Trois ouvrages de Bénédicte Rivière

J’ai reçu, coup sur coup (à 2 jours d’intervalle, je crois), trois ouvrages de Bénédicte Rivière (auteur que, je l’avoue, je ne connaissais pas) chez trois éditeurs différents. Le hasard était déjà amusant ! Et peu de temps après, je l’ai croisée sur un salon ! J’ai donc eu envie de vous la faire découvrir à travers ces trois ouvrages.

des bisous pour tous les goûtsIl y a des bisous pour tous les goûts ! Il y a le bisou girafe (un long… Long… bisou…), le bisou chat (qui fait ronronner comme un pacha), le bisou pie (bisou volé), le bisou marmotte (pour bien dormir)… Et vous, vous les aimez comment vos bisous ?
Bénédicte Rivière nous livre donc une sorte de catalogue de bisous. C’est doux et poétique. Les illustrations de Christian Guibbaud sont colorées, pleines de malice. Graphiquement, c’est un album particulièrement réussi, la typo joue avec le nom des animaux (le f de furet est tout en longueur, le s du mot souris a une longue queue, le mot pinson a des ailes et d’ailleurs il s’envole…).
Je ne suis pas toujours fan de ce genre de livre, et pourtant là j’ai trouvé ça drôle, fin, poétique.
Un très joli livre prétexte à se faire des bisous.

Un point c'est toutIl est là. Si si juste là. Vous ne le voyez pas ? Regardez mieux ! C’est le point. Là, vous l’avez vu ? Il peut se transformer, à l’occasion en point d’exclamation (par exemple quand on est énervé) ou en point d’interrogation (quand on ne comprend pas). Il peut aussi devenir virgule et même point-virgule, tiret, deux-points… et tant d’autres choses encore.
Une jolie petite histoire pour parler de la ponctuation, très joliment illustrée par Anne Hemstege. Bénédicte Rivière aide les enfants à comprendre à quoi servent chaque signe de ponctuation, à se familiariser avec eux.
Le dossier de presse indique que le livre s’adresse aux enfants dès 5 ans, je pense, personnellement, que c’est un peu tôt. Ma fille de 6 ans, par exemple, ne connaissant rien de la ponctuation m’a vite dit qu’elle ne comprenait rien du tout. Plutôt pour les enfants dès le CP, d’après moi.
Une histoire où la ponctuation est vivante.

Arlequin, Charlot, Guignol & CompagnieSaturnin est un sacré cabotin, Diego, lui, est un charlot ! Quant à Nathan, quel don Juan ! Il y a aussi Arnold qui fait le guignol, Gaston qui est un vrai harpagon et Manon qui se met dans des situations ubuesques.
On oublie souvent que bien des expressions proviennent de personnages (littérature, théâtre, cinéma…). Qui étaient-ils ? D’où viennent-ils ? Qui était le Père Ubu qui a donné ubuesque ? Quel est le rapport entre « un secret de polichinelle » et le personnage de la commedia dell’arte ? Riquiqui, Sosie et Gogo étaient aussi des personnages avant de rentrer dans le langage courant, le saviez-vous ?
Dans ce bel album (qui ressemble à un carnet), Bénédicte Rivière et Gérard DuBois nous présentent donc ces personnages avec beaucoup d’humour, sans que ça ne soit jamais rébarbatif.
Un très bel ouvrage pour mieux connaître vingt-cinq personnages qui sont entrés dans le langage courant, pour les amoureux de la langue française… et les autres !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Christian Guibbaud (Trois souhaits pour une souris) et d’Anne Hemstege (Clovis & le pain d’épices).

Des bisous pour tous les goûts
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Christian Guibbaud
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
10,50 €, 210×240 mm, 28 pages, imprimé en Roumanie, 2014.
Un point c’est tout
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Anne Hemstege
Sarbacane
13,90 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Malaise, 2014.
Arlequin, Charlot, Guignol & Cie
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Gérard DuBois
Actes Sud Junior
10,90 €, 151×217 mm, 53 pages, imprimé au Portugal, 2014.

À part ça ?

Après le très beau Milanimo, Julien Baer et Katerine reviennent bientôt avec Le loup est un loup pour l’homme… en attendant… un extrait !

Gabriel

Maladresse et chagrin, avec Anne-Gaëlle Balpe

Anne-Gaëlle Balpe fait partie de ces auteurs que l’on suit. Elle vient de sortir deux nouveaux albums, très réussis, Le roi maladroit et D’où il vient ce gros chagrin ?.

Le Roi maladroitUn roi était si maladroit qu’il mettait ses vêtements à l’envers. Pour se moquer de lui, on le surnommait Dagobert, comme dans la chanson. Forcément, être moqué ainsi ne lui plaisait pas, et il voulut changer. Il fit venir Berlin l’enchanteur, qui était toujours enrhumé, pour lui préparer une potion. Malheureusement, l’enchanteur ne réussit pas à conjurer le sort. Et si un petit monsieur habillé d’un costume et portant une valise y arrivait ?
Voilà un bien bel album. Dans son texte, Anne-Gaëlle Balpe, s’amuse avec des références qui vont beaucoup plaire aux enfants. L’humour subtil du texte est bien agréable. C’est un texte drôle et intelligent. Et il faut dire aussi que les grandes planches de Mayalen Goust sont superbes, elle arrive à allier humour et esthétisme. Ces illustrations accompagnent avec merveille les mots d’Anne-Gaëlle Balpe. Il est difficile de ne pas vous révéler la chute, car après tout ce livre ravira les enfants concernés… En fait si le roi est si maladroit c’est qu’il ne voit pas très bien. Nul besoin donc d’enchanteur, mais le petit monsieur, qui a des lunettes dans sa valise sera bien plus utile.
Un album aussi beau que drôle pour dédramatiser les lunettes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

D'où il vient ce gros chagrinCe matin, en se réveillant, une petite fille découvre un gros chagrin assis sur elle. D’où vient-il ? Il faut trouver ! Est-ce à cause de la blessure sur le genou ? Non ça ne lui fait plus mal maintenant. Alors peut-être l’oreille décousue du nounours ? Non maman a promis de la réparer. Il n’est quand même pas là sans raison… Et non seulement il faut trouver ce qui l’a fait venir… mais aussi le faire partir.
Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de penser au Crafougna de Stéphane Servant et Anne Montel en lisant D’où il vient ce gros chagrin ? d’Anne-Gaëlle Balpe et Cécile Vangout, mais ici on est plus dans la douceur (sans mièvrerie), on s’adresse aux plus petits. Je suis toujours aussi fan du travail de Cécile Vangout qui, là encore, illustre avec beaucoup de poésie et de tendresse. Le texte est là aussi très fin, on parle donc du chagrin (qui est personnifié par un monstre qui va être de moins en moins gros au fur et à mesure que la petite fille se sent mieux). On ne dit jamais quelle est la cause du chagrin si bien que chaque enfant pourra s’y projeter.
Un très bel album, plein de douceur et de poésie pour surmonter sa peine les jours où l’on se sent un peu triste.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne-Gaëlle Balpe (Une pizza pour Monsieur WolfLa lanterne magique, Noël à l’endroit, Où va-t-on quand on disparaît ?, Chez moi, Mon cartable, De vrais amis, Le grand n’importe quoi, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venir, Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai grand méchant loup, Les potions de Papi-guérit-tout, et Fées d’hiver), Mayalen Goust (Le prince amoureux) et Cécile Vangout (Petit Minus, Et tu es né…, Est-ce que vous m’aimerez encore… ?, Lulu et Moussu, Je n’irai pas !, J’attends Mamy et Giga Boy). Retrouvez également nos interviews d’Anne-Gaëlle Balpe et de Cécile Vangout.

Le roi maladroit
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Mayalen Goust
Marmaille & compagnie
13,50 €, 329×306 mm, 32 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
D’où il vient ce gros chagrin ?
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Cécile Vangout
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
10,50 €, 200×230 mm, 32 pages, imprimé en Roumanie, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

J’aime les livres et je veux que les auteurs en vivent, un groupe facebook à suivre.

Gabriel

Ogresse et sorcières

Les ogresses et les sorcières vous font un peu peur ? Tant mieux ! C’est bon d’avoir peur, non ?

babayagaEst-ce pour cela qu’elle était si méchante ? Toujours est-il que Babayaga n’avait qu’une seule dent. Enfant on s’était tant moqué d’elle, comment pouvait-il en être autrement ? Le temps passa, après avoir mangé son chien, Babayaga commença à manger les enfants. Cacayaga, sa sœur, était la belle-mère d’une petite Miette. L’enfant était adorable, mais sa marâtre qui ne la supportait pas décida de profiter de l’opportunité d’avoir une sœur ogresse pour s’en débarrasser. Elle demanda à Miette d’aller lui porter du fil et une aiguille, c’est certain, elle ne reviendrait pas.

Je me doute que vous êtes nombreux à déjà connaître ce petit bijou de la littérature jeunesse, signé Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, sorti il y a plus de dix ans. Mais j’avais envie de me faire plaisir en chroniquant ce magnifique album que j’ai dans ma bibliothèque depuis bien avant la création du blog. Un grand album aux superbes illustrations signées par un des plus grands noms de la littérature. Taï-Marc Le Thanh s’inspire du célèbre conte Russe, s’en empare et en livre sa version personnelle, pleine de malice et d’humour. Tout simplement un des plus beaux albums de ma bibliothèque, un livre où il fait bon se plonger et où l’on découvre chaque fois de nouveaux détails.
Le même vu par Za (avec d’autres versions de Babayaga) et par Œil d’ailleurs.

Patatra la p'tite sorcièrePatatra est une petite sorcière qui a très mauvais caractère. Alors qu’elle vient d’apprendre une formule qui changera quiconque en crapaud, un merle lui fait un bien mauvais tour : il envoie une fiente sur la table de pique-nique qu’elle vient de dresser ! Ni une, ni deux et voilà le volatile transformé ! Et il n’est que le premier d’une grande série !

Très loin de l’univers de l’album précédent, voici donc Patatra la p’tite sorcière et les crapauds de Monique Aloujes et Florian Le Priol, une histoire pleine d’humour tant dans les situations que dans la façon dont l’illustrateur s’en est emparé. Mais je dois dire que j’ai été parfois extrêmement surpris ! Mélange des techniques ? Tentatives de styles différents ? On a l’impression que plusieurs illustrateurs ont travaillé sur l’album ! J’avoue avoir été totalement séduit par certaines planches (comme celle avec le prince charmant) quand d’autres m’ont plutôt déplu. Parfois dans une même planche on retrouve des styles extrêmement différents ! Certains apprécieront certainement ce mélange de styles et de techniques, se diront même, peut-être, que ça casse toute monotonie. Pour ma part, je trouve que ça donne un côté inégal à l’album. En fin d’ouvrage, une chose très originale, des éléments à découper pour faire une planche du livre en pop-up.
Vous pouvez feuilleter une partie de l’album ici.

La sorciere verte seme le bazar couv:La sorciere verte seme le bLa sorcière verte a décidé de se lancer dans le jardinage, comme le faisait sa mémé ! Elle a même retrouvé ses affaires : bottes en caoutchouc, salopette et même sachets de graines ! Sauf qu’en ouvrant les sachets, il ne se passe pas ce qu’il doit se passer ! Voilà les graines qui lui sautent dans les trous du nez et notre sorcière a beau tout tenter, elles y restent ! Notre sorcière s’énerve tant et tant que toutes les autres graines tombent entre les fentes du parquet. Et voilà que bientôt elles germent, poussent et s’enroulent autour des chevilles de la pauvre sorcière et ce n’est pas tout… celles de son nez se mettent aussi à réagir et la voici bientôt avec du persil qui sort du nez !

Je vous avais déjà parlé des premières aventures de la sorcière verte qui ne m’avaient pas vraiment séduit, même si là encore pas de coup de cœur, j’avoue avoir préféré celui-ci surtout au niveau des illustrations. Anne Mahler s’est appropriée le personnage, mais ici c’est à la peinture qu’elle lui donne vie. Ce ne doit pas être évident que de reprendre un personnage déjà traité par un autre illustrateur et d’ailleurs c’est dans les autres dessins qu’on la sent plus à l’aise, où le résultat est meilleur (je préfère, par exemple, largement son mage à la sorcière). Comme pour le premier, le texte est entièrement en rime. Un petit album plein d’humour sur une fée pas très adroite.
Des extraits sur le site des Éditions Petite Fripouille.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Taï-Marc Le Thanh (Jonah, T.1 Les sentinelles), Rébecca Dautremer (Le loup de la 135e, La chèvre aux loups et Les deux mamans de Petirou) et Viviane lelong-Verdier (La sorcière verte a mal au ventre). Retrouvez aussi notre En vacances avec Rebecca Dautremer.

Babayaga
Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Rébecca Dautremer
Gautier languereau
14,95 €, 250×370 mm, 34 pages, imprimé en Italie, 2005 (première édition 2003).
Patatra la p’tite sorcière et les crapauds
Texte de Monique Aloujes, illustré par Florian Le Priol
Karibencyla
11,20 €, 200×210 mm, 36 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
La sorcière verte sème le bazar
Texte de Viviane Lelong-Verdier, illustré par Anne Mahler
Éditions Petite Fripouille dans la collection La sorcière Verte
7,50 €, 170×220 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2014.

À part ça ?

Mercredi, dans l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin, j’ai parlé de livres à l’humour piquant ! Mon passage est réécoutable dans l’onglet Chroniques Radio.

Gabriel

Des bêtes pas si bêtes !

Aujourd’hui, je vous présente deux contes qui mettent en scène des animaux rusés !

les musiciens de bremeUn âne, un chien, un chat et un coq décident de se rendre à Brême, pour devenir musiciens. Quatre animaux qui ne sont plus heureux, qui ont envie d’autre chose, qui s’en donnent les moyens et prennent la route. En chemin, ils croisent des brigands… Mais ils ont plus d’un tour dans leur sac, et à eux quatre, ils devraient s’en sortir.

Les Musiciens de Brême est un célèbre conte des Frères Grimm, proposé ici dans une version illustrée par Fanny Dreyer. Le texte est le récit original, et a donc un peu vieilli (on trouve par exemple une ou deux références religieuses), mais le fond de l’histoire est toujours d’actualité : quatre amis qui partent à l’aventure pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs et qui se serrent les coudes, ça donne toujours lieu à de belles aventures ! Les illustrations de cette version sont modernes et originales, à la fois très colorées et géométriques ! Un bel album pour découvrir ou redécouvrir un classique !

la chèvre aux loupsAu bord de la Rivière de l’Arc, dans les montagnes Rocheuses canadiennes, les animaux vivent en paix. Castor, écureuil, oie, cerf, wapiti, ours ou puma, tout le monde mène une vie paisible. Jusqu’au jour où une horde de loups vient roder dans le secteur et semer la terreur. Les animaux, effrayés ne savent que faire et semblent condamnés à l’exil… Mais sans compter sur Cornefine, une petite chèvre, rusée et habile qui devrait réussir à les sortir de ce mauvais pas et à se débarrasser une bonne fois pour toutes de cette mauvaise troupe…

La chèvre aux loups est un conte parfait pour l’hiver ! Publiée à titre posthume, cette histoire de Maurice Genevoix sent bon les grandes plaines, la neige, et le froid. On est plongé dans cette atmosphère si particulière, aussi bien avec les mots bien choisis qu’avec les magnifiques illustrations de Rebecca Dautremer, très fines et détaillées. Amitié, peur, malice et aventures sont au rendez-vous ! Il y a beaucoup de texte, mais les plus jeunes aimeront sans doute l’écouter en plusieurs fois, alors que les plus grands profiteront d’un magnifique album (ce n’est pas parce qu’on sait lire qu’on n’a plus le droit qu’aux romans !). On trouve même une bande de toile sur la reliure et des lettres argentées. C’est sans doute un détail mais ça ajoute encore une petite touche de magie ! Parfait pour les journées pluvieuses du moment !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Rebecca Dautremer (Les deux mamans de Petirou). Retrouvez également ses réponses à notre En vacances avec.

Les musiciens de Brême
Texte de Jacob et Wilhelm Grimm, illustré par Fanny Dreyer
La joie de lire
14 €, 235 x 297 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013
La chèvre aux loups
Texte de Maurice Genevoix, illustré par Rebecca Dautremer
Gautier-Languereau
14,90 €, 237 x 290 mm, 60 pages, imprimé en Espagne, 2013

A part ça ?

Certes, c’est encore du papier découpé, mais décidément, je ne m’en lasse pas et je vous conseille d’aller jeter un œil au travail de Yusuke Oono.

Marianne

Il fait froid !

Mais quand même c’est amusant de s’entendre claquer des dents
Et dehors tout est glacé on va tous aller glisser
(…)
Et aussi c’est amusant de faire des nuages en soufflant
De l’air chaud devant son nez
FroidLes cuivres de Ménilmontant

Dehors il fait froid… dans les histoires aussi !

Le voyage d'anokiAnoki sort de son igloo. Il fait froid. Il y a du blanc à perte de vue. Depuis toujours il a entendu parler du Grand Blanc, on lui a dit qu’il n’y avait que les enfants qui pouvaient le voir, bientôt Anoki n’en sera plus un… c’est le moment où jamais ! Anoki par donc à la recherche de celui dont on dit qu’il ressemble à un ours si grand qu’il touche les étoiles. Le voyage sera long… Anoki trouvera-t-il le Grand Blanc ?

C’est encore un album sublime que sort Antoine Guilloppé. Une aventure, une quête, l’histoire d’un enfant, bientôt adulte qui veut accomplir un rêve, rencontrer un personnage qui le fascine. Les illustrations sont tout simplement sublimes et c’est un magnifique objet : un vernis sélectif sur certaines pages pour nuancer les blancs, de l’argenté sur les étoiles, un pop-up à la fin… C’est un magnifique cadeau que nous font là les éditions Gautier Languereau et Antoine Guilloppé. Un bijou à avoir dans sa bibliothèque.
Une vidéo présentant l’album.

Le roi de la montagne en hiverUne vieille femme veuve et aigrie vivait avec ses deux filles, la plus âgée était son portrait craché, l’autre était la gentillesse même. Bien sûr la mère et l’aînée maltraitaient la cadette, lui donnaient des travaux difficiles à accomplir en espérant la voir devenir moins belle. Bien-sûr c’était sans effet. Un jour, alors qu’une tempête de neige venait de s’abattre et que le froid régnait dehors, la plus grande des filles exigea des violettes. La mère obligea donc la plus jeune à aller lui en chercher sous peine de ne pas rentrer. Après avoir longuement marché, la jeune fille rencontra 12 hommes qui regardaient des flammes, ces douze hommes allaient l’aider.

J’ai eu un petit pincement au cœur en lisant cette histoire car je suis persuadé de l’avoir entendu quand j’étais enfant (vous savez parfois on ne se souvient plus et d’un coup tout revient). Ces hommes qui sont au milieu de la montagne et représentent les douze mois de l’année vont aider la jeune fille. Le conte est absolument superbe (il est inspiré d’un conte tchèque et d’un conte russe), et les illustrations d’Aurélia Fronty magnifiques. Là aussi, un très bel album.
Des extraits en ligne.

Ina et AslakIna a les cheveux blonds, il lui manque une dent en bas, elle aime le violet, les chouettes et courir. Mais surtout son frère Aslak. Aslak n’a que huit dents en haut et huit dents en bas, il aime se déhancher dans sa couche et sa couleur préférée est tracteur (son animal préféré aussi d’ailleurs). Et bien-sûr Aslak adore Ina. Ensemble aujourd’hui ils partent couper du bois parce qu’il fait froid. Ils s’emmitouflent de la tête aux pieds, ils prennent une hache et c’est parti !

Dans un tout autre style que les deux ouvrages précédents, Ina et Aslak apprentis bûcherons est une petite pépite. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album. C’est extrêmement drôle -Aslak ne sait dire que « oui » (même quand il faut dire « non ») et « tracteur » (à propos de n’importe quoi)-, c’est très poétique (surtout grâce aux illustrations, un mélange de montages faits avec du papier découpé et photographié, de collages et de dessins), c’est un peu décalé. Ça fait du bien de découvrir d’autres littératures (c’est un album norvégien) surtout quand elles sont de cette qualité. Un album que j’ai adoré lire à ma fille et que ma fille a adoré écouter, qui nous a fait rire autant l’un que l’autre.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Oeil d’ailleurs et par Sous le feuillage.

NeigeAlors qu’il se balade, un petit lapin voit quelques flocons virevolter. L’écureuil va se coucher, le lapin continue et les flocons sont de plus en plus nombreux. Les grenouilles aussi regagnent leur abri, le petit lapin continue et il neige de plus en plus. Tour à tour les animaux rentrent à l’abri, bientôt le petit lapin retrouvera sa maman, lui aussi se mettra au chaud.

Après la Norvège c’est un album japonais que je vous propose de découvrir. Un album très doux, très poétique. Petit à petit la neige recouvre le sol et les pages sont de plus en plus blanches, jusqu’à le devenir complètement (grâce au talent de l’illustratrice on aperçoit quand même ce petit lapin blanc et sa maman dans les étendues enneigées). On parle donc ici des animaux qui hibernent, des saisons, de la peur d’être abandonné (petit lapin a peur d’avoir perdu sa maman). Un bien bel album.
Des extraits en ligne.

Une vie d'escargotFuyant le froid, Andreï l’escargot avance. Il faut faire vite, la neige commence à tomber. En chemin il ramasse de quoi manger. La neige tombe trop fort, Andreï rentre chez lui, le voilà bien au chaud. Il se fait une tisane, s’allonge sur son sofa et il dort en rêvant en attendant le printemps… Mais si les rêves ne suffisaient plus, si la réalité c’était mieux ? Andreï a envie de vivre là où il fait chaud !

Une vie d’escargot nous parle aussi de l’hibernation mais également des voyages, des rêves, d’oser casser les habitudes. J’avoue avoir été surtout séduit par les très jolies illustrations de Janik Coat, très graphiques. Un album sorti dans la collection Fil rouge, une collection petit format à « petit prix » d’Autrement.
Le même vu par Sous le feuillage.

Tout sur l'hiverOn termine avec un album documentaire, Tout sur l’Hiver sorti au Seuil Jeunesse. Grâce à des BD, des illustrations, des photos, des petits textes courts… on va apprendre des tas de choses sur l’hiver. Pourquoi il y a l’hiver ? Comment reconnaître les arbres quand ils n’ont plus de feuilles ? Comment les plantes et les animaux résistent au froid ? Mais on parlera aussi de l’hiver en ville, à l’école (avec des poésies sur l’hiver). On trouve aussi des jeux, des recettes, des idées de loisirs créatifs… on parle du Père Noël, de Mardi Gras, de l’Épiphanie… bref voilà un album documentaire très complet, très bien fait (on ne s’ennuie jamais) et aux belles illustrations qui nous dira tout sur cette saison et ce qu’il s’y passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Antoine Guilloppé (Les musiciens de Brême, La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse) , Aurélia Fronty (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Anne Cortey (Muette), Janik Coat (Mon hippopotame, Pour un carré de chocolat, Une vie d’ours et La surprise) et Clémentine Soudais (Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Le voyage d’Anoki
d’Antoine Guilloppé
Gautier Languereau
19,95€, 310×305 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013
Le roi de la montagne en hiver
Texte de Sylvie Delom, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20€, 240×310 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Ina et Aslak apprentis bûcherons
Texte de Tore Renberg (traduit par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Øyvind Torseter
Didier Jeunesse
13,10€, 185×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Neige
de Kaori Tajima
Lirabelle
19€, 230×290 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
Une vie d’escargot
Texte d’Anne Cortey, illustré par Janik Coat
Autrement dans la collection Fil rouge
5,20€, 160×190 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Tout sur l’hiver
Texte de Clémence Sourdais, illustré par Charline Picard
Seuil Jeunesse
18€, 260×260 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Il y’a du nouveau dans notre livre d’or !

Gabriel