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La chronique de…

Les invité-e-s du mercredi : Célia Chauffrey et Sophia Aram (+ concours)

Par 30 avril 2014 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est l’illustratrice Célia Chauffrey que nous avons interviewée. C’est une illustratrice bourrée de talent et j’avais envie d’en savoir plus sur elle. À la suite de l’interview, vous pourrez tenter de gagner le sublime Matachamoua grâce à L’école des loisirs. Ensuite, nous avons rendez-vous, pour La chronique de avec quelqu’un que j’aime beaucoup et que je suis depuis plusieurs années, l’humoriste et animatrice Sophia Aram. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Célia Chauffrey

Célia Chauffrey 2011 © Félicien Bergere

© Félicien Bergere

Parlez nous de votre parcours
Mes grands-parents paternels étaient peintres, restaurateurs de fresques et de tableaux. Pour eux, il était important de me voir barbouiller très tôt. Ma grand-mère m’a aussi fait découvrir la gravure en taille douce.
C’est de façon presque évidente que je voulais travailler dans l’image. J’ai commencé par étudier le graphisme. À l’époque, je n’étais pas du tout à l’aise avec l’outil informatique qui devenait quasi inévitable sauf dans les trop rares, à mon goût, modules de dessin et d’illustration. J’ai donc rejoint l’école Émile Cohl qui dispensait des heures et des heures de pratique du dessin à ses élèves dans le but d’en faire des illustrateurs en tout genre, des bédéistes ou encore pour les plus habiles des animateurs (de dessins animés).
Plus tard, quand je me suis sentie pas tout à fait, mais à peu près prête, j’ai envoyé des dossiers d’illustration. Christiane Germain chez Pastel EDL m’a confié un texte Pierre la luneformidable de Céline Sorin : La fille du géant. C’est mon premier album. Depuis je collabore régulièrement avec elles. J’ai travaillé avec d’autres maisons d’édition comme Frimousse, Gründ, Barefoot books (éditeur anglo-américain)…

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Récemment encore, j’utilisais l’acrylique fine, jusqu’à n’en plus pouvoir, trop d’automatismes. Je reviendrai probablement aux pinceaux, mais pour l’instant je me concentre sur le crayon de couleur. Ça m’enthousiasme assez, cette technique est plus proche du dessin et permet moins de repentirs.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, beaucoup d’albums du Père Castor, ou de L’école des loisirs (j’étais dingue des Trois brigands), on m’avait abonnée aux Belles Histoires : j’adorais.
Ensuite, je lisais tout ce qui me tombait sous la main dont beaucoup de théâtre et de polars…

MatachamouaParlez-moi de Matachamoua, comment est né ce projet ? Comment avez-vous travaillé sur les illustrations de cette histoire ?
Avant Matachamoua, Céline Sorin et moi avions fait Hibiscus chez Pastel. Céline et Odile (Josselin NDLR), éditrice de confiance qui a pris le relais de Christiane Germain, ont jugé mes premières recherches pour ce livre, charmantes, mais pas assez âpres pour le sujet. Le personnage était trop rêveur. Céline s’est inspirée de l’expression douce et absente de ces recherches pour écrire Matachamoua. Céline est orthophoniste, c’est un sujet qu’elle connaît bien.
Quand j’ai pris connaissance de ce texte très sensible sur ce type de handicap, j’ai souhaité utiliser des formes et des couleurs douces. Il y a deux raisons à cela : montrer l’univers intérieur de Belem, ce petit ours lunaire et différent, et tenter par la douceur de séduire le lecteur sur ce sujet délicat.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration avec Alice-Brière Haquet avec qui vous avez fait plusieurs albums ?
Mademoiselle TricotinAlice et moi nous nous sommes rencontrées sur un forum, cfsl. À l’époque, je n’avais rien publié et je cherchais des textes. Elle cherchait des illustrateurs. J’ai flashé sur son texte Le ballon de Zébulon. C’est Olivier Philipponneau qui l’a illustré finalement, mais Alice a proposé mon nom pour Pierre la Lune. C’était le début de notre collaboration.
C’est très agréable de travailler avec Alice, tout semble facile, sans prise de tête.

Quels sont vos projets ?
Mes projets : un nouvel album est peut être prévu avec Alice justement, pas pour tout de suite, mais j’espère bien reformer ce tandem dans les deux ans à venir.
Je viens de terminer un album grand format au crayon de couleur pour un éditeur étranger, j’attends les épreuves couleur avec impatience.
Je termine un « tout carton » pour les tout petits, c’est un poème court et beau de Céline.
J’entame un album sur un joli texte d’Anna de Sandre.
Ces jours-ci paraît chez Pastel Sven et les musiciens du ciel. Un texte de Pierre Coran, un hommage aux compositeurs qu’il aime. J’adorerais retravailler sur un texte de Pierre, il m’a d’ailleurs proposé quelque chose de magnifique…

Bibliographie sélective :

  • Sven et les musiciens du ciel, illustration d’un texte de Pierre Coran, L’école des loisirs (2014).
  • Matachamoua, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mademoiselle Tricotin, illustration d’un texte d’Alice Brière-HaquetLes p’tits bérets (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Voyages de Gulliver, illustration d’un texte de Jonathan Swift, Gründ (2011).
  • Pierre la lune, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Auzou (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Celui qui voulait changer le monde, illustration d’un texte de Juliia, Auzou (2010).
  • Hibiscus, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2010).
  • Quatre fois vite un chuchotis, illustration d’un texte de Jacqueline Persini-Panorias, Soc et Foc (2009).
  • Grand, Moyen, Petit, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Frimousse (2009).
  • La fille du géant, illustration d’un texte de Céline Sorin, Pastel (2010).

Retrouvez Célia Chauffrey sur son blog.

Concours
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à L’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un de vous le magnifique Matachamoua (que nous avons chroniqué ici). Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire quel est l’album jeunesse qui vous a le plus ému, touché. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


La chronique de… Sophia Aram

De temps en temps, un artiste hors littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé enfant ou qu’il a aimé lire à ses enfants. Cette fois-ci, c’est Sophia Aram qui s’y colle ! Merci à elle.

Un livre qui vous a marquée enfant ?
Petite, je suis littéralement tombée dans la comtesse de Ségur, et j’ai eu une passion pour Les malheurs de Sophie. Contrairement à la plupart des mes amies, je ne trouvais pas grand-chose de drôle aux aventures de cette petite fille. Au contraire, pour moi sa vie tenait du drame. Je crois que je me suis pas mal identifiée à Sophie. Moi-même, je collectionnais ‘les malheurs‘ étant petite car j’étais extrêmement maladroite, si bien que mes frères et sœurs s’amusaient à raconter mes aventures qu’ils avaient rebaptisées ‘Les malheurs de Sophia‘.

Un livre que vous aimez raconter à votre fils ?
Mon fils était un passionné de dinosaures, et à l’époque, on croulait sous les imagiers, et tous les livres scientifiques recensant les espèces de dinosaures. La lecture du soir consistait à faire l’inventaire des caractéristiques de tel herbivore ou de tel carnivore, ça le passionnait, mais nous étions frustrés de ne pas pouvoir lui raconter de véritables histoires, et à l’époque on ne trouvait que très peu d’histoires mettant en scène des dinosaures. Jusqu’au jour où, dans une brocante, nous sommes tombés sur un livre un peu vieillot racontant les aventures d’un petit stégosaure né sans plaque osseuse, et qui souffrait de la différence avec les siens.
Ça s’appelait Les piquants de Goz, et je me souviens que mon fils, alors âgé de trois ans, semblait très inquiet pour ce stégosaure, car vous ne le savez peut-être pas, mais les plaques osseuses des stégosaures sont des régulateurs thermiques et ce qui chagrinait le plus mon fils ce n’était pas la différence, mais la peur que Goz ait trop chaud ou trop froid.

Sophia AramSophia Aram est humoriste et présentatrice. Je l’avais découverte sur France Inter dans l’émission Le fou du roi où j’aimais son humour rentre-dedans. Elle n’hésitait pas à appuyer là où ça fait mal, devant des invités un peu gênés. On l’a entendu tacler, avec beaucoup de finesse, Marine Le Pen, Nadine Morano, Jean-François Copé et tous ces gens qu’on adore. Bref, c’est le genre de personnes qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui ne se fait donc pas que des amis, que j’aime décidément beaucoup. Elle est régulièrement en spectacle, vous pouvez suivre ses dates sur son site : http://www.sophia-aram.com.

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Les invités du mercredi : Barroux et Thierry Stremler (+ concours)

Par 9 octobre 2013 Les invités du mercredi

C’est le très talentueux Barroux que nous recevons cette semaine.Vous le savez nous adorons cet illustrateur et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons cette interview. Juste après vous pourrez gagner un exemplaire du très beau Kako le terrible grâce aux éditions La joie de Lire. Ensuite nous avons rendez-vous, pour La chronique de avec le chanteur Thierry Stremler. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Barroux

Stéphane BarrouxQuel a été votre parcours ?
En seconde, j’ai été orienté vers l’école Maximilien Vox jusqu’en terminale en section communication visuelle, puis une année à l’école Boulle, ensuite l’école Estienne pour un BTS de communication visuelle. Ensuite j’ai été Directeur artistique dans des agences de publicités.
Puis arrive par hasard le premier livre pour enfant, puis un second. Ensuite je pars pour le Canada pour y vivre pendant 4 ans, ma carrière d’illustrateur démarre pour de bon. Je pars vivre à New York pendant 3 ans. En 2002 retour en France.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
La Rentrée de  NoéJe lisais beaucoup. Petit, je garde le souvenir d’un album illustré magnifique sur Sinbad le marin, plus tard des romans d’aventure, Jack London L’appel de la forêt, Croc Blanc…. Jules Verne etc….

Quelles techniques utilisez-vous ?
Tout dépend de l’histoire, mais la plupart du temps, je travaille à la mine de plomb sur carton, peinture acrylique, parfois des collages. Le tout vernis.

Dans Kako le terrible vous mélangez collages et dessins, pourquoi avoir choisi de représenter Kako sous forme de collages ?
L’histoire de Kako est une histoire vraie.kako le terrible
Kako a réellement existé en 1903 au Jardin des Plantes, à Paris et Emmanuelle (l’auteur) avait amassé toutes sortes de documents sur ce fait divers article de presse, cartes postales.
Quand j’ai vu tous ces documents je me suis dit que je devais m’en servir d’une façon ou d’une autre. L’image de cet hippopotame en découpage s’est imposée.

Quels sont vos projets ?
Un roman graphique pour adulte sur l’Afrique qui sortira en janvier prochain chez Gallimard.
Plusieurs livres pour enfants, pour le Canada, pour l’Angleterre.
J’ai aussi quelques idées que j’aimerai mettre en forme, trouver le temps d’écrire ….

Bibliographie jeunesse sélective :

Retrouvez sa bibliographie complète (et plein d’autres choses) sur son site  : http://www.barroux.info.

hippo

Le beau cadeau de Barroux à La mare aux mots

Comme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions La joie de lire je vais pouvoir offrir à l’un de vous le magnifique Kako le terrible. Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire quel est l’animal que vos enfants préfèrent voir dans les histoires. Vous avez jusqu’à mardi 10h ! Bonne chance à tous !


La chronique de… Thierry Stremler

Une fois par mois un artiste hors littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé enfant ou qu’il a aimé lire à ses enfants. Cette fois-ci c’est Thierry Stremler qui s’y colle ! Merci à lui.

PorculusParmi tous les livres illustrés que j’ai pu avoir dans mon enfance, je me souviens particulièrement de « Porculus ». Je ne sais plus trop à quel âge ma mère me l’a offert, mais il m’a incontestablement marqué…
En le relisant aujourd’hui, je le trouve toujours aussi savoureux, drôle et attendrissant.
Pourquoi ? C’est une bonne question…

Peut-être pouvais-je m’identifier un peu à lui ?
Sans doute Porculus est-il comparable à un petit enfant, toujours sale, crotté, aimant parfois patauger dans les mares pour le plaisir… (qui peut prétendre ne l’avoir jamais fait ?)
Et puis, à la fin, après une courte fugue, il retrouve son « papa » et sa « maman », qui l’acceptent et l’aiment enfin tel qu’il est, le laissant évoluer comme il le souhaite, sans vouloir le changer.
C’est peut-être aussi ça, l’amour…
Cet ouvrage datant de 1969, on peut facilement penser qu’il s’inscrit dans le mouvement d’émancipation général propre à cette époque, où les sociétés occidentales étaient encore très strictes et corsetées, surtout en ce qui concernait l’éducation.
Le message pourrait être : laissez les enfants être ce qu’il sont sans trop les brimer ni les restreindre dans leurs penchants naturels, ils seront des adultes plus épanouis…
Mais cette interprétation n’engage que moi…
En tout cas, je conseille vivement !

Porculus d’Arnold Lobel édité par L’école des loisirs dans la collection Mouche.

Thierry Stremler
Thierry Stremler
est un des chanteurs que j’écoute le plus souvent, ses chansons m’accompagnent depuis quelques années. Je l’ai découvert lors d’un concert où quatre artistes partageaient la scène, chacun chantant son propre répertoire. Je n’étais pas venu pour lui, je suis reparti avec ses chansons en tête, depuis j’ai acheté tous ses albums et je suis de près sa carrière. Je l’écoute parfois en boucle. J’adore sa douceur et son ironie, son univers, son humour. Il fait partie des quelques artistes dont je ne comprends pas qu’on n’en parle pas plus (avec Franck Monnet, notamment)… Je vous invite à le découvrir en écoutant par exemple son dernier album le génial Rio, en regardant les clip très drôles de Et pourquoi pas ? et Porno Star ou les plus anciens comme Ma femme est photographe, Marguerite
, Pas ce soir,… Vous pouvez tout écouter de toute façon, le seul risque est de devenir accro !

Son site : http://www.thierrystremler.com
Sa page facebook : https://www.facebook.com/pages/Thierry-Stremler/89920372847

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Les invités du mercredi : Sandrine Kao et Pascaline Hervéet

Par 11 septembre 2013 Les invités du mercredi

Cette semaine j’ai eu envie de poser quelques questions à Sandrine Kao dont j’ai adoré le roman Le banc (que j’avais chroniqué ici). Avec elle j’ai voulu aussi aborder son parcours et son activité d’illustratrice. Ensuite nous avons rendez-vous avec La chronique de… j’ai décidé de changer légèrement ce rendez-vous que vous connaissez. Jusqu’à présent c’était un acteur de la littérature jeunesse (auteur, illustrateur,…) qui nous parlait d’un livre jeunesse qu’il avait aimé. J’avais envie d’avoir une vision extérieure, quelqu’un qui n’est pas lié à la culture jeunesse. Ainsi une fois par mois je demanderai à un artiste que j’aime de nous parler d’un livre qu’il a aimé lire à ses enfants ou qu’il a lui-même aimé enfant. Mon but est aussi de profiter de ce blog pour vous faire découvrir des artistes que j’aime et que, peut-être, vous ne connaissez pas. Je rêvais de commencer par une artiste dont je suis très fan, Pascaline Hervéet, chanteuse, entre autre, des Elles… elle a accepté tout de suite (vous n’imaginez pas ma joie !). Vous pourrez donc retrouver sa chronique sur Dans moi après l’interview de Sandrine Kao. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Sandrine Kao

Sandrine KaoQuel a été votre parcours ?
Je me suis d’abord orientée dans les métiers du livre avant de découvrir la littérature jeunesse et l’illustration dans les albums pour enfants. J’ai alors suivi un atelier de dessin pour me familiariser avec les pratiques artistiques puis intégré une école d’art. Lieu d’expérimentation et d’émulation, l’école a été l’occasion de concevoir des projets d’édition. À la fin de mon cursus, je suis allée présenter mon travail au salon de Montreuil, comme nous nous devions de le faire, et c’est ainsi que j’ai pu rencontrer mon premier éditeur, qui a accepté mon projet de diplôme. La suite de mon parcours n’a été que tâtonnements (je crois d’ailleurs que ce sentiment de tâtonner me poursuit depuis que je me suis lancée dans le dessin, alors que je m’étais clairement tracé un autre chemin). J’ai continué à essayer de progresser en illustration, en expérimentant différentes techniques, j’ai tenté d’écrire des textes plus conséquents (des romans donc), en envoyant mes projets un peu ici et là, là où je lisais des textes qui me parlaient, là où je voyais des choses qui me plaisaient. C’est un peu ce que je continue à faire aujourd’hui, avec un tout petit peu moins de difficulté qu’au début. Quoique…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai très peu lu enfant. Il y avait beaucoup de livres chez mes parents, mais ils étaient écrits en chinois, alors, je ne pouvais pas les lire. J’étais extrêmement timide, et je n’osais pas choisir des livres dans la bibliothèque de l’école. J’ai donc surtout lu et relu les mêmes livres dont deux en particulier : un recueil de contes chinois, et le seul album que je possédais à l’époque et que l’on m’avait offert, Les derniers géants de François Place, la toute première édition.
Et puis, au collège, comme j’étais une bonne élève, j’ai lu ce qu’on nous demandait de lire, je piochais dans les listes de lectures que nos professeurs de français nous prescrivaient pour l’été ; j’ai donc dévoré les classiques, forcément. J’avais aussi un abonnement à la bibliothèque et je la fréquentais assidûment, en empruntant régulièrement les livres sur présentoirs, en me fiant aux coups de cœur des bibliothécaires. C’est comme cela que j’ai aussi été amenée à lire d’autres auteurs, hors des sentiers battus de l’éducation nationale !

Le bancLe banc parle du racisme anti taïwanais, vous êtes vous-même d’origine taïwanaise, y-a-t-il une partie de vécu ? Comment est né ce livre ?
Le banc aborde effectivement le racisme envers les Asiatiques, à travers les insultes écrites à l’encontre du narrateur. Il y a bien sûr une part de vécu, non pas dans le fait qu’on ait pu écrire à mon encontre des insultes racistes — heureusement, je n’ai jamais eu à gratter des inscriptions sur un banc –, mais dans la vie quotidienne, il est courant que l’on m’interpelle dans la rue en me disant « bonjour » en japonais, que l’on mime les yeux bridés, ou qu’on ne trouve je ne sais quelle farce ayant trait à mon apparence physique, comme j’ai pu l’écrire dans Le banc. Ce n’est pas bien méchant, c’est juste pour « rigoler » sûrement, mais je voulais tout de même traduire dans ce roman cette impression d’une stigmatisation latente envers une population qu’on entend peu.
Le banc est en fait le tout premier roman que j’ai tenté d’écrire. Je l’ai modifié plusieurs fois, il a eu diverses formes avant d’avoir celle que l’on peut lire aujourd’hui. Je l’ai longtemps laissé de côté, parce que beaucoup d’éléments avaient une part de vécu et je ne voulais surtout pas écrire une histoire qui ressemblerait trop à la mienne ; j’ai même failli changer les origines du personnage, et puis, je me suis dis, après tout, pourquoi ne serait-il pas taïwanais, on connaît assez mal cette île et ce serait l’occasion d’en parler. Seuls quelques points s’inspirent encore de mon vécu, le reste n’est plus que fiction.

BEAU_KAO_DesCrepesaleau_2011Vous vous sentez plus auteur ou illustratrice ?
Je ne sais pas si on peut réellement poser la question ainsi : après tout, à partir du moment où l’on a publié en tant qu’auteur, on peut se dire auteur, tout comme on peut se dire illustrateur en ayant illustré un livre. Dans mon cas, il s’agit plutôt de savoir si je me considère meilleur auteur qu’illustratrice ou l’inverse, ou plus à l’aise ou épanouie dans un domaine que dans l’autre, non ? À vrai dire, je ne me suis jamais sentie à l’aise dans l’illustration : j’ai commencé à dessiner tardivement et j’avais un niveau technique assez faible par rapport à ceux de ma promotion à l’école d’art. Il m’a fallu beaucoup travailler, expérimenter, et cela a été laborieux. Dessiner pour moi relève toujours d’un combat d’où je ressors rarement satisfaite. Au contraire, l’écriture est associée à l’idéal et à l’enfance, parce que j’ai aimé écrire depuis toute petite ; c’est l’écriture qui m’a amenée au dessin, parce qu’à un moment, je me suis dit que ça pourrait être bien, d’illustrer ses propres histoires. L’écriture a toujours été là, je m’y sens donc plus à l’aise, même si je suis toujours hésitante face à mes textes, et que je ne saurais me passer de la relecture et de l’œil critique d’un éditeur.

Quelle technique utilisez-vous pour vos illustrations ?
La technique du moment, en fonction de mes expérimentations, de mes influences. Du texte à illustrer. Dernièrement plutôt collage, crayons de couleurs, peinture.

Quels sont vos projets ?
Trouver un travail salarié parce que l’écriture et l’illustration + les petits boulots à côté ne me suffisent pas pour vivre correctement.
Arrêter d’écrire des projets d’albums tristes ou mélancoliques parce que personne n’en veut plus. Arrêter par la même occasion de faire des illustrations tristes ou mélancoliques parce que ça ne débouche que rarement sur des commandes.
Et sinon, tout de même, quelques projets d’écriture en cours, chez Syros, et pour l’illustration, on verra bien…

Bibliographie jeunesse :

Son blog : http://sandrinekao.blogspot.fr


La chronique de… Pascaline Hervéet

Une fois par mois un artiste hors littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé enfant ou qu’il a aimé lire à ses enfants. Cette fois-ci c’est Pascaline Hervéet qui s’y colle ! Merci à elle.

Dans moi
Alex Cousseau & Kitty Crowther
Éditions MeMo

Dans moi

Dans moi y’a pas la place pour moi
Un ogre en moi est moi
Un ogre qui fait la loi
Dans moi c’est le silence
L’ogre avale ma voix
Dans moi il fait tout noir
L’ogre avale la lumière
J’aim’rais bien qu’on discute
Mon ogre et moi
Mais ça ne marche pas
Faudrait que je le mange
Mais ça ne marche pas
Faudrait qu’on fasse plus qu’un
Faudrait qu’on soit copains…
Alors j’ai une idée
Je me laisse manger
Et j’ai tell’ment crié
Dans le ventre de l’ogre
Qu’il a eu très très peur
Et il a disparu
Dans moi je suis chez moi
Dans ma bouche y’a des mots de toutes les couleurs
De toutes mes couleurs

Dans moi est un voyage initiatique, vers la connaissance et l’affirmation de soi.
La traversée solitaire d’un désert silencieux, d’un pays où les mots n’existent pas.
Comment affronter son démon, celui qui nous ressemble, celui qui nous empêche , nous  emprisonne, étouffe nos cris…

Comment trouver les mots, ses mots, ces mots de toutes les couleurs, sans lesquels nous sommes perdus.

Alex Cousseau et Kitty Crowther nous offrent l’impalpable, les émotions, les sensations qui nous habitent.
Dans ce pays de chair et d’os, des petits monstres se cachent au bord de nos rivières de sang.
Ils sont aussi vrais que nos ventres.

Car l’imaginaire n’est pas moins sérieux, moins respectable, moins précieux que la réalité.

Ce livre est d’une vérité charnelle, brute, sans tabou. D’une poésie pure, onirique et sombre.

Je crois qu’il est l’image de ce que chaque enfant traverse, si on lui autorise le temps du rien, du vide, sans avoir peur…
Je crois que c’est de là qu’on naît pour de vrai…

Les EllesPascaline Hervéet est surtout connue pour être la chanteuse des Elles, un groupe à l’univers particulier, de ceux qu’on ne quitte pas une fois qu’on y est entré (moi ça fait une dizaine d’années). Un des groupes les plus extraordinaires que je connaisse. Autant sur scène qu’en disque.
Malheureusement la plupart des disques sont aujourd’hui introuvables… mais en octobre sortira en numérique une compilation avec des titres inédits et tous les anciens albums ressortiront en 2015.
Actuellement Pascaline Hervéet est directrice artistique du Cirque du Dr Paradi (tout renseignements : docteurparadi.com)

Pour découvrir Les elles je peux vous conseiller d’écouter, par exemple, La chatte de Monsieur Clock, Orthopédia ou regarder la vidéo d’Alors sur le myspace officiel.

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Les invités du mercredi : Colas Gutman et Juliette Vallery ( + concours)

Par 19 juin 2013 Les invités du mercredi

Il y a quelques temps j’avais adoré le roman de Colas Gutman Les inséparables, un roman sur les parents divorcés sorti chez L’école des loisirs qui m’avait fait beaucoup rire. Depuis j’ai lu Chien pourri et même constat, Colas Gutman a vraiment une plume bien affutée. Il écrit des romans grinçants qui plaisent autant aux enfants qu’aux parents, le genre de romans à des kilomètres de la mièvrerie qui a souvent cours dans la littérature jeunesse. C’est donc avec une grande joie que je vous propose aujourd’hui de lire ses réponses à mes questions. A la suite de cette interview, grâce à L’école des loisirs, vous pourrez tenter de gagner un exemplaire de Chien pourri. Ensuite j’ai demandé à la talentueuse Juliette Vallery, auteur, entre autre, de la géniale série des Patabulle, de nous parler d’un livre jeunesse qu’elle aime, c’est l’invitée de La chronique de… Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Colas Gutman

Gutman colas © photo personnelleQuel a été votre parcours ?
Avant d’écrire, j’ai essayé d’être comédien, mais j’avais plus de succès comme sondeur téléphonique ou vendeur de compléments alimentaires, j’ai étudié un peu de droit à la fac, passé pas mal de temps au café, bref, j’ai mis un certain temps avant de trouver ma voie. Un jour, en vacances, je me suis mis à griffonner sur un cahier quelques lignes. Une histoire de tortue. Sans le savoir, j’étais en train d’écrire mon premier roman pour la jeunesse : Rex, ma tortue.Les inséparables

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je lisais beaucoup de BD : Gotlib, Franquin, Goscinny. Je n’étais pas un grand lecteur de romans, j’ai commencé plus tard, après l’école et le lycée, quand je n’avais plus peur d’être noté sur la compréhension des textes. Quand je repense à la fameuse question : «  qu’a voulu dire l’auteur ? ». Je sais maintenant que les auteurs seraient bien embarrassés d’y répondre, la plupart du temps. J’ai  vraiment découvert la lecture parallèlement à l’écriture. Il n’y a pas si longtemps, finalement.

Comment est né Chien Pourri ?
Chien pourri Chien Pourri est d’abord le titre d’un livre inventé dans un livre ! Celui que lisait une petite fille dans Rose, un de mes précédents romans. Elle s’identifiait à ce chien galeux qui s’étouffait avec de la mie de pain et tombait sur des paysans atroces. Je m’étais beaucoup amusé à inventer ses aventures. Ben, un ami, a lu Rose avec sa fille, il m’a rappelé l’existence de ce chien mité. J’ai eu l’envie d’avoir le vrai livre de Chien Pourri entre les mains et j’ai écrit son histoire.

J’adore vos romans car j’ai l’impression que vous osez tout, avez-vous déjà subi la censure ou des remarques de gens choqués ?
Mon éditrice, Geneviève Brisac, me laisse une liberté totale. S’il y a de la censure, elle viendrait davantage de ma part. Parfois, je supprime des blagues, des références ou des sous-entendus que les enfants ne pourraient pas apprécier ou  comprendre. J’essaie d’écrire des romans que j’aurais aimé lire plus jeune. Évidemment, c’est un peu truqué car l’enfant que j’imagine lire, ne peut pas être celui que j’étais. Mais au final, je n’ai pas l’impression de trop me tromper. La plupart des enfants ont beaucoup d’humour, la plupart des adultes aussi. Je ne reçois pas de remarques de gens choqués par mes livres, probablement parce que mon but n’est pas de choquer mais de traiter des problèmes existentiels, avec humour, distance et parfois impertinence.La princesse aux petits doigts

D’ailleurs quel est votre regard sur la littérature jeunesse actuelle ?
Je ne sais pas trop. Il y a beaucoup de choses qui se ressemblent mais je me sens proche de certains auteurs. Agnès Desarthe, Florence Seyvos, Marie Desplechin, Delphine Bournay, Delphine Perret, des écrivains qui sont parfois aussi illustrateurs, qui ont de l’humour et aussi une forme de gravité. Je suis également très admiratif d’Ariol, la bande dessinée, j’ai l’impression que de nombreux auteurs essaient de faire le Petit Nicolas d’aujourd’hui sans être aussi drôle et juste. Le duo Guibert et Boutavant y parvient sous une autre forme, à mon avis.

Quels sont vos projets ?
Des suites à Chien Pourri. Je me suis rarement autant amusé avec un personnage, alors je continue. Chien Pourri va à l’école, Joyeux Noël, Chien Pourri ! Chien Pourri à la plage… je vais sûrement m’attaquer à Chien Pourri en Amérique, et pourquoi pas à Chien Pourri tombe malade

Bibliographie :

Retrouvez Colas Gutman en interview en vidéo sur le site de L’école des loisirs.

Comme je vous l’annonçais avant cette interview, l’un de vous va gagner un exemplaire du très drôle Chien pourri sorti chez L’école des loisirs. Dites-moi en commentaire quelle aventure vous imaginez qu’il puisse arriver à Chien pourri (faites marcher votre imagination). Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à lundi 20 h ! Bonne chance à tous.


La chronique de… Juliette Vallery

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Juliette Vallery qui s’y colle ! Merci à elle.

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire !En compagnie du célèbre Marc Page, apprenez qu’on peut dévorer des livres sans grossir… mais au risque d’en mourir de rire. Méfiez-vous, c’est le cas avec ce livre-là. Et avec tous les livres de Françoize Boucher, d’ailleurs ! Un coup de crayon crasseux à souhait, des touches de fluo, comme si tous les dessins étaient attaqués au stabilo, un lettrage qui explose sur la page… et hop, les gags se déchaînent ! On ne sait plus où donner de la tête, on prie pour un instant de répit, on parie qu’elle ne tiendra pas le rythme jusqu’au bout, mais si si, Françoize Boucher garde le cap ! Au passage, elle fait de nous des missionnaires : impossible, après une rencontre pareille, de voir un enfant bougonner « Lire, j’aime pas ça ! » sans sentir l’impérative nécessité de lui coller ce livre entre les doigts !

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire ! de  Françoize Boucher, Nathan.

Juliette Vallery et Tristan MoryJuliette Vallery est auteur.

Sa bibliographie :

Retrouvez Juliette Vallery en interview sur notre blog.

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Les invités du mercredi : Pélagie Lamenthe et Corinne Boutry ( + concours)

Par 22 mai 2013 Les invités du mercredi

J’avais craqué sur les illustrations de Ma feuille, un très beau livre sorti chez L’école des loisirs et signé Claude K. Dubois (excusez du peu), j’ai eu envie de poser des questions à sa toute jeune illustratrice, Pélagie Lamenthe. J’espère vous la faire découvrir (si vous ne la connaissez pas déjà). A la suite de cette interview vous pourrez gagner un autre de ses albums, Pauvre Stupidon sorti aux Éditions Clochette. Ensuite c’est au tour de La chronique de, cette fois-ci c’est l’auteur/éditrice Corinne Boutry qui nous parle de son dernier coup de cœur… bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Pélagie Lamenthe

Pelagie LamentheQuel a été votre parcours ?
J’ai tout de suite compris que les études générales n’étaient pas faites pour moi. Je me suis donc dirigée vers les Arts Plastiques à St Luc Liège pour continuer mes études secondaires.
Ensuite, le vent m’a mené jusqu’en Supérieur, en illustration !
Bon, j’avoue je ne me voyais pas bien faire autre chose que dessiner : )

Quelle technique utilisez-vous ?
Je suis un peu (trop?) une touche-à-tout… J’adore tester, même si des fois ça finit à la poubelle au moins j’essaye. Faut tenter, faut s’amuser !
Mais la technique que j’affectionne le plus, c’est l’aquarelle !Ma feuille

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Mes lectures d’enfance… Difficile à dire, je suis née au milieu des livres d’illustration et des BD. Chez moi il y avait de tout dans la bibliothèque et le choix pour moi était souvent très compliqué.
J’ai passé des heures à chercher, à trouver, à lire, à fouiller et à rechercher encore …
Mais « mes histoires du soir » étaient : Ernest et Célestine, Tu ne dors pas Petit ours ?.

Quels sont les auteurs et illustrateurs actuels que vous aimez ?
J’avoue, je suis absolument amoureuse de Pomelo ! Il me fait rire, j’adorerais l’avoir dans mon potager… Il est drôle et attachant « c’est un mamé ! »
J’aime aussi beaucoup les illustrations de Nicolas Gouny,Pélagie Lamenthe son univers est un peu à part, tendre, plein de poésie et d’imagination… Mais toujours teinté d’humour !
Il y a tant de personnes dont j’admire le travail, cette question est vraiment complexe…

Quels sont vos projets ?
Chuuut Top secret ! Je peux juste vous dire que pour l’instant, nous tentons de faire un petit frère à Ma feuille ! Toujours avec le même héros (Télio) et Claude K Dubois.
J’ai aussi un projet personnel qui me tient énormément à cœur. Quelque chose de plus sombre et poétique… Mais vous serez bien entendu au courant au moment venu.

  • Pauvre Stupidon, illustration d’un texte de Maureen Dor, éditions Clochette (2013)
  • Ma feuille, illustration d’un texte de Claude K. Dubois, L’école des loisirs (2013)
  • Ou est mon doudou ?, illustration d’un texte de Stéphanie van Linthout, Gingerbread (2012)
  • Qui veut embrasser la grenouille ?, collectif, Racine (2012)

Retrouvez Pélagie Lamenthe sur son site : http://misspelagie.wix.com/pelagie-lamenthe et sur sa page facebook : https://www.facebook.com/Pelagie.lamenthe

Pauvre StupidonComme je vous l’annonçais avant cette interview, l’un de vous va gagner le très beau Pauvre Stupidon sorti aux Éditions Clochette, maison d’édition que je connais bien ! Allez je vais profiter de ce concours pour vous faire découvrir cette maison d’édition si vous ne la connaissez pas. Dites moi quelle est la chanson que vous préférez sur la page des chansons du site. Je tirerai au sort parmi les réponses laissées en commentaires et j’ajouterai une chance à ceux qui aiment la page facebook. Vous avez jusqu’à lundi 20 h ! Bonne chance à tous.


La chronique de… Corinne Boutry

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Corinne Boutry qui s’y colle ! Merci à elle.

Le conteur

Il m’est arrivé un truc dingue. Quand j’ai reçu ce livre, je l’ai ouvert pour voir un peu de quel bois il se chauffait (il est très rare que je résiste, à la fois pour une « livre-olique » totalement incurable, ce n’est pas vraiment étonnant) et l’air de rien, j’ai lu 2-3 lignes, puis 4-5 et puis d’un coup d’un seul je me suis retrouvée à la fin du premier chapitre. Je n’avais vraiment pas le temps ce jour-là mais j’avais accroché et je n’ai pas mis longtemps à y revenir !

Je confirme donc une info qui circulerait en coulisses (dont je ne doutais pas, au demeurant) : oui, les adultes peuvent prendre du plaisir avec la littérature jeunesse. Si si, je vous assure, essayez vous verrez !

La quatrième de couverture nous propose un programme du tonnerre : une aventure palpitante entre réel et imaginaire. Et bien ce n’est pas de la publicité mensongère, on a même plus que cela.

Le style est agréable, l’écriture sans faille, les personnages attachants…

Côté intrigue, ça se tient parfaitement bien.

Le récit monte progressivement en puissance et malgré une chute un chouïa trop rapide, l’ensemble est très convaincant.

C’est un gros livre (donc il s’y passe plein de choses !!!) mais il est bien adapté aux jeunes lecteurs au niveau de son contenu, ce qui n’est pas toujours le cas.

Il constitue une belle initiation à la lecture de l’imaginaire, avec les ingrédients qui marchent (par exemple il y a une quête, mais c’est la base, me direz-vous !) tout en s’en démarquant (pas d’elfes, de nains et compagnie qui sont les figures habituelles de la littérature de l’imaginaire et de toute quête qui se respecte). Il s’agit là d’un petit garçon tout ce qu’il y a de plus normal (et pragmatique) qui passe dans le monde imaginaire des contes avec comme guide un drôle de chat qui parle. Bien sûr, au début il est incrédule, puis se trouve finalement au cœur d’une grande quête, presque sans le faire exprès. Il y a des passages très drôles, notamment dans le monde imaginaire où l’auteure semble prendre plaisir à bousculer les clichés et standards habituels. Tant mieux !

Et la bonne nouvelle is… il s’agit seulement du tome 1 !

Ce premier roman jeunesse des éditions Philomèle est une vraie réussite ! Vivement la suite.

Le conteur, tome 1 L’enfant qui n’aimait pas rêver de Lorraine S. Heymes, Editions Philomèle.

Corinne BoutryCorinne Boutry est auteur et éditrice (Éditions Mazurka).

Sa bibliographie :

Retrouvez plus d’informations sur Corinne Boutry sur son blog : http://www.depagesenpages.wordpress.com.

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