La mare aux mots
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Mango Jeunesse

De beaux rêves

Par 9 août 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on se plonge dans deux très jolis albums, deux albums idéals pour s’endormir paisiblement et faire de beaux rêves…

Bonne nuit
Texte de Mary Lyn Ray, illustré par Christopher Silas Neal
Circonflexe
13,50 €, 234×258 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2016.
L’attrape-lune
Texte de Séverine Vidal, illustré par Barroux
Mango Jeunesse
14,50 €, 245×315 mm, 24 pages, imprimé en Slovénie, 2016.

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Dans les bois

Par 23 juin 2014 Livres Jeunesse

l'oizochatDans la forêt de Cécédille un jour un animal étrange tomba du ciel. Mi-oiseau, mi-chat, l’Oizochat parlait un langage étrange que personne ne comprenait, ni les oiseaux, ni les chats. Ils se méfièrent donc de cet étranger. Il était différent, ils ne le connaissaient pas, il était donc certainement dangereux. L’oizochat leur raconta par des dessins d’où il venait, que son pays était en guerre, qu’autour de lui tout le monde avait été tué, mais les oiseaux et les chats firent mine de ne pas comprendre. Ils acceptèrent toutefois qu’il reste, à condition qu’il accepte toutes les corvées qu’on lui demandait d’effectuer et sans rien réclamer en retour. Et bien sûr l’Oizochat faisait tout pour s’intégrer, apprenant même la langue des uns et des autres, chantant même d’une façon divine, on continuait à se méfier de lui et à demander aux enfants ne de pas l’approcher.
Vous l’aurez compris, c’est un conte plein de sens que signe le très talentueux Rémi Courgeon. Une histoire très forte dans laquelle on peut entrapercevoir la peur de l’autre et de la différence, le rejet des étrangers (sauf s’ils nous sont utiles et qu’ils n’approchent pas nos enfants). Sans aucune lourdeur, Rémi Courgeon parle donc de thèmes forts. Comme d’habitude, c’est magnifiquement illustré.
Un très beau conte, dur parfois, mais plein d’espoir.

Robin des boisFils d’un garde de la forêt de Sherwood, Robin était un habile archer. Avec ses parents, ils vivaient dans la peur : le Shérif imposait ses lois, de plus en plus violentes, de plus en plus dures à supporter, pendant que le roi était en croisade. Le jour où son père se fit capturer pour avoir osé chasser afin de nourrir sa famille et ses amis que les lois du Shérif affamaient, Robin décida de ne plus se laisser faire. Aidé d’un ami, il délivra son père à la barbe des gardes. Le peuple fut impressionné et donna un surnom à ce jeune garçon qui se cachait dans la forêt : Robin des bois.
Tout le monde connaît ce personnage, mais finalement connaissons-nous l’histoire (moi personnellement, je ne la connaissais pas) ? C’est pourtant une magnifique aventure que celle de celui qui osa se rebeller, s’allia aux bannis (handicapés, albinos… tous ceux qui étaient éloignés, car on les pensait envoyés par le diable) pour récupérer des vivres pour le peuple puis renverser celui qui les affamait. Si vous ne connaissez pas la fin, je ne vous la raconterai pas ici, mais mon résumé n’est que le début d’une grande et belle (et tragique) histoire.
C’est Sébastien Pelon qui a magnifiquement mis en image cette belle histoire, avec des planches qui occupent parfois les doubles pages. Le livre est superbe, à l’image de sa couverture.
Une grande aventure pour les enfants qui lisent déjà (l’éditeur le conseille à partir de 8 ans).
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Rémi Courgeon (Brindille, Gros Chagrin, Le grand arbre et autres histoiresContes d’Afrique, Pieds nusToujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley) et de Sébastien Pelon (Contes d’Afrique). Retrouvez aussi notre interview de Rémi Courgeon.

L’oizochat
de Rémi Courgeon
Mango Jeunesse
14,50 €, 220×230 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Robin des bois
Texte de Stéphane Frattini, illustré par Sébastien Pelon
Milan dans la collection Albums classiques
16,90 €, 260×315 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Biscoto 17Je vous ai parlé il y a quelques jours de la super promo que propose Biscoto (voir ici)… mais je n’avais pas vu que le dernier numéro était paru ! Et ce mois-ci, ça déménage ! Pour son numéro 17, dans le journal plus fort que costaud ! on va donc retrouver des BD, des jeux, des histoires… sur le thème du déménagement. Des extraterrestres qui changent de planète, une idée farfelue du Professeur Biscornu pour déménager facilement, un enfant qui aimerait déménager pour avoir un ascenseur, un jeu genre test de personnalité signé Vincent Malone, la suite des feuilletons… bref on va encore bien s’amuser avec ce nouveau numéro de notre journal de BD préféré !
3,50 € ce numéro et 35 € l’abonnement d’un an ici.

Gabriel

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Loup, y es-tu ?

Par 17 janvier 2014 Livres Jeunesse

Le loup est certainement l’animal le plus présent dans la littérature jeunesse. Lors d’une conversation avec Maman Baobab, je lui ai dit que j’allais faire une chronique avec plusieurs albums sur le loup… elle en avait également l’intention ! Nous vous proposons donc aujourd’hui deux chroniques qui se croisent (la sienne est ici), avec parfois des livres en commun. Aoooouuuuuuuu !!!!!!!

Loulou l'incroyable secretLoulou vivait heureux avec Tom, le lapin, jusqu’au jour où une voyante lui donna un portrait de sa mère. Loulou ne savait pas qu’il avait une mère, il lui fallait partir à sa rencontre. Seulement, c’était dans un pays un peu effrayant (surtout pour Tom) appelé Wolfenberg. Un voyage qui n’allait pas être de tout repos !

Loulou l’incroyable secret est une BD tirée du film éponyme. On retrouve ici les deux personnages créés par Solotareff il y a 25 ans qui ont grandi, les voilà maintenant ado. L’album, qui ne manque pas de suspense et de rebondissements, parle surtout de la quête des origines, d’où vient Loulou, qui est-il vraiment ? Personnellement, j’ai eu une impression de résumé (on sent que c’est tiré d’un film et qu’il manque des passages), on passe trop vite d’une scène à l’autre. Parfait pour ceux qui ont déjà vu le film, très certainement. Pour les autres, ça donne envie de le voir…
Le même vu par Qu’importe le flacon et par Les lectures de Kik.

Un jeune loup bien éduquéPour la première fois, un jeune loup partit chasser seul. Très rapidement, il attrape un lapin mais comme notre jeune ami est bien élevé il accorde au lapin une dernière volonté : celui-ci veut une histoire. Ni une, ni deux, le loup va chercher un livre… sauf qu’à son retour, il n’y a plus de lapin ! Et c’est reparti pour la chasse ! Ce coup-ci, c’est un poulet qui est pris au piège… mais il veut que le loup lui joue de la musique avant de mourir. Le loup part donc chercher sa guitare ! Et à son retour… vous avez deviné ! Le loup se fera-t-il toujours aussi bien avoir ?

On reconnaît bien dans Un jeune loup bien éduqué l’humour de Jean Leroy et de Matthieu Maudet, auteur et illustrateur qu’on aime beaucoup ici. Ce conte en randonnée est rythmé et vraiment drôle, le genre d’histoire qui cartonne auprès des enfants. Ils rient de ce qui arrive au loup tout au long de l’aventure et ils rient encore plus à la chute. Une histoire aux illustrations colorées qui fait mouche !
Le même vu par Clarabel, Le cabas de Za, Enfantipages et Butiner de livres en livres.

loup qui mangeait n'importe quoiUn loup sans foi ni loi (et même un peu relou) était en colère tellement il avait faim. Il errait dans le bois de Saint-Cloud quand il croisa un mouton solitaire. L’animal n’était pas seul sans raison : il avait des renvois si odorants que personne ne voulait rester avec lui. Il eut beau prévenir le loup que s’il le mangeait il serait sûrement affublé du même mal, il fut gobé ! Après une bonne sieste, le loup reprit son chemin… tout en lâchant des rots bruyants et puants. Il croisa un cochon solitaire. Le cochon lui expliqua que s’il était seul c’est parce qu’il avait des problèmes de gaz… et que s’il le mangeait il lui arrivait la même chose… Pas de souci pour le loup et hop ! Le cochon fut mangé ! L’histoire était loin d’être finie…

Alors forcément, ce loup qui rote, qui pète, qui a le nez qui coule… ça va plaire à la plupart des enfants ! Mais les parents vont aussi se régaler de cette histoire complètement loufoque signée Christophe Donner et illustrée par Manu Larcenet (génialissime auteur BD dont c’est le premier album jeunesse). D’habitude, j’ai vraiment du mal avec les textes en rime, mais le texte est tellement drôle, tellement moderne que là ça passe tout seul, on prend beaucoup de plaisir à lire ce texte à voix haute. La chute est complètement inattendue et rend l’album encore plus original. Ici, on est fans de ce loup qui mangeait n’importe quoi !
Un extrait en ligne.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Le plus malinAlors qu’il se promène dans les bois, le loup croise une petite fille toute de rouge vêtue. Elle lui dit qu’elle va chez sa grand-mère. Le loup, qui est très malin, se dépêche d’y être avant elle. Une fois sur place, pas de grand-mère, mais une chemise de nuit sur le lit attire l’œil du loup, et s’il se déguisait ? Voilà notre loup déguisé en grand-mère, le plan est presque parfait ! Pour ne pas éveiller les soupçons, il faut aller effacer les traces de pas devant la maison… Sauf que la porte de la maison claque et voilà notre loup, en chemise de nuit, dehors… Il va croiser les trois petits cochons, le chasseur, les sept nains et d’autres personnages encore et il regrettera d’avoir voulu être le plus malin !

On retrouve bien ici le ton de Mario Ramos, son humour, son trait. Comme beaucoup d’entre vous, je pense, j’adore les contes détournés. On reconnaît ici le début du petit chaperon rouge puis l’histoire part dans tout autre chose. On rit avec ce loup (ou plutôt de ce loup), devenu plus très crédible travesti ainsi. Une histoire pleine d’humour qui va beaucoup plaire aux enfants… et aux adultes aussi !
Le même vu par Enfantipages et  À l’ombre du saule.

Loup ?Un cochon se rendit à la boucherie Au petit chaperon rose, il voulait acheter de la viande de loup… mais il n’y en avait pas ! La petite fille décida de mener l’enquête… où trouver le loup ? Boucle d’Or n’avait pas l’air de savoir mais elle en avait envie, elle alla voir le chien mais ce dernier doutait de l’existence du loup… Il décida d’aller en parler au diable…

Loup ? est un album collectif réalisé dans le cadre de Manges-livres à Grateloup (un salon du livre jeunesse en Lot-et-Garonne). Six auteurs/illustrateurs (Alfred, Carole Chaix, Marc Daniau, Claire Franek, Régis Lejonc et Henri Menier) mêlent ici leurs talents pour cette histoire drôle mais aussi pleine de sens. Qui sont les loups ? Pas forcément ceux qu’on croit… Un bel album très graphique et vraiment original.

Tous sauf unC’est l’histoire d’un loup qui adorait manger les moutons, il aimait toutes sortes de moutons, dès qu’il en voyait un, peu importe son apparence, il était avalé… Tous ? Non sauf un ! Il y avait un mouton bien trop malin qui ne se laissait pas avoir. Le loup adorait aussi effrayer les enfants, c’était plus fort que lui, dès qu’il en voyait un, peu importe lequel il lui montrait les dents et l’enfant partait en courant. Tous ? Non sauf un ! Un petit garçon très malin qui narguait le loup. Autre plaisir de ce loup : écrabouiller les fleurs ! Il adorait ça… mais là aussi il y en a une qui lui résistait ! Il avait beau tout tenter sur elle, elle restait toujours aussi belle ! Mais un jour…

Nadine Brun-Cosme signe un texte plein de poésie sur un loup et ses petites frustrations devant les choses qui lui résistent… mais si finalement ces petites frustrations étaient nécessaires ? Si le fait de ne pas tout avoir nous faisait encore mieux apprécier ce que l’on a ? Si c’était ça qui mettait un peu de piment dans notre vie ? Un très beau texte mit en image avec beaucoup d’humour par Anne-Isabelle Le Touzé.

Le loup qui voyageait dans le tempsAlors qu’il fouillait dans son grenier, Loup trouva un livre sur lequel il était écrit que c’était un livre pour voyager dans le temps… il suffisait de tourner la page et l’on se retrouvait plongé au cœur de l’histoire. Loup n’y crut pas et se retrouva pourtant bien loin de chez lui… Un voyage dans le temps qu’il n’allait pas oublier !

On ne peut pas faire une chronique sur les loups sans parler d’un des plus célèbres, le Loup d’Orianne Lallemand et d’Éléonore Thuillier, personnage cher aux enfants. On aime beaucoup ce loup, ses histoires pleines de fantaisies et ses illustrations pleines d’humour et de couleurs. Ici, notre Loup va donc voyager dans le temps et donc donner quelques notions historiques aux enfants (attention ce n’est quand même pas un documentaire, n’exagérons rien). Loup va rencontrer Louis XIV, Jules César ou encore les dinosaures. Une frise, en page de garde, replace chaque époque que visite le loup. Un album plein d’humour… et qui donne des premières notions d’Histoire aux enfants.
Le même vu par A l’ombre du saule.

Loup noirCette chronique spéciale loup est aussi l’occasion de vous annoncer la ressortie du magnifique Loup Noir d’Antoine Guilloppé dans une magnifique version de luxe avec une reliure bodonienne, débossage et papier offset (oui, je cite le dossier de presse sans savoir de quoi je parle, mais le résultat est superbe !). J’avais déjà parlé de ce magnifique album qui joue sur les contrastes noir et blanc (comme sait si bien le faire Antoine Guilloppé). Cette superbe version qui sort pour les dix ans de l’album est l’occasion de vous l’offrir si vous ne l’aviez pas encore.
Deux photos de la couverture par Antoine Guilloppé.

Quelques pas de plus…
Parmi les albums sur les loups que nous avons chroniqués : Coffret Grand Loup & Petit Loup, Marlaguette, Sinon…!Le Grand Méchant Loup et l’école des affreux, Monsieur Le Loup, Li-loup, Lou P’tit Loup et la bergère… et plein d’autres avec le tag Loups.
Nous avons déjà chroniqué des livres de Grégoire Solotareff (Méchant petit prince et Adam et Eve), Jean-Luc Fromental (10 p’tits pingouins autour du monde), Jean Leroy (Anoki, Canaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteur, Canaille n’aime pas la soupe et Si j’étais un oiseau…), Matthieu Maudet (La croccinelle, Le ça, Bonjour facteur, Bonjour Docteur), et même un album de Jean Leroy et Mathieu Maudet (Papy), Mario Ramos (L’école est en feu, Le petit Guili et Mon ballon), Nadine Brun-Cosme (D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), Anne-Isabelle Le Touzé (Timoléon), Orianne Lallemand (Les chaussettes de Gaspard, Au secours ! Un ogre glouton, Au secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu, Pestouille et Jolicoeur),  Éléonore Thuillier (Sur la route des formes, Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine) et d’Orianne Lallemand et Éléonore Thuillier (Le loup qui n’aimait pas Noël , P’tit loup rentre à l’école).

Loulou l’incroyable secret
de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental
Rue de Sèvres
12,50€, 210×275 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.
Un jeune loup bien éduqué
Texte de Jean Leroy, illustré par Matthieu Maudet
L’école des loisirs
12,20€, 197×265 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Le loup qui mangeait n’importe quoi
Texte de Christophe Donner, illustré par Manu Larcenet
Mango Jeunesse
14,50€, 250×340 mm, 26 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le plus malin
de Mario Ramos
École des loisirs dans la collection Lutin Poche
5,60€, 150×190 mm, 45 pages, imprimé en France, 2013 (première édition 2011).
Loup ?
d’Alfred, Carole Chaix, Marc Daniau, Claire Franek, Régis Lejonc et Henri Menier
Association Mange-Livres
10€, 200×200 mm, 40 pages, imprimé en Europe, 2013.
Tous sauf un
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Anne-Isabelle Le Touzé
Points de suspension
12€, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
Le loup qui voyageait dans le temps
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Mes grands albums
9,80€, 255×255 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Loup noir
d’Antoine Guilloppé
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 255×258 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

Jean Fabre, l’un des fondateurs de l’école des loisirs, nous a quitté. Un hommage signé Lucie Cauwe.

Gabriel

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Aller vers l’autre

Par 9 décembre 2013 Livres Jeunesse

Avant que vous ne boucliez votre liste de Noël* je voulais absolument vous présenter Le grand arbre et autres histoires… seulement, j’avais du mal à trouver avec quels livres le chroniquer. En fait, les quatre histoires qu’il comporte parlent toutes, d’une manière ou d’une autre, d’aller vers l’autre… ça sera donc le thème de cette chronique.

Le grand arbre et autres histoiresUn homme très riche avait eu comme lubie d’acheter un arbre qu’il trouvait magnifique, il fallait donc le déplacer, il le voulait chez lui. Seulement les racines de l’arbre étaient liées à celles d’un arbrisseau, en coupant ces liens les deux mourraient. Le petit arbre appartenait à une vieille dame qui n’était pas prête à le vendre, mais qui allait changer la vie de l’homme.

Un petit garçon, fan de l’homme invisible, rencontre un jour un accordeur de piano aveugle. Pour ce dernier le petit garçon était tel que son héros, invisible. L’enfant décida de lui apprendre les couleurs. Une belle histoire entre les deux était née.

Un vieux lapin demandait chaque année trois jours de vie en plus à tous ses amis en cadeau d’anniversaire. Seulement les années passant, il se trouvait de plus en plus vieux et n’avait plus envie de ces bonus. Après avoir appris toutes ses connaissances de jardinier au jeune Touneuf il lui demanda de faire savoir à tout le monde que désormais il fallait lui offrir autre chose… et le laisser partir.

Léontine était si timide qu’elle se cachait sous un rideau de cheveux. Les autres se moquaient. Elle se souvenait à peine de son père, mort quand elle était petite, mais sa mère lui disait qu’elle avait ses cheveux, c’est dire l’importance pour elle de sa chevelure qu’elle n’avait jamais coupée. La rencontre avec Olaf allait changer sa vie.

Quatre histoires absolument magnifiques sont réunies ici dans un très bel album au beau papier et à la couverture épaisse. Rémi Courgeon aborde de nombreux thèmes : le partage, la transmission, l’amitié, l’amour, la timidité, les gens qui changent notre vie… C’est une super idée que d’avoir réuni ici ces quatre histoires. C’est typiquement le genre d’album qu’on garde précieusement, dont on se souvient encore une fois adulte (vous avez remarqué que les albums qui nous ont le plus marqués enfant sont des recueils d’histoires ?). Les illustrations de Rémi Courgeon sont superbes et il fait passer de très beaux messages dans ses histoires pleines de sens. Un magnifique album, cadeau parfait pour les fêtes de fin d’année.

Le MurNahum était un jeune berger. Il s’était un peu perdu dans le désert, au milieu de la tempête de sable. Son seul agneau avait disparu. Pas de doute, le vent l’avait emporté et il était passé derrière le grand mur qui bordait le désert. Personne ne savait ce qu’il y avait derrière ce mur. L’océan pour certains, un monde d’autrefois rempli de bêtes féroces pour d’autres. Et si Nahum allait voir par lui-même ce qu’il y avait derrière ce mur et qui y vivait ?

Le mur est un magnifique album signé François Aubin. Ici, on parle de l’inconnu, de la peur qu’il déclenche en nous, on parle aussi des frontières, de la peur de celui qui est de l’autre côté de la barrière. La première rencontre entre Nahum et celui qui vit derrière le mur donne lieu à une double planche sans texte, juste les deux visages qui se découvrent l’un l’autre. Vraiment très beau.

MélinaC’est un jour de pluie que Mélina est arrivée dans l’école. Les enfants attendaient qu’il se passe enfin quelque chose dans leurs journées monotones, c’est une jeune fille de passage qui allait mettre du piment dans leur journée. Car Mélina n’était pas faite pour rester, avec ses parents elle bougeait tout le temps, d’où le nom qu’on leur donnait « gens du voyage ». Pourtant se poser de temps en temps serait agréable, mais comment faire quand on se fait traiter de voleur de poules, que les gens font tout pour vous faire partir ? Les héros de cette histoire ne comprennent pas… surtout qu’ils n’ont pas de poule à voler. Eux aimeraient que Mélina reste un peu avec eux…

Ah, les mots d’Alice Brière-Haquet… son écriture si poétique. Ici encore, elle nous raconte avec une infinie poésie, beaucoup de délicatesse cette histoire de gens qui refusent d’accepter ceux qui sont différents d’eaux, d’enfants qui ne comprennent pas la haine des adultes. Les jolies illustrations de Leïla Brient (bien que parfois un peu trop numériques à mon goût, mais c’est personnel) accompagnent parfaitement ce très joli texte. Une belle histoire pour rappeler la bêtise humaine et les a priori idiots.

Mon secret rit tout le tempsElle le voyait souvent sur son banc, ce vieux monsieur un peu original. L’air un peu triste il restait là à parler aux oiseaux. Elle avait même décidé de lui donner un nom : Marcello. Et malgré qu’on lui ai dit de se méfier (il faut toujours se méfier des originaux), elle avait décidé de lui parler. Très vite, ces deux-là se sont liés, il a commencé à sourire, mais il fallait surtout garder cette amitié secrète, que penseraient les parents…

Ici aussi, c’est une très belle histoire sur l’amitié que nous raconte Séverine Vidal. L’amitié transgénérationnelle, en se moquant des a priori et des on-dit. Parfois, il faut désobéir aux adultes, ne pas se fier à leurs peurs. Parfois, les enfants ont raison de ne pas voir le mal partout. Peu importe l’âge, peu importe le sexe, peu importe l’apparence quand on a un ami (qui rit tout le temps de surcroît).
Le même vu par Le tiroir à histoires.

Simon et NaslatDans la classe de Simon, il y a Naslat. Simon ne voit qu’elle même si elle ne le regarde pas. Simon est ailleurs, il pense à Naslat, la petite fille pas toujours très sage et à qui il n’ose pas donner la main quand le maître demande de se mettre deux par deux. La jolie Naslat qu’il observe en cachette. Un jour peut-être que Simon osera dire à Naslat qu’il est amoureux d’elle.

Dans la classe de Naslat il y a Simon, celui que personne ne voit tellement il est timide, mais Naslat, elle, ne voit que lui. Parfois Naslat semble dans la lune, mais elle pense à Simon, elle pense qu’elle aimerait bien qu’il la regarde, elle pense qu’elle aimerait bien qu’il lui donne la main quand le maître demande de se mettre deux par deux. Naslat rêve, un jour peut-être qu’elle osera dire à Simon qu’elle est amoureuse de lui.

Simon et Naslat est un livre qui se lit dans les deux sens, d’un côté l’histoire de Simon, de l’autre celle de Naslat. Deux histoires qui nous montrent en parallèle deux personnages qui n’osent pas aller vers l’autre (alors qu’ils sont amoureux l’un de l’autre). Le texte d’Hélène Rice est très sensible, poétique, plein de douceur. Les illustrations de Ninamasina accompagnent avec beaucoup de délicatesse ce bien joli texte. Parfois, il faut oser aller vers l’autre…
Le même vu par Enfantipages.

*il y aura encore des idées cadeaux lundi prochain donc ne bouclez pas encore !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Rémi Courgeon (Contes d’AfriquePieds nus, Toujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley), François Aubin (Ma maison de nuit), Alice Brière-Haquet (Pierre la Lune, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ?, Perdu !, et Mademoiselle Tricotin), Leïla Brient (Les écharpes de Mamie Berthe), Séverine Vidal (55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et Vanessa Hié (Le carnaval des animaux). Retrouvez aussi nos interviews d’Alice Brière-Haquet, de Rémi Courgeon et de Séverine Vidal.

Le grand arbre et autres histoires
de Rémi Courgeon
Mango Jeunesse
19,50€, 210×285 mm, 106 pages, imprimé en Slovénie, 2013.
Le mur
de François Aubin
Points de suspension
15€, 200×230 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mélina
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Leïla Brient
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50€, 187×267 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Mon secret rit tout le temps
Texte de Séverine Vidal, illustré par Vanessa Hié
Kilowatt
12,90€, 197×267 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Simon et Naslat
Texte de Hélène Rice, illustré par Ninamasina
Philomèle
13€, 155×215 mm, 40 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.

A part ça ?

Maman Baobab raconte son Montreuil (dans lequel je suis un peu présent…) c’est ici !

Gabriel

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Pinocchio

Par 29 novembre 2013 Livres Jeunesse

Il y a quelque temps, suite au visionnage de la version d’Enzo D’Alò de Pinocchio (que j’avais chroniqué ici) j’ai eu très envie de revoir les autres versions que j’avais vues il y a quelques années. En quelques semaines, avec ma fille de 5 ans, j’ai donc vu le magnifique dessin animé d’Enzo D’Alò, le téléfilm en plusieurs parties de Luigi Comencini avec Nino Manfredi dans le rôle de Geppetto et Gina Lollobrigida dans celui de la fée bleue et enfin la version de Roberto Benigni. Trois versions au final très différentes, qui m’ont donné envie de lire l’œuvre originale de Carlo Collodi. Flammarion venant justement de la sortir en version intégrale… C’était le moment idéal !

pinocchioPère Cerise fit un jour l’acquisition d’un magnifique morceau de bois. Il se réjouissait déjà de ce qu’il allait en faire : un pied de guéridon ! Il prit sa hache quand il entendit une voix le suppliant de ne pas lui faire mal. D’où venait donc cette voix ? Il avait beau chercher, il ne trouvait pas ! Il reprit sa hache… la voix repris. Le vieil homme était terrorisé ! Quand son vieil ami Geppetto se présenta chez lui pour chercher un morceau de bois pour faire un pantin, il ne se fit pas prier pas pour lui donner la bûche qui semblait ensorcelée. Geppetto rentra chez lui, commença à façonner son pantin et décida de lui donner le nom de Pinocchio. Il ne savait pas encore quels malheurs l’attendaient !

Pour vous raconter ma vie (après tout, c’est un blog ici), nous avons lu ce livre par chapitre (ou par demi-chapitre) chaque soir avec ma fille pendant plus de deux mois. Chaque soir, elle attendait avec impatience la suite des aventures du petit pantin pas très sage (et quand le livre a été fini, elle était très déçue que ça soit déjà la fin). Il faut dire que c’est une histoire magnifique, pleine de rebondissements. C’est drôle et tendre, poétique et moral (parfois un peu trop). On ne s’ennuie jamais avec ce pantin qui passe son temps à mentir, à se lamenter, qui est extrêmement naïf et à la fois qui sait profiter de la bonté des gens. Pinocchio est un personnage assez insupportable (mais qui rentrera dans le droit chemin), mais tellement drôle ! On suit donc ses aventures extraordinaires, on tremble pour lui lorsqu’il est pendu par le chat et le renard, lorsqu’il est sur le point d’être rôti dans la poêle d’un pêcheur ou quand un marionnettiste veut le faire cuire. On est émerveillé quand il vole à dos de pigeon, rencontre une fille aux cheveux d’azur ou parle avec les animaux (qui tentent toujours de lui donner des conseils qu’il n’écoute jamais). On est triste quand il apprend la mort de sa fée, quand il pense que son père a été mangé par un requin ou lorsqu’un de ses compagnons meurt dans ses bras. C’est un roman absolument superbe, une grande aventure. À écouter à 5 ans, à lire à 80, un roman multigénérationnel, un bon livre quoi ! Cette version sortie chez Flammarion, avec sa couverture à rabat et ses illustrations de Jean-François Dumont est vraiment un bel ouvrage.

Petit aparté, forcément en lisant l’œuvre originale on se souvient des films vus… force est de constater que c’est Roberto Begnini qui a été le plus fidèle à l’œuvre. Le côté insupportable du personnage, le côté bavard (ça m’avait choqué dans le film, on a envie de lui dire « mais tais-toi ! » et je m’étais dit que Begnini faisait du Begnini… en fait, Pinocchio est comme ça, certaines « tirades » font des demi-pages). C’est intéressant aussi de voir que Luchignolo (appelé Lumignon dans cette version) est un personnage mineur contrairement aux versions cinéma. Et là encore, la fin de Luchignolo n’est montrée que dans le Begnini. Il a, à mon sens, été le seul à être vraiment fidèle au ton de l’œuvre de Carlo Collodi.

PinnochioUn menuisier qui n’avait jamais eu d’enfant et se sentait seul décida de se faire un pantin de bois. Seulement une fois fait le pantin est doué de parole et est même très doué en bêtises !

Oui, c’est la même histoire ! Mais drôlement résumée… Le roman de plus de 150 pages de Carlo Collodi tient ici sur 18 ! Alors bien sûr il manque énormément de choses, le personnage de Pinocchio, lui-même, n’a plus sa saveur (et en enlevant certains passages on est obligé d’en changer d’autres choses) et perd même en cohérence (« Mais, Pinocchio s’enfuit de la maison. Bientôt, il fut arrêté par deux gendarmes. – Que fait un petit garçon comme toi, tout seul dans la rue ? demandèrent-ils. Ils le laissèrent partir, mais, à la place, ils allèrent chercher Geppetto et le menèrent en prison »… Pinocchio est à peine arrêté qu’il est libéré et Geppetto est arrêté sans qu’on sache pourquoi !). Par contre les illustrations tout en découpages sont absolument superbes. C’est du papier découpé au laser qui est collé sur du papier de couleur. Comme si l’on voyait l’histoire en ombres chinoises. Un ouvrage très graphique parfait pour une première approche de l’histoire de Pinocchio.

L’œuvre de Carlo Collodi a souvent donné des idées aux auteurs jeunesse (pas uniquement jeunesse d’ailleurs, on pense à la BD de Winshluss), on a vu plein d’histoires librement inspirées du pantin de bois (au cinéma aussi d’ailleurs, on pense à A.I. Intelligence Artificielle). Voici un exemple.

LapinokioUn vieux lapin en peluche rêvait d’être un vrai lapin. Posé sur le rebord d’une fenêtre, il regardait les animaux dehors et rêvait d’être parmi eux. À force de le répéter, une fée apparut et lui exauça son souhait… sauf que le lapin (qu’on appelait maintenant Lapinokio) ne faisait que des bêtises et se mettait à dos les animaux de la ferme. Et si être sage était finalement mieux ?

Lapinokio s’inspire donc de Pinocchio (le rêve de devenir « vrai », les oreilles qui s’allongent quand il fait des bêtises, le fait de ne pas être sage). Voilà donc une version adaptée aux plus petits pleine de pep’s, très colorée, qui devrait plaire aux enfants. Et c’est bien connu, tous les doudous aimeraient devenir vivants, non ?

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs ouvrages de Jean-François Dumont : Copains comme cochons, Gare à Edgar, La petite oie qui ne voulait pas marcher au pas et La grève des moutons.

Pinocchio
Texte de Carlo Collodi (traduit par Claude Poncet), illustré par Jean-François Dumont
Flammarion
13€, 165×220 mm, 160 pages, imprimé en Slovénie, 2013.
Pinocchio
d’Agnese Baruzzi (d’après Carlo Collodi et traduit par Françoise Nagel)
Mango Jeunesse
16€, 220×220 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2013.
Lapinokio
Texte de Lili Chartrand, illustré par Pishier
Dominique et compagnie
14,50€, 236×236 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 14,50€.

A part ça ?

Quelques photos de Montreuil

Gabriel

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