Des animaux imposants au coeur tendre

Aujourd’hui, je vous présente deux albums pleins de douceur : on se laisse bercer avec plaisir !

c'est toi le printempsLes lapins en ont marre de manger des noisettes. Maman Lapin le leur promet : le printemps est pour bientôt et il y aura alors bien d’autres choses à manger lorsque la nature sera sortie de son sommeil hivernal. Petit Lapin, le benjamin de la famille, se demande bien ce que peut être ce printemps dont tout le monde parle. Comme les réponses qu’on lui donne ne le satisfont pas complètement, il part explorer la forêt. Il rencontre alors un gros ours polaire, qui malgré sa taille imposante saura répondre avec bienveillance à sa grande interrogation du moment.

Coup de cœur pour C’est toi le printemps ?, qui tombe à point nommé alors qu’on entre dans cette douce saison. Les illustrations de Chiaki Okada sont absolument magnifiques, délicates et d’une grande douceur. Aussi douces que cette histoire pleine de tendresse que nous livre Ko Okada, et qui m’a beaucoup fait penser à celles de Beatrix Potter, que j’aimais tant enfant. Une très belle ode à l’amitié, aux saisons et à la nature, poétique et sensible à découvrir !

EppapataimeAutre animal imposant par excellence : l’hippopotame (tiens, ça faisait longtemps que je nous avais parlé d’hippo). Un jeune hippopotame est baptisé Eppapataime par son père, un gros animal au grand cœur qui aime plus que tout jouer avec son tout-petit : nager, jouer à la baleine, faire du tam-tam, pique-niquer, manger des glaces aux algues… Tout un programme !

Là encore, que de douceur ! Une histoire sans méchant, sans drame, et sans souci, juste pour savourer le plaisir des moments simples du quotidien. Jean-René Saillard nous raconte cette jolie relation entre ce père et son enfant, avec des mots simples et des situations transposables au quotidien des petits humains. Les illustrations de Bruno Doutremer, de jolies aquarelles contribuent aussi à cette atmosphère sereine et joyeuse à la fois, qui fait du bien. C’est ça aussi le pouvoir des livres : créer des ilots tranquilles, où rien ne peut arriver !

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres chroniques de livres qui mettent à l’honneur le printemps grâce au tag : printemps.

C’est toi le printemps ?
Texte de Ko Okada  (traduit par Anne Regaud-Wildenstein), illustré par Chiaki Okada
Seuil Jeunesse
13,50 €, 209 x 260 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2014
Eppapataime
Texte de Jean-René Saillard, illustré par Bruno Doutremer
Amiver dans la collection Caneton
12 €, 185 x 185 mm, 13 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013

A part ça ?

 Leonid Thishkov part en balade avec la lune sous le bras : c’est beau !

Marianne

 

Documentaires dès le plus jeune âge !

Il n’y a pas d’âge pour les documentaires et les livres illustrés de photos !

à nous de choisirLe linge est propre, que faire maintenant ? Et si on l’étendait plutôt que d’utiliser le sèche-linge ? Et ce pull trop petit ? Donnons-le à un copain plutôt que de le jeter ! On part en pique-nique ? Trions tout de même les déchets ! Ce jouet est cassé ? Es-ce qu’on ne peut pas le réparer et continuer à s’en servir ?

Autant de questions posées avec A nous de choisir ! Nicolette Humbert a décidé, avec ce livre cartonné composé uniquement de photographies, de sensibiliser les plus jeunes au développement durable : réutiliser, réparer, donner, économiser eau et énergie, faire soi-même,… Autant de notions illustrées par de belles photos nettes, prises à hauteur d’enfant, dans leur quotidien, et présentées deux par deux pour présenter une situation et sa solution « écologique ». Il n’y a aucun texte, mais les images se suffisent à elles-même ! Elles permettent aussi aux tout-petits et à ceux qui les accompagnent d’y mettre les mots qu’ils veulent ! C’est beau, solide, coloré, et bien pensé ! Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour s’intéresser aux gestes simples du quotidien qui peuvent permettre de soulager un peu la nature !

maisonsL’araignée tisse une toile. Le blaireau construit un terrier. Et la tortue vit dans sa carapace. Jusque là, ça va, je le savais. Mais je ne savais pas que la fourmi tisserande se fabriquait un nid avec la soie fournie par ses petits, que le balbuzard (déjà, je ne connaissais pas cet oiseau) construisait son nid au sommet d’un arbre, ou bien encore que le jardinier satiné (un autre oiseau) aimait choisir des éléments bleus pour faire le sien.

Et toutes ces infos sur les habitats des animaux, je les ai trouvées dans Maisons, de la très belle collection cartonnée Mon imagier photo découverte. Les photos sont magnifiques, au plus près des bêtes et de leurs habitations, et Juliette Nouvion nous donne plein d’informations intéressantes et originales. Même si je pense que les tout-petits en âge de manipuler des livres cartonnés ne comprendront pas grand-chose, je suis certaine qu’ils peuvent quand même apprécier les belles images ! Et un jour, ils comprendront que ce petit livre en carton peut encore leur apprendre plein de choses !

Quelques pas de plus…
Une autre chronique présentant des documentaires pour les petits.
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Nicolette Humbert : Potirons et cornichons.

A nous de choisir
de Nicolette Humbert
La joie de lire dans la collection Tout-petits photo
10 €, 200 x 200 mm, 18 pages, imprimé en Allemagne, 2013
Maisons
de Juliette Nouvion
De la Martinière Jeunesse dans la collection Mon imagier photo découverte.
9,50 €, 178 x 180 mm, 42 pages, imprimé en Chine, 2014

A part ça ?

Vous connaissez peut-être déjà, mais personnellement, j’aime beaucoup ces photos d’Adrian Limani, qui joue avec la lune !

Marianne

Un petit goût d’avant

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires anciennes, rééditées récemment !

marie et le chat sauvageMarie préfère se promener dans la nature que de rester enfermée à l’école. Un jour, elle prend donc la clé des champs et rencontre un gros chat sauvage qui devient son compagnon d’école buissonnière. Mais cela n’est pas du tout du goût des adultes ! Et les amis vont être obligés de se séparer, dans la douleur…

Cette histoire de Jacques Chessex, parue initialement en 1979, a un peu vieilli sur le fond. On menace par exemple Marie de la mettre en prison en punition et elle finira quand même enfermée à clef dans sa chambre. Mais finalement, c’est une histoire qui a tout d’un conte, et c’est comme ça qu’il faut l’envisager ! Les animaux parlent et conseillent la fillette, les adultes sont les méchants de l’histoire, et on retrouve même une servante complice et un heureux mariage à la fin : tous les éléments des contes classiques sont là ! Alors c’est peut-être un peu daté, mais c’est ce qui fait le charme de cette jolie histoire d’amitié, qui permet aussi d’aborder l’idée que les animaux sauvages doivent le rester. Et puis les illustrations de Danièle Bour, dont j’ai immédiatement reconnu le style naïf que j’avais découvert à la bibliothèque de l’école quand j’étais enfant, sont parfaitement dans cet esprit ! De quoi permettre aux parents de retomber en enfance, tout en partageant le plaisir de la lecture avec leurs enfants !

la sorcière et le commissaireAutre souvenir : les histoires de Pierre Gripari, dont on vous a déjà d’ailleurs parlé plusieurs fois. Dans une rue animé de Paris, pleine de commerces et de gens divers, vit entre autres une sorcière. Et elle a décidé de n’en faire qu’à sa tête : un chauffeur de taxi devient un rat et sa voiture une citrouille bleue, la couturière est dorénavant une araignée mauve, et l’employé de métro un chien vert. Et ce ne sont pas les seuls sorts qu’elle a jetés ! Rien ne va plus, et la police s’en mêle. Une fois emprisonnée, on se rend compte finalement, que le quartier sans sorcière est bien triste. Alors Pierre, engagé, va tout faire pour la libérer !

Loufoque, drôle, et magique, voilà une histoire comme je les aime ! Pierre Gripari manie décidément très bien les mots, et ses histoires sont aussi agréables à lire qu’à écouter. Et pour une fois, la sorcière est gentille et défendue ! On rit de ses bêtises, mais on s’attendrit aussi et on lui pardonne presque tout. Claude Lapointe signe des illustrations pleines de détails, mélanges de couleurs et de traits gris. Je trouve que là encore, on fait un petit bond dans le passé, puisque l’histoire a été éditée pour la première fois en 1982, mais c’est bien agréable ! Et surtout, je trouve que l’histoire n’a pas vieilli et devrait faire rire les enfants d’hier, comme ceux d’aujourd’hui !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pierre Gripari (Contes d’ailleurs et d’autre part, Sept farces pour écoliers, Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi, Huit farces pour collégiens, et Enigmes)  et même deux déjà illustrés par Claude Lapointe : Contes de la rue Broca, l’intégrale, et Les contes de la folie Méricourt.

Marie et le chat sauvage
Texte de Jacques Chessex, illustré par Danièle Bour
Grasset Jeunesse
6,90 €, 172 x 202 mm, 30 pages, lieu d’impression non précisé, 2013.
Mon américain
Texte de Pierre Gripari, illustré par Claude Lapointe
Grasset Jeunesse
6,90 €, 170 x 200 mm, 32 pages, lieu d’impression non précisé, 2013.

A part ça ?

Tineke Meirink prend des photos du quotidien, des photos d’objets apparemment insignifiantes, puis elle les anime et les transforme ! Retrouvez ses créations en cliquant sur les photos de son site.

Marianne

Nature ou voiture, on ne sait pas tout !

Aujourd’hui, je vous présente deux documentaires ! Je vous préviens, vos méninges vont chauffer !

comment ça marcheLa  mécanique est partout autour de nous, au quotidien, et particulièrement dans le monde automobile. Mais une voiture, Comment ça marche ?  Et le moteur ? Les pistons ? L’accélérateur ? Les roues ? Les freins ?

Pour ma part, je ne comprends pas grand-chose à la physique ! Et toutes ces histoires de mécanique, de pistons, et d’engrenages étaient un grand mystère. Mais cet album pas comme les autres, a réussi à me réconcilier avec ces notions. Nick Arnold nous présente le fonctionnement des moteurs et des voitures, mais j’avoue que je n’ai pas trouvé les explications très claires. Il y a beaucoup de vocabulaire complexe, pas nécessairement très accessible. Mais heureusement, il y aussi les illustrations d’Allan Sanders, beaucoup plus simples et qui permettent de mettre à la portée des enfants des notions assez abstraites. Mais surtout, et c’est là toute la force de ce documentaire, on passe rapidement aux travaux pratiques. Au dos du livre, on trouve une boîte pleine de pièces en cartons, et de vis en plastiques que l’on va ensuite placer sur une grille trouée en suivant les instructions du livre. Et comme par magie, on récrée les mécanismes, sous nos yeux ! Alors je ne vous dis pas que je suis maintenant incollable, parce que j’avais beaucoup de travail, mais j’ai compris certaines choses et surtout je me suis beaucoup amusée ! Je pense que c’est tout de même un album qui demande l’accompagnement d’un adulte car la manipulation et la compréhension ne sont pas toujours simples, mais je trouve que c’est un excellent support pour répondre aux petits curieux de manière concrète !

mille milliards de fourmisAh les fourmis ! Ces petites bêtes qui chatouillent, qui grouillent, et qu’on méprise souvent ! Elles sont pourtant fascinantes : organisées, disciplinées, extrêmement fortes, et pleines de ressources, on aurait beaucoup à apprendre d’elles !

A l’occasion de l’exposition Mille milliards de fourmis qui se tient au Palais de la découverte jusqu’au 24 Août 2014, Delphine Godard met donc les fourmis à l’honneur dans un documentaire très bien ficelé. Le sujet est fouillé, décortiqué, mais je trouve les explications très claires et accessibles aux plus jeunes. Je n’ai personnellement pas vu l’exposition, et je pense que ça ne gêne aucunement la lecture ! Si on y est allé, ça doit bien compléter, mais sinon, c’est l’occasion de découvrir cet insecte fascinant qui est partout autour de nous ! Pour mettre un peu d’humour dans les explications, les illustrations de Roland Garrigue sont parfaites : à la fois instructives et vivantes ! Voici donc un bel album pour voyager à ras du sol : entrez dans la fourmilière !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Nick Arnold et Allan Sanders (Comment ça marche ? Machines et engins), Delphine Godard (La grande marmite du monde) et Roland Garrigue (Mon gros dico des monstres à ratatiner, Ah ! Si j’étais président, et Comment ratatiner les monstres ?).

Comment ça marche ? Moteurs et voitures
Texte de Nick Arnold (traduit par Bruno Porlier), illustré par Allan Sanders
Gallimard Jeunesse
19,95 €, 238 x 270 mm, 22 pages, imprimé en Chine, 2013
Mille milliards de fourmis
Texte de Delphine Godard, illustré par Roland Garrigue
Seuil Jeunesse
12,90 €, 215 x 308 mm, 30 pages, 2014

A part ça ?

Du pliage, des mouchoirs, et le talent de Yuki Ariga :

 Marianne

Des photos plus fortes que des mots !

Personnellement, j’aime beaucoup les albums pour enfants dont les illustrations sont des photographies. Voici deux exemples qui ne m’ont pas fait changer d’avis, bien au contraire !

le tout petitDes épis de blé qui deviennent des cheveux, des bougies qui donnent le rose aux joues, des galets en guise de sourire, un chemin pour tracer les lignes de la main, des ruisseaux qui coulent comme des larmes… Quel programme !

Attention, coup de cœur ! Anne Letuffe parvient à nous raconter tout cela, sans utiliser aucun mot. En mêlant, grâce à un jeu de pages percées, de très belles photographies d’éléments de l’environnement (arbres, cailloux, rivières, sable, feuilles, mais aussi routes, toit de tuiles, et pavés) et des dessins en noir et blanc tendres et poétiques, cet album nous offre un bel imagier de la nature et du corps humain ! J’ai du mal à vous en dire plus, tant Le Tout Petit est un projet original, mais vous pouvez vous en faire une idée plus précise sur le site de l’auteur directement. J’ai découvert également qu’il était possible d’acheter ou de louer (notamment pour des groupes vu la taille) Le tout petit jeu, un jeu en bois issu de cet album, pour prolonger le plaisir de la lecture : tunnels, jeux de cartes, livre en bois,… Il y a de quoi faire ! En tout cas, même en se contentant de l’album, on a affaire à un petit bijou : à la fois beau, esthétique, ludique et original, je suis séduite !

le petit monde d'elliott erwittAutre album, autre coup de cœur ! Cette fois on s’intéresse au travail d’Elliott Erwitt ! Admirer, Souffler, Pleurer, Partir, Dépasser,… Voici quelques exemples des verbes qui sont illustrés dans cet imagier par de magnifiques photographies en noir et blanc.

Encore une fois Marie Houblon choisit avec beaucoup de talent les meilleurs photographies pour mettre du sens sur des mots de la vie courante. On ne voit pas toujours le lien immédiatement, mais il y en a toujours un. On le cherche, on le devine, on discute, et même si on ne le trouve pas, on profite du talent d’Elliott Erwitt qui a su capter des situations quotidiennes avec simplicité et tendresse (coup de cœur pour la grande sœur qui force son petit frère à regarder vers sa bougie d’anniversaire alors que le bébé a bien mieux à faire !). Les images ne datent pas d’hier, et pourtant même les plus jeunes comprennent très bien de quoi il s’agit ! Le petit monde d’Elliott Erwitt est un magnifique support pour observer, parler, échanger, donner son avis, et confronter ses expériences, rien qu’avec les images !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Marie Houblon : Mais…que font-ils ? et Quand tes grands-parents étaient enfants.

Le tout petit
d’Anne Letuffe
L’atelier du poisson soluble
18 €, 168 x 214 mm, 60 pages, imprimé en Italie, 2013
Le petit monde d’Elliott Erwitt
Photos d’Elliott Erwitt, sélectionnées par Marie Houblon
Tourbillon
14,95 €, 227 x 227 mm, 90 pages, imprimé où, 2013

A part ça ?

Comme chaque début de mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois dernier. En janvier, c’était donc, en ce qui me concerne : Bonnet d’or et les trois ogres d’Éric Battut (Élan Vert) et Égaux sans ego d’un collectif (Locus Solus). Et pour Gabriel : Babakunde d’Annelise Heurtier et Mariona Cabassa (Casterman), Billie du Bayou, le banjo de Will de Séverine Vidal et Ronan Badel (Élan Vert) et Rouge ! d’Alice Brière-Haquet et Élise Carpentier (Møtus).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Marianne