La mare aux mots
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Claire Garralon

Des formes et des contraires

Par 20 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, un chat noir va rencontrer un chat blanc, un éléphant et un petit garçon vont explorer les contraires puis on fera le tour du rond ! Trois livres qui ont en commun de m’avoir totalement charmé.

Chat noir chat blanc
de Claire Garralon
MeMo dans la collection Tout-petits MeMômes
13 €, 195×190 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Sens dessus dessous ! Mon livre des contraires
Texte de Susan Hood (traduit par Sébastien Cordin), illustré par Jay Fleck
De La Martinière Jeunesse
13,50 €, 215×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Tout rond
Texte de Joyce Sidman (traduit par Alice Seelow), illustré par Taeeun Yoo
Circonflexe
13 €, 240×240 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2018.

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L’art à portée des petits

Par 26 juin 2014 Livres Jeunesse

En cette fin de semaine, je vais beaucoup vous parler d’art. J’ai eu en peu de temps plusieurs livres sur le sujet et donc autant les grouper ! Aujourd’hui, on va s’intéresser à l’art dans les livres pour les plus petits, demain on s’intéressera aux plus grands, samedi Marianne me laissera sa place pour parler de photo et dimanche je vous parlerai de loisirs créatifs. J’espère que vous aimerez cette thématique sur quatre jours.

DESIGNIMAUXDes objets design mis en situation dans un album jeunesse, c’est original ! C’est ce que propose Designimaux.
Pour que le poussin sorte de son œuf, soulève le volet… ah le voilà ! Il est assis dans l’Egg chair d’Arne Jacobsen. Tourne, tourne la roue crantée et tu verras défiler les couleurs sur la Ball Clock de George Nelson ! Si tu soulèves la tulipe, tu trouveras Hippolyte qui est assis dans une chaise qui ressemble beaucoup à la fleur, c’est la Tulip Chair d’Eero Saarinen. Un éléphant nage dans un océan de chamallow… enfin, c’est ce qu’il imagine assis sur le Marshmallow Sofa de George Nelson.
Sept objets (chaises, lampe, porte manteau…) qui se retrouvent donc dans cette une histoire à portée des tout-petits dans ce très beau livre cartonné avec des volets à soulever. Graphiquement très réussi (avec des illustrations un peu rétro), c’est un magnifique objet autant pour les parents que pour les enfants.
Une vraie réussite !
Des intérieurs sur le site de l’éditeur.

droles de tableauxQuatre drôles de tableaux. Rythmes de Robert Delaunay, Guitare et partition de Juan Gris, Signes en jaune de Paul Klee et Autoportrait en deux dimensions de Kasimir Malevitch. Quatre tableaux d’art abstraits qui donnent naissance à quatre petits livres.
Une rencontre entre deux oiseaux, un chat qui essaye d’attraper un papillon, un écureuil qui fait ses provisions et un départ pour l’espace.
Quatre histoires nées dans l’imagination de Claire Garralon à partir de quatre tableaux. Quatre histoires sans paroles. Les petits livres sont glissés chacun dans une pochette d’un coffret qui se déplie. L’objet est très beau et le contenu aussi !
Les enfants regarderont ces histoires sans paroles où les tableaux prennent vie, les parents pourront ensuite leur raconter ce qu’est ce tableau, qui est la personne qui les a peints grâce aux petits textes en dos de couv’.
Une idée bien originale joliment mise en image par les découpages de Claire Garralon. Une initiation à l’art abstrait
Des extraits sur le site de Claire Garralon.

Quelques pas de plus…
Tous les livres qui parlent d’art que nous avons chroniqués sont regroupés sur un tableau Pinterest. Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres de Claire Garralon (Ça, Une vie en bleu, Dis-moi l’oiseau et Six souricettes découvrent les couleurs). Retrouvez également notre interview de Claire Garralon.

Designimaux
Illustré par Ingela P. Arrhenius, animé par l’atelier Saje
Marcel & Joachim
14,90 €, 190×225 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2014.
Drôles de tableaux
Texte de Claire Garralon
Seuil Jeunesse
15 €, 148×148 mm, 128 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Et sur tablette ? Les applications chroniquées par DéclicKids.

Gabriel

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Perçons les secrets des livres

Par 6 mai 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux voyages insolites avec des livres qui parlent de livres ! Renversant !

les mammouths les ogres les extraterrestres et ma petite soeurIl paraît que les mammouths, ça n’existe pas. Ou plus en tout cas. Mais alors ce petit mammouth se demande bien pourquoi il est là, avec sa famille. On lui répond qu’il est le héros d’un livre, et qu’il a été créé par un monsieur qui écrit l’histoire, et une dame qui fait les dessins. Même que ces gens-là ont tous les droits : faire apparaître un ogre à dos de mouton au milieu de la rue ! Et si l’ogre ressemble à un drôle de bonhomme vert, c’est parce que la dame ne sait pas dessiner les ogres… Ce petit mammouth découvre donc tous les pouvoirs de ces gens là, l’auteur, l’illustratrice, et même le lecteur ou la lectrice ! Mais une chose est sûre, s’il veut une petite sœur, ils ne pourront rien pour lui ! Pour cela, il faudrait que son papa et sa maman se fassent des clins d’œil !

Coup de cœur pour cet album très original ! Alex Cousseau c’est le monsieur qui a écrit l’histoire justement, et c’est très drôle ! Il nous plonge dans un monde fou, celui des livres, dans lequel tout est possible ! Et Nathalie Choux, même si elle dessine des ogres qui ressemblent à des extraterrestres, est quand même très douée pour tout le reste : les jolies couleurs, les dessins pleins de douceur, et les détails humoristiques disséminés ! Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite sœur est vraiment une réussite, une pépite surprenante que les amoureux des livres (forcément, il y en a beaucoup par ici) devraient apprécier, à tout âge !

çaÇa, c’est comme une sorte de boîte. On regarde à l’intérieur et on y trouve des images et des mots ! C’est plein de vie, c’est personnel, c’est extraordinaire, et ça permet de voyager en restant chez soi ! Avec Ça, on grandit, ou au contraire on reste encore un peu petit… Ça, c’est un livre, et c’est magique !

Dans un registre plus poétique, Ça est un très bel album qui met le livre à l’honneur ! Le livre et tous ses pouvoirs ! Claire Garralon choisit des mots simples mais forts et les agence dans un univers coloré et doux, qui rend un bel hommage à cet objet fabuleux duquel on parle tant par ici ! C’est beau, doux, et tellement vrai !

Quelques pas de plus…
D’autres livres qui parlent des livres que nous avons chroniqués : Le grand méchant livre, C’est un livre,
Ouvre ce petit livre, Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore, Le messager du clair de lune, La petite liseuse et C’est fermé.
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Nathalie Choux (Loup ne sait pas s’habiller, Mon imagier des animaux familiers, Mon imagier des jouets, Coccinelle ouvre ses ailes, La poulette et ses trois maisonnettes, Mon imagier de la famille, Chevaliers, Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, Mon imagier de la maison, Mon imagier des formes, Mon imagier de Noël, L’ogresse poilue, De vrais amis, Mon imagier des saisons et Mon imagier de la nuit), Alex Cousseau (Les Frères Moustaches et Charles à l’école des dragons) et Claire Garralon (Une vie en bleu, Dis-moi l’oiseau et Six souricettes découvrent les couleurs). Retrouvez également notre interview de Claire Garralon.

Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Nathalie Choux
Tom’Poche
5,50 €, 210 x 160 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2014
Ça
de Claire Garralon
Philomèle
13,50 €, 210 x 210 mm, 26 pages, lieu d’impression non précisé, 2014

A part ça ?

J’ai le même âge que les éditions Kaléidoscope, qui fêtent donc leurs 25 ans cette année, avec beaucoup de surprises au programme ! Surveillez leur nouveau site internet !

Marianne

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Les invités du mercredi : Claire Garralon et Pierre Delye ( + concours)

Par 20 novembre 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui nous avons le plaisir de recevoir l’illustratrice Claire Garralon, nous lui avons posé quelques questions afin de mieux la connaître. À la suite de l’interview, je vous proposerai de tenter de gagner son magnifique album La vie en bleu dont le texte est signé Alice Brière-Haquet, grâce aux éditions Océan Jeunesse. Ensuite, c’est avec le génial Pierre Delye que nous avons rendez-vous, il viendra nous livrer ses coups de cœur et coups de gueule… et je vous promets un bon moment ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Claire Garralon

Claire GarralonQuel a été votre parcours ?
J’ai toujours dessiné, c’était une sorte de « sas de protection », un moment suspendu, agréable et reposant.  Ensuite j’ai fait les Beaux-Arts de Bordeaux et des études d’Art Plastique à Toulouse.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je n’en avais pas. Nous n’avions pas de livres dans notre maison. Un Tintin, Le Crabe aux pinces d’or, qui trainait et que j’ai regardé et regardé plein de fois, c’est tout. J’ai cru longtemps que je ne savais pas lire. Je me rattrape, j’essaie.

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Je dessine aux crayons de couleurs et avec des papiers découpés ou déchirés que je colle. J’utilise aussi de la peinture ou de la craie grasse. Je bricole avec différents outils pour construire une image, pas toujours les mêmes (outils), ça dépend aussi de l’histoire, du texte à illustrer.LA VIE EN BLEU

Parlez-moi de l’album Une vie en bleu, comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
Alice (Brière-Haquet NDLR) m’a proposé ce texte que j’ai tout de suite aimé pour son écriture toujours poétique et ce qu’il racontait. Les couleurs de la vie, c’est un beau texte pour un illustrateur.
Peu de temps avant, Alice m’avait montré sa collection de bons d’achats de boîtes de pâtes qu’elle gardait depuis longtemps mais qui ne lui servait plus à rien. Comme je récupère souvent des papiers et que j’aime ça, je lui ai fait comprendre que sa collection me plaisait beaucoup et que si elle voulait s’en séparer, j’étais preneuse.Dis-moi l'oiseau
J’ai reçu la boîte de bons d’achats dans ma boîte aux lettres peu de temps après. Puis le texte de la vie en bleu, le lien entre les deux était inévitable. J’ai donc utilisé les petits coupons pour faire les petites boîtes dont les deux personnages se servent dans l’histoire. J’ai voulu une illustration toute simple, suggérée, un peu maladroite et que la peinture soit présente, comme celle qu’utilisent les enfants ou les peintres.

Quels sont vos projets ?
Celui que je suis en train de terminer, quatre albums sur les quatre saisons à partir de quatre peintres abstraits qui paraitront au Seuil Jeunesse. Des histoires sans paroles, à regarder comme une peinture.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Claire Garralon sur son site : http://clairegarralon.fr.

Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à Océan éditions, je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire du très bel album La vie en bleu (qu’on avait chroniqué ici) ! Pour participer au tirage au sort dites moi en commentaire ce qui vous rend la vie en bleu. Vous avez jusqu’à mardi 10h ! Bonne chance à tous !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Pierre Delye

Une fois par mois un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur,…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine c’est l’auteur Pierre Delye qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Extrait du remue-méninge, de la tempête de cerveau chez Pierre Delye. Captation par micro hyper-sensible (il pleure pour un rien). Retranscription faite à la main. Aucun animal ni écrivain n’a été blessé pendant l’extraction de pensées.

« Allo ? Coup de cœur/coup de gueule, Gabriel ? Ouais, fastoche. Pas de soucis. Nan. C’est moi. Ça fait plaisir que tu aies pensé à moi. Ouais, tu me rappelles si je traîne… »

Bon, ça va, j’ai le temps. Je vais faire autre chose.

« Ah Gabriel, tiens, salut, comment ça va bien ? Ça fait plaisir de te voir. Non, bien sûr que je n’ai pas oublié, chuis d’ssus ! Aux taquets ! A fond les manettes… C’est pour quand au fait ? En tous cas, t’hésites pas : tu me tannes si tu ne reçois rien… »

Faut vraiment que je m’y mette ! Heureusement, j’ai encore un peu de te délai parce que, HO ! Pas qu’ça à fout’ moi…

Voyons les mails…

Hein ? Quoi ? Pour lundi (dans trois jours) ? Mais si on avait bien parlé d’un lundi, on n’avait jamais dit que ce serait celui-là ! En plus, il y en a plein d’autre des lundis ! Des plus loin dans l’espace-temps intersidéral et qui sont beaucoup mieux ! Hein ? Non ?

Non…

Oh merdmerdmerdmerd mais pourquoi j’ai dit « oui », c’est même pas payé, c’est censé être pour le plaisir ! Le plaisir ? Tu parles !

Bon…

J’ai dit « oui » alors faut le faire. Surtout qu’il m’a fait plein de compliments, le roublard ! Je ne peux quand même pas faire moins que d’essayer d’être à la hauteur à laquelle il dit me placer…

Ah ça, il est rusé le Gabriel, il sait bien que pour un compliment, les artistes sont toujours prêts à cavaler…

Un coup de cœur et un coup de gueule. Un coup de cœur, ça c’est fastoche, je le ferai après. D’abord, la gueule et après le cœur. C’est organique, c’est organisé.

Donc, un coup de gueule…

Aïe

C’est que je m’énerve facilement moi. J’ai l’indignation turbo réactive, moi, le soulèvement tectonique (géologique le soulèvement ! Pas la danse dont personne ne se souvient déjà plus à part ceux qui ont une mémoire pour les trucs inutiles)

Un coup de gueule… contre qui ? Contre quoi ?

Bon, je pourrais prendre un sujet sur lequel tout le monde est pour être contre !

Ouais mais ça va être tarte. Faut de l’originalité, pas le droit à la banalité…

ZUT ! (en plus je ne peux même pas dire de vrais gros mots, je suis auteur jeunesse même si je n’aime pas cette appellation !). Oh pu…rée, ça ne va pas être facile de pousser un coup de gueule avec la bouche en cul de poule pincée…

Pas bête ! C’est un bon sujet ça, les poules ! Non, y a mieux : Les dindes ! Les dindes qui se retrouvent avec une bouche en bec de canard parce qu’elles sont plus liftées qu’un passing-shot et qui hurlent le 11 novembre au nom du peuple contre un président alors qu’elles n’ont jamais foutu les pieds, pardon, l’escarpin dans un quartier populaire ni pris le RER aux heures de pointe et que leur manteau de fourrure à l’air aussi faux que…

Oui mais non… Vomi soit qui…

Parler de l’édition ? Donc, mentir, ben oui, je tiens à mon boulot moi ! Il est fou le Gabriel… Des auteurs et des illustrateurs ? Je vais me retrouver avec un contrat sur le dos…

De la situation des libraires, d’Amazon et des clients qui chouinent sur le chômage, hurlent contre les délocalisations, les hausses d’impôts mais achètent sur internet du produit ailleurs « parce que bon, le cœur a ses raisons que le porte-monnaie ignore… » En même temps si tout le monde y compris Amazon payait ses impôts, ses taxes, il n’y aurait plus de déficits…

Non plus… Trop facile

Un coup de gueule polémique ? Pour pouvoir passer pour un rebelle en m’attaquant courageusement à un plus faible que moi qui ne pourra pas se défendre et qui ne saura jamais que je l’ai chargé comme un bourrin…

Ou en m’attaquant à une multinationale au cuir si épais qu’elle s’en foutra royalement… Oui… Mais sait-on jamais…

Non, je vais tacler du pauvre ! Du sans défense !

Coup de gueule sur les pauvres d’esprits qui martyrisent l’orthographe sur Facebook et le net en général ?

Hmmm, nan, ils risqueraient de le lire et en plus ils sont agressifs ces cons là. Quand on voit le déferlement de bons sentiments gluants, de haines rances, de douceurs sucrées à l’aspartame, d’exhibitions d’insignifiances à seule fin de récolter du « j’aime » qui encombrent l’écran, qui noient les quelques ilots de sensibilités délicates, les fragments de poésie véritable, d’informations pertinentes… Toute cette avalanche de petits chats dont on se fout, de « ben moi, j’ai bien dormi ! Bonjour tout le monde » dont on se contrefout, des partages de ce qui n’appartient pas à celui qui distribue…Tu parles… Un réseau social créé par un asocial, on aurait dû se méfier…

En plus, il faut que je pense à mon e-réputation et puis, est-ce de sa faute au marteau si celui qui ne sait pas s’en servir se tape sur les doigts ? En même temps, les zinzins un peu marteau qui construisent des marteaux exprès pour piquer les idées, les infos, le temps, l’orthographe, l’intelligence et la raison pour laisser libre cours à … Des marteaux piqueurs quoi…

Nan… Les jeux de mots, c’est bien mais point trop n’en faut !

Ou alors… en tant qu’artiste donc forcément de gôche tant qu’il s’agit des idées et pas des actes, je décide de m’attaquer aux Roms à la surprise générale !

Oui ! Ça c’est bon ! Les attaquer alors qu’on doit les défendre ! C’est ultra tendance/régressif/up to date/décalé ! Et en plus, c’est sans risque : soit les gens sont d’accord soit pas et là, suffira que je dise « mais c’est de l’humour ! Si on ne peut plus rire… » C’est parti pour la route du Rom.

C’est vrai qu’ils sont pénibles ces gens, ces Roms ! Y a qu’à voir comment ils sont sales à force de ne pas pouvoir se laver ! Comment ils squattent les trottoirs à force de ne pas pouvoir, de ne pas avoir le droit de se loger ou qu’on leur a « détruit leurs caravanes pour leur bien et qu’ils seront mieux dehors au grand air ». Sans parler qu’ils sont plus réguliers dans la rue et aux feux rouges à faire la manche que les poteaux électriques le long des rails.

Chanson du train : une vache, un poteau, un poteau, un poteau, une vache…

Chanson de la rue : Un rom, un parcmètre, un rom, un rom, un rom, un rom…

C’est quand même de leur faute, aux Roms, s’ils sont les seuls européens à ne pas avoir le droit de travailler en Europe. D’ailleurs, s’ils étaient victimesd’apartheid dans leur pays, c’est qu’ils l’avaient bien cherché, les Roms ! Et ce n’est quand même pas parce que la communauté européenne avait besoin de pays pauvres pour pouvoir faire du chantage au chômage et de la délocalisation sans aller trop loin qu’il fallait qu’ils viennent s’habiller avec nos chiffons. En plus, ils obligent les ferrailleurs, qui leur achètent bien gentiment leurs câbles, à ne pas poser de questions sur leur provenance et à les payer en liquide en dessous du prix habituel et normal ! Ça dégoûte !

Et puis, c’est quand même de leur faute aux Roms si le racisme et la connerie crasse des brutes mono neuronales en profitent pour sortir comme du pus d’un bouton pressé ; si l’opportunisme avide des puissants ravis de la qualité d’un tel bouc émissaire se repait de la chance de pouvoir parler d’autre chose que de leurs petites malfaisances. Et si même les braves gens qui ne voient pas qu’ils sont tous des victimes, eux et les Roms, qu’ils ont tant de points communs qu’ils s’acharnent à ne voir que les différences et qui sont tellement malheureux devant tant de malheur qu’ils se sentent impuissants et finissent par reprocher aux pauvres d’être un miroir qui leur montrerait leur avenir s’ils osaient se rebeller alors : « vite, rentrons se calfeutrer, s’anesthésier à coup de bière, de joints, de LOL… »

Ouais, un bon coup de gueule de bon goût contre les Roms parce que c’est de leur faute si cela explose… Oui mais non… Parce que l’ironie vire vite au sarcasme et les ricaneurs professionnels sont les mouches à merde de… Si tous les chemins mènent aux Roms, la question reste toujours : à qui profite le crime. Et ça, c’est moins drôle.

Non… Vite, un sujet !

Coup de gueule contre le cancer qui profite et prolifère honteusement parce qu’on ne s’attaque pas aux causes environnementales pour ne pas faire de peines aux pollueurs, à l’agro-industrie, à l’agro-alimentaire … bof

Contre les banques qui s’enrichissent en ruinant les autres, qui osent mettre en faillite les états et les appeler à l’aide quand elles le sont : couler parce qu’on s’est fait des trous dans les caisses, normal ! Les banques qui t’envoient des recommandés au moindre découvert et te prennent dix euros quand il t’en manque un… Oser râler sur celui qui te sauve, qui te nourrit c’est comme si les puces faisaient des manifs contre les chiens… Ouais non plus, j’ai un PEL…

Contre les hommes et femmes politiques qui dégoûtent de la politique pour pouvoir se la réserver à eux seuls d’autant plus qu’ils ne savent plus faire que cela… Qui n’osent pas critiquer les banques en conseil des ministres parce qu’ils aimeraient un poste au conseil d’administration… Oui mais c’est faire le jeu du Front National qui apparaît comme un médicament à ceux qui ne lisent pas la posologie et ne font pas attention aux contre-indications et aux effets secondaires alors que là tout est simple : « le front national nuit ! » et jour…

Encore la politique, moi, j’adore mais… un autre sujet, un pavé dans la mare aux mots, vite !

Le gaz de schiste, la surpêche et son copain le saumon norvégien qui achète des pleines pages de pub en ce moment, Fukushima et son avenir radieux, les footballeurs et leurs coupes de cheveux, leur coupe du monde, leur coupe fiscale…

Zut et rezut ! C’est de l’écrit et si les trois lecteurs qui vont lire passaient à côté de l’ironie ? En même temps, ils ne sont que trois… Oui, pourtant ce sont les minorités qui font bouger le monde alors…

UN coup de gueule ! Un seul ! Bien fort sans risque mais que cela ne se verrait pas…

Voyons…

Voyons voir…

Ecoutons entendre…

Ah mais si !

‘Videmment !

 Au terme de cette réflexion à laquelle vous venez d’assister en direct : le voici mon « coup de gueule » :

C’est contre Gabriel de la Mare aux mots et sa demande ! C’est honteux, bord dégueu, de faire ça à un jeune et pauvre écrivain sans défense qui aime tout le monde, trouve tout merveilleux et a depuis toujours sa carte au club des ravis de la crèche !

Bon, ça, c’est fait !

Maintenant le coup de cœur !

Fastoche.

Tant mieux, ce sera moins long !

Faut pas oublier que sur internet, tout le monde écrit mais personne ne lit. C’est comme au bistrot où ceux qui écoutent font semblant et sont juste en train d’attendre pour pouvoir parler…

 Zut, c’est reparti pour la grogne ! Halte là mon gaillard !

Un coup de cœur !

Un…

Quoi ?

UN seul ? Nan mais il est fou lui ? Un seul ? Mais pourquoi « un ». Pourquoi faire « un et « un » ? Alors que l’on est accablé par les nouvelles déprimantes renouvelées quotidiennement. Des nouvelles assénées sans remords et sans outils pour pouvoir comprendre le « pourquoi » et le « comment » par des journalistes qui n’ont plus le temps de bosser ou pas le courage parce que c’est fatiguant ou qui ne veulent pas déplaire aux propriétaires de leur journal/télé/ radio. Journal/télé/radio propriété de groupes du CAC40. Sauf Elise Lucet et son cash investigation, quelques émissions trop rares sur Arte ou à la radio noyées par le flot des gugusses qui accélèrent tout, qui hachent ou saucissonnent les émissions pour que l’on n’ait jamais le temps de rien surtout de réfléchir.

Un seul coup de cœur ? Alors il faudrait que je choisisse entre les couleurs de l’automne, regarder l’horizon au bout de l’océan, marcher en montagne et se retrouver nez à museau avec un bouquetin, déguster une noix de saint jacques, boire une gorgée de vin blanc du jura avec un copain, ou sécher une bière avec un autre, voir quelqu’un lire un livre que l’on a aimé et se dire qu’il a de la chance de le découvrir, aller au spectacle et frémir quand les lumières s’éteignent, marcher dans les feuilles en traînant les pieds, la dernière blague de mon fils cadet, la dernière attention délicate de mon fils aîné, la joie de partager leur vie et celle de leur mère et qu’ils partagent la mienne parce qu’ils sont la preuve que plus on partage, plus la vie est grande et belle, et ma meilleure moitié qui a relu ce laborieux papier pour me faire plaisir, la beauté de l’instant à l’IME où des enfants, des ados, des adultes lourdement handicapés ou moins lourdement (je ne peux pas dire « légèrement ») ou pas du tout ont écouté ensemble nos histoires à Grégory Allaert et moi et qu’ils nous ont applaudis même si certains ont raté leurs mains une fois sur deux, et que la veille dans la salle du spectacle, cela avait été bien aussi surtout après quand on a croisé deux petites spectatrices avec des sourires galactiques nichées contre leurs parents heureux, du goût de la pomme que je viens de manger, des larmes en écoutant une chanson bien chantée, du sourire quand j’ai senti le poids du deuil de mon père, de mon frère et de mon amie accumulé ces dernières années s’alléger soudain et enfin, de la vie qui est là même si un jour, elle n’y est plus et que c’est absurde, que ça fait mal à ceux qui restent et qui se retrouvent la main vide parce qu’ils ne peuvent plus tenir celles de ceux qui viennent de lâcher la leur mais que la mort c’est aussi une partie de la vie même si c’en est la fin… Et la première gelée ? Et le rouge-gorge du jardin qui fait son tour de propriétaire ? Et la légèreté du pas des femmes ? Et cette liste qui n’en finit plus et …

Mais ça va faire un coup de gueule ça : n’avoir droit qu’à un coup de cœur ! Non, monsieur Gabriel. Des coups de cœur, monsieur, j’en ai 70 à la minute ! Parce ça bat, ça tambourine, Gars Gabriel ! Ça vibre, ça vit !

Finalement, y en a eu un peu plus, je vous le mets quand même ?

Roubaix le 15 novembre 2013.

©Karine Tison

©Karine Tison

Pierre Delye est auteur et conteur. Il faut absolument aller le voir en spectacle (il sera, par exemple, le 14 décembre à Dammarie les Lys (77) à la médiathèque à 15h pour “Ptit bonhomme & cie” )

Bibliographie sélective :

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Les bonheurs de la vie

Par 9 septembre 2013 Livres Jeunesse

Trois albums pour voir la vie différemment.

Une vie en bleuCe qu’il y a de plus beau dans la vie, c’est le bleu. Si on pouvait chasser le rouge avec tout ce qui pique, le jaune avec tout ce qui fait envie ou le noir des orages, s’il ne restait plus que du bleu nous serions totalement heureux… vraiment ?

Je vais me répéter mais tant pis, mais quel talent d’écriture elle a, Alice Brière-Haquet ! Une vie en bleu est encore un magnifique texte, extrêmement poétique. Ici elle aborde donc le désir qu’on a parfois d’avoir une vie sans aucune aspérité, que tout soit lisse, qu’on avance heureux sans encombre… mais est-ce vraiment l’idéal ? Pour mettre en image ce texte profond, Claire Garralon a mélangé dessin et collage. Elle a fait un travail très fin, qui colle parfaitement au texte. Un album  au texte admirablement bien ciselé (je le répète, je suis certain qu’on apprendra bientôt des textes d’Alice Brière-Haquet à l’école) et aux illustrations pleines de poésie, un petit bijou.
Ce qu’en a dit Enfantipages.

Vive l'anarchie !Ne plus être un mouton, réfléchir avant d’agir, ne pas obéir si on n’en comprend pas la raison, HURLER si on a envie… VIVE L’ANARCHIE !

Voilà un petit livre extrêmement jouissif ! Le but est ici de montrer aux enfants qu’ils peuvent penser différemment, qu’il ne faut pas forcément faire les choses parce qu’on nous oblige à les faire…. Et d’ailleurs pour qui il se prend ce livre ? Il donne lui-même des conseils ! Alors il propose même de le déchirer ! Vive l’anarchie ! est l’adaptation française d’un livre qui a énervé le Tea Party aux Etats-Unis (lire l’article de Rue89), A rule is to break (Une règle est faite pour être enfreinte). Un vilain livre d’anar dangereux qui fera peut-être de votre enfant un révolutionnaire !  Quelle horreur ! Bref un livre à se procurer de toute urgence !

Katsi Gardons le sourire !Tout commençait mal pour Katsi, il lui manquait une botte ! Puis c’est le vélo qui a un pneu crevé… Quand il se retrouve avec ses amis, ceux-ci veulent pique-niquer ! Katsi sent qu’il va devoir partager son repas, c’est hors de question ! Et ils ont beau plaisanter, il trouve toujours de quoi ronchonner ! Non décidément pour Katsi tout va mal, c’est une journée catastrophique ! Mais si Katsi avait pris ça d’une autre façon, à la rigolade par exemple, n’aurait-il pas passé une meilleure journée ?

Ici on nous parle d’optimisme, de voir les petits bonheurs de la vie plutôt que les choses négatives, de se rendre compte de la chance qu’on a. Katsi va se rendre compte que la bonne humeur change tout, y compris le regard sur les choses. Katsi est une nouvelle série qui propose de parler de philosophie en nous narrant des scènes du quotidien. L’histoire est complétée par une explication philosophique de l’histoire (le Katsi +). Dans la même collection, Trop c’est trop ! abordait le thème d’être aimé pour soi et non pour des raisons matérielles. Alors, gardons le sourire !
Ce qu’en a dit Les lectures de Liyah.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Alice Brière-Haquet (Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ?, Perdu !), Claire Garralon (Dis-moi l’oiseau, Six souricettes découvrent les couleurs) et Elise Mansot (Aimata et le secret des tambours). Retrouvez aussi notre interview d’Alice Brière-Haquet.

Une vie en bleu
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Claire Garralon
Océan Jeunesse
11€, 165×185 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Vive l’anarchie !
de John Seven et Jana Christy
Graine2
12€, 157×236 mm, 40 pages, imprimé en Communauté Européenne, 2013.
Katsi, Gardons le sourire !
Texte de Martine Laffon, illustré par Elise Mansot
De La Martinière Jeunesse dans la collection Grandir et compagnie
8,50€, 175×200 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.


A part ça ?

ma belle gosseMaden a 17 ans, elle passe ses vacances sur l’Île de Ré avec son père, ses tantes et ses cousins. La jeune fille traîne aussi près de la prison, car c’est la qu’est emprisonné un homme avec qui elle entretient une correspondance. Shalimar Preuss filme l’adolescence, les moments de calmes, de mutisme et les éclats. Elle prend son temps pour nous montrer les moments de vie, les relations entre Maden et ses cousins ou entre Maden et son père. Car même s’il y a en arrière plan cette histoire de correspondance avec un prisonnier, on n’en saura pas grand chose… c’est un film sur l’adolescence et les rapports difficiles, un film qui nous montre une tranche de vie, celle de Maden, 17 ans, en vacances en famille. En film qui captivera certains tant sa réalisatrice filme avec beaucoup de délicatesse le quotidien mais qui exaspèrera d’autres qui attendront en vain qu’il se passe quelque chose.
Ma belle gosse de Shalimar Preuss avec Lou Aziosmanoff, Jocelyn Lagarrigue, Victor Laforge,… 1h20, Nour films.

Bande annonce :

 

Gabriel

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