La mare aux mots
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Corée

Un voyage autour du monde grâce aux contes

Par 28 avril 2014 Livres Jeunesse

Inde, Groenland, Corée, Maghreb et Afrique de l’Ouest, aujourd’hui on va voyager grâce à de superbes contes (avec en bonus dans le À part ça ? un DVD pour continuer le voyage).

rajaDepuis des générations, dans la famille de Raja on est magicien. Quand son père l’appelle pour qu’il vienne prouver au monde qu’il est un magicien lui aussi, qu’il n’est pas la honte de la famille, le jeune garçon préférerait aller amuser la belle Devika. Même si lui ne s’amuse pas à répéter des tours, il accepte. Le soir même le voilà qui déclame une formule magique et devient invisible. Il s’amuse à faire des farces et vient poser un baiser sur le nez de Devika, mais au matin personne ne le croit, nul n’a été témoin du prodige, forcément ! Alors le lendemain soir Raja recommence, cette fois-ci il fait disparaître des objets, mais ce coup-ci on croit que c’est un voleur qui les a dérobés et non Raja qui a utilisé sa magie. Il décide de s’acheter une tortue et de partir faire le tour du monde sur son dos, jurant de revenir avant que son père ne soit vieux. Autour de lui, on se moque. Devika, elle, ne rit pas et s’enferme dans sa tour pour cacher ses larmes.

Raja est un grand album absolument magnifique, une petite merveille. Superbe histoire d’amour au pays des magiciens indiens sublimée par les illustrations d’Aurélia Fronty. Le genre de conte que les parents prennent autant de plaisir à lire que les enfants (d’ailleurs, c’est typiquement le genre de livre qu’achètent aussi les adultes sans enfants). Un grand conte (mon résumé ne raconte même pas le premier tiers) pour tous ceux qui aiment les beaux livres et les belles illustrations.
Plusieurs illustrations intérieures sur le billet de ce blog.

L'orphelinUn petit orphelin vivait dans un village du Groenland. Sans famille, il vivait dehors, dormait avec les chiens qui étaient les seuls à l’accepter parmi eux. Parfois, il profitait d’un morceau de viande jeté à ses compagnons de misère. Même les enfants du village lui menaient la vie dure, quand il s’approchait, ils le jetaient à terre et le battaient. Ainsi était la vie de ce pauvre orphelin. Son seul refuge était la montagne où il allait fuir la méchanceté des hommes. Sa vie commença à changer le jour où, sous les conseils d’une vieille femme qui avait eu pitié de lui, il alla crier au ciel de l’aider.

Là encore, je ne vous raconte que la première partie de ce superbe conte signé par Anouk Grinberg. Grosse surprise, en ce qui me concerne, car je ne connaissais que la comédienne (que j’aime beaucoup) et je découvre donc avec L’orphelin l’auteur et l’illustratrice. Et quel talent ! Elle nous raconte donc ce conte du Groenland avec énormément de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations. Une histoire dure parfois (mais la plupart des enfants aiment les histoires tristes, c’est nous, les parents, qui souvent reculons), mais forte. Un album magnifique sur la différence, le rejet, la fragilité. Le genre d’album qui marque profondément le lecteur, le genre d’ouvrage qu’on garde longtemps dans sa bibliothèque et dans sa tête.
Retrouvez le conte et une partie des illustrations sur le blog d’Anouk Grinberg.

L.01EJDN000928.N001_PriYonHee_C_FRPrincesse Yong Hee avait pour amie la Lune. Un soir alors que la princesse célébrait son amie, le Dragon des Mers bondit des eaux et dévora l’astre. Pour la première fois, Princesse Yong Hee quitta son château et partit pour sauver la lune. Pour cela, il lui faudrait l’aide de la Terre, du Vent et de la Nuit.

Là encore, mais quelle merveille ! (oui, je sais, cette chronique sera douloureuse pour votre portefeuille). Tant le superbe conte d’Agnès Bertron-Martin que les sublimes illustrations d’Aurélia Fronty (oui, encore elle). Ici, il est donc question d’une princesse qui part affronter un dragon, aidée par les éléments. On parle donc d’amitié, de surmonter ses peurs, d’oser se battre contre les plus forts. Un livre magnifique.

Le petit oiseau au grain de bléUn petit oiseau, fort intelligent, s’accrocha un grain de blé autour du cou puis alla narguer le pacha en chantant sous ses fenêtres qu’il avait quelque chose que lui n’avait pas. Imaginez la colère du puissant homme qui demanda à ses serviteurs de voler à l’oiseau son grain de blé. Sauf que le chant recommença et cette fois si l’oiseau persiflait que le pacha était si jaloux de lui qu’il lui avait volé ce qu’il n’avait pas.

On quitte l’Asie pour le Maghreb avec ce très bon conte, plein d’humour dont le texte est signé Michel Piquemal et les illustrations Peggy Nille. Une histoire parfois cruelle, surprenante et drôle. On parle ici de la fierté, de l’intelligence des plus faibles face aux puissants. Peggy Nille nous surprend une fois encore avec de très belles illustrations assez éloignées de son univers habituel. Un conte absolument délicieux aux couleurs chaudes du Maghreb.
Le même vu par Enfantipages.

Les deux caillouxAu milieu de la brousse, dans un marigot, se disputaient deux pierres. On entendait sans cesse leurs insultes. Un génie fatigué d’entendre les noms d’oiseaux que s’échangeaient les deux pierres, sortit du marigot et leur offrit des jambes pour leur permettre de voir le monde. Voilà donc nos cailloux qui marchent, qui marchent, qui marchent… et qui pour la première fois se sentent fatigués, affamés. Mais que manger quand on est une pierre ? Grâce à une idée du petit caillou les voilà bientôt avec neuf perdrix (six tuées par le petit et trois par le grand). Jaloux, le gros caillou proposa de manger d’abord la chasse du petit puis ils partageront plus tard sa chasse à lui. Sauf que quand la faim se fit à nouveau sentir, il ne voulait évidemment plus partager.

Là encore, ce n’est que le tout début de ce grand conte qui nous vient d’Afrique de l’Ouest. La suite sera un enchaînement de situations que les cailloux n’avaient même pas imaginé. Leur dispute fera même couler une rivière de sang. Un très beau conte étiologique (vous savez, ces contes qui nous explique la création d’un élément, d’un phénomène naturel…) plein d’humour pour expliquer pourquoi les cailloux sont devenus muets avec de grandes et belles illustrations signées Cécile Gambini. Là encore un magnifique album.
Quelques illustrations intérieures sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des contes du Monde ? Ici par exemple ou ou encore .
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Carl Norac (Bazar Circus et Petites histoires pour rêver dans sa poche), Aurélia Fronty (Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Agnès Bertron-Martin (Mes cinq premières histoires à la petite école), Michel Piquemal (Mamouchka et le coussin aux nuages et L’étoile de Noël), Peggy Nille (Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Françoise Diep (Le loup et la soupe aux pois) et Cécile Gambini (Mes premières berceuses et Chez Mémé). Retrouvez aussi notre interview de Peggy Nille.

Raja
Texte de Carl Norac, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse
17,30 €, 280×370 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
L’orphelin
d’Anouk Grinberg
Cèdre Lune
14 €, 265×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Princesse Yong Hee et la perle de la nuit
Texte d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Aurélia Fronty
Père Castor
13,50 €, 266×287 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit oiseau au grain de blé
Texte de Michel Piquemal, illustré par Peggy Nille
Bulle de savon
13 €, 190×190 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Les deux cailloux
Texte de Françoise Diep, illustré par Cécile Gambini
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Sur le chemin de l'écoleComme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », sauf qu’on n’a pas le même accès à l’éducation suivant là où l’on se trouve. Pour aller à l’école, Jackson, un Kenyan de 11 ans, et sa petite sœur doivent marcher quinze kilomètres (soit deux heures), en portant chacun un bidon d’eau et un morceau de bois et en évitant les éléphants. Zahira, jeune Marocaine de 12 ans, a un trajet de quatre heures pour parvenir à son internat. Au programme chemins caillouteux et recherche de voitures compatissantes. Pour Carlos, Argentin de 11 ans, et sa petite sœur, c’est une heure trente de cheval chaque matin. Quant à Samuel, Indien de 13 ans en fauteuil roulant, il lui être poussé par ses frères pendant une heure et demie avant d’arriver à l’école. Quatre enfants du monde dont on suit le chemin pour arriver en classe. Un film absolument passionnant, magnifique pour se rappeler l’importance de l’école et comment certains bravent les dangers et marchent des heures quand parfois, ici, certains traînent des pieds. Un film très fort qui vient de sortir en DVD et Blu-ray. Le film y est disponible en VF ou en VO (personnellement, j’ai déjà du mal avec les doublages sur les films, alors sur un documentaire c’est absolument impossible ! J’ai préféré lire le peu de dialogues à ma fille et le regarder dans les langues d’origine), on y retrouve aussi trois jolis bonus sur l’un des personnages du film (sa venue en France, la projection du film à Paris en sa présence et la projection du film dans son école). À voir absolument (et vu le prix, pourquoi se gêner ?).

Bande annonce :

Sur le chemin de l’école, un film de Pascal PlissonThe Walt Disney Company France. Autour de 9 € pour le DVD et de 13 € pour le Blu-Ray.

Gabriel

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Vive la différence !

Par 10 mars 2014 Livres Jeunesse

Thème que l’on retrouve souvent dans la littérature jeunesse (et forcément sur le blog) aujourd’hui nous allons parler de la différence et du rejet qu’elle provoque souvent. Je vais vous présenter des personnages qui ne sont pas comme leurs congénères, mais c’est si bon de ne pas être tous faits dans le même moule, non ?

Le crocodile qui avait peur de l'eauCe crocodile-là avait peur de l’eau… Pendant que ses frères et sœurs s’amusaient à patauger, lui les regardait bien au sec. Par contre, il aimait grimper aux arbres, contrairement aux siens. Comme il avait quand même envie de faire comme les autres notre crocodile s’acheta une bouée… mais rien à faire, avec une bouée il ne pouvait pas faire comme eux et donc il restait différent…

Je ne vous raconte pas la chute de Le crocodile qui avait peur de l’eau, mais cette différence a forcément une raison. Ce magnifique album nous fait forcément penser au vilain petit canard (bon du coup je vous dis la chute sans vous la dire). Beaucoup d’humour, de tendresse, de très belles illustrations pour nous rappeler que nos différences sont des forces, que si l’on ne fait pas certaines choses aussi bien que d’autres, on en fait peut-être d’autres mieux ! Un gros coup de cœur !
Le même vu par Enfantipages.

Limbo le lionParce qu’il avait la crinière raide, Limbo était la risée des visiteurs du zoo. On se gaussait de sa coiffure qui ressemblait à une serpillière mouillée. À côté, les autres lions paradaient, fiers de leur crinière. Quand les animaux s’aplatissaient devant eux, ils rigolaient devant Limbo. Il fallait agir ! Et si Limbo devenait le modèle ?

Parce qu’il est différent, Limbo va devenir le chouchou d’un soigneur qui va s’occuper de lui et lui offrir les coiffures les plus extravagantes. Celui qui était moqué deviendra celui qui est jalousé. On parle de la différence qui est une force, de la roue qui tourne (les moqués d’hier seront peut-être les héros de demain) dans ce très bel album traduit du coréen. Sur la couverture on peut même caresser la chevelure de Limbo. Encore un magnifique album sorti chez Picquier jeunesse.

A la recherche de MahoQuand Bernard vivait sur sa planète rose (où TOUT était rose), il était le seul bleu. Il se sentait si différent… Jusqu’au jour où il a rencontré Zoé, qui est verte. C’était la première fois que Bernard voyait du vert ! Aujourd’hui, il va quitter pour la première fois sa planète rose, car Zoé veut retrouver une amie Maho qui vit sur la planète rouge. En chemin, Bernard va découvrir des tas de couleurs…

Le cousin de BasileBasile habite sur une planète bleue. Il a entendu parler de son cousin Bernard, qui est parti sur la planète rose, car sa santé ne lui permettait pas de rester sur la planète bleue, mais il ne s’en souvient pas vraiment. Mais alors qu’il est chez sa grand-mère, il voit à la télévision un drôle de vaisseau qui a atterri aujourd’hui sur leur planète avec à son bord une petite fille verte, une petite fille rouge… et un petit garçon bleu.

Je vous avais déjà parlé de Bernard Bleu (ici) qui était le deuxième tome de cette série, Un monde en couleur, voici donc le troisième et le quatrième. Série qu’on pourrait résumer par « personne dans la vie ne choisit sa couleur, l’important c’est d’écouter son cœur » ! J’aime décidément beaucoup l’univers graphique de Matthieu Roussel, ces personnages qui semblent être en bois crayonnés… je ne sais pas comment vous expliquer mais le mieux est de vous rendre compte vous-même (sur Papier de soie par exemple) ! Un monde en couleur est une très bonne série sur la différence et le fait de vivre en harmonie, peu importe d’où l’on vient, peu importe sa couleur.

La Vache sans tacheAmédée avait des vaches de toutes sortes, aucune ne se ressemblait, mais elles avaient toutes un point commun : elles avaient des taches ! Toutes ? Non pas vraiment, il y en avait une qui n’avait pas la moindre tache. Les autres trouvaient ça bizarre et la rejetaient. Alors notre vache partit à la recherche de taches…

Bien sûr, notre vache ne trouvera pas de tache et elle sera acceptée (et s’acceptera elle-même) telle qu’elle est (car elle a une qualité qui n’avait pas été prise en compte). La vache sans tache est une histoire classique sur la différence, mais pleine d’humour avec des dessins très colorés signés Manola Caprini.

Charles à l'école des dragonsQuand il est né Charles était tout maigrichon mais il avait de grands pieds et des ailes majestueuses. En grandissant ses pieds et ses ailes grandirent aussi… mais son imagination également. Car même s’il était toujours aussi maigrichon, Charles se démarquait par les poèmes qu’il écrivait. À l’école des dragons, pendant que ses congénères brûlaient des cahiers lui les remplissait de ses écrits. Alors forcément ces gros costauds se moquaient de celui qu’ils surnommaient avec mépris « le poète ».

On en a beaucoup parlé de ce livre lors de sa sortie (couronné par plusieurs prix, remarqué par les libraires et même sur La mare aux mots Za l’avait choisi dans sa liste de Noël et sa suite, Charles prisonnier du cyclope, par Chantepages sur notre Pavé de la mare de Noël 2012). Je profite de sa sortie en poche au Seuil (donc à petit prix) pour vous présenter à mon tour ce petit dragon poète, différent des autres de son espèce. Les mots d’Alex Cousseau, pleins de poésie, sont magnifiquement mis en image par les illustrations hautes en couleur (découvrez les aussi sur Papier de Soie) de Philippe-Henri Turin (même si le petit format n’est pas l’idéal pour les découvrir). Un album extrêmement poétique avec de somptueuses illustrations.
Le même vu par Le cabas de Za, Sous le Feuillage et Chez Clarabel.


ElmerDans le troupeau des éléphants il y en avait de toutes les sortes : des jeunes et des vieux, des gros et des minces, mais tous étaient de la même couleur, un seul était différent : Elmer. Il était jaune, mais aussi orange et rouge et violet, mais aussi bleu et vert et noir et même blanc. Elmer était la joie des autres éléphants, il était le plus drôle d’entre eux et mettait tout le monde de bonne humeur. Mais un jour, Elmer en eut assez d’être différent, il voulut être comme les autres…

À cause d’a priori idiots (mais les a priori sont rarement intelligents), je n’ai jamais été attiré par Elmer. Voyant l’éléphant bariolé sur des sacs et des t-shirts, le voyant sous forme de figurine ou de tirelire, je me disais que c’était plus un produit de marketing qu’une œuvre de littérature jeunesse. Aussi j’ai été extrêmement surpris de tomber sur un livre d’une telle qualité (quand je vous disais que les a priori sont idiots). Je pense que vous serez peu nombreux à découvrir Elmer grâce à moi, mais peut-être ne suis-je pas le seul donc j’avais envie de vous parler de la poésie de ce personnage. Elmer va tout faire pour être comme les autres, alors que ce qui est bon c’est d’être différent, non ? Un grand classique de la littérature jeunesse qui n’a pas pris une ride en 46 ans (et oui, Elmer a 46 ans).
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Quelques pas de plus…
Vous trouverez beaucoup d’autres livres sur la différence que nous avons chroniqué sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Matthieu Roussel et Nathalie Tousnakhoff (Bernard Bleu), Alex Cousseau (Les Frères Moustaches), Bénédicte Carboneill (La lampe des jumeaux), Manola Caprini (Un accordéon sinon rien) et David McKee (Six hommes).

Le crocodile qui avait peur de l’eau
de Gemma Merino (traduit par Rémi Stéfani)
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 270×216 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014
Limbo le lion
Texte de Kim Kyung Hwa (traduit par Lee Ji Won), illustré par Yi Jiwon
Picquier Jeunesse
13,50 €, 226×268 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2014.
À la recherche de Maho
Texte de Nathalie Tousnakhoff, illustré par Matthieu Roussel
Kilowatt dans la collection Un monde en couleur
10,20 €, 170×240 mm, 30 pages, imprimé à Singapour, 2009.
Le cousin de Basile
Texte de Nathalie Tousnakhoff, illustré par Matthieu Roussel
Kilowatt dans la collection Un monde en couleur
10 €, 170×240 mm, 26 pages, imprimé à Singapour, 2012.
La vache sans tache
Texte de Bénédicte Carboneill, illustré par Manola Caprini
Les éditions du pas de l’échelle
10,45 €, 209×249 mm, 32 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.
Charles à l’école des dragons
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Philippe-Henri Turin
Seuil dans la série Seuil’issime
5,90 €, 190×149 mm, 48 pages, imprimé en France, 2014 (première édition 2010).
Elmer
de David McKee (traduit par Elisabeth Duval)
Kaléidoscope dans la série Elmer
10,70 €, 206×236 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2013 (première édition 1989).

À part ça ?

Livres pour enfants : les clichés sexistes n’ont jamais été aussi présents, un article de Libération.

Gabriel

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Des chats

Par 3 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente trois albums qui ont pour héros un chat.

Bonjour l'amiEn pleine nuit, alors qu’il pleure parce qu’il vient de se cogner le pied en allant voir ses parents, un petit garçon voit apparaître un chaton devant sa fenêtre. Celui-ci lui explique que s’il pleure comme ça on va croire qu’il s’agit de cris de chats et que tous ses congénères seront chassés du quartier. Le petit garçon décide de suivre le chat qui se dit perdu et de l’aider à retrouver sa maison.

Entre la BD et l’album pour enfants, Bonjour l’ami est une magnifique histoire d’amitié. L’enfant et le chat vont se promener dans cette nuit de neige et rencontrer un chien, une souris et un chat sauvage. Les dialogues avec les animaux seront l’occasion de remettre en cause des a priori, des automatismes. C’est le premier album jeunesse de Kang Full, auteur de manhwa (BD coréenne). Un magnifique album aux superbes illustrations, un petit bijou de tendresse et de poésie plutôt à destination des enfants qui savent lire (dès 8 ans, d’après l’éditeur).
Des illustrations intérieures sur Manga News.

Max le terribleMax a l’air, comme ça, d’un petit chaton mignon, tout mignon, si mignon qu’on a envie de lui nouer un ruban autour du cou… alors que non Max n’est pas un chaton mignon, Max est TERRRRRIBLE ! C’est un féroce prédateur qui pourchasse les souris… enfin s’il arrive à trouver à quoi ça ressemble.

On change totalement d’univers. Max le terrible est un album extrêmement drôle, au texte percutant, aux situations hilarantes. Pour trouver à quoi ressemble une souris, Max va interroger tous les personnages qu’il croise… et même une souris (qui bien entendu dira ne pas en être une). La chute est vraiment désopilante. Des illustrations épurées et colorées pour un album vraiment très drôle.

CHI C'EST MON PRENOMChi, c’est son prénom. C’est Yohei, Papa et Maman qui l’ont appelé comme ça. Yohei a ce prénom parce que Papa et Maman l’ont choisi. Chi c’était un chat perdu, mais maintenant qu’il a un prénom ça va mieux !

Chi c’est mon prénom est une adaptation pour les plus jeunes du célèbre manga Chi (dont on vous parle régulièrement et dont le tome 10 vient de sortir, mais nous y reviendrons). Ici, donc, le texte est court, adapté aux plus petits. C’est une très bonne idée cette adaptation et l’on espère que ce premier tome, sur l’origine de nos prénoms, est le début d’une série.
Le même vu par Les lectures de Liyah (avec des pages intérieures).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué de nombreux livres avec des chats : Une journée à Pékin, Chapillon, Le livre magique de Sacha, Le ça, Le chat de la Mère Michel, Poisson Chat, L’ours et le chat sauvage, Le chat beauté, Dis-moi l’oiseau, Biglouche, Malou le matou, Le chat assassin, le retour, Une chatte pas comme les autres, Mais il est où ce gros matou ?, Mizou le petit chat noir, Moi et mon chat, Au chat et à la souris, Le jardin du secret, Kid, Petit chat découvre le monde, Pettson et le roi de la basse-cour, La surprise, Shiro le petit chat blanc, Mon chat fait tout comme moi, À la folie
Retrouvez nos chroniques sur Chi 1,2,3,4, 5, 6, 7, 8 et 9.

Bonjour l’ami
de Kang Full
Picquier jeunesse
13 €, 192×260 mm, 100 pages, imprimé en Chine, 2014.
Max le Terrible
d’Ed Vere (adaptation française d’Emmanuelle Pingault)
Milan
11,90 €, 220×290 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Chi c’est mon prénom
de Konami Kanata
P’titGlénat dans la collection Suki-Suki
9 €, 194×183 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.

À part ça ?

Cram Cram 24Ahhhh le nouveau numéro de Cram Cram !, le magazine jeunesse qui voyage, est sorti ! Cette revue qu’on adore nous emmène cette fois-ci en Occitanie ! À cheval, en vélo et à pied, on va voyager avec la famille Lespagne qui est partie six mois sur les routes pour découvrir ce qu’il se passe autour de chez eux. Un très beau séjour au plus près de la nature. On retrouve ensuite les rubriques habituelles : trucs et astuces, blagues, l’animal du mois (le Castillonnais), La grande histoire (La bête du Gévaudan, avec même une partie documentaire historique), Le jouet de grand-père Daniel (qui va nous parler cette fois-ci du bufador, variation occitane du moulin à vent, et va nous apprendre à le fabriquer), la boîte à idées (on va faire des bulles de couleur, peindre avec un ballon de baudruche ou un compas…) et la recette écolo de Miss Foldingo (cette fois-ci le pain du voyage). Avec Cram Cram !, on est ravi à chaque nouveau numéro.
Plus d’informations (les abonnements etc) ici.

Gabriel

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Et si on reparlait de cinema….

Par 6 décembre 2012 Cinéma et DVD

Aujourd’hui on va parler cinéma ! Un film en salle (depuis hier) et deux DVD.

La balade de Babouchka va vous permettre de faire une promenade à travers la Russie grâce à 4 petits courts métrages entrecoupés d’une animation sur le pays. Dans le premier, Le rossignol, il est question d’un oiseau en cage et de son frère malicieux. Dans le second, La maison des biquettes, un petit garçon va échapper aux loups grâce à une maison en crêpes habitée par des biquettes (mais difficile de se retenir de manger la maison !). Le troisième, Histoires d’ours, nous apprendra pourquoi les écureuils sont rayés, pourquoi les carpes sont plates et pourquoi les casse-noix n’ont que la peau sur les os. Enfin dans le quatrième, Zhiharka, une petite fille devra échapper à une renarde très rusée. Les quatre courts métrages de 13 minutes chacun, aux techniques différentes, forment une ensemble très sympa. On passe vraiment un bon moment et les enfants adorent. C’est très esthétique et très doux. Un beau film à voir avec les enfants dès 2 ans (en salle depuis hier).
Des extraits, des photos,… ici et un extrait là :

On quitte la Russie pour la Corée… et la Belgique ! Jung est un jeune coréen qui a été adopté par une famille belge alors qu’il n’avait que quelques années. Le très beau film (autobiographique) nous montre son enfance sans concessions (les parents ne sont pas forcément montrés de façon très sympathique, Yung lui-même n’est pas un ange et on parle aussi ici du racisme). C’est un film très particulier car il mêle dessins animés (parfois en 3D, parfois en « crayonné ») et film (des images d’archives familiales et d’autres de Yung, adulte, qui revient dans le pays de son enfance). C’est surtout un magnifique film sur la quête de qui on est et sur l’intégration. Un film qui prend aux tripes, qui ne nous lâche pas… Aussi beau sur le fond que du point de vue esthétique. Un film très très fort à ne pas louper. (Je l’ai vu avec ma fille de 4 ans qui a aimé mais elle est quand même trop jeune… Allociné le conseille à partir de 10 ans et je trouve ça un peu exagéré… je dirai entre les deux !)

Et puisque c’est bientôt Noël comment ne pas parler du magnifique L’enfant au grelot de Jacques-Remy Girerd (réalisateur du somptueux La prophétie des grenouilles, si vous ne connaissez pas jetez-vous dessus !) ? Un enfant est retrouvé au milieu de la forêt, abandonné, avec un grelot dans sa main. Il est élevé dans un orphelinat et l’histoire principale se passe quelques jours avant Noël. Une très belle histoire avec Noël en fond mais, ici aussi, sur l’origine. C’est un des plus beaux contes de Noël (car loin de toute mièvrerie) et surtout un des rares bons films adaptés aux petits (à partir de 3 ans). Il est sorti en DVD chez Folimage et repasse régulièrement en salle.


Petit plus si vous êtes à Paris, en ce moment au Théâtre des nouveautés est jouée une adaptation musicale du dessin animé. J’avoue ne pas avoir pris mon pied mais les enfants présents dans la salle (dont ma fille) avaient l’air d’adorer…
Plus d’informations ici.

Quelques pas de plus…
Notre dernière chronique ciné avec Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, Le petit Gruffalo, Gruffalo et Kirikou et les hommes et les femmes ici.

La balade de Babouchka
de Collectif
Les films du préau
52 minutes
 Couleur de peau : miel
de Jung et Laurent Boileau
France Télévision
75 minutes
L’enfant au grelot
de Jacques-Rémy Girerd
Folimage
28 minutes

A part ça ?

Sur le forum de La mare aux mots on discute régulièrement de DVD ou de films en salle, vous aussi venez participer, c’est ici.

Gabriel

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Toutes les filles sont des princesses

Par 28 juin 2012 Livres Jeunesse

C’est la rentrée des classes pour Song-i, une jeune coréenne. À la rentrée il ne faut pas faire de vague, ne pas se faire remarquer pour ne pas devenir le souffre-douleur toute l’année. Song-i aimerait bien une amie, on le sait une personne seule est plus fragile. Heureusement Chun-hee arrive. Qui est cette inconnue, doit-elle se méfier et surtout doit-elle la croire quand elle dit être une princesse ?

Mon amie est une princesse est un très joli petit roman coréen sur les complexes sociaux, la précarité, l’amitié, la rentrée scolaire, le secret… et les princesses (réelles ou imaginaires). Parfait pour les jeunes lecteurs (l’éditeur le conseille à partir de 8 ans), il est superbement illustré par Charlotte Gastaud. On a peu (en tout cas moi) l’habitude de lire des romans coréens, c’est un vrai dépaysement, tant dans le style que dans l’histoire, la façon de vivre des personnages. La littérature est toujours un beau moyen de découvrir d’autres cultures.

Luz ça veut dire « lumière » en espagnol, ça veut aussi dire « amande » en arabe littéraire mais Luz c’est surtout le surnom de la jolie Lisa, jeune fille de 14 ans. Un peu trop jolie d’ailleurs, surtout dans son nouveau maillot de bain deux pièces,  car un des copains de son père traine un peu ses sales pattes sur elle. Luz n’en peut plus de ces ambiances de fin de banquet, de ces adultes alcoolisés, elle veut fuir, aller se baigner dans la Volte, retrouver des amis et essayer son maillot. Elle va y retrouver Thomas, le beau garçon dont elle est un peu amoureuse, et Manon une fille du collège un peu pimbèche que Luz n’aime pas… Elle leur propose de fuir le monde et de se retrouver dans une petite crique isolée et difficile d’accès, regrettant déjà la présence de Manon…

Voilà un roman très troublant et dérangeant. Il m’est difficile de vous le raconter sans trop vous en dire. Ce qui commence par une sortie avec des copains va vite se transformer en tout autre chose… Le roman est très vite prenant, on veut savoir la fin. On avance avec Luz dans une sorte de cauchemar, tout lui échappe. La nuit tombe et tout devient de plus en plus sombre pour elle,  on espère pour elle un dénouement heureux (à ce sujet il y a quelque chose qui me dérange sur la fin mais ça serait matière à débat). Un roman noir et angoissant pour ados (à partir de 13 ans d’après l’éditeur).

Quelques pas de plus…
Luz vu par Enfantipages.
Un autre roman sur la précarité que nous avons chroniqué : Des crêpes à l’eau de Sandrine Beau.

Mon amie est une princesse
de Konj Ji Hee, illustré par Charlotte Gastaut
Chan-ok dans la collection Matins calmes
9€, 80 pages, imprimé en Italie.
Luz
de Marin Ledun
Syros dans la collection Rat noir
14€, 128 pages, imprimé en France.


A part ça ?

Il ne vous reste que deux jours pour tenter de gagner des livres numériques La souris qui raconte. Pour ça il suffit d’envoyer une souris (dessin ou juste le mot) à concourssouris@lamareauxmots.com. Plus d’informations dans le Hors série de l’été ici (page 18)

Gabriel

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