La mare aux mots
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Interview

Les invité·e·s du mercredi : Juliette Binet et Julien Castanié

Par 13 décembre 2017 Les invités du mercredi

Pour cette fin d’année 2017, je vous propose de rencontrer Juliette Binet qui nous parle de son travail et de son parcours. Ensuite, nous partons en vacances avec le génial Julien Castanié. Un beau mercredi  à toutes et à tous !


L’interview du mercredi : Juliette Binet

Comment est née l’idée de votre album Le Mauvais Pli qui utilise si ingénieusement la pliure intérieure du livre ?
Quand on compose une image pour un livre, on ne perd jamais de vue la reliure. En général, on l’évite, on ne met pas dedans ou trop près, d’éléments importants qui pourraient être coupés, raccourcis, mal lus. Cette fois, j’ai eu envie de donner à la reliure la place centrale qu’elle occupe de fait dans le livre, en ne l’évitant pas.
Le Mauvais Pli met à l’équilibre les trois préoccupations qui animent mon travail depuis longtemps: raconter une histoire, faire un livre, dessiner.
Le livre y est un personnage au même titre que l’homme et le chien. Il intervient dans l’histoire et agit sur le dessin.
Ayant défini l’objet qui allait m’intéresser, j’ai cherché des manières de jouer avec, de le faire rebondir, d’ouvrir peut-être la possibilité de prolongations.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous pour créer vos albums ?
Je dessine avec des crayons de couleurs bien taillés.

Vos albums s’apparentent de près aux livres d’artiste avec une fabrication à la fois très travaillée et très simple (des formats toujours atypiques et des couvertures toujours très sobres), d’où vous vient ce souci de faire de chaque ouvrage un bel objet ?
Un livre est un livre, il n’y a pas de distinctions pour moi, et ainsi, pas de raisons de traiter différemment l’un ou l’autre. Nous discutons avec l’éditeur des possibles papiers et façonnages, il faut trouver pour chacun une forme qui devient évidente.

Quel est le parcours qui vous a menée jusqu’à l’illustration jeunesse ?
J’ai suivi les cours des Arts Décoratifs de Strasbourg. J’avais passé un bac arts appliqués. Et avant, j’ai bricolé, toujours, beaucoup, en papier, carton, tissus, bois….

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ?
Babar, Les Gentils Voisins, À Calicochon, Une histoire Sombre, Au Revoir Petite Baleine, Le Docteur de Soto
Le Comte de Monte Cristo, Les Trois Mousquetaires, Thérèse Desqueyroux, Germinal, La Dame aux Camélias, Les Hauts de Hurlevent
Il y avait beaucoup de livres à la maison, on a lu sans trop y faire attention. Je préférais jouer ou bricoler. J’ai l’impression d’avoir commencé à lire adulte, pourtant les livres ont toujours été là.

Est-ce que vous pouvez nous dévoiler vos futurs projets ?
Je creuse pour les déterrer, et ne peux pas encore en parler.

Bibliographie (sélective) de Juliette Binet

  • Le Mauvais pli, texte et illustrations, Le Rouergue (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Les Trois cheveux d’or du diable, illustré d’un texte des frères Grimm, Gallimard Jeunesse (2015).
  • Hourra !, texte et illustrations, Le Rouergue (2015).
  • Un courant d’air, texte et illustrations, Le Rouergue (2012).
  • L’Horizon facétieux, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2011).
  • Cendrillon, illustration d’un texte de Charles Perrault, Gallimard Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Cousin, texte et illustrations, Albin Michel (2010).
  • Jonas, roman, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2009).
  • L’Ombre d’Igor, texte et illustrations, Autrement (2009).
  • Tels quels, texte et illustrations, Autrement (2008).


En vacances avec… Julien Castanié

Régulièrement, nous partons en vacances avec un.e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Julien Castanié que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Le ruban, d’Adrien Parlange
  • La chambre du Lion, d’Adrien Parlange
  • Parade, d’Adrien Parlange
  • Popville, d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud
  • Renard et l’Argent gratuit, de Fibre Tigre et Floriane Ricard

5 romans

  • La parenthèse, d’Élodie Durant
  • Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson
  • Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro
  • L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, de Bernard Werber
  • Building Stories, de Chris Ware

5 DVD

  • The Man From Earth, de Richard Schenkman
  • Le DVD de mon spectacle de théâtre de mes 12 ans
  • 12 hommes en colère, de Sydney Lumet
  • Interstellar, de Christopher Nolan
  • D.A.R.Y.L, de Simon Wincer

5 CD

  • Best of Queen
  • Best of Asaf Avidan
  • Sun Leads Me On, d’Half Moon Run
  • For Emma, Forever Ago, Bon Iver
  • Le fil, Camille

5 artistes

  • Jochen Gerner
  • Chris Ware
  • David Lafrance (Jouets Lafrance)
  • Crushiform
  • Henry Darger

5 lieux

  • La ville de Montréal
  • Le Parc du Bic (Gaspésie, QC, Canada)
  • Les arts Décoratifs de Strasbourg
  • Les rocheuses Canadiennes
  • Là où je ne suis pas encore allé

Julien Castanié est illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • La Terre, une planète et des Hommes, illustration d’un texte de Jean-Michel Billioud, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Un pas puis mille, illustration d’un texte de Séverine Vidal, La Pastèque (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Surprise en cuisine, illustration d’un texte de Mimy Doinet, Belin (2016).
  • Contes à rire et à trembler, illustration de textes de Jean-Louis le Craver, Syros (2011).
  • La Princesse Rose-Praline, illustration d’un texte de Gaël Aymon, Talents Hauts (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • En scène !, illustration de textes de Pascale Vd’Auria, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Julien Castanié sur son site : https://juliencastanie.com.

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Les invité·e·s du mercredi : Elsa Fouquier, Olivier Belhomme et Florent Grandin

Par 6 décembre 2017 Les invités du mercredi

J’ai adoré Les habits, le dernier album d’Elsa Fouquier, j’ai donc voulu en savoir un peu plus sur elle. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, c’est à une nouvelle question bête, notre nouvelle rubrique, qu’Olivier Belhomme (L’Atelier du Poisson Soluble) et Florent Grandin (Père Fouettard) ont bien voulu répondre : « Un éditeur, ça gagne beaucoup d’argent ? » Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Elsa Fouquier

Parlez-nous de votre parcours.
Passionnée de BD j’ai eu envie dès 14 ans de me diriger vers le dessin. Je me suis orientée au lycée vers un bac Arts plastiques, puis j’ai enchaîné avec l’école Émile Cohl, à Lyon. Là bas je me découvre une passion pour l’illustration !

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je dessine au crayon sur une feuille puis je scanne et passe au numérique. Je mets la couleur avec le logiciel Photoshop à l’aide d’une tablette graphique.
Ces jours-ci je reprends la peinture, la broderie, les pochoirs… J’ai très envie de renouer avec une mise en couleurs traditionnelle.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre album Les habits que je trouve magnifique ?
Merci tout d’abord 🙂 Il s’agissait de faire des images simples et de rester dans des gammes de couleurs restreintes et assez « classes » tout en donnant du relief avec de la matière. Pour les touts petits, il faut être bien lisible et en même temps les intéresser avec des couleurs vives !
J’ai aimé représenter des enfants différents et je trouve la fabrication d’une grande qualité. Les mécanismes sont chouettes, solides et créent tout de suite une interaction avec les plus petits.

Comment choisissez-vous vos projets ?
Il y a une chose qui joue beaucoup dans le choix de mes projets, c’est le temps !
Il faut que mon planning soit raccord avec les dates de rendus prévues.
Bien sûr, la qualité du projet, et l’enthousiasme de l’éditeur/trice.
Si en plus c’est quelque chose de nouveau pour moi, ça me donne toujours très envie ! J’ai par exemple illustré un calendrier de l’avent l’année dernière.
Et puis bien sur l’aspect financier, que les droits d’auteurs soient corrects.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Mes sources d’inspirations sont d’abord mes souvenirs d’enfant, mes sensations et envies d’enfant. Et puis maintenant mes propres enfants m’inspirent au quotidien !
J’aime beaucoup aussi instagram qui mélange photographes, peintres, illustrateurs, danseurs, designeurs… Qui est un melting pot très inspirant. Parfois complexant 😉

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Je suis une grande lectrice, je l’étais encore plus enfant et adolescente. Enfant je garde un super souvenir de Max et les maximonstres, de Fantômette, des J’aime lire et des Mickey parade ! Puis il y a eu les Royaumes du Nord, le Seigneur des anneaux, Harry Potter… J’ai ensuite lu beaucoup de mangas comme Akira ou des BD comme les Donjon, de Trondheim et Sfar, qui me font toujours beaucoup rire.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
Après 10 ans de dessin, j’ai très envie de travailler l’écriture. Enfant je voulais être écrivaine ! J’ai envie de développer des projets qui me trottent dans la tête depuis longtemps, au texte comme au dessin.
En ce moment je mets en couleur un livre pour les tout-petits sur le thème d’un toboggan aquatique… que j’ai imaginé du début à la fin !

Bibliographie sélective :

  • La maternelle de Milo, illustration d’un texte de Pakita, Rageot (2017).
  • Cendrillon, loisirs créatif, Milan (2017).
  • Rock’n’roll baby, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Mes berceuses jazz, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2017).
  • Les habits, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes comptines des animaux, illustration de comptines, Gallimard Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes plus belles berceuses jazz et autres musiques douces pour les petits, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes berceuses, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes comptines vol.2, illustration de comptines, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jenny and Jack, illustration d’un texte d’Orianne Lallemand et Tamara Page-Jones, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici et .
  • Mes comptines, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes chansonnettes, illustration de chansons, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pilate pour les petits, illustration d’un texte de Rida Ouerghi, Gallimard (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les caprices de Mélisse, illustration d’un texte de Benoît Broyart, Milan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Gym et comptines pour les petits, illustration de textes de Rida Ouerghi, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.


Ma question est peut-être bête, mais…

Régulièrement, on osera poser une question qui peut sembler un peu bête (mais l’est-elle vraiment ?) à des auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, éditeur·trice·s… Histoire de répondre à des questions que tout le monde se pose ou de tordre le cou à des idées reçues. Cette fois-ci, j’ai demandé à Olivier Belhomme (L’atelier du Poisson Soluble) et Florent Grandin (Père Fouettard) « Un éditeur, ça gagne beaucoup d’argent ? ». Je vous propose de lire leurs réponses. Si vous avez des questions bêtes, n’hésitez pas à nous les proposer !

Olivier Belhomme :
Être ou ne pas être… riche ? telle est la question.
Dans l’édition comme dans beaucoup de métiers, on doit pouvoir devenir riche, très riche même. Si on fabrique des livres et qu’on les commercialise comme des lessives ou des soupes, en segmentant le marché et en visant les cœurs de cible comme nous l’ont appris nos professeurs, on doit pouvoir y parvenir.
Par contre, si on conçoit des ouvrages comme des œuvres d’art pouvant bousculer les conventions, dépasser les classifications, ce sera plus difficile mais pas impossible pour autant. Mais comme ce n’est pas l’objectif, peu importe finalement, non ?
En ces temps de surproduction qui réduit dramatiquement leur durée de vie, chaque nouveauté chassant la précédente de plus en plus rapidement, la question ne porte plus sur la richesse mais sur la survie. Peut-on encore prendre des risques éditoriaux si l’on ne laisse plus de temps pour la rencontre du lecteur avec le livre ?
Olivier Belhomme est éditeur chez L’atelier du poisson soluble.

Florent Grandin :
Il faudrait déjà s’entendre sur ce qu’est un éditeur. Si c’est la personne qui, au sein d’une maison d’édition de taille moyenne ou d’un grand groupe, est en charge de choisir les titres qui vont être publiés, dans mon cercle de connaissances et cela n’a aucune valeur statistique, les écarts sont grands : de 1300 € à 3000 € mensuel net. Il est vrai qu’au sein du monde du livre, le secteur jeunesse est loin d’être le plus généreux en termes de carrière et de salaires.
Je connais des dirigeantes et dirigeants de maisons indépendantes qui se rémunèrent moins que le salaire minimum ou même pas du tout certaines années. Si certains bénéficient de revenus annexes ou d’un patrimoine, d’autres vivent dans une précarité évidente.
Je suppose que cette image d’un éditeur qui gagne beaucoup d’argent renvoie plutôt à la maison d’édition. Sur le prix du livre, la part d’un éditeur oscille entre 40 et 45 %. Sur cette part, il doit rétribuer le ou les auteurs (de 4 à 12 % du prix du livre), l’imprimeur, la promotion. Il lui reste donc peu pour couvrir les frais généraux de sa structure, les salaires, dont le sien. C’est un tabou mais il y a plus de livres déficitaires que de livres bénéficiaires, la recherche et la publication de nouveaux auteurs, de nouveaux livres est un chantier aussi exaltant qu’il est peu rentable.
Évidemment la problématique n’est pas la même lorsque l’éditeur possède son outil de diffusion (l’équipe de représentants qui vendent ses livres) ou même de distribution, ce sont plus des logiques de groupes que d’éditeurs.
Quelques maisons d’édition dégagent des profits solides, elles bénéficient de situations de rente grâce aux marchés captifs qu’elles ont organisés avec des ventes aux collectivités ou des prescriptions scolaires, c’est un oligopole qui n’est évidemment pas ouvert ! Mais des groupes importants et historiques aussi peuvent s’avérer incroyablement déficitaires. On ne peut pas dire que l’édition soit un secteur propice à un retour sur investissement généreux.
L’idée qu’un éditeur « gagne beaucoup d’argent » n’est pas répandue dans le grand public ou chez les lecteurs. Quand on entend cette idée reçue, et je l’entends parfois, elle vient généralement des libraires ou des auteurs qui souhaitent, légitiment ou non, remettre en cause leur part dans le prix du livre. À mon humble avis le problème n’est pas tant dans la répartition que dans le prix du livre en lui-même. Il est trop faible pour rémunérer correctement les acteurs de la chaîne du livre et comme il augmente moins vite que l’inflation cet état de fait n’est pas en voie de s’améliorer.
Je suis cependant assez d’accord pour dire que certains éditeurs réduisent leurs risques ou augmentent leurs marges en grattant sur les droits sur vente revenant aux auteurs ou leurs avaloirs. Il n’y a aucune raison qu’un auteur jeunesse reçoive un pourcentage inférieur à un auteur pour adulte. Un illustrateur doit pouvoir bénéficier d’une avance correspondant à son investissement en temps et en matériel. C’est rageant de voir les auteurs jeunesse compter sur les animations scolaires pour vivre alors que c’est la vente de leurs livres qui devrait les rémunérer correctement. Je ne crois pas à la bonne volonté d’un acteur comme le SNE [NDLR : Syndicat national de l’édition], c’est à la loi de déterminer un pourcentage minimum de droits d’auteurs (10 % comme c’est le cas au Brésil).
Le prix public d’un livre jeunesse est toujours moindre. Un album à plus de 15 € est considéré comme cher. Un roman de la même pagination est vendu moins cher. Difficile de vivre avec une telle économie. Prix de fabrication élevé, prix de vente faible, marché écrasé par quelques best-sellers qui cachent la forêt des petites ventes.
Bien que le marché du livre soit stable, publier un album pour enfants est une entreprise risquée. L’impression est coûteuse, la promotion requiert des coûts de déplacements et des investissements en PLV [NDLR : Publicité sur le lieu de vente] et publicité importants. Heureusement, les bonnes ventes permettent de financer les jeunes auteurs ou les livres risqués, une sorte de mutualisation des risques.
Être éditeur est une aventure extraordinaire, son rôle de pivot en fait tout l’intérêt car il demande un savoir-faire, un goût et une implication dans des domaines très différents et parfois même antagonistes. Pour faire une réponse courte, à part quelques exceptions, nous ne choisissons pas ce métier pour gagner beaucoup d’argent et de fait, un éditeur ne gagne pas beaucoup d’argent.
Florent Grandin est éditeur chez Père Fouettard.

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Les invité.e.s du mercredi : Delphine Renon, Olivier Costes, Camille de Cussac et Angèle Cambournac

Par 29 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on part à la rencontre de la formidable illustratrice Delphine Renon et puis l’on parle écologie avec humour et poésie avec Olivier Costes, Camille de Cussac et Angèle Cambournac : l’auteur, l’illustratrice et l’éditrice du magnifique Ça me gratte la Terre !… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Delphine Renon

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Après des études de communication visuelle, j’ai travaillé 10 ans comme graphiste dans l’édition. Pendant cette période j’ai pu observer l’importance de ce qu’une image peut raconter en complément du texte dans un livre, et la multitude de styles d’illustration existants. Puis je me suis lancée dans l’illustration et après un temps de recherche, j’ai trouvé mon style actuel, mon écriture propre.

Comment choisissez-vous les livres que vous illustrez ?
L’histoire, et surtout la possibilité d’apporter mon univers au projet sont déterminants. Il faut que le texte comporte une part d’imaginaire et de poésie. Parfois un album est entièrement créé à 4 mains avec l’auteur, parfois un éditeur me propose un texte.

Quelles techniques utilisez-vous ?
J’utilise un peu l’ordinateur pour la partie croquis, lors de la construction de mes images. Pour les couleurs, la plupart du temps je travaille « en tradi », c’est à dire je n’utilise pas l’ordinateur. Je dessine à la plume ou au feutre noir fin, et aux crayons de couleur, parfois je rehausse avec des marqueurs de couleur. Pour certains projets cependant, je fais le trait à la plume, je le scanne puis je mets les couleurs avec l’ordinateur.

Votre univers reflète une « poésie du quotidien », une importance aux petites choses et aux détails de la vie. Enfant, étiez-vous sensible aux objets et aux ambiances autour de vous ?
Oui énormément. J’étais une enfant réservée, retranchée dans mon imaginaire, et observatrice. Je ne m’ennuyais jamais. J’étais sensible à mon environnement visuel, j’avais un attachement fort à la nature. C’est toujours le cas aujourd’hui.  Mon inspiration est essentiellement construite d’éléments piochés dans le quotidien… la vie, la nature, les gens, une photo, un film…

Quand vous étiez enfant, qui étaient vos « héros et héroïnes » ? (Auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, et autres) ? Quelles étaient vos lectures d’enfant, adolescente ?
Je fais l’impasse sur ces deux questions, en effet des images qui me viennent mais aucune mémoire des noms 🙁 désolée…

Quels sont vos nouveaux projets ?
Je travaille actuellement sur deux albums. L’un sortira au printemps au Seuil, j’illustre un texte très poétique construit comme un conte de Céline Vernozy ; l’autre paraîtra également au printemps, et sera le Tome 3 de Simone et ses bébêtes. J’ai par ailleurs une foule d’histoires qui voyagent dans ma tête jusqu’au jour où j’aurai le temps de les développer…

Bibliographie sélective :

  • Simone et ses bébêtes, c’est si long d’attendre !, illustrations d’un texte de Christine Naumann-Villemin, Rageot (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Simone et ses bébêtes trop petite !, illustrations d’un texte de Christine Naumann-Villemin, Rageot (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Emmet et Cambouy, illustrations d’un texte de Karen Hottois, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde, regarde !, illustrations d’un texte de Stéphanie Joire, Magnard (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Berty le plus cool des monstres, illustrations d’un texte de Didier Levy, Grasset Jeunesse (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Le festin de Citronette, illustrations d’un texte d’Angélique Villeneuve, Éditions Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Casse-tête au pays des pâquerettes, illustrations d’un texte de Didier Lévy, Éditions Sarbacane (2015)
  •  Tranquille comme fossile, illustrations d’un texte de Natacha Andriamirado, Hélium (2014)

Son site : http://delphinerenon.blogspot.fr/


Parlez-moi de… Ça me gratte la terre !

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur·trice, son illustrateur·trice et/ou son éditeur·trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur Ça me gratte la Terre ! – un formidable conte écologiste – que nous revenons avec son auteur Olivier Costes, son illustratrice Camille de Cussac et son éditrice Angèle Cambournac… 

Olivier Costes (auteur)

L’idée de cette histoire est née d’une chanson dont le refrain enfilait les jeux de mots « Miss Terre, miss Terre pourquoi tu te grattes ? Mystère…».  Une phrase qui avait du son mais pas encore de sens. En la chantant (avec ma gratte), m’est venue la vision d’une femme-planète très belle, mais couverte de parasites qui lui provoquent d’horribles démangeaisons. Voilà un début d’explication aux catastrophes naturelles : les tremblements de terre, les tsunamis et les désordres climatiques se produisent parce que la Terre se gratte les croûtes. Et nous, les humains, petits poux insouciants et malfaisants, nous en sommes en partie responsables avec nos gratte-ciels, nos marteaux-piqueurs et nos cartes à puces. Je tenais là une façon décalée d’aborder les problèmes écologiques en multipliant les analogies : terre/tête, humains/poux, béton/boutons, etc.
J’ai proposé l’histoire à Angèle Cambournac, éditrice au Seuil Jeunesse, qui l’a d’abord refusée parce que la fin n’était pas terrible, voire in-Terre-minable (et elle avait raison !). Mais comme elle en aimait le principe, elle m’a encouragé à la retravailler et ses remarques m’ont vraiment servi de déclic. Une fois le texte abouti, Angèle m’a proposé de faire appel à l’illustratrice Camille de Cussac que je ne connaissais pas. J’ai tout de suite été séduit par son style pétillant et son art du second degré, qui correspondaient parfaitement à notre envie de raconter une histoire de planète qui ne soit pas terre à terre.
Tout au long du projet, nous avons fonctionné en trio, unis comme les cinq doigts de la main (ce qui n’est pas une mince performance) : Angèle à la production et au casting, Camille aux décors et aux costumes, et moi au scénario et aux dialogues. D’ailleurs, en plus du livre, Camille a réalisé en animation un clip-vidéo dont la musique est la chanson point de départ de l’histoire. Ainsi, la boucle était bouclée.

Camille de Cussac (illustratrice) :

Angèle m’a proposé l’histoire d’Olivier en septembre dernier. J’ai été très heureuse qu’elle pense à moi, et me suis empressée de lire le texte. J’ai tout de suite accroché, l’idée des zumains comme des sales gosses insupportables me plaisait beaucoup, mais je ne savais pas comment représenter la Terre, la pluie ou le soleil. Je ne me voyais pas faire une boule avec des yeux et des bras pour une planète, d’autres l’auraient fait d’une très jolie manière, poétique et délicate, mais moi j’ai tout de suite senti que ça aurait été raté. Du coup il a fallu que je trouve autre chose, et c’est là que j’ai eu l’idée de personnifier les éléments. Moi qui aime tant dessiner des personnages, je pouvais transformer tout le monde en humain, avec des attributs. Le soleil devenait alors un genre de Pablo Picasso en slip, égocentrique, et prof de yoga. La Lune était une jeune femme en pyjama, avec des posters d’Amstrong et d’astronautes dans son salon. Et les zumains, quant à eux, étaient de minuscules bonhommes verts, comme venus d’autres planètes. Il ne restait plus qu’à convaincre Olivier et Angèle d’adopter ces personnages-là. Ils ont été plutôt emballés et j’ai pu continuer à travailler sur cette voie-là. J’ai adoré travaillé sur ce projet avec Angèle, l’éditrice, qui m’a bien aidé à rendre chaque dessin utile dans l’histoire, et Olivier, l’auteur, qui m’a laissé beaucoup de liberté dans ma création ; et Olivier, le chanteur, qui m’a même proposé de réaliser un clip pour sa chanson « MISS TERRE ».
Alors Merci !

Angèle Cambournac (éditrice) :

Je connaissais Olivier Costes de nom car il a publié plusieurs livres-CD chez Actes Sud Junior où j’ai travaillé il y a 7 ans. Son texte m’a fait beaucoup rire, j’ai trouvé l’idée assez géniale. J’ai été particulièrement séduite par sa construction qui n’est pas sans rappeler celle des contes et par ce message écologique distillé avec humour. Tout cela en faisait un projet à part, plein de sens, qui avait complètement sa place dans le catalogue du Seuil jeunesse où humour et engagement font bon ménage.
Nous avons réfléchi à l’illustrateur/trice qui pourrait l’illustrer. Comme la structure de l’histoire est assez classique, j’ai eu envie de renverser les cadres, de décaler le projet et pensé à Camille de Cussac pour cette raison. Je connaissais l’album qu’elle a publié chez Marcel et Joachim, Le petit chaperon belge, que j’adore, et l’avais rencontrée deux années plus tôt quand elle était venue présenter son book en sortant d’école chez Thierry Magnier. La drôlerie de ses dessins, leur énergie, son sens de la couleur, tout me plaît dans son travail ! Pour cet album, nous avons utilisé une technique d’impression en multichromie afin de rendre au mieux les couleurs acidulées, voire fluo, de Camille !


Ça me gratte la Terre ! texte d’Olivier Costes, illustré par Camille de Cussac, sorti chez Le Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
Retrouvez le clip évoqué plus haut ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Béatrice Rodriguez et Magali Le Huche

Par 22 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Béatrice Rodriguez qui vient de signer un album très drôle (et antisexiste) avec Jean Leroy, La princesse, le loup, le chevalier et le dragon. Ensuite, on file épier Magali Le Huche dans son atelier pour voir comment elle crée. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Béatrice Rodriguez

Parlez-nous de votre parcours.
J’ai toujours dessiné, depuis l’âge où l’on peut tenir un objet entre les doigts. Mon père nous mettait toujours à disposition du matériel feuilles et crayons, parfois même un stylo à bille. J’ai gribouillé pas mal de papiers peints et livres de poche.
Puis j’ai beaucoup dessiné à la maternelle, moins à l’école primaire.
Vers 15 ans j’ai pris des cours de dessin. C’était un super moment le mercredi après-midi, une respiration dans la semaine.
Je ne savais pas si je voulais en faire mon métier. Certains m’encourageaient d’autre me le déconseillaient fortement.
Finalement après des années d’hésitation je suis rentrée à l’école Boule puis Oliviers de Serre et pour atterrir enfin pour mon plus grand bonheur aux Arts Déco de Strasbourg.
Après les arts déco, j’ai commencé mon métier d’illustratrice, d’abord dans la presse pour enfants (Astrapi, J’aime lire, Toboggan…) et dans les éditions scolaires. Et puis petit à petit, lorsque la confiance s’est installée, pour l’édition.

Vous venez de sortir La princesse, le loup, le chevalier et le dragon chez Actes Sud Junior, parlez-nous de votre travail sur cet album et de votre collaboration avec Jean Leroy
Le texte m’a tout de suite plu et Jean avait trouvé tout de suite le bon rythme pour le bouquin, de ce fait, je n’ai pas fait grand-chose, si ce n’est les illustrations.
Jean voulait des crayonnés pour envoyer le projet aux maisons d’édition. Je voulais peaufiner les dessins faire quelque chose de très séduisant, mais j’avais beaucoup de travail en parallèle, alors le projet stagnait un peu. Heureusement Jean m’a boosté et m’a dit d’envoyer ce que j’avais… un premier jet assez cracra.
Il l’a mis en maquette (sans ma permission) et a commencé à démarcher (sans ma permission) et le projet a été accepté chez Actes Sud Junior. Donc je peux dire que Jean est un auteur boosteur assez étonnant.
Bien évidemment, la maquette a été retravaillée depuis…
Pour cet album, je voulais mettre beaucoup de légèreté et d’innocence.
J’ai beaucoup travaillé le mode de déplacement des personnages. La princesse toute sautillante légère, contraste bien avec son goût pour la bagarre (je me suis inspirée de ma petite sœur à l’âge de 5-6 ans qui avait cette attitude légère évanescente et bagarreuse). Le chevalier lui se déplace de façon rigide, bloqué dans son armure, rigide mais dynamique, il écrase tout. Un petit bulldozer.
Pour moi, la gestuelle des personnages est très importante, des orteils à la pointe des cheveux, elle raconte autant que le texte.
Pour les couleurs, je voulais une ambiance douce, fraîche, mais pas pastel, assez acidulée.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je dessine les traits noirs au crayon sur du papier calque que je scanne par la suite. Je mets la couleur sur ordinateur portable avec ma petite palette graphique. Comme ça je peux travailler un peu partout dans la maison et chez les autres aussi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Enfant je ne lisais pas. J’étais dyslexique et ça me demandait trop d’effort. Même Asterix m’épuisait.
Je préférais le jardin, je regardais les arbres, les fleurs, les insectes.
Voir comment germaient les graines, comment poussaient les plantes.
Adolescente, j’adorais « Le génie des alpages » de F’murr. « Les rats » de Ptiluc et puis Fred aussi avec son « Philémon » et « Les idées noires » de Franquin.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
J’ai toujours plein de projets en tête et même parfois dans les tiroirs des éditeurs. Mais c’est le temps qui me manque le plus. Je dois évoluer dans une autre boucle temporaire que les autres, plus élastique.
En tant qu’illustratrice, faire plusieurs livres à la fois, c’est assez compliqué pour moi. Faire un livre, déjà, demande tellement d’énergie, d’engagement. Mais peut-être que je ne suis pas assez légère. En ce moment, je suis en train d’illustrer un Classique chez le Père Castor, « Le petit bonhomme de pain d’épices ». D’ailleurs il faut que j’y retourne je suis un peu en retard sur mon travail !

Bibliographie sélective

  • La princesse, le loup, le chevalier et le dragon, illustration d’un texte de Jean Leroy, Actes Sud Junior (2017).
  • Mon petit atlas de France, illustration d’un texte d’Aude Lesage, Belin (2017).
  • Au bonheur des lapins, illustration d’un texte de Marie Nimier, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Les secrets des grands singes, illustration de textes d’Emmanuelle Grundman, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Chien-guide pour la vie, illustration d’un texte de Laure Perrin, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Partie de pêche, album sans texte, Casterman (2013).
  • Carabinette, illustration d’un texte de Jean Leroy, Casterman (2013).
  • Dans la forêt, en promenade avec Tom et Marie, illustration d’un texte de Sylvie Baussier, Belin Jeunesse (2013).
  • La revanche du coq, album sans texte, Casterman (2011).
  • Le voleur de poule, album sans texte, Casterman (2008).


Quand je crée… Magali Le Huche

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Magali Le Huche qui nous parle de quand elle crée.

C’est assez variable, en fonction des projets, des humeurs, des urgences, des saisons…
J’aime beaucoup chercher des idées au café. J’aime commencer les projets, esquisser des personnages au café. J’aime beaucoup les cafés, j’arrive bien à me concentrer, comme si l’agitation ne me concernait pas, et que je ne pouvais pas partir de mon siège, quoiqu’il arrive. C’est un endroit distrayant qui me concentre je crois. Par contre je n’y arrive pas du tout dans le train ! Je suis toujours attirée par le défilement du dehors et ça me fait planer.
La plupart du temps je travaille dans mon atelier.
Il y a des jours où j’ai besoin d’être totalement seule sans bruit. C’est étonnant comme je suis beaucoup plus intolérante au courcircuitage chez moi qu’au café. Pour écrire notamment, et pour faire des crayonnés. Dans ces phases de travail, je suis en général dans le silence total. Ensuite, lorsque je passe au dessin, à la mise au propre, à la recherche de technique, j’aime écouter de la musique. Mais alors là, pour le choix de la musique, je peux être un peu maniaque ! J’ai l’impression que la musique que je choisis alors va influencer mon dessin (ce qui n’est pas faux), ou l’inverse, les dessins que je fais vont influencer la musique que je choisis. Oui parce que je peux dessiner en rythme, alors, si je choisis d’écouter Deep Purple ou des groupes comme Supergrass, The Clash, ou Television, mon trait sera peut être plus nerveux que si je décide d’écouter Chopin, Schubert, ou Sufian Steven et Patrick Watson. Il peut m’arriver d’écouter Dr Dre, Missy Elliott ou MFDoom, alors que je fais une histoire de Doudous tout mimi. S’opère alors un petit décalage assez drôle. Pour le prochain Non-non, je vais essayer d’écouter Black Sabbath, tiens.

Lorsque je dessine, j’écoute de la musique, et lorsque je fais des mises en couleur, j’écoute la radio. J’écoute beaucoup d’émissions en podcast, généralement des émissions de France culture. Je suis addict à « Les pieds sur terre ».

Pendant des années j’ai partagé mon atelier avec d’autres illustrateurs et graphistes. C’était une super période, ou j’aimais travailler entourée, cela ne me dérangeait pas de faire des pauses en fonctions des pauses des autres.
On se faisait découvrir beaucoup de musique, on écoutait les émissions ensemble…
Même si mes collègues me manquent souvent, j’ai trouvé une certaine satisfaction, un plaisir à travailler seule. Je me sens dans ma bulle, j’aime être complètement immergée dans mon espace, dans mon travail. Cela devient même nécessaire maintenant, et je suis plus facilement disponible ensuite pour aller voir les autres.
C’est à cause de l’âge peut-être…
Avant j’étais super efficace le matin, et puis, maintenant que j’ai un atelier attaché à mon appartement, j’aime travailler le soir, les bruits de dehors ne sont pas les mêmes, la lumière de la nuit me concentre différemment, je n’ai plus à surveiller l’heure, j’y suis bien…

Magali Le Huche est autrice et illustratrice.

Bibliographie (sélective).

  • Le grand magasin fluo, illustration d’un texte de Stéphane Gisbert, Sarbacane (2017).
  • Doudou est perdu, texte et illustrations, Tourbillon (2017).
  • La tribu qui pue, illustration d’un texte d’Élise Gravel, Les fourmis Rouges (2017).
  • Verte, illustration d’un scénario de Marie Desplechin, Rue de Sèvres (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui a soufflé mes bougies ?, album, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Eléctrico 28, album, illustration d’un texte de Davide Cali (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Paco, albums sonores, textes et illustrations, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Peur du noir, moi ?, album, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jean-Michel, albums, textes et illustrations, Actes Sud Junior (2009-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Série Non-Non, albums, textes et illustrations, Tourbillon (2009-2016), que nous avons chroniqué ici, et .
  • Un poisson dans le bidon, illustration d’un texte de David Sire, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • À la recherche du nouveau père, BD, scénario de Gwendoline Raisson, Dargaud (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Même les princesses pètent, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poisson perroquet, album, illustration d’un texte d’Amanda Sthers, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ferme ton bec !, album, illustration d’un texte de Pierre Delye, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est de famille, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Drôles de courses pour M. Ours, album, illustration d’un texte de Monika Spang, P’tit Glénat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pépito super-héros, album-CD, illustration d’un texte de Yann Walcker, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Niet Popov, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mères anonymes, BD, scénario de Gwendoline Raisson (2013), Dargaud, que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup et la soupe aux pois, album, illustration d’un texte de Françoise Diep, Didier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chat d’Elsa, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voyage d’Agathe et son gros sac, album, texte et illustrations, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • L’arpenteur, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • À la piscine, grande illustration, La maison est en carton (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma super famille, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Père Castor (2009), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Raphaëlle Barbanègre et Carl Norac

Par 15 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Raphaëlle Barbanègre qui a accepté de répondre à nos questions. Avec elle nous revenons sur son dernier album, Cendrillon et la pantoufle velue, et sur son parcours. Ensuite, nous partons en vacances avec l’auteur Carl Norac. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Raphaëlle Barbanègre

Parlez-nous de votre parcours.
Alors je suis née à Toulouse et j’ai grandi à la campagne dans une grande et vieille maison.
J’ai toujours aimé dessiner et j’ai grandi dans une famille où l’art tient une très grande place, d’ailleurs ma sœur Juliette Barbanègre est aussi illustratrice (de grand talent). Nous avons donc été grandement encouragées dans cette voie artistique.
Après le lycée (quel ennui) je suis partie faire mes études à Lyon à l’École Émile Cohl pendant 4 ans, où je me suis tournée vers l’illustration jeunesse.
Ensuite j’ai déménagé à Montpellier, puis Paris, puis Montréal en 2012. J’y vis depuis avec joie, le Québec et ses paysages (et ses saisons) étant une source d’inspirations infinie !

Pouvez-vous nous parler de Cendrillon et la pantoufle velue qui vient de sortir chez Talents Hauts
Après Blanche neige et les 77 nains, nous avions envie de continuer et d’adapter un autre conte.
Celui de Cendrillon a été très intéressant à adapter car dans le genre « macho » il se pose là ! Et puis en dehors de ça c’est super marrant de détourner une histoire classique que tout le monde connaît par cœur. Dans Cendrillon, l’histoire commence comme le conte classique puis ensuite chaque page représente un épisode clé du conte (la robe, les chaussures, le carrosse, le bal, etc.) mais complètement raté. C’était génial d’imaginer tout ça et de faire l’inverse de ce que j’aurais fait si j’avais dû illustrer le conte classique !

Ce n’est pas votre premier album avec Davide Cali, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration ?
Oui, j’aime beaucoup travailler avec Davide ! Il y a un côté décalé et loufoque dans ses textes qui correspond bien à mon travail. On réfléchit souvent ensemble à toutes les blagues qu’on va mettre dans le livre.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Ça dépend des projets. Pour Cendrillon c’est du 100 % à l’ordi, mais j’ai aussi illustré un livre au feutre (« Les abominables Mini yétis » chez Sarbacane) et en ce moment je me sens de plus en plus attirée vers les techniques plus traditionnelles.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Enfant et ado je lisais beaucoup et c’est toujours le cas.
Quand j’étais petite je lisais beaucoup de contes. J’ai aussi été très marquée par les livres de Tomi Ungerer et ceux de Roald Dahl (quels génies !). Ado j’ai eu une grande période heroic fantasy après avoir lu Le seigneur des anneaux et Dune et j’étais une grande fan de bd, j’en achetais beaucoup.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
Alors je viens d’illustrer un album qui s’appelle « Les saisons de Montréal » chez La Pastèque, qui devrait sortir en France en janvier prochain, et bien sûr nous projetons avec Davide d’adapter un nouveau conte à notre sauce, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment 😉

Bibliographie sélective :

  • Cendrillon et la pantoufle velue, illustration d’un texte de Davide Cali, Talents Hauts (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les abominables mini-yétis, illustration d’un texte de Didier Levy, Sarbacane (2017).
  • 1000 méli-mélo robots et 1000 méli-mélo autos, Père Castor (2016), que nous avons chroniqués ici.
  • Blanche Neige et les 77 nains, illustration d’un texte de Davide Cali, Talents Hauts (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Baisers ratés de New York, illustration d’un texte de Davide Cali, Gulf Stream Éditeur (2015).
  • La folle aventure de Doudou à Paris, texte et illustrations, Graine² (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Super Potamo, illustration d’un scénario de Davide Cali, Bang Editiones (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon cahier d’activités dingo !, texte et illustrations, Graine² (2013), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Carl Norac

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Carl Norac que nous partons ! Allez, en route !

Albums jeunesse

  • Moi et rien, Kitty Crowther (Pastel)
  • A book of nonsense, Edward Lear (divers éditeurs)
  • Un grand jour pour rien, Beatrice Alemagna (Albin Michel)
  • Buddhism for sheep, Chris Ridell (Erbury Press)
  • Préférerais-tu…, John Burningham (Kaléidoscope)

Romans

  • Les oiseaux, Tarjei Vesaas
  • Pays de neige, Yasunari Kawabata
  • Le chagrin des Belges, Hugo Claus
  • Sur la route, Jack Kerouac
  • Toutes les nouvelles de Robert Walser et de Raymond Carver

CD

  • The idiot, Iggy Pop
  • Whatever People Say I Am That’s What I’m Not, Arctic Monkeys
  • L’amour, l’argent, le vent, Barbara Carlotti
  • Out for lunch, Éric Dolphy
  • et le récent magnifique Warhaus par Warhaus

DVD

  • Les Temps Modernes, Charlie Chaplin
  • Léviathan, Andrei Zviaguintsev
  • M le Maudit, Fritz Lang
  • Festen, Thomas Vinterberg
  • Breaking bad (série)

BD

  • Salto, l’histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie, Judith Vanistendael et Mark Bellido
  • Maus, Art Spiegelman
  • Cinema Panopticum, Thomas Ott
  • Philémon, Fred (toute la série)
  • Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied, Pascal Rabaté et Kokor

5 artistes

  • Andy Goldsworthy
  • Constant Permeke
  • Hans Memling
  • Jessie Oonark
  • Anish Kapoor

5 lieux

  • Flâner en hiver dans le vent sur la plage d’Ostende
  • Monter sur un terril du Hainaut et oublier un instant la montagne
  • Écrire sur un banc dans le jardin de la maison de Grieg en Norvège
  • Retourner en Inde et accepter de ne rien y comprendre (sur les Backwaters du Kerala)
  • Parler d’amour dans le quartier de l’Alfama à Lisbonne

Carl Norac est auteur.

Bibliographie sélective :

  • La piscine magique, album illustré par Clothilde Delacroix, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Poèmes pour mieux rêver ensemble, poèmes illustrés par Géraldine Alibeu, Actes Sud Junior (2017).
  • Le nid de jean, album illustré par Christian Voltz, Pastel (2016).
  • Les saisons de Vivaldi : Piazzolla, livre-CD illustré par Laurent Corvaisier, Little Village (2016).
  • Petits Poèmes pour passer le temps, poèmes illustrés par Kitty Crowther, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Rue des amours, album illustré par Carole Chaix, À pas de loups (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Sorcière blanche, album illustré par Herbéra, À pas de loups (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le noir quart d’heure, album illustré par Emmanuelle Eeckhout, Pastel (2015).
  • Bazar Circus, livre-CD illustré par Isabelle Chatellard Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Petites histoires pour rêver dans sa poche, album illustré par Thomas Baas, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Raja, album illustré par Aurélia Fronty, Didier Jeunesse (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit sorcier de la pluie, album illustré par Anne-Catherine de Boel, Pastel (2006).
  • Monsieur Satie : L’homme qui avait un petit piano dans la tête, Livre-CD illustré par Élodie Nouhen, Didier Jeunesse (2006).
  • Les mots doux, album illustré par Claude K. Dubois, Pastel (1995).

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