La mare aux mots
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Folio Junior

Quand la vie fait très mal et qu’en parler apaise

Par 6 janvier 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre deux très beaux romans dont les personnages traversent de terribles épreuves, épaulés par des complices un peu particuliers…

Quelques minutes après minuit
de Patrick Ness, d’après une idée originale de Siobhan Down (traduit par Bruno Krebs)
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
6,70 €, 124×178 mm, 208 pages, imprimé en France, 2016.
Quelques minutes après minuit, l’édition du film
Illustré par Jim Kay
Gallimard Jeunesse
25 €, 190×240 mm, 356 pages, imprimé en Roumanie, 2016.
Sauveur et fils, saison 2
de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs
17 €, 149×217 mm, 313 pages, imprimé en France, 2016.

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Des destins hors du commun

Par 20 mars 2015 Livres Jeunesse

MARJANE et le sultanMarjane est une jeune femme au talent remarquable et au caractère bien trempé. Depuis quelques années, elle s’occupe elle-même de l’atelier de confection de tapis créé par son père, aujourd’hui trop faible pour assurer la création. L’organisation du travail des ouvrières, la gestion des commandes et l’intendance de la maison, elle gère tout ça d’une main de fer. Mais un jour, la dure réalité vient troubler la vaillante Marjane : son père est souffrant, les médecins lui donnent peu de temps et il faut qu’elle songe à se marier si elle veut garder l’atelier et le toit qui l’abrite avec sa sœur cadette Anoosha. Marjane s’insurge contre cette coutume rétrograde qui dit que les femmes ne peuvent gérer une affaire ou posséder des biens en propre, quelle injustice ! Alors que son père la presse à prendre se marier et enchaîne les entretiens avec les familles des jeunes célibataires à marier, Marjane décide de prendre son destin et celui de sa famille en main et de plaider sa cause devant le sultan. Elle ne sait pas encore qu’elle devra relever un défi de taille pour montrer que les femmes sont dignes de confiance, et qu’elle vivra une aventure aussi palpitante que les contes que lui lisait sa mère quand elle était enfant.
Le fort caractère de l’héroïne m’a tout de suite conquise. Marjane est une femme forte, artiste, moderne, qui doit se battre contre le système patriarcal et passéiste du royaume d’Aroum à la fin du XIXe siècle. L’Orient offre un décor propice au roman d’aventures. On est tout de suite dépaysé par les descriptions appliquées des vêtements, du travail des ouvrières tisseuses, des paysages ensablés. L’histoire en elle-même est assez classique, même prévisible, mais on se laisse emporter par les péripéties et les émois de la jeune femme qui devra défendre courageusement sa famille et la cause des femmes.

Un Berger aux Jeux olympiquesSpiridon ne paye pas de mine : paisible berger qui mène paître son troupeau sur les coteaux escarpés de sa Grèce natale, il vit seul avec sa mère, simplement. Au loin dans la vallée, il voit les travaux pour les prochaines Olympiades qui se dérouleront à Athènes en 1896 prendre forme. Quelle excitation ! Il paraît qu’un Français du nom de Pierre de Coubertin a décidé de réveiller l’esprit olympique ! Spiridon n’ose même pas imaginer qu’il portera les couleurs de son pays, jusqu’au jour où il part faire son service militaire, et que ses talents de coureur sautent aux yeux de sa hiérarchie. Le jeune berger parviendra-t-il à défendre l’honneur de son pays dans la discipline reine qu’est le marathon ?
La course à pied se prête très bien au roman d’initiation. Les difficultés de l’entraînement, le rythme haletant de la course… tous les éléments du récit participent à l’identification. On suit le parcours de Spiridon depuis ses montagnes au grand stade d’Athènes en courant à sa hauteur, accrochés à son souffle, on souffre avec lui sous le soleil écrasant de l’été 1896. Ce court roman est suivi par un petit dossier documentaire sur l’évolution des Jeux olympiques de l’Antiquité à nos jours. L’ensemble est très agréable à lire, très accessible même pour des jeunes lecteurs qui se reconnaîtront dans personnage historique de Spiridon Louys : humble, un peu naïf, mais très courageux.

DemainJeTecriraiIl fut un temps où George Sand signait ses lettres de son doux prénom de baptême, Aurore. Un temps où Marcel Proust faisait des fautes d’orthographe et où Gustave Flaubert baillait d’ennui au fond de sa classe au lycée. Ce temps, celui de l’enfance et de l’adolescence, nous est livré comme capturé dans les lettres envoyées par ceux qui deviendront les grands noms de l’écriture. Certains ne savaient pas encore quelle serait leur destinée, comme Marcel Aymé qui ne s’intéresse qu’à commander une boîte à compas pour Noël quand il s’adresse à sa sœur. D’autres le devinent déjà un peu : Freud conseille à son meilleur ami de conserver ses lettres, des fois qu’il deviendrait célèbre. Charles Baudelaire et Paul Verlaine envoient tous deux leurs premiers vers à leur idole Victor Hugo pour se conforter dans la voie de la poésie qu’ils s’apprêtent à embrasser. Pour la plupart, ils racontent, entre les lignes, le quotidien d’une jeunesse qui ne change pas tant que ça avec les années et les siècles : quand on est jeune, on s’ennuie en classe, on a soif de liberté, on espère que l’avenir nous révélera au monde.
Ce recueil de correspondance offre un très beau moment de lecture. Qu’il est touchant d’imaginer les écoliers appliqués qui ont rédigé de leur plume ces petits mots destinés à leurs parents ou à leurs camarades ! Bien sûr, le grand écrivain sommeille déjà dans la plupart des textes qui ont été compilés par Marie-Ange Spire. Ils sont drôles, poétiques, impétueux… c’est un vrai plaisir que de lire ces écrivains en devenir. Le « carnet de lecture » qui suit les lettres, sans être assommant, m’enthousiasme un peu moins, sûrement parce qu’il rappelle la portée « scolaire » de ce recueil. La quatrième de couverture explique en effet que la correspondance des grands auteurs permet de mieux comprendre leur œuvre. Pas sûr que ce soit la principale force de ce livre. Certaines des lettres sont de véritables bijoux d’écriture en elles-mêmes, sans qu’on ait besoin d’y chercher la trace d’une référence historique ou littéraire qui viendrait éclairer l’œuvre d’un grand écrivain (par ailleurs encore inconnue du lecteur). Ce recueil a cette qualité rare qu’il donne envie de lire, et aussi envie d’écrire, ce qui est déjà un très beau cadeau à faire aux jeunes gens qui le découvriront.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Agnès Laroche (Dans les yeux d’un loup et On a rien vu venir).

Marjane et le sultan
Texte d’Agnès Laroche
Talents Hauts dans la collection Libres et égaux.
8€, 135 x 180 mm, 144 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.
Un berger aux Jeux olympiques
Texte d’Eric Chevreau
Oskar éditeur dans la collection Histoire et société.
9,95€, 145 x 190 mm, 88 pages, imprimé en Europe, 2015.
Demain je t’écrirai encore. Lettres de jeunesse de grands écrivains
Textes de George Sand, Marcel Proust, Sigmund FreudMarie-Ange Spire (cahier de lecture)
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior Textes classiques.
5,60€, 124 x 178 mm, 130 pages, imprimé en Espagne, 2015.

À part ça

La difficile discipline du marathon a déjà inspiré des écrivains qui y ont vu le reflet de la pratique de l’écriture. Dans son Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (Belfond, 2009), Haruki Murakami fait de nombreux parallèles entre la traversée du désert qu’il a vécue en écrivant son premier roman et sa pratique intensive du demi-fond. Concentration, endurance, capacité de résistance et d’abnégation… toutes ces qualités sont partagées par le coureur et l’écrivain.
Dans Courir (Les éditions de Minuit, 2008) Jean Echenoz s’est quant à lui intéressé au destin du coureur tchèque Emil Zátopek, quatre fois champion olympique. Le rythme de la course se retrouve dans celui de l’écriture du romancier formaliste. On se laisse emporter par la course du marathonien et l’écriture jubilatoire de l’écrivain.

Laura

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Un certain Nicolas…

Par 11 septembre 2014 Livres Jeunesse

J’ai des lacunes, et même parfois de sacrées lacunes ! Avec La mare aux mots, j’ai découvert Pierre Gripari, Roald Dahl et celui dont je vais vous parler aujourd’hui : Le petit Nicolas ! Bien sûr dans les trois cas je connaissais les noms, mais je n’en avais jamais lu !

Le petit NicolasLa sortie d’une édition spéciale (les trois premiers livres réunis en un) était le parfait prétexte pour découvrir ce classique de la littérature jeunesse.

Nicolas est un petit garçon, à l’école il a plusieurs copains. Il y a Alceste (qui mange tout le temps), Rufus (le fils d’un policier), Clotaire (un peu cancre), Eudes (qui passe son temps à donner des coups de poing), Geoffroy (dont le père est très riche), Agnan (le chouchou de la maîtresse sur qui l’on ne peut pas cogner, car il a des lunettes) et d’autres encore. Tous ceux-là (enfin sauf Agnan) se retrouvent pour faire de nombreuses bêtises et rendre la vie impossible aux adultes (le bouillon, leur surveillant, la maîtresse, le directeur, les parents…). Nicolas veut souvent bien faire (comme lorsqu’il décide d’offrir un bouquet à sa maman), mais généralement ça finit mal… Les adultes ne sont pas forcément mieux que les enfants, comme par exemple le père de Nicolas toujours en train de se chamailler avec le voisin et qui, peu importe de quoi parle Nicolas, aurait pu en être champion s’il avait continué.

Quel bonheur que ce gros recueil ! Très certainement que vous connaissez tous ce héros de Sempé et Goscinny que je découvre à 37 ans, mais peut-être donnerais-je l’envie à quelques-uns de le lire à leurs enfants ! J’ai lu, pour ma part, tout cet été ces histoires à ma fille de 6 ans qui s’est totalement régalée ! Elle est devenue totalement fan (au point un jour de me dire qu’elle aimerait un déguisement du Petit Nicolas…) et j’avoue en être devenu fan également ! C’est très drôle, plein de tendresse, terriblement bien écrit. Le fait que ça soit bourré de répétitions (notamment sur les personnages qui sont systématiquement présentés) fait beaucoup rire les enfants qui disent les mots avant qu’on ne les prononce.
Un grand classique de la littérature jeunesse qui n’a pas du tout vieilli.

LeLes vacances du Petit Nicolas troisième livre compilé dans ce recueil, Les vacances du Petit Nicolas, est également sorti en CD raconté par Benoît Poelvoorde… et là encore quel bonheur !
Dans cette histoire, on va donc suivre les aventures du Petit Nicolas tout d’abord en vacances avec ses parents puis en colo. Les copains habituels sont donc absents, mais les nouveaux ne sont pas mal non plus. Ici encore les bêtises sont au rendez-vous et les adultes sont toujours aussi désemparés, exaspérés.
Benoît Poelvoorde excelle dans son rôle de récitant, par moment j’ai franchement ri et je ne me suis jamais ennuyé. Ma fille a écouté ce double CD quasiment en boucle tout cet été dans sa chambre, sans jamais s’en lasser.
Une géniale lecture du Petit Nicolas, aussi savoureux pour les enfants que pour les parents.

Le Petit Nicolas
Texte de Goscinny, illustrations de Sempé
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
12,50 €, 125×175 mm, 480 pages, imprimé en Italie, 2014.
Les vacances du Petit Nicolas
Textes de Goscinny, lus par Benoît Poelvoorde
Gallimard Jeunesse dans la collection écoutez lire
19,90 €, durée : 2h13, 2014 (précédente édition 2012).

À part ça ?

Si vous recevez notre feuille de nénuphar ou si nous suivez sur facebook vous le savez peut-être déjà… La mare aux mots recrute ! Nous cherchons un-e chroniqueur-euse pour le numérique ! Plus d’infos ici.

Gabriel

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Des filles et leurs mères

Par 26 mai 2013 Livres Jeunesse

L’une maigrit sous le regard impuissant de sa mère, l’autre n’a plus le regard de la sienne.

La fille qui n'existe pasNinawa, 14 ans, 1m59, 32 kilos. Ninawa la fille qui disparaît, comme dans un tour de magie. Dans quelques jours, clic, elle aura disparu. C’est la fille qui n’existe pas. Raillent ses copains d’école. Pourtant Ninawa l’a voulu cet état, c’est pour ressembler aux filles des magazines et des clips qu’elle s’est mise à ne plus manger et à trouver des astuces pour que ça ne se voit pas. Sur les forums les conseils ne manquent pas… Alors Nina perd gramme après gramme, kilo après kilo et perd par la même occasion cheveux et dents, points en classe et concentration, sa vue est moins précise, elle a des acouphènes. Ninawa disparaît sous le regard coupable de sa mère et l’incompréhension de son meilleur ami.

Marie Mélisou nous parle de l’anorexie des jeunes filles qui veulent ressembler à ce que le monde leur montre des femmes, du côté « drogue » de cette maladie (toujours plus, nier les choses et promettre qu’on va s’arrêter quand on est surpris), des séances à l’hôpital, du corps qui se transforme, des docteurs,… mais surtout d’une mère, une mère qui perd pied, qui se sent la « conne » de l’histoire, celle qui est responsable, qui n’a rien vu venir et qui ne sait pas comment s’en sortir. Comment aider son enfant sans se la mettre à dos. Un roman dur et touchant sur une situation que beaucoup de jeunes filles connaissent, conséquence d’un matraquage de photos trafiquées.
Retrouvez le coup de coeur/coup de gueule que Marie Mélisou avait écrit pour La mare aux mots et qui parlait d’anorexie.

Maman au bois dormantElla a une dizaine d’années, sa mère va avoir un bébé avec son nouveau compagnon… pas facile à accepter. Pourtant il faudra bien vivre avec ce nouvel homme dans la vie de sa mère et ce « demi » frère. Le jour de l’accouchement arrive et les choses se passent encore plus mal que prévu, suite à une crise d’éclampsie sa mère ne se réveille plus. Ella doit vivre avec ce beau-père qu’elle déteste et ce frère dont elle ne voulait pas pendant que sa mère est dans le coma. Elle va devoir vivre avec l’espoir, guettant des différences de respiration, il va lui falloir supporter les copines qui changent par rapport à sa situation, les infirmières qui traitent sa mère comme une marionnette,…

Maman au bois dormant est un roman sur la maladie d’un des parents vu par son enfant, l’incompréhension des termes médicaux, des situations. Un enfant est rarement préparé à ces situations (et pourtant ça arrive, j’en sais quelque chose). On parle ici du regard des autres qui change (les gens qui deviennent bienveillants, d’autres qui vous trouvent moins intéressant car trop triste,..). Ella devra aussi se rendre compte que les choses ne sont pas toujours telles qu’on les idéalise (son vrai père n’est pas la personne qu’elle fantasme, sa mère est fragile). Un roman facile à lire pour jeunes lecteurs, l’histoire d’un enfant passionné de baleines qui aimerait que sa mère « remonte à la surface » ou qu’un prince charmant vienne la réveiller. Une petite fille qui voit les choses comme une petite fille et à qui on demande d’agir en grande personne. Une situation dure racontée sans aucune dureté et même parfois avec humour.

Quelques pas de plus…
Retrouvez la chronique d’Enfantipages et de Fantasia de Maman au bois dormant.

La fille qui n’existe pas
de Marie Mélisou
Le griffon bleu dans la collection On ré-agit !
7,50€, 210×147 mm, 129 pages, imprimé en France, 2011.
Maman au bois dormant
de Jacqueline Wilson (traduit par Vanessa Rubio-Barreau)
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
7,90€, 124×176 mm, 308 pages, imprimé en Espagne, 2012.

A part ça ?

Le genre de vidéo qui rend fou…

Gabriel

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La vie n’est pas toujours tendre

Par 21 avril 2012 Livres Jeunesse

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de romans qui mettaient en scène des adolescents. Ils n’avaient pas toujours la vie facile, et c’est encore le cas des deux héros du jour !

On commence avec En fuite, écrit par Thierry Robberecht, et disponible dans la collection Rat Noir des éditions Syros. Je vous préviens, ce livre de quelques 123 pages risque de filer entre les doigts de tous ceux qui le liront… Quand on commence, on ne s’arrête plus.
Durant plus de huit ans, Mathieu et sa petite soeur Lucile ont vécu une vie très peu ordinaire pour des enfants : enlevés par leur père qui ne pouvait imaginer sa vie sans eux, ils ont vécu terrés et traqués. Une vie en cavale, en fuite comme le titre l’indique si bien. D’abris de fortune en cabanes forestières, ils ont sillonné la France, changé de voiture à plusieurs reprises, évité les contacts humains le plus possible… Un quotidien de fuyards, qui n’avait alors plus rien d’une vie d’enfant. De très maigres repères, souvent balayés en quelques minutes, lorsqu’il faut fuir de nouveau.
Ce livre m’a vraiment tenue en haleine : Mathieu, le narrateur, raconte bien l’horreur d’un tel quotidien. Il est souvent déchiré entre l’irrésistible envie de revoir sa mère à qui il pense souvent, et la peur de trahir son père qu’il aime au fond tout autant. Complètement écartelé entre ces deux positions, il continue d’être un repère pour sa petite soeur, et dans tous les cas aimerait que la situation se normalise. Je n’ai pas le talent de Thierry Robberecht pour transcrire cette tension mais je vous assure que les pages s’avalent à grande vitesse. Librement inspirée de faits réels dont on entend parfois parler dans les médias, on imagine d’ailleurs très bien l’histoire de ce livre retranscrite dans un reportage à sensation. C’est émouvant, tourmenté, et dur. Mais c’est aussi le pouvoir du livre que de permettre aux jeunes lecteurs de se confronter à ce genre de sentiment, tout en gardant une certaine distance.
Et pour ne rien gâcher, j’aime beaucoup l’illustration de couverture !

Jeanne, elle n’a pas ce problème. La famille, elle n’en a pas pour le moment. En effet, si Jeanne cherche Jeanne (qui est donc le titre de ce roman de Martine Delerm, paru chez Folio Junior), c’est parce qu’il y a déjà plusieurs années, cette jeune fille a été découverte inconsciente dans la rue, sans aucun papier sur elle, à l’exception d’un document où figurait son prénom. Personne ne s’est plaint de son absence, et à son réveil elle n’avait plus aucun souvenir. Au bout de quelques semaines, elle a donc intégré un centre où elle côtoie d’autres adolescents cabossés par la vie, et où elle vit depuis. Dans un cahier, elle consigne son quotidien, pour ne pas oublier de nouveau. Et c’est ce carnet qu’elle nous donne à lire. Vie en collectivité, bisbilles, adultes qui se veulent bienveillants mais qui ne sont pas toujours faciles à accepter, et surtout… cette quête d’identité, obsédante et si légitime. Finalement, elle va cheminer, et épaulée par les pensionnaires dont elle est la plus proche, elle va entreprendre des recherches plus importantes. Elle a peur, mais elle ose…
Martine Delerm traite ici avec des mots choisis et percutants des thèmes aussi variés que l’adolescence, l’amnésie, la quête d’identité, l’amitié, la difficulté à trouver sa place,… et ça devrait plaire à bien des ados ! En plus, ce récit sous forme de carnet journalier, à la façon d’un journal intime est je trouve particulièrement adapté à cette tranche d’âge. Un roman qui ne s’appesantit pas, qui avance, et qui interroge, comme je les aime ! C’est tout à fait le genre de récit que j’ai aimé dévorer au CDI, lorsque j’étais au collège, et il y a fort à parier que d’autres partageront mon avis !

Croyez-moi, je vais rester à l’affût de l’actualité de ces deux auteurs, pour essayer de vous en reparler le plus vite possible !

Retrouvez aussi Jeanne cherche Jeanne vu par Enfantipages.

En fuite
de Thierry Robberecht
Syros dans la collection Rat Noir
12,50 €
Jeanne cherche Jeanne
de Martine Delerm
Folio Junior
5,10 €

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A part ça ?

Vous avez un peu de temps à perdre ? Des envies de tri et de rangement ? Ou bien envie de voir des livres s’animer ? J’ai ce qu’il vous faut ! Deux vidéos qui ont du demander des heures de travail : dans une bibliothèque de salon, et pire, dans une librairie…Idées à soumettre à votre libraire indépendant préféré 🙂

Marianne

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