La mare aux mots
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Balivernes

Au pays des songes

Par 7 juillet 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de vous laisser emporter dans des rêveries à travers trois albums qui nous font côtoyer les étoiles.

Le voyage de Lorian
texte de Mathilde Fonvillars illustré par Mickaël El Fathi
La Palissade
14,90 €, 235×295 mm, 40 pages, imprimé en France, 2016.
Pêcheur de rêves
texte de Christos illustré par Charlotte Cottereau
Balivernes
13 €, 250×290 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2016.
Sans ailes
texte de Thomas Scotto, illustré par Csil
À pas de loups
16 €, 18×13 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2016.

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Un peu de tendresse

Par 23 juin 2016 Livres Jeunesse

Les deux albums du jour sont très tendres, sans tomber dans la mièvrerie, et devraient beaucoup plaire aux plus jeunes enfants.

Petit renard
de Nicolas Gouny
Balivernes
13 €, 247×245 mm, 28 pages, imprimé en Europe, 2016.
Petit Dino veut un animal de compagnie
de Liz Climo (traduit par Élisabeth Sebaoun)
Milan
12,90 €, 260×280 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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Un peu différents…

Par 26 février 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on rencontre des animaux pas tout à fait comme les autres…

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Récits historiques

Par 23 mai 2015 Livres Jeunesse

ce qu'ils n'ont pas pu nous prendreLina a 15 ans. Elle vit avec ses parents et son frère dans une maison accueillante, remplie des rires et des débats des amis de l’université de son père. Elle connaît aussi ses premiers émois amoureux, se projette dans sa future vie d’étudiante puisqu’elle s’apprête à intégrer une école d’art… Elle mène la vie classique d’une adolescente, en somme. Mais un soir de 1941, la vie telle qu’elle la connaissait est interrompue par une volée de coups sur la porte d’entrée de la maison familiale. Ce soir-là, elle est déportée avec sa famille pour servir de main-d’œuvre dans les camps de travail soviétiques pendant les dix années à venir.
Ce roman de 400 pages est de ceux dont on ne sent pas les pages tourner. On se retrouve aimanté à la destinée de cette famille brisée par le régime de Staline. La grande force du récit réside dans le point de vue adopté. Ruta Sepetys parvient à se mettre dans la peau d’une jeune adolescente lituanienne sans caricature ni concession. L’histoire qui nous est racontée est bien celle d’une enfant, mais une enfant qui va vivre les pires atrocités. Elle va connaître la promiscuité du wagon à bestiaux pendant six semaines, les travaux forcés dans le froid sibérien, la violence des officiers qui n’hésitent pas à abattre les réfractaires d’une balle dans la tête… Mais elle conserve malgré tout une part d’enfance. Elle s’émeut pour les grands yeux d’Andrius, un jeune Lituanien de son âge. Elle brave les interdits et persiste à dessiner ce qu’elle voit pour témoigner des crimes soviétiques. Elle se raccroche au doux regard de sa mère pour surmonter les épreuves. Le ton est direct, sans mélo, mais touche en pleine poitrine.
À plusieurs reprises ce récit poignant m’a arraché des larmes. On ne peut pourtant pas lui reprocher d’être larmoyant ni de faire du sensationnel. Ce livre est bien construit, alternant le récit au jour le jour des épreuves subies par Lina et les souvenirs de sa vie d’avant. Il nous pousse à nous poser des questions, non seulement sur les crimes des systèmes totalitaires, mais aussi sur notre vision de l’Histoire. J’ai personnellement assisté à un bon nombre de leçons concernant la dictature soviétique, j’ai peiné à orthographier correctement le mot “kolkhoze” dans mes devoirs, mais je n’ai jamais compris aussi clairement ce qu’était la vie dans les camps de Staline qu’en lisant ce roman. Cette lecture forte, parfois violente, est un plaidoyer pour le devoir de mémoire sans pathos, une description des horreurs que les hommes peuvent commettre, mais aussi de leur incroyable instinct de survie.
Ce livre a obtenu le Prix Lire en 2011 et le Prix des Incorruptibles en 2014.
Le même vu par L’ivresse des mots et Délivrer des livres.

le sang du serpent à plumesÀ l’arrivée de la flotte espagnole sur le territoire mexicain en 1519, Marina, jeune esclave propriété d’un marchand maya, est offerte en cadeau aux visiteurs de l’Ancien Monde. Sous la protection du capitaine Hernán Cortés, elle va s’arracher à sa destinée d’esclave autrefois promise au sacrifice humain en l’honneur des divinités mayas. Marina est en effet dotée d’une très grande aisance avec les langues étrangères, elle devient donc l’interprète officielle de l’expédition espagnole. Mais ce qui commençait comme une découverte devient rapidement une conquête. Charles Quint, qui entend soumettre le Nouveau Monde à la domination catholique et Cortès est son bras armé en Amérique latine. En sa qualité d’interprète, Marina est aux premières loges de la rencontre entre les peuples et les conquistadores espagnols. Elle va peu à peu apprendre à connaître ces chrétiens qui vénèrent un Dieu unique, comme elle va découvrir la richesse de la culture mexica qui sacrifie tant à des divinités auxquelles elle prête des pouvoirs colossaux. A travers son journal, Marina offre son point de vue spécial sur l’histoire de la conquête du Mexique, à la fois reconnaissante envers les Espagnols et admirative de la beauté de l’empire mexica dont elle est originaire.
La forme du journal permet de suivre ce récit historique avec beaucoup de subtilité. Si le propos est bien un récit de conquête, on échappe aux longues descriptions de batailles qui peuvent être assez assommantes. Marina, surnommée “la Malinche”, a été témoin de la rencontre, puis de l’affrontement entre deux peuples. Les récits au jour le jour permettent de comprendre la difficulté de la diplomatie, de la rencontre entre les cultures chrétienne et mexica, et aussi de la violence des affrontements et des pertes humaines, d’un côté comme de l’autre.
Le journal instaure un rythme tout à fait soutenu, on dévore le récit de Marina à toute vitesse, découvrant en même temps qu’elle le Monde Unique, empire mexica aux centaines de couleurs et de divinités. L’univers décrit est terrifiant, mais fascinant. Je n’avais aucune idée de l’existence de la Malinche, cette ancienne esclave qui a accompagné les troupes espagnoles sur les terres mexicas. Si, bien sûr, ce journal a été réécrit de toutes pièces et certains éléments ont été romancés, ce récit est riche d’enseignements. L’enjeu est moins de retenir les dates clefs de la conquête du Mexique que de comprendre la complexité de l’Histoire qui ne connaît ni bons, ni méchants. Le témoignage de Marina comporte bien des interrogations. L’avidité de l’homme, qui le conduit à constamment rechercher les richesses, n’est-elle pas le moteur de toute aventure ? Les sacrifices humains qui répugnent tant les Espagnols sont-ils si différents des guerres que ceux-ci perpètrent pour conquérir le monde ? Comment des croyances diamétralement opposées peuvent-elles se tolérer ?
Ce livre dense séduira les bons lecteurs et les passionnés d’Histoire.

La Marque Des SoyeuxVivien est un jeune écolier qui peine à se faire des amis : ses parents ne cessent de déménager, mais en plus il est défiguré par une tache de vin qui lui vaut les insultes et le harcèlement de la part des autres enfants. Nouvellement arrivé à Lyon, Vivien ne se fait guère d’illusion sur l’accueil que vont lui réserver les autres enfants et se réfugie une fois de plus dans les livres, ses compagnons fidèles. Mais, alors qu’il se plonge dans la lecture d’un documentaire sur sa nouvelle ville, il est littéralement happé par l’histoire de la révolte des canuts en 1831. Grâce à ce voyage dans le temps, il va découvrir les conditions difficiles dans lesquelles vivaient ces ouvriers tisserands lyonnais qui se sont battus pour leurs droits en faisant preuve de solidarité.
J’ai été agréablement surprise par le sujet de ce petit livre destiné aux lecteurs débutants. La révolte des Canuts est une des premières révoltes ouvrières de l’Histoire, et elle a marqué la ville de Lyon, comme la France du XIXe siècle. Nous traversons le Lyon des tisserands, qui est un dédale de traboules, vivons au rythme des enfants employés par les négociants en soie, tremblons au bruit des bottes de la Garde Nationale venue mater la rébellion. Dommage que le personnage de Vivien manque de caractérisation, on passe un peu rapidement sur son histoire personnelle qui n’est au final qu’un prétexte. Le livre est suivi d’un dossier documentaire succinct mais évocateur, bien utile pour replacer cette révolte dans son époque troublée.
Bien que l’intrigue de départ reste un peu artificielle, ce petit roman est très intéressant et éveille la curiosité sur des aspects peu connus de l’Histoire de France.
Un extrait sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de la collection Un regard sur…

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre
de Ruta Sepetys
Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle fiction
7,75€, 108×178 mm, 432 pages, imprimé en France, 2015.
Le sang du serpent à plumes, journal de la conquête du Mexique
de Laurence Schaack
Nathan dans la collection Un regard sur…
5,50€, 121×181 mm, 192 pages, imprimé en France, 2015.
La marque des soyeux
de Laura Millaud
Balivernes dans la collection Carabistouilles
9,50€, 130×180 mm, 128 pages, imprimé en Europe, 2014.

À part ça ?

revue dadaLa revue Dada fête son 200e numéro. Depuis 1991, cette revue rend l’art accessible aux plus jeunes, sans lésiner sur le fond, toujours exigeant et varié. Pour ce nouveau numéro sorti fin avril, l’équipe Dada se penche sur les œuvres de jeunesse des grands maîtres. Comment dessinaient Picasso, Giacometti, Hergé ou Raphaël lorsqu’ils étaient enfants et adolescents? Éclectique et didactique, Dada offre des éclairages historiques et des idées d’ateliers pour sensibiliser les plus jeunes à l’art avec humour et pédagogie. À l’occasion de ce numéro anniversaire, une série d’ateliers en librairies et une exposition seront organisés dans les mois à venir, retrouvez le programme sur le site de la revue Dada.
Dada numéro 200 : L’enfance de l’art, 66 pages, 9,90€.
Des extraits sur le site de la revue.

Laura

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Ah, l’amour !

Par 16 avril 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires d’amour, deux coups de cœur !

Attention chantier amoureuxHubert creuse des tunnels. C’est son métier et sa passion. Maud, creuse aussi des galeries. Mais elle, elle préférerait écrire des livres pour enfants. Alors quand ils se rencontrent, ils parlent nécessairement de trous et de sous-sols, et Maud imagine toutes les histoires qu’elle pourrait écrire sur cet homme passionné…
Quelle histoire d’amour singulière que celle qui naît entre ses deux personnages, Hubert et Maud ! Pierre-Emmanuel Dufour nous fait vivre leur rencontre, la naissance de leurs sentiments. C’est plein de délicatesse et de tendresse, et les illustrations de Julie Grugeaux fouillées et originales nous laissent entrevoir leur univers souterrain, si particulier.
Attention ! Chantier amoureux est un album simple comme on les aime, qui met du baume au cœur et le sourire aux lèvres !
Vous pouvez feuilleter cet album en ligne sur le site des éditions L’initiale.

Les amoureux du livreLe petit bonhomme à moustache vit sur la page de gauche. La petite dame aux cheveux frisés vit sur celle de droite. Ils sont très amoureux l’un de l’autre. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais il y a un hic, un obstacle infranchissable : la reliure du livre, ce fossé qui les sépare. Heureusement que le lecteur est là pour leur permettre de se retrouver régulièrement, à chaque fois qu’il tourne la page, et que le personnage de droite retrouve celui de gauche.
En lisant cette drôle d’histoire, j’ai immédiatement pensé à La paire de chaussures, un des Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari. Cet amour qui paraît impossible à vivre tant les obstacles sont nombreux, et qui finalement triomphe ! Cette fois, Frédéric Laurent implique directement le lecteur, et j’aime cette interactivité qui naît entre l’objet du livre et celui qui lit ! Dorénavant, à chaque fois que je tournerai une page, je me dirai que je permets peut-être à deux personnages de se retrouver !
C’est optimiste, léger et plein d’humour tant dans le texte que dans les illustrations ! Les amoureux du livre est une belle réussite !
Vous pouvez consulter quelques pages de cet album sur le site des éditions Balivernes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres albums de Julie Grugeaux (L’accumulatôr à bidouilleries) et Frédéric Laurent (La vraie fausse histoire du Minotaure, L’oubli de Noé, Un autre monde, Momotaro, Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus). Retrouvez également notre interview de Frédéric Laurent.

Attention ! Chantier amoureux
Texte de Pierre-Emmanuel Dufour, illustré par Julie Grugeaux
L’initiale
12 €, 200 x 200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les amoureux du livre
de Frédéric Laurent
Balivernes dans la collection Calembredaines
13 €, 240 x 240 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2015.

À part ça ?

Jim Denevan dessine sur le sable, et c’est assez impressionnant !

Marianne

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