La mare aux mots
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L’Initiale

Des histoires dans les histoires

Par 7 avril 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, les livres nous parlent de livres, ou de création.

Écrit et dessiné par Enriqueta
de Liniers (traduit par Sophie Chisogne)
La Pastèque
15 €, 152×229 mm, 72 pages, imprimé en Asie, 2017.
Marta & moi
de It’s Raining Elephants
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
22 €, 186×268 mm, 82 pages, imprimé en Italie, 2017
C’est pas ça !
de Duval MC, illustré par Caroline Dalla
L’initiale dans la collection L’agréable
12 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en France, 2016.
Raconte-nous encore une histoire
de Nathalie Beau
Père Castor
15 €, 195×260 mm, 96 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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Les invité.e.s du mercredi : Olivier Latyk et Juliette Grégoire (+ concours)

Par 4 mai 2016 Les invités du mercredi

Je connais le travail d’Olivier Latyk depuis le très bel album La vie merveilleuse de la princesse Olga (que je vous conseille fortement si vous ne le connaissez pas). J’avais envie d’en savoir plus sur son parcours, son travail. Je lui ai posé quelques questions, il a accepté de me répondre. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner deux exemplaires d’Éliott, une de se séries. Ensuite, c’est Juliette Grégoire, l’éditrice de L’initiale, une maison d’édition que nous est cher, l’invitée de notre rubrique Le coup de cœur/coup de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Olivier Latyk

Olivier LatykComment êtes-vous devenu illustrateur ? Parlez-nous de votre parcours ?
J’ai eu un parcours scolaire assez classique dans les Arts Appliqués, qui m’a amené petit à petit vers l’édition jeunesse, par amour des livres et de l’image.
Après mon bac Arts Appliqués à Nancy, j’ai étudié le graphisme à l’école Olivier de Serres à Paris pendant 2 ans. Et je suis parti aux Arts Décoratifs de Strasbourg dans l’atelier Illustration.
J’ai travaillé tout de suite en sortant de l’école. Je n’ai jamais exercé d’autre métier.
Aujourd’hui j’illustre principalement des textes pour la littérature de jeunesse, en France et au Royaume-Uni. Je fabrique de temps en temps des coffrets de jeux pour Djeco. Je fais aussi des images pour les adultes, la presse ou la publicité.
J’ai travaillé en atelier pendant huit ans à Bordeaux, avec mes amis Régis Lejonc, Alfred, Richard Guérineaux et Henri Meunier. Nous sommes le collectif Flambant Neuf !
Je suis parti vivre deux ans à Edimbourg. Un petit passage à Lille, me voilà Arlésien depuis quelques mois.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je fais mes crayonnés et mes images en couleur sur mon ordinateur, avec une tablette graphique.Le merveilleux voyage de Nils Holgersson
L’outil numérique me permet beaucoup de souplesse dans les étapes de création. Dans un temps assez court si je le souhaite, je peux hésiter, tenter plusieurs choses, ajouter des matières, coller des bouts d’images, revenir en arrière… pour mieux choisir à la fin.
Le dernier livre que j’ai illustré avec mes peintures et pastels, date d’il y a 10 ans. Je vais y revenir tout doucement, à la rentrée prochaine.
J’ai toujours un carnet sur moi pour noter des idées. Je dessine aussi beaucoup d’animaux sur des post-it, au feutre.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la série Eliott ?
La série Eliott propose de raconter le quotidien d’un enfant qui a entre 2 et 4 ans.
L’école d’Eliott a été le premier titre, sorti à la rentrée 2014 chez Gallimard jeunesse. Au travers de 8 double-pages animées de flaps, on montrait les grands moments d’une journée à l’école A l'école d'Eliottmaternelle : l’arrivée, la classe, les activités en salle de motricité etc. Pour représenter le personnage principal, on s’est très vite orienté vers un petit tigre, parce qu’il permettait une forte anthropomorphisation, il avait été peu utilisé comme héros pour les petits, et qu’à notre avis il inspirait beaucoup d’empathie ou d’affection. Pour planter le décor précisément, j’ai pris des photos dans l’école de ma fille à Lille. Françoise de Guibert, l’auteure de la série, a fait la même chose de son côté en Bretagne. Et j’ai compilé ce qui nous intéressait dans les premiers dessins… Le défi était de brosser le portrait d’une école contemporaine et vivante !
Le grand chantier a été pour moi tout le « character design » du personnage principal, mais aussi des personnages secondaires (les parents, les enfants et leurs doudous, la maîtresse…) Il a fallu imaginer beaucoup d’autres animaux avec un caractère propre à chacun.
Au moment de faire les images de L’école d’Eliott, je connaissais l’intention de l’éditeur de décliner aprèsEliott cuisine avec son papa cet univers en une série de courtes histoires autour des grands thèmes de la vie quotidienne des petits (les moments de l’année, les étapes de la vie, les émotions…). La charte graphique que nous mettions en place dans ce premier livre allait se décliner plus tard dans beaucoup d’autres titres ! Pour moi c’était ambitieux… Il ne fallait pas se louper, et anticiper beaucoup de choses. Je ne suis pas assez fortiche pour tout ça. Il a fallu l’œil bienveillant de Françoise et de nos éditeurs pour harmoniser l’ensemble et rester cohérents.
On commence à avoir des petits fans, c’est mignon… Aujourd’hui la série compte 8 titres (Eliott cuisineavec son papa, Eliott adore jardiner…) +  L’école d’Eliott. Deux petites pochettes d’autocollants arrivent en Juin. On travaille Eliott n'a pas sommeilactuellement sur L’imagier d’Eliott qui sortira en Septembre 2016.
L’univers d’Eliott est assez réaliste, parfois même documentaire. À peu de choses près, j’ai l’âge des parents d’Eliott. Mon quotidien est ma principale source d’inspiration pour mettre en scène la série. Elle m’invite à regarder avec encore plus d’attention la vie de mes filles, leurs émotions, les copains-copines… Dans Eliott en vacances, il part chez ses grand-parents en Bretagne. Il passe dans la chambre dans laquelle sa maman a grandie. Ca a été intéressant de mettre en scène cette pièce, de choisir les vieux jouets au sol, les affiches 80’s au mur… On s’adresse surtout à notre petit lecteur, ça ne nous empêche pas un clin d’œil aux parents de temps en temps.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, j’ai été abonné à quasiment toutes les revues de Bayard-presse, année après année. Aussi, mes parents m’emmenaient à la petite Bibliothèque pour tous de mon village, en Lorraine. J’empruntais des bande-dessinées. Et pour faire bonne impression, parfois je prenais un roman épais (dont je lisais -avec beaucoup de sérieux- uniquement la quatrième de couverture).
Le déclic s’est produit dans les premières années de collège, quand j’ai lu en classe Niourk, de Stefan "La vie merveilleuse de la princesse Olga"Wul. Un roman court de science-fiction. Et surtout, un peu plus tard, 1984 de George Orwell. À ce moment, je me suis mis à lire régulièrement.
Mais avant, la séduction qu’exerçait sur moi les images, et l’énergie que ça me donnait pour dessiner, étaient trop forte. Le goût des mots est venu après celui des images.

Et quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit, tout simplement ?
Serge Bloch, Michael Sowa, David Shrigley, Béatrice Alemagna, Mario Ramos, François Avril, Kitty Crowther, Régis Lejonc, Axel Scheffler.

Quels sont vos projets ?
Je viens de terminer d’illustrer Le magicien d’Oz, publié par Flammarion. Et un livre documentaire sur L’espace avec Tourbillon, il y aura une quarantaine de flaps, tirettes et autres animations…
En ce moment j’illustre un texte génial de Susie Morgenstern. Avec Françoise de Guibert et Gallimard, on travaille donc sur L’imagier d’Eliott… Et d’ici la rentrée, j’ai plusieurs projets de livres avec des éditeurs Anglais.

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous
Le merveilleux voyage de Nils HolgerssonLe merveilleux voyage de Nils Holgersson, adapté par Kochka (Père Castor Flammarion). J’ai aimé dessiner ces grands espaces, ce petit bonhomme perdu dedans, la neige poudrée et le froid.
J’étais un grand fan du roman de Selma Lagerlöf, que j’ai relu. J’ai commencé par regarder comment d’autres avaient traité l’histoire avant moi. C’est toujours impressionnant de toucher à une œuvre du patrimoine, aussi profonde, autant aimée.
L’éditeur m’avait donné deux contraintes.
La première était de l’illustrer en bichromie, et non pas en quadrichromie comme d’habitude. J’ai choisi un bleu et un rouge, la superposition -parfois aléatoire- de ces deux couleurs en créait une troisième plus sombre, qui me plaisait. Je me suis rendu compte que quand on retire une couleur à sa palette (voire deux), bizarrement, quelque chose en plus apparaît ailleurs.
En plus de ces illustrations « bleu+rouge », la deuxième contrainte était la présence de six pages découpées au laser réparties à l’intérieur du livre. Pour cela, j’ai dessiné six illustrations en noir et blanc.Le merveilleux voyage de Nils Holgersson L’éditeur les a « trouées », en gardant les parties noires et faisant disparaître ce qui était blanc.
Le papier choisi n’était pas forcément très épais… Or ces pages devaient être solides, résister à la manipulation, c’est tout le problème des livres découpés ! J’ai du composer mes images en fonction de la solidité future de la page, et faire attention qu’il n’y ait aucune zone vraiment fragile. J’ai composé mes images au milieu d’un cadre… Et à plusieurs reprises j’ai ajouté de grands arbres qui barrent la page dans sa hauteur : très efficace…
Dans ce cas, la narration passe un peu au second plan. On propose plus une image décorative, qui surprend par l’effet « dentelle ». Ou parce qu’apparaît à travers les découpes, un peu du dessin de la page en dessous.
Le livre a maintenant une belle vie, c’est chouette. Il va être traduit en Anglais, Italien, Espagnol…

Bibliographie (sélective) :

  • Série Éliott, illustration de textes de Françoise de Guibert, Gallimard Jeunesse (2014-2016), que nous avons chroniquée ici et .
  • Mon imagier de la poésie, illustration de texte d’un collectif, Gallimard Jeunesse (2016).
  • Cendrillon, illustration d’un texte d’Élodie Fondacci, Gautier Languereau (2016).
  • Une recette top secrète, illustration d’un texte de Quitterie Simon, Nathan (2016).
  • Le merveilleux voyage de Nils Holgersson, illustration d’un texte de Kochka d’après Selma Lagerlöf, Père Castor (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les chantiers magnétiques, illustration d’un texte de Marie Fordacq, Tourbillon (2015).
  • Série Yoki, textes et illustrations, Actes Sud Junior (2014-2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Cache-cache des grosses bêtes et Cache-cache des petites bêtes, illustration de textes de Christel Denolle, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • En voiture ! Mes premiers pas sur la route, illustration d’un texte de Christelle Huet-Gomez, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La merveilleuse légende de Saint Nicolas, illustration d’un texte de Corinne Albaut et Sylvie Pierre, Actes Sud Junior (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’imagier de la couleur, coécrit avec Corinne Albaut et Jean-François Alexandre et illustrations, Naïve (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite Louise, ses voyages et son accordéon, illustration d’un texte de Marc Perrone et Marie-Odile Chantran, Actes Sud Junior (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Contemimes : comptines à mimer et chanter, illustration d’un texte de Corinne Albaut, Naïve (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • La vie merveilleuse de la princesse Olga, illustration d’un texte d’Olivier Ka, Éditions l’édune (2009), que nous avons chroniqué ici.

Concours :
L’un.e de vous va gagner les deux dernières aventures d’Eliott, Eliott n’aime pas qu’on l’embête et Eliott adore jardiner, grâce aux éditions Gallimard. Pour participer, commenter cet article, nous tirerons au sort parmi vos commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tous et à toutes !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Juliette Grégoire

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Juliette Grégoire qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

survivance des luciolesEn décembre 2015, j’ai découvert (les libraires sont des gens formidables et l’Alinea de Martigues est exemplaire) un ouvrage paru en 2009 aux éditions de Minuit : Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman. C’est lui mon coup de cœur.
Georges (on va l’appeler ainsi parce que c’est son prénom et que c’est joli) est philosophe, historien de l’art et maître de conférence à l’EHESS. Georges donc, s’appuyant un peu sur Dante et beaucoup sur Pasolini, fait l’examen de l’idée des lucioles comme métaphore de l’humanité, une humanité en marche, en résistance, même fragile, presque invisible ou de façon fugace : « L’humanité réduite à sa plus simple puissance de nous faire signe dans la nuit. »
Et ces signes quels sont-ils ? « Des lueurs de pensées, de poésies, de désirs, de récits à transmettre coûte que coûte. »
Alors moi, je suis éditrice et voilà que Georges vient de décrire exactement ce que je cherche : Transmettre des lueurs ! Ce n’est pas présomptueux, c’est la moindre des choses, le minimum syndical. Je ne prétends pas y parvenir tout le temps, c’est difficile de transmettre des lueurs, des vraies, des humaines, pas des leds. Mais quelquefois, je suis contente.
Il me semble qu’avec ce texte, Georges dit quelque chose d’important sur la noirceur des temps, sur l’humain et sur l’espoir. Que partant, cela doit être raconté aux enfants. Et hop, un album est en cours à ce sujet qui devrait paraître en octobre et qui s’appellera : Des lucioles. (Merci Georges pour votre confiance !)
Il conclut : « (…) dans la nuit ne cessent ni le regard ni le désir, capables d’y retrouver des lueurs inattendues (…) »  Et vous savez quoi, moi : je le crois !

 tiken jah fakoly Recherche tous les articles de TIKEN JAH FAKOLY coup de gueulePour mon coup de gueule, c’est celui du chanteur-auteur-compositeur de reggae : Tiken Jah Fakoly dont le 7ème album, sorti en 2004, porte ce nom : Coup de gueule !
Tiken Jah (on va l’appeler ainsi parce que c’est son prénom et que c’est joli…) est né en Côte d’Ivoire. Ses chansons parlent d’injustices, de corruptions, d’oppressions, de dictatures, de pillages des richesses. Il dit que sa musique est faite pour éveiller les consciences : « Après l’abolition de l’esclavage, ils ont créé la colonisation. Lorsque l’on a trouvé la solution, ils ont créé la coopération. Comme on dénonce cette situation, ils ont créé la mondialisation. Et sans expliquer la mondialisation, c’est Babylone qui nous exploite. » Autant dire que Tiken Jah n’a pas que des amis ! Il organise de nombreux évènements culturels, spectacles, rencontres, débats… au Mali et en Côte d’Ivoire évidemment mais aussi en Guinée, au Burkina Faso, au Niger. On peut aussi lire le livre de D. Koffi : Tiken Jah Fakoly, les enjeux des coups de gueule, paru aux éditions Balafons, Abidjan, en 2014.
Ouf : encore quelqu’un qui pense (bien), qui dit (haut) et qui agit (fort) ! Bref, ça ressemble plutôt à une pirouette mais : C’est un coup de cœur, ce coup de gueule !

Juliette GrégoireJuliette Grégoire est éditrice (L’initiale).
Les derniers titres :

  • Quels nez !, texte et illustrations de Jeanne Brundu (2016).
  • J’aime pas la salade, texte d’Isabelle Simon, illustré par Dora Kieltyka (2016).
  • Victor viens voir, texte de François David, illustré par Florence Laude (2015).
  • Qui porte le chapeau ?, texte d’Anne-Claire Lévêque, illustré par Caroline Dalla (2015).
  • Les trésors d’Élinor, texte d’Elsa Valentin, illustré par Amandine Cau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Attention ! Chantier amoureux, texte de Pierre-Emmanuel Dufour, illustré par Julie Grugeaux (2015), que nous avons chroniqué ici.

Le site de L’initiale (qui donne la possibilité d’accéder au feuilletage intégral de tous les albums, il suffit de cliquer sur les couvertures, mais aussi l’accès aux fiches philo pour la collection Philo et citoyenneté) : www.linitiale.com.

 

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Être soi

Par 14 mai 2015 Livres Jeunesse

Les trésors d'ElinorElinor trouve des trésors. Elle prend le temps d’observer autour d’elle, de profiter de tout ce qu’elle croise sur son chemin : une fleur, un papillon, un rayon de soleil entre les feuilles, le bruit du vent dans les arbres, les dessins du givre sur les vitres… En toute saison, en tout lieu, par tous les temps, Élinor prend du plaisir à être où elle est, à être elle-même tout simplement.
J’ai bien du mal, avec ces quelques mots, à vous faire ressentir toute la poésie et la force de ce magnifique album. Les trésors d’Élinor est une invitation délicate à profiter de chaque instant, de chaque image et des merveilles que nous offrent les saisons. Moi qui passe mon temps à m’extasier pour tout et rien, devant une fleur, une lumière, un nuage, une odeur, je crois qu’en fait, j’ai trouvé un peu mon double en cette petite fille qui savoure la chance qu’elle a de vivre. Alors certes, on n’oublie pas que la vie n’est pas toujours simple, mais on prend le temps de voir le verre à moitié plein et de se contenter de peu pour être heureux. Elsa Valentin signe un texte percutant, mêlant de jolies phrases qui fleurent bon la nature, et les photographies d’Amandine Cau retranscrivent avec poésie les lumières, les couleurs et les détails auxquels on ne prête pas toujours suffisamment attention.
Un coup de cœur à découvrir en famille, pour que tous, petits et grands profitent de ce beau message.
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions L’initiale. Vous y trouverez également une fiche « atelier philo » destinée à prolonger la discussion, seul ou en groupe. 

qui suis-jeParfois, ça va et parfois ça ne va pas. Une même personne peut être tour à tour gaie ou triste, rêveuse ou pragmatique, peureuse ou courageuse, bavarde ou silencieuse… Toutes ces émotions, toutes ces humeurs pour un seul corps, on ne s’ennuie pas ! Finalement, c’est ça, être soi !
Avec Qui suis-je ?, Nathalie Paulhiac nous présente dans un petit album carré tout un panel d’émotions et de sentiments. Sur chaque double page, une notion et son contraire sont illustrés avec humour et poésie. Et pour prolonger le plaisir, on trouve en dernière page une enveloppe pour envoyer aux éditions Winioux un dessin de notre humeur du jour, qui sera ensuite publié sur le site ! Une manière simple et originale d’aborder les émotions, ces éléments de l’existence pas toujours évidents à comprendre et à vivre pour les plus jeunes.
Le même vu par Bricabook.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre album d’Elsa Valentin (
Le garçon qui voulait se déguiser en reine).

Les trésors d’Élinor
Texte de Elsa Valentin, illustré par Amandine Cau
L’initiale
12 €, 200 x 200 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2015
Qui suis-je ?
de Nathalie Paulhiac
Winioux
9 €, 155×155 mm, 24 pages, imprimé en Belgique, 2014

À part ça ?

Thomas Lamadieu photographie le ciel entre les toits, puis lui donne vie !

Marianne

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Ah, l’amour !

Par 16 avril 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires d’amour, deux coups de cœur !

Attention chantier amoureuxHubert creuse des tunnels. C’est son métier et sa passion. Maud, creuse aussi des galeries. Mais elle, elle préférerait écrire des livres pour enfants. Alors quand ils se rencontrent, ils parlent nécessairement de trous et de sous-sols, et Maud imagine toutes les histoires qu’elle pourrait écrire sur cet homme passionné…
Quelle histoire d’amour singulière que celle qui naît entre ses deux personnages, Hubert et Maud ! Pierre-Emmanuel Dufour nous fait vivre leur rencontre, la naissance de leurs sentiments. C’est plein de délicatesse et de tendresse, et les illustrations de Julie Grugeaux fouillées et originales nous laissent entrevoir leur univers souterrain, si particulier.
Attention ! Chantier amoureux est un album simple comme on les aime, qui met du baume au cœur et le sourire aux lèvres !
Vous pouvez feuilleter cet album en ligne sur le site des éditions L’initiale.

Les amoureux du livreLe petit bonhomme à moustache vit sur la page de gauche. La petite dame aux cheveux frisés vit sur celle de droite. Ils sont très amoureux l’un de l’autre. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais il y a un hic, un obstacle infranchissable : la reliure du livre, ce fossé qui les sépare. Heureusement que le lecteur est là pour leur permettre de se retrouver régulièrement, à chaque fois qu’il tourne la page, et que le personnage de droite retrouve celui de gauche.
En lisant cette drôle d’histoire, j’ai immédiatement pensé à La paire de chaussures, un des Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari. Cet amour qui paraît impossible à vivre tant les obstacles sont nombreux, et qui finalement triomphe ! Cette fois, Frédéric Laurent implique directement le lecteur, et j’aime cette interactivité qui naît entre l’objet du livre et celui qui lit ! Dorénavant, à chaque fois que je tournerai une page, je me dirai que je permets peut-être à deux personnages de se retrouver !
C’est optimiste, léger et plein d’humour tant dans le texte que dans les illustrations ! Les amoureux du livre est une belle réussite !
Vous pouvez consulter quelques pages de cet album sur le site des éditions Balivernes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres albums de Julie Grugeaux (L’accumulatôr à bidouilleries) et Frédéric Laurent (La vraie fausse histoire du Minotaure, L’oubli de Noé, Un autre monde, Momotaro, Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus). Retrouvez également notre interview de Frédéric Laurent.

Attention ! Chantier amoureux
Texte de Pierre-Emmanuel Dufour, illustré par Julie Grugeaux
L’initiale
12 €, 200 x 200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les amoureux du livre
de Frédéric Laurent
Balivernes dans la collection Calembredaines
13 €, 240 x 240 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2015.

À part ça ?

Jim Denevan dessine sur le sable, et c’est assez impressionnant !

Marianne

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Chacun fait ce qu’il lui plait !

Par 25 octobre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on fait comme on le sent et comme on en a envie !

le grand bateau de grand oursGrand Ours a donné à Petit Ours son bateau dans lequel il commençait à se sentir à l’étroit. Du coup, il entreprend de se construire une nouvelle embarcation.   Il est très heureux de sa réalisation mais chacun de ses amis y va de son petit commentaire. Et si on mettait une voile ? Un pont ? Une cabine ? Ce ne sont pas de mauvaises idées, mais au final, Grand Ours n’est pas vraiment satisfait ! Ce n’est pas ce qu’il veut ni ce qu’il avait imaginé. Et s’il prenait le temps de s’écouter ? De faire comme bon lui semble ? Après tout c’est son bateau, sa vie, ses rêves !
Faire en fonction de ses envies et pas de celles des autres, voici le message porté par cette belle histoire ! Eve Bunting propose un texte à la fois simple et beau et les illustrations de Nancy Carpenter sont pleines de douceur et de tendresse. On a envie de faire comme Grand Ours : tenir compte de l’avis de ses amis, c’est bien, mais il faut veiller à ne pas aller contre ses propres idées, et prendre le temps, dans un monde qui va toujours plus vite, de s’écouter parfois un peu égoïstement.
Le grand bateau de Grand Ours est un bel album pour apprendre aux enfants à ne pas se laisser influencer et à affirmer leurs choix personnels !

Le garcon qui voulait se déguiser en reinePour Carnaval, Nino voudrait se déguiser en reine. Son père, Aby sa grande sœur, sa mère, tout le monde veut l’en dissuader. Selon eux c’est impossible parce qu’il est un garçon. Mais c’est sans compter sur la ténacité de Nino, qui va prouver à toute sa famille qu’il a bien le droit de faire comme bon lui semble et qu’il n’y a aucune règle en la matière ! Il ira au bout de son idée, en démontant les préjugés sur la question. Et finalement, personne ne s’en portera plus mal !
Quelle belle histoire ! Le garçon qui voulait se déguiser en reine est un album qui se bat contre les clichés sexistes, et met à l’honneur le libre choix et l’indépendance ! Après tout, Nino ne fait de mal à personne et il a bien raison de faire comme bon lui semble en matière de déguisement. Dans une ambiance carnavalesque que l’on retrouve autant dans le texte d’Elsa Valentin (huuum les bugnes !) que dans les illustrations très colorées de Sandra Desmazières, voici une histoire au message fort !
Un album pour combattre les préjugés dans la bonne humeur et avec le sourire !
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions L’initiale.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre d’Eve Bunting et Nancy Carpenter (Le petit bateau de Petit Ours).

Le grand bateau de Grand Ours
Texte d’Eve Bunting, illustré par Nancy Carpenter
Pastel
10,50 €, 212 x 212 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Le garçon qui voulait se déguiser en reine
Texte d’Elsa Valentin, illustré par Sandra Desmazières
L’initiale
12 €, 200 x 200 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.

Marianne

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