La mare aux mots
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Delcourt

Des BD et encore des BD

Par 24 mars 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de BD lues récemment… et y’a du coup de cœur !

Hilda – T5 – La forêt de pierres
de Luke Pearson (traduit par Basile Béguerie)
Casterman dans la série Hilda
16 €, 220×300 mm, 80 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Kushi – T1 – Le lac sacré
Scénario de Patrick Marty, dessins de Golo Zhao
Les éditions Fei dans la série Kushi
9,50 €, 180×130 mm, 93 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Rose – T1 – Double vie
Scénario d’Émilie Alibert et Denis Lapière, dessins de Valérie Vernay
Dupuis dans la série Rose
12 €, 212×292 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
La différence invisible
Scénario de Julie Dachez, dessins de Mademoiselle Caroline
Delcourt dans la collection Mirages
22,95 €, 200×265 mm, 196 pages, imprimé en France, 2016.
Contes Arabes en bandes dessinées
Collectif
Petit à petit dans la collection Contes traditionnels en BD
14,90 €, 190×260 mm, 96 pages, imprimé en Italie, 2017.
Contes Asiatiques en bandes dessinées
Collectif
Petit à petit dans la collection Contes traditionnels en BD
14,90 €, 190×260 mm, 96 pages, imprimé en Italie, 2017.
Nowam – t1 – Par amour de l’art
de Téhem
BD Kids dans la collection Les héros Je Bouquine
9,95 €, 160×203 mm, 64 pages, imprimé en France, 2017.
Les Super Super – T4 – Capes sur le monde
Scénarios de Laurence Gillot, dessins de Lucie Durbiano
BD Kids dans la collection Les héros Astrapi
9,95 €, 160×203 mm, 64 pages, imprimé en France, 2017.
Ariol – T12 – Le coq sportif
Scénario d’Emmanuel Guibert, dessins de Marc Boutavant
BD Kids dans la collection Les héros J’aime lire
11,50 €, 160×203 mm, 128pages, imprimé en France, 2017.
Anatole Latuile – T10 – Sauve qui peut !
Scénarios d’Anne Didier et Olivier Muller, dessins de Clément Devaux
BD Kids dans la collection Les héros J’aime lire
9,95 €, 160×203 mm, 64 pages, imprimé en France, 2017.

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Des BD

Par 29 février 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de BD. Il y en a pour les plus jeunes… et pour les plus grand.e.s !

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Il n’y a pas de mots…

Par 5 juin 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose des ouvrages sans textes, alors ouvrez bien les yeux !

Un océan d'amourDans une petite maison accrochée à une colline bretonne, vivent un petit marin portant de grosses lunettes et sa femme bigoudène qui cuisine des galettes jambon-œuf-fromage au petit-déjeuner. Ce matin, le petit marin part au large, avant le lever du soleil, sur son modeste bateau qui ne pêche plus grand-chose. Et voilà qu’il croise la route d’un immense bateau de pêche qui le prend dans ses filets et l’emmène au loin. Le soir, sa femme l’attend en vain sur le port. Alors que tout le monde le pense perdu, elle garde espoir et décide de partir à sa recherche, quitte à traverser l’océan pour le retrouver.
Quelle merveille que cette bande dessinée muette ! Les illustrations sont magnifiques, très poétiques et délicates. Le scénario, drôle et original, est un peu loufoque par moment, ce qui lui donne tout son charme. Les deux personnages, portés chacun de leur côté par la force de l’amour qui les unit, sont adorables et très attachants : on vit, alternativement, l’angoisse de la femme qui cherche son mari et la détresse du mari perdu au milieu de l’océan. Tout l’ouvrage est d’une beauté assez magique !
Des extraits sur le site de l’illustrateur
Le même vu par Livresse des Mots et Dans la bibliothèque de Noukette

Monsieur Hulot à la plageMonsieur Hulot est de retour ! Cette fois, on le retrouve à la plage : son chapeau sur la tête, sa pipe à la bouche et ses éternelles chaussettes rayées aux pieds, il déplie tant bien que mal sa chaise longue et s’installe pour lire son journal. Mais bientôt, le ballon d’un petit garçon lui tombe dessus, une mouette lui vole sa chaussure, un cerf-volant se prend dans son journal et, alors qu’il se met à peine à l’eau, la pluie commence à tomber… Une journée bien mouvementée pour Monsieur Hulot, qui se terminera bien loin de là où elle a commencé !
La série mettant en scène le héros de Jacques Tati et imaginée par David Merveille, a commencé en 2006 avec Le Jacquot de Monsieur Hulot, un ouvrage très coloré. Face au succès du premier album, l’illustrateur a continué son exploration du monde de Tati jusqu’à ce quatrième album, qui imagine la rencontre entre Monsieur Hulot et un petit garçon sur la plage de Saint-Marc-sur-Mer, là où a été tourné le film Les Vacances de Monsieur Hulot. Tout en nuances de gris, l’album enchaîne les situations cocasses, fidèles à l’univers du réalisateur auquel il rend hommage. Alternant plans larges fourmillant de détails et zooms sur des scènes amusantes, l’illustration est très soignée. Les enfants prendront plaisir à observer les moindres recoins du dessin, repérant tel personnage, tel animal, tel objet au fil des lectures !
Le même vu par Chez Gaëlle la libraire

Le Pont des piratesQuels balourds, ces pirates ! Tout ce qu’ils veulent, c’est de l’or, même si pour l’obtenir, ils doivent détruire les totems de la tribu autochtone, défier des sirènes, voler les enfants, s’engager sur des ponts plus que précaires sous lesquels les attendent les crocodiles… Heureusement, ici, la chance ne sourit pas souvent aux méchants !
Dessiné en ombres chinoises (les silhouettes noires des personnes se détachent sur des fonds colorés), cet album enchaîne cinq petites histoires de pirates, mettant en scène ces personnages mythiques dans des situations rocambolesques et drolatiques. Bande dessinée sans texte qui prend place sur une île mystérieuse, l’ouvrage fait appel à l’imagination des enfants et des adultes pour décrypter les images et les scènes. Le traitement graphique, où des décors en dégradés de couleurs assez simples font ressortir des ombres noires plutôt détaillées, est très intéressant et assez inédit. Si vos enfants sont fans de pirates, c’est le cadeau idéal !

Un océan d’amour
Scénario de Wilfrid Lupano, illustré par Grégory Panaccione
Delcourt dans la collection Mirages
24,95€, 201×264 mm, 224 pages, imprimé en France, 2014.
Monsieur Hulot à la plage
De David Merveille
Le Rouergue
16€, 206×307 mm, 56 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.
Le Pont des pirates
De Vincent Wagner
Éditions du Long Bec
12,50€, 250×280 mm, 47 pages, imprimé en Union Européenne, 2015.

À part ça ?

Voilà un tout jeune blog qui s’attache à trouver et à mettre en avant des bibliothèques et des médiathèques innovantes : Let it bib !

Marie

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Encore des bandes dessinées

Par 13 mai 2014 Livres Jeunesse

Hier, je vous ai proposé onze BD, on continue aujourd’hui avec onze autres. Et vous en trouverez même trois pour vous dans le À part ça ?. Comme hier, cette chronique est croisée avec celle de Maman Baobab qui parle aussi de bandes dessinées aujourd’hui. Hier, on a parlé de BD pour enfants, aujourd’hui, ce sont plutôt des BD qui s’adressent aux adolescents (certaines sont même des BD pour adultes, mais lisibles par les ados, d’après moi).

La dernière BD d’hier parlait de la guerre, la première BD du jour aussi.

Éclats1946, la guerre est finie. Victor se remémore les moments passés avec Chris alors qu’il est devant sa tombe. Esther arrive dans le cimetière, il la croyait disparue avec sa famille. Il va lui raconter la guerre, ce qu’il a vécu et ce qui est arrivé à Chris. C’était en 1940…

La guerre aux Pays-Bas, un pays qui se pensait neutre et qui va être entraîné dans cette guerre pour laquelle il n’est pas préparé. En se basant sur la vraie Histoire (qui nous est rappelée en fin d’ouvrage avec de nombreuses photos et documents), Erik de Graaf nous raconte la guerre vécue par deux soldats. Leur quotidien, leurs espoirs. Une BD très graphique, très forte pour nous parler de gens normaux qui traversent une période noire de notre Histoire.
Un extrait sur le site de La pastèque.

le temps des mitainesIl se passe quelque chose à l’école des Mitaines où Arthur est nouveau : des enfants disparaissent. D’abord un seul, mais très vite un autre… puis un autre… tout le monde est inquiet, qui sera le prochain ? Faut-il fermer l’école ? Arthur va mener l’enquête accompagné de ses nouveaux amis : Pélagie la souris qui confond les mots, Kitsu la renarde mystérieuse, Gonzague, l’escargot qui parle comme un dictionnaire et Willo le ver luisant qui traduit quand Gonzague parle. Et forcément, c’est à l’école que l’enquête commence…

Le terme « roman graphique » est parfaitement adapté pour Le temps des mitaines, un magnifique ouvrage signé Loïc Clément et Anne Montel. Une vraie intrigue, une histoire pleine de suspense, des héros irrésistibles, de très nombreuses références… on se régale ! Je n’ai pas une grande culture BD, mais Le temps des mitaines ne ressemble à rien de ce que j’ai connu. Les auteurs ont vraiment créé un univers à part, un monde étrange où les habitations sont faites d’objets recyclés. On en vient à se demander si nos héros qui évoluent dans des maisons en pot de confiture ou en brique de lait ne sont pas des jouets, qu’on n’est pas ici dans la tête d’un enfant qui joue. Graphiquement c’est juste magnifique (Anne Montel…). On parle ici d’amitié, d’entraide, d’amour, du passage de l’enfance à l’adolescence… Une BD riche, passionnante, captivante… dont on espère fortement une suite !
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse et le même vu par Les riches heures de Fantasia.

Et puisque je parle de suite…

Quatre soeurs EnidEnid, neuf ans, est la plus jeune d’une fratrie de cinq sœurs. Elle adore les animaux comme sa chauve-souris Swift et son écureuil Blitz qui vivent dans le sycomore mort devant leur maison. Seulement le jour où une tempête arrache l’arbre, Enid aimerait bien savoir où sont passés ses amis, surtout, qu’elle entend des bruits terrifiants la nuit ! Autour d’Enid il y a ses sœurs, donc, Bettina, Hortense, Geneviève et Charlie, il y a les fantômes de ses parents, Basile, l’amoureux de Charlie et l’horripilante Tante Lucrèce, leur cotutrice légale qui, heureusement, ne vit pas avec elles.

Marianne vous avait déjà parlé (ici) du premier tome des Quatre sœurs, adaptation en BD des romans de Malika Ferjhoukh. Il était sorti chez Delcourt, il vient de ressortir chez Rue de Sèvres et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’est plus tout seul !
Le même vu par L’ivresse des mots (avec des extraits) et par Les riches heures de Fantasia.

Quatre soeur HortenseHortense écrit, elle remplit des pages entières de journal. Elle décide aussi de s’inscrire à un cours de théâtre surtout après que sa nouvelle amie Muguette, une jeune fille malade qui vit non loin de là, le lui a conseillé. Pendant ce temps, Bettina rencontre un jeune homme qui n’a pas le physique d’un prince charmant et se demande si elle est prête à s’afficher avec lui, affrontant ainsi les moqueries de ses amies.

Deuxième tome de l’adaptation BD des Quatre sœurs. On retrouve donc ici tous les personnages du livre précédent, on apprend à les connaître et l’on s’attache de plus en plus à eux. Car, malgré leurs caractères différents, elles sont attachantes les sœurs Verdelaine, c’est typiquement le genre de personnages qu’on aime retrouver, d’histoire en histoire, tome après tome. Je n’ai pas lu les romans originaux, mais ces BD donnent follement envie, pour prolonger le temps passé en leur compagnie et attendre, avec moins d’impatience, le tome 3 de la BD. Enid et Hortense sont deux BD absolument superbes, avec des personnages auxquels on devient vite accros.
Le même vu par Des livres, etc. et Chez Clarabel et des extraits sur BDzoom.

RETOUR AU CENTRE DE LA TERRE T01À bord de son bateau, un capitaine se lamente. Il se souvient de quand il officiait à bord de navires prestigieux, donnant des ordres à des marins dévoués. Aujourd’hui, ses voyages ne sont qu’ennuis… Ils ne vont pas l’être bien longtemps, car voici qu’un enfant arrive en courant, une femme armée à ses trousses. Il n’a pas le temps d’analyser la situation, un bruit énorme se fait entendre puis le bateau se retourne. Notre capitaine et son second, la femme et l’enfant sont les seuls survivants du naufrage. À bord d’une petite barque, ils se dirigent vers une île mystérieuse qui est apparue dans la mer… ils ne sont pas au bout de leurs peines…

Le chant des abysses est le premier tome de Retour au centre de la Terre, un remix d’un classique de Jules Verne (comme le dit le dossier de presse). Librement inspirée du célèbre roman (que je n’ai pas lu donc je serai bien en peine de comparer), c’est une aventure fantastique que nous propose Ludo Lullabi. Quitte à vous révéler un peu plus que le début (mais après tout, rien qu’avec le titre vous vous en doutez), nos voyageurs ne vont pas rester bien longtemps sur l’île, leur route va les mener sous la croûte terrestre, au centre de la Terre. Là, ils rencontreront des êtres très différents de nous. Une BD avec de très belles illustrations, qui devrait beaucoup plaire aux amateurs d’aventures et de SF.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

CET ÉTÉ LÀ HDCet été-là, comme tous les étés, Rose va en vacances dans la maison d’Awago Beach. Sur place, elle retrouve comme chaque année son amie Windy. L’âge de faire des châteaux de sable est passé, maintenant elles regardent des films d’horreur. Cet été-là, elles suivent ce qui se déroule dans la bande de jeunes du coin. Dud aurait mis enceinte Jenny. Un feuilleton d’été qui ne passe pas à la télé.

Gros coup de cœur pour Cet été-là. Graphiquement tout d’abord, les illustrations (généralement sous forme de cases, parfois pleines pages) sont superbes et Rue de Sèvres a fait un très beau travail sur l’objet (beau papier, couverture à rabat…). Ensuite, cette tranche de vie de deux adolescentes, qui ne se voient que l’été, qui ont une vie normale donc forcément touchante. Des parents qui ont vécu un évènement qui les a éloignés, une ado qui dit des choses blessantes à sa mère, une jeune fille qui se désespère d’avoir de la poitrine, une visite de musée annuelle qui finit par franchement lasser, des pères qui portent dans le lit parce qu’on s’est endormi dans le canapé, des chamallows grillés… Et puis, donc, ces inconnus qu’on croise le temps d’un été et dont on voit un moment de leur vie et dont on imagine le reste. Une histoire qu’on suit pour mettre du piment dans nos vacances, et dont on ne connaîtra jamais la fin. Une sublime BD drôle et émouvante sur l’adolescence, les vacances, la vie tout simplement.

MacanudoDes lutins, une fille et son chat, des pingouins, Liniers lui-même, des moutons ou encore le mystérieux homme en noir (qui est si mystérieux) sont les héros récurrents de Macanudo numéro 3.

Sorti aux éditions de La Pastèque, Macanudo numéro 3 par Liniers est une sorte d’ovni. Des strips surréalistes qu’on lit d’abord un peu sceptique, en se demandant où l’on essaye de nous entraîner… Puis très vite on devient accro, on sourit, on rit. Il faut donc un temps d’acclimatation à cet univers loufoque où les chats s’ennuient terriblement, où les nounours défendent les petites filles, où l’on apprend que c’est parfois en se cognant le pied qu’on cesse de croire en Dieu, où les éléphants tiennent en équilibre sur un œuf posé sur une allumette… mais tous ces exemples ne sont pas parlant, encore une fois c’est tout un univers, le genre de BD dans laquelle j’ai adoré me plonger… et dont j’ai du mal à vous parler, le genre d’expérience surréaliste que j’adore. Alors un seul conseil, plongez-y à votre tour !

san mao FeiSan Mao est un petit orphelin de Shanghaï qui a trois cheveux sur la tête (d’où son nom, San Mao veut dire 3 mèches). Au départ de ses aventures, on suit son errance dans les rues à la recherche de vêtements chauds, de nourriture, d’un toit. Puis il va sauver un enfant de la noyade et être adopté par la famille de cet enfant… mais très vite la maison de ses nouveaux « parents » est ravagée par un incendie et San Mao doit retourner à la rue. Sa vie sera faite de périodes plus gaies où il aura du travail et de périodes plus dures (il ira notamment en prison et volera pour le compte d’un adulte).

San Mao est un grand classique en Chine, un héros de BD que tout le monde connaît là-bas. Les éditions Fei sortent un condensé, sorte de best of de ses aventures dans un magnifique ouvrage. Peu de dialogues dans les aventures de cet orphelin qui vit dans une extrême pauvreté et côtoie des gens très riches. On voit d’ailleurs l’ironie de l’époque avec des gens qui nourrissent et habillent des chiens (et habillent même des arbres) pendant que San Mao est quasi nu dans le froid (et complètement affamé). C’est parfois assez violent, San Mao se prend des coups sans arrêt, se fait très mal, se fait même renverser par une voiture, mais l’enfant a, lui, le cœur sur la main et préfère partager avec les autres le peu qu’il a. Une très belle édition pour un classique de la BD chinoise.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Découpé en tranchesPetit, Philippe avait l’impression d’être un extraterrestre quand il regardait ses congénères. Pourtant il se sentait parfois le roi du monde, enfin le roi de SON monde, car une fois au jardin d’enfants il s’est rendu compte que les autres ne savaient pas qu’il était le roi… Puis il s’est trouvé une passion, le dessin et grâce à ça il a commencé à être respecté. En grandissant, il est même devenu dessinateur BD.

Bon, je dois vous avouer quelque chose… je n’avais jamais lu de Zep ! Non non même pas un Titeuf, même pas Le guide du zizi sexuel (que je veux lire depuis bien longtemps). Et quelle tranche (pour reprendre le titre) de rigolade ! Zep raconte donc sa vie, ses pensées, sa façon de voir le monde, sa famille. On voit par exemple le célébrissime illustrateur de Titeuf se faire complimenter par tout le monde quand à la maison personne n’a même pensé le regarder à la télé (y’avait Vidéo Gag, aussi…). Il nous explique aussi quels super pouvoirs il aimerait avoir… sauf qu’il se rend compte qu’en fait ça ne serait pas si génial… Ce n’est absolument pas pour les jeunes enfants, plutôt pour les ados (et surtout les adultes), on y parle même de sexe, de croire en Dieu, des films qui font peur, de ce qui fait pleurer… C’est très drôle, mais c’est également extrêmement touchant. Des tranches de Zep pour voir ce qu’il y a à l’intérieur de cet illustrateur que tout le monde connaît.
Des extraits sur un blog.

ROMAIN & AUGUSTINÇa y est, la loi est passée. Enfin, tout le monde est égal devant le mariage. Dans la rue des illuminés continuent de défiler, mais au moins ça y est, le mariage n’est plus réservé aux hétéros. Augustin a donc décidé, il va demander Romain en mariage. Acceptera-t-il ? Comment la mère d’Augustin, qui considère que l’homosexualité de son fils est une punition de Dieu suite à l’échec de son mariage, le prendra-t-elle ? De toute façon se marie-t-on pour les autres ?

Romain & Augustin, un mariage pour tous est une BD où fourmillent les personnages. Il y a donc le couple central, Romain et Augustin, les parents de Romain (qui sont plus peinés par le fait que leur fils soit de droite que par le fait qu’il soit homo), ceux d’Augustin (qui ne supportent pas que leur fils soit gay), la grand-mère de Romain qui est heureuse que la loi soit enfin passée, mais pense que le combat n’est pas fini, le cousin Dimitri qui filme la famille et recueille les confidences, l’ex de Romain qui va être papa… des personnages particulièrement bien croqués. Ce qui est passionnant dans cette histoire, c’est la réflexion sur le militantisme et le mariage, le mariage est-il un acte militant d’ailleurs ? Un couple homo doit-il se marier pour se venger de toute la haine qui a été déversée ces derniers temps ou seulement par amour ? On y voit aussi une bande les insulter et les frapper parce qu’ils sont homos, on voit, par le biais du cousin qui filme, ce que pense la famille de tout ça. François Hollande et Christiane Taubira sont largement évoqués, parfois critiqués. Même si là j’ai beaucoup moins accroché graphiquement, j’ai trouvé très intéressante cette BD à la fois militante et politique, mais surtout qui nous montre des gens qu’on pourrait croiser tous les jours avec leurs questionnements, leurs doutes, leur rapport à l’homosexualité. Cet ouvrage n’est pas sorti en jeunesse, mais peut aisément être lu par des ados.
Des extraits (et plus encore) sur le site de Nouvel Obs et le même vu par Batifolire.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne Montel (Le crafougna), Malika Ferdjoukh (L’assassin de papa, Sombres citrouilles, Les quatre sœurs, 4 saisons, bandes dessinées illustrées par Lucie Durbianon, Aggie change de vie et Quatre Soeurs, illustré par Cati Baur), et Soledad Bravi (Maman  Houtuva ?,Trop facile, la science !, Fruits légumes, Papa, Houêtu ? et Louise titi).

Éclats
d’Erik de Graaf (traduit par Arlette Ounanian)
La Pastèque
24,60 €, 172×240 mm, 263 pages, imprimé à Singapour, 2014.
Le temps des mitaines
Scénario de Loïc Clément, illustré par Anne Montel
Didier Jeunesse
14,90 €, 192×260 mm, 128 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Quatre soeurs, 1. Enid
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 151 pages, imprimé en France, 2014.
Quatre soeurs, 2. Hortense
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 153 pages, imprimé en France, 2014.
Retour au centre de la terre, 1 – le chant des abysses
de Ludo Lullabi
Glénat dans la collection Grafica
14,95 €, 240×320 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Cet été là
de Mariko Tamako et Jillian Tamako (traduit par Fanny Soubiran)
Rue de Sèvres
20 €, 185×255 mm, 320 pages, imprimé en France, 2014.
Macanudo Numéro 3
de Liniers (traduit par Jean-Paul Partensky)
La pastèque dans la série Macanudo
19,70 €, 222×217 mm, 92 pages, imprimé à Singapour, 2011.
San Mao Le petit vagabond
de Zhang Leping (traduit par Nicolas Henry et Si Mo), préfacé par Nicolas Finet
Les Éditions Fei
33 €, 235×175 mm, 414 pages, imprimé au Québec, 2014.
Découpé en tranche
de Zep
Rue de Sèvres
16 €, 242×290 mm, 100 pages, imprimé en France, 2014 (précédente édition 2006).
Romain & Augustin, un mariage pour tous
Scénario de Thomas Cadène, illustré par Didier Garguilo et Joseph Falzon
Delcourt dans la collection Mirages
17,95 €, 122×264 mm, 141 pages, imprimé en Belgique, 2013.


Ma famille zombieDans la famille de Riri (la panique) il y a Daï, le père qui aime dire « je compte jusqu’à 3 ! » pour se faire obéir, Rourou, la mère qui porte toujours des jupes et des collants couleur chair, Chenille, la grande sœur, qui aime Madonna et tout ce qui est rose, Polochon, la benjamine, qui adore Sissi l’impératrice et à toujours des pulls à manches trop longues et Riri (la panique), donc, qui ne se déplace jamais sans son Kiki ! Il y a aussi Popo et Fladaga, les deux seuls animaux qui ont survécu.

Difficile de résumer Ma famille Zombie de la géniale Éléonore Zuber… mais je peux vous dire que je me suis bien marré en lisant ce premier tome ! Ici, d’une famille un brin déjantée… qui nous fait forcément penser à la nôtre (sauf si vous avez grandi dans la famille Ricoré) ! Extrêmement drôle, mais pas seulement. En nous racontant son enfance, Éléonore Zuber nous rappelle beaucoup de souvenirs. Les voyages en voiture avec les enfants qui se chamaillent, les « han han » pour imiter les grands qui font l’amour, les animaux qui morflent de la naïveté des enfants… Mais on n’est quand même pas dans une BD sur la nostalgie un peu cucul (pas le genre d’Éléonore Zuber), non non ici c’est parfois cruel, on est faussement choqué, mais on rit énormément. Une super BD avec les dessins extraordinaires d’Éléonore Zuber pour ceux qui aiment se marrer. Extraits.
Ma famille zombie, tome 1, d’Éléonore Zuber, Cambourakis, 14€.

Le guide du mauvais pèreUn papa qui oublie de faire la petite souris, qui raconte à sa fille que si elle avale un noyau d’abricot un arbre va lui pousser dans le ventre, qui fait semblant de s’être coupé le bras alors qu’il est en train de tronçonner ou qui mange ses céréales en cachette pour que ses enfants ne lui en piquent pas, ça vous rappelle quelqu’un ?

On reste dans le même esprit que la BD précédente avec là encore un humour un peu noir. Le guide du Mauvais Père de Guy Delisle m’a également beaucoup fait rire. Ce père un peu gaffeur, un peu cruel (pour rire) m’a forcément fait penser à moi et je pense que certains d’entre vous se reconnaîtront. Comme pour le précédent, c’est le genre de livre où l’on rit franchement et où les gens autour de nous se demandent ce qu’on est en train de faire. Une petite BD sous forme de livre de poche vraiment très très drôle pour les amateurs d’humour un peu cruel. Extraits.
Le guide du mauvais père -1-, de Guy Delisle, Shampooing, 9,95 €.

La BD de SoledadUn an dans la vie de Soledad Bravi. Soledad nous explique pourquoi elle ne couchera pas avec Ryan Gosling ou Michael Fassbender, se demande ce qu’est une fille « bonne », nous montre pourquoi Angelina Jolie n’a pas une vie facile, elle observe les ados, les gens dans le métro, parle de la rentrée scolaire ou des soldes…

On change un peu d’univers, mais là encore j’ai beaucoup ri. Même si l’on n’a pas la vie de Soledad Bravi (ce qui est mon cas), on reconnaît des éléments de notre quotidien, des choses qui nous agacent (les enfants des autres, les recettes qui ne ressemblent pas à la photo…) ou nous mettent en joie (nos enfants à nous… parfois…). De grandes planches qui sont sorties dans Elle de mai 2012 à mai 2013 où l’on parle enfants, beauté, shopping et où l’on critique un peu les autres… vous risquez, comme moi, de bien vous amuser !
La BD de Soledad, la compile de l’année, de Soledad Bravi, Rue de Sèvres, 12,50 €.

Gabriel

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Ça pique un peu…

Par 27 mai 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on s’intéresse à des livres que j’adore, ceux à l’humour un peu piquant, loin de toute mièvrerie. Ce genre d’album qui fait autant marrer les parents que les enfants.

On commence avec un tout nouveau héros, Kiki de Vincent Malone.

kiki king banquiseTout commence sur la banquise, quand un pingouin fit un clin d’œil coquin à une madame pingouin… et c’est le coup de foudre ! De cette union naît Kiki, un petit pingouin énergique et casse-cou. Mais un jour, suite à un craquement de banquise, Kiki est séparé de ses parents… le voilà parti pour de grandes aventures !

Le 1er épisode de la série culte encore inconnue ! nous prévient le bandeau, Kiki King de la banquise est un album très drôle, complètement crétin (dans le bon sens du terme, si si y’en a un). On rit vraiment des jeux de mots, des situations,… Il y a des tas de petit plus comme un avant-propos très drôle « ce qu’il faut savoir par cœur pour comprendre », une frise historique sur laquelle est placée la vie de Kiki. Vincent Malone joue avec les sons et son texte est bourré d’allitérations (Là, Kiki fait le casse-cou avec une catapulte et des cailloux), Jean-Louis Cornalba truffe ses images de petits détails drôles, bref on se marre bien en lisant Kiki King de la banquise (et y’a même des petits messages écolos) !

Kiki fait cacaOh Kiki est bizarre… il est rouge et crispé… mais que se passe-t-il ? Il reste bloqué, accroupi et pendant ce temps des requins passent et repassent sous sa mini-banquise… Ah… Kiki fait caca…

Je vous raconte un peu la chute de Kiki fait caca dans mon résumé mais elle est dans le titre ! On retrouve le même humour, le même grain de folie dans la suite des aventures de Kiki (ici le bandeau prévient Si vous avez aimé Huis clos de Jean-Paul Sartre, vous allez adorer Kiki fait caca !), et je dirai même que ce tome 2 est plus drôle que le tome 1 (mais je suis très humour sur le caca…). Et puis qui ne s’est pas demandé pourquoi son enfant avait arrêté toute activité et paraissait tout à coup hyper concentré… jusqu’à s’apercevoir qu’il allait bientôt falloir changer sa couche… ?

Kiki king de la naquiseUn nouveau héros, une nouvelle série dans laquelle Vincent Malone ose tout (faire des référence au tome 2 dans le tome 1, des bandeaux absurdes, des requins coprophages (oui on apprend aussi du vocabulaire),…) et ça fait drôlement du bien ! Le tome 3 arrive… vivement !

Dans Kiki fait caca, le narrateur s’adresse au personnage principal qui fait face au lecteur, principe que j’adore et qui est aussi utilisé dans les Emile.

Emile se déguiseC’est carnaval, faut se déguiser ! Emile n’a pas envie… si c’est pour être encore en prince charmant ou en tomate… on le comprend ! Allez Emile fait un effort… ok Emile veut bien mais c’est lui qui choisit son déguisement !

Avec Emile on ne s’ennuie jamais, on ne devine jamais ce que va nous faire ce petit garçon ! J’adore ce personnage (je vous avais déjà parlé de Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre), c’est drôle, bien écrit, décalé,… c’est une des meilleures séries actuelles (ce n’est pas un hasard si le premier tome a reçu le prix sorcière). Un album plein d’humour, c’est comme ça et pas autrement !

LES SOEURS TSSSForcément quand on parle d’humour piquant on pense à Estelle Billon-Spagnol !

Ne croyez pas la première page de cet album, non les sœurs Tsss ne sont pas deux petites filles absolument charmantes (d’ailleurs quelqu’un a eu la bonne idée de rajouter « faux » sous le texte), les sœurs Tsss sont plutôt des pestes qui la ramènent en permanence, savent tout mieux que tout le monde et se moque du physique de leur camarades… alors vraiment il faudrait être tordu pour les trouver absolument charmantes !

soeurs TSSSAh que j’aime les albums avec des pestouilles comme Les sœurs Tsss (ou comme Emile), des personnages hilarants en albums mais qu’on ne souhaiterait pas avoir comme enfant (quoiqu’un peu de caractère c’est bien aussi). Et qui sait mieux qu’Estelle Billon-Spagnol les croquer ? Un album très drôle, légèrement politiquement incorrect comme on les aime. Entrez dans l’univers des sœurs Tsss, vous ne le regretterez pas. Quoique…

Avril le poisson rougeAvril est un poisson rouge qui a eu une adolescence difficile (ses parents étaient aqualitiques), il aimerait s’enfuir de son bocal.

Avril, le poisson rouge est aussi un album très drôle, assez difficile à résumer (comme vous pouvez le voir plus haut…). Chaque planche est hilarante (et très graphique). Quelques exemples pour que ça soit plus parlant, quand on nous dit que ses parents sont passés à autre chose on voit deux sushis à côté du bocal d’Avril, un canard en plastique flotte dans le bocal quand on nous dit qu’il aimerait dompter des bêtes sauvages,… c’est subtil, drôle, piquant et très esthétique. Je suis fan d’Avril.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Vincent Malone (Papa, Houêtu ?, Maman  Houtuva ? et Quand Papa était petit y avait des dinosaures),  Vincent Cuvellier (La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre), Ronan Badel (Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé) et Estelle Billon Spagnol (La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok. Nous avons aussi interviewé Estelle Billon-Spagnol.

Kiki King de la banquise
de Vincent Malone, illustré par Jean-Louis Cornalba
Seuil Jeunesse dans la collection L’ours qui pète
8,90€, 217×219 mm, 38 pages, imprimé en Italie, 2013.
Kiki fait caca
de Vincent Malone, illustré par Jean-Louis Cornalba
Seuil Jeunesse
dans la collection L’ours qui pète
5,90€, 166×168 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013
Emile se déguise
de Vincent Cuvellier, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la série Emile
6€, 175×206 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Les soeurs Tsss
d’Estelle Billon-Spagnol
Auzou dans la collection Auzou-bidule
6,50€, 190×145 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013
Avril le poisson rouge
de Marjolaine Leray
Actes Sud Junior
11,50€, 157×158 mm, 40 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

We are familyEt puisqu’on parle d’humour pour les enfants… parlons d’humour pour les grands… à propos des enfants. We are Family est une BD qui vient de sortir, écrite par Marie Pavlenko, illustrée par Teresa Valero, elle nous parle du quotidien d’un couple et de leurs deux fils (communément appelés Têtard et Mini Troll) et c’est tout simplement hilarant. Hilarant mais pas seulement, car entre les sorties gênantes des enfants en public, leurs réparties qui nous laissent sans voix et les scènes tordantes du quotidien (sur le papier, car un peu plus crispantes quand on les vit) il y a les scènes de tendresse (ah quand un enfant vous dit qu’être près de vous lui donne des petits frissons ou qu’on est son gros cœur de la galaxie...). We are Family n’est vraiment pas que drôle, on y reconnaît parfaitement nos quotidiens avec nos enfants, parfois attendrissants parfois crispants. Marie Pavlenko nous livre ses petites anecdotes qui sentent le vécu, qui nous font sourire, nous mettent une larme au coin de l’oeil… et nous font nous sentir moins seuls. Une des plus jolies BD que j’ai lu sur le sujet, parce que ses auteurs n’ont pas essayé de faire de l’humour à tout prix, à toutes les pages, mais vraiment nous parler du quotidien, de nos vies.
Vous pouvez lire les premières planches sur le site Bedetheque.com.
We are family de Marie Pavlenko, illustrée par Teresa Valero, Delcourt, 13,95€, 2013.

Gabriel

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