La mare aux mots
Parcourir le tag

Interview

Les invité.e.s du mercredi : Joanna Wiejak et Mathias Friman

Par 21 juin 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui on part à la rencontre de Joanna Wiejak, l’autrice et illustratrice du fantastique Les salades de mon grand-père, et puis l’on parle chaîne alimentaire avec Mathias Friman l’auteur d’Une petite mouche bleue… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Joanna Wiejak

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je suis née en Pologne et arrivée en France à l’âge de 15 ans. Après le bac scientifique, j’ai suivi une formation à l’École de Communication Visuelle Paris et travaillé en tant que graphiste freelance depuis mes débuts. Il y a quelque temps, j’ai quitté Paris pour la campagne gersoise. L’éloignement et le calme favorisant l’introspection, j’ai renoué avec le dessin et mes origines polonaises.

Comment vous est venue l’idée de Les salades de mon grand-père ?
Cette idée a exactement 1 an mais il est toujours difficile de qualifier ou interpréter une inspiration. Elle puise sûrement dans la figure importante qu’a joué mon grand-père pour moi et son rapport à la réalité. Toujours tiré à quatre épingles, les souvenirs où nous partions en montagnes sont encore très prégnants. D’autre part, j’aime beaucoup les expressions, imagées et ludiques. Les malaxer, les triturer, travailler autour d’une expression dont sa traduction visuelle pouvait être un jeu me plaisait.

Les salades de mon grand-père nous parle de l’importance des histoires pour embellir et inventer son quotidien. Quelles ont été les « salades » qui ont changé votre vie enfant ?
J’ai grandi dans une Pologne des années 70 et 80, le contexte politique était particulier et tendu : soumission à l’URSS, inflation galopante, révoltes ouvrières, tickets de rationnement, état de guerre. Malgré ce contexte, l’expression « ça va » est probablement la salade qui m’a le plus servi pour traverser l’enfance normalement.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Je n’ai jamais été une grande lectrice. Au grand dam de ma mère, philologue de la langue polonaise et travaillant dans une maison d’édition à Cracovie, je limitais mon utilisation du livre à regarder les illustrations et dessiner dans les marges… Malgré ça, elle continuait à m’encourager à la lecture, surtout des livres avec des héroïnes au caractère fort comme Fifi Brindacier et Les enfants de Bullerbyn d’Astrid Lindgren ou la série d’Anne, une autre rouquine, (Anne… La maison aux pignons verts, Anne d’Avonlea, etc.) de l’auteure canadienne Lucy Maud Montgomery. Personnellement, j’avais une préférence pour des héros imaginaires et des univers prenant source dans le rêve : la série Moomins de Tove Jansson, Winnie l’Ourson d’Alan Alexander Milne, Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll et dans un registre plus « local » la géniale trilogie Przygody Baltazara Gąbki de Stanisław Pagaczewski – aventures rocambolesques avec une galerie de personnages empruntés aux récits populaires et hauts en couleur. Ferdynand Wspaniały (Ferdinand le Magnifique) de l’auteur polonais Ludwik Jerzy Kern – histoire d’un chien qui rêve d’être un humain – et Babcia na jabłoni (Die Omama im Apfelbaum la traduction pourrait être « Grand-mère dans le pommier ») de l’auteure autrichienne Mira Lobe – histoire d’un garçon qui s’invente une grand-mère – m’ont également beaucoup touchée.

Avez-vous de nouveaux projets d’albums ?
J’ai effectivement quelques idées 🙂

Son site : http://yoyo.ultra-book.com/

Bibliographie :

  • Les salades de mon grand-père, texte et illustrations, Le Diplodocus (2017), que nous avons chroniqué ici.
  •  Mon cahier d’activité tout fou, illustrations d’un texte de Madeleine Deny, Éditions Tourbillon (2015).


Parlez-moi de… D’une petite mouche bleue

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur.trice, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur D’une petite mouche bleue, que nous revenons avec son auteur et illustrateur (Mathias Friman). L’éditrice n’a pas trouvé le temps de nous répondre.

Mathias Friman, auteur et illustrateur:

D’une petite mouche bleue est l’histoire d’une chaine alimentaire comme il en existe beaucoup d’autres. Mais elle parle aussi du temps, de la mort, et de la place de l’homme dans tout cela.

D’une petite mouche bleue est né un bel après-midi d’automne à la ménagerie du Jardin des Plantes. Partis, pour une journée familiale au Jardin des Plantes, mes enfants et moi sommes en arrêt devant un terrarium rempli de grenouilles bleues (Dendrobates azureus, et oui un peu de culture cela n’a jamais fait de mal à personne)…
— Elles mangent quoi ? me demande Éponine, ma fille…
Je pense et imagine de suite des mouches bleues mais César, mon fils de 8 ans, fin spécialiste de la chose et de ce qui l’entoure, répond plus vite que moi : « Du Caca… »

La mouche bleue était née en un mot. Il ne me restait qu’à étoffer l’histoire, trouver une suite possible, pas scientifique mais réaliste et drôle… Ma première interrogation fut : « À qui appartient ce beau caca bleu ? ». Seul l’homme pouvait en être le dépositaire, il nous renvoie à notre rôle envers cette nature.

Pour l’illustration, j’allais demander à celui qui savait le mieux ce que je voulais : Moi. J’allais pouvoir m’éclater, mettre en application mes lointaines études parisiennes à l’école nationale supérieure des beaux-arts et ma passion pour l’histoire naturelle.

L’utilisation du crayon graphite et seulement du bleu, est arrivée naturellement dans les premiers croquis… (L’histoire devait être comprise par tous, seulement en regardant les images).

L’histoire écrite, les premières planches illustrées faites, il me fallait trouver une belle maison d’édition pour me guider. La mouche bleue s’envola naturellement pour ses voisines Les Fourmis Rouges (pas pour crier famine, mais pour être aimée et publiée). Valérie, l’éditrice, a été de bons et précieux conseils, tant sur la mise en page que pour tout le reste. Créer D’une petite mouche bleue a été merveilleux, et travailler en concertation avec les Fourmis Rouges un véritable bonheur (qui j’espère va se reproduire rapidement).


D’une petite mouche bleue
de Mathias Friman, sorti chez Les fourmis rouges (2017), que nous avons chroniqué ici.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Pauline de Tarragon et Fanny Joly

Par 14 juin 2017 Les invités du mercredi

Pauline de Tarragon vient de sortir Le cri de Zabou aux éditions L’étagère du bas, j’ai beaucoup aimé ce premier album et j’ai eu envie de savoir qui était l’autrice qui se cachait derrière. Ensuite, c’est une autre autrice, Fanny Joly, qui a accepté de venir nous livrer ses coup de cœur et coup de gueule ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Pauline de Tarragon

Parlez-nous de votre parcours d’autrice-illustratrice jusqu’à la parution de votre album Le cri de Zabou
Depuis que je suis enfant, je dessine et je raconte des histoires autour de moi. J’ai toujours fait des études artistiques et dès que j’ai eu l’occasion d’en faire mon métier, j’ai saisi ma chance. J’ai rencontré Delphine [NDLR Monteil] de L’Étagère du bas lorsque j’étais en première année d’illustration à l’école Estienne et nous sommes parties d’un petit fanzine que j’avais fait en 30 minutes pour le transformer en bel album un an après. 🙂

Pouvez-vous nous parler de cet album, ce dont il parle, comment il est né ?
Cet album est né d’un fanzine écrit et illustré en 30 minutes un jour de classe. Il raconte l’histoire d’un petit garçon toujours énervé qui va se faire soigner par sa maman magicienne. C’est grâce à la musique que sa vie va totalement changer pour devenir plus rose. Un peu comme moi en fait.

Comment s’est passée la collaboration avec la toute jeune maison d’édition L’étagère du bas ?
Tout s’est passé facilement et rapidement ! J’avais beaucoup de liberté mais Delphine était là pour me donner des conseils et m’aider à prendre des décisions importantes.

Vous n’êtes pas seulement autrice-illustratrice, vous êtes aussi chanteuse ! Vous pouvez nous en dire quelques mots ?
Oui ! Ce sont deux passions qui se marient bien. Parfois, c’est épuisant de faire les deux mais à la fin, c’est tout de même très enrichissant ! Que ce soit sur scène, à l’école ou avec les enfants, je m’amuse et j’apprends des choses différentes chaque jour.

Avez-vous envie, un jour, de mixer les deux et de faire un livre-CD pour enfants ?
Évidemment ! Mais peut-être qu’il sera possible de créer un objet livre associé à un écran plutôt qu’à un CD. Enfin je ne suis pas encore sûre du support mais je sais que c’est une idée que j’ai toujours voulu explorer.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Comme tout le monde j’ai été marquée par Le Petit Prince, La Princesse au petit pois, Le Journal du chat assassin, j’ai aussi adoré Ne m’appelez plus jamais mon petit lapin de Solotareff, Arc-en-ciel le plus beau poisson des océans de Pfister, tous les Martine, les Juliette aussi ! Bonjour Tristesse de Françoise Sagan…

Quel.le.s sont, aujourd’hui, les auteurs.trices/illustrateurs.trices qui vous touchent particulièrement ?
J’aime beaucoup les travaux de Jean Julien et Hervé Tullet, simples et ingénieux. Depuis que je suis petite, je suis le travail de Taro Gomi aussi.
Récemment j’ai découvert Kazue Takahashi et Sato Kanae !

Quels sont vos projets ?
J’ai pour projet de sortir mon premier album avec Pi Ja Ma [NDLR son groupe de musique] et puis le tome 2 de Zabou 😉

Le blog de Pauline de Tarragon : http://paulinedetarragon.tumblr.com.


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Fanny Joly

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.trice, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Fanny Joly qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Chère Mare, chers Mots

Vous me demandez un coup de gueule. Un seul !? Bon allez je vous livre (!) celui du jour.
Ou plutôt d’hier… Figurez-vous que j’ai rencontré une école du 94. Matin dans le gymnase, tout le monde assis par terre, on a lu-questionnu-répondu-tous-âges-confondus comme j’adore.

Après-midi : ateliers d’écriture des CM, classe par classe. Dans l’une d’elles, les élèves ont choisi leur thème : écrire une suite à ALERTE AUX CHOUQUETTES. Un de mes romans. Paru il y a 20 ans. Fierté pour moi. Et vague inquiétude, comment travaille-t-on autour d’un livre épuisé ? Logique : en photocopiant les 2 exemplaires en lambeaux de la bibliothèque scolaire.

1, 2, 3 c’est parti pour la GUEULANTE. Que j’ai photographiée à chaud (ci joint).

Pourquoi se plaindre du PHOTOPILLAGE si les livres sont épuisés ?
Les éditeurs seraient-ils des pousse-au-crime, des pompiers-pyromanes ?

J’ai écrit et publié environ 400 livres. C’est beaucoup, je sais. Mais rassurez-vous : à peine 100 d’entre eux sont actuellement DISPOS. Le reste : é-pui-sé. Et encore, je m’en sors bien, je suis un auteur qui marche. Plusieurs confrères/soeurs ne peuvent plus faire de rencontres, faute de livres disponibles. Double peine. Multiple peine. Tous les bibliothécaires, enseignants, organisateurs et autres passeurs de passion que je rencontre, s’en plaignent.

12 000 nouveautés en littérature jeunesse en 2016. Ça fait rouler les camions et les euros des actionnaires. Du moins on l’espère pour eux (rire jaune). Parce que pour nous, soutiers de la création-transmission, ça provoque des méga-dégâts.

Les étagères ne sont pas élastiques. La créativité non plus.
Pour survivre, les créateurs doivent produire des nouveautés-tés-tés sans relâche.
Dont ils ne verront (pour la plupart) jamais un sou de Droits d’Auteurs vu que les nouveautés en question ne survivront pas au 1er tirage. Fuite en avant. Clones à gogo. Assèchement des imaginations. Façon sols dopés d’engrais.

APPEL AU PEUPLE (?) DES ÉDITEURS. Faites votre boulot. Gardez plus de livres jeunesse dispos. Pas TOUS. Mais PLUS. Les enfants se renouvellent sans cesse. Notre monde zappe à chaque instant. Les livres sont la continuité. Vous êtes leurs accoucheurs, leurs nounous, leurs médecins. Cessez d’être leurs fossoyeurs !

On se calme. Respire par le nez, Fanny. 1, 2, 3 c’est parti pour le coup de cœur. Un seul !?! Bon allez je vous livre celui du jour. Ou plutôt d’avant-hier. Un fabuleux film. Si vous ne l’avez pas vu, courez-y vite, bande de veinards. Ça s’appelle À VOIX HAUTE. Un bijou. Documentaire de 78 minutes et de Stéphane De Freitas + Ladj Ly. Ou comment 30 étudiants de l’Université de St-Denis se préparent au concours Eloquentia, meilleur orateur du 93…

Fanny Joly est autrice.

Bibliographie sélective :

  • Vingt cœurs, album illustré par Christine Davenier, Les éditions Clochette (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Les frisettes de Mademoiselle Henriette, roman illustré par Ariane Delrieu, Hachette Jeunesse (2017).
  • Fleur la terreur, roman, Pocket Jeunesse (2017).
  • Cucu la praline est en pleine forme, CD, Gallimard Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Superminouche, livre-CD illustré par Caroline Hüe, Gallimard Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Cucu la praline gagne le gros lot, roman illustré par Ronan Badel, Gallimard Jeunesse (2016).
  • Rendez-moi mes totottes, album illustré par Fred Benaglia, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Cucu la praline, CD, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Tous en scène, 12 sketchs pour apprentis comédiens, Le livre de Poche (2015).
  • Cucu la praline mène la danse, roman illustré par Ronan Badel, Gallimard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Embrouille en Bretagne, album illustré par Laurent Audouin, Sarbacane (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Cucu la praline met son grain de sel, roman illustré par Ronan Badel, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui a piqué le courrier des élèves ?, roman co-écrit avec Nicolas de Hirsching, Casterman (2013).
  • Cucu la praline se déchaîne, roman illustré par Ronan Badel, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Gudule a un bébé, roman illustré par Roser Capdevila, Hachette Jeunesse (2013).
  • Qué calor à Barcelone !, album illustré par Laurent Audouin, Sarbacane (2010).
  • Suzie & Godefroy ALLO 1313 ?, album co-écrit avec Dominique Joly, illustré par Laurent Audouin, Sarbacane, (2009).
  • Collection La fée baguette, illustrée par Marianne Barcilon, Lito (2006-2015).
  • Drôles de contrôles, roman illustré par Roser Capdevila, Bayard Poche (2003).

Son site : http://fannyjoly.com.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Téhem et Clothilde Delacroix

Par 7 juin 2017 Les invités du mercredi

Après avoir beaucoup ri à la lecture de Nowan, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son auteur, Téhem. Je lui ai donc posé quelques questions, il a accepté de me répondre. Après cette interview, je vous propose de vous glisser avec moi dans l’atelier de Clothilde Delacroix ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Téhem

Pouvez-vous nous présenter Nowan ?
Nowan est un quidam, un passant, un anonyme, un monsieur-tout-le-monde qui traverse l’histoire de l’art en provoquant des évènements loufoques. Et cela aboutit toujours par la création d’une œuvre d’art connue. D’ailleurs « no one » en anglais signifie « personne »…

Comment est venue l’idée de cette série ?
Le magazine Je bouquine m’a invité à réfléchir à une série de bande dessinée en 6 pages parlant de la culture en général. Ayant été enseignant d’arts plastiques, c’est tout naturellement que je me suis penché sur le monde des œuvres d’art et au moyen de le rendre attractif pour des enfants de fin de primaire (qui sont la majorité des lecteurs du magazine). J’ai ensuite essayé de concevoir des personnages qui traversent le temps sans que cela pose problème pour le lecteur : l’idée d’un anonyme qui ne laissera aucune trace dans l’« histoire officielle » m’a semblé intéressante et pleine de possibilités.

Est-ce que vous vous renseignez sur la vraie histoire ou vous ne préférez pas pour ne pas être influencé ?
Je me renseigne bien sûr sur la véritable histoire de l’œuvre, c’est aussi un moyen de prendre des éléments importants qui peuvent m’aider à bâtir mon récit. Ensuite je prends beaucoup de distance avec la réalité, pour créer une histoire improbable.

Parlez-nous de votre parcours.
Je viens de l’île de la Réunion, où j’ai participé à un fanzine appelé « Le cri du Margouillat » et dans lequel j’ai fait mes premières armes avec une série en créole, Tiburce. Ensuite J’ai été contacté par un éditeur aux éditions Glénat pour créer une série d’humour, Malika Secouss. Parallèlement à tout ça, j’ai été enseignant d’arts plastiques. Puis j’ai dû faire un choix : me consacrer entièrement à la bande dessinée. J’ai enchaîné les séries, Zap Collège, Lovely Planet, Root (en tant que scénariste). J’ai à ce jour une quarantaine d’albums, et je réalise également des illustrations pour des magazines.

La transmission semble importante pour vous.
Oui, j’essaie d’aider un peu les jeunes auteurs en herbe à progresser en bande dessinée : je donne des cours dans mon atelier à des enfants de 10 à 15 ans, et nous participons régulièrement à des concours (nous avons régulièrement des lauréats !). Nous recevons aussi pas mal d’auteurs professionnels ou semi-professionnels tout au long de l’année. Je suis président d’une association qui s’appelle «Atelier KAWA », et qui a pour but de valoriser la bande dessinée à Mazé (le village où se trouve justement mon atelier). Je suis aussi favorable au parrainage des jeunes auteurs professionnels par des auteurs plus expérimentés. Nous avons créé un festival justement dans ce sens qui s’appelle « Cases Départ », où les auteurs ayant publié un premier album étaient parrainés par des auteurs plus « installés » dans la profession.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Il y avait peu de bande dessinée à La Réunion à cette époque, mais j’arrivais cependant à me procurer des Pif Gadget, et surtout le Journal de Spirou. Adolescent, j’ai découvert l’étendu de la bande dessinée en fréquentant les bibliothèques et les albums que des copains ramenaient de Métropole.

Y a-t-il des illustrateurs.trices qui vous ont inspiré ?
J’ai lu et relu tous les albums de Gotlib, Gaston  mais je suis également assez fan de bande dessinée un peu décalée.

Quels sont vos projets ?
J’ai actuellement commencé une nouvelle série d’humour pour les éditions Dupuis qui s’appelle « ADOGO », et qui raconte les voyages de 3 ados insupportables et le vécu de leurs parents. J’ai aussi attaqué un roman graphique qui se passe dans un lycée à La Réunion en 1945.

Bibliographie :

  • Série Nowan, 1 tome, scénario et dessins, Bayard (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • 40 bonnes résolutions de mec, collectif, Bamboo (2016).
  • Zizi Zézette, illustration d’un scénario de Luc Chevallier, Des Bulles dans l’Océan (2010).
  • Quartier western, Des Bulles dans l’Océan (2010).
  • La grosse tête, illustration d’un scénario de Makyo et Toldac, Dupuis (2015).
  • Série Root, 3 tomes, scénario illustré par Xavier, Glénat (2007-2009).
  • Série Lovely Planet, 2 tomes, Glénat (2005-2009)
  • Série Zap collège, 7 tomes, Glénat (2002-2009)
  • Série Malika Secouss, 9 tomes, Glénat (1998-2008)
  • Série Tiburce, 6 tomes, Centre du monde puis Glénat (2002-2012)


Quand je crée… Clothilde Delacroix

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.trice.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.trice.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils.elles créent. Cette semaine, c’est Clothilde Delacroix qui nous parle de quand elle crée.

Mon « bureau » se trouve chez moi, dans la pièce principale, où j’ai aménagé une sorte d’open-space pour simuler un semblant de pièce.

Une « journée type » commence très tôt, entre 4 et 5 heures du matin. C’est le moment pour jeter des idées en vrac : grabouiller avec ou sans objectif ou poser des débuts d’idées qui n’aboutiront peut-être jamais. C’est un horaire à part, où l’obsession d’efficience dans l’utilisation du temps est un peu préservée, où « tout semble possible » comme on dit. C’est aussi dans cette tranche horaire que je vais généralement penser un chemin de fer ou dessiner la composition de nouvelles planches. C’est le moment du silence complet.

Si je suis grosse de l’intuition d’un projet dont les contours me sont encore totalement flous (c’est-à-dire que seul réside le sentiment d’une grossesse), c’est aussi le moment d’aller essayer d’y voir de plus près. Je ne crois pas aux projets sortis aux forceps, mais à la juste coïncidence des temps. C’est donc aussi à cette heure silencieuse que je vais faire un tour sur la pointe des pieds dans le jardin de ma grossesse, histoire de voir si j’entends le début de quelque chose de suffisamment intelligible pour me donner la preuve d’une juste maturation. De fait, il m’arrive de brasser du vide pendant trois heures à faire une échographie les yeux grands ouverts dans le noir, ce qui est assez ingrat.

Arrive la tranche horaire des nécessaires responsabilités maternelles. J’ai globalement abandonné depuis longtemps toute velléité de travailler pendant que ma fille joue autour de moi. Sauf, éventuellement, pour la mise en couleur de certains dessins de presse dont je connais très bien les personnages et les caractéristiques d’exécution. Mes journées sont donc assez saucissonnées.

Tant qu’il fait nuit, je ne travaille pas la couleur (sauf si c’est de la colorisation numérique) pour ne pas avoir de mauvaises surprises à la lumière du jour. Le reste de la journée est consacré à des tâches plus exécutives : peaufiner les grabouillages du petit matin, encrer ou mettre en couleur des planches en cours. Pour ces tâches-là, qui me demandent une attention plus flottante, j’oscille entre musique et radio.

Quand j’ai plusieurs jours de solitude et de tâches exécutives devant moi, j’opte plus facilement pour une lecture-audio fleuve (Guerre et paix par exemple) ou une série « easy non-regarding » (où il s’agit de pouvoir suivre sans regarder l’image). Cela met en place une sorte de temps continu factice assez enveloppant. Certaines de mes planches sont ainsi imbibées d’une mémoire auditive.

En cas de blocage, sur une idée de presse par exemple ou une composition que j’ai reprise plusieurs fois mais qui ne me convient pas, je vais m’allonger. La plupart du temps, je m’endors en réfléchissant et la solution vient d’elle-même.

Quant à savoir d’où viennent les idées… J’aimerais bien le savoir, ce serait plus facile de les trouver…

Ces derniers temps, elles me viennent surtout de la volonté de porter un regard décalé au second degré sur le quotidien. Sur ce, je vais aller m’allonger un peu…

Clothilde Delacroix est autrice et illustratrice.

Bibliographie :

  • Lolotte à l’école, texte et illustrations, l’école des loisirs (à paraître, septembre 2017).
  • Lolotte se déguise, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017).
  • Bof, texte et illustrations, Talents Hauts (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La chat-chat à sa chouchoute, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Sarbacane (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Happy Monkeys, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • Hungry bears, illustration d’un texte de Maisie Fieschi, ABC Melody (2017).
  • Noisy cat, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • Funny Penguin, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • La piscine magique, illustration d’un texte de Carl Norac, Didier Jeunesse (2017).
  • Le goûter de Lolotte, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Presque toute la vérité sur les lutins, texte et illustrations, Seuil jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonne nuit Lolotte !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Gros mensonge, texte et illustrations, Talents Hauts (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La paix, les colombes !, co-écrit avec Gilles Bachelet, texte et illustrations, Hélium (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Lolotte et le coffre à jouets, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Le chien-chien à sa mémère, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Lolotte et le polochon, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • La valise de Lolotte, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • La boîte de Zig et Zag, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Le petit rien d’Augustin, illustration d’un texte de Béatrice Gernot, Alice jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La poupée d’Auguste, illustration d’un texte de Charlotte Zolotow, Talents Hauts (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mercredi c’est sport, illustration d’un texte de Thomas Gornet, Éditions du Rouergue (2011).

Retrouvez Clothilde Delacroix sur son blog : http://clothildedelacroixillustrations.blogspot.fr.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Olivier Pillé et Régis Lejonc

Par 31 mai 2017 Les invités du mercredi

On ne connait pas forcément leurs noms (et encore moins leurs têtes), mais dans les maisons d’édition il y a des éditeurs et des éditrices qui font un travail magnifique. Parce que j’aime particulièrement les romans du Rouergue, j’ai eu envie de poser quelques questions à l’un des éditeurs maison, Olivier Pillé. Ensuite, je vous propose de partir en vacances avec Régis Lejonc. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Olivier Pillé

Parlez-nous de votre parcours jusqu’à votre arrivée au Rouergue.
Avant de poser mes bagages au Rouergue, j’ai eu la chance de faire mes premières armes au sein de la formidable équipe de Didier Jeunesse (bises virtuelles à eux tous !). Ma mission était de participer au lancement de leur collection de romans et c’était à la fois très excitant et absolument terrifiant ! C’était un gros chantier et je n’avais vraiment pas beaucoup d’expérience… Heureusement mes super collègues étaient là et ça n’a pas été trop douloureux. Puis, petit à petit, j’ai pu faire entrer au catalogue des auteurs dont j’admire toujours autant le travail : Pascal Ruter, Taï-Marc Le Thanh et Tristan Koëgel (sans oublier Éric Senabre qui était déjà là à mon arrivée, mais que j’adore tout autant). À la fin de mon contrat, j’ai enchaîné les petits boulots : lecteur, éditeur freelance, libraire et même un passage au service communication/marketing du Rouergue. Je commençais un peu à me décourager quand Sylvie Gracia (éditrice litté adulte et jeunesse au Rouergue) m’a appelé pour me parler d’un poste à pourvoir à ses côtés, c’était l’euphorie totale, un poste dans la maison de mes rêves avec la possibilité d’apprendre le métier avec THE éditrice. Je n’ai pas hésité cent mille ans…

Quel est votre rôle au sein des éditions du Rouergue ?
Je suis éditeur sur les romans jeunesse. Avec Sylvie Gracia, nous travaillons en binôme pour animer ce secteur et on expérimente, on fait les chimistes. Elle a su développer un espace éditorial très créatif où les idées peuvent éclore. Du coup, j’ai pu apporter ma touche personnelle et donner corps à mes projets. Rapidement, j’ai pu faire entrer de nouveaux auteurs au catalogue, créer une collection, en refondre d’autres ou découvrir des auteurs étrangers… j’ai les deux mains dans le cambouis et j’adore !

Qu’est-ce qui fait que vous avez envie de publier une histoire ?
L’histoire justement ! Je grossis volontairement le trait, mais c’est réellement ça qui me fascine dans ce métier, ce flot continu d’histoires qui nous passe entre les mains. Alors quand il y en a une qui sort de l’ordinaire, qui est incarnée par un regard très personnel, l’envie d’en faire un livre, de le faire découvrir pointe le bout de son nez.

Vous avez une totale liberté sur les romans que vous décidez de publier ?
Oui ! Et je me sens très chanceux de pouvoir l’affirmer. Cette liberté me semble importante pour proposer aux lecteurs des livres parfois surprenants ou qu’a priori ils ne liraient pas. Puis cette liberté permet aussi de travailler sur le long terme avec nos auteurs et de les suivre pas juste sur des projets où l’on sait que ça va cartonner. Sans tout cela, il n’y aurait pas de surprise et ce serait plutôt ennuyeux !

Quand on est éditeur on doit passer son temps à lire des manuscrits, avez-vous encore le temps de lire d’autres romans ?
Non seulement j’ai le temps, mais j’en prends aussi pas mal pour tout le reste : les films, les séries, la musique ou les jeux vidéos. Ce sont autant de territoires où j’aime braconner. Il y a de l’écriture et des histoires ailleurs que dans les livres. Puis, j’ai aussi cette peur un peu irrationnelle qu’un jour en lisant un manuscrit, par exemple où l’on parle de hip-hop, je sois incapable de voir que les clichés s’enchaînent.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Mon premier grand plaisir de lecture a été les Chair de poule de R. L. Stine, pétard, je ne sais pas combien j’en ai lu, mais c’était compulsif ! Ensuite, au collège, en 4e, une prof de français m’a fait lire Stephen King et là, je me suis mis à être accro aux livres. La pétoche que j’ai eue en lisant les Danse macabre a été si forte qu’après je n’avais qu’une seule idée en tête : retrouver ce sentiment, cette intensité un maximum de fois.

Sur quels romans travaillez-vous actuellement ?
Pour ne pas faire une liste de deux kilomètres, je ne vais en citer qu’un, celui sur lequel j’ai travaillé le plus récemment. Il s’agit du prochain roman de Stéphane Servant, Sirius, et c’est un bijou. Il arrive à revisiter le roman post-apocalyptique de la plus belle des manières, la sienne. Et il y a quelque chose de réellement excitant à voir un auteur s’approprier un genre déjà bien exploré et en tordre les frontières, lui ajouter de nouveaux codes. En plus, Stéphane Servant avec ce roman a voulu proposer quelque chose de différent de ses précédentes histoires, il y a un rythme nouveau, plus urgent, et plus rude aussi. J’admire beaucoup cette capacité à se mettre en danger, à partir sur de nouveaux chemins. Bref, vous l’aurez deviné, j’y crois énormément ! Ah ! et il sort en librairie le 23 août…

Quelques romans parus au Rouergue :

  • Comment maximiser (enfin) ses vacances, d’Anne Percin (2017).
  • Ma grand-mère est une terreur, de Guillaume Guéraud (2017).
  • Grizzli et moi, d’Alex Cousseau (2017).
  • Moi et ma bande / Zélie et moi, de Cathy Ytak et Thomas Scotto (2017).
  • La plus grande chance de ma vie, de Catherine Grive (2017).
  • Qui es-tu Morille ? / D’où viens-tu Petit-Sabre, d’Hélène Vignal (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les aventures rocambolesques de l’oncle Migrelin, d’Elzbieta (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma fugue chez moi, de Coline Pierré (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Les autodafeurs, de Marine Carteron (2014-2015), que nous avons chroniqué ici et .


En vacances avec… Régis Lejonc

Régulièrement, nous partons en vacances avec un.e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Régis Lejonc que nous partons ! Allez, en route !

5 ALBUMS JEUNESSE

  • PAUVRE ZOZZO – Pelton – Rue du Monde
  • GISÈLE DE VERRE – Beatrice Alemagna – Seuil jeunesse
  • JOJO LA MACHE – Olivier Douzou – ed du Rouergue
  • MAGASIN ZINZIN – Frédéric Clément – Albin Michel
  • AU POINT DU CŒUR – Rascal – Pastel – École des Loisirs

5 ROMANS

  • LE MAÎTRE ET MARGUERITE – Mikhail Boulgakov
  • WORLD WAR Z – Max Brooks
  • DEMANDE À LA POUSSIÈRE – John Fante
  • LE GARÇON – Marcus Malte
  • TROIS MILLE CHEVAUX VAPEUR – Antonin Varenne

5 BD

  • ROSE PROFOND – Jean-Pierre Dionnet – Michel Pirus – Casterman
  • LE GRAND POUVOIR DU CHNINKEL – Van Hamme – Rosinski – Casterman
  • LE RAYON U – Edgar P. Jacobs – Dargaud
  • COME PRIMA – Alfred – Delcourt
  • CHARLY 9  – Richard Guérineau – Delcourt

5 DVD

  • FAUT PAS PRENDRE LES ENFANTS DU BON DIEU POUR DES CANARDS SAUVAGES – Michel Audiard
  • HAIR – Milos Forman
  • SNATCH – Guy Richie
  • LES INDESTRUCTIBLES – Brad Bird
  • À BOUT DE SOUFFLE – Jean-Luc Godard

5 CD

  • THE VELVET UNDERGROUND and NICO –  (éponyme)
  • THE SMITH – The Queen is dead
  • THE BEATLES – White Album
  • BJORK – Debut
  • PORTISHEAD – Roseland Live in New-York

5 ARTISTES

  • GUSTAVE KLIMT pour ses esquisses
  • CARL LARSSON pour son humanité
  • EDWARD HOPPER pour son art du temps suspendu
  • WINSOR MC CAY pour son dessin inégalé depuis plus d’un siècle
  • ANTONI TAPIES pour la spontanéité et la matière

5 LIEUX

  • LA GUINGUETTE CHEZ ALRIQ À BORDEAUX
  • L’ÎLE DE KOH PHA NGAN (KOH SAMUI – THAÏLANDE)
  • LA POINTE DU CAP FERRET (BASSIN D’ARCACHON)
  • AUBERGE DU PÈRE BISE –  BAIE DE TALLOIRES SUR LE LAC D’ANNECY (HAUTE-SAVOIE)
  • LE MUSÉE DES ARTS POPULAIRES DE MEXICO (MEXIQUE)

Régis Lejonc est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Bagdan et la louve aux yeux d’or, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La promesse de l’ogre, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (2015).
  • Kodhja, avec Thomas Scotto, Thierry Magnier (2015).
  • L’Ogre Babborco, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ianos et le dragon d’étoiles, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La poupée de Ting-Ting, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La mer et lui, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livre (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Lumières, l’encyclopédie revisitée, collectif, L’édune (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La rue qui ne se traverse pas, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Obstinément Chocolat, illustration d’un texte d’Olivier Ka, L’édune (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • La boîte à joujoux, illustration d’un texte de Rascal, Didier Jeunesse (2005), que nous avons chroniqué ici.
  • Fait pour ça, texte illustré par David Merveille, Actes Sud Junior (2004), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma voisine est amoureuse, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2003), que nous avons chroniqué ici.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Kinga Wyrzykowska et Magdalena

Par 24 mai 2017 Les invités du mercredi

J’ai eu un véritable coup de cœur pour De nos propres ailes, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son autrice, Kinga Wyrzykowska. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, c’est l’autrice Magdalena qui a accepté de venir nous livrer ses coup de cœur et coup de gueule ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Kinga Wyrzykowska

Pouvez-vous nous présenter De nos propres ailes, votre dernier roman ?
C’est un roman choral qui raconte les bouleversements, métamorphoses, réajustements, adaptations de sept filles qui font partie d’une même équipe de volley, et qui vont être confrontées, pour les besoins de leur amitié, du sport, d’une certaine idée de justice aussi, à la nécessité de réunir, ensemble, de l’argent. Or, la cagnotte qu’elles mettent en place va révéler les différences entre elles, les violences ou les mensonges qui les habitent, tous les malaises avec lesquels elles ont su composer jusque là. Mais ce n’est pas encore là qu’est le vrai drame, ou le tournant du livre : tout explose quand leur « récolte » disparaît.

Ce qui m’a marqué dans ce roman, c’est le fait que ça sonne juste, tant dans la façon de parler que dans la vie des personnages, vous êtes-vous inspirée de gens que vous connaissiez ?
D’abord merci !
Quand quelqu’un parle, sa manière particulière de dire les choses — son accent, son vocabulaire, etc. – tout ce qui constitue sa petite musique personnelle – vient se graver dans mon disque dur interne, et même parfois l’envahir de manière oppressante. Les autres –ceux que je côtoie ou que je croise, que j’entends à la radio, dans les films, partout – finissent par bavasser, gloser, tchatcher et se disputer en moi. C’en devient cacophonique. On ne s’entend plus là-dedans. Alors, pour ma propre santé mentale, il faut que ces voix s’évacuent d’une manière ou d’une autre. L’écriture est un désengorgement : dans De Nos Propres Ailes, j’ai laissé s’écouler les langues de mon adolescence, celles, bigarrées, de mes copines de Créteil où j’ai grandi mais aussi des timbres plus littéraires, qui seraient comme les « basses » de mon texte et qui m’inspirent « par en dessous ». Je pense à Rage Noire de Jim Thompson notamment que j’ai relu pour De Nos Propres Ailes car je cherchais le rythme de la colère. Enfin, je me suis rechargée aussi en langages plus contemporains en espionnant des utilisateurs sur Periscope, YouTube, etc. Internet est un puits sans fond de jacasseries.

Parlez-nous de votre parcours
Mon parcours est celui d’une immigrée qui a eu beaucoup de chance, avec un milieu familial pour lequel les études et la culture constituaient la seule ligne d’horizon envisageable ; et avec une expérience de l’école publique très heureuse et très variée : j’ai changé une dizaine de fois d’établissement au cours de ma scolarité. Mes pérégrinations géographiques et scolaires m’ont fait passer de banlieue en banlieue (le 93 puis le 94 et le 92) où j’ai des super souvenirs de profs, jusqu’à Paris en terminale et prépa littéraire dans des graaaaands lycées. Après, le roman de la méritocratie continue avec l’École Normale Supérieure, l’agrégation et tout le tralala. Sauf que c’est aussi là qu’il s’arrête parce qu’au moment où je devais commencer à enseigner je me lance tous azimuts dans le théâtre (en mise scène et dramaturgie), la traduction, le film documentaire… pour finir, un jour, par m’avouer, que ce que je rêve de faire c’est d’écrire de la fiction. Et là, c’est une autre histoire qui commence avec Memor, le monde d’après.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Très classiques. Enfant, j’adorais Roald Dahl mais aussi la Comtesse de Ségur, surtout une collection toute rose fuchsia avec des couvertures qui ressemblaient à des images religieuses. Premiers sanglots de lectrice en terminant Mon bel Oranger de Jose Mauro de Vasconcelos en CM2. Puis, au collège, Zola et Zweig (j’aime les noms qui commencent par les dernières lettres de l’alphabet) sont une révélation. Au lycée, je suis révoltée, un peu snob et je me veux poète, je ne jure que par ceux qui sombrent dans l’[o] : Rimbaud, Michaux, Artaud.

Que lisez-vous en ce moment ?
Je suis marraine d’un prix (le Prix Cultura que Memor a remporté en 2015) et donc je lis beaucoup de romans jeunesse et ados pile en ce moment : on délibère de la sélection fin juin. Dans ce cadre, je viens de terminer les Confessions d’un ami imaginaire de Michelle Cuevas.
Sinon, je me remets à peine d’Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel, grandiose. Et je picore avec délectation dans les Brefs Entretiens avec des hommes hideux de David Foster Wallace.

Quels sont vos projets ?
Je travaille depuis un an sur un roman pas jeunesse (donc vieillesse ? Peut-être…). Une histoire de famille, d’ennui et de paranoïa.

Bibliographie :

  • De nos propres ailes, roman, Bayard (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Memor : le monde d’après, roman, Bayard (2015).


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Magdalena

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.trice, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Magdalena qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Coup de gueule / coup de cœur

J’ai des coups de gueule introvertis.
En réalité je gueule comme une folle dans ma tête mais personne ne m’entend.
Je gueule et je me prends la tête surtout la nuit, quand tout est endormi et que je fais défiler mes pensées.
Parfois, pour ne pas dire souvent, je fixe sur un truc et c’est fichu.

La liste des trucs qui déclenchent mes insomnies coups de gueule, ça peut aller du futile, au grave comme à l’intolérable :

Les propos homophobes, qu’ils soient dits avec ironie ou méchanceté, par des vieux ou par des jeunes, qu’importe, cela me hérisse le cœur et les poils des avant-bras !

Le crétin qui me double pour me piquer la place de parking, parce qu’il est un mal éduqué civique et que je regrette de ne pas être ceinture noire de Karaté pour le défoncer, quand une fois garé, il descendra de son auto.

Les vendeuses qui me collent et qui veulent me faire rentrer dans deux tailles en dessous ou deux tailles au-dessus avec le même aplomb, pourvu qu’elles vendent n’importe quoi à n’importe qui. Alors que je n’ai même pas sollicité leur avis, elles insistent avec leur : essayez c’est fait pour vous ! C’est parfait ! et autres inepties. Je les déteste.

Les cathos, et leur culpabilité qui ne les empêche même pas de tenir des propos racistes à voix haute sans aucune gêne comme s’il était d’évidence que nous pensions comme eux.
Et les propos racistes de tous ceux qui en tiennent et qui nous les agitent sous le nez comme si de rien n’était.

Les sans riens que je croise dans la rue avec la honte de ne rien faire de plus pour eux

Les ascenseurs qui toussotent entre deux étages avant d’éternuer enfin l’ouverture de la porte alors que je suis hyper claustrophobe.

Et le pire des pires : Les « sans riens » que je croise dans la rue avec la honte de ne rien faire de plus pour eux et là le coup de gueule je l’ai contre moi et c’est toujours le plus douloureux !

La liste pourrait être rallongée mais j’ai j’en garde pour une autre fois.

J’arrête et je vais passer à mes coups de cœur, qui sont tout aussi silencieux que mes coups de gueule.

C’est sans doute pour cela que j’écris.

La découverte des illustrations d’un de mes textes, c’est toujours une première fois, et j’ai toujours un pincement au cœur…

Le pain frotté à la tomate avec de l’huile d’olive et du jambon cru.

Les cerises, celles de Céret en particulier.

Mon dernier coup cœur au cinéma LALALAND m’en fiche qu’on se moque de moi, j’ai acheté la B.O. et je danse dans mon salon en l’écoutant quand il n’y a pas de soleil, ça me remonte le moral.

Mes coups cœurs ont des couleurs de grenadine, et de ciel bleu ils suivent mes humeurs et la météo.
Ils ont gardé un goût d’enfance alors ils sont nombreux et ont tendance à se multiplier à partir du printemps. En hiver ils hibernent, sauf quand j’ai la chance d’être réveillée par un album ou par un tableau dans une expo.

Sur ce motus et bouche cousue !

magdalenaMagdalena est autrice.

Bibliographie sélective :

  • Les monstres de la nuit, album illustré par Christine Davenier, Père Castor (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans le noir de la nuit, album illustré par Christine Davenier, Père Castor (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Je suis en CE1, romans première lecture illustrés par divers.es illustrateurs.trices, Père Castor (2015-2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Les contes du CP, romans première lecture illustrés par divers.es illustrateurs.trices (2014-2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Louna et la chambre bleue, album illustré par Christine Davenier, Kaléidoscope (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La princesse Tralala. Une histoire qui joue avec les voyelles, album illustré par Gwen Keraval, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Pipi Caca Popot, album illustré par Claire Frossard, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite fille du tableau, album illustré par Elsa Huet, Kaléidoscope (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Je suis en CP, romans première lecture illustrés par divers.es illustrateurs.trices, Père Castor (2011-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La princesse rosebonbon, album illustré par Éléonore Thuillier, Kaléidoscope (2010).
  • Série Bali, albums illustrés par Laurent Richard, Père Castor (2009-2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 24 petites souris vont à l’école, album illustré par Nadia Bouchama, Père Castor (2004), que nous avons chroniqué ici.
  • La princesse Tambouille, album illustré par Marianne Barcillon, Kaléidoscope (2003).
  • La semaine de souris chérie, album illustré par Maïté Laboudigue, Kaléidoscope (2001).

You Might Also Like