Coeurs de pères

Aujourd’hui, je vous présente deux albums coup de cœur, qui mettent les pères à l’honneur !

papa îleBetty et Jean-Louis seront bientôt parents. Pour Jean-Louis, c’est encore un peu abstrait : quel père sera-t-il ? Comment être un super papa ? Jouer au foot, plonger, bricoler, très peu pour lui… Mais Betty a sa petite idée : elle sait quel père il sera ! Un papa-île, un papa-cheval, un papa-avion…
Que de douceur et d’émotion dans cet album ! J’ai envie de l’offrir à tous les futurs ou jeunes papas de mon entourage !
Papa-île est une magnifique histoire, à la fois simple et belle, comme je les aime…  Emile Jadoul rend hommage aux pères et c’est une réussite ! Pas de fioritures, pas de niaiseries, mais des mots forts et des illustrations qui donnent le sourire. Un sourire attendri et ému.
Un album fort et simple, un coup de cœur !

La piscineNager, sauter, plonger, le tout sous le regard admiratif de son papa qui a pris du temps alors qu’il est débordé, c’est fantastique ! Mais pourquoi est-ce que ça passe si vite ? Alors qu’une heure peut parfois être si longue dans d’autres circonstances… C’est la subjectivité du temps !
Nadia Roman a un véritable talent pour raconter le quotidien. Avec La piscine, j’ai eu l’impression d’avoir de nouveau cinq ans et de passer un moment à la piscine municipale, le dimanche matin. Tout y est, des yeux qui piquent à cause du chlore aux cheveux qui fouettent le visage, en passant par le maillot qui rentre dans les fesses quand on plonge. Et dans le même temps, il y a énormément d’émotion qui se dégage de cette histoire : le temps précieux et partagé, l’admiration des enfants pour leurs parents, la douceur des petits moments du quotidien… Les illustrations d’Amélie Falière, colorées et à l’air un peu rétro, nous plongent (sans mauvais jeu de mots) au cœur de cette belle histoire !
Voici un album qui donne envie de profiter et de prendre le temps, même quand ça paraît un peu difficile !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Émile Jadoul (Canaille fête son anniversaire, Ça sent bon la maman, Comme un secret, Canaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteur, Canaille n’aime pas la soupe, Mon bonnet, Les mains de papaÀ l’eau, Hourra, Aglagla, Tout le monde y va, Gros pipiÀ la douche et À la folie) et Amélie Falière (Moi je, Le petit-déjeuner et Qu’est-ce qui mijote dans ma marmite à mots ?). Retrouvez également notre interview d’Émile Jadoul.

Papa-île
d’Émile Jadoul
Pastel
12,50 €, 208 x 300 mm, 22 pages, imprimé en Italie, 2014.
La piscine
Texte de Nadia Roman, illustré par Amélie Falière
Les éditions du Ricochet
13,70 €, 260 x 263 mm, 30 pages, imprimé en Pologne, 2014.

À part ça ?

Je vous parle souvent de Georges, ce magazine hors du commun, original et joliment illustré.
Georges a besoin de vous pour se développer (et oui, un magazine sans aucune publicité et d’une telle qualité demande un certain investissement financier…) et lance un appel à financements via la plateforme Ulule ! Comme on dit,  « les petits ruisseaux font les grandes rivières »…

Marianne

Ils m’ont touchée !

Il est parfois difficile de définir exactement pourquoi un album nous a plu… C’est un peu le cas avec les deux titres que je vous présente aujourd’hui ! Il ont un petit quelque chose qui m’a charmée, séduite, et émue et que j’avais envie de vous faire partager !

Mais quelle idée !Tibelle est une jeune écureuil. Elle apprend un matin d’hiver que son Papi Charly est très malade. On lui dit qu’il va bientôt mourir.  Tout cela est un peu abstrait pour elle. Elle demande alors des éclaircissements à son père, qui va essayer de rendre les choses les plus concrètes et les moins difficiles possibles.
Je n’arrive pas, avec ces quelques mots, à retranscrire la poésie et la beauté de cet album ! Avec Mais quelle idée !, Pascal Brissy aborde le thème du deuil, en comparant l’existence humaine à celle d’une pomme de pin, qui quoiqu’on fasse, finit toujours par tomber un jour… pour mieux donner naissance à un nouvel arbre ! Les grands-parents, la maladie, la mort, la vie, la transmission, autant de thèmes que j’aime voir aborder en littérature jeunesse et qui sont ici abordés avec tendresse mais sans niaiserie. Didier Jean et Zad signent les très belles illustrations, qui nous plongent dans l’hiver et les paysages enneigés avec délice.
Un album fort pour parler de la mort ! Un coup de cœur !
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions Utopique.

mo-moMo-Mo a perdu ses mots. Sans eux, il se sent vide et il part donc à leur recherche. Il se rend notamment au Mot-zambique, pays lointain où il va vivre une grande aventure et rencontrer toutes sortes de personnages qui l’amèneront à se poser les bonnes questions pour avancer et remettre la main sur ce langage perdu.
Là encore, j’ai bien du mal à vous faire partager l’ambiance si particulière de cet album. Et pourtant, quel plaisir de découvrir cette histoire que l’on imagine aisément lue à haute voix par un conteur ! Les illustrations, joliment colorées, en grande partie composées de lettres, invitent vraiment à l’évasion dans ce monde imaginaire. On suit Mo-Mo dans sa quête, et on profite des jeux de mots et des belles phrases.
Original et pas forcément attirant au premier abord, cet album de Mickaël El Fathi m’a finalement charmée !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pascal Brissy (Le petit bonhomme de pain d’épice et La véritable histoire de Patam, champion de la savane) et  Didier Jean et Zad (Mes rêves au grand galop, Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts). Retrouvez également notre interview de Didier Jean et Zad.

Mais quelle idée !
Texte de Pascal Brissy, illustré par Didier Jean et Zad
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014
Mo-Mo
de Mickaël El Fathi
Motus
13 €, 235 x 265 mm, 38 pages, imprimé en France, 2014

À part ça ?

georges grueLe nouveau numéro du magazine Georges est sorti ! Il s’appelle Grue, et comme d’habitude, il en met plein la vue ! On va visiter un chantier avec la grande histoire, découvrir une nouvelle histoire de Panpi et Gorri, jouer avec des monuments célèbres, construire une grue en papier, découvrir le métier de cordiste, apprendre quelques mots de grec moderne, cuisiner des bricks,… Et je ne vous dis pas tout !
Comme d’habitude, la qualité est au rendez-vous, avec des thèmes originaux, des informations étonnantes et de belles illustrations variées qui donnent vraiment de l’allure à ce nouveau numéro, plein de vie et de dynamisme !

Magazine Georges, Numéro Grue, 8,90 €

Marianne

A l’heure où retentit la sonnerie…

Aujourd’hui, on s’intéresse à ce qu’il se passe en fin de journée, après l’école !

L'heure des mamansL’heure des mamans, c’est ce moment qui marque la fin de la journée et le retour à la maison. Mais le petit raton-laveur, héros de cette histoire, ne comprend vraiment pas pourquoi on l’appelle comme ça : lui, ce n’est jamais sa maman qui vient le chercher ! Le lundi, c’est la baby-sitter, le mardi c’est Papi, le mercredi Tonton, et Mamie et Papa terminent la semaine. Sa maman, il en profite le week-end, parce qu’en semaine, elle travaille tard le soir. Et il aimerait vraiment que la maîtresse en tienne compte !
Quelle bonne idée de s’intéresser à cette fameuse expression, qui pour beaucoup d’enfants aujourd’hui ne correspond pas à la réalité ! C’est également l’occasion de combattre une fois de plus un cliché sexiste (à ce sujet, retrouvez la chronique de Gabriel parue hier) : papa au travail et maman qui ne s’occupe que des enfants, ce n’est pas systématique ! Les situations sont multiples et chacun devrait trouver son compte dans cette histoire pleine d’humour et de tendresse. Yaël Hassan nous présente tous ces adultes de la sortie d’école avec des mots simples mais bien choisis, et Sophie Rastégar les croque avec malice ! Les illustrations fourmillent de détails et de clins d’œil au quotidien des jeunes lecteurs !
Un album simple et bien pensé, qui s’ancre dans la vie des enfants !
Vous pouvez feuilleter quelques pages sur le site des éditions Utopique.

cover MaitresseEt la maîtresse alors ? Que fait-elle une fois les portes de l’école refermées ? Tous les enfants se sont sans doute déjà posé cette question. Et bien figurez-vous que je connais maintenant quelques secrets : elle reste à l’école ! Elle se couche sous son bureau, mange avec ses collègues dans la cantine, joue dans la cour au clair de lune, échange des dessins avec ses collègues et organise même quelques fêtes !
En tout cas, c’est ce que nous raconte Carole Fives dans Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?, un album original, qui tente de lever le voile sur une grande question d’enfance, avec humour et tendresse ! Les illustrations d’Anne Isabelle Le Touzé contribuent grandement au côté décalé de cette histoire, en mettant en scène l’enseignante dans les lieux familiers des enfants.
Malicieux et indiscret, voici un album pour lever le secret !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Yaël Hassan (Défi d’enfer).

L’heure des mamans
Texte de Yaël Hassan, illustré par Sophie Rastégar
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 320 x 220 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifé, 2014
Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?
Texte de Carole Fives, illustré par Anne Isabelle Le Touzé
Pastel
13 €, 300 x 220 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2014

À part ça ?

Pejac est un artiste espagnol qui a notamment créé des décors muraux très poétiques dans Paris.

Marianne

Une paire de pères

Deux histoires de famille, touchantes et émouvantes…

les jours noisetteSon père est sculpteur de nuages, inventeur de gros mots, mais aussi et surtout roi des fantômes… Et son eau de toilette sent la noisette… Il l’aime, mais d’un amour contradictoire, qui se transforme parfois en colère. Les jours noisette sont des jours à part, des jours entre parenthèses… Mais je ne vous dirai pas pourquoi. Emmanuel Bourdier arrive à garder le suspense jusqu’à la dernière page, avec un texte très fort, sensible et poétique et les illustrations de Zaü, dans un camaïeu de gris illustre avec beaucoup de puissance cette très belle histoire sur une relation père-fils particulière, sans oublier la place de la mère ! Un coup de cœur !
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions Utopique.

un papa pour titouBrigitte élève seule son poussin Titou. Lui ne s’en plaint pas et est heureux avec sa maman. Mais elle aimerait trouver un compagnon, et un père pour Titou ! Louis l’asticot, Bouclette, Tom le cheval, Monsieur Oisanis le hibou, aucun ne convient ! Trouvera-t-elle son bonheur ?
On suit avec plaisir ce tendre duo dans cette quête d’amour. Mais avec Un papa pour Titou ?, Natacha de Bradké nous fait sourire également, toujours avec des mots tendres : Brigitte et Titou forment un duo plein de force. Les illustrations de Luciana Monaji sont très jolies, délicates et colorées, et complètent parfaitement cette jolie histoire dans laquelle se reconnaîtront sans doute bien des familles… Toutefois, on peut trouver que cette idée de besoin absolu d’un père et d’une mère présents au quotidien pour être heureux est un peu réductrice ! Il y a beaucoup d’autres manières de vivre la famille, c’est certain !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Zaü (Moi, Stevenson, l’aventure de ma vie) et Natacha de Bradké (Viens danser !).

Les jours noisette
Texte d’Emmanuel Bourdier, illustré par Zaü
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014
Un papa pour Titou ?
Texte de Natacha de Bradké, illustré par Luciana Monaji
L’école des loisirs
12,20 €, 213 x 270 mm, 28 pages, imprimé en France, 2014

A part ça ?

Bovey Lee découpe finement du papier ! Moi qui peine à découper droit avec des ciseaux, je ne peux être qu’admirative…

Marianne

Émotions en famille(s) !

Aujourd’hui, je vous présente deux romans pour adolescents qui mettent la famille à l’honneur !

deux familles pour luluEn dix ans, Lulu a vécu dans de nombreuses familles d’accueil. Sa mère était trop jeune pour s’en occuper quand il est né et il a dû être placé. Ça ne se passe pas toujours très bien, loin de là. Il a récemment quitté une famille maltraitante et arrive chez les Fournier… Les premières impressions ne sont pas forcément très positives, mais finalement, Monique, Jean-Mi et leurs enfants s’avèrent être de très bons compagnons de vie. Mais Lulu n’est pas orphelin et reçoit parfois la visite de sa mère. Cette fois, elle vient accompagnée de son nouveau petit ami, Joseph. Encore une fois méfiant, Lulu va finalement apprécier cette nouvelle rencontre, et ce nouvel équilibre qui se crée… Mais Deux familles pour Lulu, ce n’est pas toujours facile…

On rencontre souvent des histoires de famille dans la littérature jeunesse pour adolescents : drames familiaux et orphelins sont des thèmes fréquemment abordés. Mais on rencontre moins souvent des histoires en lien avec les familles d’accueil, qui accueillent pourtant de nombreux enfants au quotidien. Avec humour, justesse et émotion, Agnès Lacor nous présente toute une galerie de personnages attachants, emmenée par Lulu, plein de sensibilité et d’intelligence ! Une tranche de vie dans un beau roman pour grands enfants ou jeunes adolescents !

ce cahier est pour toiGranninouchka écrit à son petit-fils Gaspard. Elle est entrée dans une maison de soins depuis quelques jours, sans trop comprendre pourquoi, et se confie à son cher petit. Elle lui raconte comment elle vit les choses, ce qu’elle voit et ce qu’elle pense….

C’est de plus en plus mystérieux, de moins en moins clair, et de plus en plus poignant. Granninouchka souffre de la maladie d’Alzheimer et nous livre son journal. Plus exactement, elle le livre à son petit-fils, dans l’espoir qu’il le lise un jour… Exercice peu évident que celui d’écrire les pensées de quelqu’un qui perd progressivement le fil… Valérie Dayre nous livre une histoire forte sur la maladie, mais aussi et surtout la famille, la transmission, et le temps qui passe. Original et émouvant, Ce cahier est pour toi est un livre à découvrir !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de la collection Estampille (L’incroyable enterrement de Magnus, Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres et William, mon petit prince) et de la collection Hibouk (Les mémoires d’Adalbert, Voyage autour de mon nom, Histoires au téléphone, et Docteur Parking).

Deux familles pour Lulu
d’Agnès Lacor
Bayard Jeunesse dans la collection Estampille
10,50 €, 135 x 190 mm, 140 pages, imprimé en Espagne, 2014
Ce cahier est pour toi
de Valérie Dayre
La joie de lire dans la collection Hibouk
8,90 €, 130 x 186 mm, 103 pages, imprimé en Pologne, 2014

À part ça ?

une histoire sans motsOn m’a offert la semaine dernière Une histoire sans mots, de Xu Bing.

Ce livre est fou ! Plus de cent pages qui racontent la journée de Monsieur Noir, sans utiliser aucun mot ni aucune lettre, mais uniquement des symboles et des pictogrammes (même pour indiquer le lieu d’impression) ! Après quelques minutes d’acclimatation (plus ou moins longues selon les générations), on prend le pli et c’est très amusant ! Une vraie prouesse, un livre qui ne ressemble à aucun autre !

Une histoire sans mots, Xu Bing, Grasset, 9,90 €

Marianne