La mare aux mots
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Oskar Éditeur

Encore et encore…

Par 27 avril 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on rencontre des parents désespérés aux prises avec un livre dont ils ne peuvent se débarrasser puis on fait la connaissance d’un ours qui ne trouve pas le sommeil, dans deux albums très rigolos qui jouent sur la répétition !

Dis Ours, tu dors ?
Texte de Jory John (traduit par Mathilde Colo), illustré par Benji Davies
Little Urban
12,50€, 233×288 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017.
Le vaillant petit livre
Texte de Christine Beigel, illustré par Juliette Baily
Oskar Éditeur dans la collection Complices
9,95€, 192×237 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2016.

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Des petits romans pour l’égalité filles-garçons [article en libre accès]

Par 10 avril 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre des histoires qui bousculent les clichés, avec des petites filles et des petits garçons qui ne s’en laissent pas conter. Quatre courts romans pour s’interroger, débattre, réfléchir… parce qu’il n’y a pas d’âge pour aborder l’égalité !

Mattéo fête prochainement son anniversaire et a, pour l’occasion, confectionné une magnifique carte mêlant requins, camions, cœurs et paillettes. Séduit.e.s par l’invitation, ses ami.e.s acceptent de bon cœur, et entreprennent de lui chercher un cadeau. Mais pas facile de trouver la bonne idée pour un camarade qu’ils ne connaissent pas si bien, car il est arrivé deux mois plus tôt. Qu’à cela ne tienne, les enfants se débrouillent pour obtenir une liste de ce que souhaite Mattéo par l’intermédiaire de sa mère. Et là, c’est la stupéfaction ! Car sur la liste, on trouve un ballon de foot, une voiture de police, des dragons… mais aussi une dinette, un petit poney et une poupée ! On s’étonne, on s’inquiète, on n’y croit pas… Et puis petit à petit, on débat. Dans la petite bande, tout le monde y va de son avis et se creuse la tête : mais qui est donc cet étrange garçon dont les goûts ne rentrent dans aucune case ?
Ah, les jouets genrés et leurs rayons rose et bleus… Ce petit livre prend la question à bras le corps et permet aux plus jeunes de creuser leur réflexion. Si l’on peut lui reprocher un aspect un peu trop pédagogique (c’est d’ailleurs la maitresse, à l’aide d’un exercice plutôt malin, qui va aider les enfants à y voir un peu plus clair), le texte a le mérite d’inciter à réfléchir par soi-même, en suivant le débat que les enfants vont mener entre eux. Le sujet y est traité avec pertinence et simplicité, et le questionnement des personnages montre bien l’absurdité de la répartition. : les dauphins, c’est forcément pour les filles ? Mais alors ce sont les requins qui sont pour les garçons ? Et les perles, c’est un truc de filles ? Mais un dragon en perles, c’est pour qui ? Un petit roman qui fera sûrement réagir les jeunes lecteurs et lectrices, donc, et qui leur offre aussi une très jolie histoire d’amitié !
Un court roman parfait pour évoquer le sujet des jouets genrés.

Quand la maîtresse a demandé aux élèves d’écrire une pièce de théâtre sur le Moyen-Âge, Noé a choisi une histoire de chevalier et de princesse, certain qu’elle plairait à la belle Pénélope, dont il est éperdument amoureux. Pourtant, à la lecture, la petite fille a l’air peu convaincue et même passablement énervée. Pourquoi Noé aurait-il forcément le rôle du combattant courageux et elle celui de la demoiselle attendant comme une idiote en haut de sa tour ? Un peu déboussolé, le petit garçon se confie à son ami Azote le troll, qui trouve que les filles sont bien compliquées… Les deux amis entreprennent alors de répéter à leur tour la pièce de théâtre, dans l’espoir de comprendre ce qui a bien pu rendre Pénélope aussi furieuse. Mais Ozone, la sœur d’Azote, a elle aussi bien du mal à jouer les demoiselles en détresse : elle se bagarre, vient en aide au chevalier, et va jusqu’à l’embrasser brusquement sans lui demander son avis ! Vexés, les garçons décident de faire cavaliers seuls, mais une mésaventure survenue en chemin va leur montrer que les garçons aussi ont parfois besoin d’être sauvés…
Cette fois c’est aux contes traditionnels que l’on s’intéresse, avec leur lot de princesses éplorées et de chevaliers téméraires. Si le roman traite le sujet avec humour (et nous offre aussi une belle dose de péripéties), je dois dire que j’ai tout de même été un peu gênée à la lecture par le baiser forcé de la trollesse sur le petit garçon que j’ai trouvé évoqué assez légèrement, quand on voit combien il est important d’enseigner le consentement à toutes et tous. L’inversion des rôles (ici c’est la fille/trollesse qui force le garçon) peut cependant être vue comme un moyen de dénoncer un acte très présent dans les histoires classiques, et d’évoquer le sujet avec les jeunes lecteur.trice.s qui auront sûrement un avis sur la question. Malgré cette légère réserve, ce nouveau tome de Noé et Azote reste un très bon petit roman, qui évoque les clichés avec malice et pertinence et ne manquera pas de susciter le débat chez les plus jeunes !
Un bon petit roman pour réfléchir aux rôles traditionnels et bousculer les clichés !

C’est la rentrée pour le jeune Omar Canard, qui débarque dans une nouvelle école après un déménagement. Dès son arrivée, les ennuis commencent : on se moque de son manteau flambant neuf, on rit de son prénom, on le traite de vilain, de petit, de canard. À la récré, on lui propose tout de même une partie de football, mais Omar refuse, pas vraiment intéressé. Car la passion du petit garçon, ce n’est pas le ballon rond, mais la danse. Le soir, sur le chemin de la maison, il passe devant un lac où s’ébattent de magnifiques cygnes, et reste émerveillé devant leur beauté. C’est décidé, il sera aussi beau que ces derniers, et il dansera avec eux. En deux temps trois mouvements, le petit garçon se fabrique un beau costume, et entame sa carrière de danseur…
Voilà une réécriture du vilain petit canard vraiment originale. Plus court que les deux précédents, ce livre est parfaitement adapté aux débutant.e.s en lecture, avec son texte réduit à l’essentiel, ses dialogues représentés sous forme de bulles et la grande place qu’il laisse aux illustrations. Malgré sa simplicité, Le Vilain Petit Canard (ou presque) propose une variation autour du conte très bien amenée doublée d’une jolie histoire à la conclusion particulièrement émouvante. On peut aussi saluer la diversité présente dans les illustrations, qui font figurer des personnages de toutes origines, ce qui n’est malheureusement pas encore si courant (même si l’on progresse !).
Une vraie réussite, à mettre entre toutes les mains !

Dans la même série, on retrouve également Cendrillon (ou presque). Reposant sur le même principe, celui-ci nous propose une réécriture de l’histoire de la célèbre princesse à travers le personnage de la petite Sandi, une fillette passionnée de football. Bien que très douée, cette dernière peine à s’intégrer dans l’équipe de filles de son quartier, car deux méchantes sœurs se moquent de sa tenue en piteux état. Quand vient le jour du grand concours départemental destiné à désigner la meilleure joueuse, les sœurs l’écartent du groupe. Peinée, la fillette va se réfugier à la bibliothécaire où travaille sa marraine, qui lui dégote une tenue de sport et décide illico presto de l’emmener au tournoi. Sandi y montre toute l’étendue de son talent, mais au moment de désigner la grande gagnante, elle prend peur et s’enfuit. Heureusement, la petite fille a semé sur son chemin une de ses chaussures de foot, et les organisateurs vont vite identifier la mystérieuse joueuse !
Tout aussi réussi que Le Vilain Petit Canard, Cendrillon (ou presque) s’adresse aux enfants un tout petit peu plus à l’aise avec la lecture (mais reste tout de même très accessible). Les références au conte y sont nombreuses, bien trouvées et plutôt rigolotes (la super marraine bibliothécaire conduit par exemple une voiture orange baptisée Citrouille). On peut saluer également le fait qu’ici les clichés sont démontés sans même être mentionnés : le don pour le football de la petite fille et la présence d’une équipe de filles sont présentés comme des choses tout à fait normales. Voilà donc une petite Cendrillon bien différente de celle que l’on connait, et dont le courage et la débrouillardise sont particulièrement salvateurs !
Une Cendrillon nouvelle génération, qui donne un bon coup de pied dans le conte originel et démonte au passage pas mal de clichés !

Le garçon qui jouait à la poupée
de Roger Judenne
Oskar dans la collection Premiers romans
8,95 €, 130×200 mm, 42 pages, imprimé en Europe, 2016.
Noé et Azote T.9 : Coup de théâtre !
Texte de Mim et Benoît Bajon, illustré par Aurélie Guillerey
Magnard Jeunesse dans la collection Mes premiers romans
5,90 €, 145×195 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le Vilain Petit Canard (ou presque)
Texte de René Gouichoux, illustré par Rémi Saillard
Nathan dans la collection Premières lectures
5,60 €, 145×190 mm, 31 pages, imprimé en France, 2017.
Cendrillon (ou presque)
Texte de René Gouichoux, illustré par Rémi Saillard
Nathan dans la collection Premières lectures
5,60 €, 145×190 mm, 31 pages, imprimé en France, 2017.

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C’est pas mon genre !

Par 9 janvier 2017 Livres Jeunesse

Si vous êtes fidèles de la mare aux mots, vous savez à quel point les sujets tel que le sexisme, le genre, l’homophobie… nous tiennent à cœur (la chronique la plus lue du blog reste d’ailleurs celle sur l’homosexualité dans les livres pour enfants). Même si nous parlons régulièrement de ces sujets, nous n’avions pas fait de chronique dédiée depuis un moment. Trois livres sortis récemment sont l’occasion de le faire. Après la chronique, vous trouverez quelques autres pistes. Et cette chronique est ouverte à tous et à toutes, sans abonnement, n’hésitez donc pas à partager.

Un extraterrestre débarque sur Terre dans le but d’en savoir plus sur quelque chose qui n’existe pas sur sa planète : le genre. Qu’est-ce qui différencie un garçon d’une fille. Et plus il interroge les personnes qu’il croise, plus notre héros est embêté… visiblement, à part physiquement, ce n’est pas si facile de faire la différence entre les deux sexes.
Bonjour madame ! parle avec beaucoup d’intelligence du genre. Bien qu’on y aborde énormément de sujets, bien qu’il soit un support parfait pour un travail en classe, voilà un album qui ne ressemble pas non plus aux livres militants qu’on aime bien parce qu’ils défendent des idées qui nous tiennent à cœur et qui « ont le mérite d’exister » (oui, j’ai quelques noms en tête, mais ne comptez pas sur moi pour les donner ici). Non Bonjour madame ! est un très bon album tout court. Il déconstruit avec beaucoup d’humour les clichés sexistes en montrant à quel point les aprioris sont ridicules quand ils sont vus par une personne extérieure. Celui qui ne connaît pas sur sa planète de différence entre les deux genres s’étonnera aussi que l’un ne supporte pas d’être pris pour l’autre (comme si c’était insultant pour un garçon d’être pris pour une fille).
Un album drôle, intelligent et bien foutu pour réfléchir à l’absurdité des phrases du genre « c’est un truc de filles ».

Émile et Mathis s’aiment énormément, si bien que le jour où les deux enfants trouvent une bague ils décident de se marier. Seulement quand Émile raconte à ses parents ce beau moment qu’il a vécu ceux-ci ne sont pas vraiment à la fête et lui expliquent que ce n’est pas possible, un garçon ne peut pas se marier avec un garçon !
Parler d’homosexualité dans un livre pour enfant ce n’est pas évident. D’ailleurs, peu de maisons d’édition osent (il y a des auteur.e.s qui ont des projets dans leurs tiroirs, mais ont du mal à les faire éditer). Des albums sur ce sujet qui sont délicats, intelligents, poétiques et bien illustrés… ça ne court par les rues ! On pense surtout au superbe Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec. Comme dans ce dernier, dans DEUX garçons et UN secret on ne parle d’ailleurs pas directement d’homosexualité. Dans les deux albums, il n’est peut-être juste question que d’une forte amitié, c’est le regard des adultes qui transforme tout ça. Ici, on parle donc de parents qui se mêlent des beaux sentiments de leurs enfants et de parents plus ouverts, on parle aussi des ami.e.s complices, d’accepter les autres comme ils sont. Plus tard, comme le dit la mère de Mathis, les deux garçons se marieront peut-être… et peut-être pas, et alors ?
Un bel album délicat et poétique sur les amours des enfants et sur le regard intolérant de certains parents.

Les garçons cherchent toujours la bagarre alors que les filles cherchent la paix, Le rose est une couleur de fille, À la maison les filles aident plus que les garçons, En classe les garçons sont turbulents alors que les filles sont calmes… Qui n’a jamais entendu ces phrases idiotes, ces clichés sexistes ? Et si l’on réfléchissait d’où viennent ces idées reçues ?
Alors que certains éditeurs essaient de sortir des livres antisexistes qui se révèlent finalement plus sexistes qu’autre chose (mais comme il y a un filon, faut y aller !), Oskar éditeur a sorti un album plein d’intelligence et de bon sens sur les préjugés sexistes. Intelligent, car il ne nie pas tout… mais explique des choses. Il rappelle que la société n’élève pas pareil les enfants en fonction de leur sexe, on ne demande pas la même chose à un garçon qu’à une fille et ça explique pas mal de choses (l’album devrait d’ailleurs être lu par tous les parents et tou.te.s les enseignant.e.s !!!). Ici, on réfléchit (l’ouvrage est sorti dans la collection Philo, des mots pour réfléchir), on nous donne des exemples concrets, on nous invite même à jouer. C’est vraiment bien fait, qu’on le lise à la maison ou qu’on l’utilise en classe.
28 idées reçues sur les filles et les garçons torpillées avec intelligence, un album IN-DIS-PEN-SA-BLE !

Si vous avez aimé cette chronique, quelques autres qui pourraient vous plaire :

Retrouvez les livres antisexistes que nous avons chroniqués regroupés ici et ceux sur l’homosexualité .

Bonjour madame !
Texte de Delphine Rieu, illustré par Julie Gone
Eidola
10 €, 160×220 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.
DEUX garçons et UN secret
Texte d’Andrée Poulin, illustré par Marie Lafrance
Éditions de la bagnole dans la collection La vie devant toi
13,90 €, 250×250 mm, 32 pages, imprimé en Canada, 2016.
Idées reçues sur les filles et les garçons
Texte d’Agnès Aziza, illustré par Manu Boisteau
Oskar Éditeur dans la collection Philo, des mots pour réfléchir
14,95 €, 165×230 mm, 230 pages, imprimé en Europe, 2015.

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De mythe en mythe

Par 30 août 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, place aux héros orgueilleux, aux dieux capricieux et aux mortels fantasques ! Vous l’aurez deviné, on plonge dans les mythes grecs et romains grâce à La Mythologie en BD : les métamorphoses d’Ovide de Béatrice Bottet et Ariane Pinel et Les voyages d’Enée et autres histoires romaines de Viviane Koenig !

La mythologie en BD : les métamorphoses d’Ovide
Texte de Béatrice Bottet, illustré par Ariane Pinel
Casterman
13,95€, 205×275 mm, 64 pages, imprimé en France, 2016.
Les voyages d’Énée et d’autres histoires romaines
de Viviane Koenig
Oskar
12,95€, 145×190 mm, 183 pages, imprimé en France, 2015.

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Stupeurs et tremblements

Par 7 juin 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on plonge dans deux romans trépidants et passionnants qui nous entraînent dans deux univers bien différents : Nous sommes ceux du refuge de Delphine Laurent et le premier tome des aventures de Chat Noir de Yann Darko.

Nous sommes ceux du refuge
De Delphine Laurent
Oskar Éditeur
15,95 €, 130×210 mm, 273 pages, imprimé en France, 2016.
Chat noir : le secret de la tour Montfrayeur
De Yann Darko
Gallimard Jeunesse
5,70 €, 125×178 mm, 224 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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