La mare aux mots
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Élitchka

Des albums extravagants

Par 30 juin 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux albums totalement loufoques, des histoires d’animaux drôles et impertinentes qui nous font voir le monde autrement.

Si j’avais une girafe
de Shel Silverstein (traduit par Christian Demilly)
Grasset jeunesse
16,90 €, 238×290 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2016.
Le chat peintre
Texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Bearboz
Élitchka
16,50 €, 240×215 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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Les invité-e-s du mercredi : Elitza Dimitrova et Françoise Cruz (+concours)

Par 15 avril 2015 Les invités du mercredi

J’avais envie cette semaine d’en savoir plus sur les éditions Elitchka et le mieux, pour ça, était d’interviewer Elitza Dimitrova son éditrice. Elle a accepté de répondre à mes questions. À la suite de ses réponses, vous pourrez tenter de gagner son dernier album, Maritchka et Marie. Ensuite c’est avec Françoise Cruz que nous avons rendez-vous. Auteure et éditrice, elle revient sur Comme les autres pour notre rubrique Parlez-moi de… Bon mercredi à vous !


L’invitée du mercredi : Elitza Dimitrova

Elitza DimitrovaComment sont nées les éditions Elitchka ?
Un jour, je me suis rendu compte qu’on ne connaissait pas, ou peu, en France, la littérature bulgare pour enfants. Pourtant, il y a en Bulgarie des auteurs dont les écrits ont une portée universelle et qui méritent d’être connus. Certains, tels Anguel Karaliitchev ou Kina Kudreva, ont obtenu le prix Andersen. Il m’a semblé qu’il y avait, là, une lacune à combler. Et comme la création d’une entreprise est toujours un acte de foi, je me suis lancée.
Élitchka est née ainsi, en Alsace, en décembre 2013. Souhaitant promouvoir le patrimoine culturel bulgare, loin de toute institution étatique, en toute indépendance, elle présente des contes populaires et des contes d’auteurs de Bulgarie sous la forme d’albums qualitatifs grand format, avec un graphisme épuré.

Quelle est votre ligne éditoriale ?
La maison met en avant des histoires d’aventures, à morale, des contes-randonnées, illustrés par des artistes français et bulgares (surtout français, pour le moment, et des premiers livres), et inédits en France. Ce sont avant tout de belles histoires sans âge. Chacune est un coup de cœur. Nos thèmes de prédilection sont la liberté, la force créative, l’émancipation, le voyage initiatique.
Une histoire de dragonsEn 2014, la maison a créé trois livres. Une histoire de dragons (Edvin Sugarev et Sylvie Kromer) est un conte sur l’affirmation de soi. Une larme de maman (avec les images de Céline Corréale) est considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature bulgare pour enfants, elle est née de la plume d’Anguel Karallitchev, le Andersen de la Bulgarie. Maritchka et Marie (texte populaire revisité, illustré par Elisabeth K. Hamon) met en scène deux fillettes et une baba, personnage lumineux qui aide les enfants seuls à trouver leur chemin dans la vie. C’est un hommage à mes deux grands-mères qui ont joué un rôle très important dans la mienne.

Que signifie ce nom, Elitchka ?
Elitchka désigne en bulgare le petit sapin, l’arbre toujours vert. Cette maison est une recherche du regard de l’enfant qui ne juge pas le monde qui l’entoure, et qui y puise sa force. Elle représente un pont jeté d’un bout à l’autre de l’Europe, un pont qui relie mon pays d’origine à mon pays d’adoption. Je souhaite que les enfants qui lisent nos livres en gardent une émotion pour la vie, et se sentent plus déterminés sur leur chemin.

Comment choisissez-vous les projets que vous éditez ?
Chaque projet est un coup de cœur. Je cherche d’abord un texte qui m’inspire, qui me parle, et la plupart du temps il s’articule autour de mes thèmes favoris — la liberté, la force créative, l’ouverture au monde. Je tâche non pas de présenter des contes épars, mais de développer une politique d’auteur. En 2014, nous avons lancé de jeunes illustrateurs avec qui nous continuons de travailler.

une larme de mamanParlez-moi de vous, quel est votre parcours personnel ?
Après avoir terminé mes études secondaires dans un lycée français, à Haskovo, en Bulgarie, j’ai eu l’opportunité de m’inscrire dans une université en France (sur concours organisé par l’Alliance française). Ainsi, en septembre 1995, j’ai fait le voyage Sofia-Paris-Avignon, et après trois jours de car et de train, je suis arrivée à la cité des Papes. J’avais 18 ans, deux valises, et je n’étais jamais sortie de la Bulgarie auparavant. J’ai donc entamé des études de lettres modernes qui se sont terminées à Paris 4 par une spécialisation en littérature comparée, traduction de la poésie. J’ai pu approcher la traduction littéraire grâce à la patience et aux conseils constructifs d’un excellent directeur de recherches. Parallèlement à mes longues études, j’ai travaillé dans un magasin à temps partiel, et fait beaucoup de petits jobs complémentaires à côté, sans oublier quelques stages dans l’édition. Ensuite, j’ai eu la chance de travailler pour Sabine Wespieser Editeur, puis chez les éditions de Tournon, avant de déménager en Alsace où j’ai continué les tâches rédactionnelles et éditoriales en free-lance. Et le jour de créer Elitchka est arrivé. C’était le moment ou jamais.

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant, adolescente ?
Enfant, je dévorais les contes, qu’ils soient populaires, de tous pays, ou d’auteur. J’adorais Les 1001 nuits. Ma grand-mère maternelle, qui avait été danseuse, m’a sensibilisée à la poésie. Elle m’offrait des recueils de chants populaires, chantait elle-même en bulgare, en français et un peu en grec, récitait des poèmes, me racontait les romans qu’elle lisait. J’ai gardé le goût de ces lectures-là pour toujours, contes, poésie, prose poétique. Je n’ai jamais eu, ado, un engouement pour les romans d’aventures ou de science-fiction, mis à part les romans d’Alexandre Béliaev, notamment L’Homme amphibie, et il y avait très peu, ou pas, de BD dans nos librairies bulgares à cette époque de transition politique — j’ai redécouvert le genre en France. Donc, des contes, je suis passée directement aux romans « adultes ». Le premier qui m’a vraiment marqué était Tabac de Dimitar Dimov (le père de la romancière Théodora Dimova, auteure du très remarqué Mères). J’ai découvert en même temps La Bible et Ainsi parlait Zaratoustra, auquel je n’ai pas compris grand-chose, mais j’ai été subjuguée par ses allures de prêche et sa force poétique. Parmi les poètes bulgares, j’avais toujours avec moi les recueils de Yavorov, de Vaptzarov et de Daltchev, je lisais beaucoup de femmes poètes, pas forcément classiques.

Maritchka et MarieQuels sont vos projets ?
Dans un premier temps, je prévois de lancer une petite collection de livres de poche issus de nos albums grand format, et toucher ainsi un lectorat différent.
Pour l’automne, je prépare un projet avec la talentueuse Clémence Pollet, d’après un conte de Sugarev, Conte lent en rouge. C’est un chant jubilatoire en hommage à la force créative des enfants, souvent opposée au monde très concret et très pragmatique des adultes. Le Chat-Peintre (ou à bas, la censure !), du même auteur, verra sans doute le jour en 2016, et je prévois de le confier à un illustrateur de Mulhouse, Bearboz.
Un autre conte d’Anguel Karaliitchev, La Luciole et le Hibou, devrait être travaillé en collaboration avec l’illustratrice strasbourgeoise Sherley Freudenreich. Il y est question de la lumière dans les « profondes ténèbres de la nuit ».
Nous devrions également lancer une collection poésie avec un premier recueil de Margaritt Jékov, poète contemporain bulgare d’inspiration chrétienne. Lycéenne, j’ai découvert sa poésie, et la sérénité qui s’en dégageait. Ses sujets ont évolué avec le temps, mais Jékov reste un poète de l’époque post socialiste à découvrir. Cinq de ses poèmes sont parus dans la revue Europe en octobre 2006.

Bibliographie :

  • Maritchka et Marie, texte d’Eli, illustré par Elisabeth K. Hamon (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Une larme de maman, texte d’Anguel Karaliitchev (traduit par Eli), illustré par Céline Corréale (2014).
  • Une histoire de dragons, texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Sylvie Kromer (2014), que nous avons chroniqué ici.

Pour aller plus loin, Elitza Dimitrova a également répondu a une interview d’Un livre dans ma valise.

Concours :
Elitza Dimitrova et les éditions Elitchka vous donnent la possibilité de gagner un exemplaire du dernier album de leur dernier livre,  Maritchka et Marie (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, dites-nous en commentaire à cet article quel est votre conte classique préféré, vous participerez au tirage au sort. Vous avez jusqu’à mardi 20 h.


Parlez-moi de… Comme les autres

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Comme les autres (chroniqué ici), un très bel album sur un enfant surdoué qui ne veut pas être différent. Françoise Cruz, auteure et éditrice, a accepté de nous en parler.

francoise CruzComme les autres est une histoire qui vit en moi depuis… toujours.
D’abord, on est enfant, on observe et intuitivement, on comprend plus ou moins. Ensuite, devenue adulte (enfin, presque !), j’ai continué à observer et surtout à questionner, à la fois les enfants, mais aussi les parents.
Augustin qui a 9 ans et qui a peur de ne pas être à la hauteur de ce que ses parents attendent de lui, je le vois partout.
J’avais envie d’écrire sur la souffrance des enfants qui réussissent à l’école (on parle souvent de l’échec scolaire) et auxquels on en demande toujours davantage, auxquels on demande, même implicitement, de ne pas « chuter », « pas redescendre ».
Cette souffrance-là est souvent muette. Elle n’a pas le droit de s’exprimer, parce que les enfants savent que cela déplairait à leurs parents.
Pour continuer à se sentir valorisés à leurs yeux, à être « forts », les enfants vont intérioriser un esprit de compétition féroce, qui parfois occulte tout le reste.
Ils vont vivre dans la terreur de décevoir. De ne plus correspondre à l’image que leurs parents, leurs proches, leur renvoient d’eux-mêmes. En fait, ils ont peur de ne plus être aimés.
Ce qui est paradoxal, c’est que c’est cet esprit de compétition qui est ensuite et souvent dénoncé.
Je trouve cette souffrance terrible, dévastatrice… Il me semble essentiel que les parents puissent dire à leurs enfants « Notre amour est sans condition. Nous souhaitons pour vous une réussite scolaire, mais notre amour ne dépend pas de vos résultats à l’école ».
C’est très complexe ce rôle de parents et je ne me pose pas comme juge, étant moi-même mère de famille. Avec humilité, j’ai juste cherché à envoyer un signal à certains parents. Je pense que l’on peut facilement tomber dans ces pièges d’autosatisfaction par rapport à nos enfants. Mais leur vie leur appartient ! Je sais, cela peut paraître comme d’enfoncer une porte ouverte, mais j’avoue que je suis parfois choquée, j’ai l’impression que les enfants font partie de la panoplie des « Parents modèles » !
Et bien non ! Nous n’avons pas le droit de tout exiger de nos enfants, même si nous avons le devoir de leur demander de chercher le meilleur en eux-mêmes.

C’est un sujet délicat que celui des enfants surdoués, car si intellectuellement ils sont au-delà de la norme, affectivement, ils continuent à avoir les besoins que leur âge exige.

Avec « Comme les autres », j’ai essayé de dire tout cela, de dire encore, en quelques pages, qu’avant de trouver sa propre identité, sa singularité, il y a le passage obligé pour un enfant, de se sentir comme les autres. À partir de là, il sera possible pour lui de construire sa personnalité.

Quand j’ai proposé ce sujet à mon éditrice, elle a tout de suite réagi positivement… il faut vous dire que mon éditrice, c’est moi !
Françoise Cruz

Comme les autres
Comme les autres
de Françoise Cruz
Sorti chez Naïve (2014)
Chroniqué ici.

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Contes et légendes

Par 10 mars 2015 Livres Jeunesse

L'ours et les trolls de la montagneUn berger, bien embêté par son ours apprivoisé devenu trop imposant, décide de l’offrir au roi et de l’emmener jusqu’à son palais le jour de Noël. Pris dans une tempête de neige, il demande abri à une famille qui vit dans une petite cabane isolée. À l’intérieur, le repas de Noël est bien alléchant, mais la famille prévient le berger : ils vont tous devoir quitter la maison avant les 12 coups de minuit, car bientôt, les affreux trolls de la montagne vont débarquer et tout manger, comme chaque année. Cachés dans la maison, le petit berger et son ours attendent ses affreuses créatures, bien décidés à leur donner une bonne leçon.
Ce petit album souple est vraiment adorable ! Les personnages sont très attachants et les illustrations aux couleurs vives sont très agréables à regarder : on en voudrait plus ! Pour une amoureuse de la Suède comme moi, c’était un plaisir de retrouver ce petit conte amusant et des motifs très scandinaves dans les dessins. On a envie de le lire encore et encore, blotti au coin du feu, découvrant à chaque lecture de nouveaux détails dans les illustrations.
Le même vu par Enfantipages.

Le sourire de la nuitAlors que la fête bat son plein dans un petit village enneigé, un couple d’étrangers avance pieds nus et demande l’aide des habitants dans une langue que ceux-ci ne comprennent pas… et ne cherchent pas à comprendre. Ici, on n’aime pas trop les étrangers, surtout ceux qui gâchent la fête avec leur air désespéré et leur bébé prêt à naître. Tandis qu’ils s’apprêtent à repartir, une vieille dame les arrête et leur offre l’hospitalité. Il était temps car bientôt, le bébé se manifeste : la naissance est proche. Tout le village se précipite alors dans la bergerie. Et c’est là que les miracles commencent à arriver : les généreux sont récompensés, les malveillants sont pardonnés, et une communion pleine d’amour et de magie englobe le village et ses habitants.
C’est un très joli conte que nous offre Roxane Marie Galliez, un texte qui en dit plus qu’il n’en a l’air, une réflexion sur la générosité et sur la peur infondée de l’autre et de l’étranger. Un petit rappel, bien utile, que l’on gagne toujours à être bon et ouvert.
Pour ne rien gâcher, les illustrations d’Éric Puybaret sont magnifiques, bien mises en valeur par l’album grand format et le papier mat : il se dégage une telle douceur des couleurs et des dessins qu’on a envie de s’y blottir. Oui, tout à fait, j’ai eu envie de me blottir dans le livre ! Inutile de vous dire donc c’est un livre parfait à lire avant de s’endormir, une bouillotte sur les pieds et la couette tirée jusqu’au menton !
Le même vu par Sous le feuillage et Les Lectures de Liyah.

Les Contes de A à ZDifficile de résumer l’histoire de cet album, car en fait, il y a des tas d’histoires… en suspend ! Les Contes de A à Z est un abécédaire, avec, sur chaque page, une lettrine, une grande illustration et un petit texte. Le principe paraît simple et on imagine que chaque lettre fait référence au titre d’un conte ou à un personnage. Alors on lit la première page : la lettre A est un extrait du conte Peau d’Âne. Tiens, l’auteur triche un peu, non ? Soit, on continue. Seconde page : on passe à un autre conte, une autre histoire, qu’on semble prendre au milieu, alors même qu’on a eu droit qu’à un tout petit bout du conte de Peau d’Âne… Et là, apparaît à nos yeux toute l’ingéniosité de cet abécédaire !
Ici, les textes importent peu finalement, ce sont des extraits de quelques lignes tirés des contes de Perrault, Grimm, Jacobs. Ce qui compte surtout, ce sont les illustrations, grandes, foisonnantes et… pleines de détails ! La page du C par exemple : le récit parle de Cendrillon (les mots Cendrillon, Carrosse, Citrouille, Cheval se distinguent dans le texte) et au centre du dessin, Cendrillon part dans son Carrosse. Puis notre regard s’attarde sur tout ce qui entoure Cendrillon… Oh, les 3 petits Cochons se construisent une maison ! Et là, le petit Chaperon rouge s’enfonce dans la forêt avec son panier, tandis que le Chat botté discute avec une souris…
En fait, cet album est une invitation à jouer avec l’enfant, propice à de nombreuses mécaniques : repérer tous les mots qui commencent par la lettre en question, retrouver les contes cités, imaginer une histoire dans laquelle se rencontrent les personnes de plusieurs récits… D’autres idées ?

Maritchka et MarieÀ l’orée d’une forêt enchantée vivent Maritchka et son père. Quand celui-ci se remarie, sa nouvelle femme et sa fille Marie viennent vivre avec eux dans la petite maison en bois, et tous sont heureux. Mais bientôt, la marâtre devient méchante avec Maritchka, qui doit s’occuper de toutes les corvées de la maison. Un jour, elle exige de son mari qu’il abandonne sa fille dans la forêt. S’enfonçant dans les bois, Maritchka est recueillie par une vieille dame. Devinant une grande gentillesse chez la petite fille, la magicienne l’emmène près d’une rivière enchantée et lui dit d’attraper dans les flots ce qui vient à elle : Maritchka attrape un coffret plein de bijoux. Les cheveux couverts d’or, la petite fille retourne chez elle et offre son trésor à ses parents. Jalouse, la belle-mère demande à son mari d’abandonner Marie au même endroit, dans l’espoir que celle-ci revienne à son tour couverte d’or. Mais Marie, trop choyée et privilégiée par sa maman, est loin d’avoir en elle la gentillesse de Maritchka…
Inspiré d’un conte traditionnel bulgare, spécialité de la jeune maison d’édition Élitchka, Maritchka et Marie suit un schéma très classique, avec un message moral sur le bien et le mal. Ça n’est pas un album révolutionnaire, mais il est très agréable à lire et à regarder, notamment grâce aux illustrations d’Elisabeth K. Hamon, et pour qui aime les contes et leur univers magique, c’est parfait ! Le début est certes un peu rude (la perte de la mère, l’arrivée de la méchante marâtre, l’abandon par le père dans la forêt), mais rassurez-vous, tout se termine bien, même pour Marie !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Nathalie Ragondet (La Bretagne et ses contes, ses visites, ses recettes…), de Roxane Marie Galliez (Le petit théâtre de Casse-Noisette, J’ai laissé mon âme au vent), d’Éric Puybaret (J’ai laissé mon âme au vent), de Françoise Rogier (C’est pour mieux te manger).

L’ours et les trolls de la montagne
Texte d’Albena Ivanovich-Lair, illustré par Nathalie Ragondet
Père Castor, dans la collection Les Classiques du Père Castor
4,75€, 180 x 210 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Le sourire de la nuit
Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Éric Puybaret
De La Marinière Jeunesse
14,50€, 245 x 345 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Les Contes de A à Z
De Françoise Rogier
À pas de loups
16€, 235 x 335 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Maritchka et Marie
Texte d’Eli, illustré par Elisabeth K. Hamon
Élitchka
16,50€, 245 x 280 mm, 44 pages, imprimé en Bulgarie, 2014.

À part ça ?

Les après-midis des enfants, aux Forum des Images, vous connaissez ?

Marie

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Un jaguar brésilien et un dragon bulgare

Par 30 juin 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir deux beaux contes du monde.

l'Enfant, le jaguar et le FeuBotoque avait accompagné un chasseur de son village pour capturer des bébés perroquets. C’est l’enfant qui était monté dans le nid, aidé par l’adulte, mais il avait été laissé là parce que les œufs qu’il avait lancés au chasseur s’étaient transformés en pierre. Botoque serait mort de faim s’il n’avait pas été sauvé par un jaguar à l’allure d’homme, un jaguar qui le ramena chez lui, lui proposant de l’adopter. C’est dans la maison de l’animal que Botoque vit pour la première fois le feu.
L’Enfant, le jaguar et le feu est le dernier ouvrage de la magnifique collection Contes et Classiques du Monde de chez Magnard jeunesse. Il s’agit ici d’un conte brésilien étiologique (on y apprend pourquoi les jaguars mangent de la viande crue et détestent les hommes) raconté par Muriel Bloch et magnifiquement illustré par Aurélia Fronty (dont les dessins sont parfaitement mis en valeur par la grande taille de l’ouvrage). Une histoire vraiment forte qui parle d’amitié et de confiance trahie, et qui va séduire les enfants qui aiment les beaux contes.
Une très belle histoire, de superbes illustrations… un ouvrage somptueux.
Quelques extraits en ligne.

Une histoire de dragonsVlad a été suffisamment prévenu : s’il fait des bêtises, un dragon viendra, un dragon terrifiant, à trois têtes, de la taille d’une maison avec un paratonnerre, avec une queue aussi longue que le Mississippi. Ce dragon c’est SON dragon, on en a tous un. Alors Vlad ne saute plus dans les flaques, il ne vole plus de confiture dans le garde-manger, il se couche toujours à l’heure. Vlad se dit qu’ainsi le dragon ne viendra pas, qu’il peut dormir tranquille. Mais un jour, le petit garçon croise un petit dragon, chétif et mal en point, celui-ci lui explique qu’il est son dragon et que Vlad est tellement sage qu’il est en train de dépérir. L’enfant ne peut pas laisser ce dragon dans cet état…
Les éditions Élitchka ont pour but de promouvoir le patrimoine culturel bulgare. Ce très beau conte, Une histoire de dragons, est leur tout premier livre.
Ici, il est donc question de bêtises, mais aussi de l’importance d’en faire pour grandir. On parle de la nécessité de s’affirmer, de sortir parfois du cadre, des sentiers qu’on trace pour nous. Les enfants ont besoin de faire des bêtises et pour grandir Vlad devra aller au-delà de la surprotection de toute une famille qui s’est donnée le mot.
Un très bel ouvrage aux illustrations avec des noirs profonds parfaitement mis en valeur par un beau travail d’impression.
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Muriel Bloch (La jeune fille habillée en garçon, Le premier amour de grand corbeau, Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et d’Aurélia Fronty (La Belle et la Bête, Raja, Princesse Yong Hee et la perle de la nuit, Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente).

L’Enfant, le jaguar et le feu
Texte de Muriel Bloch, illustré par Aurélia Fronty
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et Classiques du Monde
16,90 €, 288×328 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Une histoire de dragons
Texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Sylvie Kromer
Élitchka
16,50 €, 255×280 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.


À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui se termine. En juin, c’était donc, pour Marianne : Au revoir Grand-mère de Mélanie Walsh (Gallimard Jeunesse), Les pompiers d’Anne-Sophie Baumann et Patrick Morize (Tourbillon) et Les pourquoi de Non-Non de Magali Le Huche (Tourbillon). Et pour moi : Mais qu’est-ce qu’il fait Momo de Nadja (Rivages), Le Yark de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard (Grasset-Jeunesse) et Les bruits chez qui j’habite de Séverine Vidal et Claire Cantais (L’édune).
Côté romans, comme chaque nouveau trimestre, nous avons choisi les romans qui nous ont le plus plu dans les trois mois qui viennent de s’écouler. Pour le second trimestre de 2014 il s’agit, pour Marianne, de Charlie de François David (Éditions du Muscadier), Dis-moi qu’il y a un ouragan de Fabrice Emont (Scripto Gallimard) et Après la vague d’Orianne Charpentier (Scripto Gallimard). Et pour moi : Casseurs de solitudes d’Hélène Vignal (Le Rouergue), Non à l’indifférence d’un collectif (Actes Sud Junior) et Une vie retrouvée de Josette Chicheportiche (Oskar).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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