Roumanie ou Inde, les contes sont partout !

Aujourd’hui, je vous présente deux très beaux contes !

les trois soeurs du roi méchantUn roi avait trois filles. L’un d’elle ne parlait pas, la seconde n’entendait pas et la dernière ne voyait pas. Puis vint un fils. Un fils parfait. Il ne devra pas vivre au contact de ses sœurs, des fois que leurs défauts soient contagieux. Un jour, il reprend le trône familial, et dirige le pays avec colère… Mais peut-être que ses sœurs, cachées jusque là, pourraient un jour lui être d’un grand secours.

Conte roumain de Marianna Galeana, Les 3 sœurs du roi méchant est le seul qu’elle ait transmis en version écrite. Tous les ingrédients du conte traditionnel sont réunis : un royaume, un pauvre roi, un prince cupide, une forêt, des aventures, des éléments fantastiques,… Et même une morale en filigrane : on peut toujours avoir besoin d’autrui ! Contée par Maureen Dor que l’on peut écouter grâce au CD fourni avec le livre, joliment illustrée sur du papier qui sent bon par Stéphane Girel, cette histoire nous fait voyager. On retrouve également une chanson en lien avec l’histoire !

les mésaventures du gourou paramartaComment se procurer un cheval ? C’est la question que se posent Paramatra, un gourou brahmane et ses élèves (Nigaud, Bêta, Nunuche, Zozo et Nouille, ça veut tout dire n’est-ce pas ?) Chacun y va donc de ses hypothèses et de ses idées, plus farfelues les unes que les autres !

Le gourou de Paramarta est en fait un recueil de contes tamoules, reliés entre eux par cette histoire de cheval. Écrits au dix-septième siècle par Viramamunivar, et traduits dans cette version par Françoise de Valence, ces contes sont drôles, pleins de malice et de sagesse. Il y a beaucoup de texte, mais les enfants qui ne savent pas lire prendront tout de même du plaisir à écouter ces histoires d’un autre temps et d’un autre lieu. Les illustrations à l’aquarelle de Lydia Gaudin Chakrabarty sont très belles et accompagnent avec poésie ces aventures ! Un joli livre, avec du papier de qualité et un format presque carré, pour s’évader !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Maureen Dor (Pauvre Stupidon, Moi, super moi, Le rêve de l’arbre, Rita la féroce fée rousse et Quelle chatastrophe !)

Les 3 sœurs du roi méchant
Texte de Marianna Galanea, conté par Maureen Dor, et illustré par Stéphane Girel
Éditions Clochette dans la collection Les Classimots
14,95 €, 210 x 255 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne, 2013
Le gourou de Pamarta
Texte de Viramamunivar (traduit par Françoise de Valence) et illustré par Lydia Gaudin Chakrabarty
Chandeigne
16 €, 190 x 180 mm, 128 pages, imprimé au Portugal, 2013

A part ça ?

Les cerisiers japonais en fleurs sont magnifiques !

Marianne

 

Brrr… Il fait frisquet par ici !

Aujourd’hui, je vous présente deux albums à lire bien au chaud… Tempête de neige prévue sur La Mare !

anokiAnoki est un petit pêcheur inuit. Il pêche un petit poisson rouge, et s’en retourne, tout guilleret, en direction de l’igloo familial. Mais il attire les convoitises… Un pingouin, un phoque, un renard, un ours, tous sont alléchés par ce poisson frais ! Le retour n’est donc pas de tout repos, loin de là ! Et quel accueil une fois arrivé ! C’est à se demander si toutes ces péripéties en valaient la peine…

Pauvre Anoki, on lui témoigne bien peu de reconnaissance alors qu’il se donne du mal, croyez-moi ! Moi je l’aime bien ce petit bonhomme au manteau bleu et aux joues rougies par le froid, et je comprends qu’il soit un peu désespéré ! Et en même temps, il a réussi à me faire sourire ! Je pense que c’est grâce aux très belles illustrations d’Emmanuelle Eeckhout qui rendent les personnages et les animaux si expressifs avec finalement peu de détails. Le texte de Jean Leroy est court, mais va droit au but, en toute simplicité ! Voici un album sans chichis pour voyager au pays des inuits sans risquer de s’enrhumer !

Joyeuse neigeUn soir, la neige se met à tomber. Archi la regarde un peu tomber, puis raisonnable, il décide d’aller se coucher. Mais c’est difficile de s’endormir quand on sait qu’il neige dehors ! Il pense à tout ce qu’il pourrait y faire, et se relève plusieurs fois pour apercevoir la nature se couvrir de blanc, à travers ses volets. Il est tout excité et le sommeil tarde à arriver… Et le lendemain, le soleil semble de retour… Déjà… Archi est déçu ! Mais rassurez-vous, il profitera quand même des joies de la neige dont il a tant rêvé !

Joyeuse neige ! est un album dans lequel je me suis retrouvée : habitant dans une région où les épisodes neigeux sont rares, j’avais (et c’est toujours vrai aujourd’hui) tendance à vouloir regarder la neige tomber toute la nuit, pour suivre sa progression, évaluer jusqu’où elle monterait, écouter le silence,… Dur dur de se calmer dans ces cas-là ! Martine Laffon retranscrit bien cette excitation d’enfant qui fait que l’on a à la fois envie de dormir très vite pour arriver plus vite au lendemain, et l’esprit occupé par plein de choses et de projets ! Et on retrouve les joies de la neige et des moments simples de l’enfance ! C’est doux, et Chloé du Colombier propose des illustrations originales, principalement bleues, blanches, noires et jaunes qui nous plongent dans cette délicieuse ambiance hivernale ! Décidément, l’hiver dans les livres n’a rien de glacial !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jean Leroy (Canaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteur, Canaille n’aime pas la soupeSi j’étais un oiseau… et Papy), Martine Laffon (Katsi gardons le sourire) et Emmanuelle Eeckhout (Mouztik).

Anoki
Texte de Jean Leroy, illustré par Emmanuelle Eeckhout
Pastel
11,50 €, 246 x 176 mm, 26 pages, imprimé en Italie, 2013
Joyeuse Neige !
Texte de Martine Laffon, illustré par Chloé du Colombier
Les éditions du Ricochet
13,70 €, 260 x 260 mm, 36 pages, imprimé en Pologne, 2013

A part ça ?

Et pour terminer dans le thème de la neige, je vous propose d’admirer les photos de flocons d’Alexey Kljatov !

Marianne

 

Parler de sujets graves

Deux époques, deux sujets graves, deux albums pour en parler avec les enfants, même grands. Deux coups de cœur !

Je suis un papillonUn papillon éphémère ne vit qu’une journée. Il estime avoir de la chance puisqu’il va la passer avec les Hoffmann qui sont tous réunis au jardin pour un repas familial. Il y a notamment Clara, avec ses deux nœuds dans les cheveux. Des enfants qui courent, des saucisses grillées, un air d’accordéon, une sieste dans la chaise longue,… Le temps s’écoule paisiblement, et chacun profite de cette belle journée. Et soudain, l’ambiance change radicalement… Des hommes en costume beige, brassard rouge et cheveux rasés, font irruption dans le jardin. La musique cesse, tout le monde baisse la tête et le papillon assiste à de violentes scènes : le mobilier vole, les coups aussi… Seule la petite Clara réussira à désarmer, avec sa candeur, ces hommes violents.

Alors que l’histoire démarre de la manière la plus paisible qu’il soit et que l’on s’attend à un délicieux récit de repas de famille, plein de détails savoureux qui nous plongent complètement dans l’ambiance, la rupture est brutale. Aussi brutale que la détermination de ces soldats nazis qui viennent semer la terreur, affoler tout le monde, et dessiner une étoile sur le portail bleu… Racontée du point de vue d’un papillon, pour apporter à la fois recul, légèreté et gravité (oui, c’est possible de mélanger les deux), cette histoire m’a beaucoup émue. Vincent Cuvellier choisit ses mots avec justesse, il n’en dit ni trop ni trop peu pour que chacun se figure à son niveau les événements. C’est fort ! Les illustrations de Sandrine Martin sont quant à elles parfaitement adaptées à l’ambiance, à la fois simples, vivantes et détaillées. C’est un album original, qui s’intéresse à un sujet difficile abordé sous un angle différent et qui fait monter les larmes aux yeux.

paris-paradisMoussa part pour Paris-Paradis, capitale de la France ainsi surnommée pour l’eldorado qu’elle représente pour le jeune homme et ses compagnons de galère. Il devra pour cela traverser des villages, parcourir des pistes et des déserts. Plusieurs véhicules pour rejoindre la côte, puis le paiement de l’accès à la pirogue avec toutes ses économies et enfin, la traversée, si dangereuse, avec les vagues, les enfants qui pleurent, et les passagers qui ne savent pas nager. A l’approche des côtes françaises, ils sont remorqués, puis Moussa rencontre Chloé…

Malheureusement très tristement d’actualité, Paris-Paradis deuxième partie (le premier tome racontait la prise de décision du jeune garçon de quitter l’Afrique, mais on lit sans problème les albums de manière indépendante), raconte l’épopée de ces centaines de personnes qui chaque jour tentent d’arriver en France, dans des conditions souvent très difficiles. Rien n’est épargné : l’épuisement, la trahison de certaines rencontres qu’il croit d’abord bienfaisantes, la fragilité de la pirogue, la peur des autorités, et les premiers pas sur le sol français… Didier Jean et Zad, comme à leur habitude, savent traiter des sujets les plus graves, avec émotion et justesse, mais sans pathos. Le texte est très poétique, très fort, et les illustrations de Bénédicte Nemo simplement magnifiques. On ressent la force de Moussa, mais aussi la force des éléments, et la dureté de l’épreuve. C’est beau, ça me donne envie de lire rapidement le premier tome en attendant de découvrir un jour le troisième, qui est prévu.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Vincent Cuvellier (Les socquettes blanches, La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Emile se déguise), et de Didier Jean et Zad (Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman et Les Artichauts).

Je suis un papillon
Texte de Vincent Cuvellier, illustré par Sandrine Martin
Gallimard Jeunesse Giboulées
12,50 €, 215 x 255 mm, 24 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Paris-Paradis, deuxième partie
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Bénédicte Nemo
2 Vives Voix dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France sur papier issu de forêts durablement gérées, à l’aide d’encres végétales, 2013

A part ça ?

Mercredi dernier Gabriel a présenté sa première chronique radio dans l’émission Écoute ! il y a un éléphant dans le jardin, sur Aligre FM. Retrouvez bientôt l’émission en intégralité en suivant ce lien, et écoutez dès à présent la chronique grâce à l’onglet dédié sur le blog.

Marianne

Acheter des souvenirs et jouer au foot avec un robot… Au-delà du réel !

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires fantastiques !

le marchand de souvenirsUn nouveau magasin vient d’ouvrir près de chez Antoine. Un magasin de souvenirs. Vous pensez immédiatement aux aimants de lieux touristiques, aux nappes provençales et aux boules à neige ? Raté ! Ce marchand propose réellement des souvenirs, pour vous permettre de vivre des moments que vous n’avez pas vécus. Alors Antoine choisit, d’abord sceptique, des souvenirs de vacances à la plage où sa mère ne l’emmène jamais. Puis de son père, qu’il n’a jamais connu… Jusqu’où le mèneront ces morceaux de vie rêvée ?

Fou n’est-ce pas ? Mais tellement fort ! En une soixantaine de pages Ghislaine Biondi nous plonge dans une très belle histoire, pleine de poésie et d’émotion. Cette idée de marchands de souvenirs est vraiment une belle manière de mettre en scène les rêves les plus fous du petit garçon, et de sa maman, duo fort mais sensible. Et en même temps, voilà un récit qui pose de nombreuses questions sur les liens familiaux, la famille monoparentale, et surtout le pouvoir de l’imagination ! Et vous, qu’iriez-vous chercher dans un magasin de souvenirs ?

zqwick le robotTitus est d’humeur maussade. Il démarre l’année scolaire sans Pacôme, son meilleur ami, qui a déménagé, et sa nouvelle maîtresse n’est pas des plus aimables. Papyrus, son grand-père, lui fabrique alors un petit androïde, Zqwick, prévu au départ pour rendre de menus services. Titus s’y attache immédiatement, mais se rend compte rapidement que le robot ne partage pas vraiment ses centres d’intérêt. Alors, il lui apprend patiemment à jouer au foot, aux cartes, ou bien à voler, pour que ce soit un peu plus drôle. Alors quand Pacôme revient pour les vacances, les deux garçons s’amusent beaucoup de leur compagnon technologique. Jusqu’au moment où la machine s’enraye… Les deux garçons trouvent alors de nouvelles occupations, et se rendent compte que finalement, une machine ne peut jamais remplacer tout à fait un véritable ami !

Thème classique des histoires fantastiques, le lien entre les humains et les machines de plus en plus sophistiquées est abordé en profondeur par Isabelle Jarry, qui nous présente une forte histoire d’amitié. Zqwick est attachant, et Titus, qui se sent abandonné par son ami, s’en remet à cette machine, qui plus est offerte par son grand-père, avant de prendre conscience que ça ne fait pas tout ! Zqwick le robot est un beau roman (avec quelques jolies illustrations colorés d’Aurore Callias) plein de malice, qui devrait ravir les jeunes lecteurs amateurs d’inventions et de technologie !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Ghislaine Biondi : Amaia cherche une grand-mère.

Le marchand de souvenirs
de Ghislaine Biondi
Oskar
6,95 €, 115 x 170 mm, 59 pages, imprimé en Europe, 2013
Zqwick le robot
Texte d’Isabelle Jarry, illustré par Aurore Callias
Gallimard Jeunesse Giboulées
15 €, 155 x 218 mm, 126 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

Un petit site animé très bien fait pour découvrir les œuvres du musée d’Orsay ? C’est 1 minute au musée, c’est drôle et instructif !

Marianne

 

Des aventures au bord de mer ou à la ferme !

A la plage ou à la ferme, voici deux romans pour jeunes lecteurs autonomes !

le dragon dans les dunesTim et Tom sont jumeaux. En promenade avec leur père sur la plage, au milieu des bunkers vestiges de la seconde guerre mondiale. Les deux garçons s’entendent bien, mais on sent tout de même poindre une certaine rivalité. Alors quand Tim qui courait devant, revient sur ses pas blanc comme un linge, apeuré après ce qu’il vient de voir, Tom ne le croit qu’à moitié mais se demande tout de même ce qui a bien pu mettre son frère dans cet état-là…

Quel étrange roman ! Les deux frères racontent tour à tour (un chapitre sur deux) leur version des faits, avec leur caractère et leur personnalité. Olivier de Solminihac mêle l’histoire de cette balade familiale à l’Histoire avec un grand H. Il dresse également un portrait plutôt émouvant de ce trio composé des jumeaux et de leur père. Les illustrations de Claire Braud ponctuent le récit et donne vie à cette promenade inquiétante. C’est assez mystérieux, parfois étrange même et un peu dérangeant mais on est tenu en haleine jusqu’à découvrir en même temps que le trio ce qui a tant effrayé Tom…

le poulet fermierDouglas est le fils d’Archibald Dumordu, un fermier qui vient de décéder. Dans la famille, c’est une tradition, tout le monde exerce ce métier. Mais Douglas n’y connaît rien et n’a aucun talent dans le domaine. Le tracteur, il ne sait pas le conduire. Les vaches, il ne sait pas les traire. Et les légumes, il ne sait pas les planter. C’est un peu la catastrophe et c’est bien dommage parce qu’il rêve d’épouser Miranda, la fille de Monsieur Tropenjus, qui rêve certainement mieux pour elle… Mais sa rencontre avec Ernest, un poulet fantastique, va tout changer. En effet le volatile est bien décidé à aider Douglas à redresser la barre !

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce roman d’Agnès Desarthe, plein de malice et de fantaisie. On s’attache très vite aux personnages, hommes ou animaux, de cette histoire drôle et vivante. Anaïs Vaugelade signe des illustrations vivantes et colorées qui illustrent le quotidien de la ferme, sans gêner la lecture. Quelle équipe forment Ernest et Douglas ! Un roman aux allures de conte moderne, qui m’a séduite !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Agnès Desarthe,  Mission impossible, illustré par Anaïs Vaugelade.

Le dragon dans les dunes
Texte d‘Olivier de Solminihac, illustré par Claire Braud
L’école des loisirs dans la collection Mouche
9,50 €, 125×190 mm, 102 pages, imprimé en France, 2013
Le poulet fermier
Texte d’Agnès Desarthe illustré par Anäis Vaugelade
L’école des loisirs dans la collection Mouche
8,50 €, 125 x 190 mm, 83 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

Jusqu’au 30 Novembre, les dragons prennent d’assaut la forteresse de Chinon ! De quoi ravir les amateurs de ces bêtes cracheuses de feu ! Plus d’informations ici.

Marianne