La mare aux mots
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Jacques-Rémy Girerd

Les invité.e.s du mercredi : Jacques-Rémy Girerd et Nathalie Novi

Par 15 février 2017 Les invités du mercredi

Si en littérature jeunesse, je pense que la part de « produits commerciaux » est assez faible par rapport aux vraies œuvres, c’est d’après moi l’inverse dans le cinéma. Combien de grosses productions insipides pour un film d’auteur ? Il reste, quand même, des petits bijoux qui sortent, les films de Jacques-Rémy Girerd et du studio Folimage en font partie. C’est comme un fan impressionné par son idole que j’ai écrit à Jacques-Remy Girerd pour lui demander s’il était d’accord de répondre à quelques questions, il a accepté tout de suite. Suite à cette interview, je vous propose de partir en vacances avec une grande dame de l’illustration, Nathalie Novi. Nous vous souhaitons un bon mercredi !


L’interview du mercredi : Jacques-Rémy Girerd

Ce n’est peut-être pas sérieux, mais j’aimerais commencer cette interview en vous disant à quel point je suis fan de votre travail, à quel point je trouve vos films extraordinaires. La question peut sembler naïve, mais en quoi consiste exactement votre travail ?
J’ai cumulé de nombreuses occupations, auteur, j’ai écrit de nombreuses histoires, réalisateur, j’ai réalisé près de cent films d’animation, et producteur pour soutenir le travail d’autres réalisateurs autour de moi. Souvent un travail de chef d’orchestre.

Comment est né Folimage ?
Au début de cette longue histoire, à la fin des années 70, si on s’intéressait au cinéma d’animation quasiment inexistant en France, il fallait créer sa propre structure, pratiquement aucun producteur ne s’y intéressait et les chaines de télévision qui se comptaient alors sur les doigts d’une main étaient loin de cette problématique. À partir de 1982/83 les choses ont changé avec la création du COSIP par le CNC. Avec quelques amis nous avons donc créé le studio Folimage en 1981, avec préfiguration de 89 à 91. Au début tout petit et le studio s’est agrandi avec les années, aujourd’hui il fait vivre environ 130 personnes.

Je suis totalement fan de Mia et le Migou qui est, pour moi, l’un des plus beaux dessins animés jamais tournés.
Un grand merci pour cette appréciation qui me touche beaucoup.

Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
C’est l’histoire d’une petite fille qui n’a rien, très pauvre et isolée. Elle décide de partir à la recherche de son père et fera la rencontre des Migous ces êtres qui ont tout et sont des géants. C’est le choc de l’infiniment petit et du super puissant. La force qui peut s’annuler en un instant et cette gamine pleine de courage qui peut renverser des montagnes. Une allégorie.

Vos films sont souvent engagés, sur l’écologie notamment, c’est important pour vous de passer un message ?
C’est sans le vouloir, je suis toujours rattrapé par des grands enjeux de société dans mes films. Impossible pour moi de raconter des histoires déconnectées, sans fond, sans morale. L’écologie et la protection de l’environnement sont au cœur de nos grands défis humains ; c’est aussi le rôle de l’artiste que de parler de son temps et du monde dans lequel il vit ou survit.

Côté voix, dans vos films ce sont souvent des acteurs très connus (Annie Girardot, Michel Galabru, Michel Piccoli, Pierre Richard, Bernadette Lafond, Sabine Azéma…), est-ce que ça apporte vraiment quelque chose au film ou est-ce que ça fait plus venir les gens ?
C’est principalement par amour des acteurs. J’aime le jeu des acteurs, au théâtre comme au cinéma. Quand j’écris des histoires je ne peux m’empêcher de penser aux acteurs idéaux pour les rôles que j’imagine, cela m’aide pour écrire les dialogues. Et quand la réalité croise l’imagination c’est formidable. Chaque acteur, connu ou inconnu que j’avais imaginé au moment de l’écriture a toujours donné suite pour la réalisation des films. J’ai été gâté. Rien à voir avec des questions commerciales.

J’ai lu aussi que vous commencez par enregistrer les voix avant toute chose, c’est bien ça ?
Oui toujours, cela donne aux films une qualité supérieure et procure une vérité augmentée aux dialogues. Le comédien est libre de son interprétation et nous sommes très proches au moment de l’enregistrement. L’expérience est très enrichissante et les liens tissés de cette façon beaucoup plus vrais.

Quels sont les films qui ont marqué votre enfance ?
Zorro, Mon Oncle, Jour de fête, Le ballon rouge, Buster Keaton Le mécano de la Générale, tous les films des Marx Brothers, La ruée vers l’or de Charlie Chaplin… et beaucoup d’autres

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai abandonné la réalisation pour la littérature.

Filmographie (sélective) en tant que réalisateur

  • Tante Hilda !, long métrage (2014).
  • C’est bon, série de courts métrages (2013).
  • Ma petite planète chérie, série de courts métrages (2010).
  • Mia et le Migou, long métrage (2008).
  • La Prophétie des grenouilles, long métrage (2003).
  • L’Enfant au grelot, court métrage (1997), que nous avons chroniqué ici.
  • Mine de rien, série télé (1993).
  • Le bonheur de la vie, série télé (1992).
  • Amerlock, court métrage (1988).
  • Le cirque bonheur, série télé (1988).

Le site de Folimage : http://www.folimage.fr.


En vacances avec… Nathalie Novi

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Nathalie Novi que je pars ! Allez en route !

Voyages avec la Mare aux Mots

  • Laisser flotter mes jupons exactement là, au-dessus des vignobles, dans la combe de Rosnay, dérouler mes pas et contempler le Cirque de Baume les Messieurs, sous un ciel de vent, à l’ombre des oiseaux silencieux.
  • Se laisser emporter là où penche mon cœur, au cœur d’Arezzo, dévaler la Piazza Grande et glisser doucement jusqu’à la Chapelle Bacci où sommeille le petit page du Songe de Constantin peint par Piero della Francesca.
  • Traverser le Millenium Bridge, se fondre dans les vibrations colorées de Rothko au Tate Modern, puis se régaler au Borough Market. London is so chic !
  • Se dépayser d’un sourire qui flotte à Fort Cochin et s’enivrer de couleurs et d’enfance.
  • S’égarer avec délice à Albi, déambuler dans les dessins de Lautrec, s’émerveiller d’une colline surmontée d’un cyprès et rêver un jour de s’y poser…

Cinq Albums jeunesse :

  • Alice in Wonderland. Lewis Carroll, John Tenniel 1865.
  • Tous les albums de Lisbeth Zwerger.
  • Une berceuse en chiffons, la vie tissée de Louise Bourgeois. Amy Novesky, Isabelle Arsenault chez Pastèque.
  • Le pays du rêve. Formidable Anne Brouillard.
  • Les Fleurs parlent. Géniale Joanna Concejo, texte J.F. Chabas.

Cinq musiques :

  • Henry Purcell. The King Arthur interprété par James Bowman (mon contre-ténor préféré).
  • W. A. Mozart. Requiem. Jordi Savall, une merveille !
  • J.S. Bach. St Matthew Passion. Masaaki Susuki.
  • A. Vivaldi. Stabat mater dolorosa. Ensemble 415.
  • La Folia. Jordi Savall.

Cinq Films :

  • Chantons sous la pluie. Ah, Gene Kelly !
  • Les Demoiselles de Rochefort. Ah, Jaques Demy !
  • Jacquot de Nantes. Bouleversant d’enfance. Agnès Varda (merci !)
  • La meglio gioventù (Nos meilleures années). Marco Tullio Giordana 2003.
  • Out of Africa. Sydney Pollack 1985. Ce merveilleux concerto pour clarinette de Mozart dans la brousse…
  • Et enfin, même si cela fait six, tous les films de Jacques Tati !

Cinq romans… :

  • Orgueil et préjugés, ‘my lovely’ Jane Austen !
  • François d’Assise. Joseph Delteil.
  • Le fleuve caché. Jean Tardieu. Poésie-Gallimard
  • Tobie des marais. Sylvie Germain.
  • Narcisse et Golmund. Herman Hesse.

*Ainsi que les contes d’Andersen et des frères Grimm, + tous les livres que je ne connais
pas encore mais vont me bouleverser !

Et, comme je ne connais pas la BD, je me permets d’en ajouter cinq à cette liste…
Cinq peintres et photographes :

  • Fra Angelico
  • Velásquez
  • Degas
  • Vuillard
  • Sorolla
  • Hammershoi
  • Balthus
  • Saul Leiter
  • Édouard Boubat
  • Lewis Carroll photographe…

ECCO !

Nathalie Novi est peintre littéraire.

Bibliographie sélective :

  • Les mille et un voyages de Claudio Monteverdi, illustration d’un texte de Carl Norac, Littlevillage (à paraître d’ici quelques jours).
  • Merveille des merveilles, illustration d’un texte de Jennifer Dalrymple, Didier Jeunesse (2016).
  • Bonnes nouvelles du Monde, illustration d’un texte d’Alain Serres, Rue du Monde (2016).
  • Et si on redessinait le Monde, illustration d’un texte de Daniel Picouly, Rue du Monde (2014).
  • Trois sœurs, illustration d’un texte de Jo Hoestlandt, Gallimard Jeunesse (2013).
  • Comptines & berceuses tsiganes, illustrations, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mahboul le sage, illustration d’un texte d’Halima Hamdane, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Noël des ramasseurs de neige, illustration d’un texte de Jacques Prévert, Rue du Monde (2012).
  • Yeghvala, la belle sorcière, illustration d’un texte de Catherine Gendrin, Didier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mamouchka et le coussin aux nuages, illustration d’un texte de Michel Piquemal, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Chansons du monde, 22 chansons du Brésil au Vietnam, collectif, Didier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • L’histoire du soldat, illustration d’un texte de Charles-Ferdinand Ramuz, Didier Jeunesse (2011).
  • La neige vive, illustration d’un texte de Michel Piquemal, Didier Jeunesse (2010).
  • La Flûte enchantée racontée aux enfants, illustration d’un texte de Jean-Pierre Kerloc’h, Didier Jeunesse (2010).
  • Pinocchio, illustration d’un texte de Carlo Collodi, Rue du Monde (2009).
  • La petite sirène, illustration d’un texte d’Hans Christian Andersen, Didier Jeunesse (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite fille et l’oiseau, texte et illustrations, Didier Jeunesse (2008).

Retrouvez Nathalie Novi sur son site : http://www.nathalienovi.com.

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Et si on reparlait de cinema….

Par 6 décembre 2012 Cinéma et DVD

Aujourd’hui on va parler cinéma ! Un film en salle (depuis hier) et deux DVD.

La balade de Babouchka va vous permettre de faire une promenade à travers la Russie grâce à 4 petits courts métrages entrecoupés d’une animation sur le pays. Dans le premier, Le rossignol, il est question d’un oiseau en cage et de son frère malicieux. Dans le second, La maison des biquettes, un petit garçon va échapper aux loups grâce à une maison en crêpes habitée par des biquettes (mais difficile de se retenir de manger la maison !). Le troisième, Histoires d’ours, nous apprendra pourquoi les écureuils sont rayés, pourquoi les carpes sont plates et pourquoi les casse-noix n’ont que la peau sur les os. Enfin dans le quatrième, Zhiharka, une petite fille devra échapper à une renarde très rusée. Les quatre courts métrages de 13 minutes chacun, aux techniques différentes, forment une ensemble très sympa. On passe vraiment un bon moment et les enfants adorent. C’est très esthétique et très doux. Un beau film à voir avec les enfants dès 2 ans (en salle depuis hier).
Des extraits, des photos,… ici et un extrait là :

On quitte la Russie pour la Corée… et la Belgique ! Jung est un jeune coréen qui a été adopté par une famille belge alors qu’il n’avait que quelques années. Le très beau film (autobiographique) nous montre son enfance sans concessions (les parents ne sont pas forcément montrés de façon très sympathique, Yung lui-même n’est pas un ange et on parle aussi ici du racisme). C’est un film très particulier car il mêle dessins animés (parfois en 3D, parfois en « crayonné ») et film (des images d’archives familiales et d’autres de Yung, adulte, qui revient dans le pays de son enfance). C’est surtout un magnifique film sur la quête de qui on est et sur l’intégration. Un film qui prend aux tripes, qui ne nous lâche pas… Aussi beau sur le fond que du point de vue esthétique. Un film très très fort à ne pas louper. (Je l’ai vu avec ma fille de 4 ans qui a aimé mais elle est quand même trop jeune… Allociné le conseille à partir de 10 ans et je trouve ça un peu exagéré… je dirai entre les deux !)

Et puisque c’est bientôt Noël comment ne pas parler du magnifique L’enfant au grelot de Jacques-Remy Girerd (réalisateur du somptueux La prophétie des grenouilles, si vous ne connaissez pas jetez-vous dessus !) ? Un enfant est retrouvé au milieu de la forêt, abandonné, avec un grelot dans sa main. Il est élevé dans un orphelinat et l’histoire principale se passe quelques jours avant Noël. Une très belle histoire avec Noël en fond mais, ici aussi, sur l’origine. C’est un des plus beaux contes de Noël (car loin de toute mièvrerie) et surtout un des rares bons films adaptés aux petits (à partir de 3 ans). Il est sorti en DVD chez Folimage et repasse régulièrement en salle.


Petit plus si vous êtes à Paris, en ce moment au Théâtre des nouveautés est jouée une adaptation musicale du dessin animé. J’avoue ne pas avoir pris mon pied mais les enfants présents dans la salle (dont ma fille) avaient l’air d’adorer…
Plus d’informations ici.

Quelques pas de plus…
Notre dernière chronique ciné avec Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, Le petit Gruffalo, Gruffalo et Kirikou et les hommes et les femmes ici.

La balade de Babouchka
de Collectif
Les films du préau
52 minutes
 Couleur de peau : miel
de Jung et Laurent Boileau
France Télévision
75 minutes
L’enfant au grelot
de Jacques-Rémy Girerd
Folimage
28 minutes

A part ça ?

Sur le forum de La mare aux mots on discute régulièrement de DVD ou de films en salle, vous aussi venez participer, c’est ici.

Gabriel

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