La mare aux mots
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Interview

Du berger à la bergère : de Martin Page à Éric Pessan

Par 18 juillet 2018 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les deux derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. Après Rémi Courgeon et Albertine, on continue ces mercredis de l’été avec Martin Page qui a choisi de poser des questions à Éric Pessan !

Martin Page : Tu écris de la littérature générale, jeunesse, du théâtre, un essai (sur Stephen King et l’écriture, je conseille à tout le monde de le lire), tu dessines, tu fais des lectures avec des musiciens sur scène, tu travailles avec des peintres et des photographes, quand je vois tout ce que tu fais, je trouve ça important et inspirant. Est-ce que c’est une volonté de casser des murs entre genres, d’abaisser les frontières ? Comme un geste à la fois politique et esthétique ? Ou c’est juste que tu suis tes envies ? À moins que ce soit une affaire de rencontre ? Est-ce que tu penses que ces différents genres s’enrichissent les uns les autres ? Si oui, alors en quoi ? Est-ce que tu as envie d’aborder d’autres continents ? La BD, le cinéma, la comédie musicale ?
Éric Pessan : Un jour, un lecteur qui connaissait mes livres les plus confidentiels m’a dit que j’avais un homonyme qui écrivait des romans tellement il lui paraissait improbable qu’un auteur qui publie aux éditions du Chemin de Fer ou de l’Attente puisse également publier chez Albin Michel. Lorsque j’étais adolescent, je voulais devenir écrivain. C’était l’écriture qui m’intéressait : les romans, les poèmes, le théâtre. Je ne me posais pas la question du genre du texte. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main et j’ignorais totalement le cloisonnement, je ne savais pas que les poètes écrivent la poésie, que les auteurs dramatiques écrivent le théâtre et que les romanciers écrivent les romans (et que souvent, les uns dénigrent les autres). J’ai soif d’écriture. Dans un monde idéal, le genre du texte serait secondaire : on prendrait un livre pour son sujet, parce que l’on aime son auteur, pour la langue dans laquelle il est écrit, et on lirait. Dans un monde idéal, il ne faudrait pas indiquer « roman » ou « récit » ou « poésie » sur la couverture. D’autant plus que les genres sont perméables, ils ont tout à gagner à se mêler. J’ai écrit des romans qui respectent les unités du théâtre classique (temps, lieu, action) tout comme des pièces où les rôles ne sont pas distribués. J’ai écrit des textes qui finissent dans le merveilleux fourre-tout de la poésie parce que des éditeurs m’ont répondu qu’ils n’étaient ni des romans ni du théâtre. J’ai envie d’explorer tous les genres, de tout m’autoriser. Dans la pratique, de très nombreux auteurs décloisonnent. La critique et la théorie avancent plus lentement. Pour le public, l’étiquette « roman » reste le sésame suprême. Je suis un lecteur curieux, je veux être un auteur curieux. Et j’espère bien aller vers d’autres domaines dans les prochaines années : j’ai très envie de science-fiction, de bandes dessinées, d’écrire des paroles de chansons aussi (même si l’exercice est redoutable dans sa concision) et j’espère beaucoup des hasards favorables de futures rencontres, j’ai du mal à partir vers une idée de bande dessinée ou d’album jeunesse sans complice.

Martin Page : Tu as un plan B si tu ne peux plus vivre de ton art, grâce à ton art ? Je te demande ça parce que c’est une question très présente pour moi ces temps-ci. Comment survivre en cas de coups durs ?
Éric Pessan : Je ne sais pas, c’est l’une des trois questions angoissantes (avec celle de la retraite et celle de la maladie : comment je ferai si je ne suis plus en état d’écrire ?). Actuellement, je vis parce que je me déplace beaucoup, parce que j’accepte les rencontres, les ateliers. Cela me permet de subvenir à mes besoins, et – pour éviter tout malentendu – je précise que ce sont des choses que j’aime et que je souhaite faire. J’ai une formation de travailleur social, je me suis ensuite occupé d’une radio associative, les questions de la transmission, de l’émancipation sont importantes. Mon statut d’auteur me donne la possibilité d’être un passeur de culture, et je m’en réjouis. J’imagine que si mes droits d’auteurs diminuaient de façon drastique, j’animerais plus d’ateliers. Depuis quinze ans que je n’ai pas d’autre métier qu’écrivain, je n’ai jamais été imposable. Je l’écris noir sur blanc parce que, régulièrement, je suis confronté au mépris de ceux qui pensent que publier des livres rend riche et totalement déconnecté du réel.
En ce moment précis (avril 2018), les grèves de la SNCF m’ont obligé à prendre ma voiture pour tenir mes engagements (et de rouler 5 ou 6 heures parfois pour aller à une rencontre), je me heurte là aux limites de mon statut : les raisons de la grogne des cheminots sont tout à fait légitimes, mais je ne peux pas me permettre d’annuler mes ateliers, alors je roule et je suis littéralement épuisé (je précise qu’allant dans des coins très reculés et partant pour plusieurs jours en passant de ville en ville, aucune autre solution que le train n’est satisfaisante). J’avance sans trop regarder vers le sol, c’est le syndrome du funambule : je suis à la merci du moindre accident, et j’avoue ne pas vouloir y penser.

Martin Page : Est-ce que pour toi la relation avec un éditeur est importante ? Est-ce que tu es attaché à certains éditeurs au point de les considérer comme des sortes de Nigel Godrich (producteur de Radiohead) ou des George Martin ?
Éric Pessan : Je viens de vérifier, j’ai publié chez 29 éditeurs (sans compter les livres collectifs), mon record étant l’École des loisirs (huit livres !), j’ai connu des éditeurs géniaux, des éditeurs absents, des éditeurs sadisants, des éditeurs négligents, des éditeurs dont le regard m’a fait faire de grands bonds en avant, des éditeurs d’une culture incroyable (des Brian Eno, pour filer la métaphore) comme d’autres vulgaires et violents (des Phil Spector, donc). Certains de mes éditeurs sont maintenant des amis. Lorsque je voulais devenir écrivain, je ne m’imaginais pas une bibliographie aussi frivole, j’avais des images/mirages en tête : un rapport intellectuel privilégié avec une personne, rapport installé dans la durée et la confiance. Je n’ai pas trouvé cette personne, sans doute parce que ce modèle-là d’éditeur appartient pour grande partie au passé. Sans doute aussi en raison de la diversité des genres auxquels je m’essaie. Pour être sincère, lorsque j’avais 25 ans, j’ai rêvé d’être édité par Paul Otchakovsky-Laurens, parce qu’il publiait des textes très différents dans lesquels je reconnaissais une parenté de préoccupations, et parce que P.O.L. accueillait des romans, des poèmes et du théâtre sans trop se poser la question des genres ni des esthétiques. Cette rencontre-là n’a jamais eu lieu, à plusieurs reprises mes textes ont été refusés, et j’ai continué à grandir en lisant les livres publiés par cet homme. Pour un auteur, le regard d’un éditeur est précieux : j’attends qu’un éditeur valide mon texte (c’est la publication qui me donne une légitimité), j’attends aussi qu’il m’en montre les angles morts et les passages perfectibles. Cela m’est arrivé de modifier en profondeur un texte lorsque j’ai pu en parler avec mon éditeur en toute confiance. Il est aussi arrivé de ne pas accepter un refus et de changer de maison. Le plus triste, en définitive, c’est lorsque la relation à l’éditeur se borne à la négociation interminable d’un contrat, d’une avance et d’un pourcentage sur les ventes (ou aux réclamations suite à des droits non-payés).

Éric Pessan : Souvent, lorsque je rencontre des jeunes gens, ils me posent la question du message que je veux faire passer dans mes livres et je passe pas mal de temps à leur expliquer que je n’écris pas des romans pour faire passer des messages, mais que l’on retrouve mes valeurs dans mes ouvrages. Dans ton livre Les animaux ne sont pas comestibles tu racontes comment tu es engagé dans une éthique de vie autour du véganisme, je te pense proche également de notions comme celle de la décroissance, je voudrais savoir si (et comment) cela modifie ton écriture ?
Martin Page : Ça modifie mon écriture d’abord parce que ça me modifie comme être humain. Pendant la majeure partie de ma vie j’ai mangé des animaux et ça me paraît fou et terrible aujourd’hui. Je n’avais pas vu les animaux, je n’avais pas vu qu’ils avaient des émotions, des sentiments, une conscience, qu’ils nouaient des liens entre eux et des attachements. Et donc ça m’incite à penser qu’il y a des choses que je ne vois pas aujourd’hui, des êtres, des souffrances. Ça m’oblige à la modestie. Plus directement le véganisme élargit ma vision du monde, mon but est de faire grandir ma rétine. Ça me rappelle aussi que tout livre est politique et que la manière dont on décrit un homme, une femme, un animal, dit quelque chose de profondément politique, ce sont des représentations qui montrent que je suis construit par la société, mais que je participe aussi à cette construction. Il importe donc de se délivrer d’idées toutes faites qui soutiennent une société d’une violence d’autant plus terrible qu’elle est rendue socialement invisible. L’art est un vecteur important de changement des représentations, c’est pour ça que je chéris cette époque où on peut trouver des livres avec des parents homosexuels, des ados trans, des animaux qui ne sont pas des choses, des féministes. Il ne s’agit pas de faire un art de propagande, avec seulement des personnages positifs qui partageraient mes vues, je veux un art sauvage et plein de personnages forts, mais d’affirmer qu’esthétique et éthique sont sœurs siamoises, et de proposer autre chose que ce que la société veut bien nous servir. D’élargir ce qu’on nous donne pour réel.

Éric Pessan : L’écrivain américain Howard A. Norman qui a vécu dans les années 70 parmi les Indiens Cree pour collecter leurs poésies et leurs traditions orales raconte dans son ouvrage L’os à vœux qu’un jour, au beau milieu d’une clairière enneigée, il voit un spectacle terrible : des dizaines de corbeaux gisent dans leur sang sans qu’aucune trace de prédateur ne soit visible dans la neige. Il est accompagné de deux Indiens, ils sont au nord du Canada, dans la région de Manitoba. Il demande à ses guides s’ils comprennent ce qui s’est passé. L’un d’eux finit par répondre : « Une histoire passera par-là, elle trouvera ces corbeaux et plus tard elle nous racontera ce qui leur est vraiment arrivé. » Penses-tu qu’il y aurait là une métaphore de l’art de l’écrivain : piocher des éléments incompréhensibles du monde pour leur donner du sens au travers d’une histoire (d’un roman, d’une nouvelle) ?
Martin Page : Je crois que le monde est très compréhensible. C’est peut-être sa clarté qui aveugle. Elle nous est insupportable. La question animale en est un exemple. Quand je discute avec n’importe qui, on s’accorde pour dire que tuer un veau de quelques semaines ça ne va pas, je montre une vidéo et c’est juste insupportable. On le sait. Mais changer nous demanderait trop d’efforts, trop de remise en question, trop de contestation de l’ordre établi.
Le monde est limpide. Le réchauffement climatique est là, il faudrait interdire la viande, les voyages en avion, le plastique, développer les transports en commun, répartir les richesses. Mais qui veut voir ? Des millions de gens vont mourir, mais pas chez nous, ça sera en Afrique, alors on ne fait rien ? Le monde est limpide, bon sang.
En tant qu’écrivain, ce qui compte le plus pour moi, c’est le plaisir. Si j’ai été lecteur, c’est parce que dans une vie pas toujours joyeuse, les livres étaient là, ils me donnaient du plaisir et de l’énergie, ils étaient mes amis. Et j’ai toujours cette idée en tête : je veux que mes livres comptent dans la vie des lecteurs, qu’ils y soient attachés comme à des amis. Parce que le monde est froid et dur, les livres réchauffent, fournissent des armes et des ruses, de nouvelles manières d’êtres, ils poussent à l’invention dans nos vies personnelles. Parce que je suis devenu écrivain pour ça : pour me sauver, c’était juste une ruse existentielle, j’étais bizarre, différent, et je crois que l’art a été inventé pour ça, pour les freaks, pour nous sauver, c’est notre soucoupe volante. Alors forcément il y a plein d’artistes qui sont des notables et très bien intégrés, ce sont des chefs de service. Ils ont récupéré le truc, comme certains musiciens ont volé le blues aux Afro-Américains pour faire de la soupe commerciale. La déprime, non ? Mais on s’en moque. Nous avons notre soucoupe volante et nous éclatons de rire.

Éric Pessan : Écrire des livres ne permet pas à un auteur de vivre décemment (sauf succès inattendu et imprévisible). Il existe un véritable fossé entre la représentation de l’écrivain et sa réalité économique. Dans ce monde où le modèle dominant voudrait que les écrivains proposent des produits pensés pour générer des profits sur un secteur à forte concurrence que faudrait-il pour permettre aux auteurs de mieux vivre ? Des aides ? Une sorte d’intermittence ? De plus grandes facilités pour intervenir dans les domaines éducatifs ou culturels ?
Martin Page : Il faudrait tout ça et plus encore. Une meilleure répartition des richesses, une meilleure protection juridique des auteurs.
Les bibliothèques devraient être des lieux d’accueil pour écrivains, chacune devrait avoir un écrivain en résidence (où il pourrait être accueilli avec sa famille ou seul). Même chose pour les facs de Lettres, les écrivains vivants devraient être au centre, y donner des cours de creative writing, ça devrait être une des bases de la fac. C’est symptomatique, ces facs qui n’ouvrent pas grandes leurs portes aux auteurs : ce sont des morgues. Je n’en reviens pas, mais des professeurs en fac de lettres ne connaissent pas la littérature contemporaine (à part certains auteurs reconnus, avalisés, chics, ne parlons pas de leur méconnaissance de la géniale littérature jeunesse), ils n’en lisent pas. Le fétichisme des auteurs morts est une tragédie qui contribue à flinguer les auteurs vivants. Un truc que j’ai découvert en devenant écrivain est que le monde littéraire est classiste, raciste, sexiste, je veux dire, c’est un milieu comme un autre, extrêmement violent et qui profite aux plus favorisés, et c’est triste, j’ai découvert bien sûr l’influence des réseaux et un mépris pour certaines maisons d’édition, pour certains genres (en premier lieu la jeunesse, reflet du mépris qu’éprouve ce pays à propos des enfants et des adolescents).
Enfin, notre condition n’est pas différente de celle des autres précaires, la logique voudrait que nous luttions avec nos potes qui sont serveurs, travaillent dans des centres d’appel, sont vacataires, etc. Donc oui, un statut d’intermittent, mais pour tout le monde, en fait. Plus généralement, nous avons besoin d’une société juste. Car à quoi bon avoir un super statut pour les auteurs dans une société qui maltraite les plus fragiles ? D’ailleurs, je trouve qu’en tant qu’écrivains jeunesse nous devrions collectivement prendre position contre les châtiments corporels à l’égard des enfants, qui sont toujours légaux. Je veux bien que nous nous battions pour nos droits et notre survie, mais battons-nous aussi pour ceux qui sont nos lecteurs et qui souffrent de la première des oppressions : les enfants et les adolescents.

Bibliographie jeunesse d’Éric Pessan :

  • Les étrangers, roman co-écrit avec Olivier de Solminihac, L’école des loisirs (2018).
  • Dans la forêt de Hokkaïdo, roman, L’école des Loisirs (2017).
  • Pebbleboy, théâtre, L’école des loisirs (2017).
  • La plus grande peur de ma vie, roman, L’école des loisirs (2016).
  • Aussi loin que possible, roman, roman, L’école des Loisirs (2015).
  • Cache-cache, théâtre, L’école des loisirs (2015).
  • Et les lumières dansaient dans le ciel, roman, L’école des Loisirs (2014).
  • Plus haut que les oiseaux, roman, L’école des loisirs (2012).
  • Quelque chose de merveilleux et d’effrayant, album illustré par Quentin Bertoux, Thierry Magnier (2012).

Bibliographie jeunesse sélective de Martin Page :

  • Les Nouvelles Vies de Flora et Max, roman coécrit avec Coline Pierré, l’école des loisirs (à sortir en novembre).
  • La première fois que j’ai (un peu) changé le monde, roman, PlayBac (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La recette des parents, album illustré par Quentin Faucompré, Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La folle rencontre de Flora et Max, roman coécrit avec Coline Pierré, l’école des loisirs (2016).
  • Le zoo des légumes, roman illustré par Sandrine Bonini, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Plus tard, je serai moi, roman, Rouergue (2013).
  • La bataille contre mon lit, album illustré par Sandrine Bonini, Le Baron Perché (2011).
  • Le club des inadaptés, roman, l’école des loisirs (2010).
  • Traité sur les dragons pour faire apparaître les miroirs, roman, l’école des loisirs (2009).
  • Je suis un tremblement de terre, roman, l’école des loisirs (2009).
  • Conversation avec un gâteau au chocolat, roman illustré par Aude Picault, l’école des loisirs (2009).
  • Juke-box, roman, collectif, l’école des loisirs (2007).
  • Le garçon de toutes les couleurs, roman, l’école des loisirs (2007).

Retrouvez Martin Page sur son site : http://www.martin-page.fr.

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Du berger à la bergère : de Rémi Courgeon à Albertine

Par 11 juillet 2018 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les deux derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice.s et des illustrateur·trice.s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. On commence ces mercredis de l’été avec Rémi Courgeon qui a choisi de poser des questions à Albertine !

Rémi Courgeon : La façon dont vous dessinez a l’air tellement fluide et naturelle, que cela soit d’un trait spontané ou dans les scènes en couleurs plus sophistiquées, vous arrive-t-il parfois de rater des dessins, de douter, et de tout jeter à la poubelle en vous traitant de nulle ?
Albertine : On peut se dire « tu » tu sais. Avant, quand j’étais jeune, je prenais tous mes dessins et mes sérigraphies et je les mettais au feu dans mon jardin.
Aujourd’hui, quand je ne suis pas satisfaite d’un dessin, je le range dans un tiroir. Et parfois je le retrouve et je me dis « Y a de l’idée, ce n’était pas si mal ». Je travaille énormément.
Je dessine tous les jours, Je dirais que je cherche tous les jours. Alors forcément, il y a parfois des choses moins réussies. Mais c’est intéressant, car l’imperfection ou les accidents font surgir de nouvelles voies.

Rémi Courgeon : Je sais par des amis indiscrets que tu adores cuisiner. En quoi l’univers culinaire influence ton travail graphique ? En quoi ton travail graphique influence-t-il ta façon de cuisiner ?
Albertine : C’est surtout Germano qui cuisine bien. Comme un Italien. Il dit que la première grande cuisine c’est pas la France, c’est l’Italie. Moi je l’aide surtout à éplucher les légumes ou je lui lis le journal pendant qu’il cuisine. C’est le moment où nous parlons de politique.
Nous aimons les restaurants. D’abord parce qu’on y mange, et aussi on partage ensemble des idées, des projets, des points de vue en dehors de nos ateliers. Mon atelier est le lieu où je cherche, j’explore. L’extérieur est le lieu où je prends des idées.

Rémi Courgeon : Quand aurons-nous l’occasion de nous rencontrer ? (Je me débrouille assez correctement en lapins à la moutarde et en mousses au chocolat.)
Albertine : Avec plaisir. Tu es aussi le bienvenu chez nous. On te fera la pizza maison dans le jardin. On parlera de tout.

Albertine : Tu écris et tu dessines aussi. C’est merveilleux de faire les deux. Comment procèdes-tu ?
Rémi Courgeon : C’est vrai, je ne t’ai pas posé de question sur ton équipe, avec Germano. Votre travail semble si naturellement cohérent. Comme une écriture commune. Pour ma part, je me sens raconteur d’histoires avant d’être illustrateur : tout commence par des débuts de textes griffonnés au stylo bille dans des carnets. Puis je raconte ces histoires à mes proches, mes amis, aux écoliers que je rencontre. Ces histoires s’achèvent souvent à l’oral. Si des petites lumières s’allument dans les yeux de mes interlocuteurs, je passe à l’étape suivante : la frappe du texte définitif, puis la mise en scène, dessinée page par page, en noir et blanc, puis en couleurs. Quand la couleur arrive, c’est comme si je jouais de la musique, c’est une joie nouvelle, qui complète celle du conteur. Je fais souvent la couverture avant les illustrations intérieures. Parfois j’écris des trucs que je suis incapable de dessiner. J’aime bien confier les textes à d’autres illustrateurs, ou illustrer des beaux textes, d’autres auteurs. En vacances, je fais des images qui ne racontent rien : des collages.

Albertine : Est-ce qu’il y a des récurrences dans ton travail. Un truc qui revient malgré toi dans tes histoires ?
Rémi Courgeon : J’aime raconter des histoires de filles, autour de l’identité, notamment à travers 5 albums : Les cheveux de Léontine. La harpe. Brindille. Passion et Patience. Et puis le prochain, qui sort en octobre : Tiens-toi droite. Tous mes personnages de livre en livre, ont à un moment ou l’autre les pieds en liberté, voyant ça, j’ai donc fini par faire un album qui porte ce titre : Pieds nus. Mes autres sujets de prédilection : les arbres, la transmission, la musique. La mort revient aussi, sans pathos. Notre société a trop tendance à l’occulter, alors qu’il faut l’aborder de front, très tôt, pour apprivoiser l’idée de devoir quitter tout ça. Mais en ce moment, c’est le personnage du tigre Timoto, série pour les tout-petits, qui me réveille la nuit. Il ressemble tellement à l’enfant que j’étais.

Albertine : Est-ce qu’il arrive de te censurer ? T’interdire d’aborder certains sujets ? 
Rémi Courgeon : Non, pas vraiment. Les seules censures sont peut-être mes blocages psychologiques. Certains sujets sont difficiles à traiter, comme la mort d’un enfant par exemple, ou le suicide d’un proche. Pourtant je sais que si j’en ai envie, le moment venu, je le ferai. Ce que je me refuse à raconter, c’est les histoires sans espoir. C’est peut-être ça ma censure.

Bibliographie sélective d’Albertine :

  • Ils arrivent…, illustration d’un texte de Sylvie Neeman, La joie de Lire (2018).
  • Le roi nu, illustration d’un texte de Hans Christian Andersen, La joie de Lire (2018).
  • Des mots pour la nuit, illustration d’un texte d’Annie Agopian, La joie de Lire (2017).
  • Le président du monde, illustration d’un texte de Germano Zullo, La joie de Lire (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Farces et attrapes, illustration d’un texte de Jeanne Plante, Little village (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand roman de ma petite vie, illustration d’un texte de Susie Morgenstern, De la Martinière Jeunesse (2016).
  • Mon tout petit, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La mer est ronde, illustration d’un texte de Sylvie Neeman, La Joie de Lire (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Caprices, c’est fini ?, illustration d’un texte de Pierre Delye, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Circus, illustrations, À pas de loups (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les robes, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Dadá, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Départ en vacances, illustration, Les apprentis rêveurs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Ligne 135, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2012).
  • À la montagne, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les oiseaux, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Les gratte-ciel, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2011).
  • À la mer, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2008).
  • Le Génie de la Boîte de Raviolis, illustration d’un texte de Germano Zullo, La Joie de Lire (2002), que nous avons chroniqué ici.

Bibliographie sélective de Rémi Courgeon :

  • Série Timoto, texte et illustrations, Nathan (2017-2018), que nous avons chroniqué ici et .
  • L’oizochat – Le fils caché, texte et illustrations, Mango Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Tohu Bohu, texte et illustrations, Nathan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Passion et Patience, texte et illustrations, Mango (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est l’histoire d’un poisson bavard, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • J’aime pas les clowns, illustration d’un texte de Vincent Cuvellier, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • L’oizochat, texte et illustrations, Mango (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Gros chagrin, texte et illustrations, Talents Hauts (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand arbre et autres histoires, recueil d’albums, textes et illustrations, Mango (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Contes d’Afrique, illustration de textes de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pieds nus, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Blancs comme neige, texte et illustrations, Milan (2013).
  • Toujours debout, texte illustré par Isabelle Simon, L’initiale (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Elvis Presley, illustration d’un texte de Stéphane Ollivier, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Brindille, texte et illustrations, Mango jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pas de ciel sans oiseaux, texte et illustrations, Mango Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le géant petit cadeau, texte et illustrations, Père Castor (2012).
  • Dans sa tête, texte et illustrations, JBZ & cie (2010).
  • Invisible mais vrai, texte et illustrations, Mango (2006).

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Les invité·e·s du mercredi : Fanny Deschamps (Versant Sud) et Anne Herbauts

Par 4 juillet 2018 Les invités du mercredi

Dernier rendez-vous des invité·e·s du mercredi de la saison 2017-2018 (la semaine prochaine, vous retrouverez comme les étés précédents la rubrique Du berger à la bergère) et l’on termine l’année en Belgique ! On commence avec l’éditrice des éditions Versant Sud Jeunesse, puis on part en vacances avec Anne Herbauts (qui vient de sortir un double album magnifique chez Esperluète, mais nous en reparleront bientôt). Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Fanny Deschamps

Pouvez-vous nous raconter votre parcours personnel ?
Les livres ont toujours fait partie de ma vie. Aussi, au moment de choisir mes études, c’est assez naturellement que je me suis dirigée vers les lettres. Diplômée par l’Université Libre de Bruxelles, j’ai ensuite suivi un DES en Gestion Culturelle, dans le cadre duquel j’ai fait un stage au Prix Bernard Versele. Il s’agit d’un prix littéraire pour enfants très connu en Belgique : 50 000 enfants y participent chaque année. Cette expérience a conforté une certitude : je voulais travailler dans le secteur de la littérature de jeunesse. C’est dans ce but que j’ai commencé à travailler en librairie. Pendant pas mal d’années, j’ai été responsable des rayons jeunesse et BD d’une grande librairie bruxelloise. Cette expérience professionnelle s’est révélée très formatrice : j’y ai acquis des connaissances sur les auteur·trice·s, les illustrateur·trice·s, mais aussi sur la chaîne du livre et tous ses acteurs. Savoir défendre un livre, trouver le bon ouvrage pour chaque client, tout cela est passionnant. Mais la crise est passée et la librairie a fermé. C’était le moment pour moi de bifurquer vers une autre voie. J’ai commencé à rédiger des articles pour Le Carnet et les Instants, une revue consacrée à la littérature belge. Puis, j’ai fait la rencontre fortuite Élisabeth Jongen, éditrice et directrice des éditions Versant Sud… et une nouvelle page s’est ouverte !

Parlez-nous des éditions Versant Sud et de votre rôle au sein de la maison.
Les éditions Versant Sud ont été fondées en 2001 par Élisabeth Jongen. Elle y publie alors des livres de voyage, d’histoire, de musique. En 2015, Élisabeth me propose de la rejoindre pour créer une branche jeunesse. Un projet passionnant, puisque tout est à imaginer de A à Z. Nous commençons en nous entourant de trois jeunes illustratrices, Noémie Favart, Paola De Narvaez et Camille Van Hoof qui réalisent chacune un livre et nous accompagnent dans cette démarche créative. Les premiers albums sortent au printemps 2016.
Mon rôle dans la maison est multiple : nous sommes si peu nombreux que, par la force des choses, je touche à tout. Disons que mes principales missions sont d’une part éditoriale et artistique (accompagnement des auteurs sur les livres), d’autre part de communication (faire vivre les livres après leur sortie : contacts avec les commerciaux, avec la presse, réalisation de catalogues, community management, etc.). Cela fait beaucoup, mais c’est absolument passionnant. Je me régale chaque jour !

Pouvez-vous nous parler du reste de l’équipe ?
Élisabeth Jongen dirige Versant Sud. Elle a une grande expérience de l’édition : elle a auparavant travaillé chez Jacques Antoine (littérature belge) et aux éditions De Boeck. C’est quelqu’un d’entreprenant et qui a le sens des affaires. Elle a une grande sensibilité à l’art. Nos regards sur les livres sont complémentaires, ce qui est plutôt enrichissant. Nous prenons toutes les décisions éditoriales ensemble.
Notre graphiste, Sébastien Vellut, travaille en freelance. Il est perfectionniste et a toujours un avis très pertinent, qui permet aussi d’améliorer ou d’affiner les projets de nos auteurs. Son travail est très qualitatif et cela nous tient à cœur : c’est grâce à lui si nos livres sont si soignés sur le plan formel.

Quelle est votre ligne éditoriale, comment choisissez-vous les projets que vous éditez ?
Au départ, cela s’est fait de façon intuitive, et puis, en prenant du recul, on a vu une ligne se créer, une identité se marquer. C’est difficile d’expliquer des choix qui se font en partie à l’instinct. Disons que nous cherchons à proposer des illustrations de qualité et qui offrent une certaine originalité. Nous évitons le lisse, le classique, mais sans chercher à tout prix l’audace graphique. Et puis les livres sont avant tout là pour s’adresser aux enfants : nous cherchons des histoires qui sortent des sentiers battus et/ou qui parlent aux lecteurs de ce qu’ils peuvent vivre au quotidien par le biais de récits sincères. L’intention de l’auteur est importante : il faut que l’histoire vienne d’un réel désir de raconter quelque chose. Nous évitons les livres intentionnels et les livres « médicaments », qui seraient conçus non pas comme œuvres littéraires, mais pour répondre à une demande du marché.
Par ailleurs, nous publions pas mal d’illustrateurs débutants. Il y a beaucoup de jeunes talents à Bruxelles grâce aux excellentes et très dynamiques écoles d’art qu’on y trouve. C’est très gai de publier le premier livre d’un auteur. L’expédition du Mokélé-Mbembé est un très bon exemple : c’est la première parution de Yannick NorY, et déjà, quelle maitrise dans la construction de l’image !

Pour vous, qu’est-ce que c’est un bon livre pour enfants ?
Cela rejoint en partie la réponse précédente, puisque mes choix se font en fonction de ce que j’estime être un bon livre. Disons qu’un bon livre est d’abord un livre dans lequel on entre, puis par lequel on est happé. C’est un livre singulier, qui surprend, emporte, et qui se lit avec plaisir.

Il y a différentes collections dans la maison, pouvez-vous nous les présenter ?
La collection les Pétoches traite de la peur. Il s’agit d’un cadre, dans lequel nous laissons nos auteurs libres d’aborder le thème comme ils l’entendent. C’est pourquoi il y a une telle diversité dans la collection : des livres oniriques (L’appel de la lune), d’autres franchement drôles (L’épouvantable histoire de Valentine et ses 118 poux ou Clac, la trappe ! de Loïc Gaume), des livres qui font un peu peur (Bien fait !), d’autres qui parlent de la peur (De l’autre côté du carrousel).
Nous publions aussi des livres axés sur l’art. C’est notre première parution, L’oiseau en cage, qui nous a lancé sur cette piste. Javier Zabala y met en images l’extrait d’une lettre de Vincent Van Gogh à son frère. Par la suite, nous avons publié d’autres albums qui tournent autour de peintres, ou même d’un couturier (Hubert de Givenchy par Philip Hopman). Nous avons d’autres beaux projets prévus pour 2019 en peinture et en musique.

Je sais que la question n’est pas facile, mais si vous deviez me citer quelques albums qui ont marqué la maison…
C’est vrai que c’est difficile, nous tenons à tous nos livres ! L’oiseau en cage, c’est sûr. Il a « donné le ton » au catalogue. Je citerais aussi Jan Toorop – Le chant du temps de Kitty Crowther, un magnifique album consacré à ce peintre symboliste hollandais. C’est aussi notre premier prix littéraire puisque Kitty a reçu le prix Libbylit pour cet album et qu’il a participé à la Petite Fureur de lire. L’expédition du Mokélé-Mbembé a retenu l’attention de la presse et a été nominé au prix d’illustration de la Foire de Francfort. Dernièrement, Les lunettes de Margarita del Mazo et Guridi semble mettre tout le monde d’accord : c’est un livre délicieux, intelligent, beau et drôle. Un délice.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite, j’adorais les albums d’Ernest et Célestine de l’artiste belge Gabrielle Vincent. Quelle finesse, quelle justesse d’observation ! Ensuite, j’ai lu beaucoup de romans de L’école des loisirs, mais aussi tous les Roald Dahl (relus plusieurs fois !). La bande dessinée fait aussi pleinement partie de ma culture littéraire : la bibliothèque familiale était généreusement fournie et j’adorais des classiques comme Gaston Lagaffe et Lucky Luke, avant de découvrir la bande dessinée adulte puis indépendante. Adolescente, j’aimais des auteurs comme Buzzati, Kundera puis Romain Gary (ce dernier fait toujours partie de mon panthéon personnel).

Quand on est éditeur·trice on doit passer son temps à lire des manuscrits, avez-vous encore le temps de lire d’autres livres ?
Je lis plein d’autres choses, heureusement. Je ne suis pas éditrice de romans, mais d’albums jeunesse, qui ont l’avantage de se lire bien plus rapidement.
Je lis beaucoup de bandes dessinées (j’écris toujours des articles dans ce domaine, d’ailleurs) européennes, japonaises ou américaines comme Goggles de Testuya Toyoda, Seconds de Bryan Lee O’Malley ou les réjouissantes Culottées de Pénélope Bagieu. Mes enfants me laissent parfois le temps de lire quelques romans, aussi. Mes derniers coups de cœur : L’homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk, En route pour la gloire de Woody Guthrie et Personne ne gagne de Jack Black. Et puis ma soif de fiction ne se limite pas à l’écrit : je regarde beaucoup de films et de séries. Toutes ces histoires me nourrissent.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les prochains ouvrages à sortir chez Versant Sud ?
Avec plaisir ! En octobre nous publierons deux nouveaux Pétoches : Tibor et le monstre du désordre, de Noémie Favart, un livre désopilant sur l’envahissement des jouets et le désordre dans les chambres des enfants, et Hiro, hiver et marshmallows de Marine Schneider, une autrice bruxelloise déjà publiée en Norvège et qui fait un travail magnifique. En novembre, Saint Nicolas VS Père Noël, écrit par Jane Oshka et illustré par Noémie Favart, mettra en scène une hilarante joute verbale entre deux personnages que nous découvrirons en concurrence (le mystère entourant ces grands hommes sera 100 % préservé, bien sûr !), et La tailleuse de nuages, un récit très sensible d’Emma Anticoli Borza sur une vieille dame qui voit sereinement son heure venue et sur son rapport à ses souvenirs, qui constituent tout ce qui a fait sa vie. C’est Daniela Tieni, récemment publiée au Rouergue, qui illustre ce livre très touchant et allégorique.
J’en profite pour remercier tous nos auteur·trice·s : c’est très enthousiasmant de travailler avec eux, de côtoyer de tels talents et une telle effervescence créative.

Bibliographie jeunesse (sélective) de Versant Sud :

  • L’appel de la lune, d’Elis Wilk (2018).
  • Je te vois, et toi ?, de Siska Goeminne et Alain Verster (2018).
  • Les lunettes, de Margarita Del Mazo et Guridi (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’expédition du mokélé mbembé, de Yannick NorY, dans la collection Les Pétoches (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les animaux de l’herbier, d’Yvonne Lacet (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • De l’autre côté du carrousel, de Teresa Arroyo Corcobado (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Bien fait !, de Jane Oshka et Paola De Narváez, dans la collection Les pétoches (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Petite peur bleue, de Valentine Laffitte (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Bleu de Delft, d’Ingrid Schubert et Dieter Schubert (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Hubert de Givenchy, pour Audrey avec tout mon amour de Philip Hopman (traduit par Aline Gustot) (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La valise d’Osvaldo, d’Emma Anticoli Borza et Alessandra Vitelli, dans la collection Les pétoches (2017), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Versant Sud Jeunesse : https://www.versant-sud.com/jeunesse.


En vacances avec… Anne Herbauts

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Anne Herbauts que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Voyage d’hiver, Anne Brouillard
  • L’étranger mystérieux, Atak
  • Romance, Blexbolex
  • Ce jour-là, Mitsumasa Ano
  • Jojo la mâche, Douzou
  • Et j’ajoute, Koi ke bzzz ? de Carson Ellis, car en jeunesse, c’est impossible de faire des choix !

5 romans :

  • Jacques Chessex, Le vampire de Ropaz
  • John le Carré (tout)
  • Per Olov Enquist, L’extradition des Baltes, ou encore, Blanche et Marie
  • Russel Banks, Continents à la dérive
  • Chamoiseau, Texaco

5 DVD :

  • Le vent se lève de Myazaki
  • Où est la maison de mon ami de Kiarostami
  • Panique au village de Pic Pic André
  • Playtime de Tati
  • Le joli mai de Chris Marker

5 CD :

  • Bach, tout Bach, c’est bien !
  • Venise n’est pas en Italie de Reggiani
  • El Gusto
  • Un peu beaucoup de titres de Bob Dylan
  • Fall of the Moon de Marcel Khalifé et Mahmoud Darwish

5 artistes :

  • Le Photographe Walker Evans, ses portraits familiaux
  • Bruno Munari, From afar it was an island
  • Tout Caravaggio
  • Une plongée dans Fra Angelico, Giotto, Ucello
  • Les hommes-loups de Dominique Goblet

5 lieux :

  • Voyage dans les vieux livres Univers des Formes (nrf), notamment celui de « Perse, proto-Iraniens, Mèdes, Achéménides ».
  • Sous un vieil arbre, à l’ombre de l’été, avec un pique-nique simple et de l’eau fraîche, – des choses que l’on aime manger-, après avoir ratissé, pour faire des andains, l’herbe fauchée d’un verger en pente.
  • Assise devant un paysage de vallée glacière, sur une moraine après une marche respectable, mais pas trop ardue. Juste ce qu’il faut de fatigue.
  • Le matin tôt, debout devant un jardin d’été.
  • Traverser les salles d’un grand ancien musée presque vide, salles à hauts plafonds, un peu sombres et lumières venues de verrières lointaines, avec une odeur de Brueghel et de Bosch…

Et aussi,

  • De bons abricots, des cerises, de la purée d’amandes pure, du pain grillé, une citronnade de sureau.
  • Des nuages-paquebots qui passent lentement dans le ciel.
  • Des oiseaux dans les haies.

Anne Herbauts est autrice et illustratrice

Bibliographie sélective :

  • Les koalas ne lisent pas de livres, texte et illustration, Esperluète (2018).
  • Une histoire grande comme la main, texte et illustration, Casterman (2017).
  • Broutille, texte et illustration, Casterman (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • L’Arbre Merveilleux, texte et illustration, Casterman (2016).
  • Sous la montagne, texte et illustration, Casterman (2015).
  • un jour Moineau, texte et illustration, Casterman (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • je t’aime tellement que, texte et illustration, Casterman (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • de quelle couleur est le vent ?, texte et illustration, Casterman (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Theferless, texte et illustration, Casterman (2012).
  • les moindres petites choses, texte et illustration, Casterman (2012).
  • La Galette et la Grande Ourse, texte et illustration, Casterman (2009).
  • Lundi, texte et illustration, Casterman (2004).

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Les invitées du mercredi : Delphine Bournay et Erin Mosta

Par 27 juin 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui on part à la rencontre de l’autrice et illustratrice Delphine Bournay qui nous a récemment régalé·e·s avec La recette miracle, avant de découvrir la talentueuse Erin Mosta qui nous parle de son premier roman, La sirène et la licorne pour la rubrique « Parlez-moi de… » Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Delphine Bournay

Quelques mots sur votre parcours ?
J’ai été en partie formée à l’école des arts décoratifs de Strasbourg. J’ai commencé à publier mes propres histoires en 2006 avec Grignotin et Mentalo qui a reçu le prix Sorcières.

Comment naissent vos histoires ?
Je travaille depuis longtemps en atelier, avec d’autres dessinateur·trices. Mes histoires n’arrivent jamais tout à fait de la même façon. J’ai un carnet dans lequel je note et dessine des fragments d’histoire. Je m’appuie sur mes personnages. Je n’ai généralement pas d’intentions très précises. Je laisse passer du temps, je relis, je reprends… Et puis, à un moment, quelque chose finit par se construire, parce que j’ai vu un film, parce que j’ai joué avec mes enfants, parce que des idées se sont rencontrées, parce que j’ai trouvé des liens entre les fragments… Je n’ai pas de maitrise sur ce moment-là.

Comment élaborez-vous les albums dont vous êtes l’autrice et l’illustratrice ?
Cette partie du travail, ce sont des croquis au crayon de papier.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Lorsque je finalise mes dessins, j’utilise l’encre, la plume, l’aquarelle, le crayon de couleur… Pour Grignotin et Mentalo, le feutre.

Pouvez-vous nous parler de votre dernier album, La recette miracle ?
La recette miracle, je l’ai écrite avec l’intention de trouver un scénario comique où un personnage s’enfonce malgré lui dans une aventure dont il ne peut se défaire. Je venais de regarder avec mes enfants L’impossible monsieur bébé de Howard Hawks. Suite à ce film, je me suis demandé comment écrire une histoire comme ça. Quel point de départ ? Quel enchainement ? Quels personnages ? J’aime bien travailler avec peu. Peu de personnages, souvent des duos. J’aime les dialogues, j’aime ce qui se passe et qui n’est pas dit, j’aime les décalages entre textes et images, j’aime que le lecteur ait une vraie place.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos prochains projets ?
Peut-être des histoires pour les plus petits mais je ne sais pas encore, car mon humour est peut-être un peu « grand » !

Bibliographie :

  • La recette miracle, texte et illustrations, l’école des loisirs (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Marcelle et les indiens, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017).
  • Le concours de force, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Série Grignotin et Mentalo, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006-2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pouvoir du jaguar, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Pommes d’amis, texte et illustrations, l’école des loisirs (2013).
  • Ariane l’araignée, illustration d’un texte de Pascale Chadenat, l’école des loisirs (2009).
  • Au château !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2007).

Parlez-moi de… La sirène et la licorne

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur·trice, son illustrateur·trice et/ou son éditeur·trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur le très beau La sirène et la licorne que nous revenons, avec son autrice Erin Mosta, l’éditrice n’a pas pu nous répondre.

Erin Mosta (autrice) : L’idée du livre m’est venue un été, au bord de l’océan Atlantique, dans un coin qui ressemble beaucoup à celui où se déroule le roman. Je sortais d’une année assez difficile, tout n’était pas encore réglé, loin de là, mais en revenant en Charente, je retrouvai cette impression de liberté, d’optimisme, d’espoir qui m’accompagne toujours là-bas, depuis les grandes vacances quand j’étais enfant, quand j’étais ado… Et j’ai voulu écrire une histoire qui parle de ça, qui transmette aux lectrices et aux lecteurs un peu de cette lumière, de ces horizons, de ce bonheur qu’on retrouve malgré tout, malgré les épreuves. Un roman qui parle de se reconstruire, de se dépasser aussi.
Enfin, dans un monde qui nous renvoie chaque jour son lot d’intolérance, de préjugés, d’homophobie et de violence, sur Internet comme dans la « vraie vie », j’ai voulu écrire une histoire qui parle de courage, d’imagination, d’amitié et d’amour. Voilà, c’est ça aussi, l’idée à la base de La Sirène et la Licorne. Lutter contre l’obscurité qui nous entoure avec du soleil, de l’océan, des créatures fantastiques et des maquillages de couleurs. Et raconter un amour d’été qui, j’espère, donnera le sourire à ses lectrices et ses lecteurs.


La sirène et la licorne,
d’Erin Mosta
Sorti chez Rageot (2018)
que nous avons chroniqué ici

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Les invité·e·s du mercredi : Eloïse Rey, Fred Fivaz et Olivier Douzou

Par 20 juin 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui on rencontre Eloïse Rey, illustratrice et graphiste, qui nous parle avec passion et enthousiasme de son activité et puis, dans un deuxième temps, on revient avec Fred Fivaz et Olivier Douzou, l’auteur et éditeur d’Hyper Bien, sur ce drôle de petit album poétique et farfelu sur l’enfance… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Eloïse Rey

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Et bien, j’ai d’abord étudié la littérature, le design textile puis le graphisme, sans vraiment oser affirmer ma pratique du dessin. Ce n’est qu’avec le début de ma collaboration avec le journal pour enfants Biscoto en 2013 que j’ai commencé à me positionner en tant qu’illustratrice. L’édition fait également partie intégrante de mon travail, puisque j’ai été pendant 5 ans graphiste et directrice artistique d’un journal de poésie et d’illustration, La Tribune du Jelly Rodger, créé en collaboration avec mon ami poète Seream.

À côté de votre activité de graphiste, que vous apporte l’illustration de littérature jeunesse ?
C’est une belle récréation ! (Même si bien sûr, c’est un travail sérieux et prenant.) Le travail de graphiste consiste à rendre lisible un contenu, en choisissant le bon ton certes, mais en restant suffisamment discret pour laisser passer l’information au premier plan. L’illustration me permet de m’exprimer plus pleinement et plus librement sur le plan artistique, mais aussi de transmettre des messages qui me sont propres. L’image est un langage. Comme les mots, elle véhicule des idées et engage donc celle ou celui qui la crée. Travailler pour la jeunesse est donc pour moi une forme d’engagement d’autant plus grande qu’elle implique sa part de responsabilité : les images lues et regardées par un enfant auront une influence sur sa manière de voir et de comprendre le monde. Tout l’enjeu pour moi est donc de proposer et d’encourager un bel imaginaire, tout en délivrant un message qui me semble bon et bienveillant.

Parlez-nous de votre travail sur Anna qui chante de Sonia Paolini, et sur ce qui vous a donné envie d’illustrer le texte.
Quand Biscoto m’a proposé le texte de Sonia, je savais déjà que j’étais entre de bonnes mains et face à vrai engagement éditorial. Étant moi-même très attentive aux questions de genres et de défense des droits des femmes, j’avais déjà adopté le texte avant même de l’avoir lu ! Un texte mettant en avant une pléiade de fillettes et comptant deux héroïnes, c’est déjà tellement rare en littérature jeunesse… Les montrer si fortes, libres et maîtres de leur destin, voilà un message que j’avais hâte de délivrer moi aussi. Le texte de Sonia est très beau parce qu’il prend la tournure d’un conte initiatique classique (il y a un roi, une princesse enfermée dans le château…), tout en y mêlant une voix et des préoccupations très actuelles. Le défi pour moi sur ce livre était de rester dans l’univers symbolique du conte tout en montrant à quel point il est contemporain, et de permettre à ses lecteurs et lectrices de se projeter intimement dans l’histoire d’Anna et Judith. Le choix d’utiliser des couleurs très vives va dans ce sens, et apporte également la lumière et la force nécessaire pour traverser les parties sombres de récit.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ? Qui étaient vos héros et vos héroïnes enfant ?
Je garde plus de souvenirs de lectures du soir que de livres en particulier, mais je crois que je lisais un peu de tout : du Journal de Spirou au Grand Meaulnes d’Alain Fournier, en passant par la collection de romans Fais-moi peur et autres bandes dessinées de science-fiction qui peuplaient les étagères de la maison ! Les images qui m’ont néanmoins le plus marquée sont celles de Chien bleu de Nadja, et la petite bouille de Yok-Yok dessinée par Étienne Delessert. J’en garde un souvenir très poétique et sensoriel.

Avez-vous de nouveaux projets d’albums ?
Pas pour l’instant malheureusement. Mais j’ai hâte de trouver le temps pour me consacrer à un album dont j’aimerais également écrire l’histoire…

Bibliographie : 

  • Anna qui chante, illustration d’un texte de Sonia Paolini, Biscoto (2017), que nous avons chroniqué ici

Son site : http://www.eloiserey.fr


Parlez-moi de… Hyper bien !

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur·trice, son illustrateur·trice et/ou son éditeur·trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur Hyper bien !  – un drôle de petit album déluré et attachant qui nous conte les tribulations de Charles – que nous revenons avec son auteur Fred Fivaz, qui nous livre ses secrets de fabrication…. et Olivier Douzou l’éditeur

Fred Fivaz (auteur):
Bonjour la mare aux mots. Voilà 5 secrets, bien gardés, à propos du livre Hyper Bien.
1 : Hyper bien n’a pas toujours été Hyper Bien, et non. Son premier nom était Ça dépend des jours. Il était plus petit, il n’avait que 16 pages, couverture comprise. Il était imprimé en sérigraphie, à la main, avec cette petite odeur de solvant si romantique. Un tirage très très limité, 100 exemplaires seulement. Avis au collectionneur de petits livres de 16 pages imprimés en sérigraphie à la main, il en reste en circulation.
2 : La construction graphique de mes images se fait en 2 étapes. Première étape, je réalise tous les dessins à la main, sur du papier, à l’aide de feutres noirs, plumes pinceaux et encre de Chine, c’est le meilleur moment du processus. Deuxième étape, je numérise toute cette matière. La couleur et le montage des images se font ensuite à l’aide d’un ordinateur… c’est aussi le meilleur moment du processus.
3 : Je n’ai fait qu’un seul et unique dessin pour le personnage de Charles, Il n’y a que sa bouche et ses « vêtements » qui changent. Certains diront que c’est de la flemmardise… mauvaises langues.
4 : La rumeur court que Charles serait un enfant. Un enfant qui vit seul et qui est souvent au volant de sa voiture, pourquoi pas.
5 : D’ailleurs en parlant de Charles, c’est lui qui aurait dû écrire ces quelques mots, mais il vient de me quitter pour un concert de Black Metal.
6 : Alors le point six, c’est juste un prétexte pour remercier quelques personnes qui m’ont beaucoup aidé dans la création de ce livre, Dans le désordre : Mélanie, Mirjana, Olivier, Benoit, Cécile, Julien, Cyril. Bisous et merci à eux. Merci et bisous La mare aux mots.

Olivier Douzou (éditeur) : Charles ne s’appelait pas Charles, le titre était « ça dépend des jours ». C’est ainsi que j’ai reçu ce petit objet sérigraphié de 16 pages que Fred Fivaz souhaitait voir éditer sous la forme d’un album. Il a fallu ensemble réfléchir au Rythme de l’album, à sa durée, compléter son récit en glissant par exemple dans les images des indices qui permettaient au lecteur (comme à Charles) d’enchaîner les séquences. Puis l’idée d’en faire une histoire en boucle s’est imposée l’histoire de l’ennui, comme de l’hyper activité étant une histoire sans fin. Cette histoire de déconcentration a été ainsi dé-concentrée pour répondre au mieux à son sujet.

Hyper bien, de Fred Fivaz sorti chez Le Rouergue (2018), chroniqué ici.

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