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Lior éditions

Les invité.e.s du mercredi : François Azar et Camille Garoche

Par 11 janvier 2017 Les invités du mercredi

J’avais adoré, il y a deux ans, Le perroquet juif sorti chez Lior éditions. L’année dernière, j’ai eu un gros coups de cœur pour Amours et sortilèges sorti chez ce même éditeur. Un éditeur qui sort très peu de livres et d’une telle qualité ! J’avais envie d’en savoir plus. J’ai donc posé quelques questions à son éditeur, François Azar. Ensuite, je me suis glissé dans l’atelier de Camille Garoche (anciennement connue sous le nom de Princesse Camcam), je vous propose de m’y rejoindre. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : François Azar

Comment est né Lior éditions ?
Lior éditions est né en 2014 de la volonté de transmettre une langue et une culture assez méconnue : celle des Juifs exilés d’Espagne établis dans l’ancien Empire ottoman et au Maroc. C’est une culture très métissée qui a emprunté à toutes celles de la Méditerranée tout en conservant des traits originaux. La fondation de Lior éditions s’insère dans un projet plus vaste, que nous menons avec l’association Aki Estamos, pour faire vivre au quotidien cette tradition. La transmission étant au cœur de ce projet, il était naturel de commencer avec des livres destinés à la jeunesse, d’autant que les contes s’adaptent facilement à tous les âges de la vie.

Combien de titres compte aujourd’hui le catalogue et comment les choisissez-vous, quelle est votre politique éditoriale ?
Notre catalogue compte aujourd’hui cinq titres. Deux albums de contes (Le perroquet juif et Amours et sortilèges) et trois autobiographies dans la collection Leçons de vie judéo-espagnoles. Notre choix est d’abord fondé sur des coups de cœur que nous avons envie de partager. C’est le cas pour l’aventure méconnue des Juifs de l’Ouest américain. Nous avons ainsi publié le récit du daguerréotypiste Solomon Nunes Carvalho, le premier à avoir réalisé un reportage photographique au Far West, et nous avons en projet un album sur les aventures d’une jeune femme à l’époque de la ruée vers l’or. Tous nos projets sont fondés sur une rencontre avec un auteur ou un artiste qui joue le rôle de passeur de culture.  C’est un travail sur un matériau sensible, un imaginaire qu’il s’agit de réinterpréter de manière contemporaine. Nous avons l’ambition d’étendre progressivement notre catalogue à d’autres genres comme la poésie ou le chant pour couvrir tous les aspects de la culture judéo-espagnole. Avant d’engager un projet, nous nous posons toujours la question : est-ce que cette histoire parlera aux jeunes générations ? Nous privilégions donc des histoires originales, pleines d’aventures et d’humour car les Judéo-espagnols sont des voyageurs dans l’âme et n’ont pas leur langue dans leur poche.

Quel est votre rôle au sein de la maison d’édition ?
C’est un peu le rôle de l’homme-orchestre ! Je suis toujours très engagé dans les projets tout en ayant à cœur de respecter l’autonomie de l’artiste. Notre plaisir provient de cette liberté et de cette légèreté : n’engager des projets qu’avec des gens qui nous font rêver. Je peux pour cela m’appuyer sur des talents reconnus :  la graphiste Sophie Blum avec laquelle je réalise par ailleurs la revue Kaminando i Avlando, des illustrateurs comme Petros Bouloubasis ou Aude Samama, des traductrices comme Vanessa Pfister-Mesavage ou Nathalie Bauer. Sans eux les projets n’existeraient pas. Il me faut aussi convaincre nos partenaires financiers du bien-fondé d’un projet. On n’engage rien avant d’être à 200% convaincu !

Parlez-nous de votre parcours personnel
Avant de fonder Lior éditions, j’ai eu un parcours classique dans le secteur culturel à la Ville de Paris où j’ai notamment œuvré à la sauvegarde du patrimoine bâti. Lorsqu’il y a une dizaine d’années nos trois enfants sont arrivés, j’ai ressenti le besoin de leur transmettre la culture que j’avais reçue de mes grands-parents. Mais il s’agissait d’une démarche isolée et beaucoup de repères m’échappaient. Je me suis alors tourné vers l’association Aki Estamos. J’ai commencé en organisant  des ateliers de cuisine pour les enfants et, de fil en aiguille, j’ai appris la langue, organisé des concerts, des universités d’été. C’est devenu une aventure collective et sans frontières !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Les albums illustrés m’attiraient beaucoup. J’étais sensible à la qualité de l’illustration et je peignais et dessinais avec grand plaisir. Je suis devenu un lecteur boulimique et assez introverti. Valery Larbaud parle justement de ce vice impuni, la lecture. Je vivais beaucoup d’aventures par procuration et comme tant d’autres, j’ai dévoré Jules Verne et Victor Hugo. La comtesse de Ségur, lue et relue, me procurait des plaisirs un peu pervers. Jack London et son Martin Eden m’a laissé un souvenir impérissable. Assez vite est venu le goût pour l’Histoire et l’Antiquité; j’ai lu des adaptations de Tite-Live, de Suétone. Enfin sont venus les grands auteurs russes, Tolstoï le premier, qui ne m’a jamais abandonné par la suite.

Dites-nous quelques mots sur les prochains livres que nous découvrirons chez Lior éditions ?
Dans le domaine de la jeunesse, après Amours et Sortilèges, nous allons publier en français un autre album illustré par Petros Bouloubasis et écrit par Yannis Adamis. Nous avons également en projet Une princesse juive au Far West, d’après la vie de Fanny Brooks, une jeune femme juive partie avec son oncle à la conquête de l’Ouest et une suite du Perroquet juif, Le mariage du Perroquet juif et autres scènes de ménage judéo-espagnoles, un album satirique et décapant à n’offrir qu’à l’âge de la communion ou de la Bar-Mitsvah !

Bibliographie jeunesse :

  • Amours et sortilèges et autres contes judéo-espagnols, contes choisis, adaptés et traduits par François Azar, illustrés par Petros Bouloubasis, Lior éditions (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le perroquet juif et autres contes judéo-espagnols, textes de François Azar, illustrés par Aude Samama, Lior éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Camille Garoche

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Camille Garoche qui nous parle de quand elle crée.

Alors déjà il y a les histoires qu’on se raconte avec mon copain. J’ai plein de débuts de commencement d’histoire, et j’ai besoin qu’on en parle ensemble pour les développer.
Le meilleur endroit pour discuter d’une histoire, c’est dans la voiture pendant les longs trajets (quand les filles sont sages ou mieux, dorment !)… ou bien en avion mais ça nous arrive beaucoup moins souvent !
Comme j’ai super mal au cœur en voiture, impossible de noter tout ça. Du coup pour ne rien oublier j’enregistre les idées sur le dictaphone du téléphone et je réécris tout après dans mon petit carnet du moment.
J’ai toujours ce fameux « carnet du moment » pas loin, souvent près de ma table de nuit (quand il n’est pas sous mon oreiller). Dedans on trouve des croquis, des recettes, des projets de toutes sortes (couture, sérigraphie, céramique etc.) mais surtout j’écris toutes nos idées d’histoires dedans, même le bout d’une idée de rien du tout car on ne sait jamais : c’est peut être le bout d’une histoire géniale !
De temps en temps je regarde mes vieux carnets et bim ! je trouve un petit bout qui en a profité pour pousser tout seul.
Quand la maquette est validée, que je ne dois plus que me concentrer sur des compositions et des couleurs, dans mon atelier j’adore écouter des textes lus ;
(Il faut que je vous parle de mon atelier : il est incroyable, il est très grand, il y a des costumières, des scénographes, une tapissière, une marionnettiste, une graphiste, un danseur… Bref on ne s’ennuie jamais.)
Donc revenons aux textes lus : parfois c’est tellement bien que je n’ai plus envie de m’arrêter. Je vais à la bibliothèque du coin et je la dévalise. (Ça me fait penser que j’ai fait le tour de celle de ma ville, je vais bientôt devoir m’inscrire à celle de Vincennes…) Ça va du grand classique au roman d’amour à la noix, tout y passe. Bref j’adore qu’on me raconte des histoires pendant que je dessine d’autres histoires…

Camille Garoche est auteure et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Le lapin de neige, Casterman (2016).
  • Fox’s garden, Métamorphose/Soleil (2015).
  • L’histoire animée des vêtements, illustration d’un texte d’Anne-Sophie Baumann, Tourbillon (2015).
  • Suivez le guide, promenade au jardin, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Where is my cat ?, texte et illustrations, ABC Melody (2014).
  • Gabriel et Gabriel, illustration d’un texte de Pauline Alphen, Hachette Jeunesse (2014).
  • L’arbre à l’envers, illustration d’un texte de Pauline Alphen, Hachette Jeunesse (2013).
  • Une rencontre, album sans texte, Autrement (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Suivez le guide, texte et illustrations, Autrement (2013).
  • Le jardin de Clara, illustration d’un texte de Sandra Nelson, Père Castor (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’Album de Famille, illustration d’un texte de Frédéric KesslerAutrement (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Je danse à l’Opéra, illustration d’un texte d’Isabelle Calabre, Parigramme (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Marie voyage en France, illustration d’un texte d’Isabelle Pellegrini, ABC Melody (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La fille aux cheveux d’encre, illustration d’un texte d’Annelise Heurtier, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Où est mon chat ?, texte et illustrations, ABC Melody (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Marie de Paris, illustration d’un texte d’Isabelle Pellegrini, ABC melody (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Pan, illustration d’un texte de de Kressmann Taylor, Autrement (2008), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Camille Garoche sur son blog : http://princessecamcam.tumblr.com.

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De l’amour et du partage

Par 12 septembre 2016 Livres Jeunesse

J’aurai pu vous dire que les deux ouvrages du jour avaient comme point commun d’être bilingues, en vérité ce qui les réuni surtout c’est que ce sont deux petits bijoux.

Amours et sortilèges et autres contes judéo-espagnols
Contes choisis, adaptés et traduits par François Azar, illustrés par Petros Bouloubasis
Lior éditions
15 €, 320×240 mm, 70 pages, imprimé en Belgique, 2016.
La roue de Tarek
de Mathilde Chèvre (traduit en arabe par Georges Daaboul)
Le port à jauni
7 €, 170×240 mm, 24 pages, imprimé en France, 2007.

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De beaux livres de contes

Par 15 décembre 2014 Livres Jeunesse

Contes de GrimmIl était une fois un crapaud qui aida une jeune fille en échange d’une promesse de mariage. Il était une fois un garçon qui rêvait de frissonner. Il était une fois une petite fille qu’on surnommait, à cause de son habit, le Petit Chaperon rouge. Il était une fois un roi dont les douze filles usaient leurs souliers la nuit, alors qu’elles étaient enfermées dans leur chambre. Il était une fois une jeune fille qui se rendit compte que son futur mari était un criminel cannibale…
Grimm, Pullman, Shaun Tan, Gallimard. Quatre grands noms pour un magnifique ouvrage. Cinquante contes de Grimm sont racontés (puis analysés) par Philip Pullmann et illustrés par Shaun Tan. On retrouve des contes bien connus (Cendrillon, Les musiciens de Brème, Raiponce…), mais surtout des contes beaucoup moins célèbres. Mais attention, on ne s’adresse pas, ici, aux plus jeunes. Les contes sont souvent cruels, sanglants. Les illustrations de Shaun Tan sont inspirées par les sculptures inuit et précolombiennes et sont magnifiques. L’objet est un superbe ouvrage de près de 500 pages avec un beau papier et une belle reliure.
Voilà le cadeau idéal pour les jeunes lecteurs (à partir de 11 ans d’après l’éditeur) qui aiment les beaux contes et les beaux livres.

Kiviuq et l'ours blancKiviuq, jeune Inuk*, avait perdu son père très jeune. Son beau-père refusait de lui apprendre la chasse et il ne faisait que suivre l’adulte sans rien en retirer. Souvent, marchant moins vite, il restait seul dans l’obscurité de la nuit polaire, rejoignant la maison bien après son beau-père. Mais un jour Kiviuq rencontra un ours…
On n’est jamais déçu avec les ouvrages de la collection Contes & classiques du Monde de chez Magnard. Ici, c’est un conte Inuk que nous raconte Céline Espardellier. Il est question de transmission, de partage, de tradition. Alors bien sûr il est surtout question de chasse et certains enfants trouveront cette histoire dure (ma fille de 6 ans a eu du mal avec tous ces phoques tués par l’enfant). Les illustrations d’Isabelle Chatellard sont magnifiques et le fait que l’album soit très grand les met particulièrement en valeur.
Partez en voyage initiatique chez les Inuit grâce à un magnifique conte.

Le perroquet juifMonsieur Abraham vivait seul et souffrait de la solitude, jusqu’au jour où il acheta un perroquet juif. Un roi paria un jour avec un pope que le juif qui puisait l’eau était mieux instruit que les chrétiens. Un prêtre refusait de quitter son église malgré l’inondation, préférant s’en remettre à Dieu. Un jeune homme était étonné de voir chaque jour un vieux sage lisant à l’ombre d’un arbre. Un jeune Rabin voyagea un jour face à une jeune fille sexy…
François Azar propose cinq contes judéo-espagnols dans ce bel ouvrage bilingue illustré par Aude Samama. Des histoires pleines de poésie et de philosophie, qui amènent souvent à la réflexion. Mais surtout des histoires pleines d’humour, là aussi plein de finesse.
Cinq jolis contes philosophiques illustrés à la peinture.

Les fabuleuses aventures de Sinbad le marinSinbad était le fils d’un riche marchand qui mourût bien tôt en léguant à son fils sa grosse fortune. Seulement Sinbad menait la grande vie et il épuisa bientôt ses ressources. Il décida de refaire fortune en voyageant sur les mers. Mais les voyages de Sinbad n’étaient pas de tout repos, il rencontra un cheval marin, un roc (sorte d’Oiseau de feu), des serpents géants, des cyclopes et d’autres monstres encore.
Six voyages de Sinbad sont rassemblés dans le bel ouvrage illustré par Sébastien Pelon, Les fabuleuses aventures de Sinbad le Marin sorti au Père Castor. Six histoires fabuleuses qui vont ravir ceux et celles qui aiment les récits fantastiques, les aventures incroyables, les contes merveilleux. Alors c’est parfois assez cruel (bien plus que dans le magnifique film Le Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran, pour donner un exemple, dans le film l’un des compagnons de voyage est attaché à une broche et mit au-dessus du feu par le cyclope puis délivré par Sinbad… ici, il sera vraiment dévoré) et peut déranger les plus jeunes enfants (je ne le lirai pas à un enfant de moins de 6-7 ans je dirai).
Un magnifique ouvrage d’aventures pour retrouver le plus célèbre marin des contes des mille et une nuits.

10 contes des 1001 nuitsSi vous voulez prolonger votre séjour à Bagdad, Michel Delaporte a sorti, il y a quelques mois, 10 contes des Mille et une Nuits en format poche. On trouve l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs mais aussi celle d’Ali Cogia à qui on avait volé son or pendant un pèlerinage à la Mecque. Bien entendu, les 10 contes sont précédés par l’histoire de Shéhérazade. En fin d’ouvrage, un cahier de 32 pages pour aller plus loin où l’on trouve des questions, jeux, lexique… Le livre est illustré par Fred Sochard.

*Pour ceux qui l’ignorent, Inuk est le singulier d’Inuit.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage sur des contes inuit (Contes inuit d’Emmanuelle Stimamiglio, Sylvie Teveny et Laura Guery) et des versions des Contes des Mille et une nuit (Les Mille et une nuits de Gudule et François Roca et Petits contes des 1001 nuits de Claire Lemoine de Claire Lemoine et Sandrine Bonini ).
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages des contes des Frères Grimm (Grimm contes choisis, Tom Pouce, Les musiciens de Brême, Le vieux Cric Crac, Le voleur de lune, Les musiciens de Brême, L’homme à la peau d’ours, Tom Pouce, Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), de Shaun Tan (Les lois de l’été), Isabelle Chatellard (Bazar Circus), Aude Samama (La case de l’Oncle Tom) et de Sébastien Pelon (Robin des bois et Contes d’Afrique). Retrouvez aussi notre interview de Sébastien Pelon.

Contes de Grimm
Textes de Philip Pullman (traduit par Jean Esch), d’après les Frères Grimm, illustrés par Shaun Tan
Gallimard
35 €, 170×230 mm, 496 pages, imprimé en Italie, 2014.
Kiviuq et l’ours blanc
de Franz Boas, adapté par Céline Espardellier, illustrés par Isabelle Chatellard
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & Classiques du Monde
16,90 €, 285×328 mm, 51 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le perroquet juif et autres contes judéo-espagnols
Textes de François Azar, illustrés par Aude Samama
Lior éditions
15 €, 320×240 mm, 50 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Les fabuleuses aventures de Sinbad le marin
Textes de Michel Laporte, illustrés par Sébastien Pelon
Père Castor
15,50 €, 310×250 mm, 64 pages, imprimé en France, 2014.
10 contes des mille et une nuits
Textes de Michel Laporte, illustrés par Frédéric Sochard
Flammarion jeunesse
6,10 €, 125×179 mm, 215 pages, imprimé en Espagne, 2014.

Gabriel

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