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Gudule

Hommage à Gudule

Par 22 mai 2015 Non classé

Gudule

Sur La mare aux mots, nous ne faisons que des chroniques. Nous ne parlons pas de l’actualité, nous parlons des livres. Mais là, il nous était impossible de ne pas rendre hommage à Gudule qui vient de nous quitter.

Gudule avait été la toute première invitée de La mare aux mots. Le blog n’existait pas encore qu’elle avait dit oui et répondu à nos questions.

Quand nous avons eu l’idée de la rubrique Coup de cœur/Coup de gueule, c’est elle aussi qui a ouvert le bal.

Gudule elle était comme ça. Généreuse.
On la considérait un peu comme notre marraine.

D’un point de vue personnel, j’ai eu la grande chance de la connaître. Ami de sa fille, j’ai passé du temps chez elle, avec elle, il y a quelques années. C’était quelqu’un de tellement drôle, de tellement accessible, de tellement généreux.

Et quelle écrivaine ! Il faut lire L’amour en chaussettes, La bibliothécaire et bien d’autres.

Gudule a osé souvent aborder des thèmes délicats, des thèmes pas à la mode, des thèmes polémiques (elle nous en avait parlé aussi dans la rubrique Le tour de la question). Et toujours avec talent.

Je suis triste, très triste et je vous livre les mots comme ils viennent.
J’ai proposé à d’autres de se joindre à moi dans cet hommage. D’autres mots viendront peut-être s’ajouter.

J’espère que vous irez (re)lire ses livres, découvrir ses « moments de solitude » sur son blog, qui sont toujours une bonne occasion de rire.

Parce que ce que je retiens surtout de Gudule, c’est le rire.

Gabriel

Pour moi, Gudule, c’est surtout La Bibliothécaire. Ma grand-mère m’avait acheté ce roman au supermarché qui jouxtait la maison de mes grands-parents. J’ai d’abord été attiré par le nom de cette auteur. Gudule ? Ça alors ! Puis par la couverture pleine de livres, avec cette femme drapée de noir, mystérieuse. Il y avait un liseré bleu sur la tranche du livre, qui signifiait, dans cette collection, que ce titre s’adressait aux enfants plus âgés. Je n’en étais qu’à lire des liserés rouges. Et pourtant, je l’ai choisie cette histoire qui m’intriguait tant ! Je n’étais sans doute pas encore assez grande lectrice quand j’ai commencé alors j’ai buté sur les premières pages. Mais j’ai été emportée par l’histoire, j’ai persévéré et l’ai dévoré… Une preuve de plus qu’il n’est pas nécessaire de cloisonner les tranches d’âge…
Gudule est associée à un doux souvenir de mon enfance : ma première histoire un peu difficile, à laquelle je n’avais pas renoncée, captivée par cet univers si particulier. À ce titre, sa disparition me touche. Je m’en vais de ce pas découvrir le reste de son œuvre…
Marianne

Gudule pour moi comme pour beaucoup c’est La bibliothécaire. Je me rappelle encore de la couverture, cette femme ronde, silencieuse, presque religieuse, au milieu de tous ces livres, cette bibliothécaire qui fait chuuut ! J’avais adoré ce roman et devenue auteure mais surtout bibliothécaire j’ai adoré et j’adore (et j’adorerai) le recommander aux lecteurs. Gudule c’est aussi la Ménopause des fées, pour les adultes, je ne les ai jamais lus, mais je me revois ranger les livres sur les étagères de la médiathèque et faire « Rooo quand même ! » en souriant devant la 4ème de couverture. Au revoir Madame Gudule, votre patte nous manquera.
Fanny Robin

Je n’avais publié qu’un livre ou deux quand j’ai lu L’amour en chaussettes. Je me suis dit que j’aurais un jour le plaisir de croiser sur un salon ici ou là cette auteur culottée, aux histoires subtiles. J’avais envie de parler de tas de choses avec elle. Je ne l’ai jamais rencontrée. Impression d’un rendez-vous manqué. Une pensée émue pour ses proches.
Cécile Roumiguière

Mon premier souvenir de Gudule c’est La bibliothécaire, comme j’ai aimé, comme il est beau ce titre. Si longtemps après je me rends compte qu’il est resté ancré dans ma mémoire alors que d’autres ont passé, et puis il y a eu tous les autres, la liste est trop longue, mais à chaque fois un plaisir immense, le sourire et le bonheur de lire. Merci Gudule
Jean-Luc Clerc (Les sandale d’Empédocle)

Je suis également très très triste pour Gudule. Je l’aime tellement fort cette auteure.  Avec Marie-Aude Murail et Geneviève Brisac. Elles sont les marraines fées de mon enfance et adolescence.  Mes piliers de littérature.  Gudule m’a beaucoup apporté avec son roman Ma vie à reculons. C’était la première fois qu’on osait « m’en parler » sans tabou.  Mon père a le VIH et ma maman est décédée à cause de cette maladie. Ils ont appris qu’ils étaient malades à 6 mois de grossesse de ma maman qui n’avait qu’une envie avoir cette petite fille. Et c’était moi ! On lui a dit d’avorter elle n’a jamais voulu. Pourtant les risques que je sois malade étaient importants.  Je ne suis pas malade. Elle est décédée 2 ans et demi après. La grossesse l’a beaucoup fatiguée.  Le sida a été l’ombre de mon enfance et adolescence.  Encore avec mon père nous avons du mal à dire les mots. Alors quand j’ai lu le roman de Gudule sous ma couette avec la lampe de poche. J’ai su que j’avais une alliée. À sa façon, elle m’a soutenue avec d’autres de ses romans.
Aurélie

Gudule, c’est La bibliothécaire, si chère à mon cœur. Gudule, c’est Un bout de chemin ensemble, où les animaux sont plus qu’humains. Gudule, c’est aussi L’amour en chaussettes, j’ai été sa Delphine amoureuse d’un prof. Nous avons été nombreuses à être Delphine ou bien l’un de si ses nombreux autres personnages encore. Gudule, c’est une liberté de ton, une justesse des situations, un flot de sentiments si bien décrits, si bien écrits. Les mots ne meurent jamais… alors Gudule est éternelle.
Mymi Doinet

J’avoue n’avoir lu aucun des romans de Gudule, et pourtant je suis profondément triste de savoir que cette magnifique personnalité n’est plus. Je l’avais rencontrée alors que j’étais toute débutante en littérature jeunesse. C’était dans les couloirs d’Hachette si j’ai bonne mémoire, puis dans des salons, à intervalles réguliers. Ce qui m’a toujours frappée, c’était qu’elle était vraiment “là” : convaincue, enthousiaste ou révoltée, profondément sincère, à l’écoute (la véritable écoute). Elle avait toutes les qualités qui font qu’un être humain est attachant, qu’on ne l’oublie pas, et qu’on pense, à chaque fois qu’on vous annonce qu’il(elle) sera présent(e) : “Ah, génial !”. On pouvait ne pas l’avoir vue depuis des années, c’était comme si on s’était parlé la veille. Ce n’est pas si fréquent, c’est même extrêmement rare. Sa disparition me touche  davantage que celle de certains membres du cercle familial. Car il existe une autre famille, qui regroupe des personnes de tous les horizons, qu’on ne rencontre que par intermittence mais dont la présence vous réconforte à chaque fois : oui, l’être humain peut “avoir du cœur”, dans le sens le plus riche et le plus profond de cette expression parfois galvaudée
Béatrice Nicodème

De Gudule, j’ai lu énormément, et je me rappelle tout particulièrement l’incroyablement prophétique Regardez-Moi – où une jeune fille et sa famille acceptent de laisser entrer chez eux les caméras, pour être filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À l’époque, au collège, on voyait cette histoire comme une dystopie. C’était le tout début de la télé réalité… Bien des années plus tard, on voit à quel point elle avait raison. Pour tous ces moments où elle a eu raison, et avec justesse et poésie en plus, merci, Gudule
Clémentine Beauvais

Lorsque mon beau frère m’a annoncé le décès de Gudule, c’est un peu comme si un rayon du soleil se voilait soudain.
Nous nous sommes rencontrées sur un salon où elle dédicaçait alors son premier roman jeunesse.
Pleine d’allant et dans le même temps sur la réserve par rapport à cet avenir littéraire … Elle aimait tant écrire. Un besoin viscéral.
Est-ce que cela “marcherait” ?
J’en souris rétrospectivement.
Tout de suite nous nous sommes entendues et nous aimions nous retrouver lors de ces manifestations; car c’était toujours un peu compliqué de se rencontrer autrement.
J’adorai son énergie pétillante, sa façon de voir volontairement optimiste et son attention aux autres.
Et puis sa voix, le son de sa voix.
Ensuite elle n’est plus allée sur les salons et elle a quitté Paris. Nous nous sommes perdues de vue.
Je me disais toujours que j’allai la recontacter. Mais je pensais qu’ elle vivrait très âgée, comme sa mère, et que j’avais le temps… parce que
Gudule, c’était la vie.
Domitille de Pressensé

Pour une des interviews, j’avais demandé à Gudule sa bibliographie sélective, voici les titres qu’elle avait choisi de citer

  • La Bibliothécaire (Hachette)
  • J’irai dormir au fond du puits (Grasset)
  • Mille ans de contes mythologiques (Milan)
  • La chambre de l’ange (Nathan)
  • La princesse au teint de lune et autres contes du Japon (Mic-Mac)
  • Profession Vampire (Archipoche)
  • L’amour en chaussettes (Thierry Magnier)
  • Valentin Letendre, Amour, magie et sorcellerie (Plon)
  • Le secret des Hurlants (Bayard)
  • Le croqueur de lune (Mijade)

En littérature pour adultes :

  • Mémoires d’une aveugle (Rivière Blanche)
  • Le petit jardin des fées (Mic-Mac)
  • Le club des petites filles mortes (Bragelonne)

Le blog de Gudule : http://gudule.eklablog.com.

Les livres d’elle que nous avons chroniqués : Les mille et une nuits40 histoires pour les tout-petits, Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour.

Notre hommage sur facebook et vos nombreux témoignages.

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Minuscule c’est grandiose !

Par 28 janvier 2014 Cinéma et DVD, Livres Jeunesse

Demain sort en salle le film Minuscule. L’occasion de vous le présenter et de vous parler de l’avalanche de livres qui accompagnent cette sortie.

affiche minusculeMinuscule, ici, on connaît depuis des années. On adorait les courts, on les a presque tous vus (il m’est même arrivé d’offrir un des DVD à des adultes sans enfants) et voici donc que sort en salle le long métrage, Minuscule la Vallée des Fourmis Perdues ! Ici, c’est l’histoire d’une coccinelle qui, après un accident, va se lier d’amitié avec des fourmis. Il sera donc question d’amitié, d’entraide… mais aussi de se battre ! En effet, les fourmis (noires), qui ont réussi à s’approprier des morceaux de sucre suite à un pique-nique quitté rapidement, vont devoir se battre contre des fourmis (rouges) beaucoup plus violentes. On assiste donc à une vraie guerre sans limites (certaines scènes m’ont clairement rappelé Le seigneur des anneaux). Alors bien sûr ce n’est pas non plus extrêmement violent (même si les deux enfants de cinq ans qui m’accompagnaient n’étaient pas rassurés pendant la grande scène de bataille), mais quand même… Il y a des explosions et certaines fourmis ne rentreront pas chez elles…

Le film, comme la série, est tourné en images de synthèse incrustées dans des décors réels. On a donc de magnifiques décors de nature (forêt, prairie…), qui sont encore plus beaux en 3D. Mais c’est surtout très drôle ! Quelque part entre Tex Avery et Pixar (avant Minuscule extraitDisney). Bref, si vous connaissez la série Minuscule et si vous l’aimez… vous risquez d’aimer également le film !

Mais vous vous posez peut-être la question que je me suis posée, est-ce qu’on prend autant de plaisir devant ce long format que devant les courts, n’est-ce pas un peu « étiré » ? Et là… je dois admettre que par moment je me suis un peu ennuyé, que les deux enfants qui m’accompagnaient m’ont demandé « c’est bientôt fini ? » plusieurs fois vers la fin (mais un film d’1 h 30 c’est de toute façon trop long pour des enfants de 5 ans). Personnellement, je ne suis pas un très grand fan de films pour enfants, je l’ai déjà dit ici, et donc je m’ennuie assez vite (autant la littérature jeunesse regorge de merveilles, autant le cinéma ça coûte cher donc faut que ça soit rentable et Minuscule imagedonc que ça plaise au maximum de gens) donc je ne suis pas forcément objectif (même si je dois dire que je me suis beaucoup moins ennuyé que devant les trois quarts des longs métrages pour enfants alors qu’il n’y a ici aucun dialogue parlé).

Bref, un film plein d’humour et de fantaisie, qui traite de l’amitié, de l’entraide entre les peuples, de ne pas juger l’autre sur sa différence… tout ça avec une extrême poésie et dans des décors somptueux.

La bande annonce :

Retrouvez Minuscule sur Facebook et sur le site avec plein de bonus.

C’est assez surprenant de voir comment maintenant la sortie d’un film français s’accompagne, telle celle d’un film américain, de marchandising… Bon on n’est pas non plus chez Disney (pour battre Disney sur ce terrain il faut quand même y aller fort et ne pas avoir peur du ridicule), mais chez Nature et Découvertes on va trouver des peluches et chez nos libraires tout un tas de livres. Je me suis bien entendu plus intéressé aux livres. Deux « séries » sortent, en rapport avec le film chez Nathan et plutôt en rapport avec la série chez Glénat.

Minuscule album grand formatDonc comme on parle du film, parlons des ouvrages en rapport avec celui-ci. Nathan sort deux albums. Il s’agit bien entendu de novélisation du film (signés Gudule, excusez du peu, et Cécile Jugla). On retrouve donc notre petite coccinelle. Sa naissance, son accident, sa rencontre avec les fourmis et bien entendu la guerre sans merci entre les deux races de fourmis pour une boîte de sucre. L’histoire qui ne contient pas le moindre mot sur grand écran, en trouve de bien beaux grâce aux auteurs, sur papier. Deux albums assez proches, le texte est le Minuscule album PETIT FORMATmême, mais il est plus court dans le petit album, plus résumé. Les photos (qui sont des captures d’écran du film), bien mieux mises en valeur dans le grand album. Pour dire les choses, le grand album est vraiment un bel ouvrage, de ceux qu’on garde précieusement, le petit est beaucoup moins sympa (disons que la différence de prix est justifiée). Ces deux ouvrages se lisent facilement sans avoir vu le film, mais seront, évidemment, encore plus appréciés par ceux qui l’ont vu, comme pour garder l’histoire avec soi, la relire, mieux la comprendre.

Minuscule c’est donc d’abord un programme court (qu’on peut retrouver sur quatre DVD que je vous conseille fortement, on en avait parlé sur le forum). Et, profitant de la sortie du film, Glénat sort plusieurs ouvrages.

MINUSCULE PUZZLEOn commence avec un livre pour les plus jeunes… un livre-puzzle ! Vous connaissez le principe, je pense, ici on va trouver 5 pages cartonnées avec des pièces de puzzle à détacher, il faudra ensuite les remettre au bon endroit, l’image à reconstituer étant présente derrière les pièces, ça aide bien ! Ce sont des puzzles 12 pièces et l’on regrette juste que les pièces ne soient pas un peu plus épaisses, ça serait plus pratique pour les petites mains. En plus de ce côté ludique, une petite histoire dans laquelle on compte, comme une sorte de petite comptine. Un bien joli album-puzzle !

MINUSCULE JEUX QUI FONT BZZZOn continue à jouer avec Minuscule, jeux qui font Bzzzzzz. Ici, c’est un cahier d’activités qu’on nous propose. Relier un animal et son ombre, remettre le nom des animaux dans des mots croisés, répondre à des quizzzz, remettre des lettres manquantes dans un texte à trou, colorier, coller des autocollants… Une bonne vingtaine de pages avec des activités variées que les enfants vont adorer… ou du moins chacun y trouvera quelque chose pour lui (des mots mêlés ne s’adressent pas aux mêmes enfants que le jeu où il faut retrouver les ombres des animaux, par exemple). Un petit cahier d’activité très sympa pour occuper tous les enfants de la famille.

Minuscule deux histoires en foliesMinuscule, Deux histoires en folie, quant à lui, propose deux histoires avec des mots-images (vous savez quand certains mots sont remplacés par des images ce qui permet de lire l’histoire à deux voix). Deux épisodes de la série sont ici réunis. L’idée est sympa… sauf que le passage de l’épisode au livre n’est pas toujours très bien fait, certaines choses sont très résumées et provoquent des incohérences (par exemple une télé qui explose alors qu’elle est débranchée…), il arrive aussi que l’illustration de la page concerne le texte de la page suivante… pas très judicieux, les mots-images ne sont pas toujours très bien choisis… Et pour être franc, je n’ai pas trouvé le texte particulièrement brillant… bref même si ce n’est pas le meilleur livre de cette sélection, c’est un petit album sympa et plein d’humour.

MINUSCULE RomanAprès les livres en rapport avec le film sortis chez Nathan, les livres en rapport avec la série sortis chez Glénat, on termine avec le roman d’après le film sorti chez Glénat (oui, là je n’ai pas compris). Donc un petit roman d’une centaine de pages où l’on suit le récit du film. Le texte est du même auteur que l’album précédent, et là encore je n’ai pas trouvé que c’était sensationnel (j’espère que l’auteur en question ne lit pas ce blog !). Notamment, ce genre de romans s’adresse quand même à de bons lecteurs (je dirais au minimum pour le cycle 3) or le langage n’est pas des plus adapté pour des enfants de cet âge, on est vraiment dans des phrases dignes d’albums pour les plus petits. Bref là encore, assez dispensable…

Minuscule, la vallée des Fourmis Perdues
de Thomas Szabo et Hélène Giraud
Futurikon
1h29
Minuscule, La Vallée des Fourmis Perdues
Texte de Gudule et Cécile Jugla, d’après le scénario d’Hélène Giraud et Thomas Szabo
Nathan
13,90€, 300×258 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Minuscule, La Vallée des Fourmis Perdues
Texte de Gudule et Cécile Jugla, d’après le scénario d’Hélène Giraud et Thomas Szabo
Nathan
5,95€, 189×231 mm, 27 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Minuscule
Texte de Pétronille
Glénat
10,59€, 252×230 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2014.
Minuscule, jeux qui font Bzzzzzz
Texte de Pétronille
Glénat
6,99€, 210×285 mm, 24 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Minuscule, deux histoires en folie
Texte de Pétronille
Glénat

9,90€, 195×198 mm, 48 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Minuscule, La vallée des Fourmis Perdues, le roman du film
Texte de Pétronille
Glénat
11€, 140×200 mm, 136 pages, imprimé en Italie.

À part ça ?

La Petite SalamandrePuisqu’on parle des animaux et de la nature… C’est le moment idéal de vous parler du dernier numéro de La petite salamandre avec un peu de retard… Vous connaissez cette super revue ? On vous en parle régulièrement, on adore son humour, les thèmes abordés et l’absence de publicité ! Tous les deux mois, on retrouve documentaires, BD, jeux, histoires… Dans ce numéro 91, on parle de la loutre ! Comment elle vit, ce qu’elle mange, ses spécificités morphologiques… On va aussi parler du gui, comparer le fuligule milouin et la nette rousse, on va créer des poissons en recyclant des chaussettes, faire des gâteaux-poissons et bien sûr retrouver Myrtille, les jeux et une histoire. Le poster central est une magnifique photo de loutre. Découvrez ce numéro en ligne. On est heureux de retrouver chaque numéro de La petite salamandre. Vous pouvez vous abonner ici pour ne louper aucun numéro.

Gabriel

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Le minotaure, l’Oncle Tom, Shéhérazade et les musiciens de Brême

Par 19 novembre 2012 Livres Jeunesse

Quatre très beaux albums et une boîte de fiches avec des histoires anciennes, des classiques intemporels.

Parce que son père avait gardé un taureau blanc qu’il devait offrir à Poséidon, Astérion naquit avec un visage difforme, effrayant, signe de la vengeance du dieu des mers. Cet enfant faisait peur à son père aussi décida-t-il de l’enfermer dans un grand labyrinthe dont personne ne pourrait sortir, une œuvre signée par Dédale.

On a tous plus ou moins en tête, je pense, l’histoire du Minotaure, mais personnellement je ne me souvenais que de quelques bribes (pour ne pas dire que je ne connaissais que le fait que le Minotaure avait une tête de taureau et qu’il vivait dans un labyrinthe construit par Dédale !). J’ai plongé avec un très grand plaisir dans cette vieille histoire absolument passionnante adaptée ici par Jean-Pierre Kerloc’h. Il faut dire que le livre est très beau, les illustrations de Jeremy Moncheaux sont absolument superbes et le grand format de l’album les met bien en valeur. Une histoire très ancienne qui captive toujours autant.

Tom était un esclave du bon Monsieur Shelby, un brave homme. Sauf que celui-ci dû le vendre au terrible Monsieur Haley pour payer une dette. La fin de vie du pauvre esclave n’allait pas être très rose…

Ici c’est le célèbre roman de Beecher Stowe, La case de l’oncle Tom qu’adapte Jean-Pierre Kerloc’h. Une histoire à la fois dure et tellement belle où certains hommes se révèleront plus bons que d’autre. On parle ici de cette époque où l’on pouvait acheter des hommes et les maltraiter impunément, on parle aussi du racisme primaire, de se battre pour ses idées, de la dignité humaine. On est presque, ici, dans le roman illustré, les dessins sont grands et nombreux mais le texte est assez long. C’est un album pour les bons lecteurs mais aussi pour donner le goût de la lecture à des enfants peu habitués aux romans sans images. Et il faut dire que les illustrations d’Aude Samama sont très belles.

Shéhérazade était une jeune femme courageuse. Alors que le sultan se mariait chaque jour avec une femme qu’il faisait tuer le matin suivant la noce, elle décida d’elle-même de l’épouser afin que cesse le massacre. Lors de sa nuit de noce elle raconta au roi une histoire dont forcément il voulut connaître la suite. Chaque nuit elle continuait pour avoir la vie sauve et que le roi ne tue plus personne. En plus de l’histoire de Shéhérazade, Les mille et une nuits dans la collection Contes et légendes chez Nathan nous propose huit magnifiques contes : Le prince changé en singe (une femme transforme un prince en singe pour lui éviter d’être mangé par des ogres), L’encombrant cadavre (un mort dont les gens vont se débarrasser tour à tour), L’astucieux petit chamelier (un homme devra affronter un horrible géant à deux têtes), Histoire d’une tarte au miel et à l’eau de rose (des jumeaux fâchés dont la descendance va se reconnaître grâce à une recette familiale), Le mari, la femme et le perroquet (un mari jaloux va faire surveiller sa femme par un oiseau sensé tout lui répéter), L’homme qui mit sa femme dans un bocal (un homme dont la femme est insupportable décide de s’en débarrasser), Le calife et l’âne (un djinn va donner une leçon à un calife idiot en intervertissant son apparence avec celle d’un âne) et Le coffre volant (un riche marchant va acquérir un coffre volant et avec va séduire une belle princesse).

Déjà le grand livre et ses illustrations pleine page est absolument magnifique, mais quel bonheur de découvrir ou redécouvrir sept des contes des mille et une nuit ! Ces contes aux accents d’orient sont fabuleux et traversent le temps tout en nous enchantant toujours. Ils sont réécrits ici par la géniale Gudule. C’est un très très beau livre.

Une version complétement différente des contes des mille et une nuits, c’est la boîte de fiches sortie dans la collection Comptines du soir. Cette collection chez Tana éditions propose des fiches avec de belles illustrations au dos desquelles se trouvent une histoire, les fiches sont rassemblées dans une boîte musicale métallique (petite boîte à musique avec remontoir). Alors ici beaucoup plus de contes mais aussi beaucoup plus résumés. C’est, pour moi, un peu trop court et donc frustrant, mais si vous cherchez des histoires très courtes vous allez adorer, d’autant que l’objet est beau et les enfants adorent ce côté boîte à musique.

Les musiciens de Brême est une histoire très connue, elle a traversé les époques et les pays, elle a été déformée au passage. Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde chez Syros nous propose d’en découvrir quatre versions.

La fuite d’un coq, un chien, un chat et un âne qui vont prendre possession de la maison d’une bande de voleurs ; un œuf, une grenouille, une bouse de vache et d’autres encore qui vont aider une femme à se débarrasser de la terrible mengudze en échange de crêpes ; un chat et un mouton qui vont faire peur à neuf loups et un mouton, un lévrier, un âne et un poulet qui vont être plus forts qu’une bande de lions. Quatre très belles histoires venues (dans l’ordre) d’Allemagne, de Chine, d’Ariège et du Maroc.

Le livre est magnifique, grâce à la beauté et à l’humour de ces histoires mais aussi grâce aux très belles illustrations de Rémi Saillard (on peut aussi saluer de travail d’édition car l’objet est lui-même très beau). On parle ici de l’union qui fait la force, de faibles qui vont battre des plus forts qu’eux grâce à leur malice. Les textes sont très bien écrits et on les lit à voix haute avec beaucoup de plaisir, les enfants eux-mêmes adorent les écouter. Une vraie réussite !

Quelques pas de plus…
Retrouvez nos autres chroniques de livres…
… écrits par Jean-Pierre Kerloc’h : Peter Pan et Wendy
… écrits par Gudule : 40 histoires pour les tout-petits, Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour. Nous avons également réalisé une interview de Gudule.
… écrits par Fabienne Morel : L’ogresse poilue.
… illustrés par Rémi Saillard : Au chat et à la souris, Dans ma rue et Ami ou ennemi ?

Le Minotaure et le labyrinthe
de Jean-Pierre Kerloc’h, illustré par Jérémy Moncheaux
P’tit Glénat dans la collection Les histoires phares
14,50€, 257×300 mm, 48 pages, imprimé en France
La case de l’Oncle Tom
de Jean-Pierre Kerloc’h (d’après Harriet Beecher Stowe), illustré par Aude Samama
P’tit Glénat dans la collection Les histoires phares
14,50€, 257×300 mm, 42 pages, imprimé en France
Les mille et une nuits
de Gudule, illustré par François Roca
Nathan dans la collection Contes et légendes
16,90€, 249×320 mm, 60 pages, imprimé en Espagne
Petits contes des 1001 nuits
de Claire Lemoine, illustré par Sandrine Bonini
Tana éditions dans la collection Ma petite boite à musique
13,10€, 101x125x58 mm, 45 fiches, imprimé et fabriqué en Chine
Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde   
de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, illustré par Rémi Saillard
Syros dans la collection Le tour du monde d’un conte des petits
15€, 214×330 mm, 60 pages, imprimé en France

A part ça ?

Le photographe Richard Unglik  pastiche les grandes œuvres de l’Histoire avec des Playmobil. Il expose en ce moment à l’hôtel Glasgow Monceau à Paris. Des photos du vernissage ici.

Gabriel

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88 histoires ! (en trois livres)

Par 25 octobre 2012 Livres Jeunesse

J’avais déjà parlé d’un des albums de la collection J’aime les histoires chez Lito lors de ma chroniques sur les fées et princesse, 21 histoires de fées, de princesses et de lutins. J’avais été plutôt séduit, avec quelques bémols sur certaines histoires. Voici deux autres livres dans cette collection et un livre, toujours chez Lito, du même format avec plusieurs histoires mais cette fois-ci à lire à deux.

Pour 40 contes pour les tout-petits, la géniale Gudule a décidé de résumer des contes. Blanche Neige, Le petit Poucet, Peau d’âne mais aussi Le rossignol et l’empereur, Le coq et le roi ou Le coffre volant, des histoires que nous connaissons tous à des histoires moins connues, 40 contes sont rassemblés ici. Ils font généralement deux pages et sont donc très courts à raconter, c’est un livre parfait pour les soirs où on n’a pas envie de lire une longue histoire. Côté illustrations, Lito a choisi de nombreux illustrateurs et des bons ! Nathalie Choux, Sophie Lebot, Géraldine Cosneau, Mélanie Grandgirard,…  Et ça reste cohérent. Un index permet de trouver des histoires par thème (Animaux pas si bêtes, Magie et maléfices, Princes et princesses et Petits mais malins). Un très beau recueil pour retrouver les contes classiques et en découvrir quelques autres qu’on a plaisir à ouvrir au moment de l’histoire du soir.

40 histoires du marchand de sable regroupe des histoires autour du thème du sommeil. Ici de nombreux auteurs (Kochka, Agnès de Lestrade, Pascal Brissy, Zemanel, Myriam Baudic,…) et autant d’illustrateurs (Francesca Carabelli, Marie Kyprianou, Armelle Modéré,…) pour un résultat plutôt cohérent (un peu moins cela dit que pour le précédent). Les histoires sont généralement plutôt sympa et certaines sont au-dessus du lot (parfois le rapport avec le thème du livre est un peu tiré par les cheveux tout de même). Ici aussi elles sont classées par « thème » : Un doudou c’est si doux, Trois p’tits grains de sable (des histoires toutes douces pour s’endormir), Bonne nuit les petits ! (des contes de la nuit, pour rire ou frémir) et Tous les dodos (contes du monde). Un livre plutôt plaisant où on va trouver 40 histoires à lire très variées (généralement plutôt courtes) avant d’aller dormir.

8 histoires à lire a deux de Marie-Sabine Roger, propose quant à lui des histoires avec des dessins à la place de certains mots, ainsi l’adulte lit l’histoire avec son doigt et quand on est devant un dessin l’enfant complète… et ils adorent ça ! Ma fille de 4 ans est très fan de ce concept et pour en avoir parlé avec d’autres parents elle est loin d’être la seule ! Ici une histoire de pirate (illustrée par Olivier Huette), les aventures d’une danseuse (illustrées par Lucie Minne), les rêves d’un cheval (illustrés par Aline Bureau), une histoire de vampires (illustrée par Julia Fenu), des princesses très différentes (illustrées par Sophie Lebot), une histoire de trottinette (illustrée par Louis Alloing), une aventure dans la jungle (illustrée aussi par Olivier Huette) et enfin un récit de sorcière (illustré par Laurence Batigne). Bref il y en a pour tous les goûts ! Et j’adore le fait qu’on ne nous ai pas sorti d’un côté un avec pirates, vampires et trottinettes et de l’autre princesses, danseuses etc. Pas d’étiquette sexiste ici. Un recueil très réussi.

Ces livres sont beaux en plus avec leurs couvertures épaisses et, personnellement, ils me permettent de découvrir des auteurs et des illustrateurs comme par exemple Lucie Minne que je ne connaissais qu’à travers un album et dont j’ai adoré les illustrations dans 8 histoires à lire à deux.

Quelques pas de plus…
D’autres recueils d’histoires : Fées et princesses, Magie et contes de fées, 21 histoires de princesses, de fées, de lutins…, Les contes de la folie Méricourt, Histoires du soir autour du monde, Contes de la rue Broca, l’intégrale, Petites histoires du Père Castor pour Noël, Contes d’Andersen, Princesses de tous les pays et Contes et Légendes de l’amour.
Retrouvez notre interview de Gudule et les livres d’elle que nous avons chroniqué : Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour

40 histoires pour les tout-petits
de Gudule, illustré par plusieurs illustrateurs
Lito dans la collection J’aime les histoires
10€, 215×276 mm, 104 pages, imprimé en UE
40 histoires du marchand de sable
de Collectif
Lito dans la collection J’aime les histoires
10€, 215×276 mm, 104 pages, imprimé en UE
8 histoires à lire à deux
de Marie-Sabine Roger, illustré par plusieurs illustrateurs
Lito
10€, 215×276 mm, 104 pages, imprimé en UE

A part ça ?

Du 27 au 30 octobre 2012 c’est la 6ème édition de Kidexpo à  Paris (Porte de Versailles). De nombreuses choses à faire, à voir,… Séances d’éveil aquatique à destination des plus petits, une expo sur les cabanes, des battles de nerfs, des jeux de piste, des idées pour noël,… bref ça risque d’être le paradis des enfants ! Plus d’informations ici : http://www.kidexpo.com

Gabriel

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Les invités du mercredi : France Quatromme et Le tour de la question “Peut-on tout écrire dans un livre pour enfants ?” (+ concours)

Par 24 octobre 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui nous recevons la tricoteuse conteuse, France Quatromme. J’ai adoré son album Le géant de la grande forêt et j’avais envie de lui poser quelques questions. Pour l’occasion, j’avais envie de vous faire gagner un exemplaire de ce très bel album et grâce à la gentillesse des éditions D’orbestier l’un de vous va être sacrément chanceux. Ensuite nous ferons le tour de la question “Peut-on tout écrire dans un livre pour enfants ?” avec de prestigieux invités : Gudule, Clémentine Beauvais, Gaël Aymon et Marie-Aude Murail… je vous préviens leurs réponses sont passionnantes ! Beau mercredi à vous !


L’interview du mercredi : France Quatromme

Quel a été votre parcours ?
J’ai fait des études universitaires car je ne voyais pas comment trouver ma place dans le milieu du travail, une maîtrise moderne sur le conte et un DESS en « sciences du jeu ». Durant ce DESS, j’ai pensé m’orienter vers l’édition et devenir éditrice mais un stage m’a découragé. C’était très hiérarchique et très orienté sur le marketing, je cherchais quelque chose de plus créatif.
Après mon DESS, je me suis orientée vers le métier de la petite enfance, j’ai travaillé 7 ans en halte-garderie et à l’hôpital en tant qu’éducatrice de jeunes enfants. C’est un métier qui m’a passionné, j’ai beaucoup appris au contact des éducateurs, des parents et des enfants. Parallèlement à mon travail, j’ai suivi plusieurs formations de conteurs et j’ai commencé à raconter bénévolement mais de manière très intensive. C’est devenu une véritable passion. Il s’est trouvé que mon travail à l’hôpital me demandait beaucoup d’énergie à tel point que je n’étais plus disponible pour conter lorsqu’on m’y invitait. Je me suis dit qu’il était grand temps de faire un choix avant de passer à côté de mon rêve. Je suis devenue conteuse. Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière !

Quels sont vos souvenirs de lectures d’enfant, d’adolescente ?
Mes albums d’enfants ont beaucoup compté. Mes souvenirs sont plutôt liés à des sensations, des moments. Difficile de citer un livre en particulier. J’ai découvert le roman avec la Comtesse de Ségur. Adolescente, il m’arrivait de relire un livre 6 fois s’il me plaisait. J’ai eu des périodes assez boulimiques adolescente et jeune adulte. Je lisais tout ce qui pouvait me passer sous la main même si je ne comprenais pas tout !
C’est avec une grande émotion que je ré-ouvre aujourd’hui mes albums d’enfants, comme une madeleine de Proust.
Avec eux, je vivais de manière plus intense, plus dense. C’est sans doute cela qui me ramène aujourd’hui à l’écriture.

Ces lectures vous ont-elles inspirée ?
Je ne peux pas dire qu’elles m’aient inspirées directement mais indirectement certainement.

Vous êtes conteuse, les histoires que vous publiez ont-elles été d’abord orales ?
Certaines oui mais pas toutes. J’ai plaisir à écrire d’autres types de textes que des contes, plaisir à explorer des terrains nouveaux. Cependant, je travaille mes textes en les lisant à haute voix. J’aime travailler le rythme, la musique des phrases.

Parlez-nous du magnifique « Le géant de la grande forêt », comment est née cette histoire ?
Le début de cette histoire correspond au début d’un spectacle. C’est une histoire cadre pour introduire et rassembler différents contes autour de la forêt et des arbres. Une petite vieille nourrit un bébé trouvé dans la forêt de nourriture et d’histoires. Ce bébé devient un ogre, véritable dévoreur d’histoires. A force de le raconter, j’ai eu envie de prolonger l’histoire de ces personnages qui m’habitaient.

Quels sont vos projets ?
Beaucoup plus de projets que de temps pour les réaliser malheureusement. Il faudra donc faire des choix. Mais je suis en train d’écrire une histoire pour un livre-disque. J’aimerais également enregistrer « Petipa » mon dernier spectacle pour les tout-petits avec un musicien.

Bibliographie :

Retrouvez France Quatromme sur ses blogs : son blog d’auteure : http://raconte.over-blog.com et son blog de conteuse : http://lestricoteuses.over-blog.com

Comme je vous le disais en début d’interview, grâce aux Éditions d’Orbestier, j’ai la joie de faire gagner à l’un de vous le très très beau Le géant de la grande forêt. Je l’avais chroniqué ici, je suis certain que vous serez nombreux à vouloir le gagner. Alors pour participer, je vous propose de me donner votre avis sur la question que j’ai posée à des auteurs (à lire juste en dessous), d’après vous, peut-on tout écrire dans un livre pour enfants ? Au contraire quels sont pour vous les thèmes qui ne sont pas assez abordés par crainte d’une certaine forme de censure, quels sont les thèmes qui d’après vous ne devraient jamais être dans un livre jeunesse. Bref donnez moi aussi votre opinion (et si vous n’en avez pas dites le aussi, vous participerez quand même !). Vous avez jusqu’à lundi 20h !


Le tour de la question… Peut-on tout écrire dans un livre pour enfants ?

Une fois par mois je propose à plusieurs auteurs de répondre à une même question, ce mois-ci je leur ai proposé de nous dire si on peut tout écrire dans un livre pour enfant.

Gudule :
Il est évident qu’on ne peut pas parler de tout, dans un livre pour enfant. Non seulement pour des raisons “morales”, mais surtout parce que de nombreux sujets, qui passionnent les adultes ou les adolescents, n’ont aucun intérêt pour les tout-petits. Vouloir à tout prix les sensibiliser à certains thèmes est une aberration, surtout s’ils ne sont pas adaptés à leurs préoccupations. Tout est une question d’âge bien entendu.
Ceci dit, la mort, la maladie, le sexe, voire l’inceste ou le harcèlement, qu’on ne s’autorisait pas jadis dans la littérature pour la jeunesse, peuvent être abordés même en direction des très jeunes enfants (puisque nombre d’entre eux y sont confrontés), mais tout est dans le discours, dans la manière de présenter les choses, dans le langage employé. Ce qui ne veut pas dire, même si l’auteur met, dans son texte, tout le doigté nécessaire, que les éditeurs le suivent ! J’ai, personnellement, eu de nombreux manuscrits refusés pour ces raisons — pourtant, ils s’adressaient à des adolescents. A commencer par l’un des tout premiers de ma carrière, qui traitait de la folie, et que la direction de Gallimard a stoppé en cours d’impression, contre la volonté du directeur de collection. Ce qui ne m’a pas empêché de récidiver, par la suite. J’ai publié chez Hachette un livre sur le sida (La vie à reculons), chez Flammarion un livre sur le suicide (Mordre le ciel), chez Thierry Magnier une première expérience sexuelle (L’amour en chaussettes), chez Grasset un livre sur l’homosexualité féminine (Étrangère au paradis), sur l’enfant né d’un viol (Notre secret à nous) et sur une grossesse de lycéenne (La vie en Rose). Tous ces romans, bien que la plupart d’entre eux aient essuyé, avant publication, plusieurs refus d’éditeurs, ont été plutôt bien accueillis par le public. Certains, comme La vie à reculons, ont même cumulé les prix. D’autres, en dépit de leur succès, m’ont valu quelques déboires, comme L’amour en chaussettes, sélectionné pour le grand prix de la ville de Rennes, mais boycotté par les établissements scolaires privés (sans compter les courriers insultants, émanant de parents d’élèves, ou les reproches de vive voix lors de salons ou de signatures). Les préjugés ont la vie dure !
Gudule est auteur, elle vient de sortir Contes et Légendes : Les mille et une nuit chez Nathan. Retrouvez la sur son blog : http://gudule.over-blog.com

Clémentine Beauvais :
On peut tout dire dans un livre pour enfants, ça, j’en suis convaincue – et parfois la littérature jeunesse est plus adaptée que la littérature ‘adulte’ pour aborder des sujets difficiles. Philip Pullman, dans un discours devenu célèbre parmi les aficionados de la littérature jeunesse, déclarait que ‘certains thèmes sont si vastes et si importants qu’il faut la littérature jeunesse pour en parler’…
Mais bien sûr, si l’on peut en théorie parler de tout, ça ne veut pas dire qu’on peut être publié en parlant de tout. Il y a toujours énormément de sujets tabous dans l’édition jeunesse, et ce ne sont pas ceux auxquels on peut s’attendre. Sexe, drogue, pas de problème – mais la maladie, la dépression, le handicap, c’est plus difficile. J’ai un album dans mes tiroirs, sur la maladie d’un parent dans une famille, qui n’a jamais trouvé d’éditeur – malgré de très nombreuses réponses enthousiastes, il reste ‘impossible à publier’. Du coup, je l’ai posté en libre consultation sur mon site internet, pour qu’il serve à quelque chose quand même. Je pense que pour certains sujets ultra délicats, mais essentiels, les auteurs doivent envisager des solutions comme celle-ci. Ces livres doivent exister, et peut-être que leur place est en parallèle de l’édition traditionnelle.
Cela dit, mon premier album, Samiha et les fantômes, était sur un sujet extrêmement brûlant, le voile intégral – et pourtant il a été publié par Talents Hauts, reçu le soutien d’Amnesty International, et il a attiré l’attention de la presse. Mon dernier roman en date, La pouilleuse, parle de torture, de racisme et de préjugés de classe. Il faut toujours tout tenter. Les grandes questions de société interpellent les enfants, il y sont très réceptifs. L’injustice, l’insécurité, la violence, le sexisme, ce sont des thèmes qui les concernent et qu’ils sont largement assez intelligents pour comprendre. Il existe maintenant de nombreux livres sur les sans-papiers, les SDF, les violences faites aux femmes. Les petites maisons d’édition indépendantes, c’est évident, sont les plus à même de prendre des risques.
Peut-on vendre en parlant de sujets qui fâchent, ça, c’est encore une autre question. Être un auteur engagé reste un luxe…
Clémentine Beauvais est auteur, son dernier livre, La pouilleuse sorti chez Sarbacane, est un livre qui m’a donné une grosse claque, je vous en parlerai prochainement. Retrouvez la sur son blog : http://www.clementinebeauvais.com

Gael Aymon
Non et surtout pas n’importe comment!
En ayant publié mes premiers manuscrits chez un éditeur engagé comme Talents Hauts, je suis de temps en temps confronté à des parents qui rejettent en bloc. La seule image du prince Perce-Neige (des Contes d’un autre genre), réveillé par le baiser d’une princesse, a curieusement hérissé quelques personnes. Du côté des éditeurs, il est actuellement difficile de placer un texte qui se termine “mal”, même si cela a du sens par rapport au message ou à l’histoire.
Pour le plus jeunes lecteurs, le conte permet selon moi de traiter des sujets délicats indirectement, sans heurter, avec la bonne distance. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup douté pendant l’écriture des Souliers écarlates, qui aborde la violence contre les femmes. C’était primordial de ne pas sombrer dans le sordide, mais l’équilibre était difficile. Comment préserver la magie sans tomber à côté de la plaque, sur un sujet aussi dur ? Je voulais que ce texte puisse être lu comme n’importe quel autre par un lecteur lambda, tout en s’adressant de façon spécifique à ceux pour qui ce thème n’est malheureusement pas une fiction.
On est beaucoup plus libre avec les ados, c’est différent. Mais le prétexte de leur parler sans mièvrerie ni tabou, est parfois un alibi pour vendre du sensationnel à un public facilement fasciné par le scabreux. Là, il faut vraiment que ce soit pour dire quelque chose au bout du compte, sinon, on crée le malaise à des fins strictement commerciales. La violence est souvent utilisée sans distanciation ni jugement, juste pour se la jouer “littérature de grands”. C’est le reflet de notre société : on est choqué par un tas de choses, on se pose plein de questions sur le fond et la forme, mais on souscrit tous d’assez bonne grâce à l’omniprésence d’une violence divertissante.
C’est ma limite personnelle en tant qu’auteur : ne pas utiliser de violence gratuite.
Gaël Aymon est auteur, il vient de sortir un superbe conte traitant de la violence faite aux femmes, Les souliers écarlates (chroniqué ici). Retrouvez-le sur son blog : http://gaelaymon.com

©Claudie RocardMarie Aude Murail
Quand j’écris pour les plus petits, je n’ai pas tellement en tête la notion de censure/autocensure, mais plutôt celle de limites. Je veux procurer des émotions, raconter de vraies histoires, mais je sais que les enfants jeunes n’ont pas mes références, ni mon bagage linguistique. Il est évident que l’écrivain jeunesse ne peut pas tout dire. Je me donne certaines règles. Je m’interdis de désespérer un enfant. Je ne fais jamais de livre qui se termine mal. Mon livre doit donner envie de grandir. Donc, je ne finis jamais sur une porte fermée ou sur ces fins tristes qui “ font intelligent ”. Mes romans ont délibérément des fins optimistes. C’est sans doute ce qui m’a fait choisir cette littérature. On a le droit d’y être heureux. J’ai donc du mal à parler d’autocensure dans mon cas, avec ce que cela supposerait de frustration et de renoncement… J’aime secouer, bousculer, provoquer la colère, l’indignation, mais je ne vois pas l’intérêt d’une provocation gratuite.
Certains adultes ont été choqués par Oh boy !, pas mes jeunes lecteurs. Ce qui m’ennuie, c’est qu’on puisse penser que je traite du thème de l’homosexualité  dans Oh boy ! ou du handicap mental dans Simple. Je ne me soucie pas de thématique, même audacieuse, je suis romancière et je crée des personnages qui peuvent être, entre autres, homos ou handicapés. Et je m’octroie le droit de les traiter comme n’importe quel autre personnage, par exemple de les rendre comiques. Et il arrive que ça choque certaines belles âmes. Mais faire rire de personnages handicapés, malades, marginaux, c’est enlever la peur qu’on éprouve devant celui qui est différent. Dans Simple, j’ai mis un idiot, on rit avec lui et de lui. Je pense qu’on l’en aime d’autant plus. Au niveau des éditeurs, je sais à qui m’adresser pour tel ou tel texte. Souvent, la censure porte sur le vocabulaire. Je sais que Bayard ne veut pas de “ gros mots ” par peur des réactions des parents. Par exemple, certains parents de petits abonnés à J’aime Lire ont réagi à mon histoire L’espionne déclone où un petit garçon va dire à sa mère que : “ Marie-Eugénie, elle déclone ”. La mère comprend de travers et le gifle. On m’a fait savoir que des parents avaient écrit pour protester contre le jeu de mots (décloner, déconner…) et contre l’image de la mère (la “ mauvaise mère ” qui gifle). Je n’ai pas encore trouvé de sujets que je ne puisse aborder. Tout est dans la manière de dire les choses, l’humour, l’ellipse permettent presque tout. Toutefois, pour certaines scènes, je sais que je n’ai guère de chance de les faire passer ailleurs qu’à l’École des Loisirs.
Marie-Aude Murail est auteur, elle vient de sortir le troisième tome de Malo de Lange à L’école des Loisirs.

Vision de l’éditeur :
J’ai contacté 5 éditeurs en leur proposant de répondre à cette question et malheureusement, à ma grande surprise, aucun n’a souhaité s’exprimer là dessus…

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