C’est la belle nuit de Noël…

combien de nuits reste-t-il avant noelCe matin, Petit Ours réveille bien tôt Papa Grizzli tout excité, car c’est Noël ! Sauf que non… il reste quatre nuits et Petit Ours devra patienter. En attendant, Papa Grizzli dit qu’il faut trouver un sapin. Le lendemain matin, Petit Ours réveille encore Papa Grizzli… il a oublié qu’il restait encore trois nuits…
Combien de nuits reste-il avant Noël est un album très tendre sur un petit ours trop pressé et son papa toujours patient, toujours doux avec son enfant (à noter d’ailleurs qu’il n’y a pas de maman et que c’est un album mettant en scène une famille monoparentale). On est vraiment dans l’esprit de Noël avec des illustrations très douces, mais on ne tombe dans la mièvrerie. L’album est plein d’humour et la chute est irrésistible.
Un album plein de douceur pour compter les jours avant Noël.

Le Noël de BalthazarBalthazar et Pépin préparent Noël et se rendent compte qu’ils n’ont pas de cadeau l’un pour l’autre. Tour à tour, ils vont chez le marchand, mais étant sans le sou ils proposent un troc. Sauf que Balthazar va échanger ses billes et acheter un cadeau pour le train de Pépin et Pépin va donner son train contre quelque chose pour les billes de Balthazar…
Balthazar et Pépin sont des personnages qu’on adore. Ici encore c’est une histoire vraiment douce et tendre. On parle de faire des cadeaux même sans argent, de la générosité, du partage.
Un très joli conte de Noël mettant en scène deux personnages qu’on aime décidément beaucoup.

Le réveillon de PolochonPolochon n’est pas du genre naïf, il le sait que ce n’est pas le Père Noël qui apporte les cadeaux, malgré ce que lui dit son amie Lili. Alors cette année il a décidé de repousser son hibernation, il sera là pour le réveillon. Lili se fait une joie de passer ce beau moment avec son ami et prépare déjà le repas… sauf que tout ne se passe pas comme prévu…
Ici encore c’est une histoire qui met en valeur l’amitié et l’entraide. Lili aura bien besoin de son ami, car elle va se perdre dans la forêt. Là aussi, c’est une histoire très tendre et non dénuée d’humour. Avec de bien jolies illustrations de Leïla Brient.
Un conte original sur l’amitié et la magie de Noël.

20 bonnes raisons de croire au Père Noël Et si le Père Noël n’existait pas ? Et bien figurez-vous que nous serions dans le caca ! Et ça Michaël Escoffier le démontre très bien ! Car du coup, comme il l’explique, les rennes seraient au chômage, du coup elles traîneraient au café, forcément les chasseurs s’en prendraient aux lapins… et je ne vous raconte pas la suite !
Alors là, c’est clair qu’on est loin de la mièvrerie, mais forcément avec Michaël Escoffier, on se marre ! Sa démonstration de l’utilité de croire au Père Noël tient (à peu près la route), est complètement délirante et est surtout hilarante ! Les illustrations de Romain Guyard accompagnent à merveille le délire de Michaël Escoffier.
Enfin un livre qui nous explique pourquoi il faut que le Père Noël existe !

Le petit sapinUn sapin vivait dans la forêt. Jamais heureux, jamais satisfait, il espérait une vie meilleure. Il enviait les sapins qui partaient chaque année, coupés par les hommes. Mais un jour, ce fut son tour, et tout ne fut pas si merveilleux…
Conte classique d’Andersen, Le petit sapin se pare ici de bien beaux habits puisque c’est Charlotte Gastaut qui illustre l’histoire. On parle ici du destin des sapins de noël, de leur « naissance » à leur fin tragique, à travers cette histoire on parle aussi de Noël, des traditions, mais également de se satisfaire de ce que l’on a, que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs.
Un classique d’Andersen magnifiquement mis en image par Charlotte Gastaut.

La fabuleuse aventure du Père NoëlC’est bientôt Noël et Kim et Clara ne sont pas encore prêts… Avec eux, on va préparer Noël et surtout tout savoir sur cette fête, en France, mais aussi dans le reste du monde. Traditions, croyances, Histoire…
La fabuleuse aventure du Père Noël est un Kididoc spécial Noël ! Avec, comme d’habitude, des volets à ouvrir, des animations à tourner, des pop up… c’est riche d’informations et en même temps ludique et plein d’humour.
Un album pas bête sur Noël pour les petits curieux !

On finit rapidement en musique ? Deux albums sortis chez Didier Jeunesse (donc c’est forcément bien).
Bulle et Bob préparent NoëlOn commence par la réédition en plus grand format de Bulle et Bob préparent Noël. Bulle et Bob, ce sont deux héros qu’on adore. La géniale Natalie Tual qui raconte et chante, les magnifiques illustrations d’IIya Green. Les enfants (les tout-petits comme les plus grands) chantent à tue-tête les chansons et se régalent avec l’histoire. Pour en savoir plus, retrouvez ma chronique de la première édition, ici.

Comptines et chansons de NoëlRien de nouveau non plus (mais que du bon) dans Comptines et chansons de Noël puisque c’est une compilation de livres-disques de chez Didier Jeunesse. On retrouve d’ailleurs une chanson extraite de Bulle et Bob, mais aussi Hervé Suhubiette ou encore les Weepers Circus. Ici, on va donc chanter Noël (en français ou pas), sur des musiques douces ou sur des airs de rock… bref un disque de Noël pas du tout monotone et qui change un peu ! Avec les compilations Didier Jeunesse, on n’est jamais déçu !

Combien de nuits reste-t-il avant Noël
Texte de Mark Sperring (traduit par Rémi Stéfani), illustré par Sébastien Braun
Casterman dans la collection Les Albums Casterman
13,95 €, 275×250 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le Noël de Balthazar
Texte de Emma Kelly et Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier
Hatier Jeunesse dans la collection Les histoires des petits
5,30 €, 190×142 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le Réveillon de Polochon
Texte de Bénédicte Carboneill, illustré par Leïla Brient
Les éditions du Pas de l’échelle
10,45 €, 200×240 mm, 32 pages, imprimé en Union européenne, 2014.
20 bonnes raisons de croire au Père Noël
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Romain Guyard
Frimousse dans la collection 20 bonnes raisons
18 €, 235×306 mm, 40 pages, imprimé en Malaisie, 2010.
Le petit sapin
Auteur non crédité, d’après Andersen, illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor dans la collection les classiques du Père Castor
4,75 €, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
La fabuleuse aventure du Père Noël
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Éric Gasté
Nathan dans la collection Les albums Kididoc
15,90 €, 266×267 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Bulle et Bob préparent Noël
Texte de Natalie Tual et Gilles Belouin, illustré par Ilya Green
Didier Jeunesse dans la collection Polichinelle
17,70 €, 215×215 mm, 35 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Comptines et chansons de Noël
Collectif
Didier Jeunesse dans la collection Chansons et comptines d’ici
17,20 €, CD : 40 min., 2014.

À part ça ?

Pour le fun (faites sortir les enfants)…

(plus proche de ce que je pense de Noël)

Gabriel

Les sentiments humains

Je sais bien que demain
Ira peut-être moins bien
Mais je n’aurais qu’à penser au passé
Tu sais celui qu’on s’est bâti
A coups de rires et de joie
Celui qu’on s’est donné le droit d’habiter
Tu sais celui qu’on a souvent touché du bout de nos doigts
Tu sais celui qui a grandi entre toi et moi
27-100 rue des partances, Pierre Lapointe

Sept jours à l'enversIl est mort. Il y a une semaine maintenant. Une semaine douloureuse avec les sourires forcés, le retour à l’école, la boule au ventre, les souvenirs qui rejaillissent et l’enterrement où tous ces gens font le même geste, une petite caresse sur la tête.
Sept jours à l’envers est un roman très fort de Thomas Gornet. Sept jours entre l’annonce de la mort et l’enterrement. À l’envers parce que tout commence par la fin, le roman s’achève sur la mort (tout au long du roman, on se demandera d’ailleurs qui est mort). À l’envers, c’est aussi l’état du héros. Sept jours à l’envers n’est absolument pas un livre larmoyant, on sourit régulièrement avec les souvenirs évoqués, les conversations pleines d’humour qu’échangeait le héros avec le disparu. Ce n’est absolument pas un roman plombant. En lisant ce très beau roman de Thomas Gornet j’ai pensé plusieurs fois à un auteur que j’aime beaucoup, Arnaud Cathrine.
Sept jours à l’envers c’est un beau roman sur la mort, sur la vie qui continue, sur le bouleversement qu’est la perte d’un proche.

Pas couchéQu’on ARRÊTE de le lui demander, Manon n’a pas couché avec Timothée ! Arrêtez de la saouler avec ça, elle n’en peut plus ! OUI, elle est hétéro et lui aussi, OUI ils passent leur temps ensemble, mais ils sont AMIS ! Vous savez ce que c’est un AMI ? On ne couche pas avec son ami ! L’amitié entre fille et garçons ça existe, eh oui ! Alors arrêtez de lui demander, elle ne couche pas avec Timothée !
Pas couché de Cathy Ytak se lit d’un seul souffle comme le dit la couverture, une sorte de monologue sans reprendre sa respiration. On entend les intonations de la jeune fille, sa voix (et l’on imagine parfaitement une adaptation théâtrale). On parle ici de l’amitié, de sa force, du regard des autres et de leurs visions étriquées, de l’ambiguïté. Cathy Ytak parsème son livre de musique (Manon et Timothée sont fans de vieux vinyles) et les amoureux de chanson française se régalent.
Un livre très fort, à lire d’une traite.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Thomas Gornet (Je porte la culotte / Le jour du slip et Qui suis-je ?) et Cathy Ytak (Petits ruisseaux).

Sept jours à l’envers
de Thomas Gornet
Rouergue dans la collection doado
8,70 €, 139×204 mm, 80 pages, imprimé en France, 2014.
Pas couché
de Cathy Ytak
Actes Sud Junior dans la collection D’une seule voix
9 €, 116×216 mm, 67 pages, imprimé en France, 2014.

Gabriel

La chronique numérique : Des tornades et des livres

À l’honneur cette semaine, deux applis qui mettent en lumière l’influence des phénomènes climatiques sur les livres. Parce que oui, je vous assure, cela peut avoir des conséquences insoupçonnées : on sait où ça commence, quant à savoir jusqu’où ça va aller… C’est… l’effet papillon.

Le livre papillonLe Livre Papillon

C’est quoi ? Le nouveau livre interactif publié par La Souris qui raconte, écrit par Marine Locatelli, illustré par Claire Fauché et raconté par Jean-Marco Montalto, une équipe de choc qui nous a concocté un très joli livre sur le pouvoir magique des mots.

Ça parle de quoi ? Paolo vient d’emménager dans une nouvelle ville. Il s’y sent un peu seul. Il a bien un ordinateur, oui, mais des amis, non. Accoudé à son balcon, Paolo rêve. Soudain une bourrasque de vent s’engouffre dans sa chambre : les pages des livres deviennent des ailes qui leur permettent de prendre leur envol. Paolo se précipite et referme sa fenêtre. Trop tard ! Son livre le plus cher, le carnet dans lequel il écrit ses Le livre papillonpoèmes et ses pensées secrètes, le Livre Papillon, a lui aussi pris la poudre d’escampette. Chaque livre voltige au gré du vent et atterrit entre les mains d’un enfant : Léo, Peter, Elsa. Sur leur première page figure le nom de Paolo. Les enfants peuvent ainsi retrouver le propriétaire de ces livres fugueurs, et un goûter-rencontre est organisé. Mais parmi les livres, manque le plus important, le Livre Papillon. Les nouveaux amis signent alors un pacte d’amitié pour retrouver le précieux confident. De l’autre côté de la ville, Lilly, une petite fille qui apprend tout juste à lire, Le livre papillonreçoit un bien étrange cadeau tombé du ciel…

Ça marche comment ? Le Livre Papillon est une histoire interactive. Chaque page contient de délicates animations pleines de fantaisie. Sous nos doigts fureteurs, les images prennent vie : les fenêtres des immeubles s’entrouvrent pour nous laisser apercevoir des instantanés de vie quotidienne, des animaux apparaissent et disparaissent dans des feuillages, les motifs d’un pull s’animent. On peut faire le choix de lire l’histoire ou bien de l’écouter. À chaque page, une icône représentant un petit hérisson permet de lancer la narration en cliquant Le Livre papillondessus, au moment qui nous convient ; il n’y a donc pas d’interférences entre les animations et la lecture proprement dite.

Et j’en pense quoi ? J’ai été absolument charmée par cette merveilleuse histoire d’amitiés qui se tissent grâce au pouvoir des mots. L’univers sonore de l’application est très riche, et on n’en attendait pas moins d’une histoire qui fait jouer et sonner les mots. On sent derrière un véritable travail et une réflexion sur l’accompagnement du texte (par ailleurs très bien servi par la voix du conteur) : bruits de ville, extraits de musique classique, tout participe à l’immersion du lecteur dans l’histoire.
Le Livre papillonL’écran se divise, dévoilant progressivement, à la manière de cases de bande dessinée, ou d’un split screen, la temporalité du récit. Les animations fourmillent dans chaque coin de l’image, et on peut s’amuser à repérer les clins d’œil de l’illustratrice : une fusée qui atterrit dans l’œil de la lune, et c’est Méliès qui est convoqué. L’option qui permet de lancer la lecture à chaque page est un vrai plus ; elle offre une liberté d’écoute très appréciable. Le lecteur devient ainsi véritablement actif : on peut prendre son temps pour partir à la découverte d’une page avant d’en écouter le texte, sans être prisonnier d’un rythme imposé.
Un livre numérique qui sollicite tous les sens, ouïe, toucher, vue, sans oublier le cerveau !

Bande-annonce :

L’avis de Déclickids : http://www.declickids.fr/le-livre-papillon-une-belle-histoire-animee-pleine-de-poesie-web.

La Fantastique Histoire des livres volants de Morris LessmoreLa Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmore

C’est quoi ? Une appli adaptée du court métrage d’animation du même titre de William Joyce, qui réunit le court métrage et le livre numérique.

Ça parle de quoi ? C’est l’histoire d’un garçon, ni plus ni moins, un amoureux des livres, lecteur et écrivain, Morris Lessmore. Et ce n’est pas une bourrasque mais un véritable ouragan qui s’abat sur sa ville, emportant tout sur son passage, maisons et voitures bien sûr, mais même les mots des livres. Morris erre, sans La Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmoreplus de repère. Jusqu’à ce qu’il se décide à lever les yeux au ciel. Son regard rencontre alors une jeune femme tirée par un nuage de livres volants, qui lui envoie un cadeau, son livre préféré. C’est ce livre qui mènera Morris dans sa nouvelle demeure peuplée de livres. Il y apprendra que les livres ne vivent que grâce à leurs lecteurs.

Ça marche comment ? L’appli offre donc deux volets, le court métrage et le livre numérique. Dans ce dernier, l’histoire est La Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmoresimplifiée et écourtée en vingt-sept plans. La particularité de ce livre numérique-ci, c’est que c’est le lecteur lui-même qui fait avancer l’histoire. Histoire et animations sont étroitement imbriquées et forment un tout. Ainsi, c’est au lecteur de créer l’ouragan qui fait débuter l’histoire de Morris Lessmore, c’est lui qui lui ouvre la porte qui débouche dans un nouveau monde, c’est encore lui qui aide les livres volants à mener Morris dans sa nouvelle maison, une bibliothèque. Chaque page peut être tournée au moment où on le souhaite mais ce n’est que lorsque le lecteur a découvert et activé l’animation de la page (indiquée par des flèches ou bien des objets en surbrillance) que le haut de la page se corne pour permettre la tourne. Quelques tableaux contiennent des petits jeux, très La Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmoresimples : écrire un mot sur les pages d’un livre, mot qui va s’envoler ; jouer le thème musical du court métrage sur un piano, jouer à écrire des mots avec des céréales en forme de lettres, et d’autres. À signaler que si l’appli existe en version française, seul le texte est traduit, la narration quant à elle reste en anglais.

Et j’en pense quoi ? C’est une appli qui a beaucoup fait parler d’elle lors de sa sortie, et à raison. Tout y est magnifique, pour peu que l’on aime cet univers graphique assez léché. On se laisse emporter dans l’ouragan de l’histoire. L’animation y La Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmoreest pour beaucoup, notamment grâce aux effets 3D (la maison qui tournoie dans l’œil du cyclone est impressionnante), et certains tableaux sont magnifiques de poésie, comme celui du passage des saisons. L’histoire, apologie de la lecture et illustration du temps qui passe, s’incarne réellement dans les images : en suivant les livres volants, on passe d’un monde gris et désolé, où les mots se sont envolés, à un chatoiement de couleurs dès qu’on arrive au pays des livres.
Au niveau de l’interactivité, l’appli laisse peu de liberté à l’utilisateur, et la lecture reste très La Fantastique Histoire des livres volants de Morris Lessmoreguidée : il n’est pas question de papillonner dans l’image.
Plusieurs modes de lecture sont possibles : avec ou sans musique, avec ou sans narration, avec ou sans texte écrit. Le texte étant assez simple, loin d’être une gêne, l’écoute en anglais peut être un avantage : elle familiarise l’oreille et nous fait réviser notre anglais (enfin le mien en tout cas) !
Pour ceux qui n’auraient pas d’ipad (puisque malheureusement cette appli n’est pas disponible sur Android), il serait dommage de se priver du film d’animation qui est un enchantement : http://www.dailymotion.com/video/xoh7gx_la-fantastique-histoire-des-livres-volants_shortfilms.

Bande-annonce :

L’avis de Déclickids : http://www.declickids.fr/les-fantastiques-livres-volants-de-morris-lessmore-un-chef-doeuvre-ipad.

Le Livre Papillon
écrit par Marine Locatelli, illustré par Claire Fauché et raconté par Jean-Marco Montalto
La Souris qui raconte
Prix constaté : 4,49 € (Apple et Android). Disponible aussi en format web en achat immédiat ou séquencé au prix de 6,99 € sur le site de La Souris qui raconte.
Les Fantastiques Livres volants de Moriss Lessmore
de William Joyce, musique et design sonore de Breed
Moonbot Studios
Prix constaté : 4,49 € (Apple)

À part ça ?

Restons dans l’effet papillon… Deux plasticiens suisses, Peter Fischli et David Weiss, ont appliqué ce théorème aux objets, dans une vidéo géniale que j’ai eu l’occasion de voir au Centre Pompidou : Der Lauf der Dinge (« Le Cours des choses » ; https://www.youtube.com/watch?v=dVnwMa8rGMI). Où l’on découvre la fragilité du monde à travers une série de catastrophes en chaîne. C’est délirant, drôle, très bien fait, et les enfants sont fascinés… Les grands aussi.

Erica

Chiens sensibles

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui ont du chien !

Ma vie de chienGisèle vit dans la rue. Elle adopte un petit chien, qui nous raconte leur quotidien : les poubelles, le terrain vague, le regard des passants, les rêves d’ailleurs et de meilleur,… Pour permettre à Gisèle d’intégrer un foyer dans lequel les animaux ne sont pas admis, le chien s’en va… Mais une telle amitié résiste aux aléas de la vie…
Avec délicatesse, pudeur et émotion, France Quatromme nous livre une magnifique histoire sur les difficultés quotidiennes de la vie, et particulièrement de ceux qui doivent vivre dehors, sans toit et sans ressources. Ce n’est jamais larmoyant, mais très émouvant, et les très belles illustrations de Daphné Collignon, qui mêlent collages et dessin, contribuent à l’atmosphère pleine de douceur et de tendresse qui émane de ce petit album carré. Espoir et entraide sont au cœur de l’histoire, sans toutefois cacher la misère et les difficultés !
Ma vie de chien est un magnifique album pour aborder des sujets forts comme la précarité, la solitude, et les difficultés sociales, mais aussi l’importance de l’amitié et de la solidarité !

doberman super-hérosDoberman trouve sa vie bien morne, et a l’impression de n’être utile à personne. Il voudrait tellement être un super-héros ! Malheureusement, à part le nom qui termine en « man » il n’a a priori pas grand-chose à voir avec les Spiderman, Superman, ou Batman qu’il admire… Aidé de son ami et conseiller le plus fidèle, un chat blanc, il va tout faire pour se transformer en super-chien ! Mais le costume, ça ne va pas, le flair, ce n’est pas trop ça, et le vol plané n’en parlons pas,… Et pourtant : Doberman a bien un rôle important à jouer et une mission à accomplir !
Que d’humour dans cet album ! Elsa Devernois joue avec les mots, et glisse des phrases à double sens dans toutes les pages ! C’est donc drôlement plaisant à lire, même pour des adultes ! Doberman est touchant, manque de confiance en lui et fait tout pour prouver qu’il a l’étoffe d’un héros. Son ami le chat le soutient et le conseille, mais ne manque pas non plus de lui rappeler qu’il possède déjà en lui des qualités que d’autres non pas, sans devoir avoir recours à des artifices ! En ajoutant à cela une chute bien pensée, et les illustrations d’Éric Gasté  expressives et colorées, on peut dire que Doberman super-héros est un album réussi, pour apprendre à se faire confiance et à être soi-même !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de France Quatromme (L’ours masqué, Habille-toi Zaza !, Les monstres de la nuit et Le géant de la grande forêt) et Éric Gasté (Monsieur le loup, Jupiter est amoureux et Le petit Poucet en version audio). Retrouvez également notre interview de France Quatromme.

Ma vie de chien
Texte de France Quatromme, illustré par Daphné Collignon
Fleur de Ville
12,90 €, 196 x 198 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-certifié, 2014.
Doberman super-héros ?
Texte d’Elsa Devernois, illustré par Éric Gasté
L’élan vert
12,70 €, 236 x 296 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Si vous êtes aujourd’hui dans les environs de Villeneuve-Lez-Avignon, passez par La Chartreuse, le Centre National des écritures du spectacle. Dans le cadre d’Architecture en fêtes, conférences, ateliers, visites ludiques vous attendent ! Une belle journée en perspective !

Marianne

Grosses bêtes !

WilfredWilfred était un géant poilu, une sorte de monstre qui fait peur… et pourtant il était loin d’être méchant, Wilfred. Sa solitude lui pesait, aussi un jour il décida de se rendre dans un village où vivaient des gens minuscules et complètement chauves. En le voyant, tout le monde hurla en s’enfuyant, seul un petit garçon resta à le regarder. Une amitié était née. Sauf que les minuscules habitants chauves rêvaient d’avoir des cheveux, ils profitèrent de la gentillesse du géant poilu pour avoir de quoi se couvrir la tête… et notre Wilfred de retrouva tout nu, sans le moindre poil…
Wilfred c’est une magnifique histoire d’amitié avec en toile de fond la différence, l’acceptation de l’autre tel qu’il est et l’entraide. Wilfred ne peut pas vivre sans ses poils, et au fond, avec ou sans cheveux nous on vit très bien (et ça m’arrange !).
Un album drôle et tendre avec un gentil monstre contre qui l’on a envie de se blottir.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

L’histoireAbel de Wilfred m’a fait penser à celle d’Abel, un mouton beaucoup trop généreux qui va donner sa laine à tous ses amis animaux qui ont froid, jusqu’à ce qu’il se retrouve nu lui-même… Le même genre d’histoire, avec une conclusion similaire (le partage et l’amitié), mais plus adaptée aux plus petits. Un très bel album aux illustrations pleines de douceur (sans mièvrerie).

Dans C'est quoi cette grosse bête de Maria Elinale froid de l’hiver, des enfants jouent, bien emmitouflés, soudain ils aperçoivent une bête qui dort, tapie sous un rocher. C’est quoi cette grosse bête dont on ne voit qu’une partie ? Comment la déloger ? Il doit bien y avoir une solution !
C’est quoi cette grosse bête ? est une sorte de livre ovni comme on aime. Ambiance étrange, enfants à tête de souris, on est dans un univers qui pourrait faire penser à Kitty Crowther. Album sans texte, ici on laisse une belle part à l’imagination et l’on admire les belles planches.
Un album étrange aux très belles illustrations.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

CommentQuand un elephant tombe amoureux sont les éléphants quand ils sont amoureux ? Ils font tout pour se faire remarquer, ils se lavent bien derrière les oreilles, ils écrivent des longues lettres qu’ils n’envoient jamais… c’est timide un éléphant !
Beaucoup d’humour et de tendresse là encore avec Quand un éléphant tombe amoureux de Davide Cali et Alice Lotti. L’éléphant timide nous fait fondre (et il ne fait pas fondre que nous…). Alors bien sûr le comportement de l’éléphant n’est pas si éloigné du nôtre quand on est amoureux (vous ne faites pas attention à votre poids tout en vous relevant la nuit pour finir le cheese-cake, vous ?).
Un très bel album plein de tendresse sur le comportement amoureux des éléphants… et des autres.
Le même vu par Sous le feuillage et des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Sybille Delacroix (Blanche hait la nuit) et de Davide Cali (Marlène Baleine, Bons baisers ratés de Venise, Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, Super Potamo et Bons baisers ratés de Paris).

Wilfred
de Ryan Higgins (traduit par Laura Derajinski)
Père Fouettard
13 €, 240×275 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Abel
de Sibylle Delacroix
Bayard
10,50 €, 186×186 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
C’est quoi cette grosse bête
de María Elina
Les petites bulles éditions
14 €, 215×225 mm, 38 pages, imprimé en France, 2014.
Quand un éléphant tombe amoureux
Texte de Davide Cali, illustré par Alice Lotti
Passepartout
14 €, 175×245 mm, 28 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Qui est Philibert ? Philibert c’est un lapin… ou un petit garçon. Philibert c’est surtout un album inédit de Nicolas Gouny en téléchargement gratuit ! Venez le rencontrer ici.

Gabriel