La mare aux mots
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Contes

Il pleut, c’est tout ce qu’il sait faire*

Par 9 février 2015 Livres Jeunesse

QUELLE AVERSE !Il est des jours
où les lois de la nature ne fonctionnent pas.
Il est des jours
Où l’amour tombe du ciel.

Comme tous les jours monsieur Simon s’est levé puis il s’est lavé le visage, il a disposé ses cheveux autour de son crâne chauve et s’est coiffé la moustache. Il a ensuite pris son petit déjeuner, a enfilé de son bleu de travail et est sorti, comme tous les jours. Mais ce jour-là, il s’est passé une chose qui ne s’était jamais passée auparavant. Il avait commencé à pleuvoir de l’eau, ça, c’était normal, mais d’un coup une femme est tombée du ciel puis une autre et bientôt des dizaines… il fallait se faire à l’idée : il pleuvait des princesses de conte de fées.
Quelle averse ! est sorti chez un éditeur dont je suis totalement fan, OQO. Il est donc question d’un phénomène surnaturel (des princesses qui tombent du ciel), mais pas traité comme dans un conte (très vite, on s’inquiète de ce qu’on va faire de ces princesses). Il y sera aussi question d’une rencontre entre un maçon et une princesse (le livre est d’ailleurs dédié « pour monsieur José, le maçon (et mon père), qui a épousé une princesse ») et leur dialogue est savoureux. C’est délicat, poétique et décalé. Les illustrations sont de celles qui nous invitent toujours à regarder ce qu’il se passe en arrière-plan.
Un superbe conte poétique et décalé sur l’amour.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Il pleut, il pleut Berbère !Dans le sud du Maroc, en pays berbère, il n’a pas plu depuis des années. Et sans pluie, pas de légumes dans les jardins, pas d’orge dans les champs, peu d’amandes dans les amandiers, pas assez d’herbe pour nourrir les moutons. Saïd n’a plus qu’une solution pour nourrir sa famille. Zahra, sa femme, et ses enfants le savent et ils aimeraient tant qu’il ne le fasse pas… mais il n’y a plus d’autres alternatives…
Elles sont superbes les illustrations de Marianne Larvol qui accompagnent le texte de Gérard Alle. Ici, on parle donc des Berbères (en fin d’ouvrage, une page documentaire adaptée aux plus jeunes explique qui ils sont et où ils vivent), de l’importance de l’eau, du sacrifice.
Un très bel album pour voyager.
Quelques extraits sur le site de l’illustratrice.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Raquel Saiz (Si les chats portaient des bottes, les grenouilles gouverneraient), Gérard Alle (La sieste du taureau) et Marianne Larvol (La sieste du taureau).

Quelle averse !
Texte de Raquel Saiz (traduit par Laurence Guillas), illustré par Maja Celija
OQO dans la collection O
14 €, 250×230 mm, 36 pages, imprimé en Espagne, 2009.
Il pleut, il pleut Berbère !
Texte de Gérard Alle, illustré par Marianne Larvol
Locus Solus dans la collection Minus
11,90 €, 200×235 mm, 32 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

A part ça ?

Le recrutement de La mare aux mots est terminé… On vous présente bientôt Laura et Marie !

Gabriel

*le titre de la chronique est un extrait d’Il pleut de Brigitte Fontaine

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Contes ornithologiques

Par 3 février 2015 Livres Jeunesse

les cygnes sauvagesLorsque ses six frères sont changés en cygnes, Élise est très malheureuse. Mais elle est également très courageuse et décidée à se battre jusqu’au bout pour les sauver et les délivrer de cette terrible malédiction.
Adapté d’un conte d’Andersen, Les cygnes sauvages est un très bel album. Bernard Villiot signe un texte qui sonne et résonne, plein de beaux mots précieux et de rimes, et les illustrations d’Anja Klauss sont magnifiques, douces, fortes, colorées et fleuries. L’histoire est pleine de suspense et de rebondissements, et on prend du plaisir à découvrir ou redécouvrir ce conte classique.
Un bel objet pour rêver et s’émouvoir !

le courage de l'accord'héronistePiégé par la glace, un héron perd une patte. Mais alors, comment séduire sa belle ? Il est différent des autres oiseaux. Et pourtant, aidé de Robin, et à force de courage et de ténacité, il saura se montrer sous son plus beau jour.
Le courage de l’accord’héroniste est un joli conte sur la différence. Gilles Bernier nous propose un texte fouillé, avec du vocabulaire complexe, qui nous permet de découvrir le monde de l’ornithologie. Quant aux illustrations d’Élisabeth Piquet, elles traduisent bien la poésie de l’histoire, avec des couleurs et des formes délicates. À la fin de l’ouvrage, on trouve quelques jeux et informations pour prolonger le plaisir de la lecture.
Un conte pour apprendre à vivre avec ses différences !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Bernard Villiot (Le secret du petit bouddha, Le voleur de lune, La belle au bois dormant et La moufle) et Anja Klauss (Fées de légende et La belle au bois dormant). Retrouvez également notre interview d’Anja Klauss.

Les cygnes sauvages
Texte de Bernard Villiot, illustré par Anja Klauss
L’élan vert
13,90 €, 243 x 307 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le courage de l’accord’héroniste
Texte de Gilles Bernier, illustré par Élisabeth Piquet
Millefeuille
12 €, 200 x 250 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

On s’envole ! Retour sur le festival de montgolfières d’Albuquerque avec cette belle vidéo !

 Marianne

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Drôles de loups

Par 15 janvier 2015 Livres Jeunesse

arrête de bouderALERTE ! Le loup fait grève ! Les trois petits cochons, la chèvre de Monsieur Seguin, le Petit Chaperon rouge et les autres n’en reviennent pas et ils décident de tout faire pour qu’il revienne, sinon plus d’histoires…
Les enfants vont adorer croiser ici des tas de personnages de contes qu’ils connaissent bien. Arrête de bouder est un album plein d’humour avec de très belles planches signées Sébastien Chebret. On parle donc de l’utilité des méchants dans les histoires (et donc de l’utilité d’avoir peur). C’est un très bel hommage aux contes et un album vraiment réussi.
Parce qu’un conte sans loup c’est moins drôle, voilà un album plein d’humour.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

La gentille petite LouLou s’ennuie, elle n’a pas de copain. Les moutons s’enfuient quand ils la voient, les trois petits cochons se cachent, même les sept chevrettes qui vivent à côté se terrent dans leur maison… mais pourquoi tout le monde lui en veut ?
Même si l’on ne voit Lou qu’à la toute fin, on se doute assez vite à quelle race elle appartient ! Ici aussi, c’est évidemment un hommage aux contes, on y croise plusieurs personnages bien connus des enfants. En fin d’ouvrage, on nous propose même de découper des masques pour se déguiser en personnages du livre.
Un album plein d’humour et de poésie, qui rend hommage aux contes classiques.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Chaperon rouge et trois petits cochons, SalomoTrois petits cochons se construisirent une maison. Le premier en fit une en paille, le second en bois, le troisième en brique… pendant ce temps-là, le loup rôdait.
Un enfant, qui portait un chaperon rouge, se rendait chez sa grand-mère… quand il croisa le loup…
Ici, ce sont les vrais contes qui sont racontés (même s’ils sont résumés) dans deux très beaux livres pop-up proches des livres-théâtres. On s’émerveille en voyant les beaux décors découpés de Xavier Salomó, on regarde partout (et même à travers les fenêtres) pour voir les détails cachés. Je regrette juste que les textes soient résumés à ce point (j’ai l’impression qu’il faut déjà connaître l’histoire pour comprendre), mais ne boudons pas notre plaisir devant ces beaux ouvrages.
Deux très beaux livres-pops up signés par un illustrateur que nous aimons décidément beaucoup.
Extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Sébastien Chebret (Les étoiles d’Hubert, La mystérieuse lettre au Père NoëlMon album à compter et L’entrée en maternelle), d’Isabelle Wlodarczyk (Célestin rêve, Surtout ne prends pas froid, Léo et Célestin, Sur mon arbre perché et La petite disparue), Rémi Saillard (Bonnets rouges et bonnets blancs, Pousse Piano ou la symphonie des nouveaux mondes, Ogres et ogresses, Petit Beignet rond et doré, Rois et reines de France, Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde, Au chat et à la souris, Dans ma rue, et Ami ou ennemi ?) et Xavier Salomó  (OFF, Range ta chambre ! et Atchoum)
Retrouvez également notre interview d’Isabelle Wlodarczyk.

Arrête de bouder
Texte de Christophe Pernaudet, illustré par Sébastien Chebret
Les p’tits bérets dans la collection La tête sur l’oreiller
12,90 €, 207×211 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2014.
La gentille petite Lou
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Rémi Saillard
Les éditions du Ricochet
16,50 €, 245×355 mm, 36 pages, imprimé en Pologne, 2014.
Les trois petits cochons
Texte de Meritxell Martí (traduit par Roberto Bravo), illustré par Xavier Salomó
Bayard Jeunesse
10,90 €, 208×188 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit chaperon rouge
Texte de Meritxell Martí (traduit par Roberto Bravo), illustré par Xavier Salomó
Bayard Jeunesse
10,90 €, 208×188 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2014.

Gabriel

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Tous à la cuisine !

Par 20 décembre 2014 Livres Jeunesse, Livres numériques, Numérique
Augustine et Suzanne 31-10-2014 16-29-55

Aujourd’hui, pour l’avant-dernière chronique de l’année (on aurait pu faire pour la dernière, mais je n’aime pas bouleverser les bonnes habitudes et la chronique numérique c’est le dimanche), on s’y est tous mis ! Marianne, Erica et moi (et même ma compagne et mes filles), on est tous passés en cuisine ! On va tous ensemble vous parler aujourd’hui de livres de cuisine (pour Marianne et moi) et d’appli (pour Erica). Allez on met les tabliers et c’est parti !

Le pain perdu du Petit PoucetJe commence par mon chouchou tant sur le plan graphique qu’au niveau du concept que sur le côté gustatif : Le pain perdu du Petit Poucet et autres recettes de contes de fées. Ici, on va faire des miniquiches de Blanche Neige (ce qui lui va bien) aux sept parfums des sept nains, du gâteau au yaourt et au miel de bébé ours (un pur régal), du pain d’épice d’Hansel et Gretel, une cocotte endormie à laisser mijoter 100 ans de La belle au bois dormant et bien sûr le cake d’amour de Peau d’âne ! Une petite cinquantaine de recettes toutes inspirées de contes (et même si parfois c’est tiré par les cheveux, ce n’est pas grave, le livre est beau et les recettes super bonnes). Ici pas de photos, je sais que pour certains c’est un bémol, mais les recettes sont simples et l’on adore les illustrations ! Bref, un super livre de cuisine !

Du Monde dans Ta cuisineAprès les voyages imaginaires, les vrais voyages ! Du monde dans ta cuisine propose en effet de visiter le monde et ses spécialités culinaires : du soda bread (pain irlandais) ou des aprepas venerolanas (galette de farine de maïs farcie du Vénézuéla) au petit déjeuner, bol de ramen (nouilles japonaises) ou de la pizza pour manger dans la rue, pour le pique-nique une salade grecque ou une salade veggie… bref, il y en a pour tous les goûts et chaque fois la recette est complétée par des infos sur le pays et sur le plat en question ! Niveau illustration, Thomas Baas accompagne avec humour et esthétisme les recettes. Les ingrédients et les ustensiles sont croqués genre vieux catalogues. Seul (mais pas des moindres) bémol… les deux recettes testées n’ont pas été concluantes ! Le Brownie n’était absolument pas cuit (la recette était d’ailleurs assez étrange) et le couscous extrêmement fade… Ajoutons que la maquette n’est pas des plus pratiques quand il s’agit de suivre une recette (c’est trop fouillis)… dommage !

 

Le grand livre de la cuisineOn reste chez Gallimard avec Le grand livre de la cuisine. Fini les illustrations dessinées, ici ce sont des photos (et elles sont magnifiques) qui accompagnent les recettes ! C’est un ouvrage bien plus classique que les précédents avec des tas de conseils, mais des recettes plutôt originales : feuilleté de tomates confites et d’aubergines, boules de riz, pittas garnies, petits pains de tournesol, muffins aux carottes et aux oranges… Chaque fois, c’est bien expliqué avec des photos par étapes avec un logo pour les étapes à faire sous la surveillance des parents. C’est typiquement le genre de livre hyper pratique pour les enfants ! Ici, nous avons testé les pâtés de pommes de terre (avec du haché végétal) et toute la famille s’est régalée ! Un livre qui va vite devenir un de nos classiques !

 

Bonbons et friandisesBon fini les pommes de terre, les épinards ou les topinambours… place aux bonbons ! Grâce à Bonbons et friandises sorti chez Usborne on va pouvoir faire des mini-meringues à la vanille, des cannes à la menthe, des délices au beurre de cacahuète, du pop-corn au caramel, des caramels mous aux noix… Bref, je sens que comme moi vous avez déjà l’eau à la bouche ! Pour être franc, je n’ai pas eu le temps de tester les recettes, mais je sais que chez Usborne c’est toujours bien fait, et à portée des enfants. C’est expliqué étape par étape (texte + illustrations) et l’on voit toujours la photo du résultat final. On trouve aussi des tas de conseils et (on sent qu’Usborne est anglais) la liste des allergènes ! Un livre parfait pour régaler toute la famille pendant les fêtes.

Amélia la sorcièreAvant de laisser la parole à Marianne et Érica, je termine par un livre de chez La Palissade qui, comme souvent, propose une histoire avec recette. Ici, c’est l’histoire d’Amalia, la sorcière qui adore le potiron et pour Halloween elle met les petits plats dans les grands. Voyez plutôt le menu : Velouté de potiron aux châtaignes en entrée, suivi d’un risotto aux champignons et aux noisettes. Et en dessert Cupcakes aux toiles d’araignées. Amalia attend ses invités avec impatience, surtout les écureuils qui apportent certains des ingrédients (les noisettes et châtaignes). Allez hop tous en cuisine !
À la fin de la jolie histoire, on trouve la recette du gâteau aux noisettes (sans gluten) qu’on va préparer avec les écureuils ! On regrette juste de ne pas avoir les recettes de l’histoire, mais on se régale avec le gâteau. Un album original pour allier histoire et gourmandise !

Et je laisse la place à Marianne !

je cuisine comme un grandJe commence par un livre aux recettes simples et efficaces ! Mais qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ces drôles de noms : « Les petits cavaliers », « Le plat du dragon », « Le délice du grand méchant loup », ou bien encore « Le cric-crac-croque » ? Et bien figurez-vous qu’il s’agit de recettes salées et sucrées, variées, et adaptées aux jeunes cuisiniers ! Une pizza, des farcis, des sandwichs pour le pique-nique, des bouchées apéritives, un cake au saumon (testé et approuvé), un cocktail fruité, des mendiants au chocolat (savoureux), un crumble….
Dans Je cuisine comme un grand, j’ai retrouvé des recettes que j’utilisais déjà avec les enfants, comme les roses des sables ou les boules de fromage frais aux légumes, mais j’en ai également découvert d’autres, tout aussi simples et savoureuses. Certaines recettes ne nécessitent même pas d’utiliser le four et permettent donc aux enfants d’être presque complètement autonomes. Je trouve qu’il y en a pour tous les goûts : du chocolat, des fruits, de la viande, du poisson, des légumes, tout le monde devrait y trouver son bonheur !
Pour chaque recette, Olivier Chaput nous propose des explications claires et simples, illustrées par Oreli Gouel. Et détail pratique qui a son importance : les pages sont plastifiées et ne craignent pas les projections, les spirales sont pratiques pour garder le livre ouvert sur le plan de travail !

cuisine vert avec hubertEt on enchaîne avec des recettes à base de haricots verts, de poivrons, de courgettes, de concombre, de petits pois, de brocolis, d’épinards… Tous ces légumes qui ne font pas toujours rêver les enfants finalement ! Hubert relève le défi de nous proposer des recettes originales pour les cuisiner : une soupe, des fagotins, des feuilletés, des muffins, une crème… C’est original, savoureux (pour ce que j’ai pu essayer…), et le livre n’est pas seulement un livre de cuisine. On trouve également ce petit personnage Hubert pour nous présenter les recettes, avec de courtes histoires, et des pages de bandes dessinées. Les recettes d’Aurélie Renard en elles-mêmes sont assez détaillées (il y a même parfois presque trop de choses sur la même page) et les recettes bien imagées grâce aux illustrations d’Aurélien Heckler, et avec un peu d’aide, les enfants apprennent à apprécier les légumes de saison !
Un beau livre cartonné pour impressionner les petits et les grands !

Et c’est maintenant au tour d’Érica :

Du monde dans ta cuisineEncore Du monde dans ta cuisine ? Oui, mais cette fois-ci, c’est la version numérique puisque quatre chapitres du livre papier ont été adaptés en format e-pub3 : De bon matin, Street food, Douceurs et C’est la fête. Chaque e-book s’ouvre, après une petite introduction, sur une carte du monde avec les spécialités dont les recettes sont proposées, entre quatre et six selon les e-books. On clique donc sur la recette choisie. Une première page présente le plat, souvent avec une anecdote sur son origine. Vient ensuite une liste des ingrédients, puis la recette détaillée, Du monde dans ta cuisinechaque étape donnant lieu à une nouvelle page. Un clic sur les mots surlignés en jaune (par exemple cul-de-poule, bain-marie ou volette) permet d’afficher leur définition. À la suite de chaque recette, on trouve des informations sur un des ingrédients (les sucres naturels, les céréales ou encore le rôle du pain dans les différentes religions et même une petite histoire du chocolat), et enfin un petit jeu de mémoire dans lequel on doit retrouver les ingrédients qui composent le plat. Ici, pas d’animation ni de sonorisation, mis à part dans le jeu (une voix indique juste si l’ingrédient placé dans le bol fait bien partie de la recette ou non).
Du monde dans ta cuisineAlors puisque c’est un livre de cuisine, les recettes, elles valent quoi ? J’avoue que je n’ai pas tout testé. Je me suis attaquée à la pizza (ma spécialité, origines italiennes obligent !) : résultat correct même si rien ne vaut une longue levée (en une heure, la pâte n’a pas vraiment le temps de pousser…). D’autres recettes, pas essayées, m’ont laissée un peu dubitative : le cake à la banane sans œuf ni lait, la pâte brisée avec moitié moins de farine que de beurre… Et question fonctionnalités ? Du monde dans ta cuisineL’avantage est surtout celui de l’objet en lui-même, à savoir que la tablette, c’est pratique et confortable à utiliser dans une cuisine ! Contrairement au livre, où les recettes tiennent sur une grande page, les étapes sont bien séparées et expliquées. Les illustrations sont très chouettes, et les explications et anecdotes sur les ingrédients sont bien trouvées. La bonne idée du livre, c’est qu’au lieu de proposer des recettes par pays, on découvre les différences culturelles par repas, ou plutôt par « occasion ». Pour le petit-déjeuner, ce sont des recettes aussi bien salées que sucrées qui nous sont proposées : si en Angleterre, on avale des œufs au bacon, les Vénézuéliens se régalent d’Arepas, galettes de farine de maïs farcies, tandis que les Irlandais préfèrent un pain complet aux flocons d’avoine avec de la marmelade. Pour le coup, ces e-books proposent vraiment un voyage culinaire varié et amusant.

Jojo's kitchenJe vous présente Jojo, un cuisinier un peu particulier, totalement étourdi, l’air un peu ahuri et qui ne craint pas les taches. Il ne parle pas, il grogne, il ronfle et il rote ! Sa cuisine est à son image, un désastre : placards rafistolés, plaque de cuisson et ustensiles sales, nourriture en état avancé de décomposition dans les placards… Et pourtant, aujourd’hui, Jojo a décidé de nous inviter à dîner, mais pour cela, il va falloir l’aider à préparer le repas. Au menu : tomate-mozzarella, spaghettis à la bolognaise et pana cotta. Jojo est donc derrière son plan de travail, Jojo's kitchenet il nous indique, au moyen de bulles dessinées, ce dont il a besoin pour sa recette : tomates, couteau, basilic, etc. À nous de fouiller dans la cuisine pour lui donner ce qu’il réclame, et vite, sinon… il s’endort ! Il s’agit donc d’ouvrir le frigo, les tiroirs et les placards pour trouver tous les ingrédients. Mais pas seulement : on doit aussi découper les tomates, mettre de l’eau dans la casserole, allumer le gaz (attention à l’incendie !), touiller la sauce, hacher, mixer. Et tout cela avec son doigt. Le plus drôle évidemment consiste à donner à Jojo's kitchenJojo autre chose que ce qu’il demande. Une casserole à la place du couteau, et voilà qu’il se la met sur la tête et frappe dessus avec un marteau. Une fois le plat réalisé, on se met à table et on déguste avec Jojo le résultat.
Alors, oui, c’est un peu décalé. Voici un jeu d’anti-imitation avec un anti-héros. Faudrait quand même voir à ne pas faire exploser la cuisine pour de vrai après. Mais comment apprend-on, si ce n’est en faisant des erreurs ? Et c’est tellement drôle ! Jojo fait tout ce que l’on ne peut pasJojo's kitchen faire dans la vraie vie : jeter par terre dans un coin la brique de crème une fois celle-ci vide, se moucher dans son torchon, envoyer valser les assiettes et les couteaux. Par ailleurs l’appli est tout à fait fluide. Une main index pointé indique à l’utilisateur ce qu’il doit faire. Après, il ne reste plus qu’à passer en cuisine pour mettre en pratique ce que Jojo nous a appris. C’est plein d’humour et de dérision et les enfants en redemandent.
Bande-annonce :

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les livres de cuisine que nous avons chroniqués regroupés dans un album Pinterest.

Le pain perdu du Petit Poucet
de Seymourina Cruse, illustré par Marie Caudry
Thierry Magnier
21,20 €, 260×327 mm, 90 pages, imprimé eu Portugal, 2014.
Du monde dans ta cuisine
de Carole Saturno, illustré par Thomas Baas
Gallimard Jeunesse
18 €, 250×308 mm, 96 pages, imprimé en Europe, 2014.
Le grand livre de la cuisine
d’Aya Nishimura, Paul Jackman et Kate Blinman (traduit par Bruno Porlier), illustré par Takashi Mifune
Gallimard Jeunesse dans la collection Ne plus jamais s’ennuyer
17,80 e, 215×275 mm, 128 pages, imprimé en Chine, 2014.
Bonbons et friandises
d’Abigail Wheatley et James Maclaine (traduit par Claire Lefebvre)
Usborne
10 €, 207×248 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2014.
Amélia la sorcière
Texte de Carine Foulon, illustré par Élise Catros
La palissade
12,50 €, 245×250 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Je cuisine comme un grand
Texte d’Olivier Chaput, illustré par Oreli Gouel
Eyrolles Jeunesse
15,90 €, 195 x 260 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2014.
Cuisine Vert avec Hubert
Texte d’Aurélie Renard, illustré par Aurélien Heckler
La palissade
11,50 €, 185 x 210 mm, 41 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014.
Du monde dans ta cuisine
écrit par Carole Saturno, illustré par Thomas Baas
Gallimard jeunesse
Prix constaté : 2,99 € par e-book (sur Apple : De bon matin, Douceurs, C’est la fête, Street food).
Jojo’s kitchen
illustré par David Berlioz, musique par David Anquetin
Appicadabra
Prix constaté : gratuit pour la version Lite (Apple), 1,79 € pour la version complète (Apple).

Gabriel, Marianne et Érica

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De beaux livres de contes

Par 15 décembre 2014 Livres Jeunesse

Contes de GrimmIl était une fois un crapaud qui aida une jeune fille en échange d’une promesse de mariage. Il était une fois un garçon qui rêvait de frissonner. Il était une fois une petite fille qu’on surnommait, à cause de son habit, le Petit Chaperon rouge. Il était une fois un roi dont les douze filles usaient leurs souliers la nuit, alors qu’elles étaient enfermées dans leur chambre. Il était une fois une jeune fille qui se rendit compte que son futur mari était un criminel cannibale…
Grimm, Pullman, Shaun Tan, Gallimard. Quatre grands noms pour un magnifique ouvrage. Cinquante contes de Grimm sont racontés (puis analysés) par Philip Pullmann et illustrés par Shaun Tan. On retrouve des contes bien connus (Cendrillon, Les musiciens de Brème, Raiponce…), mais surtout des contes beaucoup moins célèbres. Mais attention, on ne s’adresse pas, ici, aux plus jeunes. Les contes sont souvent cruels, sanglants. Les illustrations de Shaun Tan sont inspirées par les sculptures inuit et précolombiennes et sont magnifiques. L’objet est un superbe ouvrage de près de 500 pages avec un beau papier et une belle reliure.
Voilà le cadeau idéal pour les jeunes lecteurs (à partir de 11 ans d’après l’éditeur) qui aiment les beaux contes et les beaux livres.

Kiviuq et l'ours blancKiviuq, jeune Inuk*, avait perdu son père très jeune. Son beau-père refusait de lui apprendre la chasse et il ne faisait que suivre l’adulte sans rien en retirer. Souvent, marchant moins vite, il restait seul dans l’obscurité de la nuit polaire, rejoignant la maison bien après son beau-père. Mais un jour Kiviuq rencontra un ours…
On n’est jamais déçu avec les ouvrages de la collection Contes & classiques du Monde de chez Magnard. Ici, c’est un conte Inuk que nous raconte Céline Espardellier. Il est question de transmission, de partage, de tradition. Alors bien sûr il est surtout question de chasse et certains enfants trouveront cette histoire dure (ma fille de 6 ans a eu du mal avec tous ces phoques tués par l’enfant). Les illustrations d’Isabelle Chatellard sont magnifiques et le fait que l’album soit très grand les met particulièrement en valeur.
Partez en voyage initiatique chez les Inuit grâce à un magnifique conte.

Le perroquet juifMonsieur Abraham vivait seul et souffrait de la solitude, jusqu’au jour où il acheta un perroquet juif. Un roi paria un jour avec un pope que le juif qui puisait l’eau était mieux instruit que les chrétiens. Un prêtre refusait de quitter son église malgré l’inondation, préférant s’en remettre à Dieu. Un jeune homme était étonné de voir chaque jour un vieux sage lisant à l’ombre d’un arbre. Un jeune Rabin voyagea un jour face à une jeune fille sexy…
François Azar propose cinq contes judéo-espagnols dans ce bel ouvrage bilingue illustré par Aude Samama. Des histoires pleines de poésie et de philosophie, qui amènent souvent à la réflexion. Mais surtout des histoires pleines d’humour, là aussi plein de finesse.
Cinq jolis contes philosophiques illustrés à la peinture.

Les fabuleuses aventures de Sinbad le marinSinbad était le fils d’un riche marchand qui mourût bien tôt en léguant à son fils sa grosse fortune. Seulement Sinbad menait la grande vie et il épuisa bientôt ses ressources. Il décida de refaire fortune en voyageant sur les mers. Mais les voyages de Sinbad n’étaient pas de tout repos, il rencontra un cheval marin, un roc (sorte d’Oiseau de feu), des serpents géants, des cyclopes et d’autres monstres encore.
Six voyages de Sinbad sont rassemblés dans le bel ouvrage illustré par Sébastien Pelon, Les fabuleuses aventures de Sinbad le Marin sorti au Père Castor. Six histoires fabuleuses qui vont ravir ceux et celles qui aiment les récits fantastiques, les aventures incroyables, les contes merveilleux. Alors c’est parfois assez cruel (bien plus que dans le magnifique film Le Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran, pour donner un exemple, dans le film l’un des compagnons de voyage est attaché à une broche et mit au-dessus du feu par le cyclope puis délivré par Sinbad… ici, il sera vraiment dévoré) et peut déranger les plus jeunes enfants (je ne le lirai pas à un enfant de moins de 6-7 ans je dirai).
Un magnifique ouvrage d’aventures pour retrouver le plus célèbre marin des contes des mille et une nuits.

10 contes des 1001 nuitsSi vous voulez prolonger votre séjour à Bagdad, Michel Delaporte a sorti, il y a quelques mois, 10 contes des Mille et une Nuits en format poche. On trouve l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs mais aussi celle d’Ali Cogia à qui on avait volé son or pendant un pèlerinage à la Mecque. Bien entendu, les 10 contes sont précédés par l’histoire de Shéhérazade. En fin d’ouvrage, un cahier de 32 pages pour aller plus loin où l’on trouve des questions, jeux, lexique… Le livre est illustré par Fred Sochard.

*Pour ceux qui l’ignorent, Inuk est le singulier d’Inuit.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage sur des contes inuit (Contes inuit d’Emmanuelle Stimamiglio, Sylvie Teveny et Laura Guery) et des versions des Contes des Mille et une nuit (Les Mille et une nuits de Gudule et François Roca et Petits contes des 1001 nuits de Claire Lemoine de Claire Lemoine et Sandrine Bonini ).
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages des contes des Frères Grimm (Grimm contes choisis, Tom Pouce, Les musiciens de Brême, Le vieux Cric Crac, Le voleur de lune, Les musiciens de Brême, L’homme à la peau d’ours, Tom Pouce, Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), de Shaun Tan (Les lois de l’été), Isabelle Chatellard (Bazar Circus), Aude Samama (La case de l’Oncle Tom) et de Sébastien Pelon (Robin des bois et Contes d’Afrique). Retrouvez aussi notre interview de Sébastien Pelon.

Contes de Grimm
Textes de Philip Pullman (traduit par Jean Esch), d’après les Frères Grimm, illustrés par Shaun Tan
Gallimard
35 €, 170×230 mm, 496 pages, imprimé en Italie, 2014.
Kiviuq et l’ours blanc
de Franz Boas, adapté par Céline Espardellier, illustrés par Isabelle Chatellard
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & Classiques du Monde
16,90 €, 285×328 mm, 51 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le perroquet juif et autres contes judéo-espagnols
Textes de François Azar, illustrés par Aude Samama
Lior éditions
15 €, 320×240 mm, 50 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Les fabuleuses aventures de Sinbad le marin
Textes de Michel Laporte, illustrés par Sébastien Pelon
Père Castor
15,50 €, 310×250 mm, 64 pages, imprimé en France, 2014.
10 contes des mille et une nuits
Textes de Michel Laporte, illustrés par Frédéric Sochard
Flammarion jeunesse
6,10 €, 125×179 mm, 215 pages, imprimé en Espagne, 2014.

Gabriel

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