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Famille

Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ? (2)

Par 17 mai 2015 Livres Jeunesse
Cette chronique est dédiée à la petite Adèle.

La chronique que j’avais écrite il y a maintenant presque trois ans (Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants) continue d’être LA chronique la plus lue de ce blog. Relayée par un grand nombre de sites, de forums et même d’organismes. En cette journée internationale contre l’homophobie, j’avais envie d’ajouter quelques albums à la liste. Nous ferons d’ici quelques semaines une chronique romans. Tous les livres (albums et romans) que nous avons chroniqués sur l’homosexualité et l’homoparentalité sont regroupés dans un tableau Pinterest. Ces albums sont vraiment importants, car ils permettent aux enfants qui grandissent dans des familles homoparentales de voir qu’ils ne sont pas les seuls et ils banalisent ces situations auprès des autres enfants. La peur et la haine naissent souvent de choses qu’on ne connaît pas, qu’on ne comprend pas, ces livres peuvent aussi faire qu’il y aura moins d’homophobie demain.

Boum ! Boum !Timothée aime Fleur. Son cœur fait BOUM ! BOUM ! quand il pense à elle. Sa bouche dit YOUPI ! YOUPI ! quand elle est d’accord de sortir. Puis il y a le klaxon de la bicyclette, le bruit des papilles quand ils se régalent d’une pomme d’amour, le choc des verres qu’ils tapent pour trinquer… l’amour entre Timothée et Fleur fait beaucoup de bruit ! Mais il y a un autre bruit, il y a celui des pleurs de José qui est amoureux de Timothée.
« Et tant pis si un jour cet amour fait GRAND bruit autour de lui ! », ainsi se termine BOUM ! BOUM ! et autres petits (grands) bruits de la vie. Le cœur de José fait le même bruit que celui de Timothée, il aime de la même façon. Et comme le dit le docteur, ce n’est pas grave. Ici, il y a un garçon qui aime un autre garçon et au fond quelle importance ?
Un très bel album, très doux, sur les bruits de l’amour.

Renard & renardRenard et Renard vivent ensemble. L’un est plutôt peureux, l’autre rêve d’aventure. Quand le second décide de partir vivre sa vie, le premier préfère rester. Mais très vite, le renard courageux rentrera retrouver son foyer.
À aucun moment, il n’est dit qu’il s’agit ici d’homosexualité. Pourtant ce sont bien deux garçons qui vivent ensemble, qui se sentent seuls l’un sans l’autre, qui sont pressés de se retrouver (et la phrase « ils vécurent longtemps ensemble en paix » nous rappelle le « ils vécurent heureux » des contes de fées). Chacun pourra donc y voir l’histoire qu’il a envie d’y voir.
Renard & Renard est une belle histoire d’amour, entre deux renards.

Papa c'est quoi un homme haut sekçuelLe papa de Tinig a plein de surnoms. Uranien pour certains (alors qu’il ne vient pas d’Uranus), Socratique, Zèbre… il a même entendu pédale ou tapette ! C’est bizarre tous ces surnoms… Tinig décide d’en parler avec lui.
Pas toujours facile d’avoir un papa homo, c’est ce que nous rappelle avec beaucoup de tendresse et de finesse Papa, c’est quoi un homme haut sekçuel ?. L’enfant s’étonne d’entendre tant de choses sur son père et ne les comprend pas. Son père saura lui expliquer que tout ça ne fait que désigner une situation qui est, pour l’enfant, tout à fait naturelle, son père aime les hommes. Ici pas de couple (généralement quand on parle d’homoparentalité, le parent est en couple avec quelqu’un du même sexe) et pas non plus de maman. C’est un papa seul avec son enfant. Les illustrations d’Anna Boulanger sont magnifiques.
Un très bel album pour parler de l’homophobie.

Les trois prochains livres ne parlent pas que d’homoparentalité, mais ils l’abordent. Ils parlent de la diversité des familles.

Ma Super FamilleDans certaines familles, tout est simple. Dans celle de Timothée, 6 ans, c’est un peu compliqué. Déjà, ses parents ne vivent pas ensemble. Ensuite, il a un demi-frère et une demi-sœur (alors qu’elle mange comme quatre), une cousine qui vient de l’autre bout du monde, des tantes plus jeunes que lui (suite à un grand-père remarié), un grand-père inconnu, une grand-mère qui vit avec son amoureuse… quand je vous disais que c’était pas simple !
Avec l’humour qu’on leur connaît (lire absolument leurs géniales BD), Gwendoline Raisson et Magali Le Huche croquent avec justesse les familles d’aujourd’hui. Le papa de Timothée a été élevé par deux mamans, et alors ?
Un très bon album à flap, pour se rappeler que les familles ce n’est pas forcément juste un papa, une maman, un garçon, une fille et un chien.

CAMILLE VEUT NOUVELLE FAMILLECamille en a marre, ras le bol, elle veut une nouvelle famille. Elle part de chez elle pour trouver qui pourra l’accueillir ! Peut-être Yann qui vit avec ses parents adoptifs ou Dorine qui vit seule avec sa mère et pourquoi pas Baptiste qui vit avec ses deux papas ?
Ici aussi, on rend hommage à toutes les familles (on parle aussi de « couple mixte », de parents souvent absents et de familles nombreuses) en rappelant que « quand on s’aime, toutes les familles sont idéales ».
Un album tendre et drôle.

Un air de familleDes familles, il y en a vraiment des différentes. Des familles nombreuses, des familles monoparentales, des familles homoparentales, des familles qui accueillent parfois un enfant supplémentaire, des familles recomposées, des parents qui ont des origines différentes… Il y a des papas un peu trop énervés, des fils uniques, des jumelles, des grands-mères qui vivent à la maison, des demi-sœurs, des enfants en fauteuil roulant…
Béatrice Boutignon (l’auteure du célèbre Tango a deux papas et pourquoi pas ?) s’intéresse à tous les types de familles. Autour des étapes de la journée et de la vie (repas, vacances, après-midi au musée, heure du coucher, sur le chemin de l’école…), des familles nous sont présentées en quelques mots. Les situations sont totalement diverses, rien ne semble avoir été oublié. Par contre, pas d’histoire ici, juste cinquante petits portraits, ce qui peut lasser en lisant l’album. C’est plutôt un album où l’on viendra piocher, ou qui sera un très bon support pour un travail en classe.
Les familles sont variées, elles sont toutes ici représentées !

à nos amoursOn termine… par un petit carnet à remplir ! à nos amours parle de l’amour et ses mystères, un bon support pour discuter entre parents et enfants. On pose des questions (à quel âge peut-on tomber amoureux, qu’est-ce que ça fait…), on se demande comment on ferait comprendre ses sentiments à l’autre, on écrit des histoires d’amour… C’est un ouvrage vraiment original ! Dans un passage, on parle des garçons qui aiment les garçons et des filles qui aiment les filles… ça méritait d’être signalé !
Extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avions donc chroniqué de nombreux livres sur l’homosexualité et l’homoparentalité ici mais nous en chroniquons aussi régulièrement, ils sont tous regroupés dans un tableau pinterest (en cliquant sur la couv’ vous arrivez sur la chronique). Je vous conseille aussi le très bon dossier de NVL, qui m’a aidé à préparer cette chronique.

BOUM ! BOUM ! Et autres petits (grands) bruits de la vie
Texte de Catherine Lafaye-Latteux, illustré par Mam’zelle Roüge
Éditions Frimousse dans la collection Les pieds poètes
20 €, 236×350 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Renard & renard
Texte de Max Bolliger (traduit par Lilo Neis et Anne Salem-Marin), illustré par Klaus Ensikat
La joie de lire
16,75 €, 287×217 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2002.
Papa, c’est quoi un homme haut sèkçuel
d’Anne Boulanger
Zoom éditions
17 €, 285×185 mm, 68 pages, lieu d’impression non indiqué, 2007.
Ma SUPER famille
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Magali Le Huche
Les éditions du Père Castor
15,50 €, 280×320 mm, 48 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Camille veut une nouvelle famille
Texte de Yann Walcker, illustré par Mylène Rigaudie
Auzou dans la collection Mes p’tits albums
5,95 €, 214×217 mm, 31 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
Un air de famille
de Béatrice Boutignon
Le Baron Perché
16 €, 255×190 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
à nos amours, cahier d’activités
Auteur non crédité
Minus
5 €, 105×150 mm, 52 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

On ne peut pas parler d’homophobie sans parler du Refuge. Une association qui aide les jeunes homos chassés de chez eux, une belle association à défendre absolument. Envoyer des dons ici.

Gabriel

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Pas facile, la famille

Par 12 mai 2015 Livres Jeunesse

alors alfred« Alors, Alfred ? » Voici la phrase que notre jeune héros entend le plus. Il est toujours un peu à côté de ses baskets, en décalage par rapport aux événements et ce qu’on attend de lui. Cette attitude nonchalante ne manque pas de mettre sa grand-mère sur les nerfs. Selon elle, il faut lui apprendre la vie ! Le faire redescendre de force de la lune et lui remettre les deux pieds bien enfoncés dans le sol ! Alfred n’en peut plus de cette vieille sorcière qui ne cesse de l’accabler de reproches et d’émettre des jugements sur l’éducation que lui prodiguent ses parents. Un jour, Alfred décide de laisser de côté sa discrétion habituelle et de clouer le bec de cette grand-mère envahissante. Mais comment assumer qu’on n’aime pas un membre de sa famille quand on a que 8 ans ?
Ce roman aborde une question rarement abordée avec les enfants, celle des conflits familiaux. Dans la famille d’Alfred, sa grand-mère est parvenue à imposer ses jugements sans que personne ne s’y oppose. Les parents d’Alfred étant souvent en déplacement, c’est à elle que revient la tâche de garder les enfants. Mais elle use et abuse de cette position et ne tarit pas de critique envers son petit fils ou ses parents. La révolte d’Alfred est celle que ses parents n’ont jamais osé mener des années durant contre cette personnalité toxique.
Si ces situations ont lieu dans beaucoup de familles, il est peu courant de rencontrer un tel franc-parler : Alfred ne se fait pas punir pour s’être opposé à sa grand-mère, il est normal de se rebeller contre une personne malfaisante, quel que soit son lien de parenté ou son statut. Ce court roman plaira aux jeunes lecteurs sensibles aux relations, parfois compliquées, entre les membres d’une même famille. Véritable plaidoyer pour la tolérance, il rappelle qu’il est parfois difficile d’aimer son prochain, même quand il est issu de la même lignée.

la fille qui avait deux ombresÉlisa, ne supporte plus sa grand-mère. Il faut dire que Rose se comporte comme un vrai chef de clan. Despotique, sans tendresse, elle ne rate pas une occasion de rappeler à sa fille et son beau-fils qu’ils vivent sous son toit avec leurs enfants et qu’ils doivent se plier à ses règles. Les parents d’Élisa se sont en effet installés dans le corps de ferme familial après avoir perdu leur emploi. La famille vivote, chacun cherche sa place, mais l’équilibre fragile est dangereusement menacé quand Élisa décide de se dresser contre le joug de la matriarche. En même temps, tout va de travers ces derniers temps : des objets changent de place mystérieusement, de vieilles lettres en italien refont surface, Rose prend des décisions délirantes… Il va falloir bien du courage à la jeune collégienne pour se confronter à la colère de sa grand-mère et découvrir quelles sont les blessures qu’elle a enfouies derrière son attitude de tyran domestique.
Dès les premières pages de ce roman, on s’installe, on se fait une place bien douillette, et on laisse la magie opérer. Ce roman est peuplé de personnages au magnétisme solaire, auprès desquels on se réfugie volontiers, comme Élisa le fait dans le grenier de la maison où elle s’est construit un petit théâtre. Les rapports humains sont décrits avec une finesse travaillée, mais jamais maniérée, à l’image des silences bienveillants entre Élisa et son père en tête à tête à la table du petit déjeuner, ou la protection distante qu’exerce son grand frère envers sa petite sœur au caractère entêté. Happé par cette famille, on embrasse également ses problèmes. Le mal-être d’Élisa résonne en chacun : elle souffre des non-dits qui accablent certaines familles, des rapports de force non résolus qui empoisonnent la vie familiale. La quête d’Élisa est comme une aventure intérieure dans une contrée méconnue et intime : celle de l’histoire de sa famille.
Le roman de Sigrid Baffert évoque la question des secrets de famille avec une grande subtilité. Il parle de transmission, de vieillesse, de la difficulté des rapports familiaux, d’amour, aussi… le tout dans une langue très imagée et dans un style aussi vif qu’intelligent. On quitte cette famille presque à regret au terme de la lecture. On aimerait prolonger les moments passés avec Jules, le grand-père, occupé à trouver la meilleure combinaison pour sa bière artisanale, on voudrait fouiner encore le grenier à la recherche d’un vieux chariot de Poste ou d’un buste de couture à remettre en état…
Un très joli texte qui allie humour, mystère, et surtout tendresse : une réussite !
Le même vu par Chez Clarabel et Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage de Clotilde Bernos (Ram et Lila) et de Sigrid Baffert (Halb, l’autre moitié).

Alors, Alfred ?
de Clotilde Bernos
Bulles de savon
7,50 €, 140 x 190 mm, 96 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.
La fille qui avait deux ombres
de Sigrid Baffaert
l’école des loisirs dans la collection Médium
15,80 €, 148 mm × 218 mm, 267 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

telle mere telle filleOn remplit les albums de naissance de nos bambins avec une attention de collectionneurs : « Ah, son premier sourire, et les premiers pas, son premier mot ! Qu’est-ce qu’elle était mignonne à cet âge-là ! » Les éditions Minus vous proposent de poursuivre l’expérience une fois vos enfants, en l’occurrence vos filles, devenues grandes. Pas toujours facile de garder de bons rapports mères-filles quand l’adolescence montre son nez ! Ce petit cahier a pour ambition de renouer le dialogue sous le signe de l’humour. Ce cahier à remplir à quatre mains revient sur les bons souvenirs (la maman se souvient du choix du prénom, de la naissance…), on compare ses enfances à une génération d’intervalle, on se dit des choses importantes (« ce que j’admire chez toi » contre « ce qui m’agace »), d’autres plus futiles. Lili Scratchy met son dessin pop au service d’un petit carnet qui déjoue les pièges du cliché. Le ton est toujours un peu décalé, à l’image de la liste des ressemblances à cocher par la mère « tu as le caractère du caniche de ta grand-mère, ou les pieds de ton père… ». On est loin de la vision un peu bête des fifilles qui prennent le vernis à ongles de leur maman ! Parfait pour passer entre mère et grande fille.
Telle mère, telle fille, de Lili ScratchyMinus éditions, collection Grand Minus, 2015.

Laura

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Des imagiers pleins de surprises

Par 7 mai 2015 Livres Jeunesse

chiffresEt 1 joli renard orangé, et 2 lapins tout roses ! Combien d’abeilles butinent la fleur ? Combien de pinces faut-il pour accrocher la jolie robe ?
Un énième imagier sur les chiffres ? Détrompez-vous ! Le travail de l’illustratrice finlandaise Aino-Maija Metsola est remarquable. Ses illustrations un peu rétro sont joliment mises en valeur par des couleurs profondes qui attirent immédiatement l’attention du plus jeune enfant. Fasciné, le lecteur adhère immédiatement aux activités proposées. Parce qu’en plus d’être un bel imagier, cet album cartonné propose une véritable expérience ludique autour des chiffres. L’enfant est invité à compter, à découvrir les petites images dissimulées derrière la vingtaine de volets que comprend ce livre solide, et surtout à parler. Tout est fait pour délier la langue des tout-petits qui décrivent naturellement ce qu’ils reconnaissent dans cet univers joyeux et haut en couleur !

Uncouleurse chaise, une baleine, de l’eau, un oiseau… qu’ils sont beaux, tous en bleus ! Mais il y a un intrus ! Une tomate, des cerises, un camion, des chaussures… qu’il est intense ce rouge ! Et un pissenlit ? C’est jaune ou c’est blanc ?
La gourmandise des couleurs utilisées et le petit jeu mis en place avec les volets cartonnés donnent envie d’en savoir plus, de dévorer toutes les notions qui grouillent dans ce bel album. Les questions posées ici et là poussent l’enfant à être bien attentif aux images qu’il voit : y a-t-il un intrus ? Un dessin rigolo à découvrir derrière un rabat ? Comme il y a beaucoup de choses à voir et à apprendre, les enfants ne se lasseront pas de tourner les pages colorées de cet imagier.
Les même vus pas Sous le feuillage

visitons la maisonDans une maison, il y a des papas, des mamans, des enfants… mais aussi des bruits, des objets, des animaux ! Il y a plusieurs façons de visiter la maison : on peut classer les objets par ordre alphabétique, jouer à cache-cache avec les lapins, les chats, les souris… ou pas ! On peut seulement se balader de page en page, au gré des images et des rencontres.
Cet album grand format du duo formé par Francesco Pittau et Bernadette Gervais détourne lui aussi l’imagier classique et joue sur l’interactivité. Dès la première double page, on découvre une façade d’immeuble traditionnel reproduite sur un transparent qui s’ouvre en deux rabats. Quatre choix s’offrent à nous, représentés par des fils de couleurs différentes : est-ce qu’on veut explorer la maison par ses bruits ? Simplement suivre l’alphabet ? Chasser les petits animaux qui s’y cachent ? Ou encore, rencontrer les familles qui y vivent, toutes réunies sur une planche de gommettes en cahier central, qu’il faut coller au fil de la visite ?
Le format est généreux, les illustrations ont un côté réaliste très plaisant, mais l’album est assez déroutant. Pittau et Gervais reprennent le dispositif qu’ils avaient utilisé pour nous faire visiter le jardin et le zoo, avec un grand fond noir qui met tant en valeur le détail des illustrations. Je suis cependant restée un peu sur ma faim concernant l’expérience proposée que je ne trouve pas très ludique. S’il était plutôt amusant de retrouver la forme des animaux du zoo et positionner les gommettes correspondantes, j’estime que ça fonctionne moins bien avec les membres de la famille. J’ai en revanche apprécié le « fil » de visite dédié aux bruits : il est vrai qu’on a tendance à oublier les nombreux bruits qui envahissent notre quotidien ! L’album incite à l’enfant à s’interroger sur l’univers qui lui est familier en le transformant en petit explorateur de la maison, dommage que le propos ne soit pas plus accessible.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Pittau et Gervais (Succulentes sucreriesImagier des saisons) et d’autres imagiers décalés.

Chiffres
de Aino-Maija Metsola
Gallimard Jeunesse dans la collection Petite Enfance.
12,90 €, 190 x 260 mm, 14 pages, imprimé en Chine
Couleurs
de Aino-Maija Metsola
Gallimard Jeunesse dans la collection Petite Enfance.
12,90 €, 190 x 260 mm, 14 pages, imprimé en Chine
Visitons la maison
de Francesco Pittau et Bernadette Gervais
Gallimard Jeunesse dans la collection hors série Giboulées.
23 €, 280 x 370 mm, 16 pages, imprimé en Chine

 À part ça ?

L’excellente émission La Fabrique de l’Histoire animée tous les matins par Emmanuel Laurentin sur France Culture s’est penchée sur les Albums du Père Castor, collection incontournable créée dans les années 1930 au sein des éditions Flammarion. Roule Galette, Michka, Marlaguette… quel enfant n’a jamais rencontré ces classiques ? En effet, l’histoire des Albums de Père Castor est aussi celle d’une littérature jeunesse accessible au plus grand nombre, de livres peu coûteux qui ne sont plus réservés à une élite, mais qui ont la vocation de répandre une certaine idée de l’éducation à toute la société. Dans les albums du Père Castor, un documentaire de Catherine Coppet et Anne Fleury, à réécouter sur le site de Radio France ou en podcast.

Laura

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C’est la famille !

Par 6 mars 2015 Livres Jeunesse

Et si l’on parlait de la famille ?

Coeur élastiqueUne famille, ça commence souvent par de l’amour. Deux êtres s’aiment, un enfant naît. Un enfant dont le prénom a été choisi avec amour. Un enfant qui sera parfois le portrait de ses parents… parfois totalement différent. Qu’il soit l’aîné ou l’un des suivants, il sera aimé tout autant… un cœur c’est élastique !
On parle des parents, des enfants, des grands-parents, des cousins et des cousines… dans Cœur élastique d’Anne-Claire Lévêque et Arianna Tamburini. On parle de la famille et du bonheur qu’elle procure. Alors bien sûr ici tout est positif, la famille c’est que de l’amour et des bons moments. C’est forcément un papa et une maman, des grands-parents encore en vie, des tonnes de cousins et plus tard « les petits devenus grands, ont à leur tour, des enfants ». Même si l’on peut regretter cette version très caricaturale de la famille, Cœur élastique reste un album plein de poésie (notamment grâce aux belles illustrations d’Arianna Tamburini) et de douceur.
Cœur élastique, pour rappeler que l’amour ne se divise pas.
Des extraits sur le site de l’éditeur et le même vu par Les lectures de Liyah.

9782246787259-X_0Un futur bébé et un futur grand frère s’écrivent. L’un, dans le ventre de sa mère, s’interroge sur le monde et dit sa hâte de rencontrer son aîné. L’autre, raconte sa vie pas toujours rose et explique qu’il se passe très bien de lui. L’un aime celui qu’il va rencontrer, espère qu’il sera son guide. L’autre a déjà peur de ne plus être le centre du monde.
Lettres à mon cher petit frère qui n’est pas encore né est un album épistolaire plein d’humour et de tendresse. Avec beaucoup d’originalité, Frédéric Kessler parle de la crainte des aîné-e-s en voyant arriver les petits frères et les petites sœurs et de la fascination qu’éprouvent ces dernier-e-s pour leurs aîné-e-s. Bien entendu, la rencontre sera belle, le grand finalement pas si mécontent. Le texte est illustré par des dessins aux allures rétro.
Un très bel album sur l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur.

SOEURS MODE D EMPLOIUne sœur, ce n’est pas évident à comprendre, heureusement voici un guide pour vous aider ! Vous y apprendrez qu’une petite sœur c’est souvent bruyant et que ça mord parfois. Vous saurez comment les bloquer pour pouvoir les chatouiller (et où les parquer quand y’en a marre). Vous allez apprendre que ça fait beaucoup de bêtises… mais qu’au fond ce n’est pas si nul.
Sorti en Angleterre sous le titre A Guide to Sisters, voici que sort en France Sœurs mode d’emploi traduit par Aliyah et la pétillante Susie Morgenstern. C’est drôle et tendre, piquant et poétique. On parle autant des agacements que des moments de complicité. Les illustrations ont également ce côté tendresse sans mièvrerie.
Un super guide pour comprendre les sœurs et savoir comment s’en servir.
Le même vu par Enfantipages.

Raconte encore grand-mère !Depuis que son grand-père est parti, sa grand-mère habite avec eux. Parfois, elle entend ses parents dire que sa grand-mère ne sourit plus, qu’elle est devenue vieille, elle, elle sait que c’est faux. Elle la voit rire et faire des farces comme quand par exemple elle fait semblant de ne plus la reconnaître. Elle écoute ses histoires en sachant que même le jour où elle ne sera plus là, elle sera encore dans sa tête.
Raconte encore grand-mère ! est un très bel album sur les grands-parents, sur la relation entre eux et leurs petits-enfants, sur la transmission. L’histoire n’a rien d’original, elle nous a même été racontée très souvent, mais les mots de Marido Viale nous touchent et les illustrations de Xavière Broncard sont superbes.
Un album qui nous donne envie de demander encore et encore à nos grands-mères de nous raconter des histoires, leur histoire.
À noter : le livre existe aussi en arabe.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

RéunisSon papa ne rentre pas très souvent à la maison. Il construit de grands immeubles, loin. Une fois par an il est avec eux, au moment du Nouvel An… et c’est aujourd’hui.
C’est encore un très bel album que nous proposent les éditions HongFei. Un album extrêmement poétique et plein de tendresse sur la relation entre une petite fille et son père qu’elle ne voit pas souvent. L’histoire se passe en Chine, mais elle pourrait se passer en France, le papa pourrait être tout simplement marin, militaire ou prisonnier. On parle ici aussi de la transmission, du bonheur d’être ensemble, de l’amour, de la famille. On parle aussi du Nouvel An chinois et des traditions qui l’accompagnent.
Un album plein de tendresse sur la joie d’être réunis.
À noter : l’album original a été désigné « meilleur album » par un prestigieux prix chinois.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Anne-Claire Lévêque (La pluie et le beau temps et Le p’tit déjeuner), d’Arianna Tamburini (Mon alphabet zinzin des animaux du zoo, Marguerite, la vache jongleuse, Alain, le lapin magicien, Hector l’éléphant funambule et Ernesto le coq acrobate) et Frédéric Kessler (Le doudou-qui-parle et L’album de famille). Retrouvez aussi notre interview d’Arianna Tamburini.

Cœur élastique
Texte d’Anne-Claire Lévêque, illustré par Arianna Tamburini
Les Éditions du Ricochet dans la collection Les canoës du ricochet
11 €, 225×225 mm, 30 pages, imprimé en Pologne, 2014.
Lettres à mon cher petit frère qui n’est pas encore né
Texte de Frédéric Kessler, illustré par Alain Pilon
Grasset Jeunesse
13,90 €, 210×175 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Sœurs mode d’emploi
de Paula Metcalf et Suzanne Barton (traduit par Aliyah et Susie Morgenstern)
De la Martinière Jeunesse
12,90 €, 240×275 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Raconte encore grand-mère !
Texte de Marido Viale, illustré par Xavière Broncard
Samir
11 €, 190×260 mm, 36 pages, imprimé au Liban, 2014.
Réunis
Texte de Yu Liqiong (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Zhu Chengliang
HongFei dans la collection Vent d’Asie
14,50 €, 258×290 mm, 35 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

À part ça ?

Les 10 Bienfaits de la Lecture : Pourquoi Vous Devriez Lire Tous les Jours.

Gabriel

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Histoires d’ours

Par 10 février 2015 Livres Jeunesse

coda petit ours blancBlancs comme la neige, Coda et sa mère, deux ours polaires, sont presque invisibles. Heureusement, parce que le chasseur rôde… Malheureusement, leur museau noir va les trahir… Réussiront-ils à échapper à Boba ?
Que de douceur dans cet album ! Rury Lee nous emmène dans le froid polaire, sur les traces de ces grands et majestueux animaux menacés. Grâce aux illustrations d’Emanuele Bertossi, on se croit vraiment en pleine tempête de neige, et on ressent tout l’amour de la mère ourse pour son petit, qu’elle tente de protéger à tout prix.
Une belle histoire pleine de tendresse et d’émotion, pour se souvenir que la nature est fragile, face à l’horreur humaine…
Vous pouvez feuilleter quelques pages de cet album sur le site des éditions Circonflexe.

L'enfant qui avait oublié sa peurApeuré, un enfant marche sans s’arrêter pour oublier sa détresse. Il avance sans but, et a peur que son cœur ne tombe en miettes s’il s’arrête. Lorsqu’il se retrouve nez à nez avec un gros ours à la fourrure épaisse, il n’a pas d’autre choix que de s’arrêter. Ils vont se confier l’un à l’autre, et avancer ensemble. Dorénavant, ils pourront compter l’un sur l’autre.
Nathalie Wyss nous livre un conte de saison, au cœur de la forêt enneigée, plein d’espoir et de douceur, pour apprivoiser ses peurs. Les illustrations de Béatrice Boutignon sont très délicates, tendres et chaleureuses.
Un bel album, pour apprendre qu’à deux, on est plus fort !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Nathalie Wyss (L’œil du tigre) et Béatrice Boutignon (Tous les animaux ne sont pas bleus et Tango a deux papas et pourquoi pas ?).

Coda, petit ours blanc
Texte de Rury Lee, illustré par Emanuele Bertossi
Circonflexe
13 €, 245 x 285 mm, 42 pages, imprimé en Chine, 2015.
L’enfant qui avait oublié sa peur
Texte de Nathalie Wyss, illustré par Béatrice Boutignon
Le baron perché
16 €, 250 x 285 mm, 32 pages, imprimé où, 2015.

À part ça ?

Sonja Hinrichsen a demandé à 60 personnes de faire des traces dans la neige, pour former une œuvre d’art !

Marianne

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