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Sophia Aram

Les invité-e-s du mercredi : Célia Chauffrey et Sophia Aram (+ concours)

Par 30 avril 2014 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est l’illustratrice Célia Chauffrey que nous avons interviewée. C’est une illustratrice bourrée de talent et j’avais envie d’en savoir plus sur elle. À la suite de l’interview, vous pourrez tenter de gagner le sublime Matachamoua grâce à L’école des loisirs. Ensuite, nous avons rendez-vous, pour La chronique de avec quelqu’un que j’aime beaucoup et que je suis depuis plusieurs années, l’humoriste et animatrice Sophia Aram. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Célia Chauffrey

Célia Chauffrey 2011 © Félicien Bergere

© Félicien Bergere

Parlez nous de votre parcours
Mes grands-parents paternels étaient peintres, restaurateurs de fresques et de tableaux. Pour eux, il était important de me voir barbouiller très tôt. Ma grand-mère m’a aussi fait découvrir la gravure en taille douce.
C’est de façon presque évidente que je voulais travailler dans l’image. J’ai commencé par étudier le graphisme. À l’époque, je n’étais pas du tout à l’aise avec l’outil informatique qui devenait quasi inévitable sauf dans les trop rares, à mon goût, modules de dessin et d’illustration. J’ai donc rejoint l’école Émile Cohl qui dispensait des heures et des heures de pratique du dessin à ses élèves dans le but d’en faire des illustrateurs en tout genre, des bédéistes ou encore pour les plus habiles des animateurs (de dessins animés).
Plus tard, quand je me suis sentie pas tout à fait, mais à peu près prête, j’ai envoyé des dossiers d’illustration. Christiane Germain chez Pastel EDL m’a confié un texte Pierre la luneformidable de Céline Sorin : La fille du géant. C’est mon premier album. Depuis je collabore régulièrement avec elles. J’ai travaillé avec d’autres maisons d’édition comme Frimousse, Gründ, Barefoot books (éditeur anglo-américain)…

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
Récemment encore, j’utilisais l’acrylique fine, jusqu’à n’en plus pouvoir, trop d’automatismes. Je reviendrai probablement aux pinceaux, mais pour l’instant je me concentre sur le crayon de couleur. Ça m’enthousiasme assez, cette technique est plus proche du dessin et permet moins de repentirs.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, beaucoup d’albums du Père Castor, ou de L’école des loisirs (j’étais dingue des Trois brigands), on m’avait abonnée aux Belles Histoires : j’adorais.
Ensuite, je lisais tout ce qui me tombait sous la main dont beaucoup de théâtre et de polars…

MatachamouaParlez-moi de Matachamoua, comment est né ce projet ? Comment avez-vous travaillé sur les illustrations de cette histoire ?
Avant Matachamoua, Céline Sorin et moi avions fait Hibiscus chez Pastel. Céline et Odile (Josselin NDLR), éditrice de confiance qui a pris le relais de Christiane Germain, ont jugé mes premières recherches pour ce livre, charmantes, mais pas assez âpres pour le sujet. Le personnage était trop rêveur. Céline s’est inspirée de l’expression douce et absente de ces recherches pour écrire Matachamoua. Céline est orthophoniste, c’est un sujet qu’elle connaît bien.
Quand j’ai pris connaissance de ce texte très sensible sur ce type de handicap, j’ai souhaité utiliser des formes et des couleurs douces. Il y a deux raisons à cela : montrer l’univers intérieur de Belem, ce petit ours lunaire et différent, et tenter par la douceur de séduire le lecteur sur ce sujet délicat.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre collaboration avec Alice-Brière Haquet avec qui vous avez fait plusieurs albums ?
Mademoiselle TricotinAlice et moi nous nous sommes rencontrées sur un forum, cfsl. À l’époque, je n’avais rien publié et je cherchais des textes. Elle cherchait des illustrateurs. J’ai flashé sur son texte Le ballon de Zébulon. C’est Olivier Philipponneau qui l’a illustré finalement, mais Alice a proposé mon nom pour Pierre la Lune. C’était le début de notre collaboration.
C’est très agréable de travailler avec Alice, tout semble facile, sans prise de tête.

Quels sont vos projets ?
Mes projets : un nouvel album est peut être prévu avec Alice justement, pas pour tout de suite, mais j’espère bien reformer ce tandem dans les deux ans à venir.
Je viens de terminer un album grand format au crayon de couleur pour un éditeur étranger, j’attends les épreuves couleur avec impatience.
Je termine un « tout carton » pour les tout petits, c’est un poème court et beau de Céline.
J’entame un album sur un joli texte d’Anna de Sandre.
Ces jours-ci paraît chez Pastel Sven et les musiciens du ciel. Un texte de Pierre Coran, un hommage aux compositeurs qu’il aime. J’adorerais retravailler sur un texte de Pierre, il m’a d’ailleurs proposé quelque chose de magnifique…

Bibliographie sélective :

  • Sven et les musiciens du ciel, illustration d’un texte de Pierre Coran, L’école des loisirs (2014).
  • Matachamoua, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mademoiselle Tricotin, illustration d’un texte d’Alice Brière-HaquetLes p’tits bérets (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Voyages de Gulliver, illustration d’un texte de Jonathan Swift, Gründ (2011).
  • Pierre la lune, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Auzou (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Celui qui voulait changer le monde, illustration d’un texte de Juliia, Auzou (2010).
  • Hibiscus, illustration d’un texte de Céline Sorin, L’école des loisirs (2010).
  • Quatre fois vite un chuchotis, illustration d’un texte de Jacqueline Persini-Panorias, Soc et Foc (2009).
  • Grand, Moyen, Petit, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Frimousse (2009).
  • La fille du géant, illustration d’un texte de Céline Sorin, Pastel (2010).

Retrouvez Célia Chauffrey sur son blog.

Concours
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à L’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un de vous le magnifique Matachamoua (que nous avons chroniqué ici). Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire quel est l’album jeunesse qui vous a le plus ému, touché. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


La chronique de… Sophia Aram

De temps en temps, un artiste hors littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé enfant ou qu’il a aimé lire à ses enfants. Cette fois-ci, c’est Sophia Aram qui s’y colle ! Merci à elle.

Un livre qui vous a marquée enfant ?
Petite, je suis littéralement tombée dans la comtesse de Ségur, et j’ai eu une passion pour Les malheurs de Sophie. Contrairement à la plupart des mes amies, je ne trouvais pas grand-chose de drôle aux aventures de cette petite fille. Au contraire, pour moi sa vie tenait du drame. Je crois que je me suis pas mal identifiée à Sophie. Moi-même, je collectionnais ‘les malheurs‘ étant petite car j’étais extrêmement maladroite, si bien que mes frères et sœurs s’amusaient à raconter mes aventures qu’ils avaient rebaptisées ‘Les malheurs de Sophia‘.

Un livre que vous aimez raconter à votre fils ?
Mon fils était un passionné de dinosaures, et à l’époque, on croulait sous les imagiers, et tous les livres scientifiques recensant les espèces de dinosaures. La lecture du soir consistait à faire l’inventaire des caractéristiques de tel herbivore ou de tel carnivore, ça le passionnait, mais nous étions frustrés de ne pas pouvoir lui raconter de véritables histoires, et à l’époque on ne trouvait que très peu d’histoires mettant en scène des dinosaures. Jusqu’au jour où, dans une brocante, nous sommes tombés sur un livre un peu vieillot racontant les aventures d’un petit stégosaure né sans plaque osseuse, et qui souffrait de la différence avec les siens.
Ça s’appelait Les piquants de Goz, et je me souviens que mon fils, alors âgé de trois ans, semblait très inquiet pour ce stégosaure, car vous ne le savez peut-être pas, mais les plaques osseuses des stégosaures sont des régulateurs thermiques et ce qui chagrinait le plus mon fils ce n’était pas la différence, mais la peur que Goz ait trop chaud ou trop froid.

Sophia AramSophia Aram est humoriste et présentatrice. Je l’avais découverte sur France Inter dans l’émission Le fou du roi où j’aimais son humour rentre-dedans. Elle n’hésitait pas à appuyer là où ça fait mal, devant des invités un peu gênés. On l’a entendu tacler, avec beaucoup de finesse, Marine Le Pen, Nadine Morano, Jean-François Copé et tous ces gens qu’on adore. Bref, c’est le genre de personnes qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui ne se fait donc pas que des amis, que j’aime décidément beaucoup. Elle est régulièrement en spectacle, vous pouvez suivre ses dates sur son site : http://www.sophia-aram.com.

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