La mare aux mots
Parcourir le tag

Karibencyla

Ogresse et sorcières

Par 4 mai 2014 Livres Jeunesse

Les ogresses et les sorcières vous font un peu peur ? Tant mieux ! C’est bon d’avoir peur, non ?

babayagaEst-ce pour cela qu’elle était si méchante ? Toujours est-il que Babayaga n’avait qu’une seule dent. Enfant on s’était tant moqué d’elle, comment pouvait-il en être autrement ? Le temps passa, après avoir mangé son chien, Babayaga commença à manger les enfants. Cacayaga, sa sœur, était la belle-mère d’une petite Miette. L’enfant était adorable, mais sa marâtre qui ne la supportait pas décida de profiter de l’opportunité d’avoir une sœur ogresse pour s’en débarrasser. Elle demanda à Miette d’aller lui porter du fil et une aiguille, c’est certain, elle ne reviendrait pas.

Je me doute que vous êtes nombreux à déjà connaître ce petit bijou de la littérature jeunesse, signé Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, sorti il y a plus de dix ans. Mais j’avais envie de me faire plaisir en chroniquant ce magnifique album que j’ai dans ma bibliothèque depuis bien avant la création du blog. Un grand album aux superbes illustrations signées par un des plus grands noms de la littérature. Taï-Marc Le Thanh s’inspire du célèbre conte Russe, s’en empare et en livre sa version personnelle, pleine de malice et d’humour. Tout simplement un des plus beaux albums de ma bibliothèque, un livre où il fait bon se plonger et où l’on découvre chaque fois de nouveaux détails.
Le même vu par Za (avec d’autres versions de Babayaga) et par Œil d’ailleurs.

Patatra la p'tite sorcièrePatatra est une petite sorcière qui a très mauvais caractère. Alors qu’elle vient d’apprendre une formule qui changera quiconque en crapaud, un merle lui fait un bien mauvais tour : il envoie une fiente sur la table de pique-nique qu’elle vient de dresser ! Ni une, ni deux et voilà le volatile transformé ! Et il n’est que le premier d’une grande série !

Très loin de l’univers de l’album précédent, voici donc Patatra la p’tite sorcière et les crapauds de Monique Aloujes et Florian Le Priol, une histoire pleine d’humour tant dans les situations que dans la façon dont l’illustrateur s’en est emparé. Mais je dois dire que j’ai été parfois extrêmement surpris ! Mélange des techniques ? Tentatives de styles différents ? On a l’impression que plusieurs illustrateurs ont travaillé sur l’album ! J’avoue avoir été totalement séduit par certaines planches (comme celle avec le prince charmant) quand d’autres m’ont plutôt déplu. Parfois dans une même planche on retrouve des styles extrêmement différents ! Certains apprécieront certainement ce mélange de styles et de techniques, se diront même, peut-être, que ça casse toute monotonie. Pour ma part, je trouve que ça donne un côté inégal à l’album. En fin d’ouvrage, une chose très originale, des éléments à découper pour faire une planche du livre en pop-up.
Vous pouvez feuilleter une partie de l’album ici.

La sorciere verte seme le bazar couv:La sorciere verte seme le bLa sorcière verte a décidé de se lancer dans le jardinage, comme le faisait sa mémé ! Elle a même retrouvé ses affaires : bottes en caoutchouc, salopette et même sachets de graines ! Sauf qu’en ouvrant les sachets, il ne se passe pas ce qu’il doit se passer ! Voilà les graines qui lui sautent dans les trous du nez et notre sorcière a beau tout tenter, elles y restent ! Notre sorcière s’énerve tant et tant que toutes les autres graines tombent entre les fentes du parquet. Et voilà que bientôt elles germent, poussent et s’enroulent autour des chevilles de la pauvre sorcière et ce n’est pas tout… celles de son nez se mettent aussi à réagir et la voici bientôt avec du persil qui sort du nez !

Je vous avais déjà parlé des premières aventures de la sorcière verte qui ne m’avaient pas vraiment séduit, même si là encore pas de coup de cœur, j’avoue avoir préféré celui-ci surtout au niveau des illustrations. Anne Mahler s’est appropriée le personnage, mais ici c’est à la peinture qu’elle lui donne vie. Ce ne doit pas être évident que de reprendre un personnage déjà traité par un autre illustrateur et d’ailleurs c’est dans les autres dessins qu’on la sent plus à l’aise, où le résultat est meilleur (je préfère, par exemple, largement son mage à la sorcière). Comme pour le premier, le texte est entièrement en rime. Un petit album plein d’humour sur une fée pas très adroite.
Des extraits sur le site des Éditions Petite Fripouille.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Taï-Marc Le Thanh (Jonah, T.1 Les sentinelles), Rébecca Dautremer (Le loup de la 135e, La chèvre aux loups et Les deux mamans de Petirou) et Viviane lelong-Verdier (La sorcière verte a mal au ventre). Retrouvez aussi notre En vacances avec Rebecca Dautremer.

Babayaga
Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Rébecca Dautremer
Gautier languereau
14,95 €, 250×370 mm, 34 pages, imprimé en Italie, 2005 (première édition 2003).
Patatra la p’tite sorcière et les crapauds
Texte de Monique Aloujes, illustré par Florian Le Priol
Karibencyla
11,20 €, 200×210 mm, 36 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
La sorcière verte sème le bazar
Texte de Viviane Lelong-Verdier, illustré par Anne Mahler
Éditions Petite Fripouille dans la collection La sorcière Verte
7,50 €, 170×220 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2014.

À part ça ?

Mercredi, dans l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin, j’ai parlé de livres à l’humour piquant ! Mon passage est réécoutable dans l’onglet Chroniques Radio.

Gabriel

You Might Also Like

Entre les contes

Par 10 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux livres où l’on croise des contes… et où les contes se croisent.

Il était une fois... un Lapin !Un lapin se désolait de n’être jamais dans les contes. Il avait beau lire des livres et des livres, il y a avait des loups, des chèvres, des princesses… mais aucun lapin ! Il alla donc voir le petit Poucet, Boucles d’Or et la petite Poule Rousse, mais aucun d’eux ne voulait céder sa place… En continuant son chemin il finit par croiser une petite fille avec un chaperon de couleur rouge qui elle était d’accord… était-ce vraiment un bon plan ?

Un hommage aux contes, de l’humour et des illustrations pleines de douceur (dont Soufie a le secret) sont la recette d’Il était une fois… un Lapin !… et la recette marche à merveille ! Un texte tout en rime (bon personnellement, ça, ce n’est pas mon truc, mais certains aiment) et une histoire drôlement bien trouvée. On joue avec les enfants à essayer de deviner quel est le personnage et surtout on se demande si c’est bien, finalement, d’être un héros de conte ! Un petit album qui va beaucoup plaire à tous ceux qui aiment jouer avec les contes (je pense notamment aux instits mais pas seulement)… même si j’y ai repéré une faute grammaticale, d’après moi (mais l’album est tellement charmant qu’on lui pardonne).

boucles d'or et jean de l'oursUne petite fille nommée Boucles d’Or décide un jour de s’enfuir de sa chambre avec sa petite valise rouge. En chemin elle rencontra un lapin (tiens il serait content le héros de l’histoire précédente)… et Jean de l’Ours, un être mi-homme, mi-ours et dont la force était incroyable. Ensemble, ils allaient délivrer une princesse.

On vous a déjà parlé de la collection Contes mélangés de chez Karibencyla (mais c’était il y a fort longtemps !). Le principe de la collection se comprend avec le nom, ici les contes sont mélangés : Barbe Bleue rencontre Compè Lapin, le Chaperon Rouge le Dragon de Chine ou encore Blanche-Neige les Korrigans. Dans le cas présent, c’est donc Boucles d’Or (bien connue des enfants) qui rencontre Jean de l’Ours (personnage légendaire du sud de la France). C’est une très jolie histoire écrite par la célèbre Pakita et illustrée à la peinture par Joël Cimarrón. Une façon originale de redécouvrir les contes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Soufie (L’Ogre qui n’avait peur de rien, La petite enquiquineuse et le vieux géant, La mémoire aux oiseaux, Mon papa est comme ciMa maman est comme çaMa grande sœur et Léontine, princesse en salopette), Pakita (Père Noël, La course aux cadeaux !Tout le monde peut se tromper même moi !, Ma demi-soeur que j’aime en entier, Vroum Vroum c’est parti !Pablo le pirate chasse au trésor !Vive la chasse au trésor, Le club des grands inventeurs, Je m’occupe toute seule, Emma ou Léa, qui est qui ?Ambre a peur du noir Julie nous fait la cuisine et Pakita la princesse magique) et Joël Cimarrón (Cendrillon et l’oiseau de feu). Retrouvez aussi notre interview de Soufie.

Il était une fois… un Lapin !
de Soufie
Les éditions des Braques dans la collection Les p’tits braques
6,90€, 160×163 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Boucles d’or et Jean de l’Ours
Texte de Pakita, illustrations de Joël Cimarrón
Karibencyla dans la collection Contes mélangés
12,80 €, 244×232 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne.

À part ça ?

Et le genre dans les films Disney ? Un sujet absolument passionnant dans l’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! sur Aligre FM 93.1 de la semaine dernière. C’est vers 47 minutes du début (mais même avant c’est intéressant).

Gabriel

You Might Also Like

L’invitée du mercredi : La luciole masquée (+ concours)

Par 5 octobre 2011 Les invités du mercredi

Cette semaine, l’invitée du mercredi mélange les contes pour en créer de nouveaux, La luciole masquée a eu la gentillesse de réponde à mes questions. Je vous avais parlé il y a peu de son album Cendrillon et l’oiseau de feu.

La mare aux mots : Comment est venue cette idée de se faire rencontrer des contes ?
La luciole masquée :
Tout d’abord, il faut savoir que cette idée est celle de  Joël Cimarrón, illustrateur et responsable de collection aux éditions de Karibencyla. Son désir était de briser les frontières entre les contes dits classiques de ceux que l’on appelle contes du monde. Par ce rapprochement nous avons le souhait de dévoiler l’immense richesse que provoque cette rencontre et le dialogue entre les cultures. De mon côté, j’ai donné vie aux quatre premiers titres avec un plaisir infini ! J’ai ainsi pu voyager jusqu’en Inde et en Russie, m’immerger dans la forêt de Brocéliande et trembler avec le Compè Lapin des contes créoles. À chaque fois, j’en suis ressortie plus riche et admirative des cultures rencontrées, j’espère que c’est le cas pour mes lecteurs également !

LMAM : Quels autres personnages aimeriez vous se faire rencontrer ?
LLM : Belle question ! Il nous reste pas mal de personnages à découvrir, le monde regorge de grands personnages aux aventures palpitantes. Et certaines destinations manquent à notre collection comme l’Afrique, l’Asie, l’Océanie, l’Amérique Latine … D’autres auteurs ont depuis rejoint notre équipage et nous n’allons pas tarder à faire le tour du monde.

LMAM : Vous êtes aussi libraire, quel est votre avis sur la production actuelle ?
LLM : Cela fait déjà 3 ans que j’ai laissé mon doux rayon jeunesse ! Je pensais en savoir beaucoup dans le domaine, mais depuis que je parcours les salons du livre partout en France, je découvre avec plaisir et surprise d’autres courants portés par des éditeurs très peu représentés en librairie. Ces « autres » sont très prolifiques, offrent un regard neuf sur la littérature jeunesse et sur l’enfant-lecteur qui m’interpelle et me passionne. À leur contact, on ne voit plus le livre comme une simple marchandise, mais plutôt comme une œuvre et cela fait beaucoup de bien. Je citerai par exemple les éditions Grandir, Lirabelle, Alzabane, Benjamins Media, les éditions du Jasmin et bien d’autres …

LMAM : Quels sont les livres que vous aimez mettre en avant ? Des auteurs fétiches ?
LLM :
Mon dernier gros coup de cœur de libraire était pour les éditions HongFei Cultures qui sont devenus depuis des amis. J’ai aimé la délicatesse, la beauté de leurs albums et surtout comme les éditions de Karibencyla, ils donnent à voir d’autres cultures, en l’occurrence la culture chinoise. Je citerai également les éditions chocolat Jeunesse, pour la gourmandise et l’onirisme de leur catalogue. En ce qui concerne mes auteurs fétiches, je dirai Kitty Crowther sans hésiter car elle arrive à nous faire ressentir sa fragilité et sa force dans chaque album.

LMAM : Quels livres ont marqués votre enfance ? votre adolescence ?
LLM :
De mon enfance, il me reste un vieux livre de contes offert par mon père pour mes 8 ans. Je l’ai toujours avec moi, comme un bouclier ou un trésor. Il me rappelle mes rêves et les sensations que j’éprouvais en lisant ces contes. Cette sensation, j’essaye de la faire ressentir à mes lecteurs lorsque j’écris. En ce qui concerne mes lectures adolescentes, j’ai dévoré de nombreux romans américains en particulier Paul Auster et John Irving avec le roman 
Tombouctou pour le premier (ou la vie vue par un chien) et Le Monde selon Garp pour le second (un roman-conte vertigineux).

LMAM : Parlez-nous de votre blog sur lequel vous donnez des conseils aussi aux jeunes auteurs.
LLM :
Le blog de La luciole Masquée est né d’un manque. Je ne trouvais pas facilement d’informations fiables sur internet concernant le métier d’auteur et celui d’illustrateur : pas de grille de tarifs, rien de clair sur la fiscalité ni sur les modalités pour démarcher un éditeur. Bref, on aurait dit qu’un tabou planait sur ce corps de métier où chaque individu est seul dans son coin. Du coup, j’ai voulu créer un lieu convivial d’échange et de partage à travers mon blog et le forum que j’ai lancé un peu plus tard. Par contre, je me garde bien de donner des conseils, je fais juste circuler l’information et je dirige les auteurs et illustrateurs vers des associations comme la Charte, bien plus à-même de les renseigner et les aider. Le succès de mon blog vient de la convivialité, de l’entraide et de la générosité dont font preuve les lucioles et je les en remercie.

On pourra retrouver La luciole masquée qui dédicacera Cendrillon et l’Oiseau de Feu les 8 et 9 octobre à La 25e Heure du Livre au Mans, les 15 et 16 octobre à Frissons à Bordères  et au Festival de Rouen du Livre de Jeunesse du 2 au 4 décembre.  Merci à elle pour ses réponses.

Et puisqu’on parle de Cendrillon et l’oiseau de feu, je vous propose de le gagner! Je tirerai au sort parmi les commentaires à cet article qui comporteront le mot citrouille! (vous avez jusqu’à demain soir 23h59)

You Might Also Like

« Alors, elle repensa à son ami l’oiseau de feu et souffla sur la plume qu’il lui avait offerte »

Par 18 août 2011 Livres Jeunesse


Un oiseau pourchassé par le fils d’un tsar va provoquer la rencontre entre celui ci et une jeune fille prénommée Cendrillon….

Mélanger deux contes (Cendrillon que vous connaissez certainement et l’Oiseau de feu , oiseau légendaire issu du folklore russe) était un pari risqué, mais grâce au talent d’écriture de La luciole masquée et aux magnifiques illustrations de Joel Cimarron ce pari est relevé haut la main. Ce mélange donne un très bel album dont l’histoire, forcément inédite, captive.

C’est d’ailleurs le but de la collection Contes mélangés chez Karibencyla, mélanger des contes : Barbe bleue et Compè Lapin, La belle et Ganesh, Blanche Neige et les Korrigans et Le petit poucet et le Minotaure sont déjà sortis dans cette collection… et la lecture de Cendrillon et l’oiseau de feu m’a donné envie de lire les autres!

Cendrillon et l’oiseau de feu, de La luciole masquée et Joel Cimarron, dans la collection Contes mélangés aux éditions Karibencyla, 12€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Retrouvez des extraits du livre ici.

Gabriel

You Might Also Like