La mare aux mots
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Bonbek

On ne fait pas n’importe quoi !

Par 13 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va apprendre à bien se tenir, il était temps, non ?

Il y a des reglesIl y a des règles ! Quand maman dit « arrête » on arrête (on ne reste pas accroché au lustre), on ne dit pas « c’est qui qui » (sauf si l’on parle du chien), on ne parle pas la bouche pleine (sauf en cas d’urgence genre l’arrivée inopinée d’un dinosaure), on ne suit pas un monsieur dans la rue qui dit avoir perdu son chien, on ne demande pas à papa quand maman a déjà dit « non »… on ne fait pas n’importe quoi !

Gros coup de cœur pour À la maison il y a des règles ! de Laurence Salaün et Gilles Rapaport ! Déjà parce que les exemples sont bons (et généralement partagés par tous), ensuite parce que c’est extrêmement drôle. L’allure de la petite fille qui se lève (visiblement d’une humeur de chien), les situations qu’on connaît bien (ne pas chercher et dire qu’on n’a pas trouvé, l’envie d’aller aux toilettes quand il faut débarrasser la table…), des dialogues percutants, des dessins hilarants… bref ici on rit beaucoup de ces situations qui nous disent quelque chose ! La seule exception, celle où il est même précisé « et l’on ne rigole pas avec ça ! », c’est le dessin sur le fait qu’il ne faut pas suivre un monsieur dans la rue, mais ensuite on a à nouveau le droit de rire avec une famille à tête de cochon (pour nous dire de manger proprement). Un bon moyen de reparler des règles de politesse, de respect et de vie commune, sans que ça soit sentencieux. Avec de l’humour, tout passe mieux !

Petit manuel de politesseUne baby-sitter a décidé d’apprendre la politesse (poil aux fesses) à deux enfants… ça ne sera pas toujours facile. Douze règles allant de se mettre la main devant la bouche pour éternuer à ne pas chuchoter devant les autres en passant par ne pas soulever les jupes des filles et ne pas faire pipi n’importe où. Après avoir reçu ces douze recommandations c’est certain ces enfants seront bien plus sages… ou pas !

Après le grand livre, le tout petit. Ici, il y a un fil conducteur, une histoire à suivre et pour chaque règle édictée on trouve un volet à ouvrir… où la règle sera généralement contredite. J’avoue avoir moins aimé ce principe (et le livre en général). Ainsi à côté de « On ne fait pas pipi n’importe où. On va au “petit coin” lorsqu’on en a besoin », un volet s’ouvre et l’on découvre un enfant heureux d’uriner sur une pelouse, après « Devant une porte fermée il est bien élevé de toquer » on découvre les enfants entrants, hilares, sans frapper dans une salle de bain où la baby-sitter prend son bain… J’ai eu un peu de mal, donc, avec ce principe de déconstruire les règles pour un effet comique, j’ai trouvé ça contre-productif. Alors peut-être est-ce justement le but du livre, dire qu’il y a des règles, mais qu’il ne faut pas les respecter, tourner tout ça en ridicule… J’avoue préférer le premier livre qui arrive, sans être moraliste à faire passer plein de choses.
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gilles Rapaport (Alex et Léon dans les camps français 1942/1943) et de Robin (Essie, et si j’étais parfaite et Hercule attention travaux).

À la maison il y a des règles !
Texte de Laurence Salaün, illustré par Gilles Rapaport
Seuil Jeunesse
13,90 €, 180×330 mm, 72 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Petit manuel de politesse, poil aux fesses !
Texte d’Alexandra Garibal, illustré par Robin
P’titGlénat dans la collection Vitamine
12 €, 145×168 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Bonbek 11Le nouveau Bonbek est sorti ! On vous a déjà parlé de cette revue qui nous offre une grande histoire, des loisirs créatifs, des jeux… Ce numéro 11 est un numéro spécial Même pas peur ! On y trouve une grande histoire (31 pages) signée Agnès Bertron-Martin et Gwen Keraval dans laquelle on va rencontrer Noulouk qui n’a pas peur des créatures féroces de la banquise quand il est question d’aller offrir un poisson à Anouk son amoureuse. Ensuite on va faire une araignée en chocolat, on va customiser une basket, colorier, découper des poissons et ajouter des vêtements à des personnages… et là il y a l’ombre au tableau ! Quand on avait parlé de Bonbek sur À l’ombre du grand arbre j’avais déjà parlé de ce qui est pour moi un grave souci et qu’on retrouve dans ce numéro… la pub ! Et surtout, la pub bien sournoise ! En effet les vêtements à découper et à ajouter aux personnages sont tous accompagnés de leur références et de leur marque (et on nous signale même sur quel site internet on peut les trouver). Pour moi c’est un gros gros problème, et ces deux pages font oublier la qualité du magazine (qui pour le coup passe de « assez cher » à « très cher », car 9,50 € pour un magazine avec pub, pour moi c’est pas possible). S’il y a bien un endroit où j’ai du mal à supporter la publicité, c’est dans les ouvrages pour enfants. Bref, dommage c’est une bonne revue Bonbek, mais je refuse qu’on prenne mes enfants pour des pigeons.
Le site de Bonbek : http://www.bonbek.fr.

Gabriel

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… et un peu d’imagination…

Par 2 février 2014 Livres Jeunesse

Parfois, il faut fuir, c’est nécessaire et quand on est enfant il est difficile de prendre sa valise et de partir alors on part dans un monde fabuleux appelé Imaginaire. Les trois albums du jour (et même le À part ça ?) rendent hommage à ce beau pays.

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que...Il aurait bien aimé faire ses devoirs ce petit garçon sauf qu’il a une vie incroyable ! Un avion avec des centaines de singes a atterri dans son jardin, son quartier a été envahi par des reptiles géants, lui et son frère ont été kidnappés par un cirque… et tant d’autres choses encore. Vous imaginez, vous, faire vos devoirs dans de telles conditions ?

Davide Cali et Benjamin Chaud, déjà on se réjouit… et l’on a raison ! Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… rassemble donc une vingtaine de prétextes trouvés par le héros de l’histoire pour répondre à la maîtresse qui lui demande la raison de ce devoir non rendu. On rit, on sourit devant ce déluge de raisons plus abracadabrantes les unes que les autres. Benjamin Chaud illustre avec humour cette liste surréaliste et bourre ses dessins de détails et de clins d’œil. Un petit livre drôle et poétique à l’édition particulièrement soignée (comme toujours chez Hélium).
Des extraits sur un blog consacré à l’album.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Mon ami imaginaireDepuis que son papa est parti à la guerre, Tom écrit à un ami. Il lui raconte sa vie avec sa mère, son espoir de revoir son père, des anecdotes de son quotidien. Son ami lui répond toujours, lui envoie parfois des petits cadeaux. C’est une belle relation entre Tom et son ami imaginaire…

Laurie Cohen signe là un texte fort, parfaitement mis en image par Sandrine Kao. Toutes les deux ont réussi à faire de Mon ami imaginaire un ouvrage fin, délicat, poétique tant dans le texte que dans les illustrations. Laurie Cohen écrit avec des mots d’enfants le quotidien de ce petit garçon qui voit sa mère pleurer et qui espère le retour de son père. Sandrine Kao l’illustre avec une infinie délicatesse. Bref (alors que, je ne vais pas m’en cacher, je ne suis pas toujours fan des textes de Laurie Cohen et des illustrations de Sandrine Kao), j’ai été extrêmement touché par cet album sensible et délicat.
Voir des extraits en ligne.
Le même vu par Le tiroir à histoires.

L'étrange histoire de Pétula-Élisabeth ArtichautUne grande danseuse de renom et un bossu s’aimaient. Personne ne comprenait cet amour et ils avaient dû fuir pour vivre loin des autres. Là était née Pétula-Élisabeth Artichaut, une petite fille minuscule. Le bonheur fut de courte durée puisque son père mourut, il fallut donc revenir vivre en ville. Pour son septième anniversaire, Pétula-Élisabeth reçut une lettre que son père lui avait écrite avant sa mort. Une lettre qui contenait un rêve… ce fut le départ d’une aventure pour la jeune fille.

Alors bien sûr, cette fille qui part dans un autre monde, on pense forcément à Alice au pays des merveilles (même si ce n’est quand même pas la seule histoire du genre !). Pétula-Élisabeth fuit dans des mondes rêvés où elle rencontre des créatures rassurantes. Et, même si je n’ai pas toujours réussi à rentrer dans l’univers de ce livre, j’ai vraiment accroché sur la dernière phrase qui demande aux enfants de ne pas chercher où se trouve le petit monde de Pétula-Élisabeth, mais de chercher plutôt le leur. Les illustrations de Kabuki ont un côté manga très acidulé, le monde qu’elle dessine, les personnages, les couleurs utilisées… collent parfaitement avec les mots d’Amélie Billon-Le Guennec. On est très loin, visuellement, de l’album précédent, certains préféreront le côté mélancolique de Sandrine Kao, d’autres le côté explosion de couleurs de Kabuki
Voir des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Davide Cali (Super Potamo et Bons Baisers ratés de Paris), Benjamin Chaud (L’alimentation – Pourquoi on ne mange pas que des frites ?), Laurie Cohen (À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), Sandrine Kao (Comme deux confettis, Le banc, Les larmes de Lisette, et Des crêpes à l’eau) et Amélie Billon-Le Guennec (Tais-toi !, Le secret de Madame Tannenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de la grande rêverie). Retrouvez aussi nos interview d’Amélie Billon-Le Guennec et de Sandrine Kao.

Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…
Texte de Davide Cali, illustré par Benjamin Chaud
Hélium
12,50€, 150×200 mm, 40 pages, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Mon ami imaginaire
Texte de Laurie Cohen, illustré par Sandrine Kao
Philomèle
15€, 200×250 mm, 48 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.
L’étrange histoire de Pétula-Élisabeth Artichaut
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Kabuki
Des ronds dans l’O
16,50€, 226×301 mm, 34 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

bonbek 10Le dernier numéro de Bonbek est sorti ! Connaissez-vous ce magazine ? C’est une revue avec un beau papier (on est proche de l’album) qui contient une grande histoire, des jeux et des loisirs créatifs. Pour ce dernier numéro, l’imaginaire est aussi au rendez-vous puisque l’histoire (signée Alex Cousseau et Nathalie Choux) nous parle de deux enfants qui décollent tellement de terre qu’on leur attache le pied avec une ficelle pour ne pas les perdre. Et c’est justement dans le ciel qu’ils vont se rencontrer. Là aussi, c’est une histoire extrêmement poétique. Ensuite, on va fabriquer une cocotte (ou salière, vous savez le truc où l’on glisse les doigts dedans puis on demande aux copains-copines de dire un chiffre puis de choisir un des volets… ok si vous n’avez rien compris allez voir ) pour poser des questions à ses ami-e-s (et ainsi mieux les connaître), on va transformer des légumes en personnages (en dessin), faire des bonshommes en tomate (ok, ce n’est pas la saison on attendra) et mozzarella. Mais on va aussi trouver ici des coloriages, des BD, un jeu des sept différences et un jeu de sept familles (aux illustrations modernes) à découper. Un très chouette magazine (juste un peu cher), imprimé sur un beau papier et avec plein de super trucs dedans !
Feuilletez-le en ligne.

Bonbek, numéro 10. 9,50€, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable.

Gabriel

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