Cartonnés et animés !

Souvent, quand on pense album animé avec tirettes et volets, on pense fragilité ! Ce n’est pas le cas des deux albums du jour, tout en carton, et adaptés aux plus petites mains !

bonnes vacances Lou !On commence avec Lou, qui part en vacances avec ses parents, et Mouf, son petit singe en peluche, bien évidemment. On découvre ainsi le bonheur  de faire sa valise, de chanter dans la voiture, de manger des fruits avec les doigts, de se rincer à l’eau de la fontaine, de dormir sur le dos de papa, ou dans l’herbe, sur une couverture,…
Toutes les joies simples des vacances des plus jeunes, sont racontées avec tendresse par Jeanne Ashbé, non seulement grâce aux mots, bien choisis et adaptés, mais aussi aux illustrations tout en douceur, qui prennent vie sous les doigts des enfants ! Volets, encoches pour placer les petits doigts et faire avancer les escargots, l’araignée ou la souris, morceau de tissu pour essuyer la bouche de Lou, c’est assez magique, et à mon avis réellement solide ! En plus, le livre est livré dans une petite pochette en plastique qui renferme également un livret de jeu, Les jeux de Mouf, pour retrouver les héros, coller des gommettes repositionnables, dessiner au pochoir, compléter les dessins avec un feutre sur des pages effaçables… De quoi prolonger le plaisir, et occuper les petites mains, notamment dans les transports !
Alors Bonnes vacances, Lou !

3 petits cochonsToujours aussi solide, et toujours aussi animé, Les trois petits cochons paru dans la collection Anim’contes des éditions Tourbillon, est également une réussite !
En quelques pages, et de manière vivante, Anne-Sophie Baumann raconte la célèbre histoire des trois frères en quête d’indépendance ! Avec un système de tirettes et de volets, facilement manipulables par les plus petits grâce à de petites encoches pour placer les doigts, les illustrations de Christian Guibbaud prennent vie : on salue les cochons, on les voit s’éloigner et cheminer, on construit avec eux leurs habitations, on ouvre la gueule du loup affamé, on souffle avec lui sur les maisons, et on le voit même se brûler les fesses et s’enfuir sous nos yeux !
C’est vraiment réussi, moderne, coloré et bien pensé et le conte prend un sérieux coup de jeune (il n’y a qu’à voir l’ampoule qui pend au plafond de la maison de briques, clin d’œil parmi d’autres…) !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jeanne Ashbé (Faut tout ranger, Pas de loup, Yola, Et après, il y aura…, et Et dedans, il y a…), et Christian Guibbaud (Des bisous pour tous les goûts et Trois souhaits pour une souris).

Bonnes vacances, Lou !
de Jeanne Ashbé
Pastel dans la collection Lou et Mouf
17,80 €, 200 x 200 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2014
Les trois petits cochons
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Christian Guibbaud
Tourbillon dans la collection Anim’Contes
13,99 €, 201 x 210 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2014

A part ça ?

1984London présente un court-métrage, Dream Life of Paper, avec des animaux en origamis qui prennent vie !

Marianne

Des baleines

SPLASH ! Je vous fais découvrir deux histoires de baleine aujourd’hui !

marlène baleinePour Marlène, une sortie à la piscine n’est pas une sinécure… Tout le monde la traite de baleine, parce qu’elle est un peu plus costaud que les autres enfants, et que lorsqu’elle plonge, elle fait un peu plus de vagues. Aidée du maître-nageur et de la force de son imagination, elle va parvenir à retrouver confiance en elle !

J’ai été touchée par Marlène, qui finit par faire une force de sa différence. Cette histoire de Davide Cali, qui ressort chez Tom Poche dans une édition souple à petit prix, est pleine de bienveillance, de tendresse mais aussi de force ! Marlène ne s’en laisse pas compter ! Quant aux illustrations de Sonja Bougaeva, elles sont à la fois douces et rondes, et j’ai particulièrement été séduite par l’ambiance générale de cet album ! Marlène Baleine est une jolie histoire pour apprendre à s’accepter et à clouer le bec des mauvaises langues !

baleine !Il paraît que depuis qu’il a plu, une baleine rôde dans les rues. Tout le monde pense l’avoir aperçue, mais chacun la voit différemment… La rumeur enfle, enfle, enfle, mais Livia ne voit toujours rien ! Jusqu’à ce que…

Baleine ! est un très joli conte graphique (c’est le premier mot qui me vient à l’esprit en pensant à cet album, où les illustrations en disent autant que le texte) qui porte un message écologique. Jean Villemin nous plonge (c’est le cas de le dire) dans une belle histoire avec de magnifiques dessins en noir et blanc, où les adultes s’interrogent, se questionnent, imaginent, alors que Livia, la petite fille, observe simplement, et attend. Sa patience paiera, et la sauvera même ! Cet album est un objet un peu à part, qui à mon avis donnera lieu à diverses interprétations selon l’âge et la personnalité de chacun mais une chose est sûre : prenons le temps, faisons taire la rumeur, et écoutons notre cœur !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Davide Cali (Bons baisers ratés de Venise, Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, Super Potamo et Bons baisers ratés de Paris).

Marlène Baleine
Texte de Davide Cali, illustré par Sonja Bougaeva
Tom Poche
5,50 €, 210 x 160 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2014
Baleine !
de Jean Villemin
Éditions du Lampion dans la collection Loupiote
10 €, 170 x 130 mm, 80 pages, lieu d’impression non précisé, 2014

A part ça ?

Aujourd’hui, c’est l’été ! Pour la peine, je vous plonge en plein hiver, avec les peintures de Leigh Tarentino !

Marianne

 

Approchez, j’ai des secrets !

Promettez-moi de ne rien dire…!

le secret de petit boudhaC’est l’histoire d’un petit bouddha qui trônait sur les étagères d’un magasin d’antiquités. Mais avant d’arriver là, il a parcouru presque toute la planète passant des mains d’un prince à celles de riches marchands, aux quatre coins du monde. Mais surtout, il redonne le sourire à tous ceux qui le croisent. Pourquoi ? C’est Le secret du petit Bouddha…!

Embarquez pour une aventure au long cours, une histoire qui vous fera découvrir des destinations lointaines. Le texte de Bernard Villiot est agréable à lire à haute voix, plein de mots un peu rares qui riment et résonnent. Quant aux illustrations de Mylène Rigaudie, elles sont à la fois pleines de détails, d’humour et de couleurs. Chaque objet a une histoire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir celle du petit Bouddha de pierre.

Le secret le plus fort du mondeBao-le-terrible se présente à la reine comme l’homme le plus fort du monde. Il veut l’épouser et lui prendre son palais. Il devra d’abord affronter l’océan, le ruisseau, le nuage, l’arbre, plus forts que lui… Mais il y a plus fort encore : l’abeille ! Il l’écrase, et le monde s’arrête alors de fonctionner : plus de fleurs, plus de pluie, plus de nuages… Tout le cycle naturel est perturbé… Heureusement, la reine a un secret : Le secret le plus fort du monde.

Quel beau conte ! Gaël Aymon nous invite avec beauté à prendre conscience du monde qui nous entoure et à considérer avec un peu plus d’attention notre environnement. Sans l’abeille, nous ne sommes rien. Et les fleurs, les arbres, et l’océan non plus. Alors qu’on sait que cet animal est de plus en plus menacé, ce message est plus que jamais d’actualité. Une reine, un méchant, un secret magique et des défis, tous les ingrédients du conte sont là, et c’est un régal ! Sans parler des illustrations de Pauline Comis, délicates et poétiques, qui m’ont charmée ! Une belle découverte !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Bernard Villiot (Le voleur de lune, La belle au bois dormant et La moufle), Mylène Rigaudie (Hello, I’am Lily), et Gaël Aymon (Ma réputation, Le fils des géants, L’anniversaire à l’envers, Les souliers écarlates, La princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy). Retrouvez également l’interview de Gaël Aymon.

Le secret du petit Bouddha
Texte de Bernard Villiot, illustré par Mylène Rigaudie
L’élan vert
12,70 €, 237 x 297 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014
Le secret le plus fort du monde
Texte de Gaël Aymon, illustré par Pauline Comis
Ricochet
14,70 €, 246 x 346 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014

A part ça ?

georges sardineLe numéro Sardine du magazine Georges est sorti !
Encore une fois, des rencontres, des histoires, des jeux et des activités, dans un univers graphique original. Cette fois, on plonge au fond de l’océan. On nous propose de construire un sous-marin, de rencontrer des hommes de la mer, de découvrir un pirate…
Un avant-goût des vacances qui donne envie de chausser masques et tubas, on plonge !
Georges, numéro Sardine, Mai 2014.

Marianne

Un voyage autour du monde grâce aux contes

Inde, Groenland, Corée, Maghreb et Afrique de l’Ouest, aujourd’hui on va voyager grâce à de superbes contes (avec en bonus dans le À part ça ? un DVD pour continuer le voyage).

rajaDepuis des générations, dans la famille de Raja on est magicien. Quand son père l’appelle pour qu’il vienne prouver au monde qu’il est un magicien lui aussi, qu’il n’est pas la honte de la famille, le jeune garçon préférerait aller amuser la belle Devika. Même si lui ne s’amuse pas à répéter des tours, il accepte. Le soir même le voilà qui déclame une formule magique et devient invisible. Il s’amuse à faire des farces et vient poser un baiser sur le nez de Devika, mais au matin personne ne le croit, nul n’a été témoin du prodige, forcément ! Alors le lendemain soir Raja recommence, cette fois-ci il fait disparaître des objets, mais ce coup-ci on croit que c’est un voleur qui les a dérobés et non Raja qui a utilisé sa magie. Il décide de s’acheter une tortue et de partir faire le tour du monde sur son dos, jurant de revenir avant que son père ne soit vieux. Autour de lui, on se moque. Devika, elle, ne rit pas et s’enferme dans sa tour pour cacher ses larmes.

Raja est un grand album absolument magnifique, une petite merveille. Superbe histoire d’amour au pays des magiciens indiens sublimée par les illustrations d’Aurélia Fronty. Le genre de conte que les parents prennent autant de plaisir à lire que les enfants (d’ailleurs, c’est typiquement le genre de livre qu’achètent aussi les adultes sans enfants). Un grand conte (mon résumé ne raconte même pas le premier tiers) pour tous ceux qui aiment les beaux livres et les belles illustrations.
Plusieurs illustrations intérieures sur le billet de ce blog.

L'orphelinUn petit orphelin vivait dans un village du Groenland. Sans famille, il vivait dehors, dormait avec les chiens qui étaient les seuls à l’accepter parmi eux. Parfois, il profitait d’un morceau de viande jeté à ses compagnons de misère. Même les enfants du village lui menaient la vie dure, quand il s’approchait, ils le jetaient à terre et le battaient. Ainsi était la vie de ce pauvre orphelin. Son seul refuge était la montagne où il allait fuir la méchanceté des hommes. Sa vie commença à changer le jour où, sous les conseils d’une vieille femme qui avait eu pitié de lui, il alla crier au ciel de l’aider.

Là encore, je ne vous raconte que la première partie de ce superbe conte signé par Anouk Grinberg. Grosse surprise, en ce qui me concerne, car je ne connaissais que la comédienne (que j’aime beaucoup) et je découvre donc avec L’orphelin l’auteur et l’illustratrice. Et quel talent ! Elle nous raconte donc ce conte du Groenland avec énormément de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations. Une histoire dure parfois (mais la plupart des enfants aiment les histoires tristes, c’est nous, les parents, qui souvent reculons), mais forte. Un album magnifique sur la différence, le rejet, la fragilité. Le genre d’album qui marque profondément le lecteur, le genre d’ouvrage qu’on garde longtemps dans sa bibliothèque et dans sa tête.
Retrouvez le conte et une partie des illustrations sur le blog d’Anouk Grinberg.

L.01EJDN000928.N001_PriYonHee_C_FRPrincesse Yong Hee avait pour amie la Lune. Un soir alors que la princesse célébrait son amie, le Dragon des Mers bondit des eaux et dévora l’astre. Pour la première fois, Princesse Yong Hee quitta son château et partit pour sauver la lune. Pour cela, il lui faudrait l’aide de la Terre, du Vent et de la Nuit.

Là encore, mais quelle merveille ! (oui, je sais, cette chronique sera douloureuse pour votre portefeuille). Tant le superbe conte d’Agnès Bertron-Martin que les sublimes illustrations d’Aurélia Fronty (oui, encore elle). Ici, il est donc question d’une princesse qui part affronter un dragon, aidée par les éléments. On parle donc d’amitié, de surmonter ses peurs, d’oser se battre contre les plus forts. Un livre magnifique.

Le petit oiseau au grain de bléUn petit oiseau, fort intelligent, s’accrocha un grain de blé autour du cou puis alla narguer le pacha en chantant sous ses fenêtres qu’il avait quelque chose que lui n’avait pas. Imaginez la colère du puissant homme qui demanda à ses serviteurs de voler à l’oiseau son grain de blé. Sauf que le chant recommença et cette fois si l’oiseau persiflait que le pacha était si jaloux de lui qu’il lui avait volé ce qu’il n’avait pas.

On quitte l’Asie pour le Maghreb avec ce très bon conte, plein d’humour dont le texte est signé Michel Piquemal et les illustrations Peggy Nille. Une histoire parfois cruelle, surprenante et drôle. On parle ici de la fierté, de l’intelligence des plus faibles face aux puissants. Peggy Nille nous surprend une fois encore avec de très belles illustrations assez éloignées de son univers habituel. Un conte absolument délicieux aux couleurs chaudes du Maghreb.
Le même vu par Enfantipages.

Les deux caillouxAu milieu de la brousse, dans un marigot, se disputaient deux pierres. On entendait sans cesse leurs insultes. Un génie fatigué d’entendre les noms d’oiseaux que s’échangeaient les deux pierres, sortit du marigot et leur offrit des jambes pour leur permettre de voir le monde. Voilà donc nos cailloux qui marchent, qui marchent, qui marchent… et qui pour la première fois se sentent fatigués, affamés. Mais que manger quand on est une pierre ? Grâce à une idée du petit caillou les voilà bientôt avec neuf perdrix (six tuées par le petit et trois par le grand). Jaloux, le gros caillou proposa de manger d’abord la chasse du petit puis ils partageront plus tard sa chasse à lui. Sauf que quand la faim se fit à nouveau sentir, il ne voulait évidemment plus partager.

Là encore, ce n’est que le tout début de ce grand conte qui nous vient d’Afrique de l’Ouest. La suite sera un enchaînement de situations que les cailloux n’avaient même pas imaginé. Leur dispute fera même couler une rivière de sang. Un très beau conte étiologique (vous savez, ces contes qui nous explique la création d’un élément, d’un phénomène naturel…) plein d’humour pour expliquer pourquoi les cailloux sont devenus muets avec de grandes et belles illustrations signées Cécile Gambini. Là encore un magnifique album.
Quelques illustrations intérieures sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des contes du Monde ? Ici par exemple ou ou encore .
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Carl Norac (Bazar Circus et Petites histoires pour rêver dans sa poche), Aurélia Fronty (Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Agnès Bertron-Martin (Mes cinq premières histoires à la petite école), Michel Piquemal (Mamouchka et le coussin aux nuages et L’étoile de Noël), Peggy Nille (Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Françoise Diep (Le loup et la soupe aux pois) et Cécile Gambini (Mes premières berceuses et Chez Mémé). Retrouvez aussi notre interview de Peggy Nille.

Raja
Texte de Carl Norac, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse
17,30 €, 280×370 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
L’orphelin
d’Anouk Grinberg
Cèdre Lune
14 €, 265×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Princesse Yong Hee et la perle de la nuit
Texte d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Aurélia Fronty
Père Castor
13,50 €, 266×287 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit oiseau au grain de blé
Texte de Michel Piquemal, illustré par Peggy Nille
Bulle de savon
13 €, 190×190 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Les deux cailloux
Texte de Françoise Diep, illustré par Cécile Gambini
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Sur le chemin de l'écoleComme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », sauf qu’on n’a pas le même accès à l’éducation suivant là où l’on se trouve. Pour aller à l’école, Jackson, un Kenyan de 11 ans, et sa petite sœur doivent marcher quinze kilomètres (soit deux heures), en portant chacun un bidon d’eau et un morceau de bois et en évitant les éléphants. Zahira, jeune Marocaine de 12 ans, a un trajet de quatre heures pour parvenir à son internat. Au programme chemins caillouteux et recherche de voitures compatissantes. Pour Carlos, Argentin de 11 ans, et sa petite sœur, c’est une heure trente de cheval chaque matin. Quant à Samuel, Indien de 13 ans en fauteuil roulant, il lui être poussé par ses frères pendant une heure et demie avant d’arriver à l’école. Quatre enfants du monde dont on suit le chemin pour arriver en classe. Un film absolument passionnant, magnifique pour se rappeler l’importance de l’école et comment certains bravent les dangers et marchent des heures quand parfois, ici, certains traînent des pieds. Un film très fort qui vient de sortir en DVD et Blu-ray. Le film y est disponible en VF ou en VO (personnellement, j’ai déjà du mal avec les doublages sur les films, alors sur un documentaire c’est absolument impossible ! J’ai préféré lire le peu de dialogues à ma fille et le regarder dans les langues d’origine), on y retrouve aussi trois jolis bonus sur l’un des personnages du film (sa venue en France, la projection du film à Paris en sa présence et la projection du film dans son école). À voir absolument (et vu le prix, pourquoi se gêner ?).

Bande annonce :

Sur le chemin de l’école, un film de Pascal PlissonThe Walt Disney Company France. Autour de 9 € pour le DVD et de 13 € pour le Blu-Ray.

Gabriel

Des livres avec plusieurs histoires

Trois livres, dix-neufs histoires !

Contes d'un roi pas si sageIl aurait pu être heureux le roi Artégan. Il avait tout pour lui. Seulement, voilà, il se rendit compte qu’il lui manquait une chose, et une chose importante : du temps. Alors il eut une idée, il fallait rajouter des heures aux journées, il avait bien le droit, il était le roi !
Quand Artégan apprit que la reine Azélia avait construit une haute tour, il décida qu’il lui en fallait une plus grande. Quand il apprit qu’Azélia avait agrandi sa flotte, Artégan fit construire plus de bateaux. Puis ce fut au tour de l’armée, il la voulait plus forte que celle de la reine d’à côté… Était-ce si important d’avoir toujours plus ?
Artégan eut un fils, Félix. Pour lui, il était le plus grand trésor, et un trésor, ça se protège. Il le gardait précieusement, faisant en sorte que jamais il ne se blesse. Quand Félix tomba, Artégan fit recouvrir tous les sols de tapis. Quand Félix fut piqué par une abeille, on déménagea les ruches. À cet enfant-là, il n’arriverait rien ! Mais était-ce cela le bonheur ?

Ce qui marque tout d’abord quand on a Contes d’un roi pas si sage dans les mains c’est la beauté de l’objet : sur-couverture, beau papier, magnifiques illustrations signées Clémence Pollet. C’est typiquement le genre de beau livre qu’on garde longtemps. Côté texte, on n’est pas en reste ! Ghislaine Roman manie la plume avec énormément de délicatesse et de poésie. Non seulement ses histoires sont passionnantes et pleines de sens, mais elles sont particulièrement bien écrites. Elles amènent à réfléchir, à la conversation avec les enfants. Un magnifique ouvrage.

Histoires d'aventurièresAlors qu’elle cherche son chat, Rosita se trouve entraînée dans une folle aventure… qui la mène en Amazonie ! Là elle rencontre un peuple dont le chaman lui remet un coffre contenant dix carnets. Dix histoires que la jeune fille va lire. Il sera question d’une fille se faisant passer pour un garçon qui est devenue pirate, d’une aviatrice, d’une égyptologue, d’une esclave qui décide de s’enfuir, d’une Bretonne qui lutte contre un cruel seigneur, de deux copines qui vont faire arrêter un réseau de trafic de chats, d’une Américaine du Far West qui va être accusée à tort de vol, d’une comédienne qui va mener une enquête à Venise pour retrouver un trésor, d’une anthropologue passionnée par les primates qui va se battre contre les braconniers et d’une jeune Indienne qui va réussir à dompter un cheval. Dix destins de femmes exceptionnelles.

Oh que j’aime les personnages féminins de Christine Palluy ! Avec ses Histoires d’aventurières, on est loin des clichés de filles passives, sauvées par des princes charmants, qui attendent en tricotant que leurs histoires se déroulent. Ici, les femmes se battent. Contre les oppresseurs, contre les hommes qui aimeraient les faire taire. Elles osent dire non même quand elles n’ont pas le droit de s’opposer, montrent aux hommes qu’elles peuvent être plus fortes qu’eux. La seule déception dans ce recueil ce sont parfois les illustrations, qui ne sont pas toujours à la hauteur du texte. Mais voilà un recueil qui va montrer que non, une fille ce n’est pas forcément un être fragile et passif. Bravo Christine Palluy !

Bonolon l'île de la tortueBonolon c’est un géant orange qui vit à Tasman, la forêt des arbres sacrés. Lorsque quelqu’un pleure au pied d’un arbre, Bonolon apparaît pour lui exaucer un vœu. Une tortue qui avait vu son île ravagée par les hommes, un enfant qui n’avait plus d’amis, une vieille dame qui voulait revoir son fils avant de mourir, deux fils qui voulaient connaître le rêve de leur père qui venait de mourir et une petite fille très malade qui voulait voir ce qu’il y avait au pied de l’arc-en-ciel, tous allaient rencontrer Bonolon.

Je vous avais déjà parlé de Bonolon lors de la sortie du premier tome chez Nobi Nobi ! Voici donc cinq nouvelles histoires du géant effrayant au premier abord, mais qui déborde de gentillesse. Les livres sont absolument superbes tant au niveau de l’objet que des illustrations ou que des messages qu’ils font passer (respect de la nature, aider son prochain, être à l’écoute des autres…). Toutefois, j’ai été un peu surpris dans ce tome par la tristesse des histoires ou du moins le fait de lire à la suite les trois dernières a été assez difficile ! Une dame qui est en train de mourir (et qui veut revoir son fils qui est mort), un père qui vient de mourir et une petite fille malade dont le médecin a annoncé aux parents qu’elle n’en avait plus pour très longtemps à vivre (mais au final, elle va vivre). Ces trois histoires à la suite, c’est un peu rude ! Mais il n’empêche que ces contes venus du Japon sont absolument merveilleux, touchants, plein d’humanité. Une collection qu’on adore, un héros qu’on espère retrouver encore et encore.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Clémence Pollet (La langue des oiseaux et autres contes du palais, Mon coffret pour découvrir la ferme et L’auberge des ânes), Christine Palluy (Princesses d’Afrique, Princesses de la cour de Versailles aux palais de Vienne et Princesses de tous les pays) et Seibou Kitahara et Go Nagayama (Bonolon, le gardien de la forêt). Retrouvez aussi notre interview de Christine Palluy.

Contes d’un roi pas si sage
Texte de Ghislaine Roman, illustré par Clémence Pollet
Seuil Jeunesse
13,50 €, 179×233 mm, 72 pages, lieu d’impression non précisé, 2014.
Histoires d’aventurières
Texte de Christine Palluy, illustrés par un collectif
Lito dans la collection Au pays des merveilles
19 €, 245×246 mm, 133 pages, imprimé en UE, 2013.
Bonolon l’île de la tortue
Texte de Seibou Kitahara (d’après Tetsuo Hara, traduit par Fédoua Lamodière), illustré par Go Nagayama
Nobi Nobi ! dans la série Bonolon
16,50 €, 191×267 mm, 139 pages, imprimé en Slovaquie, 2014.

À part ça ?

Il y a un super festival qui se prépare à Montbazillac ! Un festival jeunesse (mais les vieux aussi son acceptés, comme le précise l’affiche) gratuit avec de supers invités : Anne Montel, Nicolas Gouny, Vincent Mathy, Frédéric Laurent, Gaëlle Perret, Zad, Stéphane Nicollet… et bien d’autres ! y’a même un spectacle de Pascal Parisot ! Pour tout savoir : la page facebook et le site. C’est les 16 et 17 mai. Bon je vous laisse… faut que je réserve mon billet de train !

Gabriel