La mare aux mots
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Le buveur d’encre

Parler de la mort…

Par 31 octobre 2013 Livres Jeunesse

Comme régulièrement voici une petite sélection de livres sur la mort. Parce que c’est un sujet tellement délicat qu’on est toujours content de trouver des livres jeunesse qui parlent de ce moment difficile que vont connaître certains enfants.

J'ai laissé mon âme au ventUn grand-père s’adresse à son petit-fils. Il lui conseille de ne pas s’inquiéter pour le jardin, le voisin s’en occupera. Il lui dit que les nuages seront toujours là pour l’abriter du soleil, qu’il y aura encore des sourires, des gourmandises (et qu’il faudra croquer dedans), lui… il a laissé son âme au vent.

Je commence par un coup de cœur, le magnifique J’ai laissé mon âme au vent de Roxane Marie Galliez et d’Éric Puybaret, véritable merveille de poésie. Ici, on dit que la vie continue, qu’il FAUT qu’elle continue malgré la tristesse. Le grand-père dit à son petit-fils qu’il est toujours là, quelque part et qu’il ne faut pas l’oublier. Mais quand il pense à lui il faut que ce soit en pensant à ses facéties, qu’il ne soit pas triste. Le texte est extrêmement bien écrit et les grandes illustrations d’Éric Puybaret les accompagnent à merveille. C’est assez rare un texte dont le narrateur est déjà mort. C’est souvent une personne âgée qui parle de l’après, là on y est… J’ai rarement été aussi ému par un album, un petit bijou.
Écoutez un extrait du texte sur le site de l’auteur.
Le même vu par Sous le feuillage et Enfantipages.

L'étoile de Grand'Pa Petit Ours entend ses parents parler, il perçoit des mots « Grand’ Pa », « lui dire », « demain »… Il sait très bien de quoi ils parlent, demain il ira voir son grand-père comme chaque été. Le lendemain, il se lève tout heureux, il a hâte d’y être. Sur le chemin, il imagine déjà tout ce qu’ils vont faire ensemble, il se remémore l’année dernière, il a hâte de lui montrer ce qu’il arrive à faire maintenant et qu’il ne savait pas faire avant. Son père, lui, est triste, il veut dire quelque chose à Petit Ours, mais n’y arrive pas. Quand ils arrivent chez Grand’ Pa ils ne l’y trouvent pas et ‘Pa trouve enfin la force de parler à son fils…

C’est une histoire sur la difficulté d’annoncer la mort aux enfants que nous raconte Jean-Marie Robillard. Que c’est difficile d’annoncer à un enfant qui se réjouit de revoir son grand-père que plus jamais il ne le reverra, mais qu’il est là toujours, en lui. Petit Ours se souviendra que son grand-père lui a dit que lorsqu’un ours meurt, un aigle vient cueillir sa dernière étincelle de vie et l’emporte dans le ciel, c’est ce qui fait les étoiles. Petit Ours saura ainsi que son grand-père veille sur lui. Xu Hualing  a fait un très beau travail sur cet album et certaines illustrations sont absolument merveilleuses. Elles sont bien mises en valeur par la taille de l’album et couvrent parfois des doubles pages. Un bien bel album sur ceux qui ne sont plus là, mais veillent encore sur nous.
Plusieurs planches du livres sur le site de l’illustratrice.

une chanson pour l'oiseauIl n’était pas mort depuis longtemps quand les enfants ont trouvé cet oiseau. Il était encore tiède, mais très vite il est devenu raide et froid. Alors, très tristes, ils décidèrent de l’enterrer. Ils ont creusé un trou dans la terre pour lui, ont mis une pierre sur laquelle ils ont écrit “Ici repose un oiseau qui est mort” et ils sont retournés jouer.

La collection Cligne cligne, chez Didier Jeunesse, ressort des petits trésors anciens de la littérature jeunesse, comme ce Une chanson pour l’oiseau sorti en 1958 aux États-Unis (et jamais sorti en France). Avec beaucoup de justesse et de poésie, Margaret Wise Brown et Remy Charlip nous montrent  les réactions des enfants face à la mort. C’est toujours la vie qui reprend le dessus, la tristesse est vite oubliée pour retourner jouer. C’est un petit album au format à l’italienne dont les doubles pages textes alternent avec les doubles pages illustrations. Un magnifique ouvrage sur l’enfance et son rapport à la mort.
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse.
Le même vu par Fantasia, Les lectures de Kik et Les lectures de Liyah.

Le tracteur aux dromadairesC’est en patois que lui parlait son grand-père. Raphaël était très proche de ce vieux monsieur qui adorait son tracteur et qui se désolait de la désertification de la campagne. Le vieil homme se souvenait d’un voyage dans le Sahara, il repensait aux gens qui y vivent. Un soir, il prit une décision, après sa mort il voulait que son tracteur soit envoyé là-bas, il se disait qu’il aurait beaucoup plus d’utilité pour ces gens. Bien sûr, on l’avait écouté comme on écoute parfois (malheureusement) les paroles des vieux, se disant que ce ne sont que des délires séniles. Son petit-fils, lui, l’avait vraiment entendu.

J’avais eu la chance de voir il y a quelques années Yannick Jaulin sur scène (malheureusement trop brièvement). Très célèbre dans la région nantaise, sa popularité gagne de plus en plus le reste de la France… et réputation n’est pas usurpée ! Yannick Jaulin est fabuleux à écouter. Ici, il s’agit de le lire (mais tout en lisant l’histoire je l’imaginais la racontant). Il nous conte donc l’histoire de ce vieil homme plus vraiment écouté (parce qu’il ne parle pas comme ses enfants, parce que ses passions semblent désuètes) et de l’amour de son petit-fils. Alors bien sûr le grand-père va partir (sinon le livre ne serait pas dans une chronique sur la mort) et le petit-fils va tout faire pour honorer la mémoire de celui qu’il a tant aimé. C’est une histoire entre la réalité et le conte, un pied dans le réel (il y a rarement de tracteurs dans les contes) et un autre dans l’imaginaire (un enfant qui part en tracteur jusque dans le Sahara sans qu’on se demande où il trouve l’essence ou comment il traverse la mer). Et même si je n’ai pas du tout été touché par les illustrations (mais c’est une affaire de goût), j’ai trouvé très belle cette histoire sur la transmission, le partage, la mort et les expériences dont on sort grandit.
Des extraits sur le site de Rêves bleus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jean-Marie Robillard (Le messager du clair de lune), Xu Hualing (Manon et la caverne aux brigands) et Margery Williams (Le lapin en peluche).
Retrouvez toutes nos chroniques sur les livres pour enfants parlant de la mort et du deuil sur notre fiche thématique et sur le forum (que vous pouvez compléter !).

J’ai laissé mon âme au vent
Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Éric Puybaret
De la Martinière Jeunesse
14,50€, 251×352 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2013.
L’étoile de Grand-Pa
Texte de Jean-Marie Robillard, illustré par Xu Hualing
Le buveur d’encre
16€, 300×280 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011.
Une chanson pour l’oiseau
Texte de Margaret Wise Brown, illustré par Remy Charlip
Didier Jeunesse dans la collection Cligne Cligne
11,90€, 150×210 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le tracteur aux dromadaires
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Marie-France Goyet
Rêves Bleus
15€, 240×320 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.


À part ça ?

Paroles au Paradis Lucernaire 2013Puisque dans cette rubrique je parlais de conteur (avec Yannick Jaulin)… en ce moment au Lucernaire (à Paris) dans le cadre du festival Paroles au Paradis, un festival de contes, de très bons conteurs sont programmés. Moi je suis allé voir Zouj de Pierre Delye et Halima Hamdane, c’était absolument magnifique. Il s’agit d’un spectacle pour adultes dans lequel les deux conteurs content chacun à leur tour ou ensemble, en comparant les histoires de « chez eux ». Ils sont vraiment extraordinaires, il faut absolument aller les voir, c’est jusqu’au 9 novembre. Plus d’informations ici et sur le site de Clair de lune.

Gabriel

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Le bonheur de lire

Par 3 février 2013 Livres Jeunesse

J’aime lire
L’album de la comtesse
Les tresses et la détresse
J’aime quand un simple mousse
La trousse et la détrousse
J’aime lireAlbin de la Simone

Le messager du clair de luneSastrawane Mandia est un vieux poète, un sage, l’écrivain préféré du Grand Rajah Cokorda Souryawane. Chaque soir de pleine lune il lui offre une histoire en échange d’une Me messager du clair de lunepièce d’or et ce depuis des années. Or aujourd’hui le livre que remet Sastrawane Mandia au Grand Maharajah a beau être magnifique (un superbe tissage de feuilles d’acacias orné de plumes bleues décorent la couverture), lorsqu’il l’ouvre il entre dans une grande colère… toutes les pages sont blanches ! Pourtant ce livre n’est pas vraiment vide, c’est même le contraire, c’est ce que va découvrir le Grand Rajah.

Le messager du clair de lune est une histoire absolument superbe sur la création, sur l’imagination, la transmission. Le livre qu’offre Sastrawane Mandia est à l’origine de toutes Me messager du clair de luneles histoires, malgré ses feuilles blanches (feuilles qui ne sont pas ordinaires puisqu’elles viennent d’un arbre né un soir de pleine lune qui a poussé en une nuit, a donné ces feuilles au poète puis a disparu). Les amoureux de belles histoires vont adorer écouter ou lire celle-ci. Le texte est très poétique (mais assez difficile pour les plus jeunes, je préfère prévenir) et les illustrations de Marie Desbons le rendent encore plus poétique et donnent vraiment un côté onirique à certaines parties du récit de Sastrawane Mandia. Un très très bel album.

La petite liseuseUn jour, à la fin de l’été, alors qu’il se promène, un petit garçon voit une petite fille qui lit près d’un arbre. Elle sourit et rit même parfois… quelle est donc cette lecture qui la rend si heureuse ? Le petit garçon rêve de le savoir. Il est même un peu jaloux. Mais voilà qu’elle s’en va, La petite liseusele petit garçon rêve de la revoir et pour ça le meilleur endroit est de venir sous l’arbre… et pourquoi pas avec un livre ?

Géraldine Collet sait toujours aussi bien raconter de belles histoires, simples avec énormément de tendresse et de poésie. Ici elle nous parle de la lecture, celle qui transporte, qui nous fait ne pas voir ce qui se passe autour et puis des livres qui réunissent les amoureux de belles histoires, autour d’un grand arbre (ça devrait rappeler quelque chose à certains !). Grâce aux livres le petit garçon se rendra compte qu’il peut être parfois pirate, parfois mousquetaire et surtout qu’il peut rencontrer une belle liseuse ! Un bien joli petit album aux illustrations très douces, pour ceux qui connaissent déjà le plaisir enivrant de la lecture et pour ceux à qui on voudrait en donner le goût.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur l’amour de la lecture que nous avons chroniqués : L’ogre bouquiniste, Poki, Lire ? et C’est fermé.
Un petit bout de Bib a aussi parlé de La petite liseuse, ici.
Retrouvez notre interview de Géraldine Collet sur le blog et les livres d’elle que nous avons chroniqués : Sait faire moi !, La rentrée de JacotteJacotte en vacancesOkimdam, l’oiseau auquel il manquait une case, Tranquille !JacotteTout seul !, Tous ensemble !, Le fil rouge, S’échapper d’une île et À table.
Nous avons déjà, également, parlé d’un livre illustré par Marie Desbons : Céleste, une étoile dans la nuit.

Le messager du clair de lune
de Jean-Marie Robillard, illustré par Marie Desbons
Le buveur d’encre
18€, 259×262 mm, 50 pages, imprimé en Belgique, 2011.
La petite liseuse
de Géraldine Collet, illustré par Yannick Thomé
Gargantua
4,99€, 120×160 mm, 24 pages, imprimé en Bretagne sur papier recyclé, 2011.

A part ça ?

Besoin d’idées pour recycler les vieux livres ? CLIC !

Gabriel

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Douce nuit, sainte nuit…

Par 10 décembre 2012 Livres Jeunesse

L’autre jour on a commencé à parler de Noël avec des albums pour les tout-petits et de la musique, aujourd’hui voici des albums pour les plus grands. Comme je le disais l’autre jour, je ne suis pas des plus grands fans de cette fête et je ne suis pas forcément objectif sur le sujet ! Aussi j’ai décidé de faire plus une présentation de ces albums qu’une critique personnelle, à quelques exceptions près… et on commence par une exception car c’est mon préféré de la sélection.

Arthur est un jeune orphelin de sept ans. Depuis la mort de ses parents il vit dans une immense maison entouré de domestiques mais il s’ennuie profondément… Tout ce qu’on fait pour lui ne sert à rien… Pour son premier Noël sans famille, Arthur n’a qu’une seule demande : faire venir des morts à sa table, mais est-ce possible ?

Voilà un album sur Noël qui change vraiment de toute la mièvrerie servie habituellement (on est même au total opposé !). Le livre est très très esthétique avec des illustrations un peu à l’ancienne mais avec un côté décalé. Le texte, quant à lui, est très poétique et plein d’humour (humour parfois macabre). Alors bien-sûr on parle de la mort mais on parle aussi de l’imagination, de l’amour. On pense à la Famille Addams notamment. Si vous aimez les beaux albums avec un vrai sens de l’esthétique et de la poésie allez donc faire un tour à cet étrange réveillon.

On reste avec les albums très esthétiques… et les histoires pas forcément joyeuses…

Jonathan est un jeune orphelin qui grandit dans les rues de Londres à la fin du XIXème siècle. Il marche seul et triste dans les rues froides de la ville. Autour de lui tout le monde achète des cadeaux, lui sait qu’il n’aura rien… jusqu’au moment où il rencontre un étrange bonhomme qui va lui offrir… une étoile qui brille dans le ciel !

Ce conte, devenu un classique, existait sous forme de roman et sort ici dans un très bel album illustré par Martin Matje. Les illustrations sont magnifiques et la couverture est à la fois sobre (avec ses silhouettes en ombres chinoises) et en même temps le « doré qui brille » donne un côté très clinquant. L’histoire est extrêmement poétique (pensez donc, offrir une étoile) et les illustrations « à l’ancienne » sont superbes. Un très beau conte de Noël.

On reste dans le même esprit et dans les beaux contes avec une histoire inspirée du classique La petite fille aux allumettes.

Céleste est une allumette qui rêve de partir, de s’en aller de sa boîte, elle n’en peut plus d’être enfermée ainsi, elle imagine de quelle façon elle sera utilisée, qui elle illuminera le temps d’un instant. Et si c’était pour éclairer une célèbre petite fille ?

C’est une histoire originale que nous propose Gaëlle Callac, celle de l’allumette de la petite fille aux allumettes. C’est très doux, très poétique et les dessins de Marie Desbons viennent accentuer cette douceur et cette poésie. Le livre se glisse dans un fourreau cartonné pour rappeler la boite d’allumettes (et on trouve même un semblant de grattoir sur les tranches) et c’est une belle idée.

Rita et Machin vous les connaissez certainement ! Gallimard Jeunesse sort un grand album spécial Noël.

Chouette ! Rita et Machin vont passer Noël chez les grands-parents… sauf que la joie est de courte durée : les terribles cousins Aymeric et Ghislain sont là… Au programme lancé de boules de Noël et ski ! Des vacances pas de tout repos surtout lorsque Machin disparaît…

J’adore Rita et Machin, ils me font penser à Calvin et Hobbes (que j’adore aussi), c’est doux, pas mièvre, très poétique et très esthétique. Ici avec ce grand album c’est encore plus beau et cerise sur le gâteau, le livre vous propose des petites déco de Noël à accrocher dans son sapin (en carton avec des éléments argentés). Alors franchement accrocher du Olivier Tallec dans son sapin… si ça c’est pas chic ?!

La veille de Noël un loup affamé cherche en vain quelque chose à se mettre sous la dent jusqu’au moment où il croise 12 petits cochons. Il imagine déjà le festin qu’il va faire… mais voilà que dans la précipitation il se prend les pieds dans le sapin et BADABOUM il s’écroule ! Heureusement que les petits cochons sont là pour le soigner…

Énormément d’humour dans cet album japonais signé Tatsuya Miyanishi. J’adore le ton et le graphisme du livre, on quitte ici aussi la mièvrerie qui entoure Noël tout en parlant du partage, de l’esprit de Noël (le loup touché par la gentillesse des cochons les laissera en paix) et les illustrations sont très loin de ce qu’on a l’habitude de voir. L’histoire est géniale à lire aux enfants car vraiment rythmée (des petites chansons viennent compléter le récit), bref une vraie réussite !

On reste dans l’humour…

Les lutins vous les connaissez… ils passent leur temps à travailler pour le Père Noël, ils travaillent sans relâche et se tuent à la tâche pour combler les enfants… sauf que comme partout, chez les lutins il y a des exceptions ! Voici donc l’histoire d’un lutin rêveur, paresseux, décourageant… qui ne s’intéresse à rien à part la télé et qui est plus gênant qu’utile pour ses confrères… et si pourtant ce lutin était utile aux autres ?

Une sympathique histoire sur le thème de « on a tous quelque chose à apporter aux autres ». On parle aussi de la différence et du fait de refuser d’être dans la norme, de ne pas vouloir faire les choses sans réfléchir parce que c’est comme ça et pas autrement. Un album sur les rêveurs et quelque part sur les artistes…

Génibus est un génial inventeur qui veut toujours simplifier la vie des gens et ici celle du Père Noël. En effet il veut moderniser la façon de faire du vieux bonhomme notamment en remplaçant ses rennes par un super traineau à turboréacteur à propulsion électromagnétique, bulle thermo chauffante et écrans plasma indiquant les informations sur les enfants. Seulement voilà, le Père Noël y tient à ses rennes ! Mais Génibus tentera coûte que coûte de lui vendre son traîneau… quitte à tenter les pires choses…

On parle ici de la modernité et de la surconsommation, des vendeurs de produits toujours plus performants (alors qu’on n’en a pas besoin). Un thème important à Noël, période propice au consumérisme. L’album parle aussi des traditions, de l’amitié (pour rien au monde le Père Noël ne voudrait qu’on remplace ses rennes) et surtout de l’entraide (Génibus fait enlever les rennes et c’est grâce aux enfants du monde entier que le Père Noël va les retrouver).

Un roi acheta un gros rouleau de tissu pour faire un manteau à la princesse. Les couturières posèrent les chutes devant la porte et la cuisinière du roi les récupéra pour faire une veste à sa maman puis déposa les chutes devant chez elle… jusqu’à ce qu’un blaireau passant par là les prit pour en faire un chapeau pour son papa… les restes serviront ensuite à un écureuil puis à une souris.

Voilà un très beau conte de randonnée (qui me rappelle un peu le très beau Schmat doudou). Les illustrations sont pleines de douceur et le texte très beau, agréable à lire car rythmé et avec des petites touches d’humour. J’aime aussi le côté « recyclage » de l’histoire, que chacun fabrique son cadeau avec ce qu’il a trouvé, qu’un rouleau de tissu aura fait, au final, 5 heureux. Une façon de dire qu’il n’y a pas besoin de dépenser énormément pour faire plaisir à Noël.

La (célèbre) petite taupe a décidé de faire une surprise à ses amis ! Elle leur a fait un sapin de Noël et elle a préparé des cadeaux… seulement le méchant corbeau voit tout ça et il a décidé que tout ne se passerait pas aussi bien…

Je connaissais La petite taupe en dessin animé, pas en livre. Si vous aimez les albums rétro (le personnage a été créé dans les années 50) c’est un album que vous allez adorer ! On parle ici de l’amitié, du partage… et bien-sûr de Noël !

C’est Noël, Damien est très pressé de voir son cadeau. Son frère a eu un équipement de hockey et ses sœurs une trousse de maquillage pour l’une et un petit chimiste pour l’autre… lui a un ours en peluche. Seulement voilà Damien aimerait bien essayer les jouets des grands mais tous refusent avec le même argument… il est trop petit ! Mais Damien se rend compte qu’un cadeau n’a pas été ouvert et qu’il contient un sac qui rend invisible…

On est ici aussi dans les albums un peu anciens (celui-ci date de 1975) avec le charme qu’ont les livres qu’on lisait nous-même enfant. On parle dans cet album du partage et de l’imaginaire des enfants. Un album tout doux.

Mais que se passe-t-il cette nuit au le centre de tri ? Il y a de la lumière et quand la secrétaire arrive il y a plein de bazar ! Et si tout simplement c’était le Père Noël qui cherchait une des lettres qu’on lui a envoyées ?

Ici on est plus proche des premiers romans illustrés que de l’album et c’est surtout un bel hommage au service de La Poste qui chaque année reçoit les lettres du Père Noël et y répond (on retrouve d’ailleurs en fin d’ouvrage un historique de ce service qui fête cette année ces 50 ans)

On termine cette (grosse) sélection spécial Noël avec deux recueils sortis chez Lito, 24 histoires de Noël et 100 petites histoires de Noël. On y retrouve tout ce qui fait qu’on aime (ou pas) ces livres : des histoires très variées et courtes. Dans le premier les histoires sont classées sous quatre catégories : Avant Noël, La nuit de Noël, La tournée du Père Noël et L’ouverture des cadeaux. Il indique aussi J- suivi d’un chiffre ce qui permet de lire une histoire par soir du 1er décembre au 24… sauf que pour cette année j’arrive un peu tard ! On y retrouve les « habitués » des recueils Lito : Zemanel, Kochka, Virginie Aladjidi, Agnès de Lestrade,… Dans le second, 100 petites histoires de Noël on retrouve également un classement : Les lutins (histoires écrites par Agnès de Lestrade et illustrées par Marie-Hélène Grégoire), Noël autour du monde (par Virginie Monbrisson et illustrées par Sejung Kim), L’ambiance de Noël (par Zemanel et illustrées par Luana Rinaldo) et Dans la cheminée d’Elias (par Claire Renaud, illustrées par Mélanie Grandgirard). Le gros souci de ce dernier c’est que les histoires sont TRES courtes… (et du coup j’ai du mal à appeler ça des histoires). Ces deux recueils vous proposent en tout cas des histoires pour tous les goûts !

Quelques pas de plus…
Noël inspire beaucoup de monde ! Nous même nous avions parlé de plusieurs livres pour les tout-petits jeudi dernier mais aussi de Le Noël Vert de Siméon, Le fil rouge (qui vient d’être primé à Rouen), Petites histoires du Père Castor pour Noël et Les folies du Père Noël. Et les copains d’A l’ombre du grand arbre aussi en parlent, Le cabas de Za et Maman Baobab ont toutes les deux parlé de L’étrange réveillon, Un petit bout de ma bib a parlé de Céleste, une étoile dans la nuit, Les livres de Dorot et La littérature jeunesse de Judith et Sophie de Joyeux Noël Monsieur Loup. Parmi les livres dont je n’ai pas parlés, La littérature jeunesse de Judith et Sophie a parlé de Le plus beau de tous les Noëls et de Joyeux Noël, Splat !

L’étrange réveillon
de Bertrand Santini, illustré par Lionel Richerand
Grasset Jeunesse
13,50€, 290×194 mm, 48 pages, imprimé en Espagne
L’étoile de Noël
de Michel Piquemal, illustré de Martin Matje
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 266×208 mm, 32 pages, imprimé en Italie
Céleste, une étoile dans la nuit
de Gaëlle Callac, illustré par Marie Desbons
Le buveur d’encre
15,22€, 230×300 mm, 30 pages, imprimé en Asie
Joyeux Noël Rita et Machin
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, Illustré par Olivier Tallec
Gallimard Jeunesse
13,50€, 250×307 mm, 32 pages, imprimé en Chine (à partir de papier composé de fibres naturelles, renouvelables et recyclables.)
Joyeux Noël Monsieur Loup !
de Tatsuya Miyanishi
Nobi Nobi !
12,40€, 208×240 mm, 40 pages, imprimé en italie
Le lutin bon à rien
de Nob
P’tit Glénat dans la collection Vitamine
11,00€, 255×284 mm, 32 pages, imprimé en Italie sur papier provenant de forêts gérées de manière équitable.
La Mystérieuse Disparition des rennes du père Noël
de Joël Guerriou, illustré par Mathieu Redelsperger
Éditions D’Orbestier dans la collection Rêves bleus
15€, 240×320 mm, 34 pages, imprimé en France
Pile-Poil
de Birdie Black (traduit par Anne Krief), illustré par Rosalind Beardshaw
Gallimard Jeunesse
11,50€, 279×258 mm, 24 pages, imprimé à Singapour
La petite taupe fête Noël
de Hana Doskočilová (traduit par Vincent Haubtmann), illustré par Zdeněk Miler
Autrement / Arte Editions
12,50€, 200×262 mm, nombre de pages, 36 République Tchèque
Le sac à disparaître
de Rosemary Wells (traduit par Marie Saint-Dizier et Raymond Farré)
Gallimard Jeunesse dans la collection L’heure des histoires
5,50€, 137×197 mm, 40 pages, imprimé en France
La mystérieuse lettre au Père Noël
de Christine Deroin, illustré par Sébastien Chebret
Oslo Éditions
13,95€, 145×235 mm, 40 pages, imprimé en Europe
100 petites histoires de Noël
de Collectif
Lito
18€, 240×240 mm, 144 pages, imprimé en UE
24 histoires de Noël
de Collectif
Lito
10€, 218×278 mm, 101 pages, imprimé en UE

A part ça ?

11 des blogueurs (dont moi) d’à l’ombre du grand arbre ont donné leur liste de livres à mettre sous le sapin, retrouvez les sur le blog.

Gabriel

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