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En vacances avec…

Les invité·e·s du mercredi : Claudine Morel et Cécile Bonbon

Par 17 avril 2019 Les invités du mercredi

Chaque album de Claudine Morel nous réjouit autant qu’il nous surprend. J’avais donc envie d’en savoir plus sur elle et sur son travail. Ensuite, on part en vacances avec l’autrice-illustratrice Cécile Bonbon. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Claudine Morel

Parlez-nous de votre parcours
Pendant longtemps je n’ai pas vraiment su quel métier j’avais envie d’exercer, même si comme beaucoup de mes collègues illustrateurs, depuis l’enfance je dessinais beaucoup, écrivais et illustrais des histoires, etc. Mais de là à en faire un métier… ! Des études d’anglais et de français Langue Étrangère à l’Université de St-Étienne m’ont d’abord conduite à devenir enseignante. Mon CAPES d’anglais en poche, je suis partie enseigner le français au Kenya à l’Alliance Française de Mombasa, pendant 15 mois. Puis l’anglais, de retour en France, dans un collège de l’Oise. Ces études et ces riches expériences m’ont apporté beaucoup, mais m’ont aussi fait comprendre que ce n’était pas là ma première vocation, et qu’autre chose m’appelait. L’image avait une place importante dans l’enseignement des langues, je dessinais beaucoup pour mes élèves et mes étudiants, et j’adorais ça : je rêvais de faire les illustrations des manuels scolaires… Jusqu’au jour où cette envie est devenue l’idée sérieuse d’en faire mon métier, pour de vrai ! Après avoir fait mon bilan de compétences un peu toute seule, j’ai donc décidé de devenir illustratrice. J’ai quitté l’Éducation Nationale et repris des études au sein de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (aujourd’hui la Haute École des Arts du Rhin), en section Illustration. J’en suis sortie diplômée en 2007, et depuis l’aventure continue… !

Vos trois albums sortis chez Didier Jeunesse (À la rencontre, Clic ! et ABCDaire des métiers qui n’existent pas) sont très différents les uns des autres. Est-ce pour surprendre, ne pas vous enfermer dans une case ?
C’est vrai, ils sont différents, j’en suis consciente ! Et vous n’êtes pas la première personne qui me questionne à ce sujet. Vraiment, il n’y a rien de prémédité, ni de stratégie dans cette évolution. Je crois que chacun est simplement à l’image de mon évolution intérieure, de ma progression. J’ai mis du temps – et j’en mets encore, je suis un peu escargot… – à trouver mon style, mon univers, ma patte. Je suis venue tard à l’illustration, avec un grand besoin d’apprendre et d’expérimenter des techniques avant d’oser me lancer, et de me sentir légitime aussi. Je pense que j’ai procédé par étapes, en apprenant à me connaître un peu plus, et petit à petit à prendre confiance. Pour cela, la patience et l’accompagnement confiant d’un éditeur sur trois livres, et sur une longue période (8 ans entre À la rencontre et L’ABCDaire !), est une vraie chance, et pour moi un soutien infiniment précieux. Mais si les trois livres sont différents dans leur aspect graphique, je pense qu’on peut tout de même percevoir le fil qui les relie : la simplicité des formes et du trait, les couleurs vives. Un mélange d’espièglerie, de décalage et de tendresse. Et ce qui est le cœur de mon travail : l’envie et le souhait que les lecteurs, petits mais aussi grands, ferment le livre et aient envie de s’amuser, prendre le relais, inventer et créer leurs propres formes et histoires. Qu’ils se connectent à la joie et à la fantaisie qui est en eux !

Parlez-nous de ce dernier sorti, le très beau ABCDaire des métiers qui n’existent pas, comment est-il né ? Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
Oh, merci. Je dirais que, des trois, c’est l’album le plus proche de moi, le plus personnel. Et peut-être celui que je chéris le plus.
D’une part parce qu’il vient du jeu de mimes auquel nous jouions mes sœurs et moi, avec nos cousins aussi parfois, quand nous étions petites : non seulement mimer des métiers pour les faire deviner aux autres mais les inventer ! Dans mon souvenir : « Petipoyeur de mur » (celui qui dessine des petits pois sur les murs), « Ramasseur de cailloux », et la fameuse « Gardienne de gilets », que j’ai incluse dans L’ABCDaire.
D’autre part parce que j’ai retrouvé, avec le crayon de papier, le trait de crayon que j’ai toujours eu dans les mains (quand je dessinais sur un peu tout et n’importe quoi, sur mes cours élève, sur les blocs de téléphone, pour les petites BD que j’inventais, etc.) et que j’avais abandonné un temps pour m’essayer à d’autres choses. Et mes crayons de couleur, qui n’étaient jamais très loin, mais à qui, là, j’ai pu donner la part belle, même par si petites touches.
J’ai envoyé seulement une dizaine d’esquisses de métiers à l’éditeur, en lui expliquant le principe, et après concertation en interne sur la pertinence d’en faire un abécédaire, ou un inventaire, Didier Jeunesse a choisi de me faire confiance sur ce nouveau projet un peu foufou. L’éditrice avec qui j’ai travaillé ensuite m’a laissé une grande liberté dans le choix des métiers, tout en me guidant et m’accompagnant sur des questions comme l’équilibre à trouver entre les plus poétiques et les plus loufoques, comme dans leur mise en image et en couleur, même si là encore j’ai été très libre. Une très belle collaboration s’est faite aussi avec la maquettiste et son magnifique travail typographique. Nous avons travaillé toutes les trois de concorde, et même si dans la réalisation d’un album il existe nécessairement des phases de doute, ou de pause (et moi je suis encore une championne du doute !), réaliser cet album-là a été un régal. Tout s’est déroulé à merveille, du choix du papier jusqu’à sa forme finale, et j’en suis très heureuse.

Comment naissent vos histoires et qu’est-ce qui arrive en premier, l’histoire ou les illustrations ?
Plus que l’histoire, je dirais que c’est l’idée, le principe qui surgit en premier (« Ils s’amuseraient à se prendre en photo et faire n’importe quoi devant l’appareil », « Chaque personnage représenterait un métier qui n’existe pas »…). À ce stade, il n’y a pas encore de qui, où, comment… c’est encore assez vague. Mais rapidement je prends mon crayon et je dessine, je viens voir qui vient, là, sous mon crayon, qui se manifeste, à quoi il, elle, ils ressemblent. Mais je fais souvent confiance à la spontanéité des premiers jets. Souvent mes premiers traits de crayon sont les bons, et j’essaie autant que faire se peut, même quand je retravaille ensuite un personnage ou un élément, de garder le trait de départ, son énergie, la ligne qui s’est posée là en premier, quand je ne la contrôlais pas encore. Ce n’est pas toujours facile, et en général plus je retravaille un dessin, plus la ligne prend le risque de s’affaisser, de se ramollir… Comme dans beaucoup de domaines dans la vie, il faut savoir s’arrêter à temps, s’arrêter tout court, trouver la bonne mesure, le subtil équilibre – qu’on trouve parfois en un coup de crayon (ô magie !) mais bien souvent en refaisant aussi plusieurs fois le geste et le dessin – entre spontanéité et contrôle, énergie et précision.

Quelle technique d’illustrations utilisez-vous ?
Toujours, quel que soit l’outil que j’utiliserai ensuite, le crayon de papier (bois ou critérium) pour les esquisses, recherches, et premiers crayonnés. Ensuite, le plus souvent, le crayon de couleur. Mais aussi le numérique (comme dans Clic !, ou la mise en couleur a été faite uniquement en numérique, avec des motifs que j’avais créés puis incrustés dans l’image). Il m’est arrivé de dessiner directement à la tablette graphique, pour tenter d’aller plus vite (!) mais il me manque toujours le grain, la résistance et les accidents du papier. Et l’infinie possibilité des couleurs finit toujours par me paralyser, je finis par mettre beaucoup plus longtemps qu’avec mes crayons ! Pour l’instant, j’ai donc toujours besoin de mes outils traditionnels, même si le numérique reste un outil complémentaire et indispensable (je scanne moi-même puis nettoie, retouche, affine et peaufine mes images à l’écran, avant de les envoyer à l’éditeur).

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite, des Pomme d’Api, Belles Histoires, et un petit album Les aventures de la petite souris (avec une histoire de noisette) que j’ai lu et relu et relu et relu ! Des albums du Père Castor, et des tas d’autres livres piochés dans la bibliothèque déjà existante de la maison, engrangés par mes grandes sœurs, et complétés par la petite dernière. On avait aussi un énorme livre compilant des histoires illustrées des films de Walt Disney (c’est là que j’ai commencé à décalquer puis recopier et apprendre à dessiner mes premières robes de princesse, souris et lapins). En grandissant, je lisais des piles de J’aime Lire entassées sur mon lit (je me faisais une petite sélection de 5, 6 numéros), dont j’aimais déjà regarder en 2è de couverture qui en avait réalisé les illustrations. Et des Tintin, Alix, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Astérix, puis plus tard Calvin et Hobbes de Bill Waterson, Sempé, qui restent mes idoles. Je ne lisais pas beaucoup de romans, ceux étudiés à l’école me suffisaient (j’ai adoré découvrir des classiques au lycée, et me souviens d’un été où j’ai enchaîné Flaubert, Maupassant, Zola, Madame de La Fayette…). Je me suis mise à en lire une fois adulte.

Sur quel nouveau projet travaillez-vous actuellement ?
Je suis en train de réaliser les illustrations d’un album, qui devrait être une série, écrit par une autrice coréenne, racontant l’histoire d’une petite fille coréenne en France, pour les éditions Blue Dot. En même temps que je réalise deux commandes de dessins originaux pour des particuliers. Aussi, et c’est tout neuf, un nouveau projet d’album est en gestation avec Didier Jeunesse, pour ma plus grande joie. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant, car nous n’en sommes qu’à la genèse. Mais on l’espère, rendez-vous probable en 2020 !

Bibliographie jeunesse :

  • ABCDaire des métiers qui n’existent pas, texte et illustrations, Didier jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Clic !, texte et illustrations, Didier jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • À la rencontre, texte et illustrations, Didier jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au bureau, illustration d’un texte de Stéphanie Ledu, Milan (2010).

Retrouvez Claudine Morel sur son site : http://claudinemorel.ultra-book.com.


En vacances avec… Cécile Bonbon

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Cécile Bonbon que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Les aventures d’Alexandre le gland, Olivier Douzou
  • Les Sardines ne poussent pas sur les arbres, Vera Eggermann
  • Virginia Wolf, Isabelle Arsenault Kyo Maclear
  • Hibou, Mélodie Braschet
  • Alice au pays des merveilles, Lewis Carrol

5 romans

  • Sans nouvelles de Gurb, Eduardo Mendoza
  • L’étranger, Albert Camus
  • 1Q84, Haruki Murakami,
  • Je suis un chat, Natsume Soseki
  • Correspondance (1944-1959), Albert Camus et Maria Casarès

5 DVD

  • La Famille Tenenbaum, Wes Anderson
  • Sin City, Robert Rodriguez et Frank Miller
  • Bonjour, Yasujirō Ozu
  • Stand by Me, Rob Reiner
  • Fight Club, David Fincher

5 CD

  • Santigold – I don’t Want (the gold fire sessions)
  • Gorillaz – Plastic Beach
  • Blur – the best of
  • Pizzicato five – Happy End of You (remix album)
  • The Jesus and Mary Chain – Psychocandy

5 artistes

  • Tatsuro Kiuchi
  • Javier Mariscal
  • Grip Face
  • Lionel Messi
  • Hayao Miyazaki

5 BD

  • DAME UN BESO, d’El don Guillermo chez Misma
  • L’ Astragale, de Pandolfo, Sarrazin, Risbjerg. Sarbacane
  • Duel d’escargots, Sonia Pulido Pere Joan Editions Cambourakis
  • Pulse Enter Para Continuar – Ana Galvañ – Apa Apa editorial
  • C’est le merdier, l’amour. Nine Antico – Glénat

5 lieux

  • Faire une pause chez Miss Perkins tea, sants, Barcelona
  • Se balader sur le sentier côtier de Port-vendres à l’anse de Paulilles
  • Manger une coca de patata à Valldemossa, en terrasse, à la pâtisserie Can Molinas (Mallorca)
  • Faire une randonnée circuit des 12 lacs du Carlit depuis le lac des Bouillouses
  • Ma prochaine destination Tokyo

Cécile Bonbon est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Petit, Didier Jeunesse (à paraître – août 2019).
  • Dans ma maison, illustration d’un texte de Stéphanie Demasse-Pottier, Sarbacane (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Qu’est-ce que je suis aujourd’hui, illustration d’un texte de Rachel Corenblit, Frimousse (2019).
  • En colo avec les abeilles, illustration d’un texte de Clémence Sabbagh et Ariane Mellazini, Le gâteau sur la cerise (2019).
  • Les bagarreurs, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Bang Editiones (2018).
  • Tapent, tapent, petites mains, illustrations, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gros goûter, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les maths à la petite semaine, illustration de textes de Rachel Corenblit, Le Rouergue (2013).
  • Rue Lapuce, avec Arnaud Roy, Didier Jeunesse (2010).
  • Promenons-nous dans la ferme les couleurs, texte et illustrations, L’élan Vert (2010).
  • Le machin, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2007), que nous avons chroniqué ici.

Pour une bibliographie plus complète : https://cargocollective.com/cecilebonbon/BIO_BIBLIO.

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Les invité·e·s du mercredi : Marie Dorléans et Nicolas de Crécy

Par 3 avril 2019 Les invités du mercredi

Hier soir était remis le Prix Landerneau album jeunesse et à ma grande joie c’est Nous avons rendez-vous de Marie Dorléans qui a gagné. J’avais eu un coup de cœur pour cet album, c’était donc l’occasion d’interviewer son autrice. Ensuite, on reste dans la thématique du prix Landerneau, puisqu’on part en vacances avec le président du jury, l’auteur-illustrateur Nicolas de Crécy. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Marie Dorléans

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Le métier que j’exerce aujourd’hui n’a pas toujours été une évidence !
Enfant j’aimais dessiner et ce plaisir m’a accompagné toute mon adolescence mais jamais il ne m’était apparu comme une possibilité d’en faire ma profession.
J’ai donc entamé des études de lettres et d’histoire de l’art, pour ne pas avoir à choisir entre deux formes d’expressions qui me fascinaient : l’art visuel et l’écriture.
C’est en 3e année de Licence que j’ai été rattrapée par le désir de créer, d’inventer : l’envie de raconter des histoires s’est imposée avec force.
C’est donc par le versant narratif que j’ai abordé la question de l’illustration, m’amenant à pousser les portes de l’école des arts décoratifs de Strasbourg.
Après 5 années d’étude j’ai publié mon premier album dès mon diplôme en poche, aux éditions du Baron Perché.

Parlez-nous de votre très beau Nous avons rendez-vous sorti en septembre dernier au Seuil Jeunesse. Dites-nous comment est née cette histoire ?
J’ai vécu cette petite expédition enfant avec des amis. Comme dans l’histoire nous nous sommes levés au beau milieu de la nuit pour aller admirer le lever du soleil.
Depuis j’ai réitéré cette aventure plusieurs fois et l’éblouissement a été à chaque fois renouvelé, laissant dans ma mémoire une empreinte très forte.
Les images sont donc venues très naturellement car il me suffisait de replonger dans mes souvenirs d’enfance !

Comment avez-vous travaillé sur ces illustrations ?
J’ai choisi de réaliser les dessins aux crayon à papier car cela me permettait une douceur dans le trait et la possibilité de détailler les images.
À cela j’ai associé un travail à l’encre bleue, à part, en réalisant des fonds dans lesquels nous pourrions reconnaître les subtilités d’un ciel de nuit avec de la profondeur et de la lumière, puis j’ai assemblé les deux.

Vous avez reçu hier le prix Landerneau pour cet album, félicitations ! Que signifient les prix pour vous ?
C’est toujours agréable d’être remarquée pour un travail qui souvent (chez moi en tout cas) est traversé par des doutes, des remises en question… Cela donne de l’essence dans le moteur pour en faire d’autres !

Comment naissent vos histoires ? Est-ce que le texte vient d’abord ou ce sont les illustrations ?
Le texte est toujours premier chez moi.
Je pense d’abord à une histoire et à partir de là les images s’agrègent, se dessinent dans ma tête. Sans histoire je ne dessine JAMAIS !!!

Vous avez aussi illustré les mots d’autres (Davide Cali notamment), c’est un exercice totalement différent ?
Oui c’est un exercice différent car comme je ne me sens pas vraiment « illustartrice » il me faut donc trouver comment servir au mieux l’histoire tout en faisant « parler » les images pour qu’elles prennent part à la narration, qu’elles ajoutent du sens.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Dans mes précédents albums, j’ai réalisé mes images au stylo très fin.
Ce stylo me permet une ligne claire tout en me permettant des subtilités dans le noir et blanc pour donner de la matière au décor, aux vêtements des personnages. Cette accumulation de traits me donne la sensation de pouvoir faire vibrer l’image !
La couleur est faite le plus souvent sur ordinateur.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Petite on m’a lu des histoires avant de me coucher. Je me souviens de Max et les maximonstres, par exemple, du Boréal express ou d’Une prison pour monsieur l’ogre de Grégoire Solotareff qui me fascinait et me terrifiait en même temps.
À l’adolescence j’ai été assez vite attirée par les romans pour adulte.
Mon premier grand souvenir de lecture c’était un livre d’Herman Hesse Narcisse et Goldmund vers l’âge de 13 ans.
Depuis, je n’ai cessé de remplir les étagères de ma bibliothèque !

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Le prochain livre est un livre-disque sur Mozart écrit par Carl Norac ! Ça promet donc !

Bibliographie sélective :

  • Nous avons rendez-vous, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Odile ?, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Course épique, album, texte et illustrations, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est chic !, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Vide-grenier, album, illustration d’un texte de Davide Cali, Sarbacane (2014).
  • Mon voisin, livre-CD, texte et illustrations, Les éditions des Braques (2012).
  • L’invité, album, texte et illustrations, Le Baron Perché (2011).


En vacances avec… Nicolas de Crécy

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Nicolas de Crécy que nous partons ! Allez, en route !

Livres jeunesse :

  • Le livre des mots, de Richard Scarry
  • Petit arbre, de Katsumi Komagata
  • Ernest et Celestine, de Gabrielle Vincent
  • Un jour, un chien, de Gabrielle Vincent
  • Les derniers géants, de François Place

Romans :

  • Maître et Marguerite, de Bulgakov
  • À Rebours, de Joris-Karl Huysmans
  • Maîtres anciens, de Thomas Bernhard
  • Une femme, d’Annie Ernaux
  • Molloy, de Samuel Beckett
  • Courir, de Jean Echenoz

Artistes :

  • Agnès Martin
  • Rembrandt
  • David Hockney
  • William Turner
  • James Ensor

Films :

  • Les nains aussi ont commencé petits, de Werner Herzog
  • La Strada, de Federico Fellini
  • Le pigeon, de Mario Monicelli
  • L’Humanité, de Bruno Dumont
  • Au feu les pompiers, de Milos Forman

CD :

  • Variations Goldberg de Bach par Glenn Gould
  • Bob Marley and the Wailers
  • Tony Allen, Afro disco Beat
  • L’Homme à tête de chou, Serge Gainsbourg
  • King Kunta, Kendrick Lamar

Lieux :

  • Le petit cimetière de La Grave, dans les Hautes-Alpes, avec sa vue sur le glacier de la Meije.
  • Le chemin des philosophes en hiver, à Kyoto.
  • La région de l’Alta Rocca en Corse
  • Un Izakaya au hasard à Tokyo.
  • Traversée de l’Aubrac à vélo, fin août.

Nicolas de Crécy est auteur et illustrateur.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • Les amours d’un fantôme en temps de guerre, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • La République du catch, texte et illustrations, Casterman (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le roi de la piste, texte et illustrations, Cambourakis (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Gosse de riche !, illustration d’un texte de Joseph Périgot, Casterman (1998).
  • La nuit du grand méchant loup, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (1998).

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Les invité·e·s du mercredi : Nathalie Wyss et Marc Daniau

Par 30 janvier 2019 Les invités du mercredi

J’ai eu un coup de cœur pour Un marron dans la poche, magnifique album qui vient de sortir chez L’initiale. Forcément, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son autrice, Nathalie Wyss. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, on part en vacances avec l’auteur-illustrateur Marc Daniau qui vient de sortir le très beau Princesse Mabelle. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Nathalie Wyss

J’aimerais que vous nous parliez de votre dernier album, le magnifique Un marron dans la poche.
Tout d’abord merci ;). C’est l’histoire d’un enfant qui parle de sa grand-mère et de l’habitude qu’elle avait de ramasser le premier marron de l’automne. C’est ma grand-mère, la Mutti, qui m’a inspiré cette histoire. Je n’ai vraiment rien inventé cette fois-ci, tout est vrai. Je ne pensais pas que ce texte trouverait un éditeur. J’en suis d’autant plus ravie car, avec cet album, ma grand-mère entre dans les maisons, dans les familles et peut-être même dans le cœur de quelques enfants. Grâce à elle, j’espère qu’ils auront le plaisir, au début de l’automne, de se baisser pour ramasser un marron et le glisser dans leur poche, cela porte chance !

Je trouve les planches de Cécile Deglain superbes, comment s’est passée la collaboration ? C’est un projet que vous aviez ensemble ou c’est l’éditrice Juliette Grégoire qui vous a réunies ?
Merci encore ! C’est l’éditrice Juliette Grégoire qui nous a réunies. À vrai dire nous ne nous sommes malheureusement jamais rencontrées… Tout s’est fait par e-mails, mais je suis ravie du résultat. Et puis étrangement, la grand-mère dessinée par Cécile ressemble fortement à la Mutti…

Parlez-nous de votre processus d’écriture et de la naissance de vos histoires.
Bien souvent les histoires me viennent d’elles-mêmes, un peu comme si elles tombaient du ciel. Cela commence par une phrase, un titre, ou une ambiance, et le reste suit. Je me laisse guider par mes histoires. Je ne fais pas de plan, je n’y pense que quand j’écris, je ne sais pas trouver « la suite » hors écriture. J’ai toujours un carnet avec moi au cas où… Écrire, c’est un peu comme partir à l’aventure, on ne sait jamais vraiment où on va !

Vous avez commencé à écrire très jeune, je crois, racontez-nous votre parcours d’autrice ?
J’ai commencé à écrire à dix ans des petits albums jeunesse (à l’époque je dessinais aussi) pour ma famille et mes amis. Vers onze ans, j’écrivais des histoires d’épouvante inspirées directement par mes lectures… J’ai tout gardé ! C’est très drôle de les relire aujourd’hui ! Je les apporte toujours dans les classes où je vais, les enfants rigolent beaucoup également en les voyant ! À l’adolescence, j’écrivais surtout des poèmes et vers 18 ans, j’ai commencé à envoyer des textes aux maisons d’éditions jeunesse. Mon premier texte a été publié cinq ans plus tard, un long parcours… !

Vous êtes libraire en plus d’être autrice, est-ce que ça a une influence sur votre travail ?
Je suis libraire spécialisée jeunesse, je baigne toute la journée dans ce monde. Alors oui, cela m’inspire ! Et bien sûr, il arrive parfois qu’on se dise, « oh comme j’aurais aimé écrire ce livre ! » C’est comme ça pour tous ceux qui écrivent je pense… Et tant mieux ! C’est merveilleux d’être frappé au cœur par des livres et de pouvoir les conseiller ensuite ! Donner le goût de la lecture aux enfants et aux adolescents est un extraordinaire challenge !
Cela me nourrit, c’est une place en or pour écrire ! Je vois tout ce qui paraît ou presque. C’est un univers merveilleux la littérature jeunesse, c’est la douceur et la magie de l’enfance à portée de main ! C’est un véritable refuge pour moi.

Peut-on vous demander vos derniers coups de cœur en tant que libraire ?
Avec mon mari nous sommes les heureux parents d’une petite fille depuis peu… Et donc, je n’ai pas beaucoup lu ces derniers mois… Mais l’année dernière, en jeunesse, j’ai découvert avec joie la plume de Cécile Alix et pour les grands adolescents/adultes, j’ai beaucoup aimé Un été circulaire chez Albin Michel de Marion Brunet. Et sinon, en littérature vieillesse, mon dernier gros coup de cœur est Règne animal chez Gallimard de Jean-Baptiste Del Amo.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant je lisais beaucoup d’albums et puis je me souviens du Petit prince et de L’œil du loup, ainsi que de la collection Chair de poule. J’avais une fascination pour les histoires qui font peur, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Avec l’âge, je suis devenue une vraie trouillarde ! À 15 ans, j’ai commencé mon apprentissage de libraire. J’ai découvert avec passion l’histoire de la littérature et lu beaucoup de classiques. J’ai été particulièrement marquée par Nabokov. Je lisais beaucoup de poésie également.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Paraîtra en février De quelle taille est ton cœur aux éditions Helvetiq, un album pour les petits, co-écrit avec mon mari et illustré par Jamie Aspinall. Au mois de mars sortira un roman pour adolescents Le Roi des rois, aux éditions Magnard. Puis, en septembre, deux albums aux éditions L’initiale dont un, illustré par Pascale Breysse. Et puis, mon album L’enfant qui avait oublié sa peur édité en 2015 au baron perché, épuisé aujourd’hui, va être réédité par les éditions (suisses) Utopie. J’en ai de la chance !

Bibliographie sélective :

  • Un marron dans la poche, album illustré par Cécile Deglain, L’initiale (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’allumeur de réverbères, roman, Oskar Jeunesse (2018).
  • L’enfant qui avait oublié sa peur, album illustré par Béatrice Boutignon, Le baron perché (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Sous le tori, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Dans les yeux de Marish, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Les esprits de Taïga, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Au cœur de l’Himalaya, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’étoile des Himba, roman illustré par Emna, Limonade (2012).
  • L’œil du tigre, roman illustré par Emna, Limonade (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Namasté et les 108 pétales, roman illustré par Bernard Reymond, Limonade (2011).


En vacances avec… Marc Daniau

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marc Daniau que nous partons ! Allez, en route !

5 Albums jeunesse :

  • Monsieur Madame de Charlie Schlingo
  • Tous les albums de Claire Franek, avec Le facteur n’est pas passé en pole position, dommage qu’il n’y ait eu que les Coréens pour comprendre l’importance de cet album.
  • Tous les albums de Lionel Koechlin, un petit faible pour la Fée des Sapins que j’ai dû lire pendant deux ans à mon fils aîné.
  • Les doigts niais d’Olivier Doudou et Natalie Fortier.
  • Le Pirate et l’Apothicaire de R.L. Stevenson illustré par Henning Wagenbrath

5 Romans :

  • Moby Dick de Melville
  • Le chant du Monde de Jean Giono
  • La vie secrète d’Emily Dickinson de Jerome Charyn
  • N’importe quel titre de Primo Levi
  • Don Quichotte de Cervantès
  • Nous trois de Jean Echenoz

5 DVD

  • Apocalypse now de Coppola
  • Cheyenne de John Ford
  • Les sept samouraïs de Kurozawa
  • Quai des brumes de Marcel Carné
  • Jour de fête de Jacques Tati

5 CD

  • Tout Boris Vian
  • Tout Lee Scratch Perry
  • The Undertones by The Undertones
  • Streetcore, Joe Strummer and the Mescaleros (et puis tout le reste avant)
  • Jonathan Richman and the Modern Lovers

3 BD

  • La balade de la mer salée H.Pratt
  • Z comme Zorglub/L’ombre du Z de Franquin
  • Mauvais rêves d’Imagex

5 artistes 

  • Tinguely
  • Bonnard
  • Freud (Lucian)
  • Alexandre Hollan
  • Ronan Barrot

5 lieux

  • Le jardin des plantes de Paris
  • Un petit endroit secret au Cap corse
  • L’île au milieu du Niger dans le parc du W
  • La plage de Saint Palais (17) à l’heure de l’apéro
  • London Derry

Marc Daniau est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Princesse Mabelle, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon chien, papa et moi, illustration d’un texte de Raphaële Frier, À pas de loups (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Ruby tête haute, illustration d’un texte d’Irène Cohen-Janca, Les éditions des éléphants (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un géant, texte illustré par Ivan Duque, Thierry Magnier (2017).
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livres (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Je suis le chien qui court, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013).
  • Tous à poil !, co-écrit avec Claire Franek, Le Rouergue (2011).
  • Neuf couleurs de peur, illustration d’un texte d’Annie Agopian (2010).
  • L’arbre, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2007).
  • Coquin Colin, texte illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2002).

Le site de Marc Daniau : http://www.marcdaniau.fr et le blog collectif CITRON : http://danslecitron.blogspot.fr/search/label/Marc%20Daniau

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Les invité·e·s du mercredi : Christophe Loupy et Clotilde Perrin

Par 9 janvier 2019 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on reçoit l’auteur Christophe Loupy, avec lui on revient sur son dernier album, Suis le chemin des fourmis, et sur son parcours, puis on part en vacances avec Clotilde Perrin ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Christophe Loupy

J’aimerais que vous me parliez de Suis le chemin des fourmis, votre dernier album. Pouvez-vous nous raconter ce projet et comment vous avez travaillé dessus ?
Ce projet, comme beaucoup de mes albums, est le fruit de mon travail en classe. Étant professeur des écoles en maternelle, je me suis toujours intéressé aux méthodes pédagogiques qui permettent d’apprendre en s’amusant. Car je trouve que l’on n’apprend jamais mieux qu’en s’amusant, que l’on soit enfant ou adulte. Quand j’ai découvert la technique de l’ombro-cinéma, j’ai tout de suite été séduit par le côté ludique et esthétique du concept. Et je me suis mis à réfléchir de quelle manière je pouvais l’utiliser en classe. Le côté ludique, c’était bien, mais si, en plus, on pouvait le rendre utile, c’était encore mieux. Et puis, un jour, j’ai eu l’idée de ces petites fourmis qui avancent en ligne et qui dessinent par le mouvement les graphismes de base. J’ai aussitôt monté quelques prototypes pour ma classe et j’ai présenté mes fourmis à mes élèves. Ils ont adoré ! Ils ont passé des heures à expérimenter l’outil, à faire circuler mes petites fourmis et à en reproduire les tracés sur des feuilles.
À ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait vraiment mettre en forme ce concept pour en faire profiter le plus grand nombre. Et j’ai pensé à en faire un album ludique, avec une vraie histoire, et un enjeu qui entraîne le lecteur au fil des pages.

Vous êtes enseignant en plus d’être auteur, est-ce que ça a une influence sur votre travail ?
Oui, énormément. J’adore observer les gens, décrypter leurs émotions, leurs comportements… Alors, entouré d’une trentaine d’enfants de 3 à 4 ans toute la journée, vous imaginez, c’est une vraie richesse qui s’offre à moi. Non seulement, je vis avec eux des situations incroyables, mais en plus, ils me confient leurs joies, leurs peines, leurs colères, sans aucun filtre. C’est une chance extraordinaire de pouvoir appréhender leur monde au plus près, de comprendre leur mode de fonctionnement et de pouvoir ainsi écrire des livres qui leur parlent.

Comment naissent vos histoires ?
Comme je vous l’ai dit, j’observe beaucoup, j’écoute, je ressens… Je crois que tout artiste, quelle que soit sa spécialité, est quelque part un contemplatif. Il utilise ses sens pour se nourrir de ce qui l’entoure, puis le digère et le transforme pour le restituer à sa façon. Par exemple, un jour, mes élèves ont commencé à me parler du bisou de leur papa et de leur maman, et ils ont débattu avec toute leur candeur de celui qui serait le meilleur. Cela m’a inspiré l’histoire d’un petit chien qui fait le tour de la ferme pour quémander un bisou à chaque animal, et qui revient voir sa maman pour lui dire dans un câlin qu’il sait maintenant quel est le meilleur de tous les bisous ! (Rien qu’un bisou !, Ed. NordSud)

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Mon parcours n’est pas commun car je n’étais pas destiné, au départ, à faire une carrière littéraire. J’ai appris à lire avec difficulté. Et ce handicap faisait que j’avais peur des livres (surtout des romans). Je ne lisais que des BD ou des textes très courts, faciles à lire. J’étais mauvais en français et j’ai commencé à m’améliorer seulement vers 10/11 ans quand j’ai enfin réussi à « entrer » dans l’univers des romans. Mais aussi, je pense, parce que j’adorais inventer des histoires et que j’avais besoin du français pour ça…
J’ai commencé par faire de la BD, tout seul, dans ma chambre d’ado. Vers 16/17 ans, j’ai même gagné une publication dans le journal Spirou. À la même époque, je faisais partie d’un groupe de rock dont j’étais le chanteur et le parolier. Cela a donné une nouvelle dimension à ma passion pour l’écriture. Et puis, je suis devenu instit et j’ai sorti mes premiers albums, ceux de La Petite Boule Blanche, aux éditions Milan. Cette série a gardé quelque chose de magique, car non seulement elle est devenue un vrai succès littéraire mais, en plus, elle continue à se vendre encore aujourd’hui (éditions Belin).

Vous ne vous contentez pas d’écrire, vous faites également des actions bénévoles en direction des auteurs, je pense notamment aux conseils que vous leur donnez, prolongement du Guide de l’édition Jeunesse dont on a déjà parlé ici
Oui, effectivement, cela fait plus de 17 ans que je m’investis personnellement pour les auteurs. J’ai tout d’abord créé Le Guide de l’Édition Jeunesse car à mes débuts, j’ai eu beaucoup de difficultés à obtenir les conseils utiles pour percer, les contacts et les astuces (que les professionnels s’échangent entre eux mais qui n’atteignent jamais les débutants « hors circuit »). Je m’étais promis, à l’époque, que si je faisais mon trou dans le milieu professionnel, je réunirais dans un ouvrage tous ces conseils, ces contacts, et ces astuces (avec, en plus, quelques « bruits de couloirs », normalement réservés aux pros, comme les nouvelles collections qui sortent et les recherches spécifiques de manuscrits des éditeurs). Du coup, à aider au quotidien les auteurs en herbe (conseils au téléphone, lecture de manuscrits…), j’ai parfois du mal à dégager du temps pour moi, pour écrire. Il m’arrive même d’être en retard avec l’un de mes éditeurs qui attend mon texte. Mais je suis un hyperactif. Je ne sais pas me poser. L’an dernier, j’ai ajouté une conférence intitulée « Tout le monde peut devenir auteur jeunesse » (même quand, au départ, on est nul en français comme moi !) qui me permet également de donner tous les conseils utiles à ceux qui veulent se lancer, ainsi que toutes les petites astuces qui m’ont permis d’être édité aujourd’hui par une trentaine d’éditeurs à travers une quinzaine de pays.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, je lisais beaucoup de BD : Tintin, Lucky Luke, Spirou, Gaston Lagaffe, Astérix, Chick Bill, Ric Hochet, Blake et Mortimer, Valerian… À l’adolescence, j’ai commencé à lire des romans grâce à une série, Bob Morane, que je lisais déjà en BD. Ce n’était pas de la grande littérature, mais cela a nourri mon imaginaire. Puis, j’ai continué avec des lectures plutôt fantastiques ou science-fiction : Lovecraft, King, Kafka, Edgar Poe, Maupassant, Buzzati, Matheson, Bradbury…

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Actuellement, je travaille sur mes séries en cours. J’en démarre aussi une nouvelle chez Little Urban (romans première lecture), et une autre chez Belin (albums). Je mets également la dernière touche sur un album chez Milan, un autre chez Mijade, et un conte chez La Souris qui raconte.

Bibliographie sélective :

  • Suis le chemin des fourmis, album, texte et illustrations, Milan (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Un goûter haut perché, roman, texte illustré par Sébastien Braun, Milan (2018).
  • Ma maternelle épanouie, cahier d’activité, Nathan (2018).
  • Rien qu’un bisou !, album, texte illustré par Eve Tharlet, Nord Sud (2018).
  • Le grand Monstrouilleux, roman illustré par Prisca Le Tandé, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Après la récré, album, texte et illustration, Milan (2015).
  • Au secours ! J’ai perdu mon slip ! ou la véritable histoire de Tarzan, album illustré par Bérengère Delaporte, Marmaille & compagnie (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans la cour de l’école, album, texte et illustrations, Milan (2007).
  • Vive les bêtises, roman, texte illustré par Laurent Richard, Milan (2007).


En vacances avec… Clotilde Perrin

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Clotilde Perrin que nous partons ! Allez, en route !

« Plus la vie de l’esprit se diversifie plus votre inspiration a des chances d’être protégée, l’imagination imprévisible, celle qui jaillit de l’intérieur » Rainer Maria Rilke

Livres :

  • Le monstre de Hawkline de Brautigan
  • Ronce-rose d’Éric Chevillard
  • Le Sacré livre de Proutto de Roland Topor
  • Contes bleus de Marguerite Yourcenar
  • Je, d’un accident ou d’amour de Loïc Demey
  • Respirer l’ombre de Giuseppe Penone

Artistes :

  • Jérôme Bosch
  • Giuseppe Penone
  • Peter Doig
  • David Hockney
  • Maia Flore
  • Pina Bausch
  • Gérard Garouste

Livres jeunesse :

  • Les derniers géants de François Place
  • Cher Grillon de Janosh
  • Voyage d’hiver d’Anne Brouillard
  • Professeur Totem et Docteur Tabou de Nicole Claveloux
  • Paysajeux de Henri Galeron
  • Lutin Veille d’Astrid Lindgren et Kitty Crowther
  • J’aimerai de Toon Tellegen

Musique :

  • Dead Man’s Bones
  • Nick Cave – Push the sky away
  • Exploded View – Obey
  • Jun Miyake – Stolen from Stranger
  • Beck – Sea change
  • The Do – Both ways open jaws

Films :

  • La science des rêves de Michel Gondry
  • Phenomena de Dario Argento
  • Les habitants d’Alex Van Warmerdam
  • Chat noir chat blanc d’Emir Kusturica
  • Scène de vie conjugale d’Ingmar Bergman

Lieux :

  • Lac de la Maix dans les Vosges
  • Les bains romains de Strasbourg
  • Le musée des estampes de Strasbourg
  • Musée Tinguely à Basel
  • Le sommet du Hohneck dans les Vosges
  • Cartoonmuseeum de Basel

Images :

  • Mattoti
  • Blutch
  • Edward Gorey
  • Maja
  • Topor

Clotilde Perrin est autrice et illustratrice.

Bibliographie :

  • À l’intérieur de mes émotions, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Ici et là, les maisons d’Akira, album, illustration d’un texte de Claire Ubac, Albin Michel (2018).
  • À l’intérieur des gentils : pas si gentils, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • À l’intérieur des méchants, album, texte et illustrations, conçu et animé en collaboration avec l’atelier SAJE, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Weepers Circus chante n’importe nawak !, livre-CD, illustrations de chansons des Weepers Circus, Gallimard Jeunesse musique (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes plus belles berceuses jazz et autres musiques douces pour les petits, Collectif, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mannele, album, illustration d’un texte de Lionel Larchevêque, Le thé aux histoires (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’enfant lumineux, album, texte et illustrations, Rue du Monde (2014).
  • L’enfant minuscule, album, texte et illustrations, Rue du Monde (2014).
  • L’enfant volant, album, texte et illustrations, Rue du Monde (2014).
  • Mes plus belles musiques classiques pour les petits 2, livre-CD, Collectif, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bonhomme et l’oiseau, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Lumières, l’encyclopédie revisitée, album, collectif, L’Édune / CRDP de Champagne-Ardenne (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’ogre bouquiniste, roman, illustration d’un texte de Janine Teisson, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Thibault Prugne et Marie Pavlenko

Par 19 décembre 2018 Les invités du mercredi

Dernier·ère·s invité·e·s de 2018 (comme chaque année, on prend nos vacances annuelles pendant les fêtes de fin d’année)… et quel·le·s invité·e·s ! Le premier vient de sortir un sublime album aux éditions Margot, la seconde sort bientôt son nouveau roman chez Flammarion Jeunesse… On commence par une interview de Thibault Prugne qui nous en dit plus sur son travail et son parcours, puis on part en vacances avec Marie Pavlenko ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Thibault Prugne

Pouvez-vous nous présenter le magnifique Maestro, votre dernier album ?
Maestro est un livre CD, que j’ai écrit et illustré, raconté par François Morel sur des musiques aux sonorités gitanes de Jean-Pierre Jolicard. Cet album raconte l’histoire de Téo, un jeune orphelin adopté par Lucien, un charpentier de marine. Il vit dans un village au bord de l’océan, où tous les habitants sont pêcheurs. Mais voilà, Téo n’est pas du tout à sa place ici. Pour lui, tout ce qui compte, c’est la musique. Il en crée avec tout ce qu’il touche, et en entend partout, dans le cliquetis des mâts et le clapotis des vagues, dans le chant des mouettes et le souffle du vent… Lorsqu’il a un moment, il emprunte une barque et file au large pour jouer du charango, un petit instrument bolivien à 10 cordes. C’est tout ce qui lui reste de ses parents. Un jour, il va rencontrer Wayra, une petite gitane, accompagnée par son père Djypee et sa famille. Leurs roulottes sont bloquées par la grande marée. Avec eux, Téo va découvrir son immense talent pour la musique. Il s’agit d’une histoire positive, qui a pour thème fort la poursuite de ses rêves.

Comment est née cette histoire ?
Cela faisait quelques années que nous voulions travailler ensemble avec Jean-Pierre Jolicard. Faire un livre-CD où mon texte serait porté par ses musiques. J’ai donc fait en sorte de trouver une histoire qui s’adapte à ses deux styles de prédilection : la musique gitane et la musique bolivienne. Ainsi, nous avons ces gitans qui apportent la touche gitane, et ce charango, dont joue Téo, qui est typique de Bolivie. Cela nous a permis de mélanger ces deux sonorités. Pour ma part, j’ai toujours aimé dessiner des instruments de musiques et peindre l’océan, les grands ciels, etc. J’avais donc un décor tout trouvé pour cette histoire. L’idée avec Maestro, c’était surtout que chacun se fasse plaisir et donne le meilleur.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai d’abord fait des études en architecture d’intérieur. Puis un jour, j’ai voulu changer de voie. J’ai toujours dessiné et voulais depuis tout petit devenir illustrateur ou auteur de BD. Mais c’est un rêve que j’avais plus ou moins mis de coté. Avec un ami, nous nous sommes lancés en 2011 dans un carnet de voyage, qui fut ma première expérience dans l’édition. Et j’ai trouvé cela super. Après ce livre, j’ai sorti mes gouaches et j’ai cherché des techniques pour faire de l’illustration jeunesse. Pour mon premier livre jeunesse, Le Bout du Fil aux éditions des Braques j’avais écrit l’histoire, l’avais illustré et composé les musiques, car il s’agissait aussi d’un livre CD. J’ai ensuite fait quelques albums dans différentes maisons pour enfin trouver un éditeur plus régulier, Gautier Languereau, avec qui j’ai fait 3 livres, écrits par Bernard Villiot. Pour Maestro, je voulais le faire aux éditions Margot, ma propre maison car la volonté première que nous avions avec Jean-Pierre Jolicard, c’était de réaliser notre livre sans aucune contrainte.

À propos des éditions Margot, dites-nous quelques mots sur cette belle maison ?
Nous avons créé cette maison en 2012 avec Anne-Fleur Drillon. Nous publions assez peu de livres et attachons une grande importance aux objets. Notre collection la plus marquante, dans laquelle s’inscrit Maestro, c’est celle des grands albums. Les formats permettent de mettre en avant les illustrations, de se plonger dedans, de s’immerger avec les personnages.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour faire une illustration, je réalise d’abord plusieurs croquis, pour trouver les bonnes attitudes, le bon cadrage, etc. À cette étape, j’imagine d’où viendra la lumière, où seront positionnées les zones d’ombres, afin de définir un sens de lecture pour l’image. Je scanne ensuite mon croquis et l’imprime en plus grand pour le décalquer proprement à la table lumineuse sur un format 40×60 cm.
Pour la couleur, je travaille avec de la gouache très diluée. Cette technique s’approche de celle de l’aquarelle, où l’on monte les couleurs du plus clair au plus foncé. Mais la gouache me permet de travailler parfois plus en pâte, de rehausser mes lumières avec de la gouache blanche ou jaune pâle. J’utilise également du drawing gum, un liquide proche du latex, qui permet de cacher certaines zones. Cela me permet de réaliser des effets de textures, de reflets, etc. Pour finir, au crayon de couleur, je rehausse certains contours pour que chaque élément se détache bien les uns des autres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Mon livre préféré quand j’étais petit, c’était Pélagie la sorcière. Je ne sais pas s’il est encore édité. Et plus grand, je lisais plus de BD humoristique, ou de grandes histoires. Peter Pan de Loisel est surement celles qui m’ont le plus marqué.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
C’est ma grande question en ce moment. Après Maestro, j’ai du mal à me lancer sur autre chose, j’ai l’impression d’avoir mis tout ce que j’aimais dans cet album. Mais je vais finir par trouver une nouvelle idée. J’ai également un projet de BD, que j’ai également écrit, mais là, c’est le temps qui me manque.

Bibliographie sélective :

  • Maestro, texte et illustrations, Margot (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Django et Lady Swing, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le dompteur de vent, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2016).
  • Le souffleur de rêves, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les hirondelles, illustration d’un texte d’Anne-Fleur Drillon, Bilboquet (2014).
  • Brel, des nouvelles d’en bas, collectif, Margot (2013).
  • Brassens, un p’tit coin de paradis, collectif, Margot (2012).
  • Le bout du fil, texte et illustrations, Les éditions des braques (2012).
  • Le mystère des cinq soleils d’Égypte, illustration d’un texte de Jean-Michel Jakobowicz, Hachette (2012).
  • À la rencontre des plus beaux villages de France, illustration d’un texte d’Alexandre Marion, éditions Eyrolles (2011).
  • Y’a de la joie, illustration d’un texte de Charles Trénet, Casterman (2011).


En vacances avec… Marie Pavlenko

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marie Pavlenko que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Crotte de nez d’Alan Mets (L’école des loisirs)
  • Marlaguette de Marie Colmont et Gerda Muller (Père Castor)
  • Pou Poupidou d’Édouard Manceau (Albin Michel Jeunesse)
  • Les oiseaux globe-trotters de Fleur Daugey et Sandrine Thommen (Actes Sud junior)
  • Le Torchecul de François Rabelais et Pef (Mouck).

5 romans

  • Quatre-vingt-treize de Victor Hugo
  • Les Tombeaux d’Atuan d’Ursula Le Guin (deuxième volume du Cycle de Terremer)
  • La Vie devant soi de Romain Gary
  • Des souris et des hommes de John Steinbeck
  • La Guerre des mercredis de Gary d. Schmidt

5 DVD

  • Vertige d’une rencontre de Jean-Michel Bertrand
  • Sword of the stranger de Masahiro Andō
  • Quand la ville dort de John Huston
  • Il était une forêt de Luc Jacquet
  • Love Actually de Richard Curtis

5 CD

  • Odesea de Secret of elements
  • La jeune fille et la mort de Schubert
  • Fratres de Arvo Pärt
  • Re:member d’Ólafur Arnalds
  • Creatures de Rone

5 artistes

  • Hayao Miyazaki
  • Bill Watterson
  • Ramón Gaya
  • Caspar David Friedrich
  • Dalí

5 lieux

  • Le Parc de Marquenterre
  • L’île de Groix
  • Le Caillou de Soques, dans la vallée d’Ossau
  • Les rochers des Fiz, dans les Alpes
  • Toutes les forêts primaires de Thaïlande

Marie Pavlenko est romancière.

Bibliographie :

  • Un si petit oiseau, Flammarion jeunesse (2 janvier 2019)
  • Zombies zarbis, avec Carole Trébor, Flammarion jeunesse (3 tomes 2018-2019)
  • La Mort est une femme comme les autres, J’ai Lu (2018) – Pygmalion (2015)
  • Je suis ton soleil, Flammarion jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Fille-Sortilège, Folio SF (2017)

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