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Dis… c’est quoi ton métier ?

Dis… c’est quoi ton métier ? Programmateur-programmatrice d’un salon jeunesse avec Sophie Gauthier et l’équipe organisatrice du Salon du livre jeunesse de l’Océan Indien

Par 21 août 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : après les vendeurs/vendeuses de droits à l’étranger, les fabricant-e-s, les graphistes, les attaché-e-s à la promotion des auteurs, les maquettistes et les personnes qui nous parlent des livres à la radio, cette semaine nous nous intéressons aux programmateur-programmatrice d’un salon jeunesse. J’ai posé des questions à l’une d’entre elle (en espérant qu’une deuxième personne répondra bientôt également à ces questions), Sophie Gauthier de la Fête du livre de Merlieux. Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Sophie Gauthier

fête du livre de MerlieuxComment définiriez-vous « Programmateur d’un salon de littérature jeunesse » ?
Pour moi un programmateur de salon de littérature jeunesse est la personne qui – en fonction du cahier des charges du Salon (ou de la Fête !) du livre (thématiques, dates, « esprit », demandes du public…) – dresse la liste des auteurs et illustrateurs à solliciter, prend les contacts, s’assure de leur disponibilité, organise leur planning durant la manifestation et contribue à la mise en place des animations… Le jour de la manifestation le programmateur accueille les auteurs-illustrateurs invités, veille à l’organisation harmonieuse des rencontres.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?
Très honnêtement je ne sais rien de la formation requise pour exercer ce métier ! Je suppose que des études de lettres seraient un bon préalable, suivies par une formation aux Métiers du Livre…
Quant à mon propre parcours, c’est avant tout celui d’une lectrice ! Je n’ai pas de formation spécifique pour la programmation.
En tant qu’enseignante d’école maternelle et formatrice à l’IUFM j’ai tenté de partager les richesses de la littérature jeunesse (je n’aime pas tellement cette dénomination !). La nécessité de trouver des textes accessibles à des niveaux de lecture et à des types de lecteurs différents m’a conduite à explorer le vaste champ des albums, romans… de littérature que l’on appelle « enfantine ».
Œuvrer pour la Fête du livre de Merlieux c’est dans la continuité des actions menées auprès des publics scolaires, étudiants, dans les classes… etc…

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
Ce n’est pas mon métier ! Je participe en tant que bénévole à l’organisation de la Fête du livre de Merlieux, plus particulièrement aux activités de programmation (avec d’autres bénévoles). Je peux y consacrer beaucoup de temps car je suis retraitée. Si je devais travailler à côté… j’imagine que ce serait « rock’n roll » par rapport à ma disponibilité ! Les personnes de notre association qui exercent toujours un métier ne disposent pas de suffisamment de temps pour assurer le suivi de toutes les actions à mener pour la préparation et l’organisation de notre Fête.
Oui, décidément, pour moi c’est un métier qui doit s’exercer à plein temps !

Fête du livre de MerlieuxQui sont vos interlocuteurs ? Êtes-vous démarchée par des auteurs ? Des éditeurs ?
Dans le Pôle Littérature-Jeunesse nos interlocuteurs sont le plus souvent directement les auteurs et illustrateurs. Mais il ne faut pas oublier les écoles, les structures de l’Éducation Nationale et les « institutionnels », Communauté de Communes, Conseil Général, Conseil Régional, Mairie… les organismes qui financent !
Nous avons effectivement des demandes d’auteurs pour participer à notre fête du livre et quelquefois des demandes d’éditeurs.

 Vous arrive-t-il de blacklister des gens ? (auteurs, illustrateurs, maisons d’éditions)
« Blacklister » le mot est peut-être un peu fort… mais nous opérons une sélection, oui.

Avez-vous une totale liberté sur le choix des invités ? Comment les choisissez-vous ?
Notre liberté n’est limitée que par les contraintes définies par le cahier des charges et le budget : équilibre entre le nombre d’auteurs et le nombre d’illustrateurs ; équilibre entre les différents âges (de la petite section de maternelle jusqu’à la 6ème) ; nombre d’invités à limiter (une dizaine en général) ; une diversité de travail, de genre, de style.
Notre premier critère de choix est la connaissance que nous avons de leur travail, en prenant en compte les contraintes définies ci-dessus. Et puis des éléments « indépendants de notre volonté » peuvent faire évoluer nos choix : la disponibilité des uns et des autres, leur envie de venir ou revenir à Merlieux, leur actualité éditoriale…

Fête du livre de MerlieuxOù et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)
Nous avons un local (la bibliothèque communale Régine Deforges de Merlieux). Je travaille autant chez moi que là-bas… mais à partir du 1er septembre je suis plus souvent à Merlieux !

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis bénévole comme tous les membres de notre association. Seuls les déplacements nécessités pour le transport des auteurs-illustrateurs d’une école à l’autre sont remboursés… en partie.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Il y a des idées reçues sur le métier de programmateur ? Et puis d’abord c’est un métier ça ?

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Pfffff… Une quantité industrielle ! Les rencontres, le sentiment de contribuer à une dynamique, travailler au développement de la littérature, du livre et de la lecture, le fait d’apprendre tous les jours, les liens qui se créent et qui perdurent, les sourires des élèves qui rencontrent un auteur « en vrai », le partage du bonheur de la découverte d’albums que l’on aime, la satisfaction d’avoir fait vivre des moments extraordinaires aux publics, le plaisir de faire découvrir une fête du livre atypique aux auteurs et illustrateurs, les amitiés qui se tissent, la découverte des univers des auteurs et illustrateurs…. Liste non exhaustive !

Et quels sont les mauvais côtés ?Fête du livre de Merlieux
Le possible manque de réactivité de quelques interlocuteurs (absence de réponse des auteurs et illustrateurs sollicités mais il est vrai que cela arrive rarement en littérature-jeunesse c’est plus courant en littérature générale où nous avons surtout affaire aux agents)
C’est une activité extrêmement chronophage. Dès le mois de janvier il me semble être entièrement absorbée par la préparation de la fête du livre. A partir du mois de juin ce n’est plus une impression !
Mais le pire des mauvais côtés c’est sans doute notre impossibilité à contrôler la météo le jour de la manifestation !!!

Quelle est la spécificité du salon dont vous vous occupez ? Parlez nous de ce salon.
La toute première chose, c’est qu’à Merlieux il s’agit d’une Fête du livre et pas d’un Salon. Nous tenons beaucoup à cette dénomination à cause – bien sûr – du côté festif qui y est sous-entendu mais aussi parce qu’historiquement la Fête du livre avait lieu le jour de la fête communale. Encore aujourd’hui, il reste un manège pour les enfants près du pôle de littérature jeunesse.
Nos objectifs généraux : Mettre à l’honneur le livre et ceux qui les écrivent ou les illustrent. Développer et faire vivre la culture, la littérature et la lecture dans un milieu rural. Favoriser la rencontre entre les auteurs et les lecteurs. Valoriser et faire connaître les lieux de lecture publique.
Je crois qu’une des spécificités de la Fête du Livre de Merlieux c’est le décalage qui existe entre ce tout petit village (250 habitants) et l’importance de la manifestation, importance en nombre de visiteurs (en moyenne 8 à 9000), importance qualitative et quantitative des auteurs présents. C’est souvent entre quarante et cinquante auteurs qui se répartissent sur trois pôles : Littérature Générale et B.D., Littérature Jeunesse et Environnement.
Le même jour, une année sur deux, Merlieux accueille également le SLA (Salon du Livre Anarchiste) organisé par le Groupe Kropotkine.
Fête du livre de MerlieuxC’est réellement une grande fête ! Avec des ateliers autour des métiers du livre (typogravure, papiers marbrés, calligraphie…), des animations (débats, musique, poésie, lectures, spectacle de rue…), une centaine d’exposants (éditeurs indépendants, auteurs, associations, bouquinistes, libraires…).
Une autre des spécificités de Merlieux c’est l’organisation « bicéphale » : la Communauté de communes et les institutionnels (conseil général, conseil régional…) qui sont les organismes financeurs et qui gèrent la logistique, les exposants et la communication et l’Association des Amis de la Fête du Livre qui s’occupe de la programmation, des interventions, d’une partie de la communication et de la mise en œuvre.
Nous essayons de faire vivre cette fête de la lecture toute l’année en intervenant au Centre pénitentiaire de Laon, dans les écoles, les lycées et collèges et les bibliothèques du territoire.
Par ailleurs la Semaine Jeunesse (qui précède le jour J) est organisée de façon à ce que les élèves de nombreuses classes rencontrent auteurs et illustrateurs et soient familiarisés avec leurs œuvres. Les auteurs et illustrateurs sont hébergés durant toute la semaine avec des repas pris en commun, des soirées de discussions et d’échanges… Tout cela favorise les rencontres, les liens… et les rires !
Bref « l’esprit de Merlieux » c’est la convivialité, la simplicité, la chaleur humaine et l’amour de toutes les littératures !

Le site de La fête du livre de Merlieuxhttp://www.fete-du-livre-merlieux.fr
Cette année la fête aura lieu le 29 septembre et recevra, entre autres, Jeanne Ashbé, Gilles Bachelet, Benoît Broyart, Valérie Dumas.


Dis c’est quoi ton métier… l’équipe organisatrice du Salon du livre jeunesse de l’Océan Indien

Salon du livre de jeunesse de l'océan IndienComment définiriez-vous « Programmateur d’un salon de littérature jeunesse » ?
Tout d’abord, le terme programmateur n’est pas celui que nous utilisons. Nous parlons plutôt d’organisateur d’un Salon jeunesse. La tâche est vaste :

  • faire des dossiers de subventions,
  • établir un choix d’auteurs (auteurs métropolitains et locaux), les contacter, organiser le déplacement aérien et sur place, l’hébergement des écrivains de métropole et de la zone Océan Indien
  • mettre en place différents concours en lien avec notre manifestation (prix littéraires, concours pour l’affiche du Salon),
  • communiquer (médias divers),
  • travailler avec le rectorat pour l’inscription des établissements à la manifestation,
  • organiser un comité de pilotage trimestriel qui regroupe les partenaires institutionnels, les libraires, les éditeurs et les associations qui œuvrent en direction de la lecture,
  • rédiger des dossiers de presse,
  • mettre en place de formations en direction des professionnels du livre et des enseignants,
  • établir les quelques 300 plannings de rencontres classe/auteur, classe/atelier, classe/spectacle

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?Salon du livre de jeunesse de l'océan Indien
Difficile de répondre à cette question, nous sommes une équipe de 7 personnes, toutes enseignantes documentalistes. Nous n’avons pas de formation spécifique et ce qui nous réunit et nous fait avancer, c’est la passion pour la littérature de jeunesse.

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
En ce qui nous concerne, ce n’est pas du tout un métier, nous sommes toutes bénévoles et nous préparons cet événement les mercredis, samedis et dimanches. Excepté l’une d’entre nous qui est à la retraite anticipée, tous les membres de l’équipe sont en poste dans des CDI de collège et de lycée. Mais la masse de travail est énorme et pourrait nécessiter un emploi à temps complet.

Qui sont vos interlocuteurs ? Êtes-vous démarché par des auteurs ? Des éditeurs ?
Il y a bien sûr les institutionnels, nos financeurs : mairie, Région, Département, DAC OI (équivalent de la DRAC), Communauté de communes, l’Académie, et différents organismes. Puis les éditeurs et les libraires. Nous sommes contactés régulièrement par des auteurs et des éditeurs, il faut dire que la destination Réunion attire et notre Salon commence à être connu et reconnu pour sa qualité…

Vous arrive-t-il de blacklister des gens ? (auteurs, illustrateurs, maisons d’édition)
Notre Salon fait partie de la fédération des Salons et fêtes du livre jeunesse et au sein de la fédération nous échangeons conseils et avis sur des choix d’auteurs.

Salon du livre de jeunesse de l'océan IndienAvez-vous une totale liberté sur le choix des invités ? Comment les choisissez-vous ?
Oui, nous invitons des auteurs de notre choix en respectant bien sûr un certain équilibre : entre illustrateurs et écrivains, en fonction du public (de la petite enfance à l’adolescence), mais nous veillons également à la répartition éditoriale.
Nous invitons une quinzaine d’auteurs de métropole, quelques auteurs de l’Océan Indien (Maurice, Les Comores, Mayotte, Madagascar) et tous les auteurs jeunesse de La Réunion qui souhaitent participer au Salon.
Nous allons chaque année au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, et là nous rencontrons des auteurs que nous connaissons, mais c’est l’occasion aussi de découvertes.

Est-ce que c’est facile de faire venir les auteurs dans un salon aussi loin de la métropole ?
C’est tout d’abord un coût élevé donc nous devons nous assurer de bien avoir les subventions attendues ; trouver des auteurs qui veulent venir sur notre île ne pose aucun problème même si certains refusent par crainte de l’avion ou de la chaleur. Le plus gros souci est le transport aérien et toute la logistique à mettre en place pour les recevoir le mieux possible, car ils restent une semaine.

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)Salon du livre de jeunesse de l'océan Indien
Nous n’avons pas de locaux spécifiques malheureusement et nous travaillons chez les unes et les autres. À l’approche du Salon, chez certaines, c’est un vrai chantier…

Comment est calculée votre rémunération ?
Nous ne sommes pas rémunérées, nous sommes toutes bénévoles. Par contre, quand 2 ou 3 d’entre nous vont à Montreuil en décembre, tout est pris en charge par l’association. Le rectorat de La Réunion nous accorde quelques heures supplémentaires (mais bien sûr pas à celle qui est à la retraite)

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Comme je le disais précédemment, ce n‘est pas notre métier et pour ce qui nous concerne, il y a peu ou pas d’idées reçues véhiculées sur l’île, ou ce n’est pas arrivé jusqu’à nous…

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Première chose, l’aventure collective, la liberté de mettre en place cette manifestation avec nos envies, nos priorités et la possibilité d’innover et d’évoluer sans cesse. Le plaisir de voir les foules d’élèves, d’enseignants, le public en général venir à notre manifestation et en être satisfaits… et la richesse des rencontres et échanges avec les auteurs.

Salon du livre de jeunesse de l'océan IndienEt quels sont les mauvais côtés ?
Peut-être le stress qui peut être très important à l’approche du Salon, les remarques désagréables non justifiées, les annulations de dernière minute, devoir relancer régulièrement certaines personnes, faire la course aux subventions et devoir expliquer et re-expliquer les mêmes choses… Parfois aussi la non-reconnaissance de cet immense travail de la part de notre hiérarchie.

Quelles sont les spécificités de votre salon ?
La première spécificité c’est d’être l’unique Salon jeunesse sur l’île, ensuite, le nombre important et la qualité de préparation des rencontres auteurs/classes et l’accueil des scolaires qui viennent de toute l’île. Ainsi, ce Salon n’est pas seulement un temps de regroupement des professionnels de la chaîne du livre (auteurs, éditeurs, libraires…), mais aussi et surtout un temps de travail sur les livres avec pour aboutissement la rencontre de l’auteur dont les élèves ont étudié le livre en amont. Autre spécificité : un Salon organisé entièrement par des non-professionnels, des bénévoles dont ce n’est pas le métier. Enfin ce Salon permet à tous les auteurs jeunesse de l’île de faire connaître leur travail.

Le site de d’ADBEN et la page facebook du salon du livre jeunesse de l’Océan Indien.

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Dis… c’est quoi ton métier ? Fabricant-e dans l’édition avec Lison D’Andrea et Nadège Grézil

Par 7 août 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : après les graphistes, les attaché-e-s à la promotion des auteurs, les maquettistes et les personnes qui nous parlent des livres à la radio, cette semaine nous nous intéressons aux fabricant-e-s. J’ai posé des questions à deux d’entre elles, Lison D’Andrea (Belin) et Nadège Grézil. Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Lison D’Andrea

Comment s’appelle votre métier ?
Mon métier est fabricante dans l’édition, je le précise car ce métier existe également dans l’imprimerie où il recouvre une réalité un peu différente.

En quoi consiste-t-il ?
Théoriquement, le fabricant est la personne responsable du livre en tant qu’objet, c’est-à-dire de ce à quoi l’objet va ressembler : son format, son façonnage, son impression, son support de fabrication (le plus souvent du papier, ou plutôt des papiers)… et tous les aspects techniques en lien avec la production du livre (jusqu’aux aspects logistiques)…
C’est un métier complexe, qui combine des compétences très variées, à la fois techniques et commerciales car bien évidemment, le fabricant se doit de fabriquer le plus beau livre au plus faible coût. Ainsi une partie de son travail consiste à négocier les prix auprès des divers fournisseurs (papetier, imprimeur, façonnier, presseur de CD ou DVD, fabricant de PLV…).
En théorie, le fabricant effectue le suivi du livre de son élaboration (si c’est une nouveauté bien sûr), jusqu’à sa livraison (chez le distributeur le plus généralement). Par son expertise, il conseille l’éditeur et/ou le maquettiste pour concevoir un livre dont la forme soit cohérente avec son contenu et son public.
Selon la taille de la maison d’édition, il peut également être responsable de l’achat du papier nécessaire à l’ensemble des publications (responsabilité qui m’incombe aux Éditions Belin).
Au moment de la finalisation des fichiers, le fabricant vérifie que ceux-ci sont « imprimables » (qu’il n’y a pas de problème de définition des images, de fonds perdus, de problème de surimpression…).
Il peut également être en charge de la photogravure, qui consiste à « ajuster » les images avec le photograveur, notamment au support d’impression (des images devant s’imprimer sur un papier couché brillant, comme un « papier glacé » de magazine, ou sur un papier journal devront subir un traitement numérique différent). Les épreuves certifiées qu’impriment ensuite le photograveur serviront de guide à l’imprimeur lorsqu’il imprimera le livre en machine.
Reste la production à proprement parler, durant laquelle le fabricant valide les « traceurs », se déplace parfois chez l’imprimeur au moment du « calage » pour valider le « Bon à Tirer » en machine et enfin contrôle les exemplaires justificatifs qu’il reçoit afin d’accepter ou refuser la livraison du tirage.
Mais une grande partie du travail du fabricant sort de ce cadre théorique, car comme dans toute production de type industriel, il y a toujours des imprévus, des problèmes techniques, et des retards divers et variés qu’il faut gérer, évidemment en urgence.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Par le passé il me semble que c’était un métier qui s’apprenait « sur le tas ». Aujourd’hui il existe des BTS et Master d’édition qui forment au métier de fabricant. Personnellement,  j’ai été maquettiste avant d’être fabricante,  puis ai suivi une formation de fabrication de 6 mois à l’Asfored, par curiosité tout d’abord mais aussi afin d’élargir mon horizon professionnel et mes compétences.

Est-ce un métier qui s’exerce à plein temps ou faites-vous autre chose ?
C’est un métier à plein temps bien que je travaille bénévolement durant mon temps libre pour une autre maison d’édition (Éditions FRMK, beaux-livres et bande dessinée).

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
Nos interlocuteurs essentiels sont les imprimeurs et les éditeurs, notre travail est de faire le pont entre ces 2 mondes dont les impératifs ne sont parfois pas toujours compatibles et qui ne parlent pas vraiment le même langage.
Je dois ajouter, au vu de ma propre expérience, que la place et l’importance du service fabrication sont très variables selon les maisons, leurs histoires, leurs organisations internes.

Travaillez-vous pour plusieurs maisons d’éditions ?
Comme dit précédemment, je suis salariée uniquement par les Éditions Belin, mais par ailleurs je fais partie depuis 5 ans des Éditions FRMK, qui représentent ma « famille éditoriale », ce pourquoi, à mon niveau, faire des livres a du sens.
J’ajouterais que c’est un métier qui se pratique également en freelance.

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Le service Fabrication Belin est situé au sein de la maison d’édition, rue Férou dans le 6ème arrondissement de Paris.

Comment est calculée votre rémunération ?
Notre rémunération est fixe, il s’agit tout simplement d’un salaire.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je crois malheureusement (ou heureusement), qu’il y a très peu d’idées reçues sur mon métier car celui-ci est très peu connu.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Les plaisirs de la fabrication sont liés à sa dimension « technico-créative ». Nous sommes en effet souvent confrontés à des contraintes ou des problèmes (budgétaires, techniques, logistiques) et le « jeu » du fabricant est d’arriver à trouver la (ou les) solution(s) qui rendront le projet réalisable (ce qui peut parfois s’avérer être un vrai casse-tête ou simplement quelque chose d’impossible, et c’est aussi notre rôle de l’expliquer à l’éditeur).
Un autre des plaisirs principaux de la fabrication est d’aller en « calage », c’est-à-dire chez l’imprimeur au moment où il « roule » le livre sur sa machine d’impression. Nous contrôlons ainsi la qualité de l’impression (chromie, repérage…) et effectuons les réglages nécessaires avec le « conducteur » de la machine. C’est l’occasion pour moi de sortir de mon univers quotidien pour passer du temps dans un monde qui m’est complétement étranger, ce que je trouve très agréable.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Je dirais, à un niveau personnel, que les mauvais côtés sont liés aux aspects comptables essentiellement, qui peuvent être assez lourds dans les maisons d’édition de grande taille : contrôle de la facturation, passage de commande sur des logiciels de gestion complexe (ERP)…

Le site des éditions Belin : http://www.editions-belin.com et celui des Éditions FRMK : http://www.fremok.org


Dis c’est quoi ton métier… Nadège Grézil

Nadège GrézilComment s’appelle votre métier ?
Fabricant/Fabricante

En quoi consiste-t-il ?
Faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur de la maison d’édition pour faire d’une idée un objet, en  trouvant les meilleurs fournisseurs (photograveur pour le traitement de l’image, imprimeur et relieur pour l’objet final) et en établissant un planning déterminé par la date de sortie du livre.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Je ne suis plus trop au fait des nouvelles formations, il existe des BTS Fabrication et des DUT, pour ma part un DUT Métiers du livre-spécialisation Édition ( il y a presque 25 ans maintenant !)

Est-ce un métier qui s’exerce à plein temps ou faites-vous autre chose ?
A plein temps.

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
Essentiellement, les éditrices/éditeurs et les graphistes mais parfois je rencontre les illustrateurs pour certains dossiers où ils sont-particulièrement présents et/ou sollicités (plus souvent le cas pour les livres Jeunesse), plus rarement les auteurs. Je suis à leur service pour trouver ce qui correspond le mieux à leur demande.

Travaillez-vous pour plusieurs maisons d’éditions ?
Parfois pour des filiales (au sein d’un même groupe).

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Dans la maison d’édition avec l’ordinateur (mise en réseau des informations, échanges de mails) et le téléphone !

Comment est calculée votre rémunération ?
En fonction du niveau de qualification et de la convention collective de l’Édition.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
L’avis de la dernière étape à peu d’importance. Un fabricant est « une source de stress »  pour les autres intervenants !

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Les livres pour enfants offrent une grande variété graphique et plus de créativités techniques.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Faire respecter les plannings et faire prendre en compte les temps de fabrication et ce n’est pas toujours une science exacte !

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Dis… c’est quoi ton métier ? Graphiste avec Natacha Kotlarevsky et Audrey Simon

Par 31 juillet 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : la semaine dernière nous vous avons présenté des attaché-e-s à la promotion des auteurs, la semaine d’avant c’étaient des maquettistes, celle d’encore avant deux personnes qui nous parlent des livres à la radio, cette semaine nous nous intéressons aux graphistes. J’ai posé des questions à deux d’entre elles, Natacha Kotlarevsky (Tourbillon) et Audrey Simon (freelance). Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Natacha Kotlarevsky

Natacha KotlarevskyEn quoi consiste le métier de « graphiste » ?
Le métier du graphiste est très vaste. Pratiquement tout ce qui est imprimé passe par l’ordinateur d’un graphiste. Le travail dans l’édition est assez spécifique. Surtout pour l’édition jeunesse. Je suis toujours à la recherche de nouveaux illustrateurs, de nouvelles « pattes », de nouveaux talents. Pour chaque livre, je prépare une « pré-maquette », une première version du livre, avec le texte mis en place et les emplacements pour les illustrations. Je reçois les crayonnés de l’illustrateur, que je mets en place. L’éditrice et l’auteur les regardent, font des remarques de cohérence texte-images. Je fais aussi des remarques. L’illustrateur reprend ses crayonnés, et fait ensuite la mise en couleur. Je finalise ensuite le livre qui sera envoyé à l’imprimeur.
Voilà pour le processus, grosso modo…
Chez Tourbillon, nous avons beaucoup développé les « livres-objets », des livres avec des peluches, des autocollants, des coffrets avec des minis-livres… ce sont des livres assez complexes à réaliser !
Mon travail consiste aussi, avec celui de l’illustrateur, à donner une identité graphique au livre, en fonction aussi de l’âge du lecteur, de son domaine : album/documentaire/petite enfance…

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Personnellement, je n’ai pas de formation ! J’ai commencé à travailler dans la presse. J’allais chez les imprimeurs, chez les photocompositeurs (un métier disparu), chez les photograveurs, et de fil en aiguille, j’ai appris. J’ai tout fait pour travailler dans l’édition, parce que je voulais absolument faire des livres. J’ai eu de la chance, je suis arrivée chez Gallimard à une époque où ils cherchaient quelqu’un qui avait travaillé dans la presse !

Est-ce que graphiste est un métier qui s’exerce à plein temps ?
Oui, c’est un métier qui s’exerce à plein temps ! A plein-plein temps !

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
Je travaille directement avec les illustrateurs, beaucoup avec l’éditeur/trice en charge du livre. Beaucoup avec le service fabrication mais moins avec l’auteur.

 Travaillez-vous pour plusieurs maisons d’éditions ?
Quand on est salarié dans une maison d’édition, on ne travaille que pour « sa » maison d’édition. Mais on peut très bien être à son compte, en « free-lance » et travailler pour plusieurs maisons d’édition. Ou moitié-moitié.
Je travaille depuis 5 ans pour les éditions Tourbillon.
Auparavant, j’étais free-lance et j’ai travaillé pour de nombreuses maisons d’édition.

Comment vous êtes-vous fait connaître ?
Je ne sais pas trop… c’est un petit milieu. Un travail m’a (presque) toujours amené à un autre. Une rencontre à une autre… et ainsi de suite !

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Je travaille 4 jours par semaine dans les bureaux Tourbillon et 2 demi-journées par semaine, je travaille chez moi, je fais encore quelques livres en tant que free-lance.
J’ai mon ordi, une palette graphique, je ne prends pas beaucoup de place !

Comment est calculée votre rémunération ?
Oulala !
Les éditeurs ont un « compte d’exploitation » pour chaque livre, des tas de calculs savants, qui incluent les droits d’auteur pour l’auteur et l’illustrateur, les frais de fabrications, les frais fixes, les frais de distribution, les projections de ventes… Et les frais de mise en page, c’est pour moi ! Ça dépend aussi de tout un tas de paramètres : nombre de pages, complexité du livre. Ce n’est pas la même chose pour un livre technique « pop-up », que pour un album ou que pour un livre documentaire avec pleins de photos et d’illustrations. Ça dépend aussi si c’est un livre qui rentre dans une collection existante, et là il faut se « couler » dans un moule qui existe déjà ou bien si il faut créer la mise en page et l’identité graphique pour un livre ou une collection.
Mais on peut aussi calculer comme ça :
calcul graphiste

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Quand je dis que je suis graphiste dans l’édition, on me demande toujours : « mais tu fais quoi comme genre d’illustration ? » (mais en fait moi aussi, avant, je ne connaissais pas l’existence de mon métier !!!)

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Recevoir les illustrations pour un projet qu’on adore et être super content !
Recevoir le livre imprimé et être super content du résultat, et ne pas y trouver d’erreur !

Et quels sont les mauvais côtés ?
Recevoir les illustrations pour un projet qu’on adore et être super déçu !
Recevoir le livre imprimé et être super déçu du résultat, et y trouver des tas d’erreurs !
Je n’ai pas assez de temps parfois pour peaufiner les choses. Mais il y a toujours des choses à améliorer…
En tant que free-lance, on a parfois trop de travail d’un coup, et pas assez à d’autres moments, le temps est difficile à gérer.

Le site des éditions Tourbillon : http://www.editions-tourbillon.fr


Dis c’est quoi ton métier… Audrey Simon

Audrey SimonEn quoi consiste le métier de « graphiste » ?
Pour moi, le graphiste est la personne qui met en forme les éléments transmis par l’auteur et l’illustrateur ; l’ensemble doit être lisible, harmonieux, et donner envie.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Les parcours peuvent être multiples pour devenir graphiste, mais il faut être passionné par la typo, l’illustration, l’image, et les couleurs.
J’ai moi même suivi des études de dessinateur-maquettiste option arts graphiques au lycée Maximilien Vox (Paris 6eme) avant d’effectuer une formation en PAO (publication assistée par ordinateur). J’ai commencé mon parcours professionnel dans la presse puis dans la communication, avant de découvrir l’édition jeunesse dans laquelle je m’épanouis aujourd’hui en tant que freelance.

Est-ce que graphiste est un métier qui s’exerce à plein temps ?
Pour ma part, j’ai la chance d’avoir beaucoup de travail (ce qui n’est pas toujours le cas en freelance), et comme je l’exerce par passion je ne compte pas mes heures : c’est beaucoup plus qu’un plein temps !

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
L’éditeur est la première personne qui me contacte, puis par la suite je suis en relation avec l’illustrateur et parfois l’auteur. Dans la plupart des cas je crée une maquette à la demande de l’éditeur, avec le texte de l’auteur, puis l’illustrateur réalise les dessins appropriés là où ils ont été prévus.

Travaillez-vous pour plusieurs maisons d’éditions ?
Oui, cette diversité est très enrichissante humainement et professionnellement.

Comment vous êtes-vous fait connaître ?
Après un court passage dans le monde de la communication (et avoir subit son rythme effréné), j’ai décidé d’envoyer mon book dans les maisons d’éditions, un milieu qui m’attirait beaucoup. Après un premier livre confié par Bayard édition, le bouche à oreille a fait le reste.

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Je travaille chez moi par choix, pour profiter au maximum de ma famille.

Comment est calculée votre rémunération ?
Pour chaque projet l’éditeur me propose un budget.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
– « Mais si t’as pas fait ni le texte, ni les illustrations, t’as rien fait ! »
– « Si tu es chez toi toute la journée, tu travailles pas ! »
Voilà les phrases qui me font bondir !

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
– Travailler avec des gens talentueux, partager des idées qui m’enthousiasment.
– Et surtout le plaisir d’avoir le livre imprimé entre les mains.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Si il faut vraiment en donner un, je dirais que comme on ne compte pas ses heures, il est parfois difficile de concilier métier et vie de famille.

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Dis… c’est quoi ton métier ? Attaché-e à la promotion des auteurs avec Marie Pageault et Amélie Cannard

Par 24 juillet 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : la semaine dernière nous vous avons présenté des maquettistes, celle d’avant de deux personnes qui nous parlent des livres à la radio (Véronique Soulé et Denis Cheissoux), cette semaine nous nous intéressons aux attaché-e-s à la promotion des auteurs. J’ai posé des questions à deux d’entre elles, Marie Pageault (L’école des loisirs) et Amélie Cannard (Seuil jeunesse et De la Martinière Jeunesse). Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Marie Pageault

Comment définiriez-vous « attachée à la promotion des auteurs» ?
L’enjeu principal, c’est de faire découvrir les auteurs de L‘école des loisirs et cela principalement par l’organisation de déplacements. Mon rôle dans tout cela est d’être un intermédiaire entre les auteurs et les structures (salons, librairies, bibliothèques, etc.) désirant les recevoir : mettre en avant les nouveaux auteurs et leurs livres auprès de ces structures, mais aussi conseiller les auteurs sur leurs choix de déplacements. J’assure de plus, la bonne logistique de l’ensemble.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?
Je ne suis pas sûre qu’il y ait un parcours idéal. Pour ma part, j’ai fait un DUT Techniques de commercialisation, suivi d’une licence Pro Éditions. Je n’avais pas envie de poursuivre en Master où je craignais des redites et avais envie de commencer à travailler. Ensuite, j’ai eu la chance d’avoir tout de suite des opportunités dans l’édition.

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
Au regard du catalogue de L’école des loisirs et du nombre d’auteurs, nous ne sommes pas trop de deux avec Aline Hamchin pour répondre aux nombreuses sollicitations que nous recevons.

Qui sont vos interlocuteurs ?
Ils sont très divers et c’est ce qui est justement agréable !
Je suis en contact avec des libraires, des organisateurs de salons, des bibliothécaires, des enseignants, les équipes éditoriales et les représentants de L’école des loisirs en région, etc. et bien sûr avec les auteurs !

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)
J’ai un bureau dans les locaux de L’école des loisirs, rue de Sèvres à Paris où je jongle entre mails et coups de téléphone.

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis rémunérée sur une base fixe et heureusement pas commissionnée aux nombres de déplacements de nos auteurs !

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je ne crois pas qu’il y ait d’idées reçues sur mon métier.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Personnellement, ce que j’aime c’est être en contact avec plein de gens passionnés, le côté très pragmatique aussi du métier, et ce que j’apprécie plus globalement en jeunesse, c’est la simplicité des rapports.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Les mauvais côtés, c’est quand on doit faire la chasse aux mauvais payeurs.
En effet, malheureusement, parfois les auteurs peinent à se faire rémunérer leurs interventions ou défrayer leur transport et dans ces cas là, ils nous appellent à la rescousse.  Il faut donc endosser le rôle de celle qui rappelle les règles à des personnes qui souvent, sont bien  loin d’imaginer les réalités des auteurs.

Le site de L’École des loisirs : http://www.ecoledesloisirs.fr


Dis c’est quoi ton métier… Amélie Cannard

Amélie Cannard Comment définiriez-vous « attachée à la promotion des auteurs » ?
Cela consiste à assurer la promotion du catalogue à travers une « communication événementielle », autrement dit faire connaître les livres et leurs auteurs dans des lieux dédiés, grâce à la participation active des artistes.
Ces lieux dédiés sont le plus souvent des manifestations littéraires – salons, festival, fêtes du livre – et des librairies, mais cela peut aussi être des galeries d’art, des écoles, des bibliothèques… Quant à la participation des auteurs, elle peut prendre des formes multiples : séances de dédicaces, ateliers d’écriture et d’illustration avec des enfants, conférence avec professionnels de l’enfance, expositions…

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?
Je ne sais pas s’il y a un parcours, il doit certainement y avoir des dizaines de chemins qui mènent à ce métier, comme beaucoup de métiers culturels d’ailleurs ! J’imagine qu’on peut tout aussi bien apprendre les bases de ce métier par une formation spécifique à la commercialisation du livre que par une formation générale en communication.
Pour ma part j’ai obtenu une maîtrise professionnelle spécialisée dans les métiers du livre, et j’ai effectué mon stage de fin d’étude au sein du service éditorial du Seuil Jeunesse. J’avais dans l’idée de travailler plutôt à la conception des ouvrages qu’à leur promotion, mais un concours de circonstance m’a fait bifurquer. Être embauchée à la fin d’un stage, ça ne se refuse pas !

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
C’est un métier qui s’exerce à plein temps et qui n’a pas vraiment de limite… Contrairement à la promotion médiatique, la promotion événementielle fait ses preuves dans la durée et sert davantage à valoriser le travail d’un artiste et l’image d’une maison d’édition qu’un livre en particulier.
Pendant plusieurs années j’ai combiné cette mission avec celle d’attachée de presse. Mener les deux rôles de front a été particulièrement formateur, mais ne permet pas de dégager suffisamment de temps pour effectuer un travail approfondi… surtout quand on a près de 150 titres par an à promouvoir !

Qui sont vos interlocuteurs ?
D’un côté les auteurs, et de l’autre les médiateurs du livre, qui permettent aux auteurs de rencontrer leur public : libraires, bibliothécaires, enseignants, organisateurs de salons… Tout l’enjeu consiste justement à faire se rencontrer ces deux grandes « familles ».

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)
Je travaille dans les bureaux du pôle jeunesse, qui regroupe les équipes du Seuil Jeunesse et de la Martinière Jeunesse, les deux maisons pour lesquelles je travaille. Ce métier peut très bien s’effectuer en télétravail ou en free-lance. L’avantage de travailler dans les bureaux, c’est d’être en contact permanent avec les éditeurs et de suivre l’émulation qui se crée durant la genèse d’un projet. Porté par l’enthousiasme ambiant, on a tout de suite plus de facilité à convaincre !

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis salariée de l’entreprise, mon salaire mensuel ne dépend pas des résultats obtenus. Il m’arrive de travailler le week-end, lorsque j’accompagne des auteurs sur des manifestations. Dans ce cas, je ne perçois pas de rémunération supplémentaire, mais j’essaie de récupérer ces journées quand mon emploi du temps me le permet.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je n’écoute pas beaucoup les idées reçues, je n’ai donc pas de quoi m’énerver ! Mais je crois que les attachés à la promotion des auteurs sont moins « connus » que les attachés de presse, et font donc beaucoup moins l’objet des idées reçues, comme celle qui voudrait que les relations publiques soient synonymes de mondanités !

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Ils sont nombreux ! J’aime avant tout le côté polyvalent de mon métier : préparer une conférence, organiser un lancement, aménager un stand sur un salon, concevoir une exposition, accompagner des auteurs dans leurs interventions publiques… Moi qui crains la routine, j’apprécie particulièrement la variété des tâches que je suis amenée à effectuer.
Cela implique également d’être en contact avec des collaborateurs très diversifiés, qui ont le point commun d’être passionnés par leur métier, portés par leur volonté de faire découvrir et aimer la littérature de jeunesse au plus grand nombre.
Et j’ai aussi la chance de passer du temps avec des créateurs : je m’enrichis énormément au contact des auteurs et des illustrateurs. Leur univers est toujours passionnant, c’est un plaisir de les aider à le faire connaître !

Et quels sont les mauvais côtés ?
Ce métier peut engendrer une certaine frustration, lorsque les efforts fournis ne portent pas leurs fruits. On peut parfois dépenser beaucoup d’énergie pour un livre de qualité, qui malgré tout peine à trouver son public. Et malheureusement, l’économie du livre laisse de moins en moins de temps à chaque ouvrage pour tracer son sillon…

Le site du Seuil Jeunesse http://www.seuil.com/nouveautes-jeunesse.htm et celui De la Martinière Jeunesse : http://www.lamartinierejeunesse.fr

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Dis… c’est quoi ton métier ? Maquettiste, avec Pascale Rosier et Marie Rébulard

Par 17 juillet 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : la semaine dernière nous vous avons présenté deux personnes qui nous parlent des livres à la radio (Véronique Soulé et Denis Cheissoux), cette semaine nous nous intéressons aux maquettistes. J’ai posé des questions à deux d’entre elles, Pascale Rosier (La joie de lire) et Marie Rébulard (Freelance). Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Pascale Rosier

Pascale RosierQuel est votre métier ?
J’ai la chance d’être « graphiste-maquettiste » dans une petite maison d’édition jeunesse, ce qui fait que mon poste a de nombreuses taches diverses et variées.

En quoi consiste-t-il ?
Je m’occupe principalement de toute la ligne graphique des éditions La Joie de lire ainsi que de la communication visuelle (publicité, facebook…). Mais la plus grosse partie de mon travail consiste à réaliser des maquettes de livres sur ordinateur grâce à des logiciels tels Indesign (ou Quark-Xpress pour les dinosaures !…), puis créer un PDF haute définition que j’envoie à l’imprimeur. Au préalable, j’ai dû me charger de faire des demandes de devis, choisir le papier, décider d’un format et d’un nombre de pages, penser à une couverture attractive…

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quelle a été le vôtre ?
Après un bac général ES, j’ai suivi une année de mise à niveau en arts appliqués puis un BTS Communication visuelle, option « graphisme, publicité, édition » que j’ai complété par un DUT Métiers du livre. Au cours de ces études, ce sont les différents stages en entreprise (librairies et éditions) qui m’ont permis d’apprendre et qui m’ont donné la possibilité de débuter réellement dans le métier. Rue du monde a su me faire confiance et me donner ma chance, La Joie de lire me permet aujourd’hui de me réaliser complètement depuis plus de 5 ans, maintenant !

– Est-ce que maquettiste est un métier qui s’exerce à plein temps ?
Oui et non. Tout dépend de la charge de travail, de l’organisation de l’entreprise, des contraintes familiales… Actuellement, j’exerce ce métier à 70% (une trentaine d’heures par semaine). Mais c’est souvent la course et le stress pour tenir les délais. La masse de travail dépend aussi de certaines périodes de l’année plus ou moins chargées.

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
Comme je m’occupe aussi de la production, j’ai de nombreux interlocuteurs, imprimeurs, scanneurs, transporteurs, diffuseurs… Mais évidemment, les principaux sont les auteurs, illustrateurs et traducteurs, avec lesquels j’entretiens parfois de véritables liens amicaux. En effet, au fil des années, on apprend à se connaître, à s’apprécier, et le travail n’en est que d’autant plus positif. Ainsi, je réfléchis avec eux à une couverture adéquate, un papier approprié ou à ce qui leur ferait plaisir. On regarde les épreuves couleurs, on discute du format le plus adapté. Un travail du texte est aussi réalisé en amont par la directrice éditoriale et un correcteur, des suggestions leur sont proposées, etc. Mais le fichier définitif ne part jamais chez l’imprimeur sans le BAT final des auteurs !

Vous arrive-t-il de devoir demander aux illustrateurs de revoir quelque chose pour coller à la maquette ?
Bien sûr, parfois, il y a une page en trop, ou une qui manque, une image qui est plus faible que les autres. Alors, on en discute, on argumente et hop, en général, il n’y a jamais de problème. Il arrive aussi que je doive retoucher moi-même certaines images, au niveau de la colorimétrie ou bien ajouter des fonds perdus ou tout autres modifications sur Photoshop et illustrator.

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Je travaille dans les locaux de La Joie de lire, à Genève, derrière mon grand écran d’ordinateur, avec la vue sur une grande terrasse, et beaucoup de pluie et de gris en ce moment ! Mais j’ai aussi la possibilité de travailler chez moi, si jamais je suis coincée.

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis salariée de l’entreprise, et pas free-lance. J’ai donc l’assurance du même gain d’argent chaque mois, malgré les fluctuations de la production !

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Quand je dis aux gens que je suis graphiste dans une maison d’édition, que je « fais » des livres, ils croient systématiquement que c’est moi qui écris et illustre les histoires : « Ah ! Tu dessines alors ?! »

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
La richesse permanente de ce que j’ai sous les yeux : de beaux livres pour enfants ! Mais ce qui est le plus jouissif, c’est vraiment tout ce processus de création, depuis les balbutiements d’une idée jusqu’à la mise en vente en librairie de l’objet final. C’est une véritable naissance à chaque fois. Cette appréhension qu’il existe à chaque fois que j’envoie le fichier définitif chez l’imprimeur, et en même temps cet émerveillement (et cette crainte !) lorsqu’enfin le livre sort des cartons ! Waouh ! Il est là ! Enfin ! Et à chaque fois, c’est pareil.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Le stress. Le stress des délais à tenir pour que les livres arrivent à temps pour l’office en librairie. Le stress lié à la production, lorsqu’une erreur se produit ou la déception de voir une coquille dans un livre ou un problème d’impression. Mais le stress, de manière positive, c’est aussi ce qui nous fait tenir et avancer, et qui permet parfois de nous dépasser !

Le site de La joie de lire : http://www.lajoiedelire.ch


Dis c’est quoi ton métier… Marie Rebulard

Marie Rebulard

Quel est votre métier ?
Sur mon précédent poste j’occupais les fonctions de directrice artistique (DA), graphiste et maquettiste, chez Gulf Stream Éditeur, une maison d’édition jeunesse indépendante nantaise où j’ai travaillé pendant 5 ans.

En quoi consiste-t-il ?
Si je m’arrête aux fonctions de maquettiste qui t’intéressent aujourd’hui, il s’agit de mettre en page sur ordinateur, le texte et l’image et souvent de préparer le fichier pour l’imprimeur. C’est un métier qui dans la chaîne du livre se place souvent entre la direction artistique et le pré-presse ou l’impression. Cependant, il est courant que le maquettiste soit également graphiste ou DA (comme moi) et l’ensemble consiste à donner une forme au livre au livre. On va donc choisir le format, le papier, les types d’illustration, de typographie, de mise en page puis faire en sorte que ces éléments cohabitent harmonieusement.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Je profite de ta question et du blog, pour répondre à des questions d’orientation que les stagiaires m’ont souvent posées. Donc, au minimum je dirais qu’il nécessite une formation en PAO (Publication Assistée par Ordinateur). C’est l’occasion d’apprendre, d’une part, des connaissances théoriques, d’autre part, des connaissances techniques. J’engloberais sur le plan théorique : les principes de mise en pages et leurs équilibres, les différentes familles typographiques et les règles liées au texte et à la typo, le cadrage des images et les règles liées à l’impression papier. Sur le plan technique, ce serait l’apprentissage des logiciels de mise en pages, tels In design et Quark X press, le traitement de l’image, communément réalisé dans Photoshop, ainsi que la création d’un document Pdf qui présente une phase de contrôle avant impression. D’après moi des notions en amont du métier de conception/création et en aval de pré-presse/impression, sont un plus dans le bon déroulement de la chaîne. Il existe donc de nombreux organismes ou écoles qui dispensent ce type de formations. Dans les formations liées à la création, on retrouve par exemple les BTS communication visuelle et les écoles d’arts privés (tels ECV et d’autres dont le nom m’échappe). Pour ceux qui s’interrogent sur les écoles des Beaux-arts ou les diplômes universitaires d’arts plastiques, leur objectif est de former des artistes ou des chercheurs. Dans ce cadre, certaines notions mentionnées avant peuvent être inculquées, mais le gros de l’apprentissage se fera sur la motivation de l’étudiant et souvent en autodidacte. Je connais moins les formations liées à l’exécution, mais on peut y retrouver les CAP et BTS d’imprimerie, différentes formations privées axées PAO ainsi que les formations professionnelles. Suite à ces formations, il est possible d’intégrer des niveaux d’études supérieurs avec des spécialités. Quant à moi, après un bac Sti Arts Appliqués, je suis passée par d’autres domaines de la création lors de BTS, Erasmus en Angleterre et fac avant de revenir au graphisme lors d’une Licence professionnelle, Design graphique et métiers de l’édition, à l’université Rennes II.

Est-ce que maquettiste est un métier qui s’exerce à plein temps ?
C’est un métier qui selon les structures peut tout à fait s’exercer à plein temps ou à temps partiel, en interne comme en free-lance.

Qui sont vos interlocuteurs ? Les auteurs et les illustrateurs interviennent-ils ?
Cela dépend encore des structures. A priori, plus elles sont grosses, plus les métiers sont identifiés, moins il y aura d’intermédiaires ; plus elles sont petites, plus les fonctions sont multi-casquette et donc les interlocuteurs nombreux. Le plus courant, je pense se situe entre deux. Pour en revenir à la description dite en haut les interlocuteurs seront au minimum DA et pré-presse, et cela peut s’étendre à éditeurs, DA/graphistes, photograveurs, fabricants, imprimeurs, mais aussi les auteurs, photographes, iconographes ou illustrateurs. Dans mon cas, étant à la fois DA et maquettiste, je suis quotidiennement en relation avec les illustrateurs et plus rarement avec les auteurs. Pour ces derniers leur intervention peut aussi dépendre de leur sensibilité à la maquette ou de leur investissement de manière plus générale sur la forme du livre.

Vous arrive-t-il de devoir demander aux illustrateurs de revoir quelque chose pour coller à la maquette ?
Dans les règles de l’art, on identifie deux étapes dans l’échange avec l’illustrateur. Dans la première étape, l’illustrateur réalise un travail préparatoire (des esquisses), c’est à ce moment là qu’on va se mettre d’accord pour la suite. Ce qui passe par différents essais, de la part de l’illustrateur comme du maquettiste qui prend ici la « casquette » du DA. Une fois validée, la deuxième étape est de réaliser pour les illustrateurs, les images définitives. Dans la pratique il arrive parfois que les maquettes bougent et que l’illustration ne soit plus bien pensée. Alors le maquettiste trouve une solution pour que ça fonctionne, un mouvement de mise en page, une retouche de l’image etc… Cependant, il arrive parfois que rien ne marche et donc que le travail soir refait en partie. Dans tous les cas on fait en sorte que tout le monde soit satisfait.

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans les locaux de la maison d’édition ?)
Sur mon précédent poste, je travaillais dans les locaux de la maison d’édition.
Aujourd’hui, je souhaite développer mon activité chez moi.

Comment est calculée votre rémunération ?
En salariat, c’est une négociation traditionnelle entre employeur et employé, il existe naturellement un minimum syndical. En free-lance, il existe une grille tarifaire calculée par heure ou par jour. On peut aussi calculer au nombre de pages. La grille tarifaire varie selon l’aspect du travail plus ou moins exécutif ou créatif.

Quelles sont les qualités requises pour faire ce métier?
En analysant toujours sur la base d’un métier à la fois créatif et exécutif/technique, il requiert pour l’aspect créatif un sens de l’adaptation, une sensibilité à l’harmonie, pour l’aspect exécutif/technique, cela demande de bien connaître tous les outils (logiciels, règles typo, principes d’impression, etc…), une bonne méthodologie, de la rigueur, ainsi que le souci du détail. Une bonne orthographe peut s’avérer utile.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je ne crois pas en avoir beaucoup souffert, aussi c’est difficile d’y répondre. Cela pourrait être l’aspect exécutant qui pour certains est considéré comme peu qualifié.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
La raison première est de travailler sur des supports que l’on aime, le livre.On est comme tu le mentionnais avant, en contact avec les auteurs, les illustrateurs, et bien-sûr les éditeurs et chacun à une analyse, un point de vue sur le projet. En étant à la fois DA, j’ai donc la chance de participer au tout début de la création, de voir émerger une ligne créatrice et de la tenir jusqu’à la fin. On est donc aux premières loges pour apprécier les qualités d’un livre et parfois ses défauts. Après sur le quotidien, j’aime bien jouer avec les contraintes. Par exemple certaines mises en pages ont beaucoup de textes et d’images, doivent être lisibles et claires, alors comment faire pour que tout rentre sans que ça paraisse tassé ou à l’inverse comment équilibrer du vide ? Comment placer du texte sur une belle image sans la détériorer. Comment rendre un texte sérieux ou technique attrayant ? Etc… Et puis on a toujours le nez sur du texte, des lettres or l’apprentissage de la typo est long, on aiguise donc notre regard un peu plus tous les jours.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Selon les textes et les chartes graphiques, cela peut devenir facilement rébarbatif, car très automatique. En bout de chaîne, c’est un des postes qui subit le plus les retards et ses pressions liées. Dans sa suite, l’étape du fichier imprimeur et du contrôle du Bon À Tirer, est toujours assez stressante (à l’affût des dernières coquilles).

Est-ce un métier qui évolue ?
Récemment, j’ai participé à une formation pour créer des magazines pour les tablettes numériques. Donc oui là-dessus, spécifiquement cela va évoluer, car la maquette représente le plus gros du travail pour une transformation vers la tablette. Du point de vue du métier j’ai trouvé ça passionnant, du point de vue pour ou contre la tablette, c’est un autre débat.

Le blog de Marie Rébulard (qui, étant à son compte, est ouverte à toutes propositions en maquette ou en direction artistique) : http://rebulardmarie.ultra-book.com

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