La mare aux mots
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Féminisme

Des histoires de gros bras et de luttes des classes ! [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 18 juin 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on fait la connaissance d’héroïnes féministes pleines d’énergie et bien décidées à renverser l’ordre établi avec Les gros bras de Polka d’Emilie Gleason et Zette et Zotte à l’uzine d’Elsa Valentin et Fabienne Cinquin !

Il était une fois un couple de danseur·euse·s fou amoureux·euses. Si amoureux qu’ils finissent par avoir un bébé : Polka. Polka est une petite fille pleine d’entrain (un peu trop même), joyeuse et heureuse de vivre… avec une particularité : Polka a des gros bras… DES TRÈS GROS BRAS. À tel point qu’à l’école, tout le monde se moque d’elle. Des biceps pareils, pour une fille de son âge… Ça n’a pas de sens ! Alors Polka se renferme, devient morose et triste. Jusqu’au jour où, alors qu’elle regarde la télébison avec ses parents, la petite fille entend qu’un groupe de castors est menacé ; ni une ni deux, la petite fille décide de se remonter les manches et de leur venir en aide !
Les gros bras de Polka est un album féministe très drôle. Emilie Gleason nous parle, à travers l’exemple de Polka, de l’importance (et de la difficulté) de s’accepter tel·le que l’on est, dans une société où les clichés existent encore. Car ce qui dérange, c’est que la petite fille a de gros bras (un attribut que l’on associe plus naturellement à un garçon). Polka chamboule malgré elle l’ordre établi : les garçons doivent être costauds et forts, les filles douces et fragiles. À travers cette histoire pleine d’humour (l’autrice joue avec les mots : Polka regarde la « télébison », enfourche son « vélo-ciraptor ») Emilie Gleason propose un album positif sur la nécessite de se détacher du regard des autres et de vivre sa vie comme on l’entend. Au fur et à mesure de ce récit initiatique burlesque, Polka va découvrir que ses gros bras peuvent être une force. Les illustrations vives et colorées accompagnent à merveille cette drôle d’histoire. Chaque page révèle une nouvelle surprise, langagière ou narrative. Résultat : c’est drôle, bien construit, fourmillant de détails, de malice et d’intelligence !
Un drôle de petit album pop qui déconstruit les clichés !

Zette et Zotte sont sœurettes et travaille à l’uzine où elles fabriquent des zabits de louxe. Pour cette besogne, elles ne sont payées que des miettes et quelques légumes. Si Zette trouve cela scandaleux et est prête à faire la grave généreule et la manifle, Zotte préfère quant à elle faire des zeurs-sop pour gagner plus de beurre dans les zépinards… Un matin, le trapron décide que les zouvrilleuses lui coûtent trop cher ! Désormais elles ne seront payées que des épluchures ! C’en est trop pour Zette et ses copines qui décident de monter au créneau et de faire la révoluture !
Avec Zette et Zotte à l’uzine, Elsa Valentin et Fabienne Cinquin nous content l’histoire d’un conflit social avec beaucoup d’humour et d’intelligence ! La langue d’Elsa Valentin est poétique et imagée : elle joue sur les sonorités « Zette/Zotte/Zabits », détricote et reconstruit de nouveaux mots : la grève générale devient la grave généreule, la révolution devient la révoluture… L’album se lit à haute voix pour savourer encore plus ces jeux de mots ! Mais derrière cet aspect ludique, Elsa Valentin nous parle de problématiques actuelles : les délocalisations d’usines, le sort des ouvriers laissés pour compte. L’album se veut résolument optimiste et joyeux. Les illustrations nous plongent dans un monde coloré, solidaire, où, seul le collectif permet de s’en sortir ! Fabienne Cinquin joue sur les motifs, les coloris, les matières et multiplie les techniques : encre de Chine, collage de papiers unis comme à motifs, aquarelles… À travers l’exemple de Zette et Zotte, Elsa Valentin nous montre les tensions qui peuvent exister durant ces conflits (même si tout se termine bien !). Véritable ode à la sororité (et fraternité), à la cohésion de groupe et à l’autogestion, Zette et Zotte à l’uzine est une fable moderne qui nous montre qu’avec beaucoup d’imagination, de l’utopie, de la révolte et des ami·e·s… on peut encore changer les choses… et ça fait du bien !
Un véritable coup de cœur, drôle et politique ! On en redemande !

Les gros bras de Polka
d’Emilie Gleason
Biscoto
14 €, 146×236 mm, 48 pages, imprimé en France, 2018.
Zette et Zotte à l’uzine
Texte d’Elsa Valentin, illustré par Fabienne Cinquin
L’atelier du poisson soluble
16 €, 200×297 mm, 48 pages, imprimé en République tchèque, 2018.

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Des jeunes filles engagées!

Par 1 mai 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux romans engagés qui nous content les combats de deux jeunes filles pour l’égalité à deux époques différentes : Paris en 1885, 15 ans après la Commune où Séraphine tente de s’émanciper et de vivre libre, puis l’on plonge dans le quotidien de Starr, l’héroïne de The hate U Give, une jeune fille noire du début du XXIe siècle qui se bat contre la ségrégation raciale et la ghettoïsation des noir·e·s américain·e·s

Séraphine
de Marie Desplechin
L’école des loisirs
6,80 €, 126×189 mm, 256 pages, imprimé en France, 2018.
The Hate U Give
de Angie Thomas (traduit par Nathalie Bru)
Nathan
17,95 €, 155×2250 mm, 494 pages, imprimé en France, 2018.

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Demandez des contes ! [article en libre accès]

Par 20 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux pépites pour accompagner vos soirées d’automne au coin du feu : le conte féministe Anna qui chante de Sonia Paoloni et Eloïse Rey et le formidable Le petit poucet c’est moi… Régalez-vous !

Il était une fois un drôle de pays : le Pays des Sept Collines. Dans cette contrée éloignée, vivaient un roi et sa fille, Judith, surnommée par les habitant·e·s du royaume « Judith la Triste ». Un roi méchant, tyrannique qui la gardait enfermée. Si Judith avait droit à une éducation hors pair, musique, langues étrangères, calcul et dissection, elle s’ennuyait ferme toute seule… Alors le roi eut une idée de génie : kidnapper des petites filles pour que Judith ait des amies… Seulement, au milieu de ces petites filles, il y en avait une particulière : Anna…
Anna qui chante est un album féministe et poétique. Sonia Paolini nous propose une histoire drôle et révoltée. L’autrice suit les codes classiques du conte : un pays lointain, un roi odieux, une princesse enfermée promise à un prince… Sauf que contrairement aux contes classiques, la Princesse Judith ne se mariera pas à un Prince, et que les jeunes filles se rebellent contre le patriarcat. Grâce à « Anna qui chante » « Judith qui pleure » va oser s’exprimer face au Roi et prendre son destin en main. Le chant d’Anna est un chant de colère, qui parle aux cœurs des jeunes filles désobéissantes et insoumises. C’est un chant de soulèvement, d’émeute. Les illustrations d’Eloise Rey accompagnent magnifiquement ce très beau texte. Oniriques et éclatantes, d’un style symbolique, elles nous plongent dans un univers ensoleillé où la sororité est la première des qualités. Graphiquement, l’album est somptueux et l’on suit la mélopée d’Anna avec ravissement – on la murmure presque… –
Un très bel album, coup de cœur, féministe et engagé !

Des années après avoir volé les bottes de sept lieux et échappé à l’Ogre, le Petit Poucet reçoit une drôle de lettre « Petit Poucet, tu seras sans doute surpris de recevoir cette lettre. Depuis que j’ai voulu vous manger, tes frères et toi, il est vrai que je n’ai pas beaucoup donné de nouvelles. » À partir de là, une correspondance s’établit entre le Petit Poucet et l’Ogre. Une correspondance passionnante, étonnante et drôle, où l’on découvre le quotidien de notre Petit Poucet (pas si drôle) et les envies d’écrivain de l’Ogre…
Quel album incroyable ! Christophe Mauri et Marie Caudry nous offrent ici un album fantastique. L’idée de départ est géniale : écrire une suite au Petit Poucet (et quelle suite). Sous forme épistolaire, on découvre le quotidien des deux protagonistes : le Petit Poucet est toujours le vilain petit canard de sa famille, tandis que l’Ogre souffre de rhumatisme, de vieillesse… Il adorerait recevoir son correspondant à manger chez lui… Sauf que tout n’est pas si facile : un Ogre peut-il inviter un Petit Poucet pour dîner sans avoir envie d’en faire son plat principal ? (Vous avez 4 heures). L’histoire est à la fois hilarante, émouvante et pose des questions morales et éthiques : notamment lorsque l’Ogre décide de se lancer dans l’écriture de conte de fée (que vous reconnaîtrez, j’en suis sûre) et qu’il se fait emporter dans l’industrie du divertissement. Marie Caudry illustre à merveille ce bel album : on a l’impression d’ouvrir un livre de conte du XIXe siècle : tant dans le trait que dans la forme. On passe du temps à admirer ces belles scènes qui sont parfois sur double-page !
Un superbe album, à lire sans modération ! Un vrai coup de cœur.

Anna qui chante
Texte de Sonia Paolini, illustré par Eloïse Rey
Biscoto
18 €, 227×317 mm, 66 pages, imprimé en France, 2017
Le Petit Poucet c’est moi
Texte de Christophe Mauri, illustré par Marie Caudry
Casterman
14,95 €, 195×254 mm, 124 pages, imprimé en France, 2017.

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Des pantoufles velues et une grosse bête poilue

Par 2 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux histoires pleines de surprises ! La première dépoussière sérieusement le conte de Cendrillon, et la seconde nous présente une mystérieuse petite bête tapie au fond d’une grotte.

Cendrillon et la pantoufle velue
Texte de Davide Cali, illustré par Raphaëlle Barbanègre
Talents Hauts
15 €, 250×250 mm, 32 pages, imprimé en République tchèque, 2017.
Gros loup et la petite bête
de Rob Hodgson
Belin Jeunesse
12,90 €, 240×280 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.

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Héroïnes de BD

Par 15 septembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vais vous présenter des filles et des femmes qui tiennent le premier rôle dans des bandes dessinées. BD de filles ? Certainement pas ! BD AVEC des filles !

Bergères Guerrières – T1
Scénario de Jonathan Garnier, dessins d’Amélie Fléchais
Glénat dans la collection Tchô ! L’aventure…
14,95 €, 240×320 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Momo – T2
Scénario de Jonathan Garnier, dessins de Rony Hotin
Casterman
16 €, 226×305 mm, 83 pages, imprimé en France, 2017.
Hey Jude !
de Sandrine Revel
Casterman
14 €, 300×226 mm, 64 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 11 ans
de Riad Sattouf
Allary Éditions
16,90 €, 248×309 mm, 54 pages, imprimé en France, 2017.
Rose 2/3
Scénario de Valérie Vernay, dessins d’Émilie Alibert et Denis Lapière
Dupuis
12 €, 212×292 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Irena – 2/3 – Les Justes
Scénario de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël, dessins de David Evrard
Glénat dans la collection Tchô ! Przygoda
14,95 €, 240×320 mm, 72 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Marzi – T7 – Nouvelle vague
Scénario de Marzena Sowa, dessins de Sylvain Savoia
Dupuis
12 €, 219×301 mm, 56 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Cléopâtre princesse de l’espace – 1. La prophétie des étoiles
de Mike Maihack (traduit par Marion Roman)
Grafiteen
14,90 €, 185×255 mm, 173 pages, imprimé en Italie, 2017.
Le monde de Zhou Zhou – Tome 1
Scénario de Bayue Chang’an (traduit par Julien Nénault), dessins de Golo Zhao
Casterman
17 €, 224×303 mm, 104 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Zorglub – Tome 1 – La fille du Z
de Jose Luis Munuera
Dupuis
10,95 €, 212×292 mm, 64 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Tamara – T15 – #Grosse
Scénario de Zidrou et Lou, dessins de Darasse
Dupuis
10,95 €, 212×292 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
En chemin elle rencontre… – T3 – Les artistes se mobilisent pour l’égalité femme-homme
Collectif
Des ronds dans l’O
18,80 €, 228×297 mm, 84 pages, imprimé en France, 2013.

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