La mare aux mots
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Célia Chauffrey

Les invité·e·s du mercredi : Bobi+Bobi et Célia Chauffrey

Par 13 juin 2018 Les invités du mercredi

Deux illustratrices singulières au programme du jour. On commence par Bobi+Bobi pour une interview où l’on en apprend un peu plus sur son travail, ensuite, c’est Célia Chauffrey qui nous ouvre les portes de son atelier. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Bobi+Bobi

Pouvez-vous nous parler d’Une fleur, votre dernier album publié chez À pas de loups ?
Une fleur est l’histoire d’une petite fille qui se sent envahie par ses émotions. Tellement envahie que ça lui semble un peu difficile à gérer. Alors elle essaie de trouver des solutions pour apprivoiser ces émotions. Elle essaie aussi de comprendre d’où elles viennent et ce qu’elle peut en faire. C’est une petite fille optimiste pleine de ressources. Elle réfléchit beaucoup. Les enfants s’interrogent et réfléchissent beaucoup, il ne faut pas l’oublier.

C’est votre premier livre avec Sandrine Kao, comment s’est passée cette collaboration ?
Sandrine Kao est une illustratrice qui écrit. J’aime bien travailler avec des auteurs qui sont à l’aise avec les mots autant qu’avec les images. Ce n’est pas si courant. En ce qui me concerne, l’essentiel d’un album jeunesse se construit dans une concentration plutôt silencieuse, et dans une certaine solitude. Mais on peut échanger au tout début, ne serait-ce que pour voir dans le regard de l’autre comment ça prend forme. C’est ce qui s’est passé – par l’intermédiaire de notre éditrice – qui est une personne attentive et encourageante.

Avec d’autres types de livres, vos collaborations sont différentes ?
Oui. Pour la réalisation d’un album BD par exemple, je collabore tout au long du travail sans problème. Chaque dessin d’une BD exprime une situation précise, alors qu’une planche d’album jeunesse est pour moi le détail d’un tout indivisible plus abstrait. Et en poésie c’est encore autre chose.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Pour Une fleur j’ai principalement utilisé l’aquarelle. J’ai choisi deux papiers, un papier blanc très beau et très épais pour les fleurs, et un autre plus ordinaire que j’ai préparé moi-même – c’est-à-dire que je l’ai rendu aquarellable à ma manière. Ce qui m’a permis de préparer des fonds colorés avant de commencer à peindre. Je suis peintre avant tout, et même quand je dessine, la peinture est le moteur de mon travail, que ce soit pour un livre, une commande, un travail personnel d’atelier. Je cherche toujours la technique qui convient le mieux à une histoire. D’un livre à l’autre je peux passer du dessin à la peinture à l’huile, du monotype à la couture. J’aime bien cette diversité. Mais la technique n’est que la technique : elle ne change en rien à ma manière de voir, d’interpréter, de dessiner et de peindre.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Essentiellement dans ma tête. J’ai un imaginaire flamboyant comme les robes de Peau d’Âne. Je crois que la nourriture principale de cet imaginaire vient des mots, de la littérature, de la poésie, de la solitude quand elle est choisie, du silence. Je lis beaucoup. Je prends parfois des notes pour ne pas oublier les images et les associations qui se créent spontanément quand je lis.

Quel est votre parcours ?
J’ai longtemps rechigné à faire une école d’arts plastiques, j’avais peur de perdre quelque chose. Ce qui est bien étrange, car à 20 ans j’avais tout à apprendre. Alors j’ai fait Lettres Modernes et Histoire de l’Art, et puis plus tard seulement j’ai suivi les cours d’une école d’arts plastiques. Côté édition, j’ai commencé par de la poésie, j’ai publié mes premiers poèmes très jeune. Côté arts plastiques, en plus de mon travail d’atelier, j’ai commencé par des décors de théâtre, des affiches. Un jour, en découvrant les travaux du concours d’illustration du Salon International de Littérature Jeunesse de Montreuil, je me suis aperçue que l’illustration pouvait être un art à part entière. Et comme je suis une raconteuse d’histoires, ma peinture, mes mots et mes dessins ont fini par se rejoindre en un tout très compact.

D’où est venu ce nom Bobi+Bobi (et d’ailleurs doit-on prononcer le « + » ?)
Ce nom est venu de mon premier blog, je m’appelais « Bobinette » et mes lecteurs m’ont rapidement appelée « Bobi ». Un deuxième Bobi est venu tout naturellement tenir compagnie au premier. Il est venu avec une esperluette (&) qui a été troquée tout aussi naturellement contre un « + ». Ce « + » s’écrit sans espaces entre les deux Bobi, forcément, car il est un espace ajouté à lui tout seul. Et le « + » ne se prononce pas. Il n’y a pas très longtemps – et je vous jure que c’est véridique – j’ai rêvé de Jean-Paul Gaultier. Il me complimentait sur mon pseudo, s’étonnait de ce « + », me disait que c’était intéressant mais que surtout, il ne fallait pas le prononcer. Que voulez-vous ajouter à ça ?

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, j’avais surtout à ma disposition des livres scolaires, dont ceux de français, bourrés d’illustrations, que je lisais et relisais. À 12 ans j’ai pu m’inscrire dans une bibliothèque, et là je me suis rattrapée. J’ai commencé par les Alice (des petits romans policiers) et je suis passée directement à Balzac. Puis Zola. Puis tout ce que je trouvais. C’était fou cette gourmandise. C’est comme ça que j’ai rencontré l’auteur de ma vie : Proust. Et bien plus tard, à 40 ans, j’ai découvert les albums jeunesse…

Y a-t-il des illustrateurs et des illustratrices dont le travail vous touche ou vous inspire ?
Je crois que je dois beaucoup à Carll Cneut et à Suzanne Janssen. Ma peinture était proche de la leur, la leur était proche de la mienne. Je sentais les connexions. Le lien entre mots et images s’est cristallisé quand j’ai découvert leurs univers, très certainement. Aujourd’hui je suis surtout touchée par les artistes qui ont du métier et qui développent une œuvre personnelle, je pense par exemple à Manon Gauthier, Sylvie Bello, Stefan Zsaitsits, Pablo Auladell, Daisuke Ichiba. Les peintres m’inspirent et me stimulent, Jérome Bosch, Rembrandt, Vuillard, Matisse, Richard Diebenkorn, Patrick Procktor, Peter Dahl et cent autres, Raphael Balme, Vanessa Stockard que je viens de découvrir.

C’est sur internet que vous faites vos découvertes ?
Oui, principalement sur Instagram. Tout en limitant mes visites sur les réseaux sociaux, car il y a tellement de choses merveilleuses à découvrir que j’y passerais ma vie si je m’écoutais. Je me tiens à distance d’internet pour rester concentrée sur mon propre travail, pour ne pas perdre le fil.

Quelques mots sur vos projets ?
Je prépare quelques publications à tirage très limité, avec mon collectif. Et je suis passée à la réalisation de grands formats qui pourraient illustrer des albums. De très grands dessins, de très grandes peintures. J’ai envie que le travail d’atelier du peintre rejoigne celui de l’illustrateur. Faire très peu de livres, choisir de faire de l’art avec l’édition jeunesse (plutôt que chercher à en vivre), montrer des originaux aux enfants, leur expliquer en quoi une création graphique est plus qu’une image, voilà ce qui m’intéresse.

Bibliographie jeunesse :

  • Une fleur, illustration d’un texte de Sandrine Kao, À pas de loups (2018).
  • Les mots qui manquent, illustration d’un texte d’Anne Loyer, À pas de loups (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Dix ans tout juste, collectif, HongFei Cultures (2017).
  • Petites gouttes de poésie avec quelques poèmes sans gouttes, illustration d’un texte de Pierre Albert-Birot, Motus (2017).
  • S’aimer, collectif, À pas de loups (2016).
  • À bas la lecture, illustration d’un texte de Didier Lévy, Oskar jeunesse (2015).
  • Comment bien promener sa maman, illustration d’un texte de Claudine Aubrun, Seuil Jeunesse (2015).
  • Ma sœur et moi, illustration d’un texte de Cécile Roumiguière, La Joie de Lire (2012).
  • Un ami pour Lucas, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei Cultures (2010).
  • Yin la Jalouse, illustration d’un texte de Qifeng SHEN, HongFei Cultures (2009).

Retrouvez Bobi+Bobi sur son blog : http://bobibook.blogspot.com


Quand je crée… Célia Chauffrey

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Célia Chauffrey qui nous parle de quand elle crée.

Pour travailler impossibles les terrasses ensoleillées et les carrés TGV… j’ai besoin d’un endroit familier, de quelques litres de thé, de nicotine et surtout de son avec ou sans casque – ça, ça dépend si les collègues de l’atelier sont dans les parages.
Élaborer une illustration ou un album complet n’est pas quelque chose de serein pour moi. En cas de tempête de doute j’ai à portée de casque deux disques refuge : The touch of your lips de Chet Baker et The ghosts of Saturday night de Tom Waits. Je les écoute surtout en début de projet, ce moment très intranquille quand je découvre un texte et que tout est à faire.
Je possède beaucoup de carnets : trop jolis, trop parfaits. Je ne me résous pas à les salir. Les pages sur lesquelles j’ai écrit ou dessiné je les ai arrachées. Je préfère les feuilles libres pour sans complexe commettre à foison des tas de petits dessins caca.
Les dessins caca c’est très important. Il faut que j’en fasse beaucoup pour qu’une de ces petites crottes me parle. Quand une se distingue enfin des autres je saisis mon scalpel, la prélève délicatement et paf je la colle sur une feuille immaculée, elle se met alors à sentir comme le lilas un soir d’avril.
La mini bouse est devenue graine porteuse d’envie et d’intuitions graphiques. C’est magique. Je peux attaquer la phase de recherche pour la narration. À ce moment je remise Tom et Chet dans leur tiroir pour leur préférer de la musique baroque ou du piano – jazz, classique, contemporain mais peu Mozart qui me tape sur les nerfs, ça ne s’explique pas. Peu de chanson, peu d’émissions de radio pour arriver au terme des esquisses, la musique m’accompagne mais elle ne doit pas me distraire. En revanche lorsque le chemin de fer est terminé c’est l’orgie : des trucs très speed, des morceaux parfois douteux (pop italienne des années 80-90, Tekilatex, Grems…) et les podcasts fiction et documentaire France Culture sans retenue. Et quand par chance la phase de réalisation coïncide avec Roland Garros c’est joie joie.
J’adore cette impression d’avoir deux cerveaux : un très attentif à ce que j’écoute et l’autre concentré sur l’image : plus ce que j’entends me passionne mieux je travaille.

Sinon pour commencer un projet j’aime avoir un bureau tout propre avec juste le nécessaire sur la table. Le temps faisant les moutons colonisent les pieds de mon tabouret et la poubelle déborde. Je ne le vois pas jusqu’à ce que ça me gonfle, d’un coup comme ça.
Alors je nettoie, ça brille, je respire.

Célia Chauffrey est illustratrice.

Bibliographie :

  • Trop tôt, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Petite Cage cherche un oiseau, illustration d’un texte de Rodoula Pappa, Belin Jeunesse (2017).
  • Le parfum des feuilles de thé, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, De la Martinière (2016).
  • Sven et les musiciens du ciel, illustration d’un texte de Pierre Coran, L’école des loisirs (2014).
  • Matachamoua, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mademoiselle Tricotin, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Les p’tits bérets (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Voyages de Gulliver, illustration d’un texte de Jonathan Swift, Gründ (2011).
  • Pierre la lune, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Auzou (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Celui qui voulait changer le monde, illustration d’un texte de Juliia, Auzou (2010).
  • Hibiscus, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2010).
  • Quatre fois vite un chuchotis, illustration d’un texte de Jacqueline Persini-Panorias, Soc et Foc (2009).
  • Grand, Moyen, Petit, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Frimousse (2009).
  • La fille du géant, illustration d’un texte de Céline Sorin, Pastel (2010).

Retrouvez Célia Chauffrey sur son blog.

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Deux beaux albums délicats et poétiques

Par 23 avril 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on plonge dans deux albums délicats et poétiques : Trop tôt de Céline Sorin et Célia Chauffrey qui nous parle de la naissance d’un petit frère prématuré vu à hauteur d’enfant et Mon Toi de Stéphane Girel, fable onirique sur la recherche d’une maison « idéale »…

Trop tôt
Texte de Céline Sorin, illustré par Célia Chauffrey
l’école des Loisirs
12,50 €, 187×258 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018.
Mon Toi
de Stéphane Girel
HongFei Cultures
14,90 €, 259×250 mm, 40 pages, imprimé en France, 2018.

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Du berger à la bergère : de Célia Chauffrey à Francesco Pittau

Par 24 août 2016 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose encore une nouvelle rubrique pour nos invité.e.s du mercredi. Après les questions sur les métiers et les questions des enfants, on a proposé cet été à des auteur.e.s et des illustrateurs.trices de poser trois questions à un.e auteur.e ou un.e illustrateur.trice de leur choix. Puis à l’interviewé.e d’en poser une à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Jean-Luc Englebert et Benjamin Chaud, Fred Bernard et Loïc Clément, Marine Carteron et Clémentine Beauvais, Clément Lefèvre et Matthieu Maudet, Dorothée de Monfreid et Clothilde Delacroix, Élice et Annelise Heurtier, Michaël Escoffier et Laure Monloubou, cette semaine, pour cette avant-dernière de l’été, c’est à Francesco Pittau que Célia Chauffrey a choisi de poser des questions.

Célia Chauffrey : En tandem ou en solo, vous avez désormais publié une centaine d’albums, dans différentes maisons d’édition. En tant qu’auteur, qu’attendez-vous d’un éditeur ou d’un directeur de collection ? Vos attentes ont-elles évolué ? Vous avez vous même parfois ce rôle, quel intérêt créatif y trouvez-vous et en quoi cela influence votre propre travail ?
Francesco PittauFrancesco Pittau : D’un éditeur ou d’un directeur de collection j’attends d’abord qu’il me publie, qu’il accepte mon projet globalement et qu’il en dise le moins possible sur les projets. Ou s’il parle, qu’il le fasse dans le sens du projet que nous pouvons, que je peux avoir, détourné de son objectif premier. Comme on dit communément « quand on a la tête dans le guidon…». Jusqu’à présent, j’ai eu du bol, de la chance, une bonne fée, ou je ne sais quoi d’autre, mais je suis toujours tombé avec des éditeurs qui sont plus à l’écoute qu’avec la volonté d’imposer leur vision. Je me souviens qu’un jour, au Seuil Jeunesse, du temps fastueux de Jacques Binzstok, je lui ai fait cette remarque : « Tu ne dis trop rien sur nos livres… » Il m’a regardé puis il a dit : « Tu crois que tu connais ton boulot ? » Moi j’ai répondu que oui, bien sûr, je savais où je voulais aller, ce que je voulais faire ou pas. Et lui : « Ben, voilà. » Je ne raconte pas cette anecdote avec l’intention de me mettre en avant, mais surtout pour souligner l’extrême intelligence de Jacques Binzstok, qui savait se faire discret quand il tombait face à des auteurs indépendants, et très présent avec d’autres. Dans tous les cas, c’était basé sur une confiance réciproque.
Chez Gallimard, avec Coline Faure-Poirée, c’est assez pareil dans l’ensemble : elle travaille sur la confiance et le respect des auteurs. Elle ne considère pas les auteurs comme des bébés auxquels il faut tenir la main, mais tout comme Binzstok elle sait moduler son comportement et comprendre ce qu’on lui montre.
Imagier des saisonsTous les bons éditeurs pour la jeunesse veulent être émerveillés. Ils sont les premiers lecteurs et ils ont des enthousiasmes qui nous surprennent parfois tellement ils sont pleins de bonne santé. L’édition est un milieu où de l’argent circule, puisqu’il y a travail, mais c’est surtout un milieu d’enthousiasmes partagés.
Bien sûr, il y a des livres qui demandent une plus grande attention de la part de l’éditeur, ne serait-ce que pour les coûts de fabrication. Ainsi, les livres pop-up sont susceptibles de transformations en raison du prix de la fabrication. Dans ce cas-là, l’objet sera discuté avec l’éditeur et donc son élaboration sera influencée par l’éditeur.

Célia Chauffrey : Pouvez-vous nous parler de votre processus d’écriture ? Partez-vous d’une image, d’une idée, ou d’un thème ? Bientôt paraîtra un album dont vous avez conçu seul le texte et l’image, quelles difficultés et quels plaisirs particuliers y avez-vous rencontré ?
Francesco Pittau : Pour l’écriture, je pars toujours d’une envie de faire, puis cette envie se définit au fur et à mesure que je la cerne. Souvent, je n’ai aucune idée, ou alors une ombre d’idée, si fugace que je ne pourrais pas la formuler. C’est plus comme un prurit, un petit frémissement qui trahit un quelque chose de bouillonnant. Il m’est arrivé de construire des albums avec des images disparates que je rassemblais et auxquelles je donnais un sens ; j’ai commencé des albums par la fin pour « remonter » le fil de l’histoire… puis il y a des livres qui ont répondu à un « flash » une image dont je ne savais pas ce qu’elle contenait… Du coup je me suis penché dessus et je l’ai « habillée ». En fait, il n’y a pas de méthode.Au secours un monstre
Pour l’album réalisé en solo, j’ai fait comme je fais d’habitude : je n’écris jamais une histoire, je la dessine ou je dessine des éléments qui vont la composer. Après pour la réalisation, la finalisation des dessins, j’ai mis du temps pour trouver la technique qui collait avec l’histoire… la mise en couleurs a été un problème à résoudre. J’ai beaucoup hésité. J’imagine que ce sont des difficultés que tous les illustrateurs rencontrent. Cela dit, il y a une énorme différence entre « écrire » une histoire et la dessiner. Quand on écrit, on part de rien et l’angoisse, ou le stress est plus grand (du moins pour moi) ; dans l’acte de dessiner, même s’il y a une tension nécessaire, au fond, c’est un acte plutôt apaisant… C’est comme cela que je l’ai ressenti.

Célia Chauffrey : Pour finir, pouvez-vous nous parler de deux ou trois auteurs/illustrateurs qu’il vous ferait plaisir d’évoquer maintenant ?
Francesco Pittau : J’ai quelques admirations bien marquées et notamment pour Shel Silverstein qui écrivait, dessinait, enregistrait des chansons et a même interprété des sketches… Passer de L’arbre généreux à une chanson pour les Rolling Stones, c’est quand même une variété créative que j’apprécie beaucoup.
Ensuite Arnold Lobel, pour l’extrême intelligence poétique de ses récits… Ne parlons pas de ses dessins qui sont ce qu’il y a de plus beau.
Il y a un autre auteur que j’aime beaucoup pour sa liberté de trait et d’esprit : James Stevenson. Cartoonist, bédéiste (qui s’est vu éjecté du milieu parce que trop libre d’esprit), auteurs de livres pour la jeunesse qui respirent et qui vivent comme des enfants.
Je m’aperçois que je n’ai cité que des auteurs anglo-saxons. Alors, pour faire bonne mesure, je vais aligner quelques Européens : Rodari (auteur fabuleux qui a réfléchi comme peu sur les structures narratives des livres pour la jeunesse), Munari (le créateur protéen par excellence), Lionel Koechlin (un artiste véritable), Philippe Dumas (dont le trait me ravit), et tant d’autres que je n’aurai jamais la place de les citer tous.

Francesco Pittau : J’ai vu certains de vos dessins destinés juste à la préparation d’un projet. Des dessins extrêmement aboutis à mes yeux. J’ai appris plus tard qu’ils n’étaient qu’un passage vers autre chose… je suis intrigué par la finition apportée à ce qui devait n’être qu’une sorte de pense-bêtes… Alors, quels sont vos critères pour déterminer qu’un dessin est arrivé à son juste aboutissement ?
celia chauffreyCélia Chauffrey : Oui, je vois les dessins dont vous parlez… Il arrive en effet que je pousse beaucoup les dessins préparatoires, quand j’ai le temps et pour le plaisir. Avec les esquisses de ce projet je cherchais à explorer une technique à l’encre noire. Lorsque je me sentirais plus à l’aise avec cette écriture, je m’en servirai pour des images finalisées.
Sinon la plupart du temps mon travail sur les esquisses consiste à décrire très précisément la composition et obtenir une fluidité dans le dessin. Je ne cherche pas à les rendre jolies.
Quand est-ce que je considère être arrivée au bout de la réalisation d’une image ? C’est difficile à expliquer… quand j’ai le sentiment d’une mayonnaise montée peut-être. J’essaye de traiter chaque élément à sa juste valeur pour aboutir à un ensemble cohérent qui dialogue au mieux avec le texte. C’est très abstrait comme réponse je m’en rends compte, mais le bon moment pour poser le pinceau est en fait assez instinctif…

Bibliographie sélective de Francesco Pittau :

  • ABC en relief, texte illustré par Bernadette Gervais, Les grandes personnes (sortira en novembre).
  • Au secours, un monstre !, texte et illustrations , Gallimard Jeunesse (sortira en octobre).
  • Maman veille, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2016).
  • Mordre la neige, illustrations de textes d’Anna de Sandre, Les Carnets Du Dessert De Lune (2015).
  • Visitons la maison, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Tête dure, texte et illustrations, Les Carnets Du Dessert De Lune (2014).
  • Dinorauses, texte illustré par Bernadette Gervais, Les grandes personnes (2014).
  • Succulentes sucreries, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les brosses à dents, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2012).
  • Pipi ! Crotte ! Prout !, texte illustré par Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse (2012).
  • Les contraires, texte illustré par Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse (2012).
  • L’imagier des saisons, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Oxiseau, texte illustré par Bernadette Gervais, Les grandes personnes (2010).
  • J’ai pas fait exprès, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2010).
  • Axinamu, texte illustré par Bernadette Gervais, Les grandes personnes (2010).
  • Une faim de crocodile, texte illustré par Bernadette Gervais, Gallimard Jeunesse (2007).
  • C’est dingue !, texte illustré par Bernadette Gervais, Belem Editions (2005).
  • Interdits des petits et des grands, texte illustré par Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse (2003).
  • Le pays gris, texte illustré par Bernadette Gervais, Mango Jeunesse (1996).

Retrouvez Francesco Pittau sur son blog : http://maplumesurlacommode.blogspot.fr.

Bibliographie de Célia Chauffrey :

  • Le parfum des feuilles de thé, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, De la Martinière (sortira en octobre).
  • Sven et les musiciens du ciel, illustration d’un texte de Pierre Coran, L’école des loisirs (2014).
  • Matachamoua, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mademoiselle Tricotin, illustration d’un texte d’Alice Brière-HaquetLes p’tits bérets (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Voyages de Gulliver, illustration d’un texte de Jonathan Swift, Gründ (2011).
  • Pierre la lune, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Auzou (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Celui qui voulait changer le monde, illustration d’un texte de Juliia, Auzou (2010).
  • Hibiscus, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2010).
  • Quatre fois vite un chuchotis, illustration d’un texte de Jacqueline Persini-Panorias, Soc et Foc (2009).
  • Grand, Moyen, Petit, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Frimousse (2009).
  • La fille du géant, illustration d’un texte de Céline Sorin, Pastel (2010).

Retrouvez Célia Chauffrey sur son blog.

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Les invité-e-s du mercredi : Célia Chauffrey et Sophia Aram (+ concours)

Par 30 avril 2014 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est l’illustratrice Célia Chauffrey que nous avons interviewée. C’est une illustratrice bourrée de talent et j’avais envie d’en savoir plus sur elle. À la suite de l’interview, vous pourrez tenter de gagner le sublime Matachamoua grâce à L’école des loisirs. Ensuite, nous avons rendez-vous, pour La chronique de avec quelqu’un que j’aime beaucoup et que je suis depuis plusieurs années, l’humoriste et animatrice Sophia Aram. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Célia Chauffrey

Célia Chauffrey 2011 © Félicien Bergere

© Félicien Bergere

Parlez nous de votre parcours
Mes grands-parents paternels étaient peintres, restaurateurs de fresques et de tableaux. Pour eux, il était important de me voir barbouiller très tôt. Ma grand-mère m’a aussi fait découvrir la gravure en taille douce.
C’est de façon presque évidente que je voulais travailler dans l’image. J’ai commencé par étudier le graphisme. À l’époque, je n’étais pas du tout à l’aise avec l’outil informatique qui devenait quasi inévitable sauf dans les trop rares, à mon goût, modules de dessin et d’illustration. J’ai donc rejoint l’école Émile Cohl qui dispensait des heures et des heures de pratique du dessin à ses élèves dans le but d’en faire des illustrateurs en tout genre, des bédéistes ou encore pour les plus habiles des animateurs (de dessins animés).
Plus tard, quand je me suis sentie pas tout à fait, mais à peu près prête, j’ai envoyé des dossiers d’illustration. Christiane Germain chez Pastel EDL m’a confié un texte Pierre la luneformidable de Céline Sorin : La fille du géant. C’est mon premier album. Depuis je collabore régulièrement avec elles. J’ai travaillé avec d’autres maisons d’édition comme Frimousse, Gründ, Barefoot books (éditeur anglo-américain)…

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Récemment encore, j’utilisais l’acrylique fine, jusqu’à n’en plus pouvoir, trop d’automatismes. Je reviendrai probablement aux pinceaux, mais pour l’instant je me concentre sur le crayon de couleur. Ça m’enthousiasme assez, cette technique est plus proche du dessin et permet moins de repentirs.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, beaucoup d’albums du Père Castor, ou de L’école des loisirs (j’étais dingue des Trois brigands), on m’avait abonnée aux Belles Histoires : j’adorais.
Ensuite, je lisais tout ce qui me tombait sous la main dont beaucoup de théâtre et de polars…

MatachamouaParlez-moi de Matachamoua, comment est né ce projet ? Comment avez-vous travaillé sur les illustrations de cette histoire ?
Avant Matachamoua, Céline Sorin et moi avions fait Hibiscus chez Pastel. Céline et Odile (Josselin NDLR), éditrice de confiance qui a pris le relais de Christiane Germain, ont jugé mes premières recherches pour ce livre, charmantes, mais pas assez âpres pour le sujet. Le personnage était trop rêveur. Céline s’est inspirée de l’expression douce et absente de ces recherches pour écrire Matachamoua. Céline est orthophoniste, c’est un sujet qu’elle connaît bien.
Quand j’ai pris connaissance de ce texte très sensible sur ce type de handicap, j’ai souhaité utiliser des formes et des couleurs douces. Il y a deux raisons à cela : montrer l’univers intérieur de Belem, ce petit ours lunaire et différent, et tenter par la douceur de séduire le lecteur sur ce sujet délicat.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration avec Alice-Brière Haquet avec qui vous avez fait plusieurs albums ?
Mademoiselle TricotinAlice et moi nous nous sommes rencontrées sur un forum, cfsl. À l’époque, je n’avais rien publié et je cherchais des textes. Elle cherchait des illustrateurs. J’ai flashé sur son texte Le ballon de Zébulon. C’est Olivier Philipponneau qui l’a illustré finalement, mais Alice a proposé mon nom pour Pierre la Lune. C’était le début de notre collaboration.
C’est très agréable de travailler avec Alice, tout semble facile, sans prise de tête.

Quels sont vos projets ?
Mes projets : un nouvel album est peut être prévu avec Alice justement, pas pour tout de suite, mais j’espère bien reformer ce tandem dans les deux ans à venir.
Je viens de terminer un album grand format au crayon de couleur pour un éditeur étranger, j’attends les épreuves couleur avec impatience.
Je termine un « tout carton » pour les tout petits, c’est un poème court et beau de Céline.
J’entame un album sur un joli texte d’Anna de Sandre.
Ces jours-ci paraît chez Pastel Sven et les musiciens du ciel. Un texte de Pierre Coran, un hommage aux compositeurs qu’il aime. J’adorerais retravailler sur un texte de Pierre, il m’a d’ailleurs proposé quelque chose de magnifique…

Bibliographie sélective :

  • Sven et les musiciens du ciel, illustration d’un texte de Pierre Coran, L’école des loisirs (2014).
  • Matachamoua, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mademoiselle Tricotin, illustration d’un texte d’Alice Brière-HaquetLes p’tits bérets (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Voyages de Gulliver, illustration d’un texte de Jonathan Swift, Gründ (2011).
  • Pierre la lune, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Auzou (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Celui qui voulait changer le monde, illustration d’un texte de Juliia, Auzou (2010).
  • Hibiscus, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2010).
  • Quatre fois vite un chuchotis, illustration d’un texte de Jacqueline Persini-Panorias, Soc et Foc (2009).
  • Grand, Moyen, Petit, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Frimousse (2009).
  • La fille du géant, illustration d’un texte de Céline Sorin, Pastel (2010).

Retrouvez Célia Chauffrey sur son blog.

Concours
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à L’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un de vous le magnifique Matachamoua (que nous avons chroniqué ici). Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire quel est l’album jeunesse qui vous a le plus ému, touché. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


La chronique de… Sophia Aram

De temps en temps, un artiste hors littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé enfant ou qu’il a aimé lire à ses enfants. Cette fois-ci, c’est Sophia Aram qui s’y colle ! Merci à elle.

Un livre qui vous a marquée enfant ?
Petite, je suis littéralement tombée dans la comtesse de Ségur, et j’ai eu une passion pour Les malheurs de Sophie. Contrairement à la plupart des mes amies, je ne trouvais pas grand-chose de drôle aux aventures de cette petite fille. Au contraire, pour moi sa vie tenait du drame. Je crois que je me suis pas mal identifiée à Sophie. Moi-même, je collectionnais ‘les malheurs‘ étant petite car j’étais extrêmement maladroite, si bien que mes frères et sœurs s’amusaient à raconter mes aventures qu’ils avaient rebaptisées ‘Les malheurs de Sophia‘.

Un livre que vous aimez raconter à votre fils ?
Mon fils était un passionné de dinosaures, et à l’époque, on croulait sous les imagiers, et tous les livres scientifiques recensant les espèces de dinosaures. La lecture du soir consistait à faire l’inventaire des caractéristiques de tel herbivore ou de tel carnivore, ça le passionnait, mais nous étions frustrés de ne pas pouvoir lui raconter de véritables histoires, et à l’époque on ne trouvait que très peu d’histoires mettant en scène des dinosaures. Jusqu’au jour où, dans une brocante, nous sommes tombés sur un livre un peu vieillot racontant les aventures d’un petit stégosaure né sans plaque osseuse, et qui souffrait de la différence avec les siens.
Ça s’appelait Les piquants de Goz, et je me souviens que mon fils, alors âgé de trois ans, semblait très inquiet pour ce stégosaure, car vous ne le savez peut-être pas, mais les plaques osseuses des stégosaures sont des régulateurs thermiques et ce qui chagrinait le plus mon fils ce n’était pas la différence, mais la peur que Goz ait trop chaud ou trop froid.

Sophia AramSophia Aram est humoriste et présentatrice. Je l’avais découverte sur France Inter dans l’émission Le fou du roi où j’aimais son humour rentre-dedans. Elle n’hésitait pas à appuyer là où ça fait mal, devant des invités un peu gênés. On l’a entendu tacler, avec beaucoup de finesse, Marine Le Pen, Nadine Morano, Jean-François Copé et tous ces gens qu’on adore. Bref, c’est le genre de personnes qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui ne se fait donc pas que des amis, que j’aime décidément beaucoup. Elle est régulièrement en spectacle, vous pouvez suivre ses dates sur son site : http://www.sophia-aram.com.

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Dans la lune

Par 7 novembre 2013 Livres Jeunesse

Trois albums qui parlent de la lune, cet astre qui illumine nos nuits et nous intrigue toujours un peu. La lune qui est présente dans de jolies expressions (être dans la lune, décrocher la lune…) et dans les histoires… Prêts ? On décolle pour la Lune !

Pierre la lunePierre était tout petit mais il avait un rêve… décrocher la lune pour sa mère. Quel plus beau cadeau aurait-il pu trouver pour elle ? Gros comme son cœur, tout rond de douceur, plein de bonheur, et lumineux contre la peur. Pierre demande à son père de l’aider à aller plus haut, mais même sur ses épaules ce n’est pas encore assez… Des cousins se joignent à eux mais Pierre est encore trop bas. Pierre promet à tous ceux qui l’aideront à attraper la lune qu’il leur en donnera un petit morceau, les gens arrivent et sont nombreux… restera-t-il assez de lune pour sa maman s’il récompense tout le monde ?

Comme d’habitude, Alice Brière-Haquet signe un texte d’une infinie poésie. Elle parle ici, avec sa belle plume, de tant de choses… de l’amour d’un enfant pour sa mère, de l’entraide, de croire en ses rêves, de l’importance de l’encouragement, du partage… Un texte extrêmement riche magnifiquement mis en image par Célia Chauffrey. Parce qu’une maman, on n’en a qu’une, on peut bien lui offrir la lune.

Le voleur de luneLes nuits étaient noires depuis qu’un prince avait décroché la lune pour l’offrir à sa belle. On ne se souvenait même plus qu’autrefois la lune veillait sur le sommeil des gens. Profitant de l’obscurité, Zachary Zanzini, le prince de la cabriole, parcourait les toits, pour voler les habitants. Une nuit, il vit une lueur… c’était la lune, il décida de la dérober pour l’offrir à la ville afin qu’elle l’éclaire. Mais le jour, la lune cachait le soleil et très vite on lui demanda de la reprendre… Que pouvait-il en faire ?

Bernard Villiot a imaginé une très belle histoire à partir du conte La lune des frères Grimm. En plus des aventures du cambrioleur, on parle des phases de la lune de façon poétique. Les illustrations de Peggy Nille sont superbes, surtout dans les pages « sombres » où Zachary parcourt les toits dans une nuit sans lune. Une bien belle histoire, très joliment illustrée.

Martin et les voleurs de luneMartin, il est du genre qui sait tout (enfin d’après lui…). Il se moque de Félix et de Raoul qui voient une grande et une petite ourse dans le ciel étoilé… comme s’il y avait autre chose que des étoiles et la lune ! Avoir un ami aussi savant c’est bien pratique quand on a une question, Léa Lapin demande donc à Martin pourquoi ce soir la lune n’est pas ronde… Félix et Raoul, eux, le savent… Martin lui aussi mais il dit qu’il l’expliquera demain ! Le rendez-vous est pris !

Une histoire pleine d’humour pour expliquer (car oui au final ça sera expliqué) les phases de la lune. Une version adaptée aux plus jeunes dans l’histoire (qui se contente de donner des chiffres et des termes), une version plus complète écrite par un astrophysicien et cosmologue dans un texte plus scientifique en fin d’album. Un album où l’on parle aussi des « je sais tout » et des apparences trompeuses. Un joli conte pour scientifiques en herbe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Alice Brière Haquet (Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ?, Perdu !), Célia Chauffrey (Matachamoua) et même un livre d’Alice Brière Haquet et Célia Chauffrey (Mademoiselle Tricotin). Nous avons aussi déjà chroniqué des livres de Bernard Villiot (La belle au bois dormant et La mouffle) et Peggy Nille (Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, (Mes créations du monde entier, Le nom du diable, Contes d’un autre genre, et Mes créations du monde-Europe).

Pierre la lune
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Célia Chauffrey
Tom’Poche
5,50€, 150×210 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2012.
Le voleur de lune
Texte de Bernard Villiot d’après les Frères Grimm, illustré par Peggy Nille
Élan vert
12,70€, 236×296 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2012.
Martin et les voleurs de lune
de Richard Byrne (traduit par Marie-Agathe Le Gueut)
Le pommier dans la collection Les bouts d’choux explorent le monde
13€, 238×275 mm, 26 pages, imprimé en Chine, 2013.

A part ça ?

Vous habitez Dijon ? Les 16 et 17 novembre vous avec rendez-vous à Crocmillivre !

Gabriel

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