La mare aux mots
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Coup de projecteur

L’invitée du mercredi : Ingrid Chabbert + Coup de projecteur : Chili Con Cacahuete ( + concours)

Par 28 décembre 2011 Les invités du mercredi

Cette semaine nous recevons Ingrid Chabbert dont je vous parlais il y a peu à propos des très beaux Raconte moi la révolution… et La fête des deux mamans. Elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

La mare aux mots : Certains de vos albums ont des thématiques assez fortes, comment aborde-t-on des sujets comme la révolution arabe, l’homoparentalité ou Alzheimer quand on s’adresse aux enfants ?
Ingrid Chabbert : J’aime parler de ce qui me touche, de ce qui me parle. L’homoparentalité, c’est mon amie qui me l’a « commandé » pour Les petits pas de Ioannis. Il a été le déclencheur de beaucoup de choses, et elle aussi. Sans ce texte, il n’y aurait pas eu tous les suivants et tous ceux à paraître. Pour la révolution, je ne sais pas si ce livre ne s’adresse pas plus aux grands qu’aux enfants. Ces évènements m’ont tellement prise aux tripes (comme beaucoup) que presque spontanément j’ai eu ce besoin d’y mettre mes mots.

LMAM : Vous sentez-vous investie d’une mission en tant qu’auteure jeunesse ?
I.C. : Une mission ? Non, je n’ai pas cette prétention haha. Mais pouvoir parler de tout, ça, ça me tient à cœur.

LMAM : Quels autres thèmes aimeriez-vous aborder ?
I.C. : Il y en a tellement ! Et en même temps, il y en a déjà quelques-uns que j’ai abordé.
Là, je me scinde en deux. Oui oui, d’un côté, des textes plutôt forts, avec des thématiques affirmées. Et d’un autre côté, des textes pour rigoler et… rigoler !

LMAM : Quels livres ont marqué votre enfance, votre adolescence ?
I.C. : J’avoue, je ne me souviens pas des livres qui ont marqué mon enfance. Par contre, adolescente, j’ai dévoré les Boris Vian, les Rimbaud, les Auster,…

LMAM : Que pensez vous de la production littéraire actuelle pour les enfants? Avez vous des illustrateurs ou des auteurs que vous aimez particulièrement ?
I.C. : Je suis partagée. Il y a une partie de la production actuelle dont je suis vraiment admirative (voire fan !) et une autre me laisse assez… circonspecte (non non, même sous la contrainte, je ne donnerai pas de noms ! haha). Les auteurs et illustrateurs pour qui j’ai une affection particulière sont avant tout ceux avec qui je partage quelque chose. Un projet, une amitié, un fou rire. Je n’aime ni les prises de tête, ni les grosses têtes !

LMAM : Quels sont vos projets ?
I.C. : Des parutions en 2012 et 2013 qui font palpiter mon petit cœur 🙂 Sinon, continuer à écrire comme ça vient, continuer aussi à inonder les boîtes mails des éditeurs ! Continuer à stresser comme une dingue, ça, c’est inévitable. Corriger avec ma co-auteure préférée (Anne Loyer) notre roman, se lancer dans une BD avec une auteure BD, écrire un roman que m’a demandé un de mes éditeurs (et j’espère être à la hauteur). Etc etc etc 🙂

Si vous souhaitez en savoir plus sur Ingrid Chabbert, je vous conseille de visiter son blog : http://ingridcha.blogspot.com

Et j’ai la joie de pouvoir vous faire gagner un album La fête des deux mamans grâce aux éditions Les petits pas de Ioannis. Pour cela racontez nous, en commentaires, votre pire cadeau de fête des mères (reçu ou offert) ou si vous ne voulez pas dites « Moi je n’ai reçu/offert que de belles choses, les enfants ont toujours bon goût »  et vous participerez aussi. Vous avez jusqu’à dimanche 13h !

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Coup de projecteur

Cette semaine nous avons décidé de mettre en avant Chili Con Cacahuete, qui a un vrai univers à elle, ce qui est rare dans ce que nous avons reçu. Je lui ai proposé de nous parler d’elle, voici donc sa présentation.

Je dessine depuis toujours et bizarrement mes études m’ont dirigées vers la couture, après un bac pro dans cette branche, je suis partie à la recherche d’un travail et j’ai atterrie en blanchisserie industrielle (!!!), mais je n’ai pas pu me résigner à y passer ma vie alors j’ai démissionné pour me concentrer sur ma passion de toujours: le dessin. Aujourd’hui j’ai toujours un travail alimentaire pour payer mes factures mais la naissance de mon fils et de belles rencontres m’ont poussé à me diriger dans l’illustration (en particulier l’illustration jeunesse donc), en espérant que mes projets aboutiront…dans tout les cas, je continuerais à dessiner tant que ma vue et mes petites mains me le permettrons (mais j’ai quand même pas mal d’année devant moi! ^^)

 

Je vous invite à retrouver Chili Con Cacahuete sur son book : http://chiliconcacahuete.carbonmade.com et sur sa page facebook: https://www.facebook.com/chiliconcacahuete

Cette chronique marque la fin des coups de projecteurs. Hélas ce qui me semblait une bonne idée à la base est devenu un énorme bouffe-temps (en grande partie répondre aux nombreuses questions de gens qui ne vont même pas lire ce à quoi ils participent). C’est dommage qu’un coup de pouce comme celui-là soit devenu la rubrique qui me prend le plus de temps du blog ! Alors peut-être Marianne et moi, vous parlerons parfois d’illustrateurs dont nous avons croisé les dessins sur le net. Mais en tout cas ça ne sera plus sous cette forme. En tout cas bravo à ceux qui avaient été choisis Laure DuthéGaëlle Huan et Mélo. Quelques liens supplémentaires, ceux qui avaient reçus à chaque session plusieurs votes, Lulilou, Magali Garot et Calliptus. Et une mention particulière à Romain Coquelin, responsable de plusieurs débats ! (En gros je pense qu’on aimait tous beaucoup ce qu’il fait, mais doutions que c’était de l’illustration jeunesse). Nous leur souhaitons à tous de trouver des éditeurs, mais nous ne nous faisons pas trop de soucis pour eux…

Gabriel

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L’invitée du mercredi : Séverine Vidal + Coup de projecteur : Mélo ( + concours)

Par 21 décembre 2011 Les invités du mercredi

En lançant La mare aux mots je connaissais évidemment quelques auteurs et illustrateurs jeunesse, soit de nom soit j’avais lu plusieurs de leurs livres, mais finalement je n’en connaissais que peu. Ces deux dernières années j’en ai découvert énormément. Certains d’entre eux maintenant je suis ce qu’ils font ou ont fait avec plaisir, je pense à des gens comme Estelle Billon-Spagnol, Magali le Huche ou Antoine Guilloppé par exemple. Mais il y a un cas à part, quelqu’un pour qui j’ai eu vraiment un coup de foudre au point de vouloir lire absolument tout ce qu’elle a écrit, ce que j’ai commencé à faire (je vous parlerai de plusieurs de ses livres ces prochains jours) c’est Séverine Vidal. Cette jeune auteure jeunesse (elle a commencé a publier l’année dernière !) a déjà publié une quinzaine d’ouvrage et rien que pour le premier semestre 2012 huit autres vont voir le jour. Elle a dans sa plume énormément de fraîcheur et d’humour, elle fait du bien, elle émeut, fait sourire, et fait passer par une multitude d’émotions. Je n’ai pas ressenti tout ça en lisant des livres jeunesse depuis Gudule et Arnaud Cathrine. Séverine Vidal écrit des livres qui resteront des classiques, qu’on fera lire à nos enfants puis à nos petits-enfants. C’est la plus belle plume actuelle de la littérature jeunesse. Elle a accepté de répondre à mes questions pour une interview assez différentes des autres Invités du mercredi. Merci à elle.

La mare aux mots : On retrouve dans presque tous vos personnages féminins ce côté pétillant. À la fois drôle… et un peu peste. Vous vous inspirez de vos enfants… ou de vous ?
Séverine Vidal : Haha, sympa !
En fait, oui ! Je n’aime pas tellement (ni dans la vie, ni dans les livres) les gens tièdes, ceux qui ne disent pas ce qu’ils pensent, qui n’ont pas de personnalité. Ils m’ennuient. Je préfère nettement quelqu’un qui dit un vrai « merde » à un  « mer-credi» hypocrite. Mes filles ne sont pas pestes du tout, mais elles sont drôles, inventives, tendres, mais avec des personnalités très affirmées. Comme mes amies, comme ma mère, mes cousines, et mes ex-collègues. Des filles à qui on ne la fait pas.
Mais bon (punaise, la réponse est longue, personne ne lira ça jusqu’à la fin ^^), mes personnages masculins (Arsène, Philo, et puis Basile, une BD à paraître en 2013) ont de sacrées personnalités aussi, pas de sexisme en la matière:-)

LMAM : Vous aimiez faire des manifs, enfant, comme Léontine et Prune (Léontine défile avec des pancartes Contre « Alphonse, on fonce » et Prune « On est assez grand pour se garder tout seul ») ?
S.V. : Non, justement !
Et j’aurais aimé. Mes parents n’étaient pas franchement des agités de la banderole et des barricades (^^) et j’étais jalouse de mes cousines qui ont fait toutes les manifs sur les épaules de leur père, et puis qui ont campé au Larzac tout un été. Je trouvais que ça avait « de la gueule » (pardon, rien trouvé d’autre comme expression) ces engagements. Devenue adulte, je me suis rattrapée !
D’ailleurs, ma file Ninon avait quatre ans pour les manifs anti Le Pen en 2002. Quand elle a vu toutes les pancartes « NON ! », elle avait râlé : «  les gens, y’ ‘z’ont écrit mon prénom mais y’z’ont oublié le début ! » (marrant, non?)
Je suis contente que vous ayez repéré ça (une légère obsession je crois, comme les listes) : je vous garde comme fan number one, monsieur Mare aux Mots.
LMAM : Vos personnages ont souvent des prénoms peu communs (Prune, Fleur, Lorette) ou des surnoms originaux (Philo, Vampire,…) est-ce justement pour leur donner un côté unique, leur donner du caractère ?
S.V. : Oui, je crois. Les prénoms me viennent en premier, avant l’histoire. Dans le premier livre que j’ai écrit, l’héroïne s’appelle … Bestiole ! Après, j’ai poursuivi sur ma lancée. Mon père raconte parfois qu’il avait mis « Brouette » dans la liste de prénoms avant ma naissance, ma mère s’est opposée apparemment.
Mes enfants ont des prénoms assez peu communs.
Quand on est instit (ce que j’étais jusqu’à fin juin…), on est en première ligne pour suivre les modes des prénoms, ou au contraire s’en démarquer.
LMAM : Dans Lâcher sa main, le personnage principal, Fleur, écrit et sa prof va, en une phrase assassine, lui faire penser que ce qu’elle écrit est mauvais. Vous avez rencontré cette « conne de Séboura » ?
S.V. : Mais comment faites-vous pour tout deviner ?
C’est le nom (syllabes dans le désordre) de l’ancienne prof de français de mon fils en première. Je pense qu’elle a contribué à le dégoûter définitivement de la lecture. Elle y avait mis tout son cœur, et beaucoup d’énergie.
Elle avait du mépris pour les ados, elle les jugeait vite, très vite. Je suis contente de lui avoir donné le mauvais rôle dans mon livre. Je devrais lui envoyer, tiens !
LMAM : Vous devriez ! Justement vous avez écrit tôt ?
S.V. : Oui, très tôt, de la poésie. Mon père les a gardées.
LMAM : J’ai lu que vous aviez commencé à envoyer vos manuscrits en 2009, on est en 2011 et déjà 14 sont sortis, d’autres arrivent. Vous les avez écrits il y a longtemps et les conserviez dans vos placards ou vous n’arrêtez plus d’écrire ?
S.V. : Les deux, mon Général. J’écris beaucoup, mais j’avais des réserves.
LMAM : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour les envoyer ?
S.V. : J’ai attendu que quelqu’un (mon mari) décide pour moi qu’il était temps de le faire.
LMAM : Vous remercierez votre mari de ma part ! Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
S.V. : Mes enfants, leur humour dévastateur, mes anciens élèves, mon enfance, certaines musiques, et aussi l’envie de parler de la vie comme elle est (pas tiède justement) avec tous ces machins « relous » : le divorce, les foutues maladies, la mort, les petits drames…
LMAM : Qu’avez-vous lu enfant/adolescente ?
S.V. : J’ai lu les albums du Père Castor (La panthère noire, lue par Philippe Noiret, Michka…  il y en a un que je cherche désespérément : Rosa ma tortue, introuvable), et puis plus tard E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin.
Je ne lisais pas beaucoup, enfant.
Après, ma passion dévorante pour les mots des autres est venue avec Pennac, Perec, Kundera, Paul Auster
LMAM : Que lisez-vous à vos enfants ?
S.V. : Les premiers livres que j’ai offerts à mon fils (qui a 19 ans maintenant), ce sont les albums du Rouergue, ceux de Douzou. Mono le cyclope, Jojo la Mache
Les classiques que j’aimais petite, les livres de Rue du monde pour éveiller leur conscience politique, et nos gros coups de cœur : Quand je serai grand, je serai le Père Noël de SolotareffMoi, Ming  (Clotilde Bernos, Nathalie Novi),  L’écoute-aux-portes de Ponti, Il faudra de Thierry Lenain. On a même eu notre période «bonne grosse série de filles » avec Princesse Zélina (on a arrêté au tome 19 !!). On avait même créé le verbe « zéliner » quand le soir, on s’installait avec Ninon dans le lit de Fantine pour l’histoire du soir. « Bon, vous vous brossez les dents, et après on va zéliner. »
J’assume.
LMAM : Testez-vous vos histoires sur eux ?
S.V. : Oui ! Toujours !
Les filles sont à la fois fans de leur maman et intraitables (« pfff, la fin est nulle, recommence. »).
Alors, je recommence !
Elles n’ont pas lu Lâcher sa main. Encore un peu jeunes.

J’espère que cette interview vous aura donné envie de lire des livres de Séverine Vidal si vous ne l’avez pas encore fait. Je vous rappelle les livres qu’on a déjà chroniqué ici : Je n’irai pas, Prune (tome 1 et tome 2), Mamythologie, et bien sûr le génialissime Léontine, princesse en salopette. Je vous parlerai prochainement de Lâcher sa main, Comment j’ai connu Papa et Philo mène la danse. Vous pouvez retrouver sa bibliographie sur son blog.

Au premier semestre 2012 Séverine Vidal sortira 3 romans : La meilleure nuit de tous les temps (chez Rouergue), Les petites marées (chez Oskar) et On n’a rien vu venir (chez Alice, avec 6 autres auteurs), le tome 2 de Roulette Russe (chez Oskar avec Sandrine Beau et Anne-Gaëlle Balpe) et 4 albums : Le laboureur des nuages et autres métiers imaginaires (chez Frimousse, illustré par Flambi), L’amour dure 5h22 (chez Frimousse, illustré par Estelle Billon Spagnol), et deux nouvelles aventures de Prune : Prune et la colo d’enfer et Prune cherche son style (chez Frimousse, illustrés par Kris di Giacomo).

Pour visiter son blog :http://severinevidal.blogspot.com

Et grâce aux éditions Frimousse j’ai la joie de faire gagner à l’un de vous le premier volume des aventures de Prune, La grosse rumeur. Pour cela laissez ici un commentaire en me disant quelle a été la plus grosse rumeur que vous ayez entendue sur La mare aux mots (vous avez bien entendu le droit d’inventer). Je tirerai au sort parmi les réponses. Vous avez jusqu’à dimanche 25 à 13h (comme ça j’annoncerai l’heureux gagnant le jour de Noël !).

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Coup de projecteur

Comme chaque semaine nous vous présentons un illustrateur non édité (si vous voulez en savoir plus), cette fois ci notre choix s’est porté sur Mélo. Étudiante en cinéma d’animation aux Arts Décoratifs de Paris, elle est passionnée par la bande dessinée et le livre jeunesse. Elle a plusieurs projets d’illustrations et de BD… qui on l’espère verront le jour. Vous pouvez visiter son blog ici : http://melooo.com et son book là : http://melooo.ultra-book.org/. Je vous propose de découvrir son univers grâce à quelques illustrations que j’ai choisies.

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« J’ai un coeur qui bat sous mon T-shirt Hannah Montana » + Coup de projecteur : Gaëlle Huan

Par 14 décembre 2011 Livres Jeunesse

Cette semaine… pas d’invité du mercredi ! Tout est de ma faute (j’assume). Avec le salon du livre jeunesse de Montreuil j’ai eu beaucoup de boulot… et j’ai oublié d’envoyer des interviews (et de relancer ceux qui ne m’avaient pas encore répondu…) Donc exceptionnellement une chronique ! Mais on retrouvera quand même, en fin de billet, notre nouvelle rubrique : Coup de projecteur !

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Le souci avec la drogue, il paraît, c’est que lorsqu’on commence à y toucher on devient dépendant… C’est ce qui m’est arrivé avec les livres de Séverine Vidal… L’autre souci avec le drogue c’est que c’est pas bon pour la santé or là, c’est plutôt le contraire ! Après avoir été dingue de son livre Léontine, princesse en salopette j’ai commencé à essayer de lire tout ce qu’elle a écrit. J’ai chroniqué il y a peu du superbe Mamythologie, je vous parlerai très prochainement de petits romans qu’elle a écrit pour les plus grands (dont celui que j’ai fini hier la larme à l’œil), mais en attendant aujourd’hui je vous propose de découvrir un album pour les petits, le très drôle Je n’irai pas et deux mini-romans avec son nouveau personnage : Prune !

J- 2 j’ai tout préparé : ma trousse, mon cartable. C’est ainsi que commence Je n’irai pas. Le temps va défiler jusqu’au jour J avec la tenue à choisir, l’adieu à l’été,… mais on se réjouit car on va retrouver les copains ! C’est dur de vous parler de l’album sans vous dévoiler la chute (très drôle). C’est un livre génial sur la rentrée, le stress que ça engendre mais aussi les joies que ça procure… et il dédramatise tout ça en montrant qu’on n’est pas tout seul ! Les dessins de Cécile Vangout sont frais, épurés et très beaux, ils collent bien aux mots de Séverine Vidal et contribuent à en faire un album réjouissant, qui fait du bien, qui donne le sourire. C’est un bel objet avec un papier épais, un format à l’italienne et c’est vraiment un livre que j’adore ! (ça c’est dit !)

Prune a un prénom de fruit et des parents divorcés, elle aime les adverbes qui finissent en -ment et elle n’aime pas les gens qui l’appellent Fraise-des-bois. Elle a pour compagnon Bernouille-la-nouille, son poisson rouge qu’elle cache pour l’apporter à l’école, chez son père et le Chat Trastrof chez sa mère. Elle a pour ami Barnabé, qu’elle connaît depuis toujours mais elle n’est pas amoureuse de lui (même si elle pense à lui tout le temps…) et son petit frère s’appelle Cosmo. Bref Prune c’est un personnage et elle a surtout un sacré caractère ! On retrouve ici l’écriture pêchue de Séverine Vidal, son humour mordant, son style qui fait mouche. Le premier tome parle des rumeurs (Marie est absente et très vite la machine à ragot va s’emballer, on dit même qu’elle a déménagé aux États-Unis pour devenir une star), le second tome parle du fils de la nouvelle fiancée du père de Prune. Ce sont les deux premiers tome d’une (j’espère) longue série ! Avec des thématiques intéressantes pour les enfants. Mais la grosse différence avec les autres livres qui ont des thématiques fortes comme ça, c’est que je ne trouve pas ça moralisateur et manichéen. Quand on regarde la plupart des héros qui, dans chacune de leurs aventures, vivent un évènement plus ou moins fort, c’est vraiment dans l’excès, caricatural. Il y a un grand bouleversement, les personnages ne sont plus les mêmes à la fin de l’histoire, tout ça les a grandit et changé… Ici c’est très ancré dans le réel, Prune est une petite fille d’aujourd’hui que l’on pourrait connaître. Le genre de gamine avec son caractère bien trempé mais qu’on adore… mais un peu chieuse quand même ! En fait c’est aussi ça qui lie la plupart des personnages de Séverine Vidal : ils ne sont pas tièdes, pas gnan-gnan… ils sont plein de vitalité et d’une bonne humeur communicative. On lit ces livres avec un petit sourire en coin. Niveau illustrations, les dessins de Kris Di Giacomo participent à rendre cette Prune craquante et drôle avec un côté pestouille. Ce sont de très beaux albums de poche.

Je n’irai pas de Séverine Vidal, illustré par Cécile Vangout
Éditions Frimousse, 12€50
Public : A leur lire / lecteurs débutants (et pour les instit, d’ailleurs j’ai prêté le mien à la maitresse de ma fille )

Prune, tome 1 : La grosse rumeur de Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo
Prune, tome 2 : La fils de la nouvelle fiancée de papa de Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo
Éditions Frimousse, 7,80€ chacun
Public : lecteurs débutants / lecteurs confirmés

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Coup de projecteur

Aujourd’hui, dans le cadre des « Coups de projecteur » (chaque semaine nous vous présentons un illustrateur non édité, si vous voulez en savoir plus) nous avons décidé de vous présenter Gaëlle Huan. Je lui ai demandé de m’écrire une petite présentation, je vous la livre en l’accompagnant de certains de ses dessins. Je vous incite surtout à visiter son book et son blog.

On m’a toujours dit que j’étais douée en dessin.

Par rapport aux autres enfants de mon âge, bien sûr…

Des études chaotiques et un bac obtenu grâce à l’achat d’une pochette surprise ne m’avaient pas destinée à faire quoi que ce soit de ma vie.
La découverte d’une école d’arts appliqués dans ma ville natale fut pour moi une bouée lancée dans l’océan de mon désarroi.

Ce fut de courte durée.
Après une année collée à ma planche à dessin, le pinceau calcifié entre mon pouce et mon index, je résolus de m’arracher de ma chaise à roulette et, tournant le dos à ma classe préparatoire, je me lançais dans des études d’histoire de l’art. Bien décidée à remplir mon cerveau de tout ce que je pourrais trouver, je me promettais cependant de poursuivre le dessin parallèlement à mon nouveau cursus.

Un stage au Canada me fit découvrir les musées pour enfants. Une véritable passion ! Un monde nouveau s’ouvrait à moi, peuplé d’histoires vraies, de petits dessins explicatifs et de fabuleux décors à explorer.
Je décidais donc de rentrer en France pour en créer un moi-même.

Ma maîtrise (spécialisée dans les métiers de l’exposition) en poche, j’explorais la jungle culturelle française à la quête du Saint-Poste. Ma piste dégagée au coupe-coupe me conduisit dans les Côtes-d’Armor où la Mairie de Tréguier me donna ma chance et m’intronisa commissaire d’exposition pendant quatre années consécutives.

Les budgets venant à manquer, on me signifia mon congé.
J’errais ça et là, ne sachant où diriger mes pas. Quittant la jungle, je me retrouvais dans le désert… Cette période fut pour moi un temps de questionnement dont je profitais pour reprendre crayons et pinceaux, désireuse de m’exprimer à nouveau dans un langage qui m’était propre.

Quelques progrès et petites victoires plus tard, je me décidais à repartir vers la jungle d’un autre continent : l’illustration et la bande dessinée pour enfants. Forte d’un enthousiasme béat et d’un coupe-coupe mieux affûté, je créais ma propre entreprise en juin 2010.
Certes, la piste est sinueuse et les serpents nombreux mais nul doute qu’un jour prochain je découvrirai la maison-d’édition-perdue…

Ainsi se termine la présentation de Gaëlle Huan, nous espérons que tout ça vous aura donné envie d’en savoir plus sur elle et nous lui souhaitons bon courage dans ses recherches.

Gabriel

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L’invitée du mercredi : Stéphanie de la librairie Le rat conteur + Coup de projecteur : Laure Duthé

Par 7 décembre 2011 Les invités du mercredi

Quand j’en trouve le temps je parcoure moi aussi les blogs sur la culture jeunesse. Je suis aussi beaucoup (trop) de pages facebook de passionnés ou de professionnels de la littérature pour enfants. Il n’y en a que peu qui me marquent par la qualité de leurs choix, par la cohérence de leur sélection. Le blog de la librairie du rat conteur en fait partie. J’ai eu envie d’interviewer sa responsable, Stéphanie. C’est agréable aussi de connaitre l’avis d’une passionnée de littérature jeunesse… et elle en avait des choses à me dire !

La mare aux mots : Dites nous d’où vous vient cette passion pour la littérature jeunesse…
Stéphanie : Je ne sais absolument pas d’où me vient cette passion ! Je crois que ça a toujours été là ou alors que ça s’est développé naturellement. Ce que je sais, c’est que petite, j’aimais écrire et j’aimais lire. Nous étions abonnées à la bibliothèque, le bibliobus s’arrêtait juste à côté de la maison, puis du collège. Le soir, c’était lecture dans son lit. Et en cas de bons bulletins, c’était achat de livres.
Je me souviens Tistou les pouces verts, la série des Jojo Lapin (mes toutes premières lectures où j’adorais le lapin se jouant de tout le monde !), mais je me souviens aussi Sundara fille du Mékong et La petite fille au kimono rouge. Ces deux derniers livres m’ont fait découvrir d’autres coutumes, d’autres pays, d’autres univers. J’ai ainsi découvert qu’en littérature jeunesse, tout n’était pas rose, tout n’était pas joli, tout n’était pas « facile ».
Et c’est ça que j’aime en littérature jeunesse, c’est que rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît. Certaines histoires d’animaux nous rappelleraient Jean de la Fontaine et ses fables, certaines histoires poétiques nous rappellent la dureté du monde…
J’aime la variété des ouvrages et le fait aussi que les petits lecteurs ne mentent pas ! S’ils aiment un livre, ils l’aiment ; s’il les fait rire, ils rient ; s’ils n’aiment pas, ils n’aiment pas…!

LMAM : Quels sont les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs que vous aimez particulièrement, que vous mettez en avant ?
Stéphanie : C’est une question difficile parce que j’aime beaucoup de choses différentes.
J’aime Michel Van Zeveren (le blog de la librairie en est la preuve) parce que ça me fait marrer, vraiment ! J’aime aussi Les deniers de compère Lapin parce que je le trouve génial et amoral à souhait ! Dans la même série, j’adore La petite poule rousse de Cécile Hudrisier et Pierre Delye parce que les illustrations sont tout simplement géniales.
J’aime beaucoup Benjamin Chaud non pas pour Pomelo (que j’aime aussi bien sûr !!!) mais pour Adieu Chaussette. Je trouve cet album magnifique.
J’aime Cécile Hudrisier, Xavière Devos, Amandine Wanert, Eléonore Thuillier, Sandrine Gastaut, Magali Le Huche, Dorothé de Monfreid, Matthieu Maudet, Amandine Piu, Adolie Day, Barbara Brun, Sempé, Quentin Blake, Marc Boutavant, Edouard Manceau, Richard Scarry, Geoffroy de Pennart, Estelle Billon-Spagnol, Mario Ramos
En auteurs, j’aime Virginie Hanna, Géraldine Collet et Karine Quesada, j’aime Nail Gaiman, Michael Grant, Michael Escoffier, Anne Robillard, Joseph Delaney, Claudine Desmarteau, Eoin Colfer, Herbie Brennan, Pierre Bottero
En albums, j’aime des albums comme A table, Les carottes sont cuites pour le grand méchant loup, Le voyage de Melle Prudence, Un confetti de paradis, Le jardin voyageur… J’aime Polly Dunbar, notamment son album Poulette coquette qui est à tomber !
C’est atroce, vous m’avez lancée sur le sujet et une fois lancée, je ne peux plus m’arrêter ! Il y en a tellement !!! Tellement que j’oublie !!!
J’aime des maisons d’édition comme Philomèle, mais ça, ce n’est un secret pour personne, j’ai une réelle tendresse pour Les petits pas de Ioannis dont je suis le parcours depuis le début, j’aime Hélium qui a été une véritable découverte.
Mais en parlant de découverte, je me suis découvert une passion pour une maison d’édition, une vraie pépite à mes yeux : j’ai complétement craqué pour la maison d’édition HongFei. Je ne les ai découvert qu’en 2009 via Une touche de couleurs. Je dois avouer (qu’on me pardonne) que ce livre m’a plus interpelé que plu ! J’ai continué à commander les nouveautés de cet éditeur et je n’en regrette rien. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de discuter avec Loïc (merci la magie d’internet) et de partager mes impressions sur la maison d’édition et je l’ai remercié il n’y a pas si longtemps pour ces jolies découvertes. Je pensais ne pas aimer les livres de cette maison d’édition, je le dis ouvertement, Loïc le sait, il ne m’en voudra pas ! Mais j’ai décidé de prendre le temps de les découvrir, de feuilleter leurs livres. Je me suis amusée devant Face au Tigre, devant Le Duc aime le Dragon, je me suis extasiée devant La Ronde des contes, j’ai été nostalgique devant L’autre bout du monde qui m’a renvoyé à beaucoup de choses de mon enfance avec ma propre grand-mère, j’ai été émue par Salade de Fruits. Je pense que j’ai développé au fil des mois la sensibilité nécessaire pour apprécier pleinement ces livres.

LMAM : Quel est votre dernier coup de cœur ?
Stéphanie : J’ai plusieurs coups coeur par semaine ! Mais s’il fallait, là, tout de suite maintenant en donner un, je crois que ce serait Le chevalier à la courte cervelle. Celui-ci m’a vraiment plu, je l’ai trouvé drôle et c’est aussi celui que j’ai énormément de plaisir à raconter. Dès que je le présente à un client, pour peu que d’autres personnes soient en même temps dans la librairie, je vois un auditoire se former. Et ça se finit toujours par un: « C’est vrai qu’il est super celui-là ! »

LMAM : Quels sont les auteurs et les éditeurs que vous rêveriez d’avoir en dédicace au magasin ?
Stéphanie : Je ne rêve pas particulièrement de recevoir telle ou telle personne. Toutes les rencontres qui se sont faites se sont faites naturellement, et en sont de ce fait très belles. La plus émouvante ? Celle de Géraldine Hary pour Les raccommodeuses des coeurs déchirés. La plus improvisée ? Celle d’Estelle Billon-Spagnol deux jours avant le déménagement de la librairie. Peu de monde mais qu’est ce qu’on a blablaté ! La plus culottée ? Celle d’Adolie Day qui avait mis en statut sur son FB qu’elle recherchait des lieux de dédicace. J’ai été culottée, çà a marché ! La plus « amicale » ? Cocci-Lune, alias Cassandre qui m’a été présentée par une amie libraire Anne (Du Rêve de Lily).
Vous voyez, quand les choses arrivent aussi joliment, pourquoi les forcer ?

LMAM : Vous mettez en avant sur votre blog de très bons livres, mais ce ne sont pas forcément ceux-là qui se vendent le plus, avez-vous aussi en boutique des livres « plus grand public » ?
Stéphanie : Je ne sais pas si je ne mets en avant que de très bons livres sur le blog, je mets surtout en avant des livres qui me plaisent, qui créent une émotion… et qui souvent ne bénéficient pas du même support pub que les livres « grands publics » comme vous dites, alors si à mon humble niveau, je peux créer de la curiosité pour ces ouvrages, super !!! Au magasin, c’est pareil ! Mais je propose aussi des livres dits grands publics, même si je n’aime pas cette appellation, car on peut mettre beaucoup de choses derrière.
Si on appelle livres grands publics, des best sellers qualitatifs comme Hunger Game, Gone, Les chevaliers d’Emeraude… alors oui, j’en propose ! Mais si derrière cette appellation, vous parlez de Dora, Diego et cie, alors non, je n’en propose pas !
Les nouveautés sont très nombreuses tous les mois, il faut souvent faire un choix ! Je fais ce choix en fonction de mes goûts mais aussi et surtout en fonction des goûts de mes jeunes lecteurs que je commence à connaître, car ce sont eux les principaux concernés !
Maintenant, j’ai aussi une vision de la lecture qui n’est pas partagée par toutes les librairies jeunesse, je le sais ! J’ai un postulat simple: « Pourquoi est-ce que ce que je lis serait forcément mieux que ce que l’autre lit ? ». Nous avons tous des goûts, parfois similaires, parfois différents, et je trouve bien plus intéressant d’échanger sur nos différences, de nous ouvrir aux goûts des autres, que de vouloir convertir à tout prix l’autre à nos goûts !

LMAM : Quelque chose à ajouter ?
Stéphanie : Je voulais juste dire que sur le blog, on me dit que je parle beaucoup de livres humoristiques, drôles, sympas, frais, originaux. Je suis consciente qu’il faut proposer des livres dits plus difficiles (deuil, maladie, séparation…) mais je voulais dire que ceux-là, je les réserve à l’intimité d’une conversation à la librairie entre moi, l’enfant et la personne qui l’accompagne, parce que l’histoire de l’un n’est pas l’histoire de l’autre et que c’est aussi mon travail de comprendre cela et d’adapter mon langage en fonction. C’est pour ça que je parle peu de ces ouvrages là sur le blog.

Merci à Stéphanie pour avoir pris le temps de répondre à mes questions. On a vraiment là des réponses de passionnée ! Je vous conseille la lecture de son blog, sa page Facebook et si vous êtes non loin de Quimper… allez faire un tour à sa boutique !

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Et voici donc la nouvelle rubrique du mercredi : Coup de projecteur, tous les mercredis, La mare aux mots (aidé de quelques amis*) choisira un illustrateur qui n’a jamais été édité pour le mettre en avant (si vous voulez en savoir plus). Peut-être sera-t-il repéré ici par un éditeur. En tout cas ça permettra de vous le faire connaitre. Cette semaine ça n’a pas été évident, plusieurs participants et un trio de tête très serré… Mais nous avons choisi Laure Duthé. Je vous propose de découvrir son travail sur son book http://laureduthe.ultra-book.com/book et sur son blog http://laureduthe.blogspot.com. Personnellement j’ai littéralement craqué sur le dessin Au secours !

Je lui ai demandé une petite présentation pour pouvoir vous dire quelques trucs sur elle mais je trouve ce qu’elle m’a écrit tellement joli que je me permets de copier coller :

Je dessine depuis toute petite, comme beaucoup, j’ai toujours été fascinée par le fait qu’on puisse créer quelque chose à partir d’une surface blanche.
J’ai même commencé un business en classe de cm1 : je vendais des dessins de princesse dans la cour de l’école pour cinquante centimes de franc, ou en devises de bonbons et petites bricoles. Mon entreprise fit faillite le jour où mon père la découvrit et me fit comprendre que ce n’était pas honnête de détrousser ainsi mes petits camarades.
Je fis alors des études honnêtes menant vers un diplôme honnête me permettant de détrousser plus honnêtement de plus grandes personnes.
Mais il faut croire que l’honnêteté n’est pas ma tasse de thé. Monsieur bonheur qui me souffle à l’oreille depuis des années était d’avis que je donne une seconde chance à mes princesses. Pourquoi pas, mais après toutes ces années il fallait leur refaire une beauté, ce qui n’est pas chose facile, surtout quand on doit pour cela entrer dans un labyrinthe par la porte de l’autodidacte. Mais qu’importe, j’ai amené avec moi des provisions de passion, ramassé des graines de courage et d’acharnement, volé un soupçon de soutien à mes proches, pour affronter l’hydre de la perspective, le monstre de la composition, le cerbère  de l’anatomie et bien d’autres terribles créatures, comme la sirène de la couleur à l’apparence inoffensive.
Le chemin n’est pas facile, mais le jeu en vaut la chandelle, j’ai présenté à mes princesses d’autres compagnons, des animaux, des objets animés, des mondes enchantés… pourvu que ça dure !

Nous lui souhaitons plein de jolies choses et nous espérons qu’un éditeur trouvera, comme nous, ses dessins très beaux.

* Marianne et moi, une libraire, une instit, une diplômée d’art plastique, une maman et une petite fille de 3 ans et demi.

Gabriel

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