La mare aux mots
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Collection Les p’tits braques

Entre les contes

Par 10 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux livres où l’on croise des contes… et où les contes se croisent.

Il était une fois... un Lapin !Un lapin se désolait de n’être jamais dans les contes. Il avait beau lire des livres et des livres, il y a avait des loups, des chèvres, des princesses… mais aucun lapin ! Il alla donc voir le petit Poucet, Boucles d’Or et la petite Poule Rousse, mais aucun d’eux ne voulait céder sa place… En continuant son chemin il finit par croiser une petite fille avec un chaperon de couleur rouge qui elle était d’accord… était-ce vraiment un bon plan ?

Un hommage aux contes, de l’humour et des illustrations pleines de douceur (dont Soufie a le secret) sont la recette d’Il était une fois… un Lapin !… et la recette marche à merveille ! Un texte tout en rime (bon personnellement, ça, ce n’est pas mon truc, mais certains aiment) et une histoire drôlement bien trouvée. On joue avec les enfants à essayer de deviner quel est le personnage et surtout on se demande si c’est bien, finalement, d’être un héros de conte ! Un petit album qui va beaucoup plaire à tous ceux qui aiment jouer avec les contes (je pense notamment aux instits mais pas seulement)… même si j’y ai repéré une faute grammaticale, d’après moi (mais l’album est tellement charmant qu’on lui pardonne).

boucles d'or et jean de l'oursUne petite fille nommée Boucles d’Or décide un jour de s’enfuir de sa chambre avec sa petite valise rouge. En chemin elle rencontra un lapin (tiens il serait content le héros de l’histoire précédente)… et Jean de l’Ours, un être mi-homme, mi-ours et dont la force était incroyable. Ensemble, ils allaient délivrer une princesse.

On vous a déjà parlé de la collection Contes mélangés de chez Karibencyla (mais c’était il y a fort longtemps !). Le principe de la collection se comprend avec le nom, ici les contes sont mélangés : Barbe Bleue rencontre Compè Lapin, le Chaperon Rouge le Dragon de Chine ou encore Blanche-Neige les Korrigans. Dans le cas présent, c’est donc Boucles d’Or (bien connue des enfants) qui rencontre Jean de l’Ours (personnage légendaire du sud de la France). C’est une très jolie histoire écrite par la célèbre Pakita et illustrée à la peinture par Joël Cimarrón. Une façon originale de redécouvrir les contes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Soufie (L’Ogre qui n’avait peur de rien, La petite enquiquineuse et le vieux géant, La mémoire aux oiseaux, Mon papa est comme ciMa maman est comme çaMa grande sœur et Léontine, princesse en salopette), Pakita (Père Noël, La course aux cadeaux !Tout le monde peut se tromper même moi !, Ma demi-soeur que j’aime en entier, Vroum Vroum c’est parti !Pablo le pirate chasse au trésor !Vive la chasse au trésor, Le club des grands inventeurs, Je m’occupe toute seule, Emma ou Léa, qui est qui ?Ambre a peur du noir Julie nous fait la cuisine et Pakita la princesse magique) et Joël Cimarrón (Cendrillon et l’oiseau de feu). Retrouvez aussi notre interview de Soufie.

Il était une fois… un Lapin !
de Soufie
Les éditions des Braques dans la collection Les p’tits braques
6,90€, 160×163 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Boucles d’or et Jean de l’Ours
Texte de Pakita, illustrations de Joël Cimarrón
Karibencyla dans la collection Contes mélangés
12,80 €, 244×232 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne.

À part ça ?

Et le genre dans les films Disney ? Un sujet absolument passionnant dans l’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! sur Aligre FM 93.1 de la semaine dernière. C’est vers 47 minutes du début (mais même avant c’est intéressant).

Gabriel

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Le plus fort n’est pas celui qu’on croit !

Par 20 septembre 2013 Livres Jeunesse

Un ogre, un lion et un loup ça vous fait peur ? Et ben pas à eux ! Méfions-nous des apparences et des a priori !

L'ogre qui n'avait peur de rien« La belle petite fille que voilà. Comme elle a de jolies joues roses ! Comme elle a de mignons bras potelés ! » dit un ogre en croisant une jolie petite fille, celle-ci est heureuse de recevoir autant de compliments, remercie et s’en va. Comment ? Quoi ? Elle n’a pas peur s’étonne le mangeur d’enfant… et non elle n’a pas peur ! Pourquoi elle aurait peur de lui et pas l’inverse d’ailleurs ? C’est vrai ça, ça a peur de quoi un ogre ?

L’Ogre qui n’avait peur de rien est un petit album très drôle et plein de charme (ah les illustrations de Soufie…) sur la peur. Tout le monde a peur non ? (Note de la relectrice : ben non justement ! Il y a une maladie où les gens n’ont peur de rien !!! http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/02/13/la-femme-qui-ne-connait-presque-pas-la-peur). Chacun a ses propres phobies. C’est toujours rassurant pour les enfants de voir que même l’ogre a peur de quelque chose. Le texte de Sandrine Beau est drôle, délicat et poétique. Que j’aime ces personnages d’enfants au caractère bien trempé (on pense à La petite enquiquineuse que Soufie avait déjà dessiné). Un très bel album.
Le même vu par Enfantipages.

Un roi tout nuMais qu’il fait chaud ! Le lion n’en peut plus… c’est alors qu’il découvre en se grattant que sa peau a une fermeture éclair ! Vite enlevons donc cette fourrure qui tient chaud. Sauf qu’un lion tout nu ça ne fait plus peur du tout ! Mais quand notre roi des animaux veut se rhabiller, sa peau a disparue !

L’habit ne fait pas le moine mais l’apparence un peu quand même ! Ce lion va vite s’apercevoir que c’est grâce à son physique qu’il en impose et d’ailleurs quand il va croiser un autre lion… il ne va pas faire le fier ! Je ne vous raconte pas la chute mais elle est très belle cette histoire qui fera que le lion réfléchira un peu plus désormais avant de terroriser les animaux ! Une belle histoire d’amitié.

lou P'tit Loup et la bergerePetit Lou était gentil, son père un peu moins… Le jour où ce dernier ramena une bergère pour la manger, le petit loup fût bien embêté… Ces deux-là allaient devenir de très bons amis et fuir ensemble.

Lou P’tit Loup et la bergère est le premier tome d’une nouvelle série d’Antoon Krings (le papa des Drôles de petites bêtes). Ici aussi on joue avec les préjugés, un loup n’est pas forcément méchant. Antoon Krings s’amuse avec les contes (on évoque même le petit chaperon rouge) et nous offre une très belle histoire sur l’amitié, la différence. Un très joli petit album aux illustrations pleines de tendresse.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Sandrine Beau (La girafe en maillot de bainRouge Bitume, Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe Tome 1 Noël en Juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin, L’été où mon grand-père est devenu jaunophile, L’étrangleur du 15 Août, et Quand on sera grands), Soufie (La petite enquiquineuse et le vieux géant, La mémoire aux oiseaux, Mon papa est comme ci, Ma maman est comme ça, Ma grande sœur et Léontine, princesse en salopette.), Bruno Gibert (Le livre de tous les jumeaux (petits et grands), Au lit, poussin ! et Peluches à Paris.) et Antoon Krings (L’herbier des drôles de petites bêtes). Nous avons également interviewé Sandrine Beau et Soufie.

L’Ogre qui n’avait peur de rien
Texte de Sandrine Beau, illustré par Soufie
Éditions des Braques dans la collection Les p’tits Braques
6,90€, 161×162 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Un roi tout nu
de Bruno Gibert
Autrement dans la collection Fil rouge
5,20€, 160×190 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013 (première édition 2002).
Lou P’tit Loup et la bergère
d’Antoon Krings
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la série Lou P’tit Loup
6,20€, 195×195 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

Les très belles Éditions de La Pastèque fêtent leurs 15 ans, pour l’occasion ils offrent un ex-libris de Michel Rabagliati pour l’achat de l’un de leurs 15 titres « incontournables » ! Tous les renseignements ici.

Gabriel

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C’est (bientôt) la rentrée !

Par 26 août 2013 Livres Jeunesse

On avait commencé à en parler il y a quelques semaines, voici quelques nouveautés sur l’école et la rentrée scolaire. Pour l’occasion j’ai, comme l’année dernière, demandé à une institutrice (de petite section), Leia, de donner son avis sur les livres en question. Elle nous propose même sa propre liste de livres sur le sujet. En souhaitant une bonne rentrée à vos enfants !

Bulle et Bon à l'écoleDemain Bulle rentrera à l’école pour la première fois, quelle angoisse ! Heureusement Bob, lui, connaît déjà. Les vêtements sont prêts, le cartable aussi… enfin vaut mieux vérifier encore une fois !

C’est à chaque fois avec un énorme plaisir qu’on retrouve Bulle et Bob, les deux personnages créés par Natalie Tual et mis en images par Ilya Green. Ici elles abordent donc la rentrée, qu’elle soit la première ou pas. On parle du stress de la veille (dont celui des maîtresses) et de la préparation pour le lendemain. La voix sucrée (mais pas mièvre) de Natalie Tual, les petites chansons pleines de rythme qui accompagnent l’histoire et les illustrations colorées d’Ilya Green sont vraiment un pur régal. Bulle et Bob c’est décidément une série qu’on adore ici (ma fille en est vraiment très fan).

L’avis de Leia : J’aime beaucoup ce CD qui aborde la rentrée des classes de façon enjouée. Les illustrations un peu rétro rappellent les vieilles images pour les leçons de chose. Les arrangements très simples m’ont parfois fait penser à des sons faits avec du matériel scolaire. Un CD qui permet de bien préparer la rentrée.

En route pour l'écolePour Émilie c’est le premier jour d’école. Elle se réveille vite, prend son petit déjeuner, s’habille seule comme une grande et c’est parti ! Sauf qu’elle apporterait bien un doudou… ou deux… oh tant qu’à faire autant en prendre un charriot entier ! Mais Stéphane intervient… c’est interdit d’apporter les doudous à l’école !

Encore un personnage qu’on adore, Émilie de Domitille de Pressensé. Les enfants aussi aiment ce petit personnage et seront heureux de la voir, comme eux, stresser pour son premier jour d’école. Même si, à mon avis, peu d’école interdisent les doudous (en tout cas j’espère), voilà encore une histoire pleine de charme et d’humour. Un tome supplémentaire pour une série culte.

L’avis de Leia : Émilie a mal vieilli. D’abord je trouve ça injuste de ne pas avoir le droit d’emmener son objet de transition (doudou) à l’école. Je ferai la guerre à cette maîtresse ou à cette maman (car finalement on ne sait pas qui impose cette règle). Ensuite la maman ne l’accompagne pas pour son jour de rentrée et laisse la mère de Sidonie les emmener ???? Pourtant elle dit rester à la maison. Bref on sent que ça date (et pas qu’à cause des prénoms). Une maman et un papa des années 2010 se débrouillent pour accompagner leur enfant à l’école le jour de la rentrée ! Enfin l’absence de majuscules dans le texte me gêne. Même si le public visé est celui de maternelle, on doit faire attention à la ponctuation.

Chamalo Aime l'EcoleAujourd’hui c’est madame Picouic la voisine qui amène Chamalo à l’école. Le chemin est l’occasion pour le chaton de raconter ce qu’il fait en classe, comment se déroule sa journée. Madame Picouic apprendra ainsi comment la classe s’occupe d’une plante, comment se passent les récrés et la cantine, que Chamalo déteste la sieste et qu’il aime les activités en classe.

Chamalo est un personnage qu’on connaît bien, créé par Charlotte Moundlic et Marion Billet. Ici on ne parle pas de la rentrée mais d’une journée d’école et le fait que ça ne soit pas la personne habituelle qui amène Chamalo à l’école est l’occasion de tout raconter et donc les petits qui vont vivre leur première journée d’école sauront ce qu’il se passe à l’école. Une très bonne idée !

L’avis de Leia : Voici un album pour les tout-petits que je conseille vivement. D’abord parce qu’il est vraiment proche de la réalité. Plein d’enfants racontent leur journée de classe sur le chemin de l’école. En général c’est le soir à papa ou maman. Dans le cas de Chamalo c’est le matin car c’est la voisine qui l’amène pour la première fois à l’école. Ensuite parce que l’enfant et l’adulte sont mis sur un pied d’égalité. J’ai beaucoup apprécié les parallèles avec la vie de la voisine qui rendent le vécu de Chamalo aussi intéressant que celui de l’adulte. Grâce à cet album je suis encore plus fan de Chamalo, un vrai héros moderne pour les plus jeunes.

Canaille ne veut pas aller à l'écoleAh non pas l’école ! Canaille refuse ! En plus il pleut… rien ne pourra le persuader, il veut rester à la maison comme Cannelle ! Elle a de la chance elle. Il boude… maman rouspète… Une fois sur place c’est un tout autre discours ! Quel bonheur de retrouver les copains (et d’avoir un bon goûter dans son cartable…).

Canaille fait maintenant partie des héros incontournables (une sorte de Tchoupi en pas mièvre et en plus joli). Il a son caractère le petit poney ! Ici donc Jean Leroy et Émile Jadoul nous parlent du moment où les enfants refusent d’aller à l’école… jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’en fait il y a de bons côtés !

L’avis de Leia : Des petites séries pour les petits, il en existe plein. Il en sort régulièrement. Toutes ne sont pas des réussites. J’ai toujours un peu d’appréhension quand j’en découvre une nouvelle redoutant que ce soit trop classique, démodé ou gnangnan (voire les trois en même temps). Et bien Canaille est un petit personnage sur lequel j’ai envie de me pencher car je l’ai vraiment trouvé moderne, drôle et au caractère bien trempé. Le petit poney n’a pas envie d’aller à l’école et veut rester avec maman à la maison : il est jaloux de sa sœur qui est trop petite pour aller à l’école, fait un caprice en traînant pour s’habiller, boude et râle. Finalement sur le chemin il se radoucit et quand il rejoint les copains et la maîtresse, il a retrouvé sa bonne humeur. Tous les enseignants ont vécu la situation où la petite sœur pleure pour rester dans la classe (et en général quand vient son tour d’aller à l’école elle pleure pour ne plus y rester).
Jean Leroy est très proche de la réalité, en tout cas très proche de ma réalité de maman et de maîtresse de maternelle.
Quant aux illustrations d’Émile Jadoul, elles sont comme toujours jolies, tendres et rassurantes.

La Rentrée de  NoéPour Noé c’est la rentrée en CP, Zoé sa sœur, elle, rentre en sixième. Et quand Zoé en parle, elle a l’air d’être vraiment à l’aise, Noé, lui, stresse, il aimerait être aussi détendu que sa sœur, et plus le jour J approche et plus les choses se compliquent… pas seulement pour Noé…

Voilà un très bel album sur le stress de la rentrée (surtout quand on passe un cap important comme Noé et Zoé). Et surtout les petits verront que les grands stressent aussi à leur manière, ça rassure. Les illustrations de Barroux sont superbes (comme toujours) et elles mettent parfaitement en image les beaux mots d’Anne Loyer. Un très joli petit (trop petit) album.

L’avis de Leia : Le sujet de l’angoisse de la rentrée est bien traité et surtout bien amené avec le décompte. C’est très réaliste. Ma fille me demande régulièrement le nombre de « dodos » avant l’école.
La peur de Noé est au cœur de l’album, mais celle de Zoé, sa grande sœur, est également présente.
Si elle met plus de temps à manifester son appréhension, au final l’inconnu est tout aussi inquiétant à 6 ans qu’à 12 ans (et même au-delà).
Bien entendu, ce stress de la rentrée est dissipé dès la première journée d’école grâce à l’enseignant qui détend immédiatement l’atmosphère. Là je vais faire mon enquiquineuse mais ça m’a dérangé que ce soit un maître. J’ai un peu eu l’impression qu’en maternelle c’était toujours des maîtresses et au CP, comme par hasard  quand ça devient sérieux, c’est un maître. Bon heureusement Anne Loyer n’en a pas fait un maître sérieux mais un blagueur (ce qui m’a beaucoup plu et rattrapé ma première impression).
Les illustrations de Barroux sont comme toujours espiègles. Les orangés donnent une chaleur particulière au livre. On se demande où se déroule le livre à cause de cette lumière particulière (et du bonnet :D).
Le format du livre ne rend pas hommage aux illustrations par contre. C’est bien dommage d’autant plus que les enfants de 5-6 ans préfèrent des formats plus grands.
Je recommande vivement cet album qui traite avec intelligence et sensibilité l’entrée au CP, mais aussi de la peur de l’inconnu.

Je suis en CPLéa, Noé et Ana rentrent en CP. Tous les trois ne réagissent pas pareil, Ana est bien contente de retrouver la main de sa mère. En route on retrouve des copains et voilà qu’on court… mais arrivé devant l’école on fait moins les fiers ! Heureusement en apercevant leur nouvelle maîtresse ils auront un peu moins peur.
Noé a un nouveau manteau et ça fait rire tout le monde ! Qu’est-ce que c’est que ce manteau trop grand ? Du coup Noé se vexe et ça dégénère dans la cour.
A l’école il y a un nouveau. Il s’appelle Bob et il a un accent étrange (il vient du Canada), forcément on se méfie et en même temps tout le monde veut jouer avec lui.

Trois histoires sur la rentrée et sur l’école. Des situations (rentrée, moquerie, différence,…) que les enfants connaissent bien à l’école dans trois histoires simples pour les lecteurs débutants (la collection est prévue pour les enfants qui débutent en lecture). Les illustrations sont un peu rétro, et très jolies. Seul hic, ici il n’y a, visiblement, que des mamans qui accompagnent les enfants à l’école (c’est bien connu, les hommes se fichent de leur progéniture).

L’avis de Leia : Un livre pour apprendre à lire ou un livre pour lire ? Je me suis posée la question en voyant la couverture. J’ai lu 3 pages et je me suis dit que ça ressemblait trop à un manuel de CP. On retrouve les répétitions, les mots et phrases simples, l’absence de pronoms personnels, comme dans les manuels de lecture. Le choix des prénoms est vraiment typique : Noé, Léa, Ana, Mia, Téo, Julie, Selma, Réda, Bob, Fatou. Seul Basil avec un s m’a étonnée, j’aurai pensé que l’auteure aurait choisi un z.
J’ai donc trouvé ça ennuyeux au possible. Et je me dis qu’un enfant sans doute aussi. J’essaierai avec ma future CP dans quelques mois.
En plus je n’ai pas réussi à m’identifier à la maîtresse qui face à un groupe d’enfants un peu effrayés énonce le programme sérieux qui les attend et oublie de parler du sport, des Arts Plastiques etc. Bref je trouve que ses propos sont encore plus anxiogènes.
Toutefois les sujets sont classiques et intéressants tout comme les illustrations, mais je préfère de loin lire un vrai texte avec les codes de la langue écrite et non pas les codes du CP. Un lecteur débutant peut reprendre des albums tout simples, ou lire de vrais romans aidés d’un adulte. Je me rappelle qu’avec mon fils au début on lisait une phrase chacun son tour, puis une page, puis un chapitre et au bout d’un moment il m’a envoyé promener.

La sélection de Leia :

Si je devais conseiller quelques livres pour la rentrée des classes ce serait :

  • Ma couverture et moi d’Isabelle Chatellard et Anne-Sophie de Montabert, un livre poétique sur la difficulté à quitter le cocon familial pour entrer à l’école et l’importance de l’objet de transition (doudou).
  • Moi j’adore, la maîtresse déteste d’Elisabeth Brami et Lionel Le Néouanic, un livre très drôle pour travailler sur les règles de classe. Les illustrations très riches permettent un travail très intéressant en lecture d’images.
  • A l’école Maternelle de 100Drine, un album qui reprend bien le déroulement d’une journée de classe, le tout en rime avec les prénoms. J’avais pour habitude d’en créer un sur le même genre avec les prénoms de la classe quand j’avais des GS. Parfait jusqu’au CE1.
  • L’école de Léon de Serge Bloch qui reprend également très bien le déroulement d’une journée d’école, qui présente les adultes de l’école, les comptines et chansons etc. Un bon prétexte pour mettre en route le cahier de vie.
  • Je n’irai pas de Séverine Vidal et Cécile Vangout qui offre un autre point de vue sur le stress de la rentrée. Si les enfants s’identifient au fil des pages à la petite lapine qui appréhende la rentrée, ils sont d’autant plus surpris de découvrir à la fin qu’il s’agissait en fait de la maîtresse.

Celui que mes enfants préfèrent est Je veux pas aller à l’école de Stéphanie Blake. Ils adorent le facétieux Simon et son sale caractère. J’avoue que j’aime beaucoup la page qui illustre la nuit précédent la rentrée. L’accumulation des vignettes jour/nuit rend bien l’angoisse grandissante de Simon.
Les petits reprennent rapidement en cœur l’expression favorite de Simon « ça va pas, non !»

Quelques pas de plus…
Venez, vous aussi, nous donner vos livres préférés sur le forum et retrouvez tous les livres sur l’école que nous avons chroniqué sur notre fiche thématique.
Retrouvez aussi la chronique du jour sur A l’ombre du grand arbre : Souriez, c’est la rentrée !

Bulle et Bob à l’école
Texte écrit, lu et chanté par Natalie Tual, illustré par Ilya Green
Didier Jeunesse dans la série Bulle et Bob
17,70€, 210×210 mm, 40 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Émilie en route pour l’école
de Domitille de Pressensé
Casterman dans la série Émilie
5,75€, 200×250 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chamalo aime l’école
Texte de Charlotte Moundlic, illustré par Marion Billet
Père Castor dans la série Chamalo
5,50€, 180×180 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2013.
Canaille ne veut pas aller à l’école
Texte de Jean Leroy, illustré par Émile Jadoul
Père Castor dans la série Canaille
5,50€, 180×180 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2013.
La rentrée de Noé
Texte d’Anne Loyer, illustré par Barroux
Les éditions des Braques dans la collection Les p’tits Braques
6,90€, 160×160 mm, 32 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Je suis en CP, 3 aventures pour débuter en lecture
Texte de Magdalena, illustré par Emmanuel Ristord
Castor Poche dans la collection Castor Poche Benjamin
12€, 150×195 mm, 96 pages, imprimé en Chine, 2013.

Gabriel

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Et si, pendant ces vacances, on jouait ?

Par 14 juillet 2013 Jeux, Livres Jeunesse

Je termine aujourd’hui mes chroniques dominicales pour occuper les enfants pendant les vacances (enfin y’aura d’autres petites chroniques sur le sujet cet été certainement), après les cahiers de vacances et d’activités, les autocollants, après les avoir fait dessiner et colorier et  les avoir fait fabriquer de leurs mains, voici donc les livres-jeux et quelques petits jeux.

Où est cachée la maîtresseJe vous avais déjà parlé de la collection Où est caché de chez Casterman, (Où est caché le grand méchant loup et Où est caché le petit chaperon rouge) ici c’est la maîtresse qu’il faut chercher ! Le livre s’adressant aux enfants dès 2 ans (d’après l’éditeur) c’est un très bon moyen d’appréhender l’école. Six grandes planches avec des tas de détails (enfin pas trop non plus, c’est pour les petits) et chaque fois l’enfant devra retrouver la maîtresse et des objets : un carnet de liaison dans la planche où les enfants arrivent à l’école, des ciseaux dans une scène d’activités créatives, une poubelle au réfectoire,… bref en plus de s’amuser à chercher (et aiguiser le sens de l’observation), les enfants vont se familiariser avec les moments clefs d’une journée à l’école. Un livre entièrement cartonné, bien adapté aux petites mains.

Tous différentsOn continue de chercher, mais on complique un peu, avec le très original Tous différents de Céline Claire et Gwenaëlle Doumont. Ici ce sont des scènes dont certaines grouillent de détails, il faudra retrouver des personnages ou des objets que le texte nous décrit… il vaut donc mieux savoir lire (surtout que parfois la réponse se trouve dans le texte, par exemple on doit chercher un garçon nommé Rémi et on le trouvera grâce à un autre enfant appelant l’enfant en question). C’est un des livres avec des choses à chercher les plus originaux que j’ai vu (Où est Charlie semble tout de suite daté à côté !) et c’est plein d’humour. Même les parents peuvent aimer jouer avec cet album. On parle aussi de la différence tout le long du livre : de la couleur de peau au handicap. Enfin le livre propose un jeu à jouer plusieurs (le plus rapide à trouver) et de créer soi-même une scène. Un très bon album jeu !
Des extraits en ligne.

Joue avec MiretteOn continue à chercher mais ce coup-ci à Paris ! C’est Mirette et son chat qui nous font visiter la capitale : la Tour Eiffel, les Tuileries ou encore Beaubourg, ce sont dix grandes planches dans lesquelles il faudra ouvrir l’œil pour retrouver des éléments cachés, mais l’album propose aussi de répondre à des questions sur la Seine, l’Opéra ou sur Quasimodo. Parfois il faut faire preuve de logique et c’est vraiment une ambiance « policière », le genre qui plaît beaucoup aux enfants (avec même des méchants !), pleine de pep’s grâce aux illustrations de Laurent Audouin. Pour tous les amoureux de Paris… et les autres !

Racket au supermarketVos enfants aiment se transformer en détective ? Grâce à Pronto ils vont pouvoir chercher qui est le coupable parmi onze suspects lors de trois grandes enquêtes. Photos de reconstitution et indices nous mènent à une identification, mais il faudra bien ouvrir l’œil et faire preuve de perspicacité ! Jeux de lettres, épreuves de logique, observation,… saurez-vous retrouver qui a agressé et ligoté le directeur et qui a trafiqué les caisses ou les pompes à essence ? Vraiment passionnant et plein d’humour (surtout grâce aux illustrations). A partir de 7 ans d’après l’éditeur.
Des extraits en ligne.

Spécial jeuxPronto signe également un gros cahier spécial jeux avec 70 petites énigmes à résoudre en s’amusant. Ici ce sont des labyrinthes, des jeux de mathématiques ou d’observation, des exercices de logique qui vont faire travailler les méninges des enfants. Sur chaque page c’est un jeu différent et indépendant des autres, ils ne forment pas de grandes enquêtes comme dans le précédent (on est peut-être plus proche du cahier d’activités) mais on s’amuse beaucoup, ça occupe bien les enfants et c’est là encore  plein d’humour, Pronto a vraiment un style bien à lui. Dès 7 ans d’après l’éditeur.
Des extraits ici.

Lenoir et blanc ne sont pas des bleusLenoir et Blanc vous proposent aussi 40 énigmes à résoudre. Là encore ce sont 3 grandes énigmes avec à chaque page une chose à trouver, une réponse à laquelle on doit répondre mais ce n’est pas la même ambiance, on a ce coup-ci une vraie histoire à lire, de vraies intrigues policières auxquelles on participe, une sorte de roman interactif dans lequel l’enfant aiderait les enquêteurs. C’est parfois assez difficile mais c’est aussi l’intérêt. Je trouve que ce genre de petit roman-jeu peut amener à lire des enfants qui n’aiment pas ça. On a forcément envie de continuer, il y a un côté addictif. C’est vraiment réussi. Ici aussi dès 7 ans d’après l’éditeur.
Extraits en ligne.

On passe maintenant aux jeux, j’en ai testé 4 que je vous conseille de mettre dans vos valises !

DiamoniakDans Diamoniak, de chez Djeco et illustré par Alex Sanders, vous devrez être la première (sic) à reconstituer le château de votre couleur. Le principe est simple, on pioche des cartes et chaque fois qu’on a une carte qui correspond à son château on la met devant soi, le premier qui forme le sien entièrement (6 cartes) a gagné. Mais bien sûr il y a d’autres cartes pour pimenter un peu le jeu ! Des cartes sorcières qui vous font perdre des cartes, des cartes fée qui, elles, sont bénéfiques et des cartes diamants qui permettent d’acheter les cartes des autres. On a fait plusieurs parties diamoniak(en adaptant légèrement : dans la règle originale on continue de piocher tant qu’on ne tombe pas sur une sorcière, si bien que parfois un même joueur joue longtemps et prend la plupart des cartes, nous nous avons décidé qu’on ne piochait qu’une fois, chacun son tour) et c’est vraiment un jeu que ma fille de 5 ans a tout de suite adoré (et même nous, nous n’avons pas trouvé ça pénible). Un jeu très sympa qui ne prend pas de place. Seul bémol cette règle de jeu au féminin, certainement parce que le jeu est rose… Pour les enfants de 5 à 99 ans, d’après l’éditeur et pour 2 à 4 joueuses (re-sic).

WoolfyOn passe à un jeu de coopération (tout le monde joue ensemble et tout le monde gagne ou tout le monde perd), Woolfy sorti également chez Djeco et dessiné là aussi par Alex Sanders. Trois petits cochons et un loup. Les lancers de dés et les cases du plateau détermineront si ce sont les cochons qui avancent, se cachent dans une maison ou construisent la maison de brique ou si c’est le loup qui progresse. Le but étant de finir de construire la maison de brique et de s’y cacher avant que le loup ne dévore tout le monde. Le jeu est très beau avec ses personnages et sa marmite, son plateau coloré et ses pièces en bois et les enfantsWoolfy s’amusent vraiment. Quel plaisir de jouer avec les personnages d’un conte qu’on connait bien, d’en être l’acteur. Là ce n’est plus un jeu facilement transportable (la boîte a la taille de celle des jeux de société habituels), il faudra prendre un sac en plus (ou partir en voiture). Un très bon jeu de coopération pour les 5-8 ans (d’après l’éditeur) et pour 2 à 4 joueurs-euses.

qwirkleConnaissez-vous Qwirkle, le jeu imprononçable mais inoubliable, comme le dit la boîte ? C’est typiquement le genre de jeu que j’adore (même si celui-là, personnellement, je ne peux pas y jouer à cause de mon daltonisme). 90 petits cubes en bois que l’on va piocher et on va tenter de faire des combinaisons. Des alignements de la même couleur ou avec le même logo mais ne contenant jamais deux fois la même pièce. On se creuse les méninges, on essaye d’être tactique, d’avancer tout en piégeant les autres. J’adore ce genre de jeux (souvent en bois) qui sont de vrais jeux de réflexion, c’est généralement l’occasion de passer de très bonsqwirkle moments, d’occuper de longues soirées. Le jeu est dans un sac ce qui permet, là, de le transporter partout très facilement (par contre on ne jouera pas dans le train ou dans la voiture car il faut de la place). Un très bon jeu, intelligent (mais pour lequel il faut, hélas, pouvoir différencier les couleurs) pour les enfants (mais pas que) à partir de 6 ans et pour 2 à 4 joueurs-euses.

le-jeu-itineraire-bisUn éditeur (de livres) qu’on aime beaucoup et qu’on suit depuis les débuts de La mare aux mots, Elka sort son premier jeu. Spécialisé dans l’écologie et la prise de conscience des problèmes environnementaux, c’est un jeu pour faire baisser son empreinte écologique qu’ils nous proposent. Chacun tire au sort une carte famille (consophage, eco-septique, éco-sensible, minimaliste, locavore et éco-débrouille) avec chacune une empreinte écologique « de départ » différente. Il faudra à chacun des joueurs faire baisser celle-ci en répondant à des questions sur l’écologie, les animaux, l’environnement et sur des thèmes chers à Elka (travail des enfants, commerce équitable,…). Là on s’adresse aux enfants plus grands (à partir de 10 ans) et aussi aux adultes. Le type de question varie pour qu’on ne s’ennuie pas et c’est souvent très intéressant (on n’est pas ici dans un jeu purement éducatif, on apprend plein de choses… mais de façon ludique). Un petit jeu de carte à glisser partout et à offrir pour se rappeler les gestes importants et prendre conscience de notre environnement. Itinéraire Bis est aussi un livre que nous avions chroniqué.
Vous pouvez commander ce jeu sur le site d’Elka.

Retrouvez toutes nos chroniques jeux.

Où est cachée la maîtresse
Texte de Jacky Goupil, illustré par Amélie Dufour
Casterman dans la collection Où est caché ?
7,50€, 230×280 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2013.
Tous différents, un livre jeu à emporter partout
Texte de Céline Claire, illustrations de Gwenaëlle Doumont
Editions des Braques dans la collection Les p’tits Braques
6,90€, 161×162 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Joue avec Mirette à Paris
illustré par Laurent Audouin
Sarbacane
13,90€, 237×289 mm, 26 pages, imprimé en France, 2013.
Racket au supermarket
de Pronto
Actes Sud Junior dans la collection C’est toi le détective !
8,70€, 156×196 mm, 60 pages, imprimé en France, 2013.
Spécial Jeux
de Pronto
Actes Sud Junior dans la collection C’est toi le détective !
8€, 154×196 mm, 93 pages, imprimé en France, 2013.
Lenoir et Blanc ne sont pas des bleus
de Jürg Obrist (traduit par Sylvia Gehlert)
Actes Sud Junior dans la collection 40 énigmes à résoudre
8€, 154×196 mm, 93 pages, imprimé en France, 2013.
Diamoniak
de Grégory Kirszbaum Illustré par Alex Sanders
Djeco
Prix : Autour de 9€
Age d’après l’éditeur : 5-99
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur :15 minutes
Fabriqué en Chine.
Woolfy
de Grégory Kirszbaum Illustré par Alex Sanders
Djeco
Prix : Autour de 27€
Age d’après l’éditeur : 5-8
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 20 minutes
Fabriqué en Chine.
Qwirke Cubes
de Susan McKinley Ross
Iello
Prix : Autour de 28€
Age d’après l’éditeur : 6+
Nombre de joueurs : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 30-60
Fabriqué en Chine.
Itinéraire Bis
Elka
Prix : Autour de 11€
Age d’après l’éditeur : 10-90
Nombre de joueurs : 2-6
Temps de jeu d’après l’éditeur : 30
Fabriqué en France chez un imprimeur éco-responsable.

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Gourmandise !

Par 18 avril 2013 Livres Jeunesse

La gourmandise est un vilain défaut… ah bon ?

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Beaucoup d’humour dans cet album signé Jean-Pierre Kerloc’h, d’humour et d’amour. La famille nombreuse respire la joie de vivre, on les sent heureux avec ces parents qui ne roulent pas sur l’or mais leur racontent des histoires. Et quand arrive la bonne fée, a-t-on vraiment envie que sa vie soit changée ? Le conte fait réfléchir, où est le bonheur ? Est-il dans l’opulence ? Le texte, très rythmé, est un vrai bonheur à lire et les illustrations de Christian Guibbaud enchantent les enfants. Un bien bel album plein de bon sens.

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