De belles amitiés

Un éléphant dans mon arbreUne petite fille est une reine d’un pays immense, son pays c’est son arbre, un arbre géant. Un arbre si grand qu’elle n’en a pas encore fait la visite complète. Un jour où elle explorait un nouvel endroit, elle découvrit un éléphant qui tricotait sur une branche. Que faisait-il là ? D’après lui, il attendait son train ! Faut pas croire les éléphants, ils sont farceurs…
C’est une magnifique histoire d’amitié que nous conte Barroux. Bien sûr, il est question aussi de l’imaginaire des enfants, des mondes et des amis qu’ils s’inventent. C’est à la fois drôle et poétique, tant dans les illustrations (les illustrations de Barroux sont toujours superbes) que dans le texte.
Vous n’avez jamais vu d’éléphant dans un arbre ? Vous comprendrez pourquoi en lisant le magnifique Un éléphant dans mon arbre de Barroux.

SouriceauSaperlipopette ! est heureux, il a une belle maison et un jardin parfait. Sauf qu’un jour il s’aperçoit qu’une de ses fenêtres n’est pas droite ! Il faut la redresser et son ami Ours, qui est grand et fort, va l’aider. Ours redresse la fenêtre… mais elle lui reste dans les mains ! Saperlipopette ! Heureusement que Écureuil est là, il est drôlement bricoleur il saura réparer ça… sauf qu’en enfonçant un clou dans le mur il perce un tuyau et très vite c’est l’inondation ! Loutre et Élan vont aussi venir aider… et aggraver la situation ! Une maison parfaite qui avait juste une fenêtre de travers est maintenant complètement dévastée… Que faire ?
Dans Saperlipopette ! On parle de la recherche de la perfection… qui n’existe pas ! Et à vouloir plus, on finit souvent par avoir moins. On parle aussi des amis, qui malgré leurs défauts, sont souvent bien utiles (car oui après avoir tout cassé, ils vont faire une belle surprise à Souriceau).
Un très bel album, avec des répétitions comme les enfants aiment pour les reprendre avec nous et de très jolies illustrations pleines de douceur sans être mièvres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Barroux (Le jour où j’ai rencontré le monstre, Halb, l’autre moitié, Un bond de géant – 1969 on a marché sur la Lune, Méga-Loup, Mon voyage en gâteau, Kako le terrible et La rentrée de Noé) et nous l’avons aussi interviewé.

Un éléphant dans mon arbre
de Barroux
Kilowatt
12,90 €, 196×267 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Saperlipopette
Texte de Sean Taylor (traduit par Rose-Marie Vassalo) illustré par Sally Anne Garland
Père Castor
12 €, 233×265 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2014.

Des amis perchés

Nos deux héros du jour vont trouver l’amitié perchée sur un arbre.

Léopold et le chat perchéLéopold vit avec ses deux pères sur un bateau de pirate, c’est d’ailleurs ce qu’il est, un pirate ! Le cuisinier du bateau interroge un jour l’enfant pour savoir si l’école ne lui manque pas. L’école ? Léopold ne s’était jamais posé la question ! Il voudrait voir ce que c’est, ses pères acceptent. Mais quand, en classe, Léopold doit dessiner sa famille, personne ne le croit, « les enfants pirates, ça n’existe pas ! ». Léopold devra prouver qu’il est bien, qui il dit être.
Oups éditions est une nouvelle maison d’édition dont le but est la banalisation de l’homoparentalité. Ici, Léopold a deux papas, mais c’est juste une donnée, ça ne change rien à l’histoire, disons-le clairement, on s’en fout qu’il ait deux papas ! Et ça, c’est quand même une super idée. Je l’avais déjà dit, on avancera beaucoup plus avec des livres où les « différences » sont des données parmi tant d’autres qu’avec des livres « militants » qui ne s’adressent qu’aux gens concernés (je rêve d’un copain de Tchoupi ou de Petit Ours brun vivant dans une famille homoparentale).
Ici, on parle de l’école, de l’amitié, du fait de se défendre autrement que par la violence. Et surtout, c’est le talentueux Loren Bes qui illustre cette histoire, et c’est franchement beau !
Pour tout savoir sur cette jolie maison d’édition : http://www.oupseditions.fr.

Le renard perchéUn enfant voit un renard perché sur une haute branche d’un arbre. Celui-ci lui explique qu’il attend un ami, c’est pour ça qu’il regarde au loin. L’enfant se joint à lui, ensemble ils vont attendre. Il va aussi nourrir l’animal qui n’ose pas descendre de peur de rater son ami. Il y aura aussi la pluie, le vent, mais rien n’y fait, tous deux continuent d’attendre. Mais l’enfant s’interroge, que se passera-t-il quand l’ami arrivera ? Il s’entend si bien avec le renard…
Le renard perché est un album extrêmement poétique, tant dans le texte que dans les illustrations. On parle ici, vous l’aurez compris, d’amitié. C’est très doux, très tendre, c’est le genre d’album qu’on lit et relit avec plaisir et qu’on peut même ouvrir pour admirer les illustrations délicates. Bien sûr, on repense à un livre bien connu (et avec lequel j’ai personnellement du mal), mais ici il n’est pas question d’apprivoiser, mais plutôt de rencontre, d’amitié partagée, l’animal est ici à égalité avec l’enfant.
Un album aussi esthétique que poétique sur l’amitié.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs ouvrages de Loren Bes (Le monde imaginaire de Martin, Les yeux du parapluie et Raconte-moi la Révolution…) et nous l’avons également interviewé.
D’autres livres sur l’homoparentalité et l’homosexualité dans notre album Pinterest.

Léopold et le chat perché
Texte de Muriel Montagut, illustré par Loren Bes
Oups éditions
14 €, 210×210 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le renard perché
Texte de Quitterie Simon, illustré par Magali Dulain
Casterman dans la collection les albums Casterman
13,95 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.

Le grand retour

C’est le grand retour, que tu l’ veuilles ou non
De celui dont tu maudissais le nom
C’est le grand retour, un peu improbable,
D’un drôle de rôdeur, certes infréquentable,
Mais sympathique en diable

Le grand retour, Alain Chamfort

Et oui nous voilà de retour ! Et pour cette rentrée, j’avais envie de vous parler de quatre coups de cœur que j’ai eus cet été. Une chronique un peu plus longue, donc, mais avec que du bon !

RaphaëlJérôme par coeur aime Jérôme, il le dit d’ailleurs, c’est facile : Raphaël aime Jérôme. Il aime quand il lui tient la main et quand ils se cascadent de rigolade.
Les parents de Raphaël apprécient beaucoup ce jeune garçon bien élevé même si son papa trouve dommage qu’il n’aime pas le football. Pourtant un matin alors que Raphaël parle de son rêve de Jérôme son père s’agace. Mais Raphaël aime Jérôme, il le dit, c’est très facile.

Jerôme pas coeur par Za

Extrait volé au Cabas de Za

Les jours de sortie au musée des tableaux, c’est moi qu’il choisit pour être bien en rang.

C’est pour ça que je l’aime, Jérôme

Ça ne me dérange pas.
Raphaël aime Jérôme.
Je le dis. Très facile

Jérôme par cœur m’a été conseillé par Chloé Marot de Causette (lire son article ici). Et qu’elle a eu raison de me parler de cet album que je ne connaissais pas ! Quelle délicatesse, quelle poésie ! Tant dans le texte de Thomas Scotto que dans les illustrations d’Olivier Tallec. Certains y verront une amitié très forte, d’autres un petit garçon qui aime les garçons sans savoir encore ce que cela implique (lalbum est d’ailleurs dédié au Xavier d’Anne Sylvestre, chanson qui m’a valu de sacrés débats avec un copain sur le thème Xavier est-il homo ou pas).
Raphaël est un rêveur, un garçon légèrement différent des autres qui est bien content d’avoir trouvé Jérôme. Tout simplement magnifique.
Le même vu par Le cabas de Za.

DansCombien de terre faut-il à un homme- l’Ouest sibérien, Pacôme vivait avec sa femme et ses trois enfants. Ce paysan n’était pas riche, mais sa famille mangeait à sa faim. Pourtant il voulait plus, et quand il eut plus il voulut encore plus. Cette envie jamais assouvie le pousse à partir loin, puis encore plus loin, chez les Bachkirs. Là, on lui propose un étrange marché, il aura autant de terre qu’il peut en faire le tour en une journée. Seulement dans son envie d’avoir plus, Pacôme pense à aller le plus loin possible, mais pense peu au retour…

Combien faut-il de terre à un homme ?C’est une magnifique (et tragique) histoire de Tolstoï qu’adapte ici, avec beaucoup de talent, Annelise Heurtier. Un conte russe qui a plus d’un siècle et qui est pourtant tout aussi parlant aujourd’hui. À force de vouloir toujours plus, qu’avons-nous au final ? L’histoire est magnifique et la plume d’Annelise Heurtier est très belle, mais surtout le livre est sublimé par les illustrations de Raphaël Urwiller (un des membres d’Icinori dont nous avions adoré Issun Bôshi). De plus, Thierry Magnier a fait un bien bel ouvrage avec un beau papier épais.
Un bien beau livre, tant sur le fond que sur la forme, pour se rappeler que l’important est de profiter de ce que l’on a plutôt que d’en vouloir toujours davantage.

L’heureLa retraite de Nénette de la retraite a sonné pour Nénette, l’orang-outang du Jardin des Plantes à Paris. Faut dire qu’elle vivait enfermée depuis qu’elle était enfant, il était temps qu’on la laisse partir. On lui dégote donc un petit deux pièces sous les toits à Paris et on lui donne quand même quelques consignes : manger équilibré, faire un peu de sport, prendre ses médicaments pour la tension et nourrir le petit chat. Seulement, Nénette a du mal à suivre tout ça, elle mange surtout des bananes et elle grossit de plus en plus… Et si sa vie était ailleurs ?
Quel magnifique ouvrage ! Claire Lebourg a écrit, illustré et même édité ce très bel objet (là aussi tant au niveau du contenu que du contenant !) et soyons franc, je n’ai jamais vu un livre autoédité d’une telle qualité (à tout point de vue). Les illustrations sont superbes, le papier épais et l’histoire aussi drôle que poétique. Claire Lebourg s’est inspirée de la vraie Nénette du Jardin des Plantes (qui a moins de chance que son héroïne, car, elle, vit toujours enfermée). Au-delà de ça, on pourra aussi y voir une métaphore sur l’heure de la retraite chez nous, les hommes, cousins des orangs-outangs.
Une magnifique histoire sur la liberté, un petit bijou.
De nombreux extraits sur le site de Claire Lebourg.
Le même vu par Enfantipages.

OnLe chevalier noir termine par une histoire pleine d’humour qui nous a bien fait nous bidonner, ma fille et moi.
Un chevalier s’avance vers une haute tour où vit une princesse. Il lui annonce être le célèbre chevalier noir et qu’il vient la délivrer, il suffit qu’elle lui jette les clés du château. La princesse ne voit pas pourquoi elle ferait ça, elle ne le connaît pas et visiblement elle est bien là où elle est ! Alors le chevalier menace, si la princesse n’obéit pas, il fera intervenir son géant. Un géant ? Notre princesse se marre, et affirme quant à elle avoir une fée. Sauf que d’après le chevalier les fées n’existent pas…
Je ne vais quand même pas vous raconter toute l’histoire, même si je suis bien tenté (et tout à l’heure encore, je la racontais en me marrant), mais voilà une histoire pleine d’énergie et d’humour avec une princesse vraiment pas nunuche (et un chevalier quand même un peu arrogant !). On y voit même un combat à mains nues entre les deux héros, et croyez-moi, la princesse n’est pas la plus faible !
Un album plein de punch, vraiment très drôle dont la fin me fait me gondoler.
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Thomas Scotto (Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune), Olivier Tallec (La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Annelise Heurtier (L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre), Raphaël Urwiller (Issun Bôshi, l’enfant qui n’était pas plus haut qu’un pouce), Michaël Escoffier (L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume et Sans le A, Bonjour Docteur) et Stéphane Sénégas (Y’a un monstre à côté). Retrouvez aussi nos interviews d’Annelise Heurtier et de Michaël Escoffier.

Jérôme par cœur
Texte de Thomas Scotto, illustrations d’Olivier Tallec
Actes Sud Junior
14,20 €, 285×225 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2009.
Combien de terre faut-il à un homme ?
Texte d’Annelise Heurtier d’après Tolstoï, illustré par Raphaël Urwiller
Thierry Magnier
17 €, 310×180 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
La retraite de Nénette
de Claire Lebourg
Auto-édité
15 €, t155x246 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le chevalier noir
Texte de Michaël Escoffier, illustré parStéphane Sénégas
Frimoussedans la collection Sa majesté du soir
14 €, 225×292 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Le mois de septembre est là, c’est le moment de vous donner nous coups de cœur de juillet-août. Marianne a choisi Wilo et Mi de Séverine Vidal et Christine Roussey (L’élan vert), Le jour où j’ai rencontré le monstre de Céline Claire et Barroux (Circonflexe) et Pousse Piano de Gilles Baum et Rémi Saillard (Le baron perché). Et moi : Le grand Antonio d’Élise Gravel (La Pastèque), Arlequin, Charlot, Guignol & Cie de Bénédicte Rivière et Gérard DuBois (Actes Sud Junior) et La princesse qui n’aimait pas les princes d’Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevèque (Actes Sud Junior).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

Des mouches, une fourmi et un poulpe

le samouraï et les 3 mouchesAlors qu’il est arrêté pour souper dans une auberge, un samouraï est importuné par trois voyous envieux de ses armes. Sans les toucher, sans leur parler, il va leur faire prendre leurs jambes à leur cou et le laisser finir son repas en paix.

Dans ce nouvel album dont le texte est une suite d’haïkus, Thierry Dedieu nous montre encore son talent graphique. Ici, il nous parle d’utiliser sa dextérité et son intelligence, plutôt que sa force et ses armes. Et même s’il y aura des morts, les hommes, eux, resteront en vie. Un très bel album extrêmement graphique avec de belles couleurs fortes sorti chez HongFei, un éditeur qu’on aime beaucoup.
Des extraits en ligne.

Cher BillOscar a un nouveau correspondant, Bill. Il lui écrit, lui raconte sa vie, ses passions. Bill l’intrigue, il dit être bleu, lui qui est gris. Ils parlent ping-pong, pâte à modeler, judo. Ils parlent du temps qu’il fait, de comment c’est là où ils habitent. Ils s’envoient des photos, des dessins ou des objets. Ils comparent leurs couleurs préférées, leur liste au père Noël et leur score à Super Marco. Vivement la classe de mer qu’ils puissent se rencontrer !

Cher Bill est un très bel album signé Alexandra Pichard. Une belle histoire entre des correspondants qui m’a rappelé bien des choses. On parle ici de la différence, Bill et Oscar ne sont vraiment pas les mêmes (entre une fourmi et un poulpe, il y a peu de similitudes), mais ils apprennent à se connaître, à accepter l’autre tel qu’il est, à s’adapter. On parle aussi bien entendu de l’amitié, de la correspondance. Une histoire tendre et poétique avec de bien belles illustrations. Un album épistolaire pour les enfants, pour peut-être leur donner à eux aussi l’envie de tenter la très belle expérience d’avoir un correspondant.
Extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Dedieu (Une fraise en hiver, Turandot, Poisson Chat, Un mur sur une poule, j’ai adopté un crocodile, Dragons de poussière et Le maître des estampes) et d’Alexandra Pichard (Puisque c’est comme ça, je m’en vais !Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette). Retrouvez aussi notre interview de Thierry Dedieu.

Le samouraï et les 3 mouches
de Dedieu
HongFei
11,90 €, 176×240 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Cher Bill
d’Alexandra Pichard
Gallimard Jeunesse dans la collection Gallimard Jeunesse Giboulées
14,50 €, 200×280 mm, 48 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Brèves de cancresSaviez-vous que le rôle d’un Président de la République était de voyager et d’embrasser des gens ? Qu’Hitler n’avait pas que des mauvais côtés (il a détruit les tableaux nuls comme ceux de Picasso) ? Que le genre de récit auquel appartient Le château de ma mère est le genre campagnard ? Que la différence entre un porc et un cochon c’est que le premier est plus sale ? Que c’est Mitterrand qui a donné le droit de vote aux femmes en l’an 2000 ? Que la principale cause de l’alcoolisme est la soif ? Que les plus grandes découvertes du XXe siècle sont Picard et Harry Potter ? Je suis certain que non ! Et bien vous l’apprendrez et de nombreuses autres choses encore dans un livre absolument hilarant qui vient de sortir chez Chifflet&Cie, Brèves de cancres. Réponses poétiques, pensées où l’on devine l’opinion des parents, contresens… On se régale !
Brèves de cancres, Chifflet&Cie, 128 pages, 10 €.

Gabriel

Histoires d’amitié

Aujourd’hui, faisons honneur à l’amitié, ce sentiment à la fois universel et si particulier !

pile poil pour deuxChien a rangé dans sa petite valise bleue tous les trésors qu’il possède. D’après lui, il a là tout ce qu’il lui faut pour être heureux : une pomme de pin, un bâton, un bouton, des feuilles, un galet… Fier, heureux, et comblé, il s’endort sur sa petite mallette, mais au réveil, il n’est plus seul ! Souris l’a rejoint. D’abord un peu méfiant, il finit par bien vouloir jouer un peu avec elle. Mais une fois sa nouvelle amie repartie, il est bien malheureux. La forêt est silencieuse, et surtout les petits trésors de la valise bleue ne suffisent plus !

Cette valisette est finalement Pile-poil pour deux ! Deux amis qui se découvrent, s’enrichissent, partagent… Ça vaut tous les trésors du monde ! Avec un texte simple, tendre, drôle et rythmé, Tracey Corderoy donne une grande place à l’amitié et à l’échange. Les illustrations de Rosalind Beardshaw sont magnifiques avec leurs collages et leurs petits détails, et complètent parfaitement cette jolie histoire ! Avec en plus une couverture qui brille, c’est le pompon !

l'histoire de la chauve-souris qui voulait se faire des amisCharlie est une chauve-souris et elle n’a pas d’amis. Forcément, quand on vit la tête en bas, les relations sociales sont parfois difficiles. L’eau des pingouins est glaciale, et elle n’aime pas le poisson. Les gorilles qui se cherchent des puces, ce n’est pas pour elle non plus. Les lions qui flemmardent au soleil, sans façon ! Les oiseaux qui piaillent, ça fait trop mal aux oreilles ! Dure dure la vie de chauve-souris. Mais après tout, les autres animaux aussi sont capables de faire des efforts pour se mettre à sa portée ! C’est ça l’amitié !

Essayer de ressembler aux autres pour s’intégrer, souffrir de la solitude, vouloir être populaire : plein de choses difficiles pour Charlie ! Mais Sarah Dyer ne fait pas pleurer dans les chaumières bien au contraire : on rit des tentatives de la petite chauve-souris de se faire des amis, et on s’attendrit de la jolie chute ! Et surtout, les illustrations mettent la tête à l’envers : si vous avez toujours rêvé de vous glisser dans la peau de ces animaux qui vivent la tête en bas, c’est le moment !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Rosalind Beardshaw (Pile-poil).

Pile-poil pour deux
Texte de Tracey Corderoy (traduit par Anne Krief), illustré par Rosalind Beardshaw
Gallimard Jeunesse
12,50 €, 255 x 275 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2014
L’histoire de la chauve-souris qui voulait se faire des amis
de Sarah Dyer
Circonflexe
13 €,220 x 277 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014

A part ça ?

Nicolas Jolly compose des dessins uniquement à base de petits traits d’encre. On a parfois l’impression de voir des empreintes digitales dans le dessin !

Marianne