La mare aux mots
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Fleur de Ville

Encore des livres cartonnés !

Par 3 novembre 2016 Livres Jeunesse

Suite de la chronique de lundi, voici encore quelques livres cartonnés qui nous ont particulièrement séduits.

Mes premiers livres de bébé
d’Émile Jadoul
Casterman
14,95 €, 133×253 mm, imprimé en Chine, 2016.
Baby Box
d’Ingela P Arrhenius
Marcel & Joachim
19,90 €, 223×225 mm, imprimé en Chine, 2016.
Fine & Waf – À table petits gourmands et Fine & Waf – Au bain petits nageurs
Textes de France Quatromme, illustrés par Rozenn Bothuon
Fleur de ville dans la collection Fine & Waf
9,90 € chacun, 150×150 mm, 24 pages chacun, imprimé en Pologne, 2016.
Mölang va se coucher, Mölang et les saisons, Mölang se déguise et Mölang a un nouvel ami
Textes de Marie Manand, illustrations tirée de l’œuvre de Hye-Ji Yoon
Père Castor dans la collection Mölang
6 € chacun, 160×190 mm, 12 pages chacun, imprimé en Pologne, 2016.

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Les animaux sont nos amis

Par 13 juillet 2015 Livres Jeunesse

La Princesse et le PoneyDans le pays des guerriers, la princesse Pomme de pin ne rêve que d’une chose pour son anniversaire : un beau et grand cheval, qui lui permettra de gagner toutes les batailles ! Mais comme à chaque fois, ses parents tombent un peu à côté et à la place, lui offre un poney grassouillet, plus adapté à la taille de la petite princesse. Un poney grassouillet, qui pète et qui louche, vraiment ? Voilà un cadeau qui ne fait pas vraiment rêver la princesse Pomme de pin. Il ne risque pas de faire des étincelles à la grande bataille, celui-là ! À moins que…
Que ça fait plaisir de lire un album avec une princesse aussi éloignée de tous les stéréotypes du genre ! Ça n’est pas le sujet de l’ouvrage, mais justement, on ne peut que se réjouir de trouver une histoire où les guerriers se frottent aux guerrières (en tout bien tout honneur bien sûr), où les princesses se battent à coup de lance-boulettes de papier et où tout le monde a un côté câlin qui veut s’exprimer.
Un album aux illustrations vintage, plein d’humour et garanti sans clichés !
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par La Soupe de l’espace et Chez Gaëlle la libraire.

Nicolette et AlphonseL’arrivée d’un petit chien dans une maison est toujours un grand événement pour un enfant, mais qu’en est-il pour le chien ? Tout juste adopté par Nicolette et sa famille, Alphonse explore sa nouvelle maison, fait pipi sur la moquette pour montrer aux humains qu’il est d’accord pour prendre la tête de la meute, apprécie le goût sucré des joues de sa jeune maîtresse, court après les odeurs du parc dans lequel il promène son humaine. C’est décidé, celle-ci, il la garde !
On aimerait tous savoir ce qu’il se passe dans la tête des animaux. Pétronille tente un décryptage en donnant la parole d’une part à Nicolette, petite fille tout excitée d’avoir enfin un chiot, d’autre part à Alphonse, le fameux chiot qui voit les choses bien différemment ! Cela donne lieu à des situations cocasses très amusantes. Les illustrations d’Isabelle Maroger, tout en étant assez simples (traits au crayon, couleurs uniquement sur les personnages), sont très dynamiques et très jolies.
Parfait si vous avez un petit animal à la maison dont vous aimeriez connaître les pensées !
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Tout la-hautAu-dessus de la banquise, passent de drôles de créatures, rondes et colorées. Voilà qui intrigue les ours ! Décidés à découvrir qui sont ces bêtes volantes, ils mettent au point divers stratagèmes et finissent par en attraper une, qui vient se poser doucement sur la glace. À l’intérieur ? Un petit homme, qui parcourt le monde à bord de sa montgolfière, et qui invite les ours à en faire autant…
Quelle douceur émane de cet album ! Les illustrations sont très délicates, le texte très poétique, et l’on voudrait partir en voyage avec ces ours qui n’ont peur de rien, et surtout pas de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est beau !
Un très bel album tout en nuances et en textures, qui met au cœur de son récit la curiosité, la ténacité, l’entraide et la soif de découverte.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage d’Isabelle Maroger (En avant les filles !).

La Princesse et le Poney
de Kate Beaton (traduit par Cécile Guais)
Cambourakis
14€, 285×235 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Nicolette et Alphonse
Texte de Pétronille, illustré par Isabelle Maroger
Fleur de Villedans la collection Tricycle
13,50€, 195×235 mm, 28 pages, imprimé en République tchèque, 2015.
Tout là-haut
Texte de Morgane de Cadier, illustré par Florian Pigé
HongFei
15,50€, 207×316 mm, 30 pages, imprimé en République tchèque, 2015.

À part ça ?

Pendant que vos enfants bavent devant les magnifiques illustrations de ces albums, vous ne savez comment vous occuper ? La collection Mots Intimes, lancée récemment par les éditions LeRobert et le site Deslettres, est la solution idéale : ces recueils de lettres d’auteurs et d’artistes célèbres peuvent se lire de manière complètement décousue, dès qu’on a 2 ou 3 minutes devant nous. Lettres d’amour ou de rupture, faites votre choix !

Marie

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Des albums bien rigolos

Par 23 juin 2015 Livres Jeunesse

Le magicien, etc.Un monsieur avec une longue barbe et un chapeau pointu ? Un magicien, assurément, même pas besoin de le voir faire de la magie. Il porte une flûte ? Alors c’est un magicien musicien, aucun doute là-dessus. Il a un casque à la main ? Normal, c’est parce que c’est un magicien musicien pilote, voyons. Un perroquet se pose sur son épaule ? C’est donc un magicien musicien pilote pirate. C’est évident, non ?
Les préjugés ont la peau dure : qu’il est intelligent de les combattre avec de petits albums qui n’ont l’air de rien, mais qui disent tout. Les illustrations, faites de la superposition de pochoirs et de couleurs unies, sont très belles et originales : sur chaque page, un objet s’ajoute et vient caractériser le magicien. C’est très graphique. Quant à la chute… Elle est aussi géniale qu’inattendue !
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Enfantipages.

Une place pour IgnaceIgnace n’est pas un loup comme les autres : il n’a qu’une dent, qui en plus est toute ronde, et il coud des pulls et des pantalons pour les lapins au lieu de leur courir après. Rejeté par les autres loups de la forêt, il décide de partir habiter en ville. Mais les habitants ne lui accordent pas un meilleur accueil : la petite mamie lui donne un coup de bottine, la charcutière lui écrase la patte et le monsieur en costume gris lâche son chihuahua. Triste et énervé, il se coud un déguisement de chien, avec une cagoule, de vieilles chaussettes et un tapis. Et voilà qu’il est enfin recueilli par un gentil coiffeur avec une drôle de coiffure. Une coiffure presque aussi drôle que son costume de chien…
Ce petit album est vraiment adorable ! En plus du récit très mignon et amusant, notamment la fin (que je garde pour moi), j’ai beaucoup aimé l’illustration, faite aux crayons de couleur. Une belle histoire sur le rejet de ceux qui sont différents, traité avec humour et finesse.
Des extraits sur le site de l’auteure.

Le voleur de trompetteMonsieur Hulot a deux amours dans la vie : sa trompette et son chapeau. Alors quand un dragon lui vole sa trompette, rien ne va plus ! « Les dragons, ça n’existe pas ! » s’écrit Monsieur Hulot. Pourtant, le grognement qu’il entend quand il tente de récupérer son instrument est bien réel ! Quelle misère ! Et ni son aspirateur super aspirant ni les coups de parapluie de sa grand-mère ne lui parviennent à l’aider. Manquerait plus qu’on lui vole son chapeau aussi…
Un dragon cleptomane, un jazzman à nœud papillon, une mamie dont on ne voit que le nez, une dragonne à épaulettes : voilà les personnages loufoques qui forment cette rocambolesque petite histoire ! Les illustrations de Guridi sont très jolies, et le récit, imaginé par Ingrid Chabbert, est très amusant. À offrir à tous les enfants qui n’aiment pas trop prêter leurs affaires… À offrir à tous les enfants donc !
Le même vu par Enfantipages.

La Grotte de nezQuel endroit merveilleux que la Grotte de nez ! Dans cette forêt touffue, on croise des nuages qui soufflent, des ouistitis qui se balancent aux lianes, des monstres dégoûtants mais bien marrants… Quel bonheur de fourrager sans honte dans la Grotte de nez, même si l’on nous donne le surnom de « petit cochon » !
Magali Clavelet, également auteure d’Une place pour Ignace, propose ici un traitement graphique complètement différent : il y a des effets de matière et une multiplication de techniques qui rendent le tout très joli. J’ai particulièrement aimé les illustrations qui se détachent sur fond noir (eh oui, nous sommes dans une grotte quand même !) Si vous avez un enfant qui a tendance à mettre ses doigts dans son nez, peut-être arriverez-vous à lui faire passer cette manie avec ce petit album rigolo et poétique. Même si, bon, ne nous mentons pas… On aime tous se glisser un doigt dans le nez quand personne ne regarde !
Des extraits sur le site de l’auteure.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Vincent Pianina (Ours molaire et Jungle), de Magali Clavelet (Les saisons), d’Ingrid Chabbert (EdmondDans l’enfer d’ÉcomondeLe livre de mamanY’a un monstre à côtéLes chaussettes qui puentIndira l’indépendante, FirminUn accordéon sinon rienLa vérité sort toujours de la bouche des enfants, La mémoire aux oiseauxL’oiseauLes écharpes de Mamie BertheTonnerre de catchLa fête des deux mamansRaconte-moi la révolutionLes yeux du parapluieSur les quais et Le bateau de Malo) et de Guridi (Edmond). Retrouvez aussi notre interview d’Ingrid Chabbert.

Le magicien, etc.
de Vincent Pianina
Éditions Thierry Magnier
9,90 €, 145×145 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.

Une place pour Ignace
de Magali Clavelet
Fleur de Ville
12,90 €, 195×195 mm, 30 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

Le voleur de trompette
Texte d’Ingrid Chabbert, illustré par Guridi
Frimousse
14,50 €, 208×250 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2015.

La Grotte de nez
de Magali Clavelet
Fleur de Ville
12,90 €, 195×195 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne, 2013.


Marie

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Pas comme les autres

Par 22 juin 2015 Livres Jeunesse

L'enfant derrière la fenêtreIl habite dans la jungle et la jungle, ça fait peur. Trop de bruits, trop d’inconnus. Alors il s’est construit une cabane où il s’est enfermé. Maintenant plus rien ne peut l’atteindre, il n’a plus peur. Il regarde le monde par la fenêtre, il se sent bien. Quand le monde extérieur lui semble trop présent, il se blottit au fond de sa cabane. Quand vraiment il se sent mal, il compte et recompte ses objets. Mais un jour, un enfant apparaît à la fenêtre.
L’enfant derrière la fenêtre est un album qui m’a vraiment ému, touché. Je l’ai terminé avec les yeux humides. On y parle donc, de façon poétique, d’autisme. Le héros de l’histoire s’est construit une cabane pour se protéger du monde extérieur, seul un enfant de son âge arrivera à communiquer avec lui, en gagnant sa confiance, devant le regard ému des parents. Les très belles illustrations de Dani Torrent accompagnent à merveille la poésie du texte d’Anne-Gaëlle Féjoz.
Un très bel album qui parle d’autisme avec délicatesse.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

FadoliOn l’appelle Fadoli. Certains disent que c’est le fada du village. Ça lui est bien égal, lui, il rit en regardant le ciel.
Fadoli de Marie-France Chevron Zerolo et Mathilde Magnan est plus proche du livre d’artiste que de l’album jeunesse. Les planches de Mathilde Magnan, si l’on est sensible à cet univers, sont absolument superbes. Le texte, très court, de Marie-France Chevron Zerolo est extrêmement poétique. Il n’est pas évident que les enfants seront touchés, les adultes très certainement.
Un album pour les amateurs de belles illustrations et de beaux textes.
Le même vu par Le cabas de Za (avec une interview de l’auteure), Bricabook et Délivrer des livres.

Le petit garçon de la forêtLe petit garçon de la forêt hésite à sortir, il attend son nouvel ami, celui qui vit au village et qu’il a rencontré il n’y a pas longtemps. Le petit garçon de la forêt se demande s’il pourra, un jour, quitter cet endroit et vivre avec son ami. Sa forêt le rassure, mais ce qu’il aime c’est être avec son ami, ensemble ils sont bien. Quand il n’est pas là, il se sent triste dans sa forêt, son ami lui manque.
Une des choses qui me plaît particulièrement dans le travail de Nathalie Minne (en dehors de la beauté de ses illustrations), c’est que les portes sont ouvertes, ici on ne vous dit pas forcément de quoi l’on parle, chacun trouvera son interprétation de cette histoire. Est-ce un enfant enfermé dans son monde ? Est-ce qu’on parle de la tristesse ? Est-ce qu’on parle de choses pires encore ? Quelle est cette forêt que l’enfant ne peut quitter, alors qu’il le souhaiterait ?
Un album somptueux, d’une infinie poésie, qui fait la part belle à l’imagination.
Le même vu par Papier de soie et Délivrer des livres.

L'oiseau qui avait avalé une étoileParce qu’il avait avalé une étoile par mégarde, un oiseau était devenu brillant. La nuit, on ne voyait que lui. On le trouvait beau, bien sûr, mais on ne voulait pas le fréquenter. Pensez donc, un oiseau comme ça, ça attire les aigles, les chasseurs ou les crocodiles ! Alors, seul, l’oiseau pleura, il pleura des larmes scintillantes et de ses larmes naquit une fleur, une magnifique fleur.
L’oiseau qui avait avalé une étoile, de Laurie Cohen et Toni Demuro, est un magnifique album sur ceux qu’on rejette parce qu’ils sont différents, alors qu’ils peuvent tant nous apporter. On pourra y voir une métaphore sur les artistes, parfois rejetés alors qu’ils nous apportent la beauté, la lumière. Le texte est poétique et sensible, deux qualificatifs qui décrivent aussi, parfaitement, les superbes illustrations de Toni Demuro.
Un bel album pour se rappeler que les gens différents ne méritent que notre admiration.
Le même vu par Livres et merveilles.

Bienvenue chez les tous-pareilsDeux planètes étaient proches l’une de l’autre. La planète des Tous-pareils et la planète des Tous-différents. Sur la première vivaient des êtres bleus. Ils faisaient tous la même taille, le même poids, ils étaient tous très beaux. Pour se distraire, ils lisaient tous le même livre, regardaient le même film. Pour se nourrir, ils mangeaient et buvaient tous la même chose. Sur l’autre planète, vous vous en doutez, ce n’était pas vraiment la même chose…
Même si je dois avouer ne pas avoir accroché sur les illustrations de Bienvenue chez les Tous-pareils, cette ode à la différence (car, vous vous en doutez, on va trouver que c’est quand même bien mieux sur la planète des Tous-différents) m’a plutôt réjoui. On peut voir ici aussi une métaphore sur les artistes (en arrivant chez les Tous-pareils, trois habitants de la planète des Tous-différents vont colorer le monde et les gens seront divisés face à ce nouveau phénomène). On parle aussi du rejet des gens différents (sur la planète des Tous-pareils ceux qui naissent différents sont mis à part).
Un album pour se rappeler l’importance de ne pas être tous pareils.
Le même vu par Parfums de livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Marie-France Chevron Zerolo (Mee, petite fille du matin calme), de Nathalie Minne (Le petit voleur de temps), de Laurie Cohen (La coccinelle et le caméléon, Dans la nuit noire, Une touche de…, Mon ami imaginaire, À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), de Toni Demuro (Célestin rêve et La cheneuille) et d’Edwige Planchin (Le Noël Vert de Siméon).

L’enfant derrière la fenêtre
Texte d’Anne-Gaëlle Féjoz, illustré par Dani Torrent
Alice Jeunesse
12,90 €, 237×297 mm,35 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Fadoli
Texte de Marie-France Chevron Zerolo, illustré par Mathilde Magnan
Éditions courtes et longues
22 €, 236×333 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2015.
Le petit garçon de la forêt
de Nathalie Minne
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 280×360 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2012.
L’oiseau qui avait avalé une étoile
Texte de Laurie Cohen, illustré par Toni Demuro
La palissade
14,50 €, 205×290 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Bienvenue chez les Tous-pareils
Texte d’Edwige Planchin, illustré par Cédric Forest
Fleur de ville
11,90 €, 195×195 mm, 32 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

Gabriel

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Pour apprendre autrement !

Par 8 mai 2015 Livres Jeunesse

AlphaConnaissez-vous le code alpha international, ou alphabet radio ? C’est un code utilisé dans l’aviation, la police ou chez les pompiers, pour communiquer par radio en étant sûr de se faire comprendre et où chaque lettre correspond à un mot. Par exemple, vous voulez épeler le mot « banane » (oui, je suis sûre que les pompiers utilisent beaucoup le mot « banane »), vous dites : bravo-alpha-november-alpha-november-echo. Finies les conversations du type :
« B.
– Hein ?
– B.
– J’ai pas compris. D comme David ou P comme Paulette ?
– Nan, B. Comme Bernard. »
De cet alphabet dont je viens de prouver l’utilité au quotidien (sauf que personne ne le connaît, donc en fait ça sert à rien), Isabelle Arsenault, déjà connue pour ses superbes ouvrages Jane, le renard & moi, et Virginia Wolf, tire un abécédaire tout en finesse et en sensibilité. Sur la page de gauche, les mots de l’alphabet radio, sur la page de droite, l’illustration correspondante. Face à « delta », un avion en papier. Face à « hotel », une maison rouge de Monopoly. Face à « Juliet », un flacon dans lequel se dessine le reflet d’une jeune fille. Face à « Romeo », un poignard dans lequel se dessine le reflet d’un jeune homme. Eh oui, on ne pouvait pas attendre d’Isabelle Arsenault un abécédaire basique : dans ce code très terre-à-terre, elle a vu un magnifique moyen de familiariser les enfants à l’alphabet et au langage codé et, y insufflant son talent, elle en a fait de la poésie.
Des extraits sur le site de l’auteure.

Ab et CéAb est un grand bonhomme rouge, Cé est un petit bonhomme noir, et tous deux sont amis. Ils ne se parlent pas beaucoup, pas du tout même, mais ensemble, ils sautent d’une falaise en feu et plongent dans une flaque, ils rencontrent un koala qui les invitent à manger, ils dorment à la belle étoile mais sont surpris par l’orage, ils s’échappent d’un zoo tenu par un zèbre… Bref, ils en vivent, des aventures, en 26 lettres !
Cet album, qui se déplie comme un accordéon, est un abécédaire, comme le laisser présager son titre, mais un abécédaire un peu particulier, puisqu’il est consacré aux onomatopées ! « Aaahh » fait Cé quand il tombe, « Boum » fait son avion quand il s’écrase, « Ding Ding Ding » fait la cloche du bateau qui passe derrière eux, « Grrr » fait la grenouille sur laquelle ils sont tombés… On suit avec plaisir les deux petites créatures qui passent d’une île à la jungle, d’un bivouac en montagne à un poulailler, d’une usine à l’enclos d’un yack. Au premier coup d’œil, on se demande où est la cohérence, en dehors des onomatopées, pourquoi avoir mis des quilles dans le poulailler, pourquoi avoir fait passer une navette spatiale dans la nuit étoilée… Et puis ça fait tilt ! Ce qu’on avait pris d’abord pour un « simple » abécédaire des onomatopées se transforme en imagier, et on reprend chaque volet de l’accordéon cartonné pour trouver dans les très jolis dessins colorés tous les mots qui commencent par la lettre concernée. Et c’est assez génial !

Les petites heuresOn ne dirait pas comme ça, mais les enfants ont des journées rudement chargées, comme Tom. À 7 h 50, c’est l’heure du chocolat chaud : hum, la bonne odeur du cacao. À 8 h 10, c’est l’heure des chasses aux trésors : où est donc passée la deuxième chaussure ? À 10 h, c’est l’heure du Top départ : faites vrombir les tricycles ! À 13 h 35, c’est l’heure de rien, parce que c’est bien, parfois, de ne rien faire. À 15 h 15, c’est l’heure des couleurs : à vos pinceaux ! À 18 h 15, c’est l’heure des grandes traversées… dans le bain ! Et à 20 h 30, c’est l’heure des songes et de leurs mondes incroyables !
Pas facile pour les enfants de se figurer le temps qui passe et l’emploi du temps de la journée, surtout quand on ne sait pas lire l’heure. Voilà une jolie façon d’apprendre les heures importantes de la journée et de les rassurer sur ces moments loin de la maison qui peuvent leur sembler insurmontables. Avec beaucoup de poésie, Gwen Keraval donne vie à tous les « grands » moments des journées des enfants, avec de très belles illustrations au charme vintage. Celle de l’heure des songes est vraiment splendide !
Des extraits sur le site de l’auteur.
Le même vu par La Soupe de l’espace et Maman Baobab

Il est midi petite sourisQu’est-ce qu’elle travaille, la p’tite souris ! Le lundi, à Paris, dans la chapelle, elle fait de la dentelle ; le mardi, à Quimper, dans un hôtel, elle fait des bretelles ; le mercredi, à Angoulême, dans la ruelle, elle fabrique des ombrelles ; le jeudi, à Saint-Leu, sur la passerelle, elle tricote des gilets de flanelle… Quelle semaine !
L’auteure Bernadette Pourquié reprend ici la comptine « Bonjour Madame, quelle heure est-il ? », en imaginant d’autres situations, dans d’autres villes, avec d’autres personnages. Chaque page est l’occasion pour l’enfant d’apprendre sans en avoir l’air : les jours de la semaine d’abord, les villes ensuite, les couleurs enfin. Dans des tons plutôt gris, rehaussés par quelques touches de couleurs, les illustrations mettent en situation des personnages dans leur vie quotidienne, avec des adultes, des enfants, des animaux, et plein de détails à repérer : les enfants adorent ! Si après ça, ils ne connaissent pas les jours de la semaine sur le bout des doigts, il n’y a plus d’espoir que ça arrive un jour !
Le même vu par Le tiroir à histoires.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Isabelle Arsenault (La Boîte à souvenirs), de Matthieu Maudet (Le MoustocOuvre-moi ta porteUn jeune loup bien éduquéLa croccinelleLe çaBonjour facteur et Bonjour docteur), de Gwen Keraval (La Princesses Tralala10 contes de ChineDrôle de planète !Yoshka et La sorcière au nez de fer) et de Aude Poirot (Le charme d’Angèle et La chauve-souris). Retrouvez aussi notre interview de Matthieu Maudet.

Alpha
D’Isabelle Arsenault
La Pastèque
15 €, 197×197 mm, 60 pages, imprimé en Asie, 2015.
Ab et Cé
De Matthieu Maudet
l’école des loisirs, dans la collection loulou & cie
11,30 €, 288×282 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2015.
Les petites heures
De Gwen Keraval
Fleur de Ville
12,90 €, 195×195 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne 2014.
Il est midi petite souris
Texte de Bernadette Pourquié, illustré par Aude Poirot
Frimousse
15 €, 207×308 mm, 18 pages, imprimé en Slovénie, 2014.

Marie

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