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Tralalère

La chronique numérique : histoires pour s’endormir

Par 3 mai 2015 Livres numériques, Numérique

Le marchand de sable va passer, il est temps de franchir la porte du royaume des rêves, bonne nuit… Aujourd’hui, deux petits livres numériques à lire le soir pour nous accompagner dans ce long voyage.

Et si la nuitLe premier, Et si la nuit…, est un ebook enrichi d’Adèle Pedrola illustré par Douglace, et réalisé par l’Apprimerie.
La nuit tombe sur la ville, il est temps d’aller au lit. Tout se fait silencieux, on se prépare : on installe les doudous qui vont veiller sur notre sommeil ; on se brosse les dents et on n’oublie pas le verre d’eau à portée de main, au cas où ; enfoui sous la couette, on compte les moutons et nous voilà embarqués jusqu’au petit matin. Voici le monde de la réalité, avec ses petits rituels du soir. Mais derrière le miroir, les choses prennent une autre forme : les étoiles murmurent, les doudous se font agents secrets, indiens Et si la nuitou pirates, les réverbères se transforment en fleurs géantes, la sonnerie du réveil devient le « bzzz bzzz » des abeilles qui préparent le miel pour le petit-déjeuner. Et si la nuit… se présente comme un livre d’une dizaine de pages, délicatement animées. À chaque page, le texte offre un mot passerelle, en couleur ou plus gras, « vent » ou « étoile », sur lequel le lecteur peut cliquer pour naviguer entre réalité et imaginaire.
Jusqu’à présent spécialisée dans les adaptations de classiques littéraires, L’Apprimerie nous offre ici son premier livre Et si la nuitinédit. Elle reste ici fidèle à sa volonté de proposer une expérience de lecture immersive, en explorant de nouvelles pistes de réflexion sur le lien entre texte et illustrations. Une fois de plus, le résultat est formidable. L’univers sonore créé par Emmanuel Seguin est doux et léger ; il invite à la rêverie et accompagne délicieusement les illustrations de Douglace, très graphiques, toutes en rondeur et aux coloris francs. Il faut aussi noter le travail formidable mené sur la typographie. Tout y est élégant, délicat, intelligent et inventif. Décidément, L’Apprimerie est un « laboratoire éditorial » qui déménage !
Bande-annonce :

Bonne nuit cirqueBonne nuit cirque est la suite de Bonne nuit, berceuse numérique du même éditeur, Fox and Sheep. Dans le premier opus, on souhaitait bonne nuit aux animaux de la ferme ; ici c’est au tour des animaux du cirque.
Nous voilà donc transportés dans un cirque. La nuit tombe et la petite chouette se prépare à aller se coucher. Tout à coup retentit un barrissement d’éléphant. Nous voici transportés dans un cirque. Les animaux aussi ont sommeil. Chacun se trouve dans sa maison et il faut leur éteindre la lumière. Il est temps de se coucher : finis les tours de magie pour le lapin, les espiègleries de l’ours dans sa roulotte, les jongleries duBonne nuit cirque serpent, les acrobaties du l’éléphant, les clowneries des puces sauteuses, les jeux de ballon du phoque, et les facéties du lion. Dans chaque maison, on éteint la lumière pour que les animaux puissent s’endormir. Puis c’est le tour de la chouette. Et le nôtre enfin. Deux modes d’utilisation sont possibles : la lecture automatique (l’appli se transforme alors en petit dessin animé), ou bien le mode jeu (dans lequel c’est au lecteur d’éteindre les lumières). On peut aussi choisir la saison : nuit d’été ou nuit d’hiver sous la neige (et c’est vraiment joli !).
Bonne nuit cirqueBonne nuit cirque est une jolie appli, toute simple et douce, au graphisme réussi. On peut lui reprocher d’être un peu courte, surtout si on ne télécharge pas les animaux supplémentaires disponibles en achats in-app (1,99 € pour trois animaux, le singe, le poisson et le cochon), mais elle s’adresse en priorité aux tout-petits.

Et si la nuit…
Texte d’Adèle Pedrola, illustrations de Douglace, création sonore d’Emmanuel Seguin, conté par Patrick Mancini
L’Apprimerie
Prix constaté : 6,99 € (Apple et Cartealire).
Bonne nuit cirque
de Heidi Wittlinger
Fox and Sheep
Prix constaté : 2,99 € (Apple).

À part ça ?

Conte moiN’hésitez pas à télécharger ici Conte-moi, une petite appli gratuite issue d’une collaboration entre Tralalère et l’association Deci-delà, qui réunit cinquante contes francophones traditionnels. Ici, pas d’enrichissement ou d’interactivité. Les contes ont été collectés sur place par des associations locales — cinq pays sont représentés, Mali, la Mauritanie, le Sénégal, Haïti et le Maroc — et sont lus par des conteurs, en français et en langue vernaculaire (wolof, arabe, bambara, etc.). Chaque conte est illustré d’un dessin réalisé par un artiste du pays d’origine. On peut choisir les contes par pays, par titre, au hasard ou bien encore écouter (ou lire) le conte de la semaine. Simplissime mais vraiment chouette. Cette appli fait partie d’un projet plus vaste de valorisation du patrimoine oral francophone. Dix de ces contes ont ainsi donné lieu à une série de films d’animation (en partenariat avec TV5 Monde), visibles ici, et quatre à des adaptations en livres cd publiés par les Éditions des Braques (La Fourmi et le Roi Salomon chroniqué ici, La Princesse orgueilleuse chroniqué , Les Moitiés, et Le Garçon aux grandes oreilles chroniqué ici).

Erica

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La chronique numérique : Machines à histoires

Par 8 mars 2015 Livres numériques, Numérique

Histoires farfeluesÀ la manière des livres oulipiens, Les Histoires Farfelues est une appli combinatoire. En créant personnages et décors, on met en route une machine à raconter des histoires. Et elles sont toutes plus farfelues les unes que les autres.
Comment ça marche ? Dès l’écran d’accueil, nous voilà face à un choix : quatre petits rectangles se présentent, deux lieux et deux personnages, divisés en deux parties et que l’on peut combiner à son gré pour créer des héros hétéroclites, soit six éléments que l’on peut associer. Au choix : la princesse dans un vaisseau spatial, le cow-boyLes Histoires farfelues en jupe, le rat avec des tentacules ou encore la sorcière-araignée. Rayon paysages, le choix est aussi vaste : champ de pâquerettes, espace interplanétaire, désert mexicain ou château des Carpates… Un clic sur « Raconter l’histoire » et le cadavre exquis animé commence. Les histoires sont animées et mises en musique. Il pourra y être question d’un homme masqué chaussé d’un unique soulier qui se téléportera vers un château où une sorcière tricotaitLes Histoires farfelues, et le tricot se transformera… en trampoline sur lequel ils passeront la journée. Ou bien un soir d’été, un fantôme bien habillé se dirige à bord de sa fusée vers une toile d’araignée sur laquelle une araignée vénéneuse faisait du pédalo, et c’est en ski nautique qu’ils sont rentrés. On peut aussi faire jouer le hasard en appuyant sur la roulette.
Et j’en pense quoi ? Les histoires créées Tip tapainsi n’ont ni queue ni tête, et pourtant, cela fonctionne ! Certaines sont drôles, d’autres bizarres, certaines incompréhensibles, toutes absurdes. On peut ainsi créer plus de 100 000 histoires. Un vrai kaléidoscope à composer et recomposer des histoires. Le concept est simple (comme la prise en main d’ailleurs qui est immédiate) mais très astucieux. On peut même couper le son et imaginer soi-même le texte qui pourrait se greffer sur les images combinées. Place au hasard et à l’imagination !
Bande annonce :

Tip tapUn imagier interactif, qu’est-ce que c’est ? C’est tip tap, un livre accompagné d’un CD-Rom (compatible PC et Mac), dont la nouvelle édition vient de paraître chez Hélium (la première édition datait de 2011 et avait déjà été chroniquée par Gabriel).
Comment ça marche ? Le livre en soi est un imagier assez classique qui aborde toutes les notions attendues : les formes, les couleurs, les saisons, les animaux, la végétation, organisées par lieux et par activités. Mais ce qui change tout, c’est l’appli qui l’accompagne. Le CD-Rom permet d’installer une application sur son ordinateur. On tape les mots sur le clavier, en s’aidant du livre puisque seuls les mots qui y sont répertoriés fonctionnent, et l’image apparaît. Ainsi, on tape « cerf-volant », on valide en appuyant sur la touche « entrée », et un cerf-volant se met à tournoyer dans le vent sur l’écran. Mais ce cerf-volant, on peut véritablement le personnaliser en lui Tip tapattribuant une couleur (ou plusieurs), une taille (grand ou petit, minuscule ou énorme), et même une vitesse (rapide ou lent). Et l’on combine : on ajoute au tableau, un moustique, un ballon, une fille ou un garçon. On fait la pluie ou le beau temps, le jour ou la nuit. Si l’on se trompe de lettres en écrivant un mot, celles-ci se grisent pour nous inviter à réessayer. tip tap propose ainsi plus de deux cent mots à organiser pour créer des scénettes pleines de vie, que l’on peut enregistrer (il suffit de taper « enregistrer ») Tip tapou même imprimer. Le tableau mémorisé est fixe, il n’est animé que lorsqu’il est en train d’être élaboré. Dans l’application se cachent aussi des mots surprises. Essayez Zinzin, Boum, ou Hélium, vous ne serez pas déçus…
Et j’en pense quoi ? Le travail d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud est absolument formidable ! Ici, on adore Océano et Popville. Là aussi, les illustrations de cet imagier sont des merveilles : graphiques, composées d’éléments géométriques, et très colorées. Les scénettes créées sont délicatement animées, et sonorisées. C’est ludique, joyeux et poétique. Mais surtout tip tap permet à l’enfant d’inventer ses propres histoires, de composer ses tableaux, bref de recréer son univers. La nouvelle édition offre aussi la possibilité de jouer directement en ligne, sans passer par le CD-Rom. Il suffit de se rendre sur le site consacré au livre, de répondre à une question en s’aidant du livre papier, et on accède à l’appli.
Bande annonce :

Les Histoires Farfelues
Texte d’Eve Sarradet, illustrations de Vincent Farges
Tralalere
Prix constaté : 2,99 € (Apple) et 2,69 € (Android).
tip tap
d’Anouck Boisrobert & Louis Rigaud
Hélium
16,90 €, 190×235 mm, 64 pages, imprimé en Malaisie, 2014.

À part ça ?
Cette semaine, après la destruction des statues du musée de Mossoul il y a quelques jours, c’est le joyau archéologique de Nimroud qui a été détruit… au bulldozer par le groupe Louvre - Taureau androcéphaleDaesh. L’ancienne capitale assyrienne du IXe siècle avant Jésus-Christ, alors appelé Kalkhu, avait été mise à jour en 1844, et le trésor du Palais sans égal d’Assurnazirpal II, l’une des découvertes archéologiques majeures du XXe siècle, en 1989. Alors ce week-end, un petit tour au Département des Antiquités orientales du Louvre s’impose pour découvrir les magnifiques taureaux androcéphales ailés, les bas-reliefs représentants les batailles des rois assyriens, parce que lutter, c’est transmettre à nos enfants la culture, l’histoire, et le patrimoine de l’humanité, ou ce qu’il en reste. Parce qu’il s’agit du berceau de notre civilisation…

Erica

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La chronique numérique : Le monde en couleurs (+ concours)

Par 2 novembre 2014 Livres numériques, Numérique

Mais qu’est-ce que c’est que cette nouvelle chronique, ce « pavé dans la Mare » ? Le numérique est là, à nos portes, il est trop tard pour l’empêcher d’entrer dans nos vies. Alors, prenons la démarche inverse, et profitons de ce qu’il peut nous offrir : un changement de perspective, une nouvelle voie pour développer nos imaginaires, une autre façon de regarder l’écrit et de jouer avec, une ouverture sur le monde. Depuis trois semaines, tous les dimanches, je vous parle donc de deux applications (parfois une, parfois trois, hein !) qui, pour moi, répondent à ces critères, des applications qui m’ont intéressée, intriguée, enchantée. Le système des pictogrammes est le même que pour les livres, parce que les enfants ne sont pas tous les mêmes et qu’il est bien difficile de donner un âge précis de lecture, parce qu’à chacun son rythme et ses envies ; vous trouvez donc toutes les références et les pictos à la fin de la chronique. Comme je reste persuadée que si le numérique est un nouveau média formidable, il n’est pas destiné aux tout petits, il n’y aura pas de picto « têtard » ici. Dernière précision : il n’y aura pas que des nouveautés, pas d’exhaustivité, et pas d’objectivité ! Venez commenter (même si je n’ai pas été très présente les semaines précédentes, c’était le début, c’était les vacances…), enrichir le débat et nous faire découvrir les applis que vous aimez.

Trêves de blablas et place à deux livres numériques épatants qui font chanter les couleurs !

Quelles couleursQuelles couleurs !

C’est quoi ? Un imagier numérique sur les couleurs, sous le format e-pub (qui se lit donc dans iBook), adapté du livre de Régis Lejonc paru aux Éditions Thierry Magnier.

Ça parle de quoi ? Voici ce qu’en disait Régis Lejonc à la sortie du livre papier en 2010, c’est la meilleure des présentations : « Un jour je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment de couleur préférée. Ce que je sais c’est que si le monde était sans couleur, il ne serait pas noir et blanc comme dans les vieux films. Si le monde était sans couleur, il serait bêtement invisible à nos yeux. Ce livre n’explique ni pourquoi, ni comment les couleurs existent. Ce livre est un imagier, une suite d’illustrations, de photographies portée par les envies et les idées de raconter les couleurs à ma manière. »

Ça marche comment ? Le livre se compose de douze planches qui présentent douze Quelles couleurscouleurs. On choisit une couleur, et une page divisée en plusieurs cases-images, photographie ou dessin, apparaît. Les images de chaque case peuvent être changées en effleurant l’écran, ou agrandies par un double clic. Se compose ainsi sous nos yeux une mosaïque, modifiable à volonté. Pour changer de couleur, il suffit de cliquer sur les onglets qui se présentent sous la forme d’un étalonnage de couleurs. Une flèche permet de retourner au menu principal. Dans chaque couleur, des tableaux offrent des « surprises », signalées par une icône « cadeau » et une annonce vocale. L’une, commune, à toutes les planches, présente les différentes nuances de la couleur. Prenons le vert par exemple : toutes les nuances de vert s’affichent sur l’écran ; en cliquant dessus on entend (et l’on voit apparaître) le nom de la couleur (perroquet, empire, lime, opaline, etc.). Et l’on découvre des couleurs dont on ne soupçonnait même pas l’existence, et la poésie de leur nom : smaragdin, hocker, poireau prasin. Cela sonne presque comme un inventaire à la Prévert. On referme la surprise en cliquant sur la croix au bas de l’écran. Quelles couleursLes autres surprises, qui fonctionnent de la même manière, prennent la forme d’un petit jeu : toujours pour le vert, apparaît une robe blanche que l’on peut décorer de petit pois. Ou encore une multitude de glurb parmi lesquels il faut retrouver un glorb (ne vous inquiétez pas, on a la photo du coupable). Pour l’ocre, c’est un jeu des différences entre deux tableaux représentant l’automne ; pour le bleu, un memory.

Et j’en pense quoi ? On assemble, on désassemble jusqu’à former le tableau de notre choix, selon nos goûts, nos humeurs. C’est totalement addictif, un peu psychédélique, et ça marche à tous les âges. Les images sont très diverses, souvent pleines d’humour : d’anciennes fiches de cuisine (la recette du poulet au curry), de vieilles affiches (une « leçon no 7 » sur le tigre orange), des planches de botanique (l’illustration de l’expression « avoir la main verte »), et bien d’autres encore. Quelles couleursUne petite devinette : qu’est-ce qui est vert et qui pousse au fond du jardin ? La réponse se trouve dans une des images du vert… Dans cet assemblage hétéroclite d’image, on voit défiler l’imaginaire collectif autour des couleurs et leur représentation sociale. Est-ce que cela justifie que le rose soit représenté, entre autres, par l’image d’une petite fille toute de rose vêtue avec la légende « rose, c’est rien que pour les filles » ? À la Mare aux mots, on est sensible sur le sujet, et j’avoue que cela m’a un peu gênée. Alors que pour les autres images, on perçoit tout à fait un second degré, c’est moins évident ici et j’ai trouvé cela un peu dommage. Ce petit bémol n’empêche pas Quelles couleurs ! d’être une vraie réussite, un très très bel imagier que l’on prend plaisir à composer et à feuilleter.

Bleu de toiBleu de toi

C’est quoi ? Un poème d’amour entièrement dessiné au stylo bille bleu, écrit, mis en musique et lu par Dominique Maes.

Ça parle de quoi ? C’est l’histoire d’un papa à tête de cœur qui cherche un moyen de dire son amour à son enfant : des cadeaux ? Ce n’est pas assez. Des fleurs ? Ce n’est pas assez. Des oiseaux qui chantent des chansons d’amour ? On ne met pas l’amour en cage. Ainsi se poursuit cette quête. Et l’on découvre que dire son amour, c’est surtout partager, un moment, une histoire avant le coucher, un jeu. Partager ce livre-ci…

Ça marche comment ? Bleu de toi est une promenade à l’intérieur de seize tableaux. Chacun recèle des secrets que l’on ne découvre qu’à tâtons : le monde se colorise, Bleu de tois’enchante au fur et à mesure de nos explorations. On ouvre des cadeaux, et un feu d’artifice de cœurs explose ; on colorie un bouquet offert par le papa-cœur, et une page s’ouvre sur un second coloriage. Difficile de décrire ce livre tant il foisonne de trouvailles. Les tableaux possèdent une ramification complexe qui mène de découverte en découverte.
Deux petits exemples. Un des tableaux représente le papa-cœur dans une bibliothèque. Les livres s’ouvrent sur la première page d’un conte lorsqu’on les frôle : Les Souliers rouges d’Andersen, Riquet à la houppe de Perrault, etc. Le lecteur est incité soit à lire le conte en entier (sur la Bibliothèque numérique Gallica, ou en empruntant le livre en bibliothèque), soit à inventer la suite de l’histoire. D’accord, mais on Bleu de toifait comment ? Facile, on ouvre le livre qui se trouve au premier plan. Et, après avoir choisi sa photo (enregistrée auparavant dans les paramètres) et composé son code secret (rien de bien compliqué : une série de trois images ; si le code est oublié, on peut le réinitialiser), le lecteur peut dessiner la suite ou l’écrire sur un journal. Il ne reste plus qu’à enregistrer le dessin ou le texte pour la fois suivante. Un autre tableau représente un bateau sur lequel le lecteur est invité à embarquer. Mais une bouteille à la mer flotte à la surface de l’eau. Elle contient un message qui nous invite à partir à la chasse au trésor. Je ne vous donne pas la clef de l’énigme (j’ai eu assez de mal à la trouver, à vous de jouer…), elle se trouve dans le message. Dans une partie réservée aux Bleu de toiparents, on trouvera des conseils pour découvrir les secrets du livre, mais aussi une page qui permet d’enregistrer sa voix pour une lecture personnalisée du texte de Dominique Maes ou d’une histoire inventée à partir de ses images.

Et j’en pense quoi ? Bleu de toi est donc une histoire sur la difficulté d’exprimer son amour, sujet universel s’il en est, au graphisme sobre et délicat, presque austère. Mais derrière cette première impression se cachent une inventivité et une créativité exubérante. Selon la morale même de l’histoire, c’est un livre qui se partage et se découvre à deux. Car il ne se donne pas facilement, et il faut se Bleu de toilaisser le temps de le lire et de le relire avant d’épuiser les trésors qu’il recèle. On balaye du doigt l’écran, et l’on s’aperçoit que l’on ne voit qu’un petit bout d’une image beaucoup plus grande : ce sont des panoramas qui se déploient devant nous. On ouvre des fenêtres qui se cachent dans un arbre, et le monde réel nous saute aux yeux à travers des photos de feuilles et de torrents. La fonction qui permet d’enregistrer sa propre version de l’histoire est aussi très bien vue. Ce livre a été véritablement conçu pour accorder une place à l’invention, à l’imagination. Mais c’est aussi un livre qui pense le lien entre le papier et le numérique. Non pas en antagonisme comme souvent, mais en complémentarité. C’est un vrai défi que relève ce projet singulier et ambitieux. Insolite et remarquable !

Le blog de Bleu de toi : https://bleudetoi.wordpress.com.

Concours
Odile Flament, la fondatrice de CotCotCot-apps, a la gentillesse de vous offrir deux exemplaires de Bleu de toi. Merci à elle !! Alors, écrivez-nous en commentaire une petite déclaration d’amour à qui ou à ce que vous voulez (pas à nous hein, on n’est pas mégalos ici…), et on tirera au sort parmi elles deux gagnants. Vous avez jusqu’à vendredi prochain, 20 heures.

Quelles couleurs !
de Régis Lejonc
Thierry Magnier/Tralalère
Prix constaté : 6,49 € (Apple)
Bleu de toi
de Dominique Maes
CotCotCot-apps
Prix constaté : 5,49 € (Apple)

À part ça ?

Si vous êtes sur Paris, faites un tour à la Gaîté lyrique, qui présente une exposition sur l’ère technologique à destination des enfants. Capitaine futur et le voyage extraordinaire réunit une vingtaine d’installations interactives d’artistes contemporains qui chamboulent nos perceptions des phénomènes physiques et notre appréhension du monde. On peut même s’envoler dans les étoiles grâce à une balançoire interstellaire… Jusqu’au 8 février.

Erica

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