Taï-Marc Le Thanh | La mare aux mots
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Taï-Marc Le Thanh

Deux beaux contes

Par 25 janvier 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous emmène découvrir deux très beaux albums avec 100 % d’héroïnes féminines dedans ! Dans le premier, trois sœurs avides d’aventures essayent de débusquer le mystérieux Quetzalcoatl et dans le second, deux orphelines se lient d’amitié et sont littéralement fascinées par un anneau d’or aux grands pouvoirs.

Quetzalcoatl
Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Éric Puybaret
Gautier-Languereau
14 €, 240 x 305 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
La Malédiction de l’anneau d’or
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 285 x 355 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2017.

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Les invité·e·s du mercredi : Cathy Ytak et Taï-Marc Le Thanh

Par 24 janvier 2018 Les invités du mercredi

Quel bonheur de recevoir aujourd’hui une autrice dont on aime tant le travail, Cathy Ytak ! Ses histoires sont généralement très fortes, et nous marquent. Son dernier roman, D’un trait de fusain, fait partie de ceux-là. Cela faisait longtemps que nous souhaitions l’interviewer, c’est maintenant chose faite. Ensuite, c’est avec un auteur que nous aimons beaucoup que nous partons en vacances, Taï-Marc Le Thanh. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Cathy Ytak

Parlez-nous « D’un trait de fusain », comment est né ce roman ?
Ce roman est né d’une belle rencontre. Début 2015, Jessie Magana, directrice de la collection Les Héroïques, aux éditions Talents Hauts, m’a contactée pour savoir si j’avais envie d’écrire un roman ado pour cette collection qui, à l’époque, était encore en gestation. Nous avons discuté des thèmes et des époques qui m’intéressaient. Parmi ces thèmes, il y avait « les années sida » avec, en filigrane, une réflexion sur l’engagement militant. Pourquoi s’engage-t-on, lorsqu’on est adolescent, pour telle ou telle cause ? Quels sont les mécanismes qui se mettent en place à ce moment-là ?
D’autre part, depuis quelques années, j’écris sur le corps adolescent, sur la sexualité. Il y a beaucoup à dire, à écrire. C’est un enjeu majeur, un sujet qui concerne tous les ados. L’époque actuelle, en France, est assez paradoxale. Entre liberté d’aimer et retour au puritanisme… Peut-être parce que j’ai milité dès mon adolescence, je suis sensible à ça, et je suis persuadée, comme le dit si bien le Canard Enchaîné, que « la liberté ne s’use que quand on ne s’en sert pas ».
C’était aussi pour moi l’occasion de regarder ces années quatre-vingt, quatre-vingt-dix, ces « années sida », avec un certain recul. J’ai milité quelque temps à Act-up (dès sa création), je suis allée aussi dans une école d’art… Je viens d’une famille où le corps et la sexualité étaient tabous. Il y a pas mal de choses autobiographiques, dans ce roman, mais pas forcément là où on le pense !
Au final, j’ai eu la chance que ce livre soit porté par les éditions Talents Hauts. C’est un livre à la fabrication soignée, avec des rabats, et une superbe couverture signée Julia Wauters.

Comment avez-vous reçu l’accueil critique (vous avez eu énormément d’articles et tous dithyrambiques) ?
Dithyrambiques, je ne sais pas ! Mais c’est vrai, il y a une belle unanimité dans les nombreuses critiques reçues. Ce qui me touche particulièrement, dans ces articles, c’est l’émotion qui s’en dégage. Mon roman touche, émeut, bouleverse, et fait naître parfois des textes très personnels et superbes.
Pour moi, c’est aussi un énorme soulagement… Je n’ai jamais autant douté en écrivant un roman. Il pesait, sur mes épaules, tous les fantômes de cette époque que je porte avec moi ; les ami·e·s disparu·e·s trop tôt, les gens que j’ai aimés et que j’ai vus mourir. J’avais peur de les trahir, je ne pouvais pas les trahir, j’étais effrayée à l’idée de ne pas savoir parler d’eux, de ne pas arriver à transmettre ce qu’ont été pour moi et pour eux ces années-là, où le désespoir côtoyait le rire, la folie, la rage. Je me sentais vraiment responsable de ça… Je ne voulais pas me tromper de discours, pas « être à côté de la plaque ».
À cela s’ajoutaient mes interrogations sur la possibilité de faire passer un message de prévention, en partant d’une époque très éloignée pour les ados d’aujourd’hui. Ce que je raconte, c’est plutôt la vie de leurs parents, pas la leur ! Pourtant, je suis persuadée que certaines choses n’ont pas tant changé, et notamment les rapports amoureux.
Alors, toutes ces critiques, et aussi tous les mails et témoignages personnels que je reçois en marge de ce Trait de fusain, me rassurent et me font plaisir, évidemment. En même temps, c’est assez étrange parce que j’ai le sentiment que nous étions, dans ces années quatre-vingt, quatre-vingt-dix, plus seuls, plus isolés, et qu’il y avait bien moins de bienveillance… Quelle résonance aurait eu mon roman, s’il était paru dans ces années-là ?
C’est peut-être l’histoire qui veut ça… Il faut du temps pour regarder ce qu’on a vécu comme quelque chose qui est « passé dans l’Histoire ».
Le CNL m’a octroyé une bourse pour l’écriture de ce roman. Outre l’aspect pratique de pouvoir me dégager du temps pour l’écrire sans trop galérer financièrement, c’était aussi une reconnaissance de mon travail dans son ensemble, et cela tombait bien.
Je dois également ajouter que j’ai la chance d’avoir autour de moi des gens qui me soutiennent, et qui ont été là, pendant ces mois d’écriture. Je partais d’une matière sensible, de douleurs parfois pas complètement cicatrisées. Ils ont su m’encourager, écouter mes doutes, me rassurer et me tenir la main. Éric, Thomas, Gilles, Jessie… Je ne vous remercierai jamais assez !

J’aimerais aussi que vous disiez quelques mots sur le très joli roman Tu vois, on pense à toi !
Ce roman-là, pour les plus jeunes, est aussi né d’une rencontre. J’avais été invitée pour le salon du livre jeunesse « Aix Libris » sur l’île d’Aix, avec Thomas Scotto et Gilles Abier. Un salon extraordinaire dans un lieu incroyable… L’année suivante, j’y suis retournée juste pour une lecture publique… et je me suis offert une espèce de « résidence d’écrivain » sur mesure, avec un défi : écrire en cinq jours une histoire qui aurait l’île d’Aix pour cadre. Lorsque je suis arrivée sur l’île, je n’avais aucune idée de ce que j’allais écrire… Et puis, très vite, s’est imposée l’idée que mon histoire ne pouvait que tourner autour de l’amitié, mais aussi du rapport entre fiction et réalité.
J’ai tenu mon pari : j’ai écrit cette histoire en cinq jours… Je l’ai ensuite envoyée aux éditrices de chez Syros qui se sont montrées très enthousiastes. Mais le texte était trop court pour elles. Je l’ai donc étoffé pour en faire un vrai roman jeunesse, pour les 9-11 ans. Ce roman est dédié à Thomas et à Gilles, et c’est bien sûr un clin d’œil à mes amis, collègues et complices de L’Atelier du Trio, Thomas Scotto et Gilles Abier. Sans eux, ce roman n’aurait sans doute jamais vu le jour.

Comment naissent vos histoires ?
D’une espèce de nécessité à dire, à partager quelque chose. Il y a quelques années, je suis tombée sur cette phrase de Jean-Claude Mourlevat « Écris ce que toi seul peux écrire ». Et je suis d’accord avec ça. Nous avons tous et toutes nos particularités, notre histoire… Et c’est de ce matériau unique qu’il peut sortir quelque chose de singulier. J’ai longtemps souffert d’une sensibilité exacerbée. Elle m’a empoisonné la vie mais c’est elle qui, aujourd’hui, paradoxalement, me permet d’écrire des textes que l’on qualifie de « sensible ». Je reste à l’écoute du monde, de ses pulsations, de ses violences, de ses beautés cachées… Mes histoires naissent de ça, et s’en nourrissent.
Même si c’était encore plus vrai lorsque j’étais plus jeune, je crois que j’écris toujours pour mieux comprendre et appréhender le monde qui m’entoure, pour en dénoncer les travers, mais aussi, parfois, pour tenter de le ré-enchanter.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de la manière dont vous êtes venue à l’écriture ? 
J’ai quitté l’école à tout juste 18 ans avec un CAP de reliure manuelle. J’en ai profité pour prendre mon indépendance, et j’ai commencé à travailler. Je laissais derrière moi une adolescence chaotique, difficile, violente. L’écriture a toujours fait partie de ma vie. Elle a été un moyen de communication, de compréhension, de guérison, de partage, d’ouverture aux autres, et enfin de vrai plaisir. Adolescente, elle m’a permis de ne pas sombrer. Adulte, elle m’a donné de grandes joies. Je lui dois de superbes rencontres, des amitiés, des moments forts, inoubliables.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je n’ai pas vraiment de souvenirs de mes lectures d’enfant. Si ce n’est que, avant même de savoir lire et écrire, je « faisais semblant de lire », avec n’importe quel livre pris dans la bibliothèque de mes parents !
Lorsque j’étais ado, il n’y avait pas de romans spécifiques pour mon âge, et ceux pour adultes ne m’intéressaient pas beaucoup…
Le premier roman qui m’a vraiment marquée, c’était La maison des autres de Bernard Clavel. Je l’ai lu je devais avoir 13 ou 14 ans. Une révélation ! Tant au niveau de l’écriture que dans le thème traité (l’émancipation d’un apprenti pâtissier).
En revanche, il y avait, chez mes grands-parents, presque tous les livres des éditions Arthaud, et je les dévorais, tout comme mon frère aîné. Récits d’aventures, de voile, de voyages sur les mers, de navigations… Ce qui est drôle, c’est le résultat de ces lectures : dès qu’il a pu, mon frère s’est acheté un voilier… Alors que moi je n’ai jamais eu envie de naviguer… mais de vivre au bord de la mer, oui ! Au fond, les livres ont été, et sont encore, mes plus beaux voyages.
Dans le même temps, je lisais aussi tout ce que je trouvais sur la prison, le milieu carcéral. Je me sentais très peu libre, à l’adolescence… et je m’interrogeais beaucoup sur la privation de liberté. Sur les idées que l’on défend et qui peuvent mener en prison. J’avais des amis qui, à l’époque, refusaient de faire leur service militaire. Certains ont été incarcérés. Je me suis très tôt interrogée sur ça : jusqu’où suis-je prête à aller pour défendre mes idées ?

Que lisez-vous en ce moment ?
La mise à nu de Jean-Philippe Blondel. C’est un auteur que j’aime, tant en jeunesse qu’en adulte. Une musique de mots, douce, tranquille… et l’émotion qui surgit d’un coup, sans prévenir.
Je lis aussi, un peu en avant-première, le prochain gros roman de Gilles Abier qui sort en février chez Actes Sud : Stéréotypes. J’ai eu l’immense privilège de le voir s’écrire, et je suis heureuse de le relire sous sa forme définitive. C’est un vrai plaisir !

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
J’hésite à répondre à cette question… Je n’aime pas parler de mes textes en cours d’écriture. Non pas par superstition, mais parce que je ne suis jamais à l’abri d’une bonne ou d’une mauvaise surprise… Peut-être que le texte sur lequel je travaille en ce moment ne verra jamais le jour. Peut-être que demain je vais subitement en stopper l’écriture pour partir sur autre chose qui me semblera plus urgente… Peut-être que je vais mettre un an à le terminer, ou peut-être sera-t-il fini cette nuit et ne trouvera jamais d’éditeur… Trop d’incertitudes pour en parler… Mais une chose est sûre… En ce moment, j’écris. Avec mes doutes et mes interrogations, mais aussi avec plaisir, rage, détermination, et ténacité.
Ténacité… C’est un joli mot pour terminer cette interview, non ?

Bibliographie sélective :

  • D’un trait de fusain, roman, Talents Hauts (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Tu vois, on pense à toi !, roman, Syros (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça change tout !, album illustré par Daniela Tieni, L’atelier du poisson soluble (2017).
  • Moi et ma bande / Zélie et moi, roman coécrit avec Thomas Scotto, Rouergue (2017).
  • Libre d’être, album co-écrit avec Thomas Scotto, illustré par Thomas Scotto, Éditions du Pourquoi Pas ? (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les mains dans la terre, roman, Le Muscadier (2016).
  • La Seule Façon de te parler, roman, Syros (2015).
  • 50 minutes avec toi, roman, Actes Sud Junior (2015), chroniqué ici.
  • Pas couché, roman, Actes Sud Junior (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Petits ruisseaux, album illustré par Vincent Mathy, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Les aventures du livre de géographie qui voulait voyager avant de s’endormir, théâtre, Syros (2010).

Retrouvez Cathy Ytak sur :

Son site : http://cathy-ytak.fr
Son blog : http://blog.cathy-ytak.fr
Le site de L’Atelier du Trio : http://atelier-du-trio.net


En vacances avec… Taï-Marc Le Thanh

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Taï-Marc Le Thanh que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse :

  • Night Kitchen – Maurice Sendak
  • Caroline au Canada – Pierre Probst
  • ABC – Marion Arbona
  • Le Chien que Nino n’avait pas – Edward van de Vendel – Anton Van Hertbruggen
  • Quand papa était petit, il y avait des dinosaures – Vincent Malone – André Bouchard

5 roman :

  • Moravagine – Blaise Cendrars
  • Tokyo – Mo Hayder
  • Butcher Boy – Patrick McCabe
  • Les amants du Spoutnik – Haruki Murakami
  • 22/11/63 – Stephen King

5 DVD :

  • Bonnie & Clyde – Arthur Penn
  • Phantom of Paradise – Brian de Palma
  • Tandem – Patrice Leconte
  • Old Boy – Park Chan-Wook
  • Le tigre et la neige – Roberto Benigni

5 CD :

  • Chunga’s Revenge – Frank Zappa
  • White Pony – Deftones
  • The Way – Macy Gray
  • Music to make Love to Your Old Lady by – Lovage
  • Mute – Demians

5 artistes :

  • Henri de Toulouse-Lautrec
  • Francisco de Goya
  • Norman Rockwell
  • Jérôme Bosh
  • Jean-Léon Gérôme

5 BD :

  • Astérix Légionnaire – René Goscinny – Albert Uderzo
  • Akira – Katsuhiro Ôtomo
  • Saga – Brian K. Vaughan – Fiona Staples
  • Le grand pouvoir du Chninkel – Grzegorz Rosinski – JeanVan Hamme
  • Sin City – Frank Miller

5 lieux :

  • New-Orleans – Cimetière St-Louis
  • Portugal – Cap St-Vincent
  • Île d’Ouessant – Pointe de Pern
  • Sardaigne – Plage de Piscinas
  • Moscou – Gorki Parc

Taï-Marc Le Thanh est auteur.

Bibliographie (sélective)  :

  • Quetzalcoatl, album illustré par Eric Puybaret, Gautier-Languereau (2017).
  • Les 7 de Babylone – Tome 1 : La mémoire des Anciens, roman, Slalom (2017).
  • série Le Jardin des épitaphes, romans, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Carnaval Jazz des animaux, livre-CD, illustré par Rose Poupelain, raconté par Édouard Baer, musique de The Amazing Keystone Big Band d’après Camille Saint-Saëns, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Yéti, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • série Jonah, six tomes, Didier Jeunesse (2013-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • Elvis, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2008).
  • Série Séraphin Mouton, albums illustrés par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2007-2008).
  • Cyrano, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2005),
  • Babayaga, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez le sur son site http://www.taimarclethanh.fr .

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Du berger à la bergère : de Taï-Marc Le Thanh à Flore Vesco

Par 16 août 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Régis Lejonc et Janik Coat, Stéphane Servant et Madeline Roth, Patrick Pasques et Sévérine Vidal, Thanh Portal et Maurèen Poignonec, Coline Pierré et Loïc Froissart, cette semaine c’est Taï-Marc Le Thanh qui a choisi de poser des questions à Flore Vesco !

Taï-Marc Le Thanh : Mais… mais… Pourquoi ?
Flore Vesco : Parce que dans l’Intermonde d’Aube’r’Djinn, l’Archiduc de FeuNooyes avait promis de ne se remarier qu’avec une femme plus difficile encore avec la nourriture que sa précédente épouse, laquelle était morte lapidée par des goules ectoplasmiques alors qu’elle tentait de s’enfuir du Monde des Conques-Ombres où elle était prisonnière, enfermée là lorsqu’elle était enceinte, suite à son enlèvement par le frère adoptif et presbyte de l’Archiduc, qui était jaloux de leur bonheur, si bien que l’Archiduc ne pouvait pas savoir que la séduisante jeune servante aux trois estomacs était en réalité sa fille.

Taï-Marc Le Thanh : Pourrais-tu cependant préciser dans quelles circonstances ?
Flore Vesco : Mais enfin Taï-Marc, tu suis ou quoi ? Les circonstances sont celles des tensions politiques entre l’Intermonde et le monde des Conques-Ombres, et des complots qui se trament à la cour Gète, qui plongeront l’Archiduc et sa famille dans la tourmente.

Taï-Marc Le Thanh : Mais t’arrive-t-il de penser à autre chose ?
Flore Vesco : À autre chose qu’au destin du peuple des Six Trooyes, maintenant qu’un convecteur spatiotemporel a ouvert un portail entre les mondes ? Oui, des fois, je pense aux garçons. (*)

Flore Vesco : Quelle est la première question que je vais te poser ? 
Taï-Marc Le Thanh : Dans la catégorie des petites malines, il y a les petites malines-et-demi, et les petites malines-trois-quart. Ce qui m’intéresse présentement se situe dans ces micro-portions de malice. C’est ce qui fait le sel de la communication selon moi. Les embûches sont nombreuses et les pièges tendus d’une subtilité à toute épreuve. Et je pense que c’est à travers une micro-portion de cette même malice que tu as opté pour cette mise en abîme de toute beauté. Je te répondrai donc par la suivante : ta première question est celle qui antécède à la première réponse de ce questionnaire.

Flore Vesco : Whoa !! Mais comment as-tu fait pour deviner du premier coup ?
Taï-Marc Le Thanh : Avant d’être auteur, j’étais policier (la résolution de l’affaire du Titanic c’est moi), puis j’ai été mentalist (la résolution des chaussettes orphelines c’est moi également), et enfin je suis devenu profiler (la résolution de la tartine de confiture a été un jeu d’enfant). Alors tu penses, résoudre une mise en abîme, trop fastoche.

Flore Vesco : Hey, t’as vu, j’ai entrepris avec une grande subtilité de déclarer ma flamme à un jeune homme. Des conseils ?
Taï-Marc Le Thanh : Feindre l’indifférence. Se montrer grossière et capricieuse, jusqu’à attirer l’attention. Une fois que le jouvenceau a mordu à l’hameçon : feindre l’indifférence, se montrer grossière et capricieuse. Pratiquer la technique du comique de répétition, du déjà-vu (pronounce didja-vou’), et surtout, surtout : opter pour la mise en abîme (si le technicien au son pouvait juste me coller un peu d’écho sur les derniers mots, façon Les cochons dans l’espace, ça serait parfait). La mise en abîme est LA solution, elle libère l’espace des opportunités, élargit le champ des possibles. Et le vide finit par se combler, et le cœur par battre au diapason avec celui de l’être aimé. Mais je pense que la mise en abîme n’a aucun secret pour toi.
Une dernière chose : toujours avoir avec soi un technicien du son pour ajouter de l’écho à tes phrases de-ci de-là. Ça fait toujours un peu plus classe, surtout si tu fais référence aux Cochons dans l’espace (ça rime donc c’est vrai).

(*) Surtout ceux qui aiment le gruyère de France, et font un usage immodéré des parenthèses et points-virgules.
(y a plus qu’à espérer qu’il va tomber sur cette page et se reconnaitre)
(la Mare aux mots = le lieu idéal pour avouer sa flamme en toute discrétion).

Bibliographie de Flore Vesco :

  • Louis Pasteur contre les loups-garous, roman, Didier Jeunesse (2016).
  • De cape et de mots, roman, Didier Jeunesse (2015).

Retrouvez la sur son site : florevesco.com

Bibliographie (sélective) de Taï-Marc Le Thanh :

  • Les 7 de Babylone – Tome 1 : La mémoire des Anciens, roman, Slalom (à paraître en septembre 2017)
  • série Le Jardin des épitaphes, romans, Didier Jeunesse (2016-2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Carnaval Jazz des animaux, livre-CD, illustré par Rose Poupelain, raconté par Édouard Baer, musique de The Amazing Keystone Big Band d’après Camille Saint-Saëns, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Yéti, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • série Jonah, six tomes, Didier Jeunesse (2013-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • À fond la caisse, album illustré par Christophe Merlin, Seuil Jeunesse (2009).
  • Elvis, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2008).
  • Tout nu, album illustré par Benjamin Chaud, Gautier-Languereau (2008).
  • Mon père en slip, album illustré par Barroux, Gautier-Languereau (2008).
  • Série Séraphin Mouton, albums illustrés par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2007-2008).
  • Cyrano, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2005),
  • Le voleur et le magicien, album illustré par Aurélia Fronty, Gautier-Languereau (2005).
  • Babayaga, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez le sur son site http://www.taimarclethanh.fr .

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Des débuts prometteurs

Par 27 octobre 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose les premiers tomes de deux séries, Le jardin des épitaphes et Les autodafeurs.

Le jardin des épitaphes – Tome 1 – Celui qui est resté debout
de Taï-Marc Le Thanh
Didier Jeunesse
17 €, 148×215 mm, 364 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016.
Les autodafeurs – Tome 1 – Mon frère est un gardien
de Marine Carteron
Rouergue dans la collection DoAdo
14 €, 141×206 mm, 336 pages, imprimé en France, 2014.

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Les invité.e.s du mercredi : Taï-Marc Le Thanh et Ronan Badel (+ concours)

Par 28 septembre 2016 Les invités du mercredi

C’est encore un beau mercredi qu’on vous propose aujourd’hui ! On démarre avec Taï-Marc Le Thanh avec qui j’ai eu envie de parler de son dernier roman, Le jardin des épitaphes (que je vous propose de tenter de gagner à la suite de l’interview). Il m’a également parlé de son parcours, de son travail. Ensuite, on part en vacances avec Ronan Badel ! Quand je vous disais que c’était un beau mercredi…


L’interview du mercredi : Taï-Marc Le Thanh

tai-marc-let hanh Que pouvez-vous nous dire sur Le jardin des épitaphes, votre nouveau roman qui sort aujourd’hui en librairie ?
Il s’agit d’une série en deux tomes mettant en scène trois enfants dans un contexte post-apocalyptique. Un jeune garçon de 17 ans et son frère et sa sœur respectivement âgés de 9 et 6 ans. Le véritable sujet est l’adolescence et la fin du monde ne sert de prétexte que pour souligner la fin de l’enfance et son côté crépusculaire. Les trois personnages principaux sont perdus et c’est ce manque de repères que j’ai voulu évoquer. Le récit est un trajet, qui a pour départ Paris et qui se termine à San Francisco. Bien plus qu’un voyage, le roman traite d’une initiation et d’un parcours face aux peurs et aux angoisses provoquées par un environnement hostile. J’ai choisi de peupler le monde du Jardin des épitaphes de créatures empruntées à tous les films et romans relatifs à la fin du monde. Vous y trouverez entre autres des zombies, des cannibales, les membres d’une secte, des machines tueuses, des guerriers de la route et même des grands singes.

Un héros qui a quelque chose en moins mais beaucoup en plus, des parents absents, une nature qui ne réagit pas normalement… il y a quelques points communs entre Jonah, votre précédente série, et Le jardin des épitaphes
La grosse différence avec Jonah, c’est que je m’y exprime à la première personne du singulier. Après, je pense que ma façon de voir la vie (plutôt en rose) transparaît dans chaque ligne. Le jardin des épitaphesEt c’est ce qui lie les deux romans. Malgré le contexte épouvantable, j’espère bien arracher quelques sourires — voire des rires — aux lecteurs. Le héros du Jardin des épitaphes est extrêmement positif, bien qu’il doute souvent et qu’il ait pleinement conscience d’avoir la responsabilité de son frère et de sa sœur. C’était un peu le cas de Jonah face aux tourments de ses origines.

Même si l’histoire est totalement originale et réserve bien des surprises on pense à Walking Dead, Sur la route ou même à des jeux vidéo, quelles ont été vos influences ?
Les films de zombies, j’adore ça. Même s’ils me terrifient. Et j’apprécie aussi énormément les films catastrophes. J’en ai tellement vu que je ne cherche même pas mes références, elles viennent toutes seules, comme si elles étaient enfouies dans ma mémoire et surgissaient au moment opportun. Il y a dans Le jardin des épitaphes de nombreux clins d’œil que les enfants ne comprendront peut-être pas, il y en a même au Livre de la jungle, mon dessin animé préféré. Pour ce qui est du jeu vidéo, je suis un joueur occasionnel mais j’apprécie beaucoup le sentiment d’immersion qu’ils peuvent provoquer. C’est une sensation que je recherche dans mon écriture.

jonah Les héros parcourent de nombreux lieux, et on parle de phénomènes scientifiques, vous avez fait des recherches voire des repérages pour écrire ce roman ?
J’ai fait des études scientifiques lorsque j’étais jeune et c’est un sujet qui m’a toujours fasciné. J’ai gardé des contacts avec des personnes qui travaillent au CNRS et je les consulte régulièrement. Pour ce qui est des recherches pour Le jardin des épitaphes, je me suis concentré sur le principe de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et c’est à partir de cette maxime que j’ai envisagé la fin de notre monde. J’ai été aussi influencé par le mythe de Prométhée, qui a cherché à se hisser à la hauteur des dieux et qui en a été puni. À partir de là, mon récit a fini par se construire de lui-même.
L’autre différence avec Jonah, c’est que Le jardin des épitaphes se passe dans notre monde avec des lieux qui existent vraiment. Par souci de vraisemblance, j’ai dans un premier temps travaillé avec google map, puis j’ai effectué le voyage en respectant l’itinéraire. Paris-le sud du Portugal l’année dernière. Et à l’heure où j’écris ces lignes, je me trouve au cœur de l’Arizona, entre Albuquerque et Las Vegas, pour le trajet du tome 2. J’ai pris de nombreuses photos qui serviront à alimenter le site du livre et où les lecteurs pourront vraiment voir les endroits où se déroule l’action.

Hypoténuse, l’un des personnages principaux, se sert souvent de l’humour dans les moments les plus graves. L’humour, c’est pour vous une manière de dédramatiser ? De rendre le récit moins violent ?
En pleine écriture du tome 1, j’ai réalisé que j’avais la même démarche que Roberto Benigni dans La vie est belle. Jonah 2 Les sentinellesFace à l’horreur, l’humour est le seul échappatoire. Hypothénuse va protéger son frère et sa sœur physiquement bien sûr mais également psychologiquement. Le titre du livre lui-même est révélateur, ils évoluent dans un cimetière en fin de compte mais le nomment « le jardin des épitaphes » pour tempérer la catastrophe. J’ai aussi le défaut (?) de vouloir protéger mes lecteurs. Je ne cherche pas à créer des histoires anxiogènes, la vie est déjà suffisamment compliquée comme ça.

La musique aussi est ultra présente…
J’arrive à écrire dans n’importe quel endroit. J’adore travailler dans le train ou dans les terminaux d’aéroport. Il me suffit juste de brancher mon casque et de m’enfermer dans une sorte de bulle. Et souvent la musique influe sur mon écriture. Je n’ai pas suivi de formation littéraire. Mes seuls bagages sont la logique mathématique qui me permet de concevoir les articulations du récit à travers les relations de cause à effet, comme une approche purement cartésienne. Et la musique. Selon moi, les phrases doivent « chanter ». Les mots doivent s’enchaîner les uns aux autres, en rythme, en fonction de l’action qu’ils sont censés décrire. Je suis très réceptif à la musique. Ainsi lorsque j’écris une scène de combat ou de course-poursuite, un métal pur et dur me maintiendra dans un état d’esprit adéquat. De la même façon, une musique douce accentuera la sensibilité de certains passages. L’omniprésence de la musique dans Le jardin des épitaphes témoigne de cet aspect de mon travail.

Le carnaval jazz des animauxIl y a quand même un débat sous-jacent dans Le jardin des épitaphes, l’humanité est-elle bonne ou mauvaise, l’homme mérite-t-il d’être sauvé ou faut-il le sacrifier pour que la planète vive. Vous avez une opinion sur ce sujet ?
Ce débat est traité par le biais de deux personnages secondaires dans le livre. Deux scientifiques, dont l’un par son manque de confiance en l’humanité a provoqué la catastrophe. Je me rangerais plutôt du côté des optimistes. En témoigne mon roman précédent, Jonah.

Vous êtes illustrateur et graphiste, je crois d’ailleurs que c’est vous qui avez fait la couv’ du Jardin des épitaphes, c’est quelque chose qui vous intéresse de travailler sur l’aspect visuel de vos histoires ?
J’avais le fantasme de réaliser un livre à 100 %. Et j’avais déjà réalisé plusieurs couvertures chez Didier Jeunesse. Lorsque j’ai commencé à écrire, j’avais en tête le personnage principal (mon fils) ainsi que son frère et sa sœur (ma filleule et son frère). J’ai ce besoin de visualiser mes personnages avec les figures de gens que je connais. Par la suite, je me suis prêté au jeu, et j’ai produit plusieurs autres images. Ainsi vous pourrez trouver sur le site du Jardin des épitaphes des auteurs illustrateurs connus, grimés en pillards, et l’éditrice du roman en zombie majorette. J’avoue m’être beaucoup amusé dans cette démarche, et je pense en réaliser d’autres. Les castings sont ouverts 😉 J’ai par ailleurs réalisé une bande annonce. Le côté vidéo me plaît aussi énormément.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai suivi des études scientifiques avant de m’orienter vers les arts graphiques. Je suis un peu arrivé à l’écriture par accident. 1507-1C’est mon épouse, illustratrice, qui m’a proposé d’écrire le texte d’un de ses albums. Et comme depuis toujours j’adore raconter des histoires, je ne me suis pas fait prier. Un jour, quelqu’un m’a fait remarquer que j’écrivais pour mes enfants. Mes enfants ont fatalement grandi et je me suis tout naturellement orienté vers le roman pour adolescent. Jonah a été ma première expérience, j’y ai découvert un espace différent de celui de l’album où je pouvais m’exprimer dans le détail. Depuis, j’y consacre la plupart de mon temps, même si les albums sont toujours d’actualité, ainsi que mon activité de graphiste.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Ma foi, je lisais beaucoup de bandes dessinées. Et je reste toujours très influencé par Astérix, même dans ma façon de m’exprimer au quotidien. J’ai des souvenirs d’albums très marquants, comme Cuisine de nuit de Maurice Sendak ou les albums du Père Castor. J’ai vu l’exposition à Moulins, c’est fou ce que ces images ont pu m’évoquer comme souvenirs. Adolescent, je me suis arrêté de lire en quatrième, et je n’ai repris qu’après mon bac.

Je sais que vous avez toujours de l’avance, dans votre tête, sur vos prochains romans, à part le second tome du Jardin des épitaphes, travaillez-vous sur autre chose ?
Je travaille sur une nouvelle série pour Slalom, le premier tome étant déjà écrit ainsi qu’une bonne partie du deuxième. Et je suis en train de terminer un roman pour Didier Jeunesse. babayagaJ’ai également un autre projet dont je n’ai écrit que trois chapitres pour l’instant, mais dans lequel je compte dépenser toute mon énergie. Pour ce qui est des albums, un projet chez Gautier-Languereau avec Rose Poupelain qui avait déjà illustré le Carnaval Jazz des animaux, et un autre au Seuil. J’ai également une ouverture pour une adaptation BD de Jonah, mais ce n’est qu’en cours de préparation.

Une dernière question, dans Le Jardin des épitaphes, les héros pensent à ce qui va le plus leur manquer (les affiches annonçant les prochaines sorties au cinéma, les confettis, les kebabs…). Et vous, qu’est-ce qui vous manquerait le plus ?
Dans le cadre de l’histoire du Jardin des épitaphes : les nuages. Au démarrage du projet, je voulais travailler sur ces manques. Ces petites choses du quotidien avec lesquelles on a appris à vivre et dont on ne fait plus vraiment attention. Souvent on réalise qu’une chose vous manque vraiment que lorsqu’elle disparaît. Et un jour, je me suis dit : et si jamais il n’y avait plus de nuages. L’angoisse. Plus de pluie, plus de neige. L’absence de nuages est presque un soulagement, surtout lorsqu’on vit à Paris comme moi. Mais la perspective qu’il n’y en ait plus jamais serait terrible selon moi.
Après, pour le reste, je fais confiance à l’être humain pour palier à ces petits plaisirs du quotidien et je suis sûr que le kebab post-apocalyptique sera succulent.

Bibliographie sélective :

  • Le Jardin des épitaphes, Tome 1 – Celui qui est resté debout, roman, Didier Jeunesse (2016).
  • Le Carnaval Jazz des animaux, livre-CD, illustré par Rose Poupelain, raconté par Édouard Baer, musique de The Amazing Keystone Big Band d’après Camille Saint-Saëns, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Yéti, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • série Jonah, six tomes, Didier Jeunesse (2013-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • À fond la caisse, album illustré par Christophe Merlin, Seuil Jeunesse (2009).
  • Elvis, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2008).
  • Tout nu, album illustré par Benjamin Chaud, Gautier-Languereau (2008).
  • Mon père en slip, album illustré par Barroux, Gautier-Languereau (2008).
  • Série Séraphin Mouton, albums illustrés par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2007-2008).
  • Cyrano, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2005),
  • Le voleur et le magicien, album illustré par Aurélia Fronty, Gautier-Languereau (2005).
  • Babayaga, album illustré par Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau (2003), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Taï-Marc Le Thanh sur son site (http://www.taimarclethanh.fr) et sur le site dédié au roman Le jardin des épitaphes (http://www.lejardindesepitaphes.com)

Concours : Grâce aux éditions Didier Jeunesse, l’un.e d’entre vous va gagner le dernier roman de Taï-Marc Le Thanh, Le jardin des épitaphes. Pour participer, il vous suffit de nous dire, en commentaire à cet article, qu’est-ce qui vous manquerait le plus sur une Terre post-apocalypse. Le.la gagnant.e sera tiré.e au sort parmi tous les commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous et à toutes !


En vacances avec… Ronan Badel

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Ronan Badel que je pars ! Allez en route !

J’adore ce genre de jeu. Choisir des préférences, changer tout le temps, c’est un petit exercice que je pratique souvent dans ma tête… Comme ça, quand je pars sur une île déserte.

Alors, voici ma sélection albums jeunesse :

  • L'Arbre généreuxThe giving tree, de Shell Siverstein, simple, beau, à pleurer.
  • Orlando, de Tomi Ungerer  drôle et tremblotant à souhait.
  • Le jour où Papa a tué sa vieille tante, d’Hélène Riff, émouvant, sublime et universel.
  • Zagazou, de Quentin Blake, drôle, drôle et drôle… (les Pélicans claquent du bec, et moi aussi).
  • Amos et Boris, de William Steig, tendre, émouvant. Une baleine dessinée à la plume. J’adore.

Bien, passons aux romans…. Adulte bien sûr, parce que quand j’étais adolescent je ne lisais pas beaucoup (Enfin si, voir sélection BD plus loin), alors maintenant que je lis beaucoup, et que je suis vieux, je ne lis pas de romans ado. Passons.

  • Pleins de viePleins de vie (Full of life), de John Fante. Tu ris, tu pleures, tout ce que j’aime quand je lis.
  • Mémoires sauvées du vent, de Richard Brautigan. Affreusement beau, émouvant et fou.
  • Le collier de la reine, d’Alexandre Dumas. Parce qu’il faut en choisir un.
  • Tristesse de la terre, d’Éric Vuillard. J’aime les Sioux et j’aime comment Vuillard en parle.
  • Pandore au Congo et La peau froide, d’Albert Sánchez Piñol  et ne me demandez pas de choisir entre les deux. Fantastique pour l’univers et fantastique pour l’écriture.

Le cinéma. Le jeu se complique. Je suis un dévoreur de films.La vie est belle

  • La vie est belle, de Frank Capra. Une prise matin et soir.
  • L’homme qui tua Liberty Vallance, de John Ford. Le Western des Westerns.
  • Smoke, de Wayne Wang. Peut-être le film que j’aurais aimé réaliser. Si j’y connaissais quelque chose.
  • Lolita, de Kubrik, pour la voix tourmentée de James Mason.
  • Un singe en hiver, d’Henri Verneuil. Gabin et Belmondo tutoient les anges.

Un peu de musique ?

  • Foreign Affair, Tom WaitsForeign Affair, Tom Waits. Un album à siroter.
  • Police, Synchronicity, pour le morceau Tea in the sahara.
  • Le requiem de Fauré, Dieu que je trouve ça beau !
  • Dancing Disco, France Gall. Ma sœur l’écoutait en boucle et j’adore ma sœur.
  • American IV : The Man Comes Around, de Johnny Cash… Pour finir en beauté.

Voici maintenant les tableaux que je vais accrocher sur le palmier de mon île déserte.

  • Les raboteurs de parquet Le cri de Munch, même si je ne le regarderai pas avant de me coucher.
  • The park de Klimt, pour m’amuser à chercher des oiseaux dans les arbres.
  • Les raboteurs de parquet de Caillebotte (il est grand celui-là !)
  • Pennsylvania Coal Town d’Edward Hopper, Celui avec le type qui ratisse.
  • La vue de chez moi de Franck Gervaise, un copain qui peint vachement bien.

Comme je le disais tout à l’heure, j’ai beaucoup lu de BD de 10 à 16 ans. Maintenant beaucoup moins. C’est normal puisque maintenant je rattrape mon retard en littérature sans images.
Voici ma sélection BD :

  • Astérix en CorseTout Blueberry !  De Giraud. Du fort Navajo au bout de la piste.
  • Big Man de Mazzuccelli. Un chef d’œuvre graphique et littéraire.
  • Astérix en Corse… Un chef d’œuvre graphique et littéraire.
  • Idées Noires de Franquin… Des heures à regarder les petits traits tous noirs.
  • L’Empereur Smith de Morris et Goscinny. Les géniales couleurs de Morris et la classe de Lucky Luke.

Bon, je commence à fatiguer. D’habitude je m’amuse à ce petit jeu en sélectionnant une seule catégorie. Là, j’ai vraiment le sentiment de faire mes valises pour de bon.

Donc, pour terminer, 5 lieux que j’aime. C’est parti.

  • La chapelle Notre-Dame-de-Becquerel au Bono dans le Morbihan. Un petit port, une rivière. Plus haut une prairie, puis une forêt, et au milieu une chapelle toute petite, toute perdue, avec sa fontaine. Un truc à croire en Dieu !
  • Besse en Chandesse dans le Puy de dôme. Une petite ville aux pieds de la chaîne des puys d’Auvergne. J’adore. Et je dis pas ça parce que j’y allais en famille quand j’étais petit. Rien à voir avec des supers souvenirs de promenades. La preuve, j’y suis retourné l’année dernière et c’est toujours aussi beau.
  • L’île d’Hoedic, au large de Quiberon. Oui Belle-île, est belle. Bien sûr la grande plage de Houat fait rêver, mais Hoedic, la troisième et plus petite, serait mon île déserte… Sauf qu’elle n’est pas déserte. Tant pis, j’irai quand même !
  • La vue de New York depuis Central Park. Comme je l’imaginais, comme j’avais demandé ! Un hot dog en prime ! Cooool !
  • La baie Saint Jean à Crach (oui vous avez bien lu), c’est derrière la maison où j’ai grandi. Il y a une rivière qui arrive au bout, à moins qu’elle ne commence. Des hautes herbes, des vieux parcs à huîtres et des grands chênes qui tombent dans l’eau.

Ronan BadelRonan Badel est illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Dragons amoureux, illustration d’un texte d’Alexandre Lacroix, Père Castor (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le carnet à remplir de mes 10 ans, texte et illustrations, Flammarion (2016).
  • Il était trop de fois, illustration d’un texte de Muriel Zürcher, Thierry Magnier (2016).
  • Les sœurs Ramdam, illustration d’un texte de Françoise de Guibert, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Vitalabri, illustration d’un texte de Jean-Claude Grumberg, Actes Sud Junior (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le jour où Loup Gris est devenu bleu, illustration d’un texte de Gilles Bizouerne, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • P’tit Napo, illustration d’un texte de Géraldine Elschner, p’titGlénat (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Cucu la praline, illustration de textes de Fanny Joly, Gallimard Jeunesse (2012-2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • Le cahier de Leïla, de l’Algérie à Billancourt, illustration d’un texte de Valentine Goby, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Lyuba ou la tête dans les étoiles, Les Roms, de la Roumanie à l’Île-de-France, illustration d’un texte de Valentine Goby, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le carnet secret de Timothey Fusée, illustration d’un texte d’Amanda Sthers, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La bonne humeur de Loup Gris, illustration d’un texte de Gilles Bizouerne, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Dragons père et fils, illustration d’un texte d’Alexandre Lacroix, Père Castor (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • série Billie du bayou, illustration de textes de Séverine Vidal, L’élan vert (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Henri ne veut pas aller au centre de loisirs, illustration d’un texte de Christophe Nicolas, Didier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Bob le loup, illustration d’un texte de Jean-Luc Le Pogam, PtitGlénat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Émile, illustration de textes de Vincent Cuvellier, Gallimard Jeunesse (2012-2016), que nous avons chroniqué ici, là, là, ici, là ou encore ici.
  • La mémé de ma mémé, illustration d’un texte de Noé Carlain, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout ce qu’une maman ne dira jamais, illustration d’un texte de Noé Carlain, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La pépé de mon pépé, illustration d’un texte de Noé Carlain, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.

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