La mare aux mots
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Lirabelle

Des albums pour jouer et pour rêver

Par 28 avril 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, trois albums pour les tout-petits qui explorent le jeu sous toutes ses formes.

Tout en haut du toboggan
de Malika Doray
l’école des loisirs, dans la collection Loulou &Cie
10,50 €, 260×190 mm, 18 pages, imprimé en Malaisie, 2016.
On joue ?
d’Hervé Tullet
Bayard jeunesse
 11,90 €, 220×220 mm, 64 pages, imprimé en Malaisie, 2016.
Dans les draps de la nuit
Texte de France Quatromme, illustré par Hitomi Murakami
Lirabelle
 19 €, 297×230 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2015.

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Les invité.e.s du mercredi : Patrick Pasques, Isabelle Wlodarczyk, Hajnalka Cserháti et Isabelle Ayme

Par 16 mars 2016 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est Patrick Pasques que nous recevons, un auteur-illustrateur hors normes puisqu’il n’utilise pas seulement les crayons ou la peinture, mais il crée tout un univers en volume qu’il prend en photo. J’ai eu envie d’en savoir plus sur lui et sur son travail, je vous propose de lire ses réponses à mes questions. Ensuite, c’est avec Isabelle Wlodarczyk, Hajnalka Cserháti et Isabelle Ayme (des éditions Lirabelle) que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de… elles reviennent sur le très bel album Marika. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Patrick Pasques

Patrick PasquesParlez-nous de votre parcours
J’ai suivi une longue formation scientifique, je voulais être chercheur en neurophysiologie (la science du cerveau) et, en même temps, être auteur en vulgarisation des sciences. Au final, j’ai rapidement été happé par l’édition et j’ai collaboré pendant… 25 ans (aïe…) à de très nombreux ouvrages (des encyclopédies, des documentaires…). Pas l’ombre d’une école d’art dans mon parcours… À mon grand regret, maintenant ! Mais je me soigne depuis ma reconversion (assez) tardive à l’illustration.

Patrick PasquesComment vous est venue cette manie de plier du papier ?
Par hasard, j’ai découvert grâce à ma fille le monde des papertoys, ces espèces de petits personnages qu’on télécharge sur internet, qu’on imprime et qu’on monte soit même. J’ai trouvé ça sympa et très rapidement j’ai trouvé extrêmement intéressant d’en créer moi-même, et d’utiliser cette technique pour faire de l’illustration. D’auteur en sciences, je suis devenu auteur-illustrateur jeunesse !

Patrick PasquesPouvez-vous nous dire quelques mots sur la technique et le matériel que vous utilisez ?
Tout commence par des croquis pour bien appréhender ce que je dois faire en papier. Ensuite, pour chaque élément (objet ou personnage), je dessine toutes les pièces qui le composent, soit directement sur le papier, soit à l’aide d’un logiciel vectoriel ou 3D en fonction de sa complexité. Après, je procède au montage (découpage, pliage, collage), le cutter et la colle sont alors mes meilleurs amis.

Patrick Pasques J'ai perdu un trucCombien de temps cela vous prend-il pour réaliser toutes les illustrations d’un album, par exemple le dernier J’ai perdu un truc ?
C’est un travail relativement long avec des étapes bien distinctes : création des éléments en pièces détachées, montage en papier, mise en scène et séance photo, retouche photo si nécessaire. Au final, après ajustements divers, au moins 3 mois pour la partie illustration de ce livre.

Vous créez plusieurs versions d’un même personnage ? Je pense par exemple au héron de ce même album qui n’est pas toujours dans la même position.
Effectivement, je dois souvent monter un personnage dans différentes positions ou expressions. Parfois, pour gagner du temps, je leur fais des parties mobiles ou plus simplement, je modifie les ajustements du papier pour qu’ils s’adaptent à la scène.

Patrick PasquesQue deviennent ensuite vos créations qui ont servi pour les livres ?
La plupart des modèles ou des saynètes créés pour un livre poursuivent leur carrière dans des expositions qui présentent mon travail d’illustrateur. J’aime bien voir le plaisir dans les yeux des enfants (et des adultes) quand ils découvrent comment sont tous ces objets en vrai.

Est-ce que ce sont vos créations qui amènent l’histoire, pour vos albums, ou l’inverse ?
Les deux sont possibles. La petite fille de Compter avec un monstre et le hibou ont constitué le point de départ et je leur ai écrit une histoire sur mesure. Par contre, pour Le corbeau et les 3 poules le mécanisme a été inverse. Au départ, je voulais illustrer une fable de La Fontaine. Mais, j’y ai renoncé et j’ai décidé d’imaginer un prequel du Corbeau et du renard pour qu’on sache enfin d’où vient ce fameux fromage !

Patrick PasquesComment est venue l’histoire de J’ai perdu un truc, on vous a offert un chapeau ridicule ?
Non, quoiqu’on m’ait déjà offert des trucs ridicules… Pour cette histoire, j’ai été inspiré par l’idée qu’on peut parfois faire preuve d’une très grande gentillesse, mais qu’on en soit très mal récompensé par très grande gentillesse aussi…

J’aimerais que vous nous disiez aussi quelques mots sur votre album L’imagier de Patrick sorti à La joie de lire
Patrick PasquesC’est le premier l’album que j’ai illustré et proposé à une maison d’édition. À cette époque (pas si lointaine), j’étais encore totalement ignorant du monde de l’édition jeunesse et, pour tout dire, j’aurais même été incapable de citer le moindre nom d’illustrateur jeunesse (shame on me*)… Toujours est-il que j’ai pris grand plaisir à créer tous ces petits objets un peu rétro qui composent l’imagier !

Créer des cahiers d’activités comme ceux que vous avez sortis chez Tutti Frutti, c’est un travail totalement différent ?
Patrick PasquesC’est effectivement un travail un peu différent car je dois créer des modèles en papier qui puissent être montés par tout le monde. Limite que je n’ai pas quand il s’agit d’illustrer un album.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, j’ai peu lu. Les livres étaient assez rares à la maison. Ensuite, j’ai rêvé sur quelques livres documentaires, sur les volcans ou la mer. C’était la grande période d’Haroun Tazieff ou du commandant Cousteau… Adolescent, j’ai vraiment découvert le plaisir de la lecture avec la science-fiction et en particulier avec les Chroniques martiennes de Ray Bradbury.

Patrick PasquesEt quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit tout simplement.
Plus le temps passe, plus je découvre la richesse et la diversité de l’illustration jeunesse. J’adore le trait et l’humour de Gilles Bachelet ou d’Olivier Tallec. Je suis fasciné par le travail au crayon de Florent Chavouet, le style épuré de Janik Coat ou les compositions de Béatrice Alemagna. J’ai aussi une tendresse particulière pour les illustrations de Véronique Mazière. Mais, je pourrais citer plein d’autres illustrateurs.trices dont j’apprécie beaucoup le travail !

Quels sont vos projets ?Patrick Pasques
Je suis en train de terminer un album sur les véhicules originaux (pour l’Atelier du Poisson Soluble). Un volumineux projet, mais passionnant ! J’ai aussi quelques petites choses parties rejoindre la pile des projets reçus par les éditeurs… Just wait and see**

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous ?
J’avoue avoir un petit faible pour Le corbeau et les trois poules paru chez Points de Suspension.

*Honte sur moi
** Attendez et vous verrez

Retrouvez Patrick Pasques sur son blog : http://3pbook.blogspot.fr.

Bibliographie :

  • J’ai perdu un truc, texte et illustrations, Points de suspension (2015).
  • 14-18 La grande guerre, textes et illustrations, Tutti Frutti (2015).
  • Princesses du monde, textes et illustrations, Tutti Frutti (2015).
  • Les dinosaures, textes et illustrations, Tutti Frutti (2014).
  • Le corbeau et les trois poules, texte et illustrations, Points de suspension (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Animaux de la savane, textes et illustrations, Tutti Frutti (2013).
  • L’imagier de Patrick, texte et illustrations, La joie de lire (2013).
  • Compter avec un monstre, texte et illustrations, Points de suspension (2012).
  • Robots, textes et illustrations, Tutti Frutti (2012).
  • Voitures de course, textes et illustrations, Tutti Frutti (2012).
  • Les animaux de la ferme, textes et illustrations, Tutti Frutti (2011).
  • Les animaux menacés, textes et illustrations, Tutti Frutti (2010).


Parlez-moi de… Marika

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Marika (chroniqué ici), un très bel album qui parle d’une jeune fille sans papiers. Son auteure (Isabelle Wlodarczyk), son illustratrice (Hajnalka Cserháti) et son éditrice (Isabelle Ayme, des éditions Lirabelle) ont accepté de nous en parler. Hajnalka Cserháti est hongroise, mais elle parle le français. Nous vous proposons donc de découvrir ses propos en français.

Isabelle Wlodarczyk : Marika est une histoire que j’ai écrite pour Hajnalka. Je ne l’ai jamais rencontrée, mais depuis plusieurs années, nous nous écrivons plusieurs fois par semaine. On s’envoie des tas de petites choses et on est devenues amies. Je fais très peu de binômes. C’est une aventure à part d’écrire pour quelqu’un. Celle-ci compte particulièrement.
Marika est un clin d’œil à cette amitié et aux valeurs qui nous animent. Deux petites filles séparées par les lois des grands, par les barrières et les murs qui s’érigent… comme celui qui a poussé récemment en couvertureHongrie – là où Hajnalka réside.
Le texte est très court, très simple aussi, et j’espère, je crois, que cela fait sa force. Je l’ai écrit d’un seul jet, comme une évidence. Il y a un peu de mon enfance dans ce texte. Des parties de billes endiablées avec les copains, les souvenirs de jeux partagés. Des morceaux de vie qui ont nourri ma conception de l’amitié.
Les illustrations qu’Haknalka a réalisées en première intention étaient particulièrement enfantines. J’adorais leur naïveté et la tendresse qui s’en dégageait. Le texte s’adressait à des enfants plus grands et l’éditeur a donc souhaité des illustrations adaptées à la tranche d’âge des lecteurs. Hajnalka a réalisé un travail incroyable aux crayons de couleur. Quand j’interviens dans les écoles, je les montre toujours comme une prouesse !
Nous avons choisi d’envoyer ce projet aux éditions Lirabelle parce que nous savions qu’ils seraient sensibles au sujet délicat qui est abordé dans ce livre : la question des sans-papiers. Mais c’est aussi un choix esthétique : leurs livres sont particulièrement soignés et élégants. C’est enfin, un choix personnel : nous souhaitions partager ce projet, comme une aventure humaine, pas seulement, éditoriale.
En quelques mots :
Marika, comme une mer lointaine.
Un autre pays où je n’avais jamais mis les pieds et où je voudrais toujours rester.

Marika

Hajnalka Cserháti : Ce projet me signifie la tendresse, l’amitié, l’entre-aide, les liens qui me sont chers ; directement, mais indirectement aussi.
C’était mon premier projet d’album avec Isabelle, c’est grâce à Marika que j’ai eu son amitié, la liaison sans pareille avec la maison d’édition Lirabelle.
Pendant la création du story-board, de premières illustrations en âme j’étais petite fille près de ma petite amie enfantine que j’aimais beaucoup, mais en temps en temps je devais manquer son amitié. Les filles sont comme ça. Côté positif ; ces souvenirs douloureux m’ont aidé d’être à la place de nos protagonistes. Par la technique molle, par les couleurs douces accompagnées au noir, par les lumières, par les reflets d’automne je voulais visualiser l’ambiance d’une folle danse puis d’un triste vertige.atelier
Au-delà de l’amitié nous devons aussi parler des thèmes plus actuels et plus durs.
J’ai toutes mes admirations qu’en France ces discours sont possibles et soutenus, qu’il y a des éditeurs qui ont la volonté, le courage de publier des livres pour sensibiliser les petits cœurs d’enfants. Je suis très heureuse d’avoir pu y contribuer avec mes crayons et avec mon nom hongrois.

Isabelle Ayme : Isabelle Wlodarczyk nous adresse régulièrement des textes.
À chaque nouveau texte, nous découvrons un peu plus sa sensibilité et apprécions son humanisme, son engagement citoyen, sa justesse de propos.
C’est particulièrement vrai avec Marika qui, au-delà du texte, fait écho à l’histoire de notre petite structure éditoriale.
En effet, Lirabelle est née d’un engagement citoyen, un acte de résistance culturel face à la montée de l’extrême droite depuis deux décennies dans la ville d’Orange.
Nous y avons milité, organisé des fêtes de la parole, rencontré des auteurs, des conteurs, et Lirabelle en est aujourd’hui le prolongement.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvions rester insensibles à ce récit. Il n’y a ici aucun opportunisme, même si l’actualité nous rattrape chaque jour.
Simplement le désir d’éveiller les consciences, de partager avec les plus jeunes, d’ouvrir peut-être modestement à notre niveau le débat.
On peut y voir la question des Roms, éternels exilés, celle des migrants, brûlante d’actualité, le choc des quotas face aux réalités de vies humaines, ou encore une simple amitié qui ne demande qu’à s’épanouir.
Marika, c’est tout cela et c’est aussi une aventure humaine, la rencontre entre trois univers, auteure-illustratrice-éditeurs, et au final l’espoir d’avoir semé une petite graine.
À l’heure où, d’élection en élection, la montée significative du vote pour les partis extrémistes se confirme partout en Europe, n’est-ce pas notre responsabilité d’adulte, de citoyen ?

Marika Wlodarczyk
Marika
d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Hajnalka Cserháti
Sorti chez Lirabelle (2015)
Chroniqué ici.

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Des albums très forts

Par 15 février 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose trois albums sur des sujets forts, traités avec délicatesse.

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Il fait froid !

Par 22 novembre 2013 Livres Jeunesse

Mais quand même c’est amusant de s’entendre claquer des dents
Et dehors tout est glacé on va tous aller glisser
(…)
Et aussi c’est amusant de faire des nuages en soufflant
De l’air chaud devant son nez
FroidLes cuivres de Ménilmontant

Dehors il fait froid… dans les histoires aussi !

Le voyage d'anokiAnoki sort de son igloo. Il fait froid. Il y a du blanc à perte de vue. Depuis toujours il a entendu parler du Grand Blanc, on lui a dit qu’il n’y avait que les enfants qui pouvaient le voir, bientôt Anoki n’en sera plus un… c’est le moment où jamais ! Anoki par donc à la recherche de celui dont on dit qu’il ressemble à un ours si grand qu’il touche les étoiles. Le voyage sera long… Anoki trouvera-t-il le Grand Blanc ?

C’est encore un album sublime que sort Antoine Guilloppé. Une aventure, une quête, l’histoire d’un enfant, bientôt adulte qui veut accomplir un rêve, rencontrer un personnage qui le fascine. Les illustrations sont tout simplement sublimes et c’est un magnifique objet : un vernis sélectif sur certaines pages pour nuancer les blancs, de l’argenté sur les étoiles, un pop-up à la fin… C’est un magnifique cadeau que nous font là les éditions Gautier Languereau et Antoine Guilloppé. Un bijou à avoir dans sa bibliothèque.
Une vidéo présentant l’album.

Le roi de la montagne en hiverUne vieille femme veuve et aigrie vivait avec ses deux filles, la plus âgée était son portrait craché, l’autre était la gentillesse même. Bien sûr la mère et l’aînée maltraitaient la cadette, lui donnaient des travaux difficiles à accomplir en espérant la voir devenir moins belle. Bien-sûr c’était sans effet. Un jour, alors qu’une tempête de neige venait de s’abattre et que le froid régnait dehors, la plus grande des filles exigea des violettes. La mère obligea donc la plus jeune à aller lui en chercher sous peine de ne pas rentrer. Après avoir longuement marché, la jeune fille rencontra 12 hommes qui regardaient des flammes, ces douze hommes allaient l’aider.

J’ai eu un petit pincement au cœur en lisant cette histoire car je suis persuadé de l’avoir entendu quand j’étais enfant (vous savez parfois on ne se souvient plus et d’un coup tout revient). Ces hommes qui sont au milieu de la montagne et représentent les douze mois de l’année vont aider la jeune fille. Le conte est absolument superbe (il est inspiré d’un conte tchèque et d’un conte russe), et les illustrations d’Aurélia Fronty magnifiques. Là aussi, un très bel album.
Des extraits en ligne.

Ina et AslakIna a les cheveux blonds, il lui manque une dent en bas, elle aime le violet, les chouettes et courir. Mais surtout son frère Aslak. Aslak n’a que huit dents en haut et huit dents en bas, il aime se déhancher dans sa couche et sa couleur préférée est tracteur (son animal préféré aussi d’ailleurs). Et bien-sûr Aslak adore Ina. Ensemble aujourd’hui ils partent couper du bois parce qu’il fait froid. Ils s’emmitouflent de la tête aux pieds, ils prennent une hache et c’est parti !

Dans un tout autre style que les deux ouvrages précédents, Ina et Aslak apprentis bûcherons est une petite pépite. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album. C’est extrêmement drôle -Aslak ne sait dire que « oui » (même quand il faut dire « non ») et « tracteur » (à propos de n’importe quoi)-, c’est très poétique (surtout grâce aux illustrations, un mélange de montages faits avec du papier découpé et photographié, de collages et de dessins), c’est un peu décalé. Ça fait du bien de découvrir d’autres littératures (c’est un album norvégien) surtout quand elles sont de cette qualité. Un album que j’ai adoré lire à ma fille et que ma fille a adoré écouter, qui nous a fait rire autant l’un que l’autre.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Oeil d’ailleurs et par Sous le feuillage.

NeigeAlors qu’il se balade, un petit lapin voit quelques flocons virevolter. L’écureuil va se coucher, le lapin continue et les flocons sont de plus en plus nombreux. Les grenouilles aussi regagnent leur abri, le petit lapin continue et il neige de plus en plus. Tour à tour les animaux rentrent à l’abri, bientôt le petit lapin retrouvera sa maman, lui aussi se mettra au chaud.

Après la Norvège c’est un album japonais que je vous propose de découvrir. Un album très doux, très poétique. Petit à petit la neige recouvre le sol et les pages sont de plus en plus blanches, jusqu’à le devenir complètement (grâce au talent de l’illustratrice on aperçoit quand même ce petit lapin blanc et sa maman dans les étendues enneigées). On parle donc ici des animaux qui hibernent, des saisons, de la peur d’être abandonné (petit lapin a peur d’avoir perdu sa maman). Un bien bel album.
Des extraits en ligne.

Une vie d'escargotFuyant le froid, Andreï l’escargot avance. Il faut faire vite, la neige commence à tomber. En chemin il ramasse de quoi manger. La neige tombe trop fort, Andreï rentre chez lui, le voilà bien au chaud. Il se fait une tisane, s’allonge sur son sofa et il dort en rêvant en attendant le printemps… Mais si les rêves ne suffisaient plus, si la réalité c’était mieux ? Andreï a envie de vivre là où il fait chaud !

Une vie d’escargot nous parle aussi de l’hibernation mais également des voyages, des rêves, d’oser casser les habitudes. J’avoue avoir été surtout séduit par les très jolies illustrations de Janik Coat, très graphiques. Un album sorti dans la collection Fil rouge, une collection petit format à « petit prix » d’Autrement.
Le même vu par Sous le feuillage.

Tout sur l'hiverOn termine avec un album documentaire, Tout sur l’Hiver sorti au Seuil Jeunesse. Grâce à des BD, des illustrations, des photos, des petits textes courts… on va apprendre des tas de choses sur l’hiver. Pourquoi il y a l’hiver ? Comment reconnaître les arbres quand ils n’ont plus de feuilles ? Comment les plantes et les animaux résistent au froid ? Mais on parlera aussi de l’hiver en ville, à l’école (avec des poésies sur l’hiver). On trouve aussi des jeux, des recettes, des idées de loisirs créatifs… on parle du Père Noël, de Mardi Gras, de l’Épiphanie… bref voilà un album documentaire très complet, très bien fait (on ne s’ennuie jamais) et aux belles illustrations qui nous dira tout sur cette saison et ce qu’il s’y passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Antoine Guilloppé (Les musiciens de Brême, La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse) , Aurélia Fronty (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Anne Cortey (Muette), Janik Coat (Mon hippopotame, Pour un carré de chocolat, Une vie d’ours et La surprise) et Clémentine Soudais (Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Le voyage d’Anoki
d’Antoine Guilloppé
Gautier Languereau
19,95€, 310×305 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013
Le roi de la montagne en hiver
Texte de Sylvie Delom, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20€, 240×310 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Ina et Aslak apprentis bûcherons
Texte de Tore Renberg (traduit par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Øyvind Torseter
Didier Jeunesse
13,10€, 185×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Neige
de Kaori Tajima
Lirabelle
19€, 230×290 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
Une vie d’escargot
Texte d’Anne Cortey, illustré par Janik Coat
Autrement dans la collection Fil rouge
5,20€, 160×190 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Tout sur l’hiver
Texte de Clémence Sourdais, illustré par Charline Picard
Seuil Jeunesse
18€, 260×260 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Il y’a du nouveau dans notre livre d’or !

Gabriel

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COLÈRE !

Par 8 novembre 2013 Livres Jeunesse

On est grincheux
On est grognons
Ça va gronder
Et vous les grands attention ça va grincer !
Grrr pas contents – Zut

Et si nous parlions de la colère ? Tout comme nos marmots, les héros des albums jeunesse poussent aussi des colères.

Bleu d'orageElle s’est disputée avec Théo. Théo est parti chez Phil, elle a fui avec Lucette (sa poupée) dans la campagne. Elle a marché pour éliminer sa colère. Dans le vent, sous la pluie. Elle ne rentrera plus, c’est décidé. Elle cueille des mûres mais comme elle pense à Théo elle les écrase dans sa main de colère. Et même Lucette commence à l’énerver.

Bleu d’orage est un album très poétique sur la colère. Les illustrations de Sarah Pinson (qui signe aussi le texte) à la peinture sont magnifiques. Ici on raconte parfaitement les colères de l’enfance, où l’on finit même par faire des choses qu’on sait mauvaises pour nous, mais juste parce qu’on pense que ça va punir l’autre. Le dialogue de la petite fille avec sa poupée est extrêmement poétique. Un très bel album.
Plus d’illustrations sur le site de Lirabelle.

la colère d'AlbertAlbert veut bien que sa sœur l’appelle Bibi, il aime ça même, mais les copains de l’école hors de question ! Faut dire que c’est souvent accompagné de moqueries… Un jour qu’Albert est déjà bien énervé, il se reçoit un ballon sur la tête et ça, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Albert est hors de lui, la colère monte en lui, si fort qu’Albert grandit, grandit, grandit et ses canines s’allongent, s’allongent, s’allongent. Il n’y a pas à dire Albert est en colère et il est terrifiant !

Ici, c’est avec beaucoup d’humour qu’on parle de la colère avec cette image de devenir terrifiant. Bien-sûr les copains d’Albert osent moins se moquer. La colère d’Albert sera quand même désamorcée (mais désormais on réfléchira à deux fois avant de lui dire qu’il est tout petit ou de l’appeler Bibi !). Un texte plein d’humour et de très belles illustrations pour un petit album ressorti chez Tom’Poche (qui ressort en format poche des albums sortis chez d’autres éditeurs).
Le même vu par Œil d’ailleurs et par Parfums de livres (dans une chronique sur la colère).

Albert le hamster qui pique une grosse colèreAlbert (oui oui encore mais c’en est un autre) est un hamster qui pique de grosses colères ! Mais alors vraiment grosses ! Qui font jeter les affaires par terre ! On a beau essayer de le calmer, rien n’y fait ! Albert quand il est en colère c’est la guerre !

Ici aussi quelqu’un saura désamorcer la colère d’Albert et le petit hamster se rendra compte que s’il est moins colérique on l’aimera davantage. Albert, le hamster qui pique une grosse colère de Nathalie Dujardin et Marie Moray est un album au texte simple, en rime (on accroche ou pas aux textes en rimes, moi j’ai plutôt du mal) avec des illustrations modernes. Un album pour parler avec les petits de leurs colères.
Le même vu par Maman Baobab (dans une thématique sur la colère, d’ailleurs).

SinonUn loup entre dans la boulangerie de Madame Bonpain et réclame très énervé « un éclair au chocolat, SINON… ». Forcément, devant un loup aussi énervé, on cède ! Mais la boulangère, terrifiée, cherche quelqu’un pour la remplacer le lendemain. Les gens derrière le comptoir vont se succéder jusqu’à ce que quelqu’un ose répondre au loup.

Un album que j’ai adoré lire à ma fille (et qu’elle a adoré écouter), un album très drôle dans lequel on imite la voix du loup (et les répétitions permettent aux enfants de dire aussi les dialogues). Une histoire pleine d’humour, des dessins simples mais efficaces. On regrettera juste cette succession de personnages féminins qui tremblent devant le loup et ce n’est que lorsqu’il aura un personnage masculin que le loup trouvera enfin un interlocuteur qui ose lui tenir tête

méchant petit princeIl était une fois un petit prince qui était si méchant qu’il pinçait son père pour lui dire bonjour et mordait sa mère au lieu de l’embrasser. Il énervait tellement son monde qu’on décida de l’enfermer dans une tour du château. Seulement il réussit à s’enfuir ! Et après avoir beaucoup voyagé, il rencontra une princesse aussi méchante que lui avec qui il eut de nombreux enfants (c’est peu dire) qui adoraient mettre leur père en boule.

Grégoire Solotareff nous embarque encore dans une histoire complètement folle et décalée où ce qui l’entoure devient entièrement rouge quand le prince s’énerve (ce qui fait beaucoup rire ses enfants, qui, du coup, provoquent ses colères). Le méchant petit prince est un album très coloré dans lequel finalement les colères (et la méchanceté) ce n’est pas si grave que ça, et même c’est plutôt drôle.

anais voit rougeAnaïs vient de déménager, elle va donc dans une nouvelle école. Seulement, de tout ça, Anaïs n’a aucune envie, et que ce soit chez elle ou à l’école, elle pousse de grosses colères. Ses parents et sa maîtresse vont devoir y faire face, heureusement que la psychologue de l’école est là pour aider Anaïs à maîtriser ses colères.

On termine par un album beaucoup plus pédagogique. Anaïs voit rouge est écrit par une psychoéducatrice et l’histoire pour les enfants est accompagnée d’un texte à destination des adultes où l’on parle de la colère chez les tout-petits, des attitudes à avoir devant cette situation… J’ai toujours du mal avec ces albums très pédago-psycho-quelque chose… Mais c’est très personnel et si vous cherchez un livre qui donne des solutions pour faire face aux colères des enfants et en parler avec eux, cet album peut vous plaire.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur la colère que nous avons chroniqué : Pas envie, Joseph Fipps, Gros-gris, Lili, capricieuse petite sorcière, Le masque et Plus de bisous !.
Nous avons déjà chroniqué des livres de Nathalie Dujardin et Marie Morey (Ronchon le cochon qui répond toujours non), Grégoire Solotareff (Adam et Eve) et Sophie Martel (Yoganimo, Le yoga des enfants).

Bleu d’orage
Texte de Sarah Pirson
Lirabelle
15€, 240×170 mm, 32 pages, imprimé en France, 2005.
La colère d’Albert
Texte de Françoise Laurent, illustré par Pascal Vilcollet
Tom’Poche
5,50€, 150×211 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2011.
Albert, le hamster qui pique une grosse colère !
Texte de Nathalie Dujardin, illustré par Marie Morey
Éveil et découvertes dans la collection Mini rimes
12€, 220×305 mm, 34 pages, imprimé en Union Européenne, 2012.
Sinon…!
Texte de Alice Bassié, illustré par Sylvain Diez
Kaléidoscope
12,70€, 175×255 mm, 22 pages, imprimé en Italie, 2009.
Méchant petit prince
de Grégoire Solotareff
L’école des loisirs
12,70€, 225×317 mm, 30 pages, imprimé en France, 2013.
Anaïs voit rouge
Texte de Sophie Martel, illustré par Christine Battuz
Dominique et compagnie dans la collection Une histoire sur…
14€, 220×285 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2010.

A part ça ?

Si vous cherchez un livre pour apprendre à gérer les colères des enfants, les comprendre je peux vous conseiller Pleurs et colères des enfants et des bébés d’Aletha Solter sorti chez Jouvance éditions dont on m’a dit du bien (oui j’avoue que je ne l’ai lu moi-même, je lis peu de lire sur l’éducation). Un article qui en parle.

Gabriel

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