La mare aux mots
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Dominique Maès

Hommages aux mots

Par 2 juin 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux livres « à picorer ». On peut les lire d’une traite ou les ouvrir au hasard, pour lire quelques pages et se laisser emporter par leur poésie ou leur humour…

pensées en suspension et autres pointsQuelle force ont les mots ! Et qu’il est difficile de vous présenter Pensées en suspension et autres points… sans avoir envie de vous citer chaque page ! Tendres, drôles, caustiques, grinçantes, amoureuses, réalistes, fantaisistes, poétiques ou malicieuses, les pensées de Thomas Scotto sont de petites gourmandises qu’on se glisse sous la dent, qu’on déguste, que l’on écoute et que l’on lit pour soi ou à plusieurs.
On ouvre le livre au hasard, on découvre parfois une illustration de Thierry Murat et on se laisse porter par la force de ces quelques mots alignés. Et très souvent, on se dit que c’est décidément très vrai et très bien trouvé ! Les plus jeunes auront besoin d’accompagnement pour comprendre toutes les subtilités de ces courtes phrases et découvrir la puissance des mots, alors que les plus âgés prendront plaisir à savourer ces pensées dans n’importe quel ordre, pour le plaisir de se laisser surprendre !
Vous pouvez découvrir quelques visuels de ce livre sur le site des éditions L’Edune et sur le site de l’illustrateur.

les croqueurs de motsLes mots sont faits pour être lus. Mais ils sont aussi faits pour être entendus. Ils disent des choses, ils s’assemblent pour donner du sens mais aussi simplement pour faire joli, pour faire rire, pour retentir joyeusement à nos oreilles.
La preuve avec Les croqueurs de mots, ce recueil de poèmes très courts, qui célèbre les mots, tous les mots. François David nous livre des dizaines de pensées sur les mots qu’il préfère, les mots du monde, ceux qu’on ne voudrait plus entendre et ceux qu’il faut célébrer. Derrière ces courts textes souvent pleins d’humour, on découvre quelques messages philosophiques, rendus accessibles à tous par la magie de la poésie. Dominique Maes illustre en noir et blanc et avec fantaisie ce recueil qui donne décidément envie de jouer avec la langue, encore et toujours !
Vous pouvez découvrir quelques extraits de ce recueil sur le site des éditions Motus.
Le même vu par
Délivrer des livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Thomas Scotto (
Jérôme par cœur et Un bond de géant : 1969, on a marché sur la lune) François David (Des girafes et des hommes, La planète Avril, Charlie, L’homme, Un rêve sans fin, Georges Brassens, à la lèvre un doux chantVole vole vole et Les bêtes curieuses). Dominique Maes a illustré Bleu de toi, une application que nous avons chroniquée. Retrouvez également notre interview de François David.

Pensées en suspension et autres points…
Texte de Thomas Scotto, illustré par Thierry Murat
L’Edune dans la collection Papillotes
11,70 €, 130 x 160 mm, 80 pages, imprimé en France, 2010.
Les croqueurs de mots
Texte de François David, illustré par Dominique Maes
Motus dans la collection Poésie
10 €, 150 x 210 mm, 70 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons nos coups de cœur du mois qui vient de se terminer. En mai, c’était donc, pour moi :  Les trésors d’Élinor d’Elsa Valentin et Amandine Cau (L’initiale), pour Gabriel : Rouge de Jan De Kinder (Didier Jeunesse) et Une bible de Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer (Gautier Languereau),  pour Marie : Alpha d’Isabelle Arsenault (La pastèque) et  pour Laura : Chiffres de Aino-Maija Metsola (Gallimard Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

 

Marianne

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La chronique numérique : Le monde en couleurs (+ concours)

Par 2 novembre 2014 Livres numériques, Numérique

Mais qu’est-ce que c’est que cette nouvelle chronique, ce « pavé dans la Mare » ? Le numérique est là, à nos portes, il est trop tard pour l’empêcher d’entrer dans nos vies. Alors, prenons la démarche inverse, et profitons de ce qu’il peut nous offrir : un changement de perspective, une nouvelle voie pour développer nos imaginaires, une autre façon de regarder l’écrit et de jouer avec, une ouverture sur le monde. Depuis trois semaines, tous les dimanches, je vous parle donc de deux applications (parfois une, parfois trois, hein !) qui, pour moi, répondent à ces critères, des applications qui m’ont intéressée, intriguée, enchantée. Le système des pictogrammes est le même que pour les livres, parce que les enfants ne sont pas tous les mêmes et qu’il est bien difficile de donner un âge précis de lecture, parce qu’à chacun son rythme et ses envies ; vous trouvez donc toutes les références et les pictos à la fin de la chronique. Comme je reste persuadée que si le numérique est un nouveau média formidable, il n’est pas destiné aux tout petits, il n’y aura pas de picto « têtard » ici. Dernière précision : il n’y aura pas que des nouveautés, pas d’exhaustivité, et pas d’objectivité ! Venez commenter (même si je n’ai pas été très présente les semaines précédentes, c’était le début, c’était les vacances…), enrichir le débat et nous faire découvrir les applis que vous aimez.

Trêves de blablas et place à deux livres numériques épatants qui font chanter les couleurs !

Quelles couleursQuelles couleurs !

C’est quoi ? Un imagier numérique sur les couleurs, sous le format e-pub (qui se lit donc dans iBook), adapté du livre de Régis Lejonc paru aux Éditions Thierry Magnier.

Ça parle de quoi ? Voici ce qu’en disait Régis Lejonc à la sortie du livre papier en 2010, c’est la meilleure des présentations : « Un jour je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment de couleur préférée. Ce que je sais c’est que si le monde était sans couleur, il ne serait pas noir et blanc comme dans les vieux films. Si le monde était sans couleur, il serait bêtement invisible à nos yeux. Ce livre n’explique ni pourquoi, ni comment les couleurs existent. Ce livre est un imagier, une suite d’illustrations, de photographies portée par les envies et les idées de raconter les couleurs à ma manière. »

Ça marche comment ? Le livre se compose de douze planches qui présentent douze Quelles couleurscouleurs. On choisit une couleur, et une page divisée en plusieurs cases-images, photographie ou dessin, apparaît. Les images de chaque case peuvent être changées en effleurant l’écran, ou agrandies par un double clic. Se compose ainsi sous nos yeux une mosaïque, modifiable à volonté. Pour changer de couleur, il suffit de cliquer sur les onglets qui se présentent sous la forme d’un étalonnage de couleurs. Une flèche permet de retourner au menu principal. Dans chaque couleur, des tableaux offrent des « surprises », signalées par une icône « cadeau » et une annonce vocale. L’une, commune, à toutes les planches, présente les différentes nuances de la couleur. Prenons le vert par exemple : toutes les nuances de vert s’affichent sur l’écran ; en cliquant dessus on entend (et l’on voit apparaître) le nom de la couleur (perroquet, empire, lime, opaline, etc.). Et l’on découvre des couleurs dont on ne soupçonnait même pas l’existence, et la poésie de leur nom : smaragdin, hocker, poireau prasin. Cela sonne presque comme un inventaire à la Prévert. On referme la surprise en cliquant sur la croix au bas de l’écran. Quelles couleursLes autres surprises, qui fonctionnent de la même manière, prennent la forme d’un petit jeu : toujours pour le vert, apparaît une robe blanche que l’on peut décorer de petit pois. Ou encore une multitude de glurb parmi lesquels il faut retrouver un glorb (ne vous inquiétez pas, on a la photo du coupable). Pour l’ocre, c’est un jeu des différences entre deux tableaux représentant l’automne ; pour le bleu, un memory.

Et j’en pense quoi ? On assemble, on désassemble jusqu’à former le tableau de notre choix, selon nos goûts, nos humeurs. C’est totalement addictif, un peu psychédélique, et ça marche à tous les âges. Les images sont très diverses, souvent pleines d’humour : d’anciennes fiches de cuisine (la recette du poulet au curry), de vieilles affiches (une « leçon no 7 » sur le tigre orange), des planches de botanique (l’illustration de l’expression « avoir la main verte »), et bien d’autres encore. Quelles couleursUne petite devinette : qu’est-ce qui est vert et qui pousse au fond du jardin ? La réponse se trouve dans une des images du vert… Dans cet assemblage hétéroclite d’image, on voit défiler l’imaginaire collectif autour des couleurs et leur représentation sociale. Est-ce que cela justifie que le rose soit représenté, entre autres, par l’image d’une petite fille toute de rose vêtue avec la légende « rose, c’est rien que pour les filles » ? À la Mare aux mots, on est sensible sur le sujet, et j’avoue que cela m’a un peu gênée. Alors que pour les autres images, on perçoit tout à fait un second degré, c’est moins évident ici et j’ai trouvé cela un peu dommage. Ce petit bémol n’empêche pas Quelles couleurs ! d’être une vraie réussite, un très très bel imagier que l’on prend plaisir à composer et à feuilleter.

Bleu de toiBleu de toi

C’est quoi ? Un poème d’amour entièrement dessiné au stylo bille bleu, écrit, mis en musique et lu par Dominique Maes.

Ça parle de quoi ? C’est l’histoire d’un papa à tête de cœur qui cherche un moyen de dire son amour à son enfant : des cadeaux ? Ce n’est pas assez. Des fleurs ? Ce n’est pas assez. Des oiseaux qui chantent des chansons d’amour ? On ne met pas l’amour en cage. Ainsi se poursuit cette quête. Et l’on découvre que dire son amour, c’est surtout partager, un moment, une histoire avant le coucher, un jeu. Partager ce livre-ci…

Ça marche comment ? Bleu de toi est une promenade à l’intérieur de seize tableaux. Chacun recèle des secrets que l’on ne découvre qu’à tâtons : le monde se colorise, Bleu de tois’enchante au fur et à mesure de nos explorations. On ouvre des cadeaux, et un feu d’artifice de cœurs explose ; on colorie un bouquet offert par le papa-cœur, et une page s’ouvre sur un second coloriage. Difficile de décrire ce livre tant il foisonne de trouvailles. Les tableaux possèdent une ramification complexe qui mène de découverte en découverte.
Deux petits exemples. Un des tableaux représente le papa-cœur dans une bibliothèque. Les livres s’ouvrent sur la première page d’un conte lorsqu’on les frôle : Les Souliers rouges d’Andersen, Riquet à la houppe de Perrault, etc. Le lecteur est incité soit à lire le conte en entier (sur la Bibliothèque numérique Gallica, ou en empruntant le livre en bibliothèque), soit à inventer la suite de l’histoire. D’accord, mais on Bleu de toifait comment ? Facile, on ouvre le livre qui se trouve au premier plan. Et, après avoir choisi sa photo (enregistrée auparavant dans les paramètres) et composé son code secret (rien de bien compliqué : une série de trois images ; si le code est oublié, on peut le réinitialiser), le lecteur peut dessiner la suite ou l’écrire sur un journal. Il ne reste plus qu’à enregistrer le dessin ou le texte pour la fois suivante. Un autre tableau représente un bateau sur lequel le lecteur est invité à embarquer. Mais une bouteille à la mer flotte à la surface de l’eau. Elle contient un message qui nous invite à partir à la chasse au trésor. Je ne vous donne pas la clef de l’énigme (j’ai eu assez de mal à la trouver, à vous de jouer…), elle se trouve dans le message. Dans une partie réservée aux Bleu de toiparents, on trouvera des conseils pour découvrir les secrets du livre, mais aussi une page qui permet d’enregistrer sa voix pour une lecture personnalisée du texte de Dominique Maes ou d’une histoire inventée à partir de ses images.

Et j’en pense quoi ? Bleu de toi est donc une histoire sur la difficulté d’exprimer son amour, sujet universel s’il en est, au graphisme sobre et délicat, presque austère. Mais derrière cette première impression se cachent une inventivité et une créativité exubérante. Selon la morale même de l’histoire, c’est un livre qui se partage et se découvre à deux. Car il ne se donne pas facilement, et il faut se Bleu de toilaisser le temps de le lire et de le relire avant d’épuiser les trésors qu’il recèle. On balaye du doigt l’écran, et l’on s’aperçoit que l’on ne voit qu’un petit bout d’une image beaucoup plus grande : ce sont des panoramas qui se déploient devant nous. On ouvre des fenêtres qui se cachent dans un arbre, et le monde réel nous saute aux yeux à travers des photos de feuilles et de torrents. La fonction qui permet d’enregistrer sa propre version de l’histoire est aussi très bien vue. Ce livre a été véritablement conçu pour accorder une place à l’invention, à l’imagination. Mais c’est aussi un livre qui pense le lien entre le papier et le numérique. Non pas en antagonisme comme souvent, mais en complémentarité. C’est un vrai défi que relève ce projet singulier et ambitieux. Insolite et remarquable !

Le blog de Bleu de toi : https://bleudetoi.wordpress.com.

Concours
Odile Flament, la fondatrice de CotCotCot-apps, a la gentillesse de vous offrir deux exemplaires de Bleu de toi. Merci à elle !! Alors, écrivez-nous en commentaire une petite déclaration d’amour à qui ou à ce que vous voulez (pas à nous hein, on n’est pas mégalos ici…), et on tirera au sort parmi elles deux gagnants. Vous avez jusqu’à vendredi prochain, 20 heures.

Quelles couleurs !
de Régis Lejonc
Thierry Magnier/Tralalère
Prix constaté : 6,49 € (Apple)
Bleu de toi
de Dominique Maes
CotCotCot-apps
Prix constaté : 5,49 € (Apple)

À part ça ?

Si vous êtes sur Paris, faites un tour à la Gaîté lyrique, qui présente une exposition sur l’ère technologique à destination des enfants. Capitaine futur et le voyage extraordinaire réunit une vingtaine d’installations interactives d’artistes contemporains qui chamboulent nos perceptions des phénomènes physiques et notre appréhension du monde. On peut même s’envoler dans les étoiles grâce à une balançoire interstellaire… Jusqu’au 8 février.

Erica

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