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En vacances avec…

Les invité·e·s du mercredi : Anne-Fleur Multon et Émilie Chazerand

Par 9 mai 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on a rendez-vous avec Anne-Fleur Multon, autrice de la série Allô Sorcières. Ensuite, c’est avec Émilie Chazerand que l’on part pour des petites vacances. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Anne-Fleur Multon

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Quand, à l’âge de dix-sept ans, j’ai commencé à considérer sérieusement la question rituelle du « tu-veux-faire-quoi-plus-tard-Anne-Fleur », il n’y avait pas encore vraiment, en France, d’études pour devenir écrivaine, puisque ce n’est pas encore considéré comme un véritable métier dans notre pays – sinon, je m’y serais bien évidemment RUÉE (il existe d’ailleurs maintenant un tout nouveau master de creative writing qui s’est ouvert au Havre !).
Ma formation d’écrivaine s’est donc faite sans études, par la pratique, dès mon plus jeune âge (soit en me racontant des histoires dans ma tête, soit en les faisant taper à super-papa). Mais comme il fallait bien faire quelque chose de sérieux qui rassure les adultes, j’ai un peu avancé dans les études au hasard de mes autres vocations : après un cursus scientifique jusqu’au lycée parce que je voulais peut-être devenir astrophysicienne ou médecin dans la marine marchande (surtout pour le côté bateau), j’ai poursuivi par une prépa littéraire à Henri IV parce que je me voyais bien vivre dans une bibliothèque, donc pourquoi pas devenir conservatrice, n’est-ce pas, puis j’ai continué sur des études littéraires, parce que finalement les livres les livres les livres, et je n’ai jamais passé l’agreg parce que j’avais eu ma dose de concours pour la vie – à la place, j’ai écrit mon premier roman publié !

Parlez-nous de votre série Allô Sorcières, dont les deux premiers tomes sont parus aux éditions Poulpe Fictions. D’où est venue cette histoire ?
Cette histoire, elle est née d’un désir commun avec mon éditrice de mettre en scène des ados comme on les connaît, c’est à dire pas nunuches-crucruches à la sauce pestouille-poney, mais des ados qui en veulent, qui ont des rêves, de l’ambition, qui savent où elles vont et sur qui elles peuvent compter. Je voulais une vraie histoire d’amitié bienveillante et constructive, parce qu’il me semble que le trope de la dispute, très présent dans la littérature pour les filles, est révélateur d’un mécanisme patriarcal vieux comme le monde qui empêche les femmes d’accéder aux sphères de pouvoir (diviser pour mieux régner, une stratégie éprouvée pour conserver le pouvoir !). L’importance de la sororité, de l’entraide et de la solidarité, c’étaient des valeurs féministes qui étaient pour moi essentielles à transmettre à mes lecteur·trices. Aussi, ayant grandi en Afrique et dans le Pacifique, je savais depuis toute petite qu’on parlait et qu’on lisait le français bien au-delà des frontières de la métropole. Pourquoi aucune histoire ne s’y passe-t-elle jamais ? Je voulais parler de francophonie, et montrer à quel point ces territoires boudés de la fiction peuvent apporter une richesse narrative et sont nécessaires en termes de représentation.
Si on pense à mon histoire comme un collier, je dirais que les questions de représentations et les questions féministes sont comme le fil sur lequel les perles de l’intrigue sont venues ensuite se rajouter tout naturellement. Personnellement, j’adore les histoires, les histoires qui bougent, qui déménagent, les histoires qui vous prennent à l’estomac : j’ai donc écrit une histoire que j’aurais aimé lire, avec des personnages que j’aurais aimé rencontrer ado ou pré-ado. Allô Sorcières, ce sont avant tout des romans, pas des essais !

Vos romans mettent en scène des personnages de tous horizons, avec beaucoup de diversité. Est-ce un thème qui vous est cher ?
Comme je le disais plus haut, la question de la représentation est centrale dans mes romans. Je pense que tout le monde a envie de lire des textes avec des personnages surprenants et complexes, comme dans la vraie vie. Je vois donc ça comme un enrichissement de mon texte, et pas comme une contrainte. Par défaut, on imagine toujours un personnage qui nous ressemble, ou qui ressemble aux personnages qu’on a croisés dans nos lectures (et je ne vous apprends rien, les héros et héroïnes, leur famille, les ami·e·s, tout ça est souvent très blanc, très hétéro, très métropolitain, voire parisien, et plutôt middle class – même si énormément d’auteur·trices font bien heureusement avancer les choses). Quand je pense à un personnage, je me pose toujours cette question : pourquoi ? Pour la famille d’Aliénor, par exemple, j’avais évidemment imaginé, au début, que c’était son papa qui était astrophysicien. Pourquoi pas sa maman ? J’ai donc interchangé les rôles, ce qui m’a en plus apporté les personnages vraiment chouettes des parents d’Aliénor, qui sont très complémentaires, très encourageants et positifs. On me dit parfois que ce que j’écris n’est « pas possible », que c’est une vision bien trop « bisounours » de la société. Déjà, c’est faux : je ne cache pas les problèmes de sexisme, de racisme, les jugements classistes et validistes, le poids de la grossophobie, les angoisses d’ado… Simplement, dans un livre, les dragons peuvent voler : moi, je crée un monde avec des règles différentes, avec certaines familles idéales qui servent de modèle positif à mes lecteur·trices, et qui permettent d’aborder toutes ces questions de manière bienveillante et positive, sans pour autant en cacher l’injuste et dangereuse réalité.

Comment s’est passée la collaboration avec Diglee, qui a illustré vos romans ?
Merveilleusement bien. Je connaissais Maureen avant l’écriture du roman, j’avais donc toute confiance dans ses intentions (c’est, en plus d’être une dessinatrice hors pair, une féministe convaincue et convaincante, allez la suivre sur son Instagram, @diglee_glittering_bitch, elle y partage ses réflexions toujours pertinentes et ses lectures). Elle a donné un sens à mon roman : pour moi, l’illustrateur·trice fait autant partie de la création d’une œuvre que son auteur·trice. Elle a donné à mes héroïnes un visage (tellement craquant !), de la volonté, elle les représente dans des situations de pouvoir, totalement badass, drôles et formidablement ado dans chaque dessin. Elle fait aussi souvent des propositions que j’intègre dans mon écriture : elle a représenté Azza avec des poils sous les bras, et son dessin du majordome du grand-père d’Aliénor dans le tome 1 m’a fait mourir de rire et a complètement inspiré le personnage du majordome, plus présent, dans le tome 2.
Je ne serai jamais assez reconnaissante pour son travail – trop de fierté et d’amour !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je lisais tout ce qu’on me donnait à dévorer, littérature de jeunesse ou littérature adulte. Il y a eu du Marie-Aude Murail, du Philip Pullman, Harry Potter évidemment (je suis Serdouffle, mi Serdaigle mi Poufsouffle), Claude Ponti que j’ai continué à relire ado (Ma vallée est un must-have d’imaginaire pour moi), Zola et Nabokov (au lycée, j’adorais les grandes fresques mélodramatiques), Les Orphelins Baudelaire, les Tintin et les Yoko Tsuno, Le Club des cinq chez ma grand-mère, les J’aime lire et les D-Lire, relus infiniment… J’ai passé une bonne partie de ma vie à lire, j’imagine que c’est aussi un peu comme ça qu’on devient écrivain·e.

Quelques coups de cœur à nous faire partager ?
J’ai récemment dévoré Libre et affamés, de David Arnold : c’est à mi-chemin entre du John Green et du Jonathan Safran Foer, c’est donc très américain, haletant, à fleur de peau et héroïquement adolescent. Je l’ai lu en une nuit et je le recommande chaudement (en prime, chouettes persos féminins). Sinon, le magistral Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (évidemment indétrônable dans mon cœur, un roman foisonnant, déchirant, lesbien, inventif dans la forme et le fond, historiquement irréprochable, relu déjà sept fois, acheté en multiples exemplaires pour les faire tourner – lisez tout de Charlotte Bousquet). J’ai aussi adoré, en adulte, Ma reine de Jean-Baptiste Andréa, qui approche l’adolescence d’une façon lumineuse et douloureuse (car un ado, n’est-ce pas un enfant coincé dans un corps trop grand ?). Presque un conte, cruel, fantastique, brillant, pur. Un petit chef-d’œuvre très cinématographique.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos prochains projets ? Une suite à Allô Sorcières ?
La suite d’Allô Sorcières est en écriture, et elle est prévue pour août, normalement ! Drôlement hâte de vous montrer où mes petites sorcières vont vous emmener, cette fois.
J’écris aussi un thriller YA à quatre mains avec la formidable écrivaine Samantha Bailly, et d’autres projets un peu plus secrets sont aussi en route ! Stay tuned !

Bibliographie :

  • Sous le Soleil exactement, Poulpe Fictions, 2018.
  • Viser la Lune, Poulpe Fictions, 2017, que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Émilie Chazerand

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Émilie Chazerand que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Extra doux, Jon Klassen et Mac Barnett
  • Herman et Dominique, Alexandra Pichard
  • Quand je serai grand, je serai le père Noël, Grégoire Solotareff
  • Le plus grand livre du monde, Richard Scarry (parce qu’on s’éclate avec, ma fille et moi)
  • Tous les imagiers rétro de Ingela Peterson Arrhenius (parce que mon bébé-fils crie de plaisir en les voyant)

5 romans :

  • Tout Kundera, avec un faible, bizarrement, pour L’identité.
  • La Mecque-Phuket, Saphia Azzedine.
  • L’Antigone d’Anouilh (même si ce n’est pas un roman.)
  • Persépolis, Marjane Satrapi (roman graphique, roman quand même)
  • Der Vorleser (ou Le liseur) de Bernhard Schlink.

5 DVD :

  • Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet
  • Le vieux fusil, de Robert Enrico
  • Élisa, de Jean Becker
  • Snowcake, de Marc Evans
  • Rainman, de Barry Levinson

5 CD :

  • No need to argue, The Cranberries
  • Lungs, Florence and the machine
  • Bridge over troubled water, Simon and Garfunkel
  • Toutes les compilations possibles et imaginables de la Motown
  • Out of time, R.E.M.

5 artistes :

  • Le Bernin
  • Toutes les frangines Brontë
  • Sempé
  • John Lennon
  • Florence Welch

5 lieux :

  • Le resto Jacob soul food à Harlem, New York. On y sert une cuisine des états du Sud et des revisites en live des standards de la Motown.
  • Les pubs de Galway, les pubs de Kilkenny, les pubs de Killarney. Je vous ai parlé des pubs ?
  • Prague à Pâques, Pâques à Prague. Pour les odeurs, le froid, l’Histoire palpable, le folklore religieux et les souvenirs que j’y ai.
  • Rome, la ville où je DOIS aller au moins une fois par an pour être heureuse. Avec la galerie Borghèse, le glacier San Crispino, la librairie française, le jardin botanique du Trastevere, les fontaines, la lumière et l’art, partout, tout le temps, même chez Dino et Tony, ce petit resto familial où le concept de la carte n’existe pas mais où ça chante, rit et mange sérieusement.
  • Strasbourg, ma petite patrie, qui me manque atrocement alors que j’habite à 30 minutes. Mais, où que l’on soit, on est toujours trop loin de Strasbourg, de toute façon.

5 artistes

Émilie Chazerand est autrice

Bibliographie :

  • La fourmi rouge, roman, Sarbacane (2017).
  • L’ours qui ne rentrait plus dans son slip, livre-CD illustré par Félix Rousseau, Benjamins Médias (2017).
  • Le génie de la lampe de poche, roman illustré par Joëlle Dreidemy, Sarbacane (2017).
  • Série Suzon, albums illustrés par Amandine Piu, Gulf Stream éditeur (2017), que nous avons chroniqués ici et .
  • Y en a qui disent…, album illustré par Maurèen Poignonec, L’élan vert (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bébé s’appelle Repars, album illustré par Isabelle Maroger, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les papas de Violette, album illustré par Gaëlle Soupard, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • L’horrible madame mémé, album illustré par Amandine Piu, L’élan vert (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Jean-Jean à l’envers, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite Sirène à l’huile, album illustré par Aurélie Guillerey, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Coline Pierré et Øyvind Torseter

Par 18 avril 2018 Les invités du mercredi

C’est un mercredi un peu spécial pour moi aujourd’hui. On commence par une longue interview avec une autrice que j’apprécie beaucoup, tant pour son travail que pour sa personnalité, Coline Pierré, ensuite on part en vacances avec l’un de mes illustrateurs préférés, Øyvind Torseter. À travers ces deux rencontres, j’espère vraiment vous donner envie de connaître leur travail. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Coline Pierré

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre très bel album Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants ?
Après avoir illustré la couverture de mon second roman, L’immeuble qui avait le vertige, Loïc m’a contactée pour me dire qu’il l’avait aimé et me demander si ça m’intéresserait de monter un projet de livre ensemble. Je connaissais et j’aimais son travail donc j’étais ravie.
J’avais justement cette idée d’histoire en tête. Je ne sais plus comment elle est née, mais je me souviens très bien où : j’étais devant ma cuisinière.
J’en ai parlé en quelques mots à Loïc et il a été curieux. J’ai écrit l’histoire, elle lui a plu et on s’est lancés. On l’a proposée à Olivier Douzou, qui est l’éditeur des albums au Rouergue. Il a été tout de suite intéressé, et il y a apporté des choses vraiment intéressantes, un regard extérieur qu’on n’avait pas.
C’est une sorte de conte moderne humoristique, qui aborde notre rapport à l’alimentation et à la consommation. C’est aussi un livre qui milite de manière pas vraiment dissimulée pour le végétarisme. Pour la petite anecdote, j’ai écrit ce texte avant de cesser de manger de la viande. Et je n’en ai vraiment saisi la portée que lorsque Loïc, puis Olivier, y ont posé leur regard. Il faut croire que quelque chose infusait sans doute déjà en moi. 🙂

Comment avez-vous travaillé sur ce projet avec Loïc Froissart ?
J’ai écrit une première version du texte à partir de laquelle Loïc a fait de premières images. Puis j’ai écrit mille versions du texte et Loïc a refait mille versions des images. Parfois en parallèle, parfois en rebondissant sur le travail et les idées de l’autre. Loïc a apporté des idées et de nouvelles dimensions au texte. On a un peu le même fonctionnement, je crois, on tâtonne, on recommence, on n’est pas satisfait, on améliore petit à petit. Il s’est passé plus de trois ans entre la première version du texte et la publication du livre, donc on a eu tout le loisir d’hésiter et de parfaire les choses.
Entre temps, on a monté une lecture dessinée et sonore ensemble (une histoire d’oiseau dont personne ne comprend le chant), on prépare une lecture dessinée et musicale à partir des Ogres, et on réfléchit à de nouveaux projets de livres.

Vous avez créé Monstrograph avec votre compagnon Martin Page, pouvez-vous nous parler de ce projet ?
Nous avons monté il y a quelques années cette maison de micro-édition pour y publier des livres courts et hors-normes, impubliables ailleurs ou refusés partout, et auxquels nous tenons. Ce sont souvent des textes un peu bizarres et très personnels. Pour l’instant, il s’agit surtout de livres illustrés et d’essais. (au départ, on faisait aussi un peu de sérigraphie mais on n’a plus vraiment le temps pour ça).
On ne se donne aucun objectif en termes de régularité, on fait les livres que l’on veut, quand on a envie. C’est un plaisir de pouvoir travailler sur des formats un peu différents, et de réfléchir à tous les aspects du projet, de penser quelque chose de global : écriture, illustration, maquette, choix du format, du papier, vente. Et puis ça permet de s’affranchir du temps parfois trèèèès long de l’édition.
Mais c’est aussi un sacré travail (et un investissement financier personnel) donc on en fait très peu. Mais ils font aussi parfois naître de beaux projets : J’ai par exemple fait un atelier d’écriture sur la base d’un de mes livres illustrés, et une classe de collégiens avait monté une lecture musicale à partir d’un de ces textes.
On aimerait aussi un jour s’ouvrir à des publications d’amis, ou traduire des textes courts d’auteurs qu’on aime.

L’engagement prend une grande place aussi dans votre travail à vous et dans celui de Martin, j’ai l’impression. Pouvez-vous nous en parler ?
Je n’ai pas l’impression d’être une fille très engagée (je manifeste très rarement, je ne fais pas partie d’associations), je culpabilise même souvent de cette inaction quand je vois les autres qui agissent concrètement. Alors pour donner le change, j’essaie d’être engagée avec mes armes à moi, là où je me sens plus à l’aise : dans ma vie quotidienne (véganisme, écologie…), dans mon langage, dans mes rapports aux autres, dans mes votes, dans ce que je dis aux élèves que je rencontre, et puis j’essaie de faire des livres qui véhiculent (souvent clandestinement, parfois plus frontalement) les valeurs auxquelles je crois : féminisme, antispécisme, humanisme…
Martin et moi sommes radicaux dans différents domaines 🙂

Parlez-nous de votre parcours
J’écris depuis l’enfance. Adolescente, j’écrivais aussi des chansons, mais l’idée de monter sur scène me terrorisait. J’avais envie que la création fasse partie de ma vie d’adulte, sans vraiment me décider pour un art. J’oscillais entre musique et écriture, j’ai fait un peu de vidéo, de dessin…
J’ai suivi des études d’information et communication à la fac, avec la vague intention de devenir journaliste, car c’était le compromis que j’avais trouvé pour à la fois rassurer mes parents avec le spectre d’un « vrai métier », et vivre de l’écriture. J’ai abandonné en cours de route parce qu’au fond, ce n’était pas ça que j’avais envie de faire. Je suis devenue rédactrice indépendante, et en parallèle, j’ai continué à essayer d’écrire des livres (j’ai écrit beaucoup de débuts de romans). Un jour, j’ai fini par réussir à terminer une histoire, et L’école des loisirs l’a publiée [NDLR Apprendre à ronronner sorti en 2013]. Assez vite, j’ai développé des activités annexes qui m’intéressent beaucoup (animation d’ateliers d’écriture, lectures musicales, création de projets mêlant écriture, son, vidéo…) et qui m’ont permis d’en faire mon métier. 
Maintenant, je reviens doucement à la musique en la mêlant à ma pratique de la littérature, je compose des musiques qui accompagnent des lectures, et j’ose enfin monter sur scène pour les jouer.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Dans mes souvenirs d’enfance et d’adolescence, dans mes sentiments d’adulte, dans ce que vivent mes proches, dans mes angoisses, mes colères, mes doutes et mes incapacités, dans le monde partout autour de moi, en essayant de décaler légèrement mon regard sur la réalité, d’ouvrir des portes dérobées, de renverser des situations, de faire entrer en collision des choses qui s’opposent pour créer des mini big bang intimes. Et puis dans les œuvres d’art des autres, parce qu’elles me donnent de l’énergie et des envies. Mais aussi dans celles que j’aurais aimé aimer mais qui ne me plaisent pas, parce qu’elles me donnent envie de les réécrire.

Est-ce quand on vit avec un·e auteur·trice ça inspire ou au contraire c’est parfois compliqué de ne pas se piquer l’un l’autre des idées ? Est-ce que Martin est votre premier lecteur et inversement ? Intervenez-vous l’un·e sur le travail de l’autre ? (je précise que j’aurai posé la même question à Martin)
Oui, nous sommes le premier lecteur l’un de l’autre, on se fait toujours relire nos livres au moins deux fois. Nos écritures et nos goûts sont plutôt proches, nos idées aussi, donc je pense qu’on comprend bien ce que l’autre veut faire dans ses textes, c’est quelque chose de très précieux pour l’un comme pour l’autre. On sait qu’on peut être franc dans nos remarques et nos corrections, et on est capables d’accepter les critiques de l’autre sans y mettre trop d’ego, c’est important (cela dit, on est très bienveillants). Et c’est pareil quand on écrit des livres ensemble.
En ce qui concerne les idées, ce n’est pas une guerre ! Parfois, une idée naît au cours d’une conversation ou d’une blague commune, et alors la grande question de « à qui appartient cette idée ? » apparaît, mais c’est rare. C’est comme ça par exemple qu’on a décidé de co-écrire un projet de série jeunesse, parce qu’on ne savait plus qui en avait eu l’idée. Mais le partage des idées n’est pas source de scènes de ménage, il y en a assez d’autres dans l’univers. 🙂
C’est au contraire plutôt inspirant d’être au contact des idées et de l’enthousiasme de l’autre (parce qu’on n’a pas les mêmes périodes creuses), on s’épaule, on se stimule. Et c’est un sacré confort de vivre avec quelqu’un qui fait le même métier que soi, qui comprend vraiment nos problématiques, qui a le même rythme de travail. Il n’y a que lorsque l’un de nous a un texte accepté par un éditeur qui a refusé un texte à l’autre, que c’est un peu frustrant. Mais ça n’arrive pas souvent.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, je ne faisais pas très attention aux noms des auteur.trice.s qui étaient écrits sur les livres (honte à moi). Je lisais en vrac ce qui m’interpellait, par le ton, l’histoire, les idées. Je me souviens avoir adoré (et désastreusement tenté de plagier à 11 ans) la série des « Enquête au collège » de Jean-Philippe Arrou-Vignod, je me souviens avoir relu mille fois « Les cacatoès » de Quentin Blake, avoir dévoré une bonne partie de la collection des « Chair de poule », avoir grandi avec les abonnements à L’école des loisirs et avoir lu un paquet de bandes dessinées : les classiques de la bande dessinée franco-belge, et puis les magazines Disney (Le journal de Mickey, Super Piscou Géant…) 
Adolescente, je me suis construite avec les livres de Boris Vian, Howard Buten, Virginie Despentes, Manu Larcenet, Roald Dahl, Hubert Selby Jr, Oscar Wilde, Marjane Satrapi, Bill Watterson… (argh, je réalise que ce sont majoritairement des hommes).

Que lisez-vous en ce moment ?
Je viens de lire un livre réjouissant de Sophie G. Lucas, une sorte d’essai poétique qui s’appelle Assommons les poètes. Dernièrement, j’ai aussi beaucoup aimé Inséparables, de Sarah Crossan, et adoré Handi-gang de Cara Zina (un roman qui met en scène un groupe d’adolescents souffrants de différents handicaps, qui décident d’agir pour dénoncer les injustices dont ils sont victimes). Et parmi l’amoncellement de livres en cours à côté de mon lit, il y en a qui sont extras : Je suis le genre de fille, de Nathalie Kuperman, La vie effaçant toutes choses de Fanny Chiarello, Ces hommes qui m’expliquent la vie, de Rebecca Solnit, et Olympe de Gouges, la bande dessinée de Catel et Bocquet. (tiens, cette fois, ce ne sont presque que des femmes !)

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Mon nouveau livre paraît au Rouergue aujourd’hui (youhou !). C’est un roman pour enfants qui s’intitule La révolte des animaux moches. Il met en scène un groupe d’amis composé de quatre animaux, dans un monde très légèrement futuriste où animaux et humains vivent en paix (c’est-à-dire sans se manger). Seulement, les animaux « nobles » (chevaux, chiens…) sont désormais les alliés des humains, et les animaux moches sont déconsidérés, méprisés, ils sont devenus les nouveaux prolétaires de ce monde. Alors les quatre héros du livre décident de mener une révolte pour faire advenir plus de justice et être reconnus à leur juste valeur.
Chez Monstrograph, la maison de micro-édition que j’ai créée avec mon compagnon, Martin Page, nous publions aussi deux livres ce printemps. 
Un livre collectif que nous éditions tous les deux et qui interroge 31 artistes sur les conditions de leur création. Il s’intitule : Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ? Actuellement, il est en souscription via un financement participatif [NDLR plus d’info ici].
Et puis un court essai que j’ai écrit, qui parle de la littérature, de la fiction, et du rôle politique et social de l’imagination et des fins heureuses, intitulé : Éloge des fins heureuses.

Bibliographie : 

  • La révolte des animaux moches, roman illustré par Anne-Lise Combeaud, Rouergue (2018).
  • Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, album illustré par Loïc Froissart, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La Folle rencontre de Flora et Max, roman coécrit avec Martin Page, l’école des loisirs (2016).
  • Ma fugue chez moi, roman, Le Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • L’immeuble qui avait le vertige, roman, Le Rouergue (2015).
  • N’essayez pas de changer, le monde restera toujours votre ennemi, roman coécrit avec Martin Page, Monstrograph (2015).
  • Petite encyclopédie des introvertis, roman, Monstrograph (2015).
  • Apprendre à ronronner, roman illustré par José Parrondo, l’école des loisirs (2013).

Le site de Coline Pierré : http://www.colinepierre.fr.


En vacances avec… Øyvind Torseter

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Øyvind Torseter que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :  

  • Asbjørnsen and Moe : Norwegian folktales [NDLR sorti en France sous le titre Contes populaires norvégiens]
  • Tove Jansson : Moomin [NDLR sorti en France sous le même titre]
  • Jockum Nordstrom: Sailor and Pekka [NDLR sorti en France sous le titre Sailor et Pekka font les courses]
  • Jan Loof : The red apple
  • Astrid Lindgren : Emil [NDLR sorti en France sous le titre Les farces d’Emil]

5 romans :

  • Jon Fosse : Trilogien
  • Haruki Murakami : Colorless Tsukuru Tazaki [NDLR sorti en France sous le titre L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage]
  • Lars Saabye Christensen : The half brother
  • Vigdis Hjorth : Wills and Testament
  • Karl Ove Knausgård : My struggle

5 DVD

  • Vertigo [NDLR sorti en France sous le titre Sueurs froides]
  • Twin Peaks [NDLR sorti en France sous le titre sous le même titre]
  • Lost in translation [NDLR sorti en France sous le titre sous le même titre]
  • Fanny and Alexander [NDLR sorti en France sous le titre Fanny et Alexandre]
  • Bladerunner [NDLR sorti en France sous le titre sous le même titre]

5 CD

  • Talk Talk : Laughing stock
  • Joanna Newsom : Ys
  • Robert Wyatt : Rock bottom
  • Biosphere : Substrata
  • Bill Callahan : Dream River

5 BD

  • Tove Jansson : Moomin, The complete Tove Jansson Comic Strip
  • Lars Fiske and Steffen Kverneland : Kanon
  • Pushwagner : Soft City [NDLR sorti en France sous le même titre]
  • Chris Ware : Jimmy Corrigan [NDLR sorti en France sous le même titre]
  • Joost Swarte : Is that all there is?

5 lieux

  • Shanghai, China
  • Lofoten, Norway
  • Reykjavik, Iceland
  • Cornwall, UK
  • Nordmarka, Oslo

5 artistes

  • David Hockney
  • Brian Eno
  • Saul Steinberg
  • David Shrigley
  • Vanessa Baird

Øyvind Torseter est auteur et illustrateur

Bibliographie française :

  • Noirbert, illustration d’un roman de Håkon Øvreås, La joie de Lire (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Tête de mule, BD, texte et illustrations, La joie de Lire (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Maarron, illustration d’un roman de Håkon Øvreås, La joie de Lire (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Socrate et son papa, illustration d’un roman de Einar Øverenget, La joie de Lire (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ina et Aslak opération dynamique, illustration d’un album de Tore Renberg, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Pourquoi les chiens ont la truffe humide, illustration d’un album de Kenneth Steven, Cambourakis (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Ina et Aslak apprentis bûcherons, illustration d’un album de Tore Renberg, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le trou, album, texte et illustrations, La joie de Lire (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Gravenstein, album, texte et illustrations, La joie de lire (2011).
  • Detours, album, texte et illustrations, La joie de lire (2009).
  • Mr Randpy, album, texte et illustrations, Rouergue (2002).

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Les invité·e·s du mercredi : Kiko et Étienne Gerin

Par 4 avril 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Kiko, l’auteur-illustrateur qui vient de publier À l’époque, un album que j’ai beaucoup aimé. Avec lui on parle de ce bel ouvrage aussi tendre que drôle mais aussi de son parcours. Ensuite, on part en vacances avec Etienne Gérin dont le très beau Monsieur vroum sort demain… on vous en parle bientôt ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Kiko

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Pas vraiment une ligne droite. Plutôt pas mal de détours et beaucoup de hasards.
J’ai fait des études d’histoire de l’art et à la fin de mon cursus, je me suis rendu compte que la traduction professionnelle de cette discipline ne m’irait pas du tout. J’étais assez perdu. Un ami qui travaillait dans le dessin animé et qui savait que je ne dessinais pas trop mal m’a dit « tu te formes à Photoshop et je te fais entrer pour un remplacement ». Facile à dire. Le problème est que je n’avais ni ordinateur, ni tablette graphique et encore moins Photoshop. Une amie m’a proposé de me laisser les clefs de chez elle et de m’entrainer la journée sur son matériel, pendant qu’elle était au travail. Quelle chance d’avoir eu des amis comme ça ! J’ai découvert laborieusement Photoshop. Il n’y avait pas encore internet et ces milliers de tutos. Quatre mois après, j’ai passé un test pour faire un remplacement d’été. Sûrement pas à la hauteur, mais j’ai été pris grâce à cet ami qui a retouché un peu l’image avant de la présenter au réalisateur. Quelle imposture !
J’ai semble-t-il réussi à donner le change car je suis resté au-delà des vacances. J’ai continué pendant trois ans dans le dessin animé.
Un jour, nouveau hasard, une décoratrice me parle d’un storyboarder pour la pub (Dominique Gelli également auteur et dessinateur de BD) qui cherche un coloriste. Elle est débordée et me propose le plan. J’accepte et c’est ainsi que je me suis retrouvé à travailler comme coloriste puis moi-même comme storyboarder.
Au bout d’une dizaine d’années, l’activité s’est complètement écroulée. Encore une fois un peu perdu, je ne savais pas quoi faire. Je fantasmais depuis quelque temps sur l’illustration pour la jeunesse. J’avais constitué un book et un peu démarché mais ça n’avait rien donné. Pour tout dire, ça n’était pas très bon. Un an après, j’ai retravaillé mon book et ma compagne m’a convaincu de m’inscrire aux rencontres avec les DA [NDLR Directrice Artistique] des maisons d’édition au salon du livre jeunesse de Montreuil. J’ai rencontré une éditrice, Danielle Védrinelle, qui était enthousiaste. Mais aucune nouvelle pendant un an. Puis un jour, un coup de fil. Elle me propose de faire deux titres en doc jeunesse… et finalement toute la collection ! Quasiment simultanément, Élisabeth Cohat DA à Gallimard, à qui j’avais envoyé mon book, me contacte. Et c’était parti ! À partir de là je dois dire que tout s’est enchaîné à merveille. Je touche du bois.

D’où vient ce nom Kiko ?
Mon vrai prénom est Nicolas. La fille d’une amie quand elle était petite n’arrivait pas à prononcer Nico. Elle disait Kiko. J’avais trouvé ça marrant et je l’ai pris comme pseudo.

J’aimerais que vous nous parliez d’À l’époque, comment est venue cette idée d’enfant qui s’interroge sur les époques… le tout assis sur les toilettes !
Tout simplement d’une situation vécue avec ma fille. Les conversations depuis les toilettes avec la porte ouverte semblent être un grand classique partagé par pas mal de familles d’ailleurs.
Cette expression « à l’époque » qu’elle utilisait, englobait aussi bien les dinosaures, que mon enfance, voire même les quelques derniers mois écoulés de sa propre vie. J’ai essayé de construire autour de cette confusion chronologique une histoire à la fois drôle et poétique. Je me suis remplacé par une grand-mère car l’écart de génération était plus intéressant pour le récit. Et puis il y avait cette idée de la pelote de laine et du fil du temps qui est venue et qui me plaisait bien.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la collection Comptines en forme ?
Il s’agit d’une commande des éditions Milan pour mettre en images des comptines célèbres pour les tout petits. C’est un exercice très cadré à la fois par la contrainte de la forme de découpe de la couverture et des pages intérieures mais également par la volonté de l’éditeur qui sait exactement ce qu’il veut. Les pages sont même parfois déjà esquissées en amont. Il s’agit donc de retranscrire ça « au propre » avec son style.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
La plupart du temps, je fais mes brouillons et croquis sur du papier déjà utilisé. Dos d’enveloppes, photocopies ratées. J’ai beaucoup de mal à dessiner sur de belles feuilles vierges. Ensuite je scanne, et je mets en couleur numériquement avec une tablette graphique. Mais il m’arrive également de faire les esquisses directement sur l’ordi. Il n’y a pas trop de règles.

Il y a-t-il des illustrateurs et des illustratrices dont le travail vous touche ou vous inspire ?
Je pourrais en citer des tonnes ! J’aime chez un illustrateur-trice quand il arrive à trouver un équilibre entre un côté graphique fort et malgré tout un univers tendre avec de l’humour. Ce qui m’a amené vers le style que j’ai choisi c’est tout d’abord le travail de gens comme Alain Gré, Gerda Muller, Richard Scarry, Miroslav Sasek… Les albums du père castor, la collection des petits livres d’or… J’aime donc aussi le travail de gens où je retrouve une filiation avec cette époque. Par exemple, Marc Boutavant, Aurélie Guillerey, Anne Hemstege, Julia Wauters…
En fait, chaque fois que je vais dans une librairie je suis éberlué par la quantité de nouveautés qui me plaisent graphiquement.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je me souviens avoir beaucoup aimé Les Moumines ainsi que la BD Sybilline de Raymond Macherot.
Adolescent j’ai été un grand fan de Yves Chaland qui était ma référence. Mais aussi Serge Clerc et beaucoup d’autres de cette école du retour de la ligne claire.
Par contre aujourd’hui, je dois avouer que j’ai décroché de la BD. Je n’arrive plus à suivre depuis pas mal d’années. Il y a trop de titres.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Un nouvel album dans les tiroirs ?
Plusieurs ouvrages en parallèle. Je suis en train de finir un livre animé pour Gallimard sur les transports. Je suis en plein dans un titre pour Fleurus (une histoire de père Noël) ainsi qu’un imagier sonore pour les petits chez Milan.
En juin va sortir chez Mango jeunesse un album intitulé Une drôle de tête dont je suis l’auteur et l’illustrateur. L’histoire d’un scientifique un peu particulier, raconté par son chat.

Bibliographie (sélective) :

  • Une drôle de tête, texte et illustrations, Mango (à paraître).
  • À l’époque, textes et illustrations, Milan (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui vit où ?, texte et illustrations, Milan (2018).
  • Les engins, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Le renard et les poulettes, illustration d’un texte d’Agnès Cathala, Milan (2016).
  • Collection Comptines en formes, illustrations d’auteur·trice·s divers·es, Milan (2016-2018).
  • Le garage, texte et illustration, Gallimard Jeunesse (2015).


En vacances avec… Étienne Gerin

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Etienne Gerin que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Ma vallée de Ponti
  • Max et les Maximonstres de Sendak
  • Bento Bestiary de Ben Newman
  • Le géant de Zéralda de Ungerer
  • Jon Klassen (tout est bien)

5 BD :

  • L’entrevue de Fior
  • Astérios Polyp de Mazzuchelli
  • Aujourd’hui, demain, hier de Muradov
  • L’empire de l’Atome de Clérisse
  • Beauté des Kerascoet

5 artistes :

  • Eyvind Earle
  • Jim Flora
  • Klimt
  • Kupka
  • Caspar David Friedrich

5 CD :

  • Orphéon Celesta
  • Orphée aux Enfers d’Offenbach
  • The Beatles (n’importe lequel)
  • Thrill of the Arts de Vulfpeck
  • Rhapsody in Blue de Gershwin

5 DVD :

  • Le Roi et l’Oiseau de Grimault
  • Le Château dans le Ciel de Miyazaki (mais y sont tous bien, bien évidemment)
  • Samurai Jack de Gendy Tartakovsky
  • Les Shadoks
  • Fantasia de Disney

5 lieux

  • Une petite crique perdue pas loin de Saint-Cyr-Sur-Mer
  • Les grandes forêts de pins en face du glacier de Tignes
  • Une épave sous-marine d’avion à l’Est de La Ciotat, uniquement accessible en masque et bouteilles
  • Une petite vallée sur les hauts-plateaux du Vercors, très verte et discrète avec un seul arbre en son centre
  • Les Terres Froides, c’est un peu au Sud de Lyon. Et c’est magnifique quelques soit la saison.

Étienne Gerin est auteur et illustrateur

Bibliographie :

  • Mr Vroum, texte et illustrations, La Pastèque (2018).
  • Dino-Lune, illustration d’un texte de Morgane de Cadier, Frimousse (2017).

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Les invité·e·s du mercredi : Jérôme Peyrat et Ingela P. Arrhenius

Par 28 février 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on file tout d’abord dans l’est de la France rencontrer Jérôme Peyrat qui a accepté de répondre à nos questions, puis on s’envole pour la Suède car c’est avec Ingela P. Arrhenius que l’on part en vacances. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jérôme Peyrat

Parlez-nous de votre parcours.
Après le bac j’ai fait une prépa à l’école d’art plastique de Colmar, puis j’ai passé 5 ans à la Hear de Strasbourg (autrefois appelée l’école des arts décoratifs de Strasbourg) dont 3 années de spécialisation illustration. C’était Claude Lapointe le responsable de l’atelier, il y avait aussi Christian Heinrich qui a été une oreille attentive et à qui je dois aussi beaucoup.
J’ai eu mon diplôme en 1999.

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur Dans ma montagne sorti il y a peu chez Père Fouettard
Le propos du texte de François Aubineau et la manière de l’aborder m’ont beaucoup plu.
Pas de jugement, pas de morale, deux points de vue, celui du loup, celui du berger et un seul et même texte (simple et sobre). Le livre amène une réflexion sur le partage de l’espace, et la possibilité de vivre ensemble sur un même territoire.
Le texte a beaucoup de degrés de lecture différents. J’ai toujours aimé ça.
Bien sûr c’est un livre jeunesse, mais l’idée qu’un adulte, qu’un enfant ou qu’un ado puisse le lire à son niveau de lecture, de compréhension me plaît beaucoup.
D’autre part ce livre à double entrée, c’était un nouveau défi pour moi.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
C’est assez différent selon les albums, des univers graphiques se mettent en place dans ma tête quand je lis et relis le texte, j’essaye d’avoir le dessin qui sera le plus au service de la narration.
Les mélanges m’ont toujours beaucoup plu. Le numérique, l’aquarelle, l’acrylique, les crayons, les encres, le collage, j’aime « bidouiller », et qu’on se demande comment c’est fait.

Vous êtes enseignant en plus d’être illustrateur, est-ce que ça a une influence sur votre travail d’illustrateur ?
Oui bien sûr ! Je travaille avec des élèves qui vont rentrer en école d’art, ça m’ouvre à beaucoup d’autres pratiques plastiques, à l’art contemporain, au cinéma, aux arts du spectacle, c’est très vivifiant pour moi ! C’est un vrai échange qui m’apporte beaucoup, j’espère que c’est pareil pour eux ! Ah ah !

Vous avez sorti plusieurs albums avec Myriam Picard et Adèle Tariel, parlez-nous de cette fidélité à ces deux autrices et de votre collaboration avec elles
Ce sont d’abord deux autrices brillantes, qui me font rire, qui m’émeuvent et je crois que nous partageons pas mal de convictions ensemble. On est souvent surpris, choqués, émus, en colère sur les mêmes sujets, et ça se transforme quelquefois en projets de livres.
Nos rapports sont simples et honnêtes, on sait que quand l’autre émet une critique, un avis c’est justifié et ça permet de bonifier le livre.
Quand un texte me plaît particulièrement je leur dis « Je veux l’illustrer !!! » sinon je boude pendant des mois et des mois ou pire, je leur crève les pneus… Elles me connaissent, elles n’ont pas trop le choix.

Comment choisissez-vous vos projets ?
Il n’y a pas de règles, en fait, il faut que le sujet me parle, que ça m’amuse que cela m’émeuve.
Un livre quand il sort, peut être là pour longtemps (si on a de la chance), en être fier et pouvoir en parler avec plaisir et conviction c’est essentiel pour moi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
À 5 ans : La chèvre de monsieur Seguin : lecture obligatoire avec ma grand-mère institutrice sous la tonnelle dans son jardin… Du bonheur ! Ah Ah !
Chez moi il y avait assez peu de livres jeunesse je pense que c’est pour ça que j’étais en recherche, j’aimais les histoires, j’aimais m’en inventer et avec du recul j’ai l’impression d’avoir manqué l’étape des livres jeunesse.
Je suis réellement rentré dans la lecture directement avec la BD : Franquin (Gaston Lagaffe), Goscinny et Uderzo (Astérix et Obélix), même les magazines Pilote qui traînaient chez mon oncle, c’était pas du tout de mon âge et j’adorais ça bien sûr ! Je piochais dans la bibliothèque de mon grand frère : Tintin, et l’histoire de France en bandes dessinées (une vraie révélation pour moi !) Même des livres documentaires sur l’Histoire, des romans de SF tout ce qui me tombait sous la main…
C’est plus tard que j’ai découvert toute la richesse et le foisonnement de la littérature jeunesse : Hélène Riff, Wolf Erlbruch, Tomi Ungerer Nicolas de Crécy ont été les vrais déclencheurs pour une pratique plus poussée du dessin.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
CARNIVORE, mon dernier album avec Adèle Tariel arrive au printemps, une grande aventure en forme d’enquête au pays des insectes. Il sortira chez Père Fouettard, on en est très fier !
La mare aux canards, sur un texte de Florence Jenner Metz. Je suis en train d’y travailler il sortira vers le mois de mai aux éditions Le grand Jardin.
Cargo aux éditions Père fouettard : un nouvel album avec Adèle Tariel c’est un peu la surprise… hé hé
Et début 2019 sortira La vie rêvée de Mr Maniac : un univers foutraque et poétique sur un texte d’Adèle Tariel aux éditions l’étagère du bas.

Bibliographie sélective :

  • Dans ma montagne, illustration d’un texte de François Aubineau, Père Fouettard (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Bob le zèbre ?, illustration d’un texte de Myriam Picard, Tom Poche (2017).
  • Michel et Édouard, illustration d’un texte de Myriam Picard, Père Fouettard (2017).
  • J’élève bien mes parents, illustration d’un texte de Myriam Picard, Points de suspension (2016).
  • La fosse aux lions, illustration d’un texte d’Adèle Tariel, Les éditions du Ricochet (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Circuits électriques – L’électricité, illustration d’un texte de Michel Francesconi, Les éditions du Ricochet (2015).
  • Mon papi peuplier, illustration d’un texte d’Adèle Tariel, Talents Hauts (2015).
  • La pluie et le beau temps, illustration d’un texte d’Anne-Claire Lévêque, Les éditions du Ricochet (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon gros cahier pour apprendre à lire et à écrire, illustration de textes d’Isabelle Arnaudon et Emmanuelle de la Chanonie, Hatier (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Octave ne veut pas grandir, illustration d’un texte d’Élisabeth de Lambilly, Auzou (2009).
  • Mon père me manque, illustration de textes de Betty Mamane et David Pouilloux, De La Martinière (2005), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Ingela P. Arrhenius

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Ingela P. Arrhenius que nous partons (cette interview a été réalisée en anglais, nous avons choisi de ne pas traduire les réponses) ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Holding up the universe (NDLR sorti en France sous le titre Les mille visages de notre histoire) – Jennifer Niven (a bit more adolescence)
  • Krakel Spektakel köper en klubba – Lennart Hellsing
  • Limpan – Eva Lindström
  • Sailor och Pekka (NDLR sorti en France sous le titre Sailor et Pekka font les courses)- Jockum Nordström
  • What do people do all day (NDLR sorti en France sous le titre La vie de tous les jours)- Richard Scarry

5 romans :

  • The Goldfinch (NDLR sorti en France sous le titre Le Chardonneret)- Donna Tartt
  • D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan
  • My Struggle – Karl Ove Knausgård
  • Willful Disregard (NDLR sorti en France sous le titre Esther ou la passion pure) – Lena Andersson
  • Mothering Sunday (NDLR sorti en France sous le titre Le Dimanche des mères) – Graham Swift

5 BD :

  • Mats kamp – Mats Jonsson
  • Hur man botar en feminist – Nanna Johansson
  • Fun Home : A Family Tragicomic (NDLR sorti en France sous le titre Fun home. Une tragicomédie familiale) – Alison Bechdel
  • Anything with GASTON – loved it as a child
  • Les taxis rouges – Peyo – loved it as a child

5 DVD :

  • Rams (NDLR sorti en France sous le titre Béliers)- Grímur Hákonarson
  • Manchester by the sea – Kenneth Lonergan
  • Magnolia – Paul Thomas Anderson
  • E.T. – Steven Spielberg
  • As Good as it Gets (NDLR sorti en France sous le titre Pour le pire et pour le meilleur) – James L. Brooks

5 CD :

  • Random Access Memories – Daft Punk
  • Give Up – The Postal Service
  • ABBA – Abba
  • Wildflower – The Avalanches
  • Carrie & Lowell – Sufjan Stevens

5 artistes :

  • Picasso
  • Sigrid Hjertén
  • Olle Eksell
  • Lily Scratchy
  • Jockum Nordström

5 lieux (mix between, places, bars and museums) :

  • Alsvik, Yxlan, SWEDEN
  • Skeppsholmen, Stockholm, SWEDEN
  • Louisiana, Humlebæk, DENMARK
  • La Part Des Anges, Nice, FRANCE
  • Picasso-museum, Antibes, FRANCE

Ingela P. Arrhenius est illustratrice.

Bibliographie sélective (francophone) :

  • Cache-cache Lion, Gründ (2018).
  • Cache-cache coccinelle, Gründ (2018).
  • Sticker panorama Circus, Marcel & Joachim (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Au marché, Marcel & Joachim (2017).
  • La fête foraine, Marcel & Joachim (2017).
  • Noël, Marcel & Joachim (2017).
  • Baby Box, Marcel & Joachim (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La ville, Marcel & Joachim (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Animaux, Marcel & Joachim (2015).
  • Designimaux, Marcel & Joachim (2014), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Christine Davenier et Ole Könnecke

Par 14 février 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est à Christine Davenier que j’ai souhaité poser quelques questions, elle a gentillement accepté de me répondre. Puis, notre rubrique “En vacances avec” s’est aujourd’hui ouverte à l’internationale car c’est avec Ole Könnecke que je pars. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Christine Davenier

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Après une enfance en Touraine, je suis venue à Paris pour faire l’école des arts appliqués Olivier de Serres. J’ai passé ensuite deux ans aux États-Unis, pour suivre des cours d’illustration à la Rhode Island School of Design de Providence, où j’ai rencontré mon agent américain actuel.
À mon retour en France, j’ai commencé à travailler avec différents éditeurs américains tout en développant mon activité d’illustratrice pour divers clients français.
En France, je dessine pour les célèbres maisons Hermès et Puyforcat, pour la presse avec Famille Magazine, Bayard, et pour les albums jeunesse, en tant qu’auteur-illustratrice ou illustratrice, avec des éditeurs comme Kaléidoscope, Casterman, Hachette, Seuil Jeunesse.
Aux États-Unis, je collabore notamment avec Farrar Strauss and Giroux, Candlewick, Little Brown, Harper and Colins, Fiewel and Friends.
Je vis aujourd’hui à Paris où je continue à travailler pour la France et les États-Unis.

Je trouve votre travail d’illustration sur Minusculette, la série écrite par Kimiko, absolument magnifique, pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette série et sur la façon dont vous avez travaillé dessus ?
J’ai rencontré Kimiko il y a près de 15 ans lorsque nos filles faisaient de la danse africaine dans le même cours.
Kimiko m’a, depuis longtemps, évoqué l’envie de collaborer sur un projet… À la suite d’une exposition de dessins que j’ai faite, Kimiko m’a proposé de passer chez moi et d’ouvrir mes carnets de croquis. Elle y a repéré des personnages qu’elle aimait et en a fait des photos. Quelque temps après elle m’a proposé le personnage de Minusculette ainsi que l’idée de la série.
Depuis c’est avec grand plaisir, enthousiasme et gourmandise que je découvre ses histoires.
Des images s’imposent naturellement sur ses mots.
Alors je crayonne et après s’en suit un va-et-vient pour les corrections qui doivent être finalement validées par Grégoire Solotareff.
Il en est de même pour les couleurs !
Je leur fais à tous les deux une grande confiance et j’aime cette liberté dans le trait et dans la couleur qu’ils me donnent l’occasion de pratiquer.
Le conseil que Grégoire et Kimiko m’ont donné dès le début c’est de « dessiner à ma main »… C’est à dire dans le format où ma main reste la plus spontanée et libre !

Vous utilisez des techniques d’illustrations diverses, pouvez-vous nous dire lesquelles et comment vous choisissez celle que vous allez utiliser pour un projet ?
J’utilise toujours de l’encre.
Ce qui change c’est le trait qui est parfois au crayon et parfois à la plume ainsi que le support.
Et parfois je retravaille un peu au crayon de couleur sur mes encres.
Cela donne un rendu différent, mais la technique reste la même.
L’étape que je préfère restant celle des crayonnés !
Ce qui change également c’est le décor plus ou moins présent.
Le choix peut venir de la demande de l’éditeur ou bien de mon humeur ou encore du sujet traité dans l’histoire.

On remarque une certaine fidélité à des autrices, est-ce ce qui vous fait dire « oui » à un projet ou y a-t-il d’autres critères ?
J’ai la chance de connaître des auteures (et oui ce sont souvent des femmes) dont j’aime l’écriture ; qui sont devenues des amies et avec lesquelles nous initions ensemble des projets. C’est le cas avec Nadine Brun Cosme, Magdalena, Maureen Dor, Fanny Joly, Kimiko et récemment Fani Marceau.
Mais je peux aussi accepter des projets avec des auteurs que je ne connais pas.
C’est le cas aux États-Unis où j’illustre de nombreux auteurs que je n’ai jamais rencontrés.
Ce qui me fait accepter les projets c’est bien évidemment l’histoire, le propos et parfois aussi le challenge d’explorer de nouveaux univers !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Mes lectures d’enfant c’était les histoires du père castor et les contes de Perrault, Andersen… que ma grande sœur nous lisait.

Que lisez-vous en ce moment ?
En ce moment j’essaie de lire le Prix Goncourt qu’une amie m’a offert, mais je dois vous avouer que je ne suis pas une grande lectrice.
Je note les titres dès que quelqu’un me conseille un livre. Après les livres peuvent s’accumuler sur ma table de nuit et il m’arrive de ne jamais les ouvrir.
J’ai assez de mal à ne pas m’échapper de mes lectures et suis plus friande d’images… je regarde énormément de films.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Cette année va sortir chez sarbacane un album dont je suis très fière : Babam écrit par Fani Marceau.
Il s’adresse aux touts petits. C’est un très grand format et l’ensemble me paraît très différent de tout ce qui existe aujourd’hui pour cette tranche d’âge.
Un autre projet qui me tient beaucoup à cœur c’est « MINA » une série pour petits, tout au crayon de couleur, chez Casterman avec Fanny Joly.
Je suis également en train de faire des essais pour un roman graphique pour adultes… ce serait une nouvelle aventure !!!
C’est difficile pour moi de faire des choix dans les albums que j’ai terminés et qui vont sortir et ceux qui sont en cours de réalisation, car tous les projets sur lesquels je travaille aujourd’hui me plaisent énormément !!!!

Bibliographie sélective (francophone) :

  • Le troisième fils de Monsieur John, illustration d’un texte de Nadine Brun-Cosme, Sarbacane (2018).
  • Louna et la petite Tahitienne, illustration d’un texte de Magdalena, Kaléidoscope (2018).
  • Bébé Boule et Bébé Brioche, illustration de textes de Magdalena, Kaléidoscope (2017).
  • Série Minusculette, illustration de textes de Kimiko, l’école des loisirs (2017).
  • Vingt cœurs, illustration d’un texte de Fanny Joly, Les éditions Clochette (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les monstres, illustration d’un texte de Magdalena, Père Castor-Flammarion (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Léontine, texte et illustrations, Kaléidoscope (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans le noir de la nuit, illustration d’un texte de Magdalena, Père Castor (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça roule pour Clara, illustration d’un texte de Linda Ashman, Circonflexe (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Oh, Pétard !, illustration d’un texte de Christine Naumann-Villemin, Kaléidoscope (2011), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Christine Davenier sur : https://www.christinedavenier.com/blog.


En vacances avec… Ole Könnecke

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Ole Könnecke que nous partons (cette interview a été réalisée en anglais, nous avons choisi de ne pas traduire les réponses) ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Jean de Brunhoff – Babar
  • Crockett Johnson – Harold and the purple crayon
  • Shel Silverstein – Lafcadio
  • Tomi Ungerer – La grosse bête de monsieur Racine
  • Mo Willems – We are in a book

5 roman :

  • Dumas – Le comte de Monte Cristo
  • J.J. Voskuil – Das Büro
  • Wodehouse – The code of the Woosters
  • Simenon – Any Maigret I can get my hands on
  • Sempé – Raoul Taburin

5 DVD :

  • Buster Keaton – Steamboat Bill, jr.
  • Laurel & Hardy – Fra Diavolo
  • Hitchcock – North by northwest
  • Kaurismäki – I hired a contract killer
  • The Dick van Dyke Show

5 CD :

  • From Elvis in Memphis
  • Jerry Lee Lewis live at the Star-Club, Hamburg
  • Cornelis Vreeswijk – Tio vackra visor och Personliga Persson
  • Duke Ellington – The pianist
  • Mofro – Lochloosa

5 artistes (+2) :

  • Sempé
  • Tomi Ungerer
  • William Steig
  • Stuart Davis
  • Karin Mamma Andersson
  • Saul Steinberg
  • Ulf Lundkvist

5 BD :

  • Ulf Lundkvist – Assar
  • Hergé – Le sceptre d’Ottokar
  • Carl Barks – Donald Duck
  • Jim Woodring – Frank
  • Hal Foster – Prince Valiant

5 lieux :

  • The sunny coast of Bohuslän
  • The deep woods north of Uddevalla
  • The ferry on the river Elbe in Hamburg
  • The friendly Town of Göteborg
  • The beautiful Town of Paris

Ole Könnecke est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective (francophone) :

  • Série Lester et Bob, textes et illustrations (traduits par Svea Winkler-Irigoin), l’école des loisirs (2016-2017).
  • Elvis et l’homme au manteau rouge, texte et illustrations (traduit par Bernard Friot), De la Martinière Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Anton, textes et illustrations, l’école des loisirs et De la Martinière Jeunesse (2005-2015) que nous avons chroniqué ici et .
  • Le grand imagier des animaux du monde, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Bravo, texte et illustrations (traduit par Florence Seyvos), l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand imagier des petits, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Il l’a fait !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonne chance, texte et illustrations (traduit par Florence Seyvos), l’école des loisirs (2010).
  • Le grand méchant Bill, texte et illustrations, l’école des loisirs (2003).
  • Lola et les pirates, texte et illustrations (traduit par Dominique Kugler), l’école des loisirs (2003).

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