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Quand je crée

Les invité·e·s du mercredi : Béatrice Rodriguez et Magali Le Huche

Par 22 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Béatrice Rodriguez qui vient de signer un album très drôle (et antisexiste) avec Jean Leroy, La princesse, le loup, le chevalier et le dragon. Ensuite, on file épier Magali Le Huche dans son atelier pour voir comment elle crée. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Béatrice Rodriguez

Parlez-nous de votre parcours.
J’ai toujours dessiné, depuis l’âge où l’on peut tenir un objet entre les doigts. Mon père nous mettait toujours à disposition du matériel feuilles et crayons, parfois même un stylo à bille. J’ai gribouillé pas mal de papiers peints et livres de poche.
Puis j’ai beaucoup dessiné à la maternelle, moins à l’école primaire.
Vers 15 ans j’ai pris des cours de dessin. C’était un super moment le mercredi après-midi, une respiration dans la semaine.
Je ne savais pas si je voulais en faire mon métier. Certains m’encourageaient d’autre me le déconseillaient fortement.
Finalement après des années d’hésitation je suis rentrée à l’école Boule puis Oliviers de Serre et pour atterrir enfin pour mon plus grand bonheur aux Arts Déco de Strasbourg.
Après les arts déco, j’ai commencé mon métier d’illustratrice, d’abord dans la presse pour enfants (Astrapi, J’aime lire, Toboggan…) et dans les éditions scolaires. Et puis petit à petit, lorsque la confiance s’est installée, pour l’édition.

Vous venez de sortir La princesse, le loup, le chevalier et le dragon chez Actes Sud Junior, parlez-nous de votre travail sur cet album et de votre collaboration avec Jean Leroy
Le texte m’a tout de suite plu et Jean avait trouvé tout de suite le bon rythme pour le bouquin, de ce fait, je n’ai pas fait grand-chose, si ce n’est les illustrations.
Jean voulait des crayonnés pour envoyer le projet aux maisons d’édition. Je voulais peaufiner les dessins faire quelque chose de très séduisant, mais j’avais beaucoup de travail en parallèle, alors le projet stagnait un peu. Heureusement Jean m’a boosté et m’a dit d’envoyer ce que j’avais… un premier jet assez cracra.
Il l’a mis en maquette (sans ma permission) et a commencé à démarcher (sans ma permission) et le projet a été accepté chez Actes Sud Junior. Donc je peux dire que Jean est un auteur boosteur assez étonnant.
Bien évidemment, la maquette a été retravaillée depuis…
Pour cet album, je voulais mettre beaucoup de légèreté et d’innocence.
J’ai beaucoup travaillé le mode de déplacement des personnages. La princesse toute sautillante légère, contraste bien avec son goût pour la bagarre (je me suis inspirée de ma petite sœur à l’âge de 5-6 ans qui avait cette attitude légère évanescente et bagarreuse). Le chevalier lui se déplace de façon rigide, bloqué dans son armure, rigide mais dynamique, il écrase tout. Un petit bulldozer.
Pour moi, la gestuelle des personnages est très importante, des orteils à la pointe des cheveux, elle raconte autant que le texte.
Pour les couleurs, je voulais une ambiance douce, fraîche, mais pas pastel, assez acidulée.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je dessine les traits noirs au crayon sur du papier calque que je scanne par la suite. Je mets la couleur sur ordinateur portable avec ma petite palette graphique. Comme ça je peux travailler un peu partout dans la maison et chez les autres aussi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Enfant je ne lisais pas. J’étais dyslexique et ça me demandait trop d’effort. Même Asterix m’épuisait.
Je préférais le jardin, je regardais les arbres, les fleurs, les insectes.
Voir comment germaient les graines, comment poussaient les plantes.
Adolescente, j’adorais « Le génie des alpages » de F’murr. « Les rats » de Ptiluc et puis Fred aussi avec son « Philémon » et « Les idées noires » de Franquin.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
J’ai toujours plein de projets en tête et même parfois dans les tiroirs des éditeurs. Mais c’est le temps qui me manque le plus. Je dois évoluer dans une autre boucle temporaire que les autres, plus élastique.
En tant qu’illustratrice, faire plusieurs livres à la fois, c’est assez compliqué pour moi. Faire un livre, déjà, demande tellement d’énergie, d’engagement. Mais peut-être que je ne suis pas assez légère. En ce moment, je suis en train d’illustrer un Classique chez le Père Castor, « Le petit bonhomme de pain d’épices ». D’ailleurs il faut que j’y retourne je suis un peu en retard sur mon travail !

Bibliographie sélective

  • La princesse, le loup, le chevalier et le dragon, illustration d’un texte de Jean Leroy, Actes Sud Junior (2017).
  • Mon petit atlas de France, illustration d’un texte d’Aude Lesage, Belin (2017).
  • Au bonheur des lapins, illustration d’un texte de Marie Nimier, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Les secrets des grands singes, illustration de textes d’Emmanuelle Grundman, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Chien-guide pour la vie, illustration d’un texte de Laure Perrin, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Partie de pêche, album sans texte, Casterman (2013).
  • Carabinette, illustration d’un texte de Jean Leroy, Casterman (2013).
  • Dans la forêt, en promenade avec Tom et Marie, illustration d’un texte de Sylvie Baussier, Belin Jeunesse (2013).
  • La revanche du coq, album sans texte, Casterman (2011).
  • Le voleur de poule, album sans texte, Casterman (2008).


Quand je crée… Magali Le Huche

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Magali Le Huche qui nous parle de quand elle crée.

C’est assez variable, en fonction des projets, des humeurs, des urgences, des saisons…
J’aime beaucoup chercher des idées au café. J’aime commencer les projets, esquisser des personnages au café. J’aime beaucoup les cafés, j’arrive bien à me concentrer, comme si l’agitation ne me concernait pas, et que je ne pouvais pas partir de mon siège, quoiqu’il arrive. C’est un endroit distrayant qui me concentre je crois. Par contre je n’y arrive pas du tout dans le train ! Je suis toujours attirée par le défilement du dehors et ça me fait planer.
La plupart du temps je travaille dans mon atelier.
Il y a des jours où j’ai besoin d’être totalement seule sans bruit. C’est étonnant comme je suis beaucoup plus intolérante au courcircuitage chez moi qu’au café. Pour écrire notamment, et pour faire des crayonnés. Dans ces phases de travail, je suis en général dans le silence total. Ensuite, lorsque je passe au dessin, à la mise au propre, à la recherche de technique, j’aime écouter de la musique. Mais alors là, pour le choix de la musique, je peux être un peu maniaque ! J’ai l’impression que la musique que je choisis alors va influencer mon dessin (ce qui n’est pas faux), ou l’inverse, les dessins que je fais vont influencer la musique que je choisis. Oui parce que je peux dessiner en rythme, alors, si je choisis d’écouter Deep Purple ou des groupes comme Supergrass, The Clash, ou Television, mon trait sera peut être plus nerveux que si je décide d’écouter Chopin, Schubert, ou Sufian Steven et Patrick Watson. Il peut m’arriver d’écouter Dr Dre, Missy Elliott ou MFDoom, alors que je fais une histoire de Doudous tout mimi. S’opère alors un petit décalage assez drôle. Pour le prochain Non-non, je vais essayer d’écouter Black Sabbath, tiens.

Lorsque je dessine, j’écoute de la musique, et lorsque je fais des mises en couleur, j’écoute la radio. J’écoute beaucoup d’émissions en podcast, généralement des émissions de France culture. Je suis addict à « Les pieds sur terre ».

Pendant des années j’ai partagé mon atelier avec d’autres illustrateurs et graphistes. C’était une super période, ou j’aimais travailler entourée, cela ne me dérangeait pas de faire des pauses en fonctions des pauses des autres.
On se faisait découvrir beaucoup de musique, on écoutait les émissions ensemble…
Même si mes collègues me manquent souvent, j’ai trouvé une certaine satisfaction, un plaisir à travailler seule. Je me sens dans ma bulle, j’aime être complètement immergée dans mon espace, dans mon travail. Cela devient même nécessaire maintenant, et je suis plus facilement disponible ensuite pour aller voir les autres.
C’est à cause de l’âge peut-être…
Avant j’étais super efficace le matin, et puis, maintenant que j’ai un atelier attaché à mon appartement, j’aime travailler le soir, les bruits de dehors ne sont pas les mêmes, la lumière de la nuit me concentre différemment, je n’ai plus à surveiller l’heure, j’y suis bien…

Magali Le Huche est autrice et illustratrice.

Bibliographie (sélective).

  • Le grand magasin fluo, illustration d’un texte de Stéphane Gisbert, Sarbacane (2017).
  • Doudou est perdu, texte et illustrations, Tourbillon (2017).
  • La tribu qui pue, illustration d’un texte d’Élise Gravel, Les fourmis Rouges (2017).
  • Verte, illustration d’un scénario de Marie Desplechin, Rue de Sèvres (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui a soufflé mes bougies ?, album, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Eléctrico 28, album, illustration d’un texte de Davide Cali (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Paco, albums sonores, textes et illustrations, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Peur du noir, moi ?, album, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jean-Michel, albums, textes et illustrations, Actes Sud Junior (2009-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Série Non-Non, albums, textes et illustrations, Tourbillon (2009-2016), que nous avons chroniqué ici, et .
  • Un poisson dans le bidon, illustration d’un texte de David Sire, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • À la recherche du nouveau père, BD, scénario de Gwendoline Raisson, Dargaud (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Même les princesses pètent, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poisson perroquet, album, illustration d’un texte d’Amanda Sthers, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ferme ton bec !, album, illustration d’un texte de Pierre Delye, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est de famille, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Drôles de courses pour M. Ours, album, illustration d’un texte de Monika Spang, P’tit Glénat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pépito super-héros, album-CD, illustration d’un texte de Yann Walcker, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Niet Popov, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mères anonymes, BD, scénario de Gwendoline Raisson (2013), Dargaud, que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup et la soupe aux pois, album, illustration d’un texte de Françoise Diep, Didier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chat d’Elsa, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voyage d’Agathe et son gros sac, album, texte et illustrations, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • L’arpenteur, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • À la piscine, grande illustration, La maison est en carton (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma super famille, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Père Castor (2009), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Nathalie Paulhiac et Gilles Bachelet

Par 8 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est avec l’autrice-illustratrice Nathalie Paulhiac qu’on a rendez-vous. J’aime beaucoup son travail en général et son dernier album, De l’autre côté, m’a particulièrement séduit, j’avais envie de lui poser quelques questions. Ensuite, on file, telles des petites souris, dans l’atelier de Gilles Bachelet pour voir comment il crée. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Nathalie Paulhiac

Parlez-nous de votre parcours.
Après avoir passé un BAC littéraire/arts plastiques, j’ai commencé des études artistiques à Paris. J’ai fait une école d’arts appliqués (école Boule) d’où je suis sortie avec un diplôme en expression visuelle-espace de communication (plus clairement cela consistait à créer des stands, des présentoirs commerciaux, des scénographies…) et puis je me suis envolée pour le Québec en échange « Socrates » l’équivalent d’Erasmus). Là j’étudiais le graphisme à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) et j’avais choisi comme option « illustration ». Ce fut pour moi une révélation : je savais enfin ce que je voulais faire dans la vie !
De retour en France, je cherche une école pour suivre des cours dans ce domaine ; en France, la priorité étant donnée aux personnes sortant du BAC, pas mal de portes se sont fermées à moi. J’appréciais beaucoup le travail d’Anne Herbauts et en m’intéressant à son parcours j’ai vu qu’elle avait suivi l’enseignement de l’Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles ; alors me voilà partie à Bruxelles… Ceci était en 2002, et en 2017 je vis et travaille toujours là.

Pouvez-vous nous parler de De l’autre côté qui vient de sortir aux éditions Cépages ?
C’est une belle rencontre ! Souvent les mamans papotent à la sortie de l’école de leurs enfants ; et en « papotant » avec l’une d’entre elle, nous nous sommes rendues compte qu’une écrivait pour les enfants et que l’autre dessinait. Il n’y avait plus qu’à se mettre ensemble sur un projet.
J’ai donc lancé une phrase à Maylis et celle-ci à poursuivi l’histoire qui est devenue celle de Iris et Noé, les personnages de De l’autre côté.
Il fallait ensuite trouver un éditeur (chose difficile…). Nous avons envoyé le projet à beaucoup (beaucoup, beaucoup) de maisons d’édition et Bénédicte Petitot nous a répondu. Elle a monté sa maison Cépages en 2013 et produit des albums de qualité, attentive au texte, aux illustrations, à la qualité d’impression… bref elle aime son métier et ça se voit.

J’aimerai que vous nous disiez quelques mots sur un album plus ancien, Qui suis-je ? sorti chez Winioux.
Encore une belle rencontre avec Raphaëlle et Marion les deux éditrices de Winioux ; Qui suis-je ? était un projet que j’avais créé durant mes études aux Beaux-Arts ; dans mes recherches d’éditeurs (partie difficile du métier d’illustrateur mais nécessaire…) je suis tombée sur cette maison d’édition et elles ont aimé ce projet qui rentrait dans leur ligne éditoriale. Nous avons un peu modifié le projet de base mais dans l’ensemble il reste fidèle à ce que j’avais imaginé : ce livre parle des émotions qui nous animent ; je le présente dans les écoles en maternelle, il permet d’expliquer simplement aux enfants nos changements d’humeur qui arrivent à tout le monde et cela permet de dédramatiser les colères, les caprices…

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je pratique une technique mixte : je fais les fonds à l’écoline en mouillant au préalable mon papier car j’aime bien me laisser surprendre par des taches non prévues. Sinon j’utilise beaucoup de papiers que je récolte à droite et à gauche (j’ai une collection de papiers dans mon atelier, des vieilles pochettes, des emballages de papier cadeaux, les emballages du boucher ou du fromager…) et pour les personnages j’utilise un papier un peu jauni par le temps.
Je dessine tout sur ces différents papiers (au crayon gris, crayons de couleurs, feutres) et ensuite je pratique ce que j’appelle ma « technique en pièces détachées » ; je réunis tous ces petits morceaux de dessins sur mon ordinateur où je fais la mise en page en utilisant Photoshop.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Partout, dans la rue ça peut être un visage, un vêtement qui me plaît, une affiche…
Je suis aussi très attentive aux associations de couleurs que je peux remarquer dans des pages de magazines par exemple.
Côté illustrateurs j’aime beaucoup le travail de Beatrice Alemagna, Géraldine Alibeu, Marc Boutavant, Magali Le Huche, Kitty Crowther.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Les malheurs de Sophie, les Tom Tom et Nana dans les J’aime lire, Tintin, Caroline, Charlie et la chocolaterie.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
Je travaille en ce moment sur un nouvel album jeunesse également écrit par Maylis Daufresne (auteur de De l’autre côté) ; celui-ci paraîtra au printemps prochain aux éditions du Jasmin. C’est une histoire faite de chaleur, de rencontres et de transmission…

Bibliographie

  • De l’autre côté, illustration d’un texte de Maylis Daufresne, Éditions Cépages (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • S’aimer, collectif, À pas de loup (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le mur, illustration d’un texte d’Anne Loyer, À pas de loup (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Ugo, tu rêves ?, illustration d’un texte de Pierre Coran, À pas de loup (2016).
  • Qui suis-je ?, texte et illustrations, Winioux (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Oh les taches !, loisirs créatifs, Casterman (2010).


Quand je crée… Gilles Bachelet

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Gilles Bachelet qui nous parle de quand il crée.

Le plus dur, c’est de s’y mettre… Procrastination et surtout trac, après toutes ces années encore, de me confronter avec la feuille blanche. Passer du constat « il faudrait que je travaille » à la mise en pratique de la chose peut prendre chez moi très longtemps… Comme je suis par ailleurs enseignant dans une école d’art et que je fais pas mal de salons et de rencontres scolaires, c’est surtout durant les mois d’été que je me consacre vraiment à mes albums. Le reste du temps, ce sont plutôt des petits travaux ponctuels, des recherches d’idées ou des bêtises sur facebook. Une fois la machine enclenchée, et sur cette période limitée, j’arrive à m’astreindre à des horaires assez rigoureux. Huit à dix heures par jour sept jours sur sept, trois mois d’affilée…
À partir du moment où j’ai trouvé l’idée générale d’un album, les premiers crayonnés se font plutôt facilement et sans douleur. À ce stade là, je travaille dans des carnets. Je construis un chemin de fer plus ou moins définitif et trouve généralement les éléments de texte en même temps que les images sans passer par une étape spécifique d’écriture.  C’est seulement après, au moment tristement nommé de « l’exécution », que les choses se gâtent… Comment passer d’un croquis spontané mais plein de fautes ou d’imprécisions à une illustration finalisée sans perdre en route la fraîcheur et le dynamisme du trait ? La technique d’aquarelle que j’utilise ne permet pas trop d’hésitations, de repentirs et de coups de gomme intempestifs… Je travaille donc d’abord sur des calques, souvent plusieurs successivement, jusqu’à l’obtention d’un dessin suffisamment juste et précis, tout en essayant de ne pas trop figer le trait… Ensuite seulement, je reporte le dessin sur le papier définitif. L’encrage et la couleur me posent moins de problèmes… Mon moment préféré est le passage des grandes surfaces d’aquarelle… Je ne me suis jamais lassé de ce matériau que j’utilise depuis 40 ans… l’étape de finition qui suit est plus longue et plus fastidieuse… J’ai souvent quatre ou cinq planches en cours à des niveaux de finalisation divers.

À l’époque où je vivais surtout de l’illustration en freelance pour la presse et la publicité, je travaillais beaucoup de nuit avec la radio allumée en permanence. Un jour, totalement démoralisé de travailler seul et coupé du monde (je n’étais pas encore enseignant, les réseaux sociaux n’existaient pas et, faisant peu de livres, je n’étais pas invité sur les salons), j’ai demandé à mon éditeur de l’époque, Patrick Couratin, si je pouvais venir m’installer quelques jours dans ses bureaux. C’était, en plus d’une maison d’édition, un studio de création graphique qui faisait essentiellement de l’affiche de spectacle. Je squattais un bureau dans une grande pièce où nous étions toujours trois ou quatre à travailler. Beaucoup de monde y passait et j’ai adoré travailler dans cette agitation. Venu là pour quelques jours, j’y suis resté sept ans, jusqu’à la mort de Patrick… J’y ai perdu l’habitude de travailler en musique. Revenu par la suite dans mon atelier, je n’en ai pas vraiment éprouvé le besoin et je continue à travailler sans fond sonore le plus souvent. Parfois, dans des phases d’exécution un peu fastidieuses, j’écoute des livres audio.

Pendant ces périodes d’été un peu intensives, j’ai tendance, de plus en plus, à m’entourer de petits rituels… Nettoyage quotidien du plan de travail, douche et rasage de près même si je sais que je ne mettrai pas le nez dehors de la journée, début et fin du travail à des heures précises, disposition des crayons et des pinceaux, toutes choses qui ne sont pas du tout dans ma nature plutôt bordélique… Enfin, chose peu avouable, j’ai une superstition un peu particulière : depuis une vingtaine d’année je collectionne les totottes trouvées dans la rue… Ce sont un peu mes trèfles à quatre feuilles de citadin… Ainsi, pour moi, la réussite d’un album est directement liée au nombre de totottes trouvées pendant la réalisation de celui-ci…

Gilles Bachelet est auteur et illustrateur.

Bibliographie :

  • Une histoire d’amour, Seuil Jeunesse (2017).
  • Une histoire qui…, Seuil Jeunesse (2016).
  • La paix, les colombes !, avec Clothilde Delacroix, Hélium (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Coulisses du Livre Jeunesse, L’atelier du poisson soluble (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chevalier de ventre à terre, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Madame Le Lapin Blanc, Seuil Jeunesse (2012).
  • Des nouvelles de mon chat, Seuil Jeunesse (2009).
  • Il n’y a pas d’autruches dans les contes de fées, Seuil Jeunesse (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Quand mon chat était petit, Seuil Jeunesse (2007).
  • Hôtel des voyageurs, Seuil Jeunesse (2005).
  • Champignon Bonaparte, Seuil Jeunesse (2005).
  • Mon chat le plus bête du monde, Seuil Jeunesse (2004).
  • Le singe à Buffon, Seuil Jeunesse (2002).

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Les invité.e.s du mercredi : Flora Prevosto, Pauline Basset, Johan Dayt et Matthieu Maudet

Par 28 juin 2017 Les invités du mercredi

Maison Eliza c’est la jeune maison d’édition qui fait le plus parler d’elle en ce moment. Forcément, on eu envie d’en savoir plus en posant des questions à ses fondateur.trice.s. Ensuite, je vous propose de vous glisser avec moi dans l’atelier de Matthieu Maudet ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Flora Prevosto, Pauline Basset et Johan Dayt de Maison Eliza

Comment est né Maison Eliza ?
Flora Prevosto : L’idée de créer une maison d’édition jeunesse n’est pas nouvelle et fait son petit bonhomme de chemin depuis quelques années dans nos têtes. Nous sommes depuis longtemps passionnés par les livres pour enfants et c’est d’abord en tant qu’auteurs et illustrateurs que Pauline et Johan font leurs premiers pas dans le monde de l’édition, en 2014. Puis après avoir mis un pied dans le milieu, ils ont des idées plein la tête, rêvent de prolonger l’aventure et me proposent de monter notre propre maison d’édition. Nous travaillons pendant plus d’un an sur le projet et en septembre 2016, l’aventure prend forme avec la sortie de nos premiers livres en librairie !

Vous vous définissez comme une maison d’édition solidaire et responsable. Comment cela se traduit-il ?
Nous souhaitons en effet être solidaires dans notre démarche. Nous voulons que nos livres soient accessibles au plus grand nombre et pour cela, nous avons décidé de mettre en place l’action suivante : pour 5 livres vendus, Maison Eliza offre 1 livre à un enfant qui a peu accès à la culture. Comment faites-vous, nous direz-vous ? Eh bien nous mettons en place des partenariats avec différentes associations. Par exemple, nous venons de donner des livres neufs aux enfants hospitalisés à l’Hôpital Robert Debré à Paris via l’association « Des rêves et des actes ». Si vous connaissez d’ailleurs des associations à la recherche de dons de livres, n’hésitez pas à nous contacter.
Il nous semblait également important d’être attentifs à l’impact écologique de notre projet. Ainsi, nous faisons imprimer nos livres en France ou Europe proche (en Espagne et en Italie) et sur du papier issu de forêts gérées durablement.

Pouvez-vous nous présenter les personnes qui travaillent à Maison Eliza et quels sont leur rôle ?
Notre petite équipe est composée de trois personnes :
• Pauline Basset est directrice éditoriale
• Johan Dayt est responsable de la fabrication
• Et moi-même, Flora Prevosto. Je suis en charge de la communication et du marketing.

Quels sont vos parcours respectifs ?
Aucun d’entre nous n’avait d’expérience dans le monde de l’édition. Nous venons tous les trois de parcours très différents mais nous avons la chance d’avoir des compétences complémentaires et des goûts similaires : Pauline a un parcours de styliste de mode pour enfant, de graphiste et d’illustratrice. Johan est tailleur de pierre de formation mais est également illustrateur. Et pour ma part, je viens du monde des langues et de la communication.

Quand vous étiez enfant, quelles sortes de livres lisiez-vous ? Et quel était votre livre préféré ?
Flora : Ma mère étant bibliothécaire en section jeunesse, j’ai baigné toute mon enfance dans les albums illustrés notamment ceux de l’école des loisirs. J’aimais particulièrement la série des Tromboline et Foulbazar de Claude Ponti ou les livres de Claude Bougeon comme La brouille. Les jeux de mots de Pef dans La belle lisse poire du Prince de Motordu restent aussi un souvenir marquant.
Pauline : Mes parents sont très bédéphiles. J’ai donc été biberonnée aux BD mais si je dois citer un album préféré, je dirais Le plus grand livre du monde de Richard Scarry ed. Albin Michel Jeunesse qui reste mon 1er souvenir de livre jeunesse.

Pouvez-vous nous présenter vos différentes collections ? Quelle est votre ligne éditoriale ?
Chez Maison Eliza, nous proposons des livres colorés, avec un graphisme de qualité et soignés jusque dans les moindres détails et qui transmettent, tout en délicatesse, des valeurs telles que la tolérance, l’amitié, la confiance en soi… le tout enrobé de poésie et d’humour.
Nous avons à ce jour 3 collections :
• La collection Menthe à l’eau s’adresse aux petits à partir de 3 ans et l’idée est de susciter la curiosité, l’envie d’apprendre et de rire chez les plus petits à travers animaux, bestioles et toutous en tout genre. Une belle façon d’appréhender les premières découvertes de la vie.
• La collection Pistache c’est une pointe d’humour dans un océan de poésie ou une histoire farfelue à la portée des enfants et des passionnés. Cette collection s’adresse aux enfants dès 4 ans.
• La collection Corail est une collection de livres de voyage qui permet de découvrir chaque pays par une balade poétique à travers ses paysages, ses cultures, ses recettes… pensée et illustrée pour toute la famille.

Vous avez publié un très joli livre sur l’Italie, qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes, et qui propose une découverte du pays à travers sa culture, ses paysages, son architecture. Est-ce le premier d’une série de livres de voyage ?
Merci, c’est effectivement un ouvrage un peu différent. C’est une balade tout en aquarelle à travers les régions italiennes. Nous pensons qu’il peut plaire à toute la famille et susciter le goût du voyage. Chacun peut se plonger dedans avant, pendant ou après le voyage. L’idée est de continuer la série avec d’autres destinations. L’Espagne est le prochain pays que nous avons choisi d’aborder (il devrait sortir en février 2018).

Pouvez-vous nous dire un mot des prochaines parutions chez Maison Eliza ?
Dès la rentrée, nous allons sortir un bel album intitulé C’est toi mon papa ? de Elsie W. Right et Giordano Poloni, sur un petit robot qui part à la recherche de son papa dans une ville « rétro-futuriste » très colorée. Puis, en octobre, vous pourrez retrouver la suite des aventures de Mizu et Yoko. Dans ce nouvel épisode, Mizu veut apprendre à voler. Mais va-t-il y arriver ?…
Pour le reste du catalogue, nous sommes en train de travailler sur 4 autres projets dont certains d’auteurs et illustrateurs avec lesquels nous avons déjà eu le plaisir de collaborer. Nous vous en dirons plus d’ici quelques mois.

Déjà sorti chez Maison Eliza :

  • Adèle, de Bérengère Mariller (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Péripéties d’une pêche impromptue, d’Anne Defreville (2017).
  • Une Italie, de Johan Dayt (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Martin, de Caroline Attia (2017).
  • La grande inconnue, de Pog et Maurèen Poignonec (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Chichi Poilu, de Lenia Major et Caroline Ayrault (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Un lion très coquet, de Valérie Weishar-Giuliani et Lili la baleine (2016).
  • Mizu et Yoko – Tout seul, de Laurie Cohen et Marjorie Béal (2016), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Matthieu Maudet

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.trice.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.trice.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils.elles créent. Cette semaine, c’est Matthieu Maudet qui nous parle de quand il crée.

Alors… c’est simple et c’est compliqué.
Et puis, ça dépend si on parle de dessins ou de textes.

Le dessin, c’est le plus simple pour moi. Je fais ça depuis que je suis petit.
Si j’ai un texte, ma tête fabrique des images.
C’est simple.

Mais je sais pas vraiment comment ça se passe à l’intérieur…
Sans doute un gros mélange entre : des dessins que j’ai déjà fait, des souvenirs, des mots, des ambiances, des dessins d’autres personnes, du nombre d’enfants qui crient dans le bureau, des films, des promenades, de la musique, de ce que je suis en train de manger, des photos, mon humeur.
Faudrait regarder tout ça au scanner pour voir…

Pour la partie visible, je prends un crayon et c’est parti, c’est un peu flou, un peu de travers, mais souvent l’idée est là, parfois même, ces dessins seront ceux que l’on retrouvera dans le livre.
Si ça ne m’évoque rien, soit c’est pas le bon moment et je réessaie plus tard, soit ce n’était pas un texte pour moi, pas grave, je passe à autre chose.

Parfois, ça redevient compliqué au moment de choisir la technique pour finaliser les illustrations. L’imbrication des crayonnés, de l’histoire et de ce qu’on veut dire par le rendu même du dessin prend du temps. C’est un moment où j’ai besoin de nourriture visuelle, de ne pas être dans l’urgence. Mais pas trop relâché quand même. Il faut être aux aguets. Ouvrir les yeux, grands. Ensuite, je fais des essais qu’on ne verra et ne soupçonnera même pas une fois le livre terminé. Une fois trouvé LE dessin, la bonne idée, ça redevient simple.
Enfin… sauf si on n’a plus trop envie de dessiner…
Là, il faut trouver l’astuce. La musique qui donne l’élan, l’émission de radio sur laquelle se fixer pendant que mes mains travaillent, les deux seules heures de travail disponibles dans une journée… Trouver mon rythme pour ce projet.

Pour l’écriture, c’est autre chose. En fait, non, c’est exactement pareil.
Mais pour moi c’est moins immédiat.
En général, ce n’était pas vraiment un texte. Plutôt une idée.
Une idée de livre, directement.
Donc pas de complication avec les mots, l’idée est là.
C’est simple.
Quand j’y pense un peu trop, je note l’idée dans un carnet.
Parfois, ça me permet de ne plus y penser.
Parfois, c’est le contraire. J’ai envie de continuer, de dessiner les personnages, de crayonner toute l’histoire, voir si ça tient ou pas.

Quand les textes sont plus longs, c’est plus compliqué.
Il faut que je trouve le temps à accorder uniquement à cette idée. Quand je sais que je vais avoir plusieurs heures de train, par exemple.
J’emmène 2-3 idées à avancer. Je crayonne. J’écris. Ça m’a souvent permis de débloquer, de consolider ou d’associer des histoires. D’en trouver des nouvelles.
Mais ça ne marche pas à tous les coups.
Ça serait trop simple !

Matthieu Maudet est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Matthieu Maudet sur son blog : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

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Les invité.e.s du mercredi : Téhem et Clothilde Delacroix

Par 7 juin 2017 Les invités du mercredi

Après avoir beaucoup ri à la lecture de Nowan, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son auteur, Téhem. Je lui ai donc posé quelques questions, il a accepté de me répondre. Après cette interview, je vous propose de vous glisser avec moi dans l’atelier de Clothilde Delacroix ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Téhem

Pouvez-vous nous présenter Nowan ?
Nowan est un quidam, un passant, un anonyme, un monsieur-tout-le-monde qui traverse l’histoire de l’art en provoquant des évènements loufoques. Et cela aboutit toujours par la création d’une œuvre d’art connue. D’ailleurs « no one » en anglais signifie « personne »…

Comment est venue l’idée de cette série ?
Le magazine Je bouquine m’a invité à réfléchir à une série de bande dessinée en 6 pages parlant de la culture en général. Ayant été enseignant d’arts plastiques, c’est tout naturellement que je me suis penché sur le monde des œuvres d’art et au moyen de le rendre attractif pour des enfants de fin de primaire (qui sont la majorité des lecteurs du magazine). J’ai ensuite essayé de concevoir des personnages qui traversent le temps sans que cela pose problème pour le lecteur : l’idée d’un anonyme qui ne laissera aucune trace dans l’« histoire officielle » m’a semblé intéressante et pleine de possibilités.

Est-ce que vous vous renseignez sur la vraie histoire ou vous ne préférez pas pour ne pas être influencé ?
Je me renseigne bien sûr sur la véritable histoire de l’œuvre, c’est aussi un moyen de prendre des éléments importants qui peuvent m’aider à bâtir mon récit. Ensuite je prends beaucoup de distance avec la réalité, pour créer une histoire improbable.

Parlez-nous de votre parcours.
Je viens de l’île de la Réunion, où j’ai participé à un fanzine appelé « Le cri du Margouillat » et dans lequel j’ai fait mes premières armes avec une série en créole, Tiburce. Ensuite J’ai été contacté par un éditeur aux éditions Glénat pour créer une série d’humour, Malika Secouss. Parallèlement à tout ça, j’ai été enseignant d’arts plastiques. Puis j’ai dû faire un choix : me consacrer entièrement à la bande dessinée. J’ai enchaîné les séries, Zap Collège, Lovely Planet, Root (en tant que scénariste). J’ai à ce jour une quarantaine d’albums, et je réalise également des illustrations pour des magazines.

La transmission semble importante pour vous.
Oui, j’essaie d’aider un peu les jeunes auteurs en herbe à progresser en bande dessinée : je donne des cours dans mon atelier à des enfants de 10 à 15 ans, et nous participons régulièrement à des concours (nous avons régulièrement des lauréats !). Nous recevons aussi pas mal d’auteurs professionnels ou semi-professionnels tout au long de l’année. Je suis président d’une association qui s’appelle «Atelier KAWA », et qui a pour but de valoriser la bande dessinée à Mazé (le village où se trouve justement mon atelier). Je suis aussi favorable au parrainage des jeunes auteurs professionnels par des auteurs plus expérimentés. Nous avons créé un festival justement dans ce sens qui s’appelle « Cases Départ », où les auteurs ayant publié un premier album étaient parrainés par des auteurs plus « installés » dans la profession.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Il y avait peu de bande dessinée à La Réunion à cette époque, mais j’arrivais cependant à me procurer des Pif Gadget, et surtout le Journal de Spirou. Adolescent, j’ai découvert l’étendu de la bande dessinée en fréquentant les bibliothèques et les albums que des copains ramenaient de Métropole.

Y a-t-il des illustrateurs.trices qui vous ont inspiré ?
J’ai lu et relu tous les albums de Gotlib, Gaston  mais je suis également assez fan de bande dessinée un peu décalée.

Quels sont vos projets ?
J’ai actuellement commencé une nouvelle série d’humour pour les éditions Dupuis qui s’appelle « ADOGO », et qui raconte les voyages de 3 ados insupportables et le vécu de leurs parents. J’ai aussi attaqué un roman graphique qui se passe dans un lycée à La Réunion en 1945.

Bibliographie :

  • Série Nowan, 1 tome, scénario et dessins, Bayard (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • 40 bonnes résolutions de mec, collectif, Bamboo (2016).
  • Zizi Zézette, illustration d’un scénario de Luc Chevallier, Des Bulles dans l’Océan (2010).
  • Quartier western, Des Bulles dans l’Océan (2010).
  • La grosse tête, illustration d’un scénario de Makyo et Toldac, Dupuis (2015).
  • Série Root, 3 tomes, scénario illustré par Xavier, Glénat (2007-2009).
  • Série Lovely Planet, 2 tomes, Glénat (2005-2009)
  • Série Zap collège, 7 tomes, Glénat (2002-2009)
  • Série Malika Secouss, 9 tomes, Glénat (1998-2008)
  • Série Tiburce, 6 tomes, Centre du monde puis Glénat (2002-2012)


Quand je crée… Clothilde Delacroix

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.trice.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.trice.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils.elles créent. Cette semaine, c’est Clothilde Delacroix qui nous parle de quand elle crée.

Mon « bureau » se trouve chez moi, dans la pièce principale, où j’ai aménagé une sorte d’open-space pour simuler un semblant de pièce.

Une « journée type » commence très tôt, entre 4 et 5 heures du matin. C’est le moment pour jeter des idées en vrac : grabouiller avec ou sans objectif ou poser des débuts d’idées qui n’aboutiront peut-être jamais. C’est un horaire à part, où l’obsession d’efficience dans l’utilisation du temps est un peu préservée, où « tout semble possible » comme on dit. C’est aussi dans cette tranche horaire que je vais généralement penser un chemin de fer ou dessiner la composition de nouvelles planches. C’est le moment du silence complet.

Si je suis grosse de l’intuition d’un projet dont les contours me sont encore totalement flous (c’est-à-dire que seul réside le sentiment d’une grossesse), c’est aussi le moment d’aller essayer d’y voir de plus près. Je ne crois pas aux projets sortis aux forceps, mais à la juste coïncidence des temps. C’est donc aussi à cette heure silencieuse que je vais faire un tour sur la pointe des pieds dans le jardin de ma grossesse, histoire de voir si j’entends le début de quelque chose de suffisamment intelligible pour me donner la preuve d’une juste maturation. De fait, il m’arrive de brasser du vide pendant trois heures à faire une échographie les yeux grands ouverts dans le noir, ce qui est assez ingrat.

Arrive la tranche horaire des nécessaires responsabilités maternelles. J’ai globalement abandonné depuis longtemps toute velléité de travailler pendant que ma fille joue autour de moi. Sauf, éventuellement, pour la mise en couleur de certains dessins de presse dont je connais très bien les personnages et les caractéristiques d’exécution. Mes journées sont donc assez saucissonnées.

Tant qu’il fait nuit, je ne travaille pas la couleur (sauf si c’est de la colorisation numérique) pour ne pas avoir de mauvaises surprises à la lumière du jour. Le reste de la journée est consacré à des tâches plus exécutives : peaufiner les grabouillages du petit matin, encrer ou mettre en couleur des planches en cours. Pour ces tâches-là, qui me demandent une attention plus flottante, j’oscille entre musique et radio.

Quand j’ai plusieurs jours de solitude et de tâches exécutives devant moi, j’opte plus facilement pour une lecture-audio fleuve (Guerre et paix par exemple) ou une série « easy non-regarding » (où il s’agit de pouvoir suivre sans regarder l’image). Cela met en place une sorte de temps continu factice assez enveloppant. Certaines de mes planches sont ainsi imbibées d’une mémoire auditive.

En cas de blocage, sur une idée de presse par exemple ou une composition que j’ai reprise plusieurs fois mais qui ne me convient pas, je vais m’allonger. La plupart du temps, je m’endors en réfléchissant et la solution vient d’elle-même.

Quant à savoir d’où viennent les idées… J’aimerais bien le savoir, ce serait plus facile de les trouver…

Ces derniers temps, elles me viennent surtout de la volonté de porter un regard décalé au second degré sur le quotidien. Sur ce, je vais aller m’allonger un peu…

Clothilde Delacroix est autrice et illustratrice.

Bibliographie :

  • Lolotte à l’école, texte et illustrations, l’école des loisirs (à paraître, septembre 2017).
  • Lolotte se déguise, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017).
  • Bof, texte et illustrations, Talents Hauts (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La chat-chat à sa chouchoute, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Sarbacane (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Happy Monkeys, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • Hungry bears, illustration d’un texte de Maisie Fieschi, ABC Melody (2017).
  • Noisy cat, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • Funny Penguin, illustration d’un texte de Stéphane Husar, ABC Melody (2017).
  • La piscine magique, illustration d’un texte de Carl Norac, Didier Jeunesse (2017).
  • Le goûter de Lolotte, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Presque toute la vérité sur les lutins, texte et illustrations, Seuil jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonne nuit Lolotte !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Gros mensonge, texte et illustrations, Talents Hauts (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La paix, les colombes !, co-écrit avec Gilles Bachelet, texte et illustrations, Hélium (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Lolotte et le coffre à jouets, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Le chien-chien à sa mémère, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Lolotte et le polochon, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • La valise de Lolotte, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • La boîte de Zig et Zag, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Le petit rien d’Augustin, illustration d’un texte de Béatrice Gernot, Alice jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La poupée d’Auguste, illustration d’un texte de Charlotte Zolotow, Talents Hauts (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mercredi c’est sport, illustration d’un texte de Thomas Gornet, Éditions du Rouergue (2011).

Retrouvez Clothilde Delacroix sur son blog : http://clothildedelacroixillustrations.blogspot.fr.

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Les invité.e.s du mercredi : Françoise de Guibert et Clémence Pollet

Par 22 mars 2017 Les invités du mercredi

Hasard du calendrier, nos deux invitées du jour viennent de sortir un ouvrage ensemble, Dis où tu habites un magnifique documentaire animalier qui vient de paraître à La Martinière Jeunesse : Françoise de Guibert et Clémence Pollet. La première a accepté de répondre à nos questions, la seconde nous fait visiter son atelier et nous parle de la façon dont elle travaille. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Françoise de Guibert

Pouvez-vous nous dire quelques mots du superbe documentaire Dis, où tu habites que vous venez de sortir avec Clémence Pollet à La Martinière Jeunesse ?
C’était un grand plaisir de retravailler avec Clémence Pollet après Dis, comment ça pousse ? J’avais aimé ses fruits et légumes mais ses illustrations animalières m’ont bluffée ! Car cette fois, on explore les habitats des animaux, de la coquille de l’escargot au terrier du blaireau. Le livre parle d’espèces très variées dont certaines communes et peu connues, le balanin des noisettes ou la patelle par exemple, qu’elle a dessinés avec beaucoup de sensibilité. Je dois à une amie naturaliste la découverte passionnante de ces mille petites bêtes qui nous entourent.

J’aimerais aussi que vous nous parliez d’un héros dont mes filles sont totalement fans, Eliott.
Ah Eliott ! Par le plus grand des hasards, il porte le prénom de mon fils ! Une belle aventure partagée avec l’illustrateur Olivier Latyk et l’éditrice Élise Lacharme chez Gallimard. Ce petit tigre a fait sa rentrée à l’école maternelle au moment où mon garçon y entrait ce qui m’a permis d’observer de près les réactions des petits pendant ces premiers jours. Olivier était dans le même état d’esprit à l’école de sa fille. D’ailleurs un enfant a fait le plus beau des compliments au livre lors d’une dédicace en s’écriant : « Regarde papa ! C’est mon école, c’est ma maîtresse ! » un oiseau, donc. Notre envie avec ce nouveau petit héros : montrer un enfant, enfin un tigre, d’aujourd’hui, entouré de sa famille mais aussi de ses copains et même des copains de ses parents qui viennent pour l’apéro et, ça, c’est chouette parce qu’Eliott adore le saucisson. La série arrive à son dixième titre avec Eliott a une petite sœur (Klara !) et un hors-série va paraître au printemps, un format à l’italienne où l’on retrouvera Eliott et ses parents faisant les courses sur le marché. Un thème idéal pour Olivier et ses grandes images riches mais très lisibles !

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Jeune fille, je me suis morfondu sur mon avenir bien incertain : qu’allais-je bien pouvoir faire ? (j’étais en DEUG de géographie !) Jusqu’au jour où j’ai trouvé un job d’été en librairie jeunesse. J’ai alors réalisé que je connaissais plein de livres, leurs auteurs et leurs illustrateurs, les noms des éditeurs, je me souvenais des histoires et pouvais conseillé des clients… j’avais trouvé mon élément : le livre jeunesse. J’ai ensuite travaillé dix ans dans l’édition jeunesse pour finalement quitter Paris et devenir auteure un peu par la force des choses. Tant mieux, je crois être bien meilleure auteure qu’éditrice !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Ma maman a été bénévole dans la bibliothèque pour enfants de ma commune, il y avait des livres à la maison, plein, et mes parents nous ont longtemps lu des livres à voix haute, des moments précieux. J’entends encore mon père rigoler comme un bossu en lisant les histoires du Petit Nicolas ! Petite, j’ai été marquée par les images d’albums comme La vache orange ou Poule rousse au Père castor, les imagiers de Richard Scarry ou encore le génial Préfèrerais-tu ? de John Burningham auquel on répondait très sérieusement avec mes frères (Préfèrerais-tu manger une grenouille ou sauter dans les orties ?!). Mais c’est en lisant mes premiers romans seule que j’ai rencontré les livres comme on rencontre des personnes. Je pense notamment aux romans de la bibliothèque internationale chez Nathan, ils étaient tous réussis. Mes deux préférés : La petite fille de la ville de Liouba Voronkova offert par ma grand-mère et qui m’a émue à en pleurer ; et Tom et le jardin de minuit de Philippa Pearce, relu à tous les âges, qui m’a entraînée dans son monde hors du temps. J’ai aussi adoré un roman d’aventures qui s’appelait Black Jack (Leon Garfield) et débutait avec la résurrection d’un pendu. Et aussi les deux jumelles interchangeables de Erich Kastner… et Lassie chien fidèle… et Moumine le troll… et les Contes de la rue Broca

Que lisez-vous en ce moment ?
Je viens de terminer le premier tome de Sauveur et fils de Marie-Aude Murail qui m’a donné envie de lire le deuxième vite. J’entame Les bottes suédoises de Henning Mankell, un peu inquiète de ne pas y trouver la force des Chaussures italiennes. J’ai beaucoup aimé récemment S’enfuir, le récit d’un otage raconté en BD par Guy Delisle (merci Alfred pour le conseil !) et L’île Louvre de Florent Chavouet dont j’adore les dessins et l’humour. Je bouquine aussi des essais historiques sur le XVIIe siècle (voir question suivante).

Quels sont vos projets ?
Je suis une auteure hétéroclite, j’aime expérimenter et quand ça change ! Parmi les projets, il y a des romans historiques dans la France de Louis XIV, trilogie initiée par ma complice en fiction Laurence Schaack ; un nouveau documentaire pour La Martinière toujours avec Clémence Pollet ; un livre dont vous êtes le héros imaginé par l’ébouriffante Florie Saint-Val.
Je suis aussi très contente, une petite histoire écrite mais aussi illustrée par moi-même sortira dans le numéro d’avril de Mes premiers j’aime lire. Ça s’appelle Petit Radis veut jouer au foot et ça m’a beaucoup plu de dessiner !

Bibliographie sélective :

  • Dis, où tu habites ?, album illustré par Clémence Pollet, Seuil Jeunesse (2017).
  • Série Eliott, illustrée par Olivier Latyk, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué et ici.
  • Sin le veilleur, album illustré par Audrey Calleja, Seuil Jeunesse (2016).
  • Série Gus le chevalier minus, illustrée par Dankerleroux, Gulf Stream (2016).
  • Love, Mode d’emploi, co-écrit avec Laurence Schaack, illustré par Jacques Azam, La martinière jeunesse (2016).
  • Les sœurs Ramdam, album illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 3 (ou 4) amies (trois tomes), co-écrits avec Laurence Schaack, Nathan (2014-2015).
  • Maman et Papa, album illustré par Vincent Bourgeau, Le baron perché (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • 1001 manières de se déplacer, avec Véronique Gaspaillard, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • 1001 manières de naître et de se reproduire, avec Véronique Gaspaillard, Gulf Stream (2012), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Clémence Pollet

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.trice.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.trice.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils.elles créent. Cette semaine, c’est Clémence Pollet qui nous parle de quand elle crée.

Je construis mes images en collage, aux crayons de couleur, à la gouache ou à l’encre noire. Je fais également beaucoup de gravure taille douce (eau-forte, aquatinte, pointe sèche) ou taille d’épargne (linogravure). En fonction de la technique, je suis soit assise à mon bureau chez moi à Pantin, soit derrière les presses de mon atelier de gravure à Malesherbes dans le Loiret. Mon bureau est mobile, je n’ai pas arrêté de déménager depuis le début mes études. Paris, Strasbourg, Bologne, Troyes, Grasse, Betanzos, Montreuil, Londres, Tours, aujourd’hui Pantin, demain ? Dans chacun de ces lieux de vie, je réussis à me créer un petit coin bureau que j’ai plaisir à retrouver. J’ai partagé un atelier avec d’autres travailleurs indépendants quand je vivais à Londres, j’en garde un bon souvenir mais préfère travailler chez moi. J’aime bien me lever le matin et prendre mon temps. Répondre à mes mails ou commencer un dessin en buvant mon premier thé de la journée. Je suis souvent sortie le soir mais quelques fois je m’accorde une soirée travail pour mon plus grand plaisir.
Lorsque je travaille sur un album, le déroulé est à peu près toujours le même. Après d’éventuelles recherches graphiques, je commence à travailler sur le chemin de fer. Tout se met en place à ce moment (concept de l’illustration, rapport texte/image qui en découle, composition des images). Nous échangeons beaucoup avec l’éditeur. C’est très rare que ma première proposition soit la bonne… Ce temps de travail me demande beaucoup de concentration. Dans ce cas je travaille plutôt en silence ou avec un léger fond musical. Le temps de la réalisation des images est très différent, mon esprit ne se concentre alors plus que sur la forme. Dans ce cas, je suis plus disponible et aime écouter les émissions de l’après-midi sur France Culture. J’ai des semaines plutôt musique, et là j’alterne entre ma playlist très éclectique (France Gall, Metronomy, MIA) et FIP. En ce moment je travaille sur quatre chemins de fer, autant dire que mon ouverture sur ce qui se passe autour de moi est quasi nulle.
En parallèle de mes livres, je crée des images comme ça, détachées de tout projet. Elles me viennent au réveil, en lisant un texte ou en me baladant dans les musées. Je n’hésite pas à reprendre le jeu de couleur ou la composition d’une œuvre qui me plaît. Un petit tour au British Museum ou au musée d’Orsay m’est toujours bien utile en cas de panne d’inspiration.

Clémence Pollet est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Il était une fois… La traversée, illustration d’un texte de Véronique Massenot, HongFei (à paraître en avril).
  • Une poule sur un mur, illustration de textes de divers auteur.trice.s, P’titGlénat (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon grand livre-disque de comptines, illustration de textes de divers auteur.trice.s (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La ballade de Mulan, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2015).
  • Contes d’un roi pas si sage, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup un jour, illustration d’un texte de Céline Claire, Rouergue (2014).
  • La langue des oiseaux et autres contes du palais, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Rémi : d’après Sans famille d’Hector Malot, illustration d’un texte d’Alain Paraillous, Amaterra (2013).
  • Mon coffret pour découvrir la ferme, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’auberge des ânes, illustration d’un texte d’Alexandre Zouaghi et Chun-Liang Yeh, HongFei (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon bleu, illustration d’un texte de Guia Risari, Le baron perché (2012).
  • Soupe de maman, illustration d’un texte de Karin Serres, Rouergue (2011).
  • L’ébouriffée, illustration d’un texte d’Hélène Vignal, Rouergue (2009).

Le blog de Clémence Pollet : http://clemencepollet.wordpress.com.

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