La mare aux mots
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Marie Caudry

Demandez des contes ! [article en libre accès]

Par 20 novembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux pépites pour accompagner vos soirées d’automne au coin du feu : le conte féministe Anna qui chante de Sonia Paoloni et Eloïse Rey et le formidable Le petit poucet c’est moi… Régalez-vous !

Il était une fois un drôle de pays : le Pays des Sept Collines. Dans cette contrée éloignée, vivaient un roi et sa fille, Judith, surnommée par les habitant·e·s du royaume « Judith la Triste ». Un roi méchant, tyrannique qui la gardait enfermée. Si Judith avait droit à une éducation hors pair, musique, langues étrangères, calcul et dissection, elle s’ennuyait ferme toute seule… Alors le roi eut une idée de génie : kidnapper des petites filles pour que Judith ait des amies… Seulement, au milieu de ces petites filles, il y en avait une particulière : Anna…
Anna qui chante est un album féministe et poétique. Sonia Paolini nous propose une histoire drôle et révoltée. L’autrice suit les codes classiques du conte : un pays lointain, un roi odieux, une princesse enfermée promise à un prince… Sauf que contrairement aux contes classiques, la Princesse Judith ne se mariera pas à un Prince, et que les jeunes filles se rebellent contre le patriarcat. Grâce à « Anna qui chante » « Judith qui pleure » va oser s’exprimer face au Roi et prendre son destin en main. Le chant d’Anna est un chant de colère, qui parle aux cœurs des jeunes filles désobéissantes et insoumises. C’est un chant de soulèvement, d’émeute. Les illustrations d’Eloise Rey accompagnent magnifiquement ce très beau texte. Oniriques et éclatantes, d’un style symbolique, elles nous plongent dans un univers ensoleillé où la sororité est la première des qualités. Graphiquement, l’album est somptueux et l’on suit la mélopée d’Anna avec ravissement – on la murmure presque… –
Un très bel album, coup de cœur, féministe et engagé !

Des années après avoir volé les bottes de sept lieux et échappé à l’Ogre, le Petit Poucet reçoit une drôle de lettre « Petit Poucet, tu seras sans doute surpris de recevoir cette lettre. Depuis que j’ai voulu vous manger, tes frères et toi, il est vrai que je n’ai pas beaucoup donné de nouvelles. » À partir de là, une correspondance s’établit entre le Petit Poucet et l’Ogre. Une correspondance passionnante, étonnante et drôle, où l’on découvre le quotidien de notre Petit Poucet (pas si drôle) et les envies d’écrivain de l’Ogre…
Quel album incroyable ! Christophe Mauri et Marie Caudry nous offrent ici un album fantastique. L’idée de départ est géniale : écrire une suite au Petit Poucet (et quelle suite). Sous forme épistolaire, on découvre le quotidien des deux protagonistes : le Petit Poucet est toujours le vilain petit canard de sa famille, tandis que l’Ogre souffre de rhumatisme, de vieillesse… Il adorerait recevoir son correspondant à manger chez lui… Sauf que tout n’est pas si facile : un Ogre peut-il inviter un Petit Poucet pour dîner sans avoir envie d’en faire son plat principal ? (Vous avez 4 heures). L’histoire est à la fois hilarante, émouvante et pose des questions morales et éthiques : notamment lorsque l’Ogre décide de se lancer dans l’écriture de conte de fée (que vous reconnaîtrez, j’en suis sûre) et qu’il se fait emporter dans l’industrie du divertissement. Marie Caudry illustre à merveille ce bel album : on a l’impression d’ouvrir un livre de conte du XIXe siècle : tant dans le trait que dans la forme. On passe du temps à admirer ces belles scènes qui sont parfois sur double-page !
Un superbe album, à lire sans modération ! Un vrai coup de cœur.

Anna qui chante
Texte de Sonia Paolini, illustré par Eloïse Rey
Biscoto
18 €, 227×317 mm, 66 pages, imprimé en France, 2017
Le Petit Poucet c’est moi
Texte de Christophe Mauri, illustré par Marie Caudry
Casterman
14,95 €, 195×254 mm, 124 pages, imprimé en France, 2017.

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Contes du monde

Par 29 juin 2015 Livres Jeunesse

L'échassier de l'empereurSes parents trouvaient Kogata si laid qu’ils lui faisaient porter un masque de bois pour dissimuler son visage. Forcément, pas facile pour l’enfant de se faire des amis. Il vivait rejeté des autres, seul, avec l’espoir d’entrer un jour dans l’école de samouraïs du seigneur Oyigashi. Son destin bascula le jour où ses parents le chassèrent et qu’il rencontra Gusto et Kaou, deux esprits.
L’échassier de l’empereur est un magnifique conte japonais où l’on parle de la différence, du rejet, du fait que chacun est utile, de croire en son destin. Marie Caudry illustre ce conte plein de sagesse avec de grandes planches pleine page.
Un conte japonais pour se rappeler que beau ou laid, ce n’est pas ce qui fait ce que nous sommes.

La papoteTrois sœurs vivaient sans parents dans une petite maison. Elles étaient pauvres, si pauvres qu’elles n’avaient qu’une robe pour trois. Elles gagnaient leur argent en vendant, tour à tour, des paniers d’osier au marché. Un jour où elles avaient gagné un peu plus d’argent, elles décidèrent d’acheter une seconde robe, mais Mimosa, la plus jeune des sœurs à qui l’on avait confié la course, rapporta une poupée dont on lui avait dit qu’elle faisait des crottes en or.
Yannick Jaulin est un conteur extraordinaire. Il nous raconte ici La papote, un conte vendéen, qui nous rappelle l’histoire de la poule aux œufs d’or. C’est extrêmement poétique tout en étant drôle (forcément une poupée qui fait tantôt des crottes en or tantôt des crottes en caca…). Yannick Jaulin parvient à ne jamais tomber dans le scabreux. C’est Samuel Ribeyron, illustrateur ô combien talentueux qui met en image le conte. Bref, vous l’aurez compris, c’est un régal !
Un conte vendéen raconté par un duo d’exception.

Une maison pour quatreIl y avait Tigre, Éléphant, Serpent et Hibou. Tous les quatre s’entendaient à merveille et avaient décidé de se faire une maison, ils y vivraient ainsi ensemble. Pas besoin de placard (ils n’avaient pas d’habits) ni de salle de bain (rien de tel que la rivière), mais des murs et un toit, tout simplement, leur suffisaient. Chacun s’y est mis et bientôt elle fut construite. Sauf que dès la première nuit…
Autre très grand conteur, Gilles Bizouerne a toujours dans sa besace des contes du monde, celui-ci nous vient d’Afrique. Adaptée aux plus jeunes (dès 3-4 ans d’après l’éditeur), voilà une histoire pleine d’humour qui va séduire les enfants ! Élodie Balandras accompagne à merveille les mots de Gilles Bizouerne pour des illustrations hautes en couleur !
Un joli conte africain sorti dans la collection Paroles de conteurs, collection qui ne nous déçoit jamais !

Les rois malhonnêtes« Ce que tu fais, c’est à toi que tu le fais », voilà ce qu’avait dit un mendiant à un roi qui lui donnait une pièce. Une fois, puis une seconde fois. Le roi, ça l’avait rendu fou de colère. Il ne voulait pas de cette maxime qu’il ne comprenait pas, pourquoi le mendiant ne disait-il tout simplement pas merci ?
Un homme qui n’avait plus de bœufs pour labourer son champ l’avait loué à son voisin. Le jour où celui-ci trouva une marmite pleine d’or dans la terre, il voulut la rendre au propriétaire du champ, c’était bien à lui qu’elle revenait, le champ lui appartenait ! Seulement, voilà, celui-ci la refusait en disant que c’était grâce au travail du voisin que la marmite avait été trouvée. Ils décidèrent d’aller voir le roi pour savoir quoi faire. Mais le roi était cupide…
Les rois malhonnêtes réuni deux contes arméniens superbement illustrés par le talentueux Sébastien Pelon. Tout comme pour L’échassier de l’empereur (sorti d’ailleurs dans la même collection), la grande taille de l’album et les illustrations pleine page mettent particulièrement en valeur de travail de l’illustrateur.
Deux contes arméniens magnifiquement illustrés.

Le singe et le crocodileUn singe extrêmement gourmand n’avait plus de noix de coco sur son arbre. Un crocodile lui proposa de lui faire traverser le fleuve, de l’autre côté il en restait plein ! Le singe, qui ne savait pas nager accepta avec plaisir. Seulement à mi-parcours le crocodile jeta le singe à l’eau pour le manger…
On termine par un conte africain illustré par Jess Pauwels et sorti dans les classiques du Père Castor (donc à petit prix). Un conte plein de malice, de suspense et d’humour. Le crocodile n’aura peut-être pas le dernier mot, le singe a peut-être plus d’un tour dans son sac !
Un conte africain, joliment illustré, pour se souvenir qu’il ne faut pas toujours écouter les inconnus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués des ouvrages de Marie Caudry (Le pain perdu du Petit Poucet et Le dragon du vent), de Yannick Jaulin (La Cheneuille et Le tracteur aux dromadaires), de Samuel Ribeyron (La moufle, Yllavu, Ce n’est pas très compliqué, Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface), de Gilles Bizouerne (Le jour où Loup Gris est devenu bleu, La bonne humeur de Loup Gris et Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde), d’Élodie Balandras (La soupe aux épices), de Sébastien Pelon (Les fabuleuses aventures de Sinbad le marin, Robin des bois et Contes d’Afrique), d’Anne Fronsacq (Trotte souris) et de Jess Pauwels (H.E.N.R.I. a les oreilles qui bougent et H.E.N.R.I. a onze doigts). Retrouvez aussi nos interview de Samuel Ribeyron et de Sébastien Pelon.

L’échassier de l’empereur
Raconté par Maud Michel, illustré par Marie Caudry
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et classiques du Monde
16,90 €, 280×320 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
La papote
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Samuel Ribeyron
Didier Jeunesse
12,50 €, 234×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Une maison pour quatre
Raconté par Gilles Bizouerne, illustré par Élodie Balandras
Syros dans la collection Paroles de conteurs
12,90 €, 205×320 mm, 30 pages, imprimé en France, 2015.
Les rois malhonnêtes
Texte de Reine Cioulachtjian, illustré par Sébastien Pelon
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et classiques de Monde
16,90 €, 280×320 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Le singe et le crocodile
Raconté par Anne Fronsacq, illustré par Jess Pauwels
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,75 €, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2015.


Gabriel

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Tous à la cuisine !

Par 20 décembre 2014 Livres Jeunesse, Livres numériques, Numérique

Aujourd’hui, pour l’avant-dernière chronique de l’année (on aurait pu faire pour la dernière, mais je n’aime pas bouleverser les bonnes habitudes et la chronique numérique c’est le dimanche), on s’y est tous mis ! Marianne, Erica et moi (et même ma compagne et mes filles), on est tous passés en cuisine ! On va tous ensemble vous parler aujourd’hui de livres de cuisine (pour Marianne et moi) et d’appli (pour Erica). Allez on met les tabliers et c’est parti !

Le pain perdu du Petit PoucetJe commence par mon chouchou tant sur le plan graphique qu’au niveau du concept que sur le côté gustatif : Le pain perdu du Petit Poucet et autres recettes de contes de fées. Ici, on va faire des miniquiches de Blanche Neige (ce qui lui va bien) aux sept parfums des sept nains, du gâteau au yaourt et au miel de bébé ours (un pur régal), du pain d’épice d’Hansel et Gretel, une cocotte endormie à laisser mijoter 100 ans de La belle au bois dormant et bien sûr le cake d’amour de Peau d’âne ! Une petite cinquantaine de recettes toutes inspirées de contes (et même si parfois c’est tiré par les cheveux, ce n’est pas grave, le livre est beau et les recettes super bonnes). Ici pas de photos, je sais que pour certains c’est un bémol, mais les recettes sont simples et l’on adore les illustrations ! Bref, un super livre de cuisine !

Du Monde dans Ta cuisineAprès les voyages imaginaires, les vrais voyages ! Du monde dans ta cuisine propose en effet de visiter le monde et ses spécialités culinaires : du soda bread (pain irlandais) ou des aprepas venerolanas (galette de farine de maïs farcie du Vénézuéla) au petit déjeuner, bol de ramen (nouilles japonaises) ou de la pizza pour manger dans la rue, pour le pique-nique une salade grecque ou une salade veggie… bref, il y en a pour tous les goûts et chaque fois la recette est complétée par des infos sur le pays et sur le plat en question ! Niveau illustration, Thomas Baas accompagne avec humour et esthétisme les recettes. Les ingrédients et les ustensiles sont croqués genre vieux catalogues. Seul (mais pas des moindres) bémol… les deux recettes testées n’ont pas été concluantes ! Le Brownie n’était absolument pas cuit (la recette était d’ailleurs assez étrange) et le couscous extrêmement fade… Ajoutons que la maquette n’est pas des plus pratiques quand il s’agit de suivre une recette (c’est trop fouillis)… dommage !

 

Le grand livre de la cuisineOn reste chez Gallimard avec Le grand livre de la cuisine. Fini les illustrations dessinées, ici ce sont des photos (et elles sont magnifiques) qui accompagnent les recettes ! C’est un ouvrage bien plus classique que les précédents avec des tas de conseils, mais des recettes plutôt originales : feuilleté de tomates confites et d’aubergines, boules de riz, pittas garnies, petits pains de tournesol, muffins aux carottes et aux oranges… Chaque fois, c’est bien expliqué avec des photos par étapes avec un logo pour les étapes à faire sous la surveillance des parents. C’est typiquement le genre de livre hyper pratique pour les enfants ! Ici, nous avons testé les pâtés de pommes de terre (avec du haché végétal) et toute la famille s’est régalée ! Un livre qui va vite devenir un de nos classiques !

 

Bonbons et friandisesBon fini les pommes de terre, les épinards ou les topinambours… place aux bonbons ! Grâce à Bonbons et friandises sorti chez Usborne on va pouvoir faire des mini-meringues à la vanille, des cannes à la menthe, des délices au beurre de cacahuète, du pop-corn au caramel, des caramels mous aux noix… Bref, je sens que comme moi vous avez déjà l’eau à la bouche ! Pour être franc, je n’ai pas eu le temps de tester les recettes, mais je sais que chez Usborne c’est toujours bien fait, et à portée des enfants. C’est expliqué étape par étape (texte + illustrations) et l’on voit toujours la photo du résultat final. On trouve aussi des tas de conseils et (on sent qu’Usborne est anglais) la liste des allergènes ! Un livre parfait pour régaler toute la famille pendant les fêtes.

Amélia la sorcièreAvant de laisser la parole à Marianne et Érica, je termine par un livre de chez La Palissade qui, comme souvent, propose une histoire avec recette. Ici, c’est l’histoire d’Amalia, la sorcière qui adore le potiron et pour Halloween elle met les petits plats dans les grands. Voyez plutôt le menu : Velouté de potiron aux châtaignes en entrée, suivi d’un risotto aux champignons et aux noisettes. Et en dessert Cupcakes aux toiles d’araignées. Amalia attend ses invités avec impatience, surtout les écureuils qui apportent certains des ingrédients (les noisettes et châtaignes). Allez hop tous en cuisine !
À la fin de la jolie histoire, on trouve la recette du gâteau aux noisettes (sans gluten) qu’on va préparer avec les écureuils ! On regrette juste de ne pas avoir les recettes de l’histoire, mais on se régale avec le gâteau. Un album original pour allier histoire et gourmandise !

Et je laisse la place à Marianne !

je cuisine comme un grandJe commence par un livre aux recettes simples et efficaces ! Mais qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ces drôles de noms : « Les petits cavaliers », « Le plat du dragon », « Le délice du grand méchant loup », ou bien encore « Le cric-crac-croque » ? Et bien figurez-vous qu’il s’agit de recettes salées et sucrées, variées, et adaptées aux jeunes cuisiniers ! Une pizza, des farcis, des sandwichs pour le pique-nique, des bouchées apéritives, un cake au saumon (testé et approuvé), un cocktail fruité, des mendiants au chocolat (savoureux), un crumble….
Dans Je cuisine comme un grand, j’ai retrouvé des recettes que j’utilisais déjà avec les enfants, comme les roses des sables ou les boules de fromage frais aux légumes, mais j’en ai également découvert d’autres, tout aussi simples et savoureuses. Certaines recettes ne nécessitent même pas d’utiliser le four et permettent donc aux enfants d’être presque complètement autonomes. Je trouve qu’il y en a pour tous les goûts : du chocolat, des fruits, de la viande, du poisson, des légumes, tout le monde devrait y trouver son bonheur !
Pour chaque recette, Olivier Chaput nous propose des explications claires et simples, illustrées par Oreli Gouel. Et détail pratique qui a son importance : les pages sont plastifiées et ne craignent pas les projections, les spirales sont pratiques pour garder le livre ouvert sur le plan de travail !

cuisine vert avec hubertEt on enchaîne avec des recettes à base de haricots verts, de poivrons, de courgettes, de concombre, de petits pois, de brocolis, d’épinards… Tous ces légumes qui ne font pas toujours rêver les enfants finalement ! Hubert relève le défi de nous proposer des recettes originales pour les cuisiner : une soupe, des fagotins, des feuilletés, des muffins, une crème… C’est original, savoureux (pour ce que j’ai pu essayer…), et le livre n’est pas seulement un livre de cuisine. On trouve également ce petit personnage Hubert pour nous présenter les recettes, avec de courtes histoires, et des pages de bandes dessinées. Les recettes d’Aurélie Renard en elles-mêmes sont assez détaillées (il y a même parfois presque trop de choses sur la même page) et les recettes bien imagées grâce aux illustrations d’Aurélien Heckler, et avec un peu d’aide, les enfants apprennent à apprécier les légumes de saison !
Un beau livre cartonné pour impressionner les petits et les grands !

Et c’est maintenant au tour d’Érica :

Du monde dans ta cuisineEncore Du monde dans ta cuisine ? Oui, mais cette fois-ci, c’est la version numérique puisque quatre chapitres du livre papier ont été adaptés en format e-pub3 : De bon matin, Street food, Douceurs et C’est la fête. Chaque e-book s’ouvre, après une petite introduction, sur une carte du monde avec les spécialités dont les recettes sont proposées, entre quatre et six selon les e-books. On clique donc sur la recette choisie. Une première page présente le plat, souvent avec une anecdote sur son origine. Vient ensuite une liste des ingrédients, puis la recette détaillée, Du monde dans ta cuisinechaque étape donnant lieu à une nouvelle page. Un clic sur les mots surlignés en jaune (par exemple cul-de-poule, bain-marie ou volette) permet d’afficher leur définition. À la suite de chaque recette, on trouve des informations sur un des ingrédients (les sucres naturels, les céréales ou encore le rôle du pain dans les différentes religions et même une petite histoire du chocolat), et enfin un petit jeu de mémoire dans lequel on doit retrouver les ingrédients qui composent le plat. Ici, pas d’animation ni de sonorisation, mis à part dans le jeu (une voix indique juste si l’ingrédient placé dans le bol fait bien partie de la recette ou non).
Du monde dans ta cuisineAlors puisque c’est un livre de cuisine, les recettes, elles valent quoi ? J’avoue que je n’ai pas tout testé. Je me suis attaquée à la pizza (ma spécialité, origines italiennes obligent !) : résultat correct même si rien ne vaut une longue levée (en une heure, la pâte n’a pas vraiment le temps de pousser…). D’autres recettes, pas essayées, m’ont laissée un peu dubitative : le cake à la banane sans œuf ni lait, la pâte brisée avec moitié moins de farine que de beurre… Et question fonctionnalités ? Du monde dans ta cuisineL’avantage est surtout celui de l’objet en lui-même, à savoir que la tablette, c’est pratique et confortable à utiliser dans une cuisine ! Contrairement au livre, où les recettes tiennent sur une grande page, les étapes sont bien séparées et expliquées. Les illustrations sont très chouettes, et les explications et anecdotes sur les ingrédients sont bien trouvées. La bonne idée du livre, c’est qu’au lieu de proposer des recettes par pays, on découvre les différences culturelles par repas, ou plutôt par « occasion ». Pour le petit-déjeuner, ce sont des recettes aussi bien salées que sucrées qui nous sont proposées : si en Angleterre, on avale des œufs au bacon, les Vénézuéliens se régalent d’Arepas, galettes de farine de maïs farcies, tandis que les Irlandais préfèrent un pain complet aux flocons d’avoine avec de la marmelade. Pour le coup, ces e-books proposent vraiment un voyage culinaire varié et amusant.

Jojo's kitchenJe vous présente Jojo, un cuisinier un peu particulier, totalement étourdi, l’air un peu ahuri et qui ne craint pas les taches. Il ne parle pas, il grogne, il ronfle et il rote ! Sa cuisine est à son image, un désastre : placards rafistolés, plaque de cuisson et ustensiles sales, nourriture en état avancé de décomposition dans les placards… Et pourtant, aujourd’hui, Jojo a décidé de nous inviter à dîner, mais pour cela, il va falloir l’aider à préparer le repas. Au menu : tomate-mozzarella, spaghettis à la bolognaise et pana cotta. Jojo est donc derrière son plan de travail, Jojo's kitchenet il nous indique, au moyen de bulles dessinées, ce dont il a besoin pour sa recette : tomates, couteau, basilic, etc. À nous de fouiller dans la cuisine pour lui donner ce qu’il réclame, et vite, sinon… il s’endort ! Il s’agit donc d’ouvrir le frigo, les tiroirs et les placards pour trouver tous les ingrédients. Mais pas seulement : on doit aussi découper les tomates, mettre de l’eau dans la casserole, allumer le gaz (attention à l’incendie !), touiller la sauce, hacher, mixer. Et tout cela avec son doigt. Le plus drôle évidemment consiste à donner à Jojo's kitchenJojo autre chose que ce qu’il demande. Une casserole à la place du couteau, et voilà qu’il se la met sur la tête et frappe dessus avec un marteau. Une fois le plat réalisé, on se met à table et on déguste avec Jojo le résultat.
Alors, oui, c’est un peu décalé. Voici un jeu d’anti-imitation avec un anti-héros. Faudrait quand même voir à ne pas faire exploser la cuisine pour de vrai après. Mais comment apprend-on, si ce n’est en faisant des erreurs ? Et c’est tellement drôle ! Jojo fait tout ce que l’on ne peut pasJojo's kitchen faire dans la vraie vie : jeter par terre dans un coin la brique de crème une fois celle-ci vide, se moucher dans son torchon, envoyer valser les assiettes et les couteaux. Par ailleurs l’appli est tout à fait fluide. Une main index pointé indique à l’utilisateur ce qu’il doit faire. Après, il ne reste plus qu’à passer en cuisine pour mettre en pratique ce que Jojo nous a appris. C’est plein d’humour et de dérision et les enfants en redemandent.
Bande-annonce :

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les livres de cuisine que nous avons chroniqués regroupés dans un album Pinterest.

Le pain perdu du Petit Poucet
de Seymourina Cruse, illustré par Marie Caudry
Thierry Magnier
21,20 €, 260×327 mm, 90 pages, imprimé eu Portugal, 2014.
Du monde dans ta cuisine
de Carole Saturno, illustré par Thomas Baas
Gallimard Jeunesse
18 €, 250×308 mm, 96 pages, imprimé en Europe, 2014.
Le grand livre de la cuisine
d’Aya Nishimura, Paul Jackman et Kate Blinman (traduit par Bruno Porlier), illustré par Takashi Mifune
Gallimard Jeunesse dans la collection Ne plus jamais s’ennuyer
17,80 e, 215×275 mm, 128 pages, imprimé en Chine, 2014.
Bonbons et friandises
d’Abigail Wheatley et James Maclaine (traduit par Claire Lefebvre)
Usborne
10 €, 207×248 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2014.
Amélia la sorcière
Texte de Carine Foulon, illustré par Élise Catros
La palissade
12,50 €, 245×250 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Je cuisine comme un grand
Texte d’Olivier Chaput, illustré par Oreli Gouel
Eyrolles Jeunesse
15,90 €, 195 x 260 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2014.
Cuisine Vert avec Hubert
Texte d’Aurélie Renard, illustré par Aurélien Heckler
La palissade
11,50 €, 185 x 210 mm, 41 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014.
Du monde dans ta cuisine
écrit par Carole Saturno, illustré par Thomas Baas
Gallimard jeunesse
Prix constaté : 2,99 € par e-book (sur Apple : De bon matin, Douceurs, C’est la fête, Street food).
Jojo’s kitchen
illustré par David Berlioz, musique par David Anquetin
Appicadabra
Prix constaté : gratuit pour la version Lite (Apple), 1,79 € pour la version complète (Apple).

Gabriel, Marianne et Érica

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Trois contes magnifiques issus des légendes coréennes

Par 12 mars 2012 Livres Jeunesse

Chan-ok est un éditeur dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Comme, vous devez commencer à le remarquer, j’adore les contes du monde et en particulier les contes asiatiques. J’étais très curieux, car c’est le point commun des livres édités par Chan-ok : toutes les histoires viennent de la Corée du sud.

Jik-Nyeo est la plus jeune fille de l’empereur du ciel. Sa vie consiste à tisser les nuances du temps, à fabriquer les saisons mais cette vie l’ennuie. Elle va descendre sur Terre et y rencontrer Gyeon-woo. Elle en tombe éperdument amoureuse. Son père ne verra pas d’un bon œil cet amour et la forcera à revenir dans le ciel. Mais Jik-Nyeo ne peut vivre sans Gyeon-woo et ses larmes provoqueront des déluges. Mais si l’amour des deux amants était plus fort que tout ?

C’est un très beau conte, une magnifique histoire d’amour. Les étoiles amoureuses nous raconte donc la rencontre de deux jeunes gens qui n’étaient pas fait pour se rencontrer et qui pourtant vont s’aimer malgré les interdictions. Cette histoire est inspirée d’une légende coréenne qui est à l’origine de la fête de Chilseok, équivalent de notre St Valentin, célébrée chaque année. Le très beau texte de Céline Lavignette-Ammoun est magnifiquement mis en image par Kim Dong-seong. Un album qui va séduire tout ceux qui aiment les belles histoires d’amour légendaires.

Yuhwa, la fille du dieu des rivières et Haemosu, le dieu du soleil, se sont aimés éperduement, un amour que Habaek, le père de Yuhwa, a interdit. Mais un jour, alors qu’elle est assise devant chez elle, Yuhwa voit un rayon l’envelopper, neuf mois plus tard elle met au monde un œuf énorme dont tout le monde va vouloir se débarrasser mais rien n’y fera, l’oeuf restera intact et de cet oeuf Yumong, un enfant très étrange qui parlera à un mois et deviendra très vite un expert en tir à l’arc, naîtra.

C’est une très belle histoire que celle de ce livre. Mon résumé ne parle que des premières pages, Yumong va vivre de nombreuses aventures, sa différence fera de lui une cible, quelqu’un dont on va vouloir se débarrasser car il fait peur. C’est de ça dont parle surtout l’histoire, la peur de l’autre, de la différence, de la méfiance (c’est aussi ce sentiment qui fera qu’Habaek chassera Haemosu). L’histoire prend ici aussi ses racines dans les légendes Coréenne, Jumong étant le fondateur du royaume de Koguryŏ en 37 avant Jésus-Christ. Les illustrations sont de Kim Dong-seong, comme pour le livre précédent et c’est absolument magnifique. En début d’ouvrage les illustrations ressemblent à des enluminures anciennes, toutes en longueur. Il y a une vraie recherche graphique. C’est vraiment un très bel objet.

Bao travaille dans les rizières, sous la chaleur du soleil dont les rayons lui brûlent le dos. Il doit mettre deux gouttes d’eau par pousse, pas plus car il ne faut pas la gaspiller. Elle coûte cher car le seul puits appartient à Tsai Shen et connaissant son avantage il la vend à un prix très élevé. Un jour Bao va sauver une petite araignée, ce geste anodin en apparence va changer sa destinée et celle des autres paysans.

On a encore affaire ici à une histoire magnifique, issue elle aussi des contes traditionnels coréens (il est ici question des dragons cerfs-volants qui apportent la pluie, selon la légende coréenne). Le texte est très agréable à lire à voix haute, très bien écrit et entrecoupé de petites phrases poétiques. Au niveau des illustrations on change radicalement de style par rapport aux deux premiers, et j’avoue y avoir moins adhéré mais ce n’est qu’une question de goût (je suis presque sûr que Marianne, elle, accrocherait bien plus), je n’ai bien entendu pas trouvé ça laid (Marie Caudry a beaucoup de talent) mais ça me parle moins, tout simplement.

Je suis vraiment content d’avoir découvert cet éditeur et je vais suivre de près ce qu’il sort, j’aime ces dépaysements que nous proposent des gens comme HongFei, Picquier Jeunesse ou donc Chan-ok.

Les étoiles amoureuses de Céline Lavignette-Ammoun, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Jumong de Kim Hyang-keum, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

Le dragon du vent de Régine Joséphine, illustré par Marie Caudry.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 13€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

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A part ça ?

Le magazine Dada, revue d’art pour enfants qui fête cette année ses 20 ans, vient de sortir un numéro spécial Tim Burton à l’occasion de l’expo à la cinémathèque dont vous avez forcément entendu parler. Cinquante pages épaisses sur le cinéaste, on nous parle des films bien-sûr, de l’homme, on décortique des scènes, on parle des œuvres qui l’ont inspiré. Mais on apprend aussi aux enfants à créer des monstres à partir d’une tache ou avec des vieux jouets et des chiffons. La revue est superbe et son prix (7,90€) est justifié car on est plus proche du livre que du magazine. Par contre tout est ici à la gloire du réalisateur sans aucune réserve, c’est bien ici aux fans qu’on s’adresse. Si comme moi vous trouvez que son côté décalé est très calculé pour plaire au plus grand nombre, que ses premiers films ont quand même très mal vieillis et que son meilleur film (L’étrange noël de Mr Jack) n’est même pas de lui (d’ailleurs le jour où il a voulu faire lui-même un film du même genre, Les noces funèbres, c’était beaucoup moins réussi), vous ne trouverez ici que des éloges. Mais comme vous êtes très nombreux à l’adorer, vous adorerez ce numéro de Dada que vous conserverez précieusement et qui est une véritable mine d’information.

Gabriel

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