La mare aux mots
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Mélo

L’invitée du mercredi : Séverine Vidal + Coup de projecteur : Mélo ( + concours)

Par 21 décembre 2011 Les invités du mercredi

En lançant La mare aux mots je connaissais évidemment quelques auteurs et illustrateurs jeunesse, soit de nom soit j’avais lu plusieurs de leurs livres, mais finalement je n’en connaissais que peu. Ces deux dernières années j’en ai découvert énormément. Certains d’entre eux maintenant je suis ce qu’ils font ou ont fait avec plaisir, je pense à des gens comme Estelle Billon-Spagnol, Magali le Huche ou Antoine Guilloppé par exemple. Mais il y a un cas à part, quelqu’un pour qui j’ai eu vraiment un coup de foudre au point de vouloir lire absolument tout ce qu’elle a écrit, ce que j’ai commencé à faire (je vous parlerai de plusieurs de ses livres ces prochains jours) c’est Séverine Vidal. Cette jeune auteure jeunesse (elle a commencé a publier l’année dernière !) a déjà publié une quinzaine d’ouvrage et rien que pour le premier semestre 2012 huit autres vont voir le jour. Elle a dans sa plume énormément de fraîcheur et d’humour, elle fait du bien, elle émeut, fait sourire, et fait passer par une multitude d’émotions. Je n’ai pas ressenti tout ça en lisant des livres jeunesse depuis Gudule et Arnaud Cathrine. Séverine Vidal écrit des livres qui resteront des classiques, qu’on fera lire à nos enfants puis à nos petits-enfants. C’est la plus belle plume actuelle de la littérature jeunesse. Elle a accepté de répondre à mes questions pour une interview assez différentes des autres Invités du mercredi. Merci à elle.

La mare aux mots : On retrouve dans presque tous vos personnages féminins ce côté pétillant. À la fois drôle… et un peu peste. Vous vous inspirez de vos enfants… ou de vous ?
Séverine Vidal : Haha, sympa !
En fait, oui ! Je n’aime pas tellement (ni dans la vie, ni dans les livres) les gens tièdes, ceux qui ne disent pas ce qu’ils pensent, qui n’ont pas de personnalité. Ils m’ennuient. Je préfère nettement quelqu’un qui dit un vrai « merde » à un  « mer-credi» hypocrite. Mes filles ne sont pas pestes du tout, mais elles sont drôles, inventives, tendres, mais avec des personnalités très affirmées. Comme mes amies, comme ma mère, mes cousines, et mes ex-collègues. Des filles à qui on ne la fait pas.
Mais bon (punaise, la réponse est longue, personne ne lira ça jusqu’à la fin ^^), mes personnages masculins (Arsène, Philo, et puis Basile, une BD à paraître en 2013) ont de sacrées personnalités aussi, pas de sexisme en la matière:-)

LMAM : Vous aimiez faire des manifs, enfant, comme Léontine et Prune (Léontine défile avec des pancartes Contre “Alphonse, on fonce” et Prune “On est assez grand pour se garder tout seul”) ?
S.V. : Non, justement !
Et j’aurais aimé. Mes parents n’étaient pas franchement des agités de la banderole et des barricades (^^) et j’étais jalouse de mes cousines qui ont fait toutes les manifs sur les épaules de leur père, et puis qui ont campé au Larzac tout un été. Je trouvais que ça avait « de la gueule » (pardon, rien trouvé d’autre comme expression) ces engagements. Devenue adulte, je me suis rattrapée !
D’ailleurs, ma file Ninon avait quatre ans pour les manifs anti Le Pen en 2002. Quand elle a vu toutes les pancartes « NON ! », elle avait râlé : «  les gens, y’ ‘z’ont écrit mon prénom mais y’z’ont oublié le début ! » (marrant, non?)
Je suis contente que vous ayez repéré ça (une légère obsession je crois, comme les listes) : je vous garde comme fan number one, monsieur Mare aux Mots.
LMAM : Vos personnages ont souvent des prénoms peu communs (Prune, Fleur, Lorette) ou des surnoms originaux (Philo, Vampire,…) est-ce justement pour leur donner un côté unique, leur donner du caractère ?
S.V. : Oui, je crois. Les prénoms me viennent en premier, avant l’histoire. Dans le premier livre que j’ai écrit, l’héroïne s’appelle … Bestiole ! Après, j’ai poursuivi sur ma lancée. Mon père raconte parfois qu’il avait mis « Brouette » dans la liste de prénoms avant ma naissance, ma mère s’est opposée apparemment.
Mes enfants ont des prénoms assez peu communs.
Quand on est instit (ce que j’étais jusqu’à fin juin…), on est en première ligne pour suivre les modes des prénoms, ou au contraire s’en démarquer.
LMAM : Dans Lâcher sa main, le personnage principal, Fleur, écrit et sa prof va, en une phrase assassine, lui faire penser que ce qu’elle écrit est mauvais. Vous avez rencontré cette “conne de Séboura” ?
S.V. : Mais comment faites-vous pour tout deviner ?
C’est le nom (syllabes dans le désordre) de l’ancienne prof de français de mon fils en première. Je pense qu’elle a contribué à le dégoûter définitivement de la lecture. Elle y avait mis tout son cœur, et beaucoup d’énergie.
Elle avait du mépris pour les ados, elle les jugeait vite, très vite. Je suis contente de lui avoir donné le mauvais rôle dans mon livre. Je devrais lui envoyer, tiens !
LMAM : Vous devriez ! Justement vous avez écrit tôt ?
S.V. : Oui, très tôt, de la poésie. Mon père les a gardées.
LMAM : J’ai lu que vous aviez commencé à envoyer vos manuscrits en 2009, on est en 2011 et déjà 14 sont sortis, d’autres arrivent. Vous les avez écrits il y a longtemps et les conserviez dans vos placards ou vous n’arrêtez plus d’écrire ?
S.V. : Les deux, mon Général. J’écris beaucoup, mais j’avais des réserves.
LMAM : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour les envoyer ?
S.V. : J’ai attendu que quelqu’un (mon mari) décide pour moi qu’il était temps de le faire.
LMAM : Vous remercierez votre mari de ma part ! Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
S.V. : Mes enfants, leur humour dévastateur, mes anciens élèves, mon enfance, certaines musiques, et aussi l’envie de parler de la vie comme elle est (pas tiède justement) avec tous ces machins « relous » : le divorce, les foutues maladies, la mort, les petits drames…
LMAM : Qu’avez-vous lu enfant/adolescente ?
S.V. : J’ai lu les albums du Père Castor (La panthère noire, lue par Philippe Noiret, Michka…  il y en a un que je cherche désespérément : Rosa ma tortue, introuvable), et puis plus tard E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin.
Je ne lisais pas beaucoup, enfant.
Après, ma passion dévorante pour les mots des autres est venue avec Pennac, Perec, Kundera, Paul Auster
LMAM : Que lisez-vous à vos enfants ?
S.V. : Les premiers livres que j’ai offerts à mon fils (qui a 19 ans maintenant), ce sont les albums du Rouergue, ceux de Douzou. Mono le cyclope, Jojo la Mache
Les classiques que j’aimais petite, les livres de Rue du monde pour éveiller leur conscience politique, et nos gros coups de cœur : Quand je serai grand, je serai le Père Noël de SolotareffMoi, Ming  (Clotilde Bernos, Nathalie Novi),  L’écoute-aux-portes de Ponti, Il faudra de Thierry Lenain. On a même eu notre période «bonne grosse série de filles » avec Princesse Zélina (on a arrêté au tome 19 !!). On avait même créé le verbe « zéliner » quand le soir, on s’installait avec Ninon dans le lit de Fantine pour l’histoire du soir. « Bon, vous vous brossez les dents, et après on va zéliner. »
J’assume.
LMAM : Testez-vous vos histoires sur eux ?
S.V. : Oui ! Toujours !
Les filles sont à la fois fans de leur maman et intraitables (« pfff, la fin est nulle, recommence. »).
Alors, je recommence !
Elles n’ont pas lu Lâcher sa main. Encore un peu jeunes.

J’espère que cette interview vous aura donné envie de lire des livres de Séverine Vidal si vous ne l’avez pas encore fait. Je vous rappelle les livres qu’on a déjà chroniqué ici : Je n’irai pas, Prune (tome 1 et tome 2), Mamythologie, et bien sûr le génialissime Léontine, princesse en salopette. Je vous parlerai prochainement de Lâcher sa main, Comment j’ai connu Papa et Philo mène la danse. Vous pouvez retrouver sa bibliographie sur son blog.

Au premier semestre 2012 Séverine Vidal sortira 3 romans : La meilleure nuit de tous les temps (chez Rouergue), Les petites marées (chez Oskar) et On n’a rien vu venir (chez Alice, avec 6 autres auteurs), le tome 2 de Roulette Russe (chez Oskar avec Sandrine Beau et Anne-Gaëlle Balpe) et 4 albums : Le laboureur des nuages et autres métiers imaginaires (chez Frimousse, illustré par Flambi), L’amour dure 5h22 (chez Frimousse, illustré par Estelle Billon Spagnol), et deux nouvelles aventures de Prune : Prune et la colo d’enfer et Prune cherche son style (chez Frimousse, illustrés par Kris di Giacomo).

Pour visiter son blog :http://severinevidal.blogspot.com

Et grâce aux éditions Frimousse j’ai la joie de faire gagner à l’un de vous le premier volume des aventures de Prune, La grosse rumeur. Pour cela laissez ici un commentaire en me disant quelle a été la plus grosse rumeur que vous ayez entendue sur La mare aux mots (vous avez bien entendu le droit d’inventer). Je tirerai au sort parmi les réponses. Vous avez jusqu’à dimanche 25 à 13h (comme ça j’annoncerai l’heureux gagnant le jour de Noël !).

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Coup de projecteur

Comme chaque semaine nous vous présentons un illustrateur non édité (si vous voulez en savoir plus), cette fois ci notre choix s’est porté sur Mélo. Étudiante en cinéma d’animation aux Arts Décoratifs de Paris, elle est passionnée par la bande dessinée et le livre jeunesse. Elle a plusieurs projets d’illustrations et de BD… qui on l’espère verront le jour. Vous pouvez visiter son blog ici : http://melooo.com et son book là : http://melooo.ultra-book.org/. Je vous propose de découvrir son univers grâce à quelques illustrations que j’ai choisies.

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