La mare aux mots
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Gallimard Jeunesse

Loup !

Par 20 avril 2015 Livres Jeunesse

Le jour où loup gros est devenu bleuLoup gris se morfond, il a faim, mais il n’a rien à se mettre sous la dent. Soudain, il aperçoit un énorme pot, peut-être contient-il de quoi se régaler ! Il faut aller voir… mais Loup gris tombe dedans et ressort couvert de peinture bleue ! Et si être bleu était finalement un avantage pour chasser ? Qui se méfierait d’un loup bleu ?
Quel bonheur de retrouver le loup un peu nigaud héros de La bonne humeur de Loup Gris de Gilles Bizouerne et Ronan Badel ! On rit (à ses dépens) tant grâce à l’histoire que grâce aux dessins hilarants. Le jour où Loup Gris est devenu bleu est donc le deuxième épisode des aventures de Loup Gris… On en espère d’autres !
Des extraits sur le site de l’éditeur.

la culotte du loupLe loup se lève, les trois petits cochons n’ont qu’à bien se tenir ! Il enfile sa culotte et… Oh non sa culotte est trouée ! Il faut en acheter une autre, mais seulement pour ça il faut des sous et pour avoir des sous il faut travailler. Notre loup se fait donc embaucher jusqu’à avoir les moyens d’acheter la culotte qui lui plaisait… mais voilà qu’il a envie d’une culotte plus chère…
La culotte du loup de Stéphane Servant et Laetitia Le Saux c’est quasiment devenu un classique ! C’est pour cette raison que Didier Jeunesse a la bonne idée de le ressortir en petit format à la couverture souple (et donc à petit prix). L’histoire est vraiment drôle et le texte savoureux.
Une histoire de loup pour rire en famille.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Un petit bout de bib(liothèque) et La soupe de l’espace.

Lou p'tit loup jalouxLou P’tit Loup adore les enfants, c’est le premier à aller à la rencontre des plus jeunes que lui. Mais le jour où il apprend qu’il est maintenant grand frère, cet enfant-là il ne l’aime pas et il décide même de s’en débarrasser.
Je vous parlais il y a peu de Lou P’tit Loup, voici donc sa toute dernière aventure, Loup P’tit Loup est jaloux. Antoon Krings parle avec beaucoup de justesse de l’arrivée des petits frères et petites sœurs et de la jalousie que ça peut déclencher. Comme d’habitude, ses illustrations sont pleines de douceur.
Pas facile pour un petit loup de ne plus être enfant unique !

Le loup et la PouletteJean est un loup, mais un loup amoureux d’une poulette. Seulement, voilà, une poulette, ça ne peut pas aimer un loup ! Jean a beau essayer de changer en faisant du sport ou un régime, il reste un loup et Rosie la poulette se moque de lui !
Le loup et la poulette est une petite histoire pleine d’humour aux illustrations très graphiques. On y parle d’amour, de vouloir changer pour une personne dont on est amoureux alors qu’au final ça ne sert à rien (il faut être aimé pour ce que l’on est).
Un album plein de charme sorti chez À pas de loups.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

SERGE Le Loup BlancSerge est un loup blanc né dans une famille de loups noirs. Autant sa famille est cruelle et carnassière, autant Serge est doux comme un agneau. Forcément, entre Serge et sa famille ça fait des étincelles ! Alors, notre loup blanc décide de fuir. Il va quitter cette famille, sans se retourner.
C’est un peu un classique le coup de l’enfant différent (l’histoire la plus connue étant celle du Vilain petit canard), ici c’est donc un loup blanc dans une famille noire, un loup « gentil » dans une famille « méchante » (je résume rapidement), un loup plus ou moins végétarien dans une famille carnivore. Malgré quelques maladresses (les noirs sont les méchants, les blancs les gentils, le loup végétarien qui au final accepte de manger du pâté…), Serge le loup blanc est un album drôle et tendre, les illustrations de Grégoire Mabire sont colorées et pleines d’humour.
Un album plein d’humour sur la différence et la tolérance.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gilles Bizouerne (La bonne humeur de Loup Gris et Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde), Ronan Badel (P’tit Napo, Cucu la praline met son grain de selCucu la praline mène la danse, Le cahier de Leïla, de l’Algérie à Billancourt, Lyuba ou la tête dans les étoiles, Les Roms, de la Roumanie à l’Île-de-France, Le carnet secret de Timothey Fusée, La bonne humeur de Loup GrisDragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), de Stéphane Servant (Cheval Océan, Le cœur des louves, Le gros goûter, Nos beaux doudous, Boucle d’ours, Le machin, Le crafougna et Le masque), de Laetitia Le Saux (Tu te crois le lion ? et Boucle d’ours) et d’Antoon Krings (Lou P’tit Loup et les abeilles, Lou P’tit Loup et la bergère et L’herbier des drôles de petites bêtes). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et de Stéphane Servant.

Le jour où Loup Gris est devenu bleu
Texte de Gilles Bizouerne, illustré par Ronan Badel
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
La culotte du loup
Texte de Stéphane Servant, illustré par Lætitia Le Saux
Didier Jeunesse dans la collection Les p’tits Didier
5,50 €, 165×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Lou P’tit Loup est jaloux
d’Antoon Krings
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Lou P’tit Loup
6,20 €, 195×195 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Le loup et la poulette
d’Elis Wilk
À pas de loups
14 €, 190×250 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Serge le loup blanc
Texte d’Émilie Boré, illustré par Grégoire Mabire
Les éditions Clochette dans la collection Le LivreAmi
13 €, 210×270 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne, 2015.


Gabriel

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Avec de l’imagination…

Par 7 avril 2015 Livres Jeunesse

Je suis en retard à l'école parce queIl est en retard ce matin, mais il a ses raisons ! Tout a commencé par une histoire de fourmis géantes… Il y a eu aussi les démons ninjas, un peuple de taupes et un joueur de flûte (dont la musique l’a entraîné à le suivre)… et c’est loin d’être tout ! Et encore, même avec tout ça il a failli être à l’heure, sauf que…
Après Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… voici donc Je suis en retard à l’école parce que… signé par le même duo (Davide Cali et Benjamin Chaud). C’est vraiment drôle, complètement délirant et les illustrations sont superbes (et font regretter la petite taille de l’album). On se régale de l’imagination de l’enfant… enfin, est-ce vraiment son imagination ?
Un livre désopilant qui rend hommage aux contes et aux héros préférés des enfants.
Des extraits sur le blog de l’éditeur.

Bien fait pour vous !Blaise en a assez, marre ! Tout le monde l’embête alors il est mort. Allongé par terre, couvert de feuilles, les yeux fermés il imagine la peine des parents, les pleurs, les cris. Tout le monde regrette, mais c’est trop tard, il est mort ! Bien fait !
Claire Clément croque parfaitement cette situation que connaissent bien les parents. Quand l’enfant veut nous punir en parlant de son départ de la maison ou même de sa mort. On pense à Anton et les rabat-joie (chroniqué ici). Les illustrations d’Aurélie Guillerey sont particulièrement réussies avec leur côté faussement rétro.
Un bel album sur l’imaginaire des enfants.

Attention, fais marcher ton imaginationLapin s’ennuie, il se ne passe rien dans sa vie. Un loup bibliothécaire débarque dans le livre et lui propose de créer avec lui une histoire. On commence, forcément, par Il était une fois. Ensuite, il suffit de faire marcher son imagination… Mais attention à l’histoire que l’on va créer…
Attention ! Fais marcher ton imagination, mais ne souhaite pas n’importe quoi ! est un album original sur les contes et la création. Le loup aiguille le lapin sur l’histoire qu’il souhaite qu’il crée… mais c’est le créateur qui aura le dernier mot ! C’est drôle et la chute surprendra les enfants (d’autant plus qu’en fin d’ouvrage il y a un grand flap qui s’ouvre et une découpe dans la couverture).
Un chouette album pour se donner envie d’imaginer des histoires dont nous serons les héros.

MalvinaMalvina aussi invente, mais elle n’invente pas des histoires, elle invente des machines ! Arrêtoir de glaces (pour ne plus s’en mettre plein les doigts), cuillère à régime (avec un trou) ou chapeau ventilateur (pour quand il fait chaud), Malvina ne manque pas d’imagination ! Mais si la petite fille est si imaginative, c’est qu’elle est tracassée par tout. Il lui fallait inventer une machine à tranquilliser…
C’est avec un grand bonheur qu’on retrouve André Neves, illustrateur du superbe Oreilles papillon. Ici, on parle donc d’inventivité, mais aussi de la peur, des angoisses. On parle également d’entraide, des parents qui rassurent. Mais ce qui séduit surtout ici ce sont les superbes illustrations d’André Neves (mises en valeur par la grande taille de l’album). Un vrai univers, avec un petit côté étrange, décalé.
Un grand et bel album dont les illustrations nous font voyager dans un monde imaginaire.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

L'ami du jardinDans son jardin, vit un enfant, il l’appelle l’enfant du jardin. Cet enfant étrange aime aller de branche en branche, il dort sur un tapis d’herbe et prend son bain dans les flaques d’eau. Caché parmi les plantes, il l’attend. La journée ils se retrouvent mais le soir il faut se séparer.
Un album aux illustrations pleines de charme sur un ami imaginaire.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Davide Cali (Quand un éléphant tombe amoureux, Marlène Baleine, Bons baisers ratés de Venise, Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, Super Potamo et Bons baisers ratés de Paris), de Benjamin Chaud (Poupoupidours, Une chanson d’ours, Coquillages et petit ours, Adieu Chaussette, Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… et L’alimentation – Pourquoi on ne mange pas que des frites ?), de Claire Clément (Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres… et Essie, et si j’étais parfaite ?), d’Aurélie Guillerey (Ma mère est partout, Coquillette la mauviette et Le mystère des graines à bébé) et d’André Neves (Oreilles papillons). Retrouvez aussi notre interview d’Aurélie Guillerey.

Je suis en retard à l’école parce que…
Texte de Davide Cali (traduit par Sophie Giraud), illustré par Benjamin Chaud
Hélium
12,50 €, 158×211 mm, 40 pages, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-reponsable, 2015.
Bien fait pour vous !
Texte de Claire Clément, illustré par Aurélie Guillerey
Milan
13,90 €, 210×280 mm, 32 pages, imprimé en Slovénie, 2015.
Attention ! Fais marcher ton imagination mais ne souhaite pas n’importe quoi !
de Nicola O’Byrne (traduit par Rose-Marie Vassollo)
Père Castor
13 €, 230×290 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2015.
Malvina
d’André Neves (traduit par Élodie Dupau)
Père Fouettard
14 €, 240×340 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-reponsable, 2015.
L’enfant du jardin
de Mariana Ruiz Johnson (traduit par Cécile Hermellin)
Gallimard Jeunesse Giboulées
12,90 €, 260×260 mm, 28 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-reponsable, 2015.

À part ça ?

Soutenez Égo le cachalot !

Gabriel

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Qu’est-ce qu’on se marre !

Par 24 mars 2015 Livres Jeunesse

Ma famille normale contre les zombiesEn vacances en Bretagne où les mouettes contractent une maladie étrange, MadoLoup se retrouve acculée dans la maison de ses grands-parents devenus zombies, avec sa mère (surnommée « la petite personne » par ses enfants), son père (écrivain qui passe son temps à inventer des histoires qu’il décide de ne pas écrire), son frère ThéoPaïle (passionné par l’Apocalypse zombie), sa sœur Sarouchka (qui ne parle qu’en citations) et sa sœur Louve (5 ans, mais qui s’exprime comme une adulte), cherchant une solution pour échapper à l’attaque des morts-vivants et rentrer chez eux.
Alors, là, attention ! J’annonce : ce roman est un chef-d’œuvre. Je pense que je n’ai jamais autant ri en lisant un roman, jeunesse ou non. J’ai été bluffée par l’écriture de Vincent Villeminot, qui est drôle et subtile, et par son récit truffé de références littéraires, cinématographiques, télévisuelles, etc. La mise en page est également très chouette : uniquement en rouge et noir (« j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur », Jeanne Mas, 1987), des illustrations partout, des gravures, des phrases manuscrites… Chapeau au graphiste, qui a dû y passer un temps fou, et à Yann Autret, qui dessine parfaitement bien les zombies à grandes oreilles !
J’aurais voulu ne jamais m’arrêter de lire ce texte. Heureusement, l’éditeur indique sur son site que c’est le tome 1 : sachant que ce tome est sorti en janvier 2015, quelles sont les chances pour que le tome 2 sorte demain ?…
Allez, une petite citation pour que vous faire sentir la portée de cet ouvrage : « Elle photographie des trucs sans intérêt (…) avec son polaroïd afin qu’on découvre qu’ils avaient en fait quelque intérêt. » C’est beau, non ? Plus sérieusement, que peut-on reprocher à un roman qui cite Sheila et La Cité de la peur ? Rien.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livre en livre.

NiakWahoo (oui, c’est le nom du héros), un jeune garçon d’une dizaine d’années, s’occupe de la ménagerie de son père, Mickey Cray, qui ne peut plus travailler depuis qu’un iguane gelé lui est tombé sur la tête. Mais dans cette ménagerie, pas de lapins, de poules ou de moutons, non, plutôt des serpents, des perroquets, des tortues et des alligators ! Bref, des animaux sauvages, que Wahoo et Mickey adorent et chouchoutent. Et c’est justement pour ça que la famille Cray est contactée par le programme de téléréalité « Expédition survie », une émission complètement truquée au cours de laquelle Derek Blair, vedette mégalo insupportable, doit survivre seul (mais entouré de caméras) dans une nature hostile (généralement reconstituée en studio), au milieu des animaux sauvages (mais apprivoisés, voire morts). Une émission qui n’est pas du tout du goût des Cray, mais quand on a des dettes à payer, on fait moins la fine bouche. Les voilà donc tous partis dans les Everglades, où le tournage ne se passe pas exactement comme prévu, surtout quand Derek Blair disparaît seul (vraiment seul cette fois) dans la forêt peuplée de vraies bêtes sauvages, après avoir été mordu par une chauve-souris qu’il tentait de manger crue et vivante.
C’est une satire bien sentie des trucages de la téléréalité que nous offre là Carl Hiaasen, et une bonne façon de faire comprendre aux préados qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télé ! On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman très bien écrit, qui traite de la famille, de l’écologie et de la société moderne, avec humour et subtilité. Sous ses airs de comédie railleuse, Niak aborde aussi des sujets sérieux comme l’alcoolisme et les parents violents. Ça n’est pas le sujet central de l’histoire, mais ça a le mérite de faire s’interroger Wahoo, et de fait le lecteur, sur la vie difficile de son amie Anguille.
En résumé, c’est fin, drôle et intelligent ! Foncez !
Le même vu par Chez Clarabel.

Le prince qui voulait rester propreVoilà un petit garçon dont tous les parents pourraient rêver ! En effet, ce petit prince déteste la saleté et n’aspire qu’à une chose : garder son bel habit tout propre. Un jour qu’il se balade sur son beau cheval, lui aussi tout propre, il croise une sorcière très très sale, qui fait du stop. Évidemment, il n’est pas question de s’arrêter, le prince risquerait de se salir. C’était sans compter sur les super pouvoirs de la sorcière qui, elle, est bien décidée à se frotter à ce petit garçon impeccable. Quand le prince découvre que cette sorcière l’emmène au Grand Congrès international des sorcières dégoûtantes, là, c’est vraiment la panique !
Un petit roman pour finir, parfait pour les enfants qui commencent à maîtriser la lecture ou qui n’aiment pas trop ça. C’est simple et rapide à lire, c’est marrant, c’est divertissant. Je suis sûre que les descriptions des sorcières plus dégoûtantes les unes que les autres, avec les illustrations qui vont bien, plairont beaucoup aux enfants !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Yann Autret (Tour de magie de Toto) et de Christian Oster (Chevaliers et princesses avec gigot et L’invitation faite au loup).

Ma famille normale contre les zombies
Texte de Vincent Villeminot, illustré par Yann Autret
Nathan dans la collection Romans grand format.
14,90 €, 152×211 mm, 240 pages, imprimé en France, 2015.
Niak
Texte de Carl Hiaasen, traduit par Yves Sarda
Gallimard Jeunesse.
13,50 €, 140×205 mm, 294 pages, imprimé en France, 2013.
Le prince qui voulait rester propre
Texte de Christian Oster, illustré par Grégory Elbaz
l’école des loisirs dans la collection Mouche.
7,50 €, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

La Fédération Française des Associations des Chiens guides d’aveugles a fait une super vidéo pour rappeler qu’il y a encore des endroits où les chiens guides d’aveugle, et de fait leurs maîtres, ne sont pas les bienvenus…

Marie

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Des destins hors du commun

Par 20 mars 2015 Livres Jeunesse

MARJANE et le sultanMarjane est une jeune femme au talent remarquable et au caractère bien trempé. Depuis quelques années, elle s’occupe elle-même de l’atelier de confection de tapis créé par son père, aujourd’hui trop faible pour assurer la création. L’organisation du travail des ouvrières, la gestion des commandes et l’intendance de la maison, elle gère tout ça d’une main de fer. Mais un jour, la dure réalité vient troubler la vaillante Marjane : son père est souffrant, les médecins lui donnent peu de temps et il faut qu’elle songe à se marier si elle veut garder l’atelier et le toit qui l’abrite avec sa sœur cadette Anoosha. Marjane s’insurge contre cette coutume rétrograde qui dit que les femmes ne peuvent gérer une affaire ou posséder des biens en propre, quelle injustice ! Alors que son père la presse à prendre se marier et enchaîne les entretiens avec les familles des jeunes célibataires à marier, Marjane décide de prendre son destin et celui de sa famille en main et de plaider sa cause devant le sultan. Elle ne sait pas encore qu’elle devra relever un défi de taille pour montrer que les femmes sont dignes de confiance, et qu’elle vivra une aventure aussi palpitante que les contes que lui lisait sa mère quand elle était enfant.
Le fort caractère de l’héroïne m’a tout de suite conquise. Marjane est une femme forte, artiste, moderne, qui doit se battre contre le système patriarcal et passéiste du royaume d’Aroum à la fin du XIXe siècle. L’Orient offre un décor propice au roman d’aventures. On est tout de suite dépaysé par les descriptions appliquées des vêtements, du travail des ouvrières tisseuses, des paysages ensablés. L’histoire en elle-même est assez classique, même prévisible, mais on se laisse emporter par les péripéties et les émois de la jeune femme qui devra défendre courageusement sa famille et la cause des femmes.

Un Berger aux Jeux olympiquesSpiridon ne paye pas de mine : paisible berger qui mène paître son troupeau sur les coteaux escarpés de sa Grèce natale, il vit seul avec sa mère, simplement. Au loin dans la vallée, il voit les travaux pour les prochaines Olympiades qui se dérouleront à Athènes en 1896 prendre forme. Quelle excitation ! Il paraît qu’un Français du nom de Pierre de Coubertin a décidé de réveiller l’esprit olympique ! Spiridon n’ose même pas imaginer qu’il portera les couleurs de son pays, jusqu’au jour où il part faire son service militaire, et que ses talents de coureur sautent aux yeux de sa hiérarchie. Le jeune berger parviendra-t-il à défendre l’honneur de son pays dans la discipline reine qu’est le marathon ?
La course à pied se prête très bien au roman d’initiation. Les difficultés de l’entraînement, le rythme haletant de la course… tous les éléments du récit participent à l’identification. On suit le parcours de Spiridon depuis ses montagnes au grand stade d’Athènes en courant à sa hauteur, accrochés à son souffle, on souffre avec lui sous le soleil écrasant de l’été 1896. Ce court roman est suivi par un petit dossier documentaire sur l’évolution des Jeux olympiques de l’Antiquité à nos jours. L’ensemble est très agréable à lire, très accessible même pour des jeunes lecteurs qui se reconnaîtront dans personnage historique de Spiridon Louys : humble, un peu naïf, mais très courageux.

DemainJeTecriraiIl fut un temps où George Sand signait ses lettres de son doux prénom de baptême, Aurore. Un temps où Marcel Proust faisait des fautes d’orthographe et où Gustave Flaubert baillait d’ennui au fond de sa classe au lycée. Ce temps, celui de l’enfance et de l’adolescence, nous est livré comme capturé dans les lettres envoyées par ceux qui deviendront les grands noms de l’écriture. Certains ne savaient pas encore quelle serait leur destinée, comme Marcel Aymé qui ne s’intéresse qu’à commander une boîte à compas pour Noël quand il s’adresse à sa sœur. D’autres le devinent déjà un peu : Freud conseille à son meilleur ami de conserver ses lettres, des fois qu’il deviendrait célèbre. Charles Baudelaire et Paul Verlaine envoient tous deux leurs premiers vers à leur idole Victor Hugo pour se conforter dans la voie de la poésie qu’ils s’apprêtent à embrasser. Pour la plupart, ils racontent, entre les lignes, le quotidien d’une jeunesse qui ne change pas tant que ça avec les années et les siècles : quand on est jeune, on s’ennuie en classe, on a soif de liberté, on espère que l’avenir nous révélera au monde.
Ce recueil de correspondance offre un très beau moment de lecture. Qu’il est touchant d’imaginer les écoliers appliqués qui ont rédigé de leur plume ces petits mots destinés à leurs parents ou à leurs camarades ! Bien sûr, le grand écrivain sommeille déjà dans la plupart des textes qui ont été compilés par Marie-Ange Spire. Ils sont drôles, poétiques, impétueux… c’est un vrai plaisir que de lire ces écrivains en devenir. Le « carnet de lecture » qui suit les lettres, sans être assommant, m’enthousiasme un peu moins, sûrement parce qu’il rappelle la portée « scolaire » de ce recueil. La quatrième de couverture explique en effet que la correspondance des grands auteurs permet de mieux comprendre leur œuvre. Pas sûr que ce soit la principale force de ce livre. Certaines des lettres sont de véritables bijoux d’écriture en elles-mêmes, sans qu’on ait besoin d’y chercher la trace d’une référence historique ou littéraire qui viendrait éclairer l’œuvre d’un grand écrivain (par ailleurs encore inconnue du lecteur). Ce recueil a cette qualité rare qu’il donne envie de lire, et aussi envie d’écrire, ce qui est déjà un très beau cadeau à faire aux jeunes gens qui le découvriront.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Agnès Laroche (Dans les yeux d’un loup et On a rien vu venir).

Marjane et le sultan
Texte d’Agnès Laroche
Talents Hauts dans la collection Libres et égaux.
8€, 135 x 180 mm, 144 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.
Un berger aux Jeux olympiques
Texte d’Eric Chevreau
Oskar éditeur dans la collection Histoire et société.
9,95€, 145 x 190 mm, 88 pages, imprimé en Europe, 2015.
Demain je t’écrirai encore. Lettres de jeunesse de grands écrivains
Textes de George Sand, Marcel Proust, Sigmund FreudMarie-Ange Spire (cahier de lecture)
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior Textes classiques.
5,60€, 124 x 178 mm, 130 pages, imprimé en Espagne, 2015.

À part ça

La difficile discipline du marathon a déjà inspiré des écrivains qui y ont vu le reflet de la pratique de l’écriture. Dans son Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (Belfond, 2009), Haruki Murakami fait de nombreux parallèles entre la traversée du désert qu’il a vécue en écrivant son premier roman et sa pratique intensive du demi-fond. Concentration, endurance, capacité de résistance et d’abnégation… toutes ces qualités sont partagées par le coureur et l’écrivain.
Dans Courir (Les éditions de Minuit, 2008) Jean Echenoz s’est quant à lui intéressé au destin du coureur tchèque Emil Zátopek, quatre fois champion olympique. Le rythme de la course se retrouve dans celui de l’écriture du romancier formaliste. On se laisse emporter par la course du marathonien et l’écriture jubilatoire de l’écrivain.

Laura

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Faites chauffer les crayons !

Par 21 février 2015 Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Certains sont en vacances (désolé pour ceux qui ne le sont déjà plus), si l’on parlait de loisirs créatifs ?

Livre-Tapis d'activités ParisDe plus en plus courants, les grands grands coloriages (parfois avec des activités en plus) cartonnent auprès des enfants. On déplie par terre, on se met dessus seul ou à plusieurs, et l’on est parti pour des heures d’amusement (pas toujours consécutives, hélas pour les parents). On avait déjà, par exemple, testé les Livres-tapis d’activités de chez Actes Sud Junior, un nouveau vient de sortir signé Aki et c’est un spécial Paris. Double face et d’une taille d’un mètre sur un mètre cinquante, ici on ne propose pas que du coloriage. On va par exemple dessiner des boules de glace dans les cornets au jardin des plantes et devoir chercher des personnages à la Tour Eiffel, on va aussi colorier les arrondissements ou relier des œuvres au musée où elles sont présentées. Donc même ceux qui ne sont pas des grands fans de coloriages trouveront quelques activités pour s’amuser. Et en plus, c’est beau donc on a bien envie d’en faire un poster ensuite !
Colo géantIls sont grands aussi les Colos géants sortis dans la collection Les ateliers du calme aux Deux coqs d’or. Deux thèmes sont proposés, le jardin merveilleux et le zoo extraordinaire (où l’on ne voit pas de cage, c’est déjà ça…). Ici aussi, c’est grand (1,26 m sur 90 cm) et il y en a des choses à colorier ! Parfois, les détails sont plus petits et surtout il y en a partout ! Des heures d’activités en perspective ! Et puis, là aussi, si l’on est content de nous on peut l’afficher. Et c’est aussi une super idée pour occuper plusieurs enfants.

Mon très grand livre de coloriageUn peu moins grands (mais plus grands que des coloriages classiques),  ceux de Mon très grand livre de coloriage (le titre est exagéré, le livre l’est pas tant que ça, mais les pages se déplient). L’album propose 7 posters à déplier et à colorier !. Sept coloriages donc qui font environ 70 cm sur 30 sur des thèmes variés, mais toujours en rapport avec le voyage : Dans l’antiquité, La cité mystérieuse, La ville du futur, Au cœur de la forêt… Comme dans le livre-tapis d’activités, ici on ne fait pas que colorier. On compte des montgolfières ou l’on recherche des fenêtres cassées, on fait aussi marcher son sens de l’observation ! Une fois terminée la séance de coloriage, tout se replie dans le livre (c’est pratique !) et quand notre œuvre est finie la page se détache pour qu’on puisse l’afficher !

ah la belle journéeD’une taille plus classique, Ah ! La belle journée n’est pourtant pas un album de coloriage classique. Édité par les Amis du Père Castor, cet album est une reproduction d’un ouvrage sorti en 1934. Le papier est épais et les illustrations, au style rétro, absolument superbes. Ici, il ne faut pas juste colorier, mais compléter les dessins, on ne va pas barbouiller, mais « peindre » avec des crayons comme le signale l’introduction. D’ailleurs, on nous donne des conseils pour bien utiliser nos crayons, faire quelque chose de joli. Ce n’est pas le genre d’album de coloriage qu’on jette une fois terminé, c’est un album qu’on garde précieusement.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

L'art à petits pointsEt puisqu’on est dans les beaux albums, Palette… (qui édite toujours de superbes ouvrages en rapport avec l’art) vient de sortir L’art à petits points, un album de points à relier qui rend hommage à des œuvres d’art (connues ou moins connues). La colombe du tableau La Grande Famille de Magritte, le chien d’Untitled de Keith Harring ou celui de You are so little de Warhol, l’Ours Polaire de François Pompon apparaissent ainsi en reliant les points (de façon grossière évidemment). En fin d’ouvrage, les vraies œuvres sont présentées et les enfants découvrent les tableaux et les sculptures. Une façon très ludique d’appréhender l’art.

Mon petit monde à décorerD’abord, on lit, à deux voix, l’histoire, aidée par des mots-images (certains mots sont représentés par des dessins). Puis on colorie certaines pages et l’on décore avec les autocollants. Dans cette très bonne collection (Mon petit monde à décorer chez Gallimard), deux titres : Les trois petits cochons et Le petit Chaperon Rouge. Les illustrations sont pleines de pep’s et de couleurs. C’est complet, on aime beaucoup !

Egypte ancienneOn termine avec un autre ouvrage avec des autocollants, mais cette fois-ci sur l’Égypte Ancienne ! Dans ce très bel album publié par Palette… (donc gage de qualité) on apprend des tas de choses sur l’Égypte Ancienne grâce à des petits textes (sur les dieux et déesses, la vie quotidienne, les animaux ou encore, bien sûr, les momies) et l’on colle des autocollants. Ici encore, c’est vraiment une façon ludique d’apprendre plein de choses et les enfants passionnés par cette civilisation (et ils sont nombreux) vont se régaler.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Une sélection de cahiers d’activités et de loisirs créatifs regroupés dans un tableau pinterest.

Livre-tapis d’activités Paris
Par Aki
Actes Sud Junior dans la collection Livre-tapis d’activités
9,50 €, 1500×1000 mm, 1 pages, imprimé en Italie, 2014.
Colo géant zoo extraordinaire
de Nicole Colas des Francs
Deux coqs d’or dans la collection Les ateliers du calme
5,90 €, 1260×900 mm, 1 pages, imprimé en Chine, 2015.
Colo géant jardin merveilleux
de Lili la baleine
Deux coqs d’or dans la collection Les ateliers du calme
5,90 €, 1260×900 mm, 1 pages, imprimé en Chine, 2015.
Mon très grand livre de coloriage
de Stu McLellan
Gründ
7,95€, 240×320 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2015.
Ah ! La belle journée !
d’Hélène Guertik
Flammarion dans la collection Albums du Père Castor
16,50 €, 237×278 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
L’art à petits points
de Claire Zucchelli-Romer
Palette…
13,80 €, 212×299 mm, 96 pages, imprimé en Europe, 2015.
Les trois petits cochons
Texte de Séverine Charbonnel-Bojman, illustré par Mélanie Combes
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à décorer
7,90 €, 230×300 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2015.
Le petit chaperon rouge
Texte de Delphine Blétry,  illustré par Marion Cocklico
Gallimard Jeunesse dans la collection Mon petit monde à décorer
7,90 €, 230×300 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2015.
Égypte ancienne
Texte d’Elisabeth R. O’Connell (traduit par Floriane Herrero)
Palette… dans la collection Le livre d’activités
9,90€, 274x 220 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2015.

Gabriel

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