La mare aux mots
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Colibri Games

La chronique numérique : À la rescousse de mondes imaginaires

Par 18 janvier 2015 Livres numériques, Numérique

Tiny Bang StoryTiny Bang Story se déroule dans un présent uchronique alternatif. Tout commence par le big bang d’une petite planète verdoyante : le soleil de la planète, une sorte de ballon de football, est percuté par une météorite ; sous le choc, il explose et fait voler la planète en éclats, ou plutôt en centaines de pièces de puzzle. Il nous faut désormais réparer et reconstruire ce monde.
Comment ça marche ? Les pièces du puzzle planétaire ont été dispersées en cinq chapitres, constitués de plusieurs scènes qui se débloquent au fur et à mesure de notre Tiny Bang Storyexploration. Sur la droite de l’écran apparaît un tableau de bord. L’icône représentant un œil permet de voir quels sont les éléments de la scène pouvant être actionnés. En dessous, un compteur à pièces de puzzle indique le nombre de pièces qu’il reste à trouver dans le tableau. Les pièces sont cachées dans les endroits les plus farfelus et se confondent souvent avec le paysage qui les entoure. Il suffit de cliquer dessus pour qu’elles se rangent dans notre besace. Il ne s’agit pas uniquement de Tiny Bang Storychercher ces pièces, mais aussi de visiter la planète et d’aller à la rencontre de ses habitants à travers une multitude de petites énigmes. Dans le premier tableau, il nous faudra ainsi récolter cinq barreaux d’échelle (qui s’afficheront dans le tableau de bord à droite) pour pouvoir grimper au sommet d’une tour, y rencontrer une vieille dame qui nous indiquera qu’il faut reconstituer un tableau pour obtenir une clef qui permettra d’ouvrir le coffre placé devant elle qui contiendra… Chaque élément du décor est potentiellement un indice pour résoudre une des énigmes. Les meubles et les tiroirs s’ouvrent, les miroirs et les peintures reflètent des indications précieuses, les vis se dévissent et les machines doivent être réparées. Le jeu recèle une trentaine de mini jeux de réflexion, puzzles, casse-têtes, jeux de taquins et autres. Une fois le chapitre résolu, le Tiny Bang Storyjoueur peut assembler les pièces de puzzle qu’il a récolté, et passer ainsi au chapitre suivant. Vous êtes bloqués ? Pas de panique, il suffit de partir à la chasse aux libellules qui volettent sur l’écran pour remplir la jauge avec un point d’interrogation qui se situe à droite. Une petite libellule rouge vous aidera alors dans la quête. Enfin, il est possible de créer cinq profils de joueur différents afin que chacun puisse découvrir Tiny Bang à son rythme.
Et j’en pense quoi ? Tiny Bang Story est un très joli jeu point and click et une superbe entrée en matière pour les enfants qui ne connaissent pas ce type de jeu. Les consignes sont très simples : il s’agit avant tout de dénicher les choses demandées pour avancer dans le jeu. Les énigmes sont un peu plus complexes. On pourra donc partager un moment de jeu avec les petits qui chercheront les pièces, et laisser les plus Tiny Bang Storygrands faire seuls. L’univers en lui-même est magnifique, le graphisme très travaillé : un monde bucolique, début de siècle peuplé de vieilles machines à vapeur. Les tableaux, hauts en couleur, fourmillent de détails. Mais ce n’est pas pour autant que la jouabilité a été mise de côté : tout est très intuitif ; bien qu’il n’y ait aucun texte, on n’est jamais perdu dans le jeu, ni bloqué. Chaque chapitre est accompagné d’une ambiance sonore différente. Les énigmes prennent de multiples formes : échange d’objets, reconstitution d’une photo déchirée ou d’une vieille locomotive, casse-tête chiffré, mastermind… la difficulté est très bien dosée, ce qui permet d’éviter la frustration, tout en constituant des petits défis. C’est captivant, sans jamais être décourageant.

BotaniculaBotanicula est quant à lui un « dédale végétal ». L’histoire se déroule dans un monde totalement végétal menacé par une araignée noire qui dévore ses habitants et absorbe la sève des feuilles des arbres, les faisant mourir. Cinq personnages, M. Twinq, le mélomane, M. Poppy Head, l’acrobate, M. Lantern, le maladroit, Mme Mushroom, la magicienne et M. Feather, l’aérien, s’allient pour sauver ce monde de la menace qui pèse sur lui.
Comment ça marche ? Ici encore, le jeu nous invite à une balade dans un environnement fantastique, dans lequel la progression se fait en résolvant différentes Botaniculaénigmes et en récoltant des objets cachés ici ou là. Mais, au contraire de Tiny Bang Story, Botanicula est avant tout un prétexte pour explorer et expérimenter un monde. La logique n’y est que peu requise. Le joueur dirige donc l’équipe des cinq héros. Chacun d’eux a des caractéristiques particulières qui peuvent être utilisées selon les énigmes à résoudre. Ici aussi, le texte est totalement absent. Les personnages se font comprendre à travers des mini-animations ; ils racontent leur histoire et, parfois, proposent un troc. Ainsi, lorsque notre équipe d’aventuriers arrive dans une sorte de salle des machines, un petit Botaniculapersonnage leur explique qu’il leur faut trouver quatorze poules pour faire démarrer une machine volante qui les emmènera plus loin dans le voyage. Reste à visiter toutes les maisons du village perché dans les arbres pour retrouver les poules qui peuvent se cacher aussi bien dans des fours que dans des parapluies… On avance donc, en sautant de branche en branche, en visitant des arbres creux, en rencontrant les habitants de cet univers étrange. Il faut cliquer un peu au hasard sur l’écran, parfois plusieurs fois sur le même élément, pour déclencher des animations, qui se révéleront utiles, ou pas du tout. Chaque rencontre avec un nouveau personnage se matérialise sous la forme d’une carte à collectionner que l’on retrouve sur le tableau de bord, en haut de l’écran. S’y trouve aussi une feuille qui, lorsque l’on clique dessus, fait Botaniculaapparaître la carte routière de la partie à explorer, bien utile dans ce labyrinthe. Au milieu, on peut voir les objets récoltés et non encore utilisés, et enfin à droite les objets à dénicher. Aucun système d’aide ici, c’est le joueur qui doit explorer toutes les possibilités jusqu’à trouver l’action à accomplir. Les énigmes sont extrêmement diversifiées, souvent pleines d’humour (mini-jeux d’adresse ou de réflexion, jeux de hasard, et autres).
Et j’en pense quoi ? Botanicula est une appli inclassable, parce que basée principalement sur l’expérimentation. La trame narrative est avant tout le prétexte pour une promenade dans un monde fantaisiste, délirant et poétique. Visuellement, il faut reconnaître que c’est magnifique, plein d’imagination, et bourré d’humour. Les créatures Botanicularencontrées sont toutes plus extraordinaires les unes que les autres. La musique est, ici aussi, particulièrement réussie, de même que les bruitages, et chaque interaction fait l’objet d’un son. Si vous connaissez Machinarium, la précédente création d’Amanita Design, le principe est un peu similaire, mais poussé à son extrême. Ici, le joueur est véritablement laissé à lui-même, sans indication. Abandonner sa logique pour adopter celle du jeu et se laisser porter par l’intuition est la seule voie possible, sous peine de perdre rapidement patience. Chaque action doit suivre un ordre particulier pour mener à Botaniculala solution, et ce n’est pas toujours le raisonnement qui nous aide ici. On se retrouve parfois à cliquer partout de façon un peu frénétique. Il faut donc accepter d’avancer à tâtons dans ce labyrinthe. Et chaque victoire sera récompensée par un « Youhou » de joie de nos petits héros. Botanicula nous emmène dans un voyage farfelu et inventif, une expérience ludique incroyable à partager avec des enfants.
Bande-annonce :

Tiny Bang Story
Colibri Games
Prix constaté : 2,99 € (Apple) et 2,19 € (Android).
Botanicula
Conçu par Jaromir Plachy, musique par DVA
Amanita Design
Prix constaté :  4,99 € (Apple) et 3, 99 € (Android).


À part ça ?

On s’en mêle de la compagnie La Base est un spectacle à destination des tout-petits, entre un et trois ans environ (les dates et les lieux sont donnés ici). C’est une On s'en mêlesuite de sketchs à deux personnages, Bobine et Moi. Elles s’embobinent, se débobinent, s’emmêlent et s’aiment. Ici, c’est le lien qui est questionné, on le scrute et on le met à l’épreuve. Le lien entre les deux personnages, mais aussi le lien avec le public. Comment devenir un individu autonome tout en préservant le lien qui nous unit ? Le spectacle est basé sur un texte simple (vocalises, petits mots et onomatopées) et une gestuelle très « musicale ». Tout est bruit, tout chante : une main claquée sur un genou, une friction sur le dos. Le décor, en noir et blanc, très graphique, est fait d’un grand panneau, « livre ouvert », qui recèle des trappes où se cachent des objets colorés : corde jaune, queue d’ours marron qui pourrait même servir à communiquer, et tuyau à faire des bulles ! Le public, charmé, est mis à participation : lui aussi aide à enrouler et dérouler les fils du spectacle. Les deux comédiennes, Katia Rahajarizafy et Édith Gambier, sont formidables et réussissent en un tour de main à captiver les enfants. Un spectacle pétillant à voir et à écouter.

Erica

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