquet (Pierre la Lune, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ?, Perdu !, et Mademoiselle Tricotin), Leïla Brient (Les écharpes de Mamie Berthe), Séverine Vidal (55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et Vanessa Hié (Le carnaval des animaux). Retrouvez aussi nos interviews d’Alice Brière-Haquet, de Rémi Courgeon et de Séverine Vidal.

Le grand arbre et autres histoires
de Rémi Courgeon
Mango Jeunesse
19,50€, 210×285 mm, 106 pages, imprimé en Slovénie, 2013.
Le mur
de François Aubin
Points de suspension
15€, 200×230 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mélina
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Leïla Brient
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50€, 187×267 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Mon secret rit tout le temps
Texte de Séverine Vidal, illustré par Vanessa Hié
Kilowatt
12,90€, 197×267 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Simon et Naslat
Texte de Hélène Rice, illustré par Ninamasina
Philomèle
13€, 155×215 mm, 40 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.

A part ça ?

Maman Baobab raconte son Montreuil (dans lequel je suis un peu présent…) c’est ici !

Gabriel

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