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Gabriel - La mare aux mots

Les invité·e·s du mercredi : Isabelle Gil et Daphné Collignon

Par 12 décembre 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui je vous propose tout d’abord d’en savoir plus sur une autrice/illustratrice dont le travail est très original, Isabelle Gil, avec elle nous revenons sur son parcours et sur son travail. Ensuite, on part découvrir comment travaille l’autrice-illustratrice Daphné Collignon. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Isabelle Gil

Parlez-nous de votre parcours ?
J’ai commencé la photographie en autodidacte à 18 ans, puis j’ai arrêté la photographie pendant longtemps, puis j’ai repris la photographie en formation professionnelle d’abord par un CAP de photographe, puis par des études en Arts Plastiques et Photographie, à Paris 8, l’université de Saint-Denis.
Pendant les études, j’ai commencé à travailler sur des projets de livres.
J’ai suivi les cours d’un intervenant artiste, Alain Bernardini avec qui j’ai pu énormément avancer en étant tellement bien accompagnée dans mes recherches par son talent, son exigence et ses connaissances de l’art contemporain.
Ensuite pendant 4 bonnes années, j’ai envoyé mes multiples maquettes de livres à différentes maisons d’édition.
J’ai pris un travail à mi-temps pour subsister pendant mes recherches et démarches et pour pouvoir mener ce projet de faire des livres en photographie.
J’ai eu toutes sortes de retours, mais sont venus aussi des encouragements, une curiosité pour mon travail qui m’a aidé parfois à tenir et à insister.
Et tout à coup, comme je commençais tout de même à fatiguer un peu et à penser qu’il était vraiment difficile de faire des projets de livres, j’ai eu une réponse positive de Paul Otchakovsky-Laurens, le truc inouï, mon éditeur préféré ces années-là me dit qu’il trouve mon projet de livre très beau et qu’il aimerait le faire avec moi si je suis d’accord ! Quelle joie et quel trésor inoubliables d’avoir rencontré cette personne.
Mon premier livre s’appelle LOVE, chez POL donc, en 2006, et le raconter là c’est – encore – penser à lui tout particulièrement.
Par la suite, j’ai rencontré une troisième personne importante, artiste, illustrateur et cinéaste, également éditeur de littérature jeunesse, avec lequel je travaille aujourd’hui et c’est encore une incroyable chance car il a cette curiosité et une grande connaissance de l’illustration mais aussi ce goût de la photographie et son choix déterminé et rare de donner une existence à des projets de livre de photographies et notamment les miens !
Dans cette dernière rencontre, une évidence s’est montrée entre ces projets-là de livres et l’édition pour les enfants et la jeunesse.

Comment est venue l’idée de raconter vos histoires avec des photos ?
Je ne sais pas, depuis toujours. Il me semble que parlant peu, j’adorais la lecture et la photo qui dans mon enfance, me fascinait un peu et puis ça me semblait être un média très complexe en fait. Et très bavard.
Ça pouvait être du passé, du futur, de la beauté, de la mort, de la mise en scène, de la pensée, du faux.
Et puis la photographie parle beaucoup, seule, le texte est dans l’image.

Pouvez-vous nous raconter comment vous travaillez ?
Avec des images en tête, des paysages, des situations ou des expressions, littéraires ou imagées.
Comme prendre des bains de soleil, être zinzin, voir des éléphants roses…

Où trouvez-vous votre inspiration ? Comment naissent vos histoires ?
De ça, des choses en tête et également de certains objets que je trouve attachants ou intéressants en tout cas.
Pour leur banalité, leur disponibilité, ce sont principalement des objets du quotidien, et pour ce qu’ils peuvent offrir comme supports à l’imaginaire, comme représentations que l’on a du monde, pour ces petites ou grandes relations avec l’extérieur, pour ce qu’on y projette.

Pouvez-vous nous parler de votre dernier album, Le petit éléphant rose ?
J’ai pensé particulièrement à l’enfance, à cette capacité à se glisser dans la peau de ce que l’on veut, un chat ou un avion. Je suis ce que je veux. J’adore cette folie de l’enfance.
C’est une immense liberté, je parle aux chiens et là je ne marche pas, je vole.
Ce n’est pas un désir de régression, si ce n’est de garder l’enfant ou cette part-là, mais je trouve le lien de l’enfant au monde et au vivant très direct, drôle, très fou, très simple aussi, tout est possible.
Oui donc Le petit éléphant rose c’était pour associer cette expression « voir des éléphants roses » qui chez les adultes signifie un état de délire hallucinogène — je cherche d’ailleurs toujours un témoignage — et le monde de l’enfance où on s’étonne de tout et de rien à la fois !
Et mettre dans ce livre des souvenirs personnels et forts de paysages de jungle.

Travailler en solo sur un projet, c’est un plaisir ou parfois ça vous manque de partager des projets ?
Au début, c’était comme ça, j’avais des projets, donc je tente de les faire.
Depuis quelque temps, j’aimerais croiser d’autres personnes et compétences et s’embarquer joyeusement, on verra…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Aucune en particulier, j’allais au bibliobus, j’adorais cet espace, j’ai dû lire Croc blanc, je ne sais plus trop, rien de marquant ou je me souviens pas, même si je restais dans cet étroit camion bleu des heures et des heures.
Et en vacances chez (ma) Mémé… j’ai tout lu, tout ce qu’il y avait sur place, des magazines étranges comme Point de vue, Nous Deux
Un jour je suis tombée sur le roman — Lady Chatterley — et je me suis dit que c’était pas mal le fond du jardin et après j’ai lu sans aimer ça à l’école, mais après j’ai lu tout ce que je pouvais, en tombant vers l’âge de 17 ans sur les Chants de Maldoror ou sur Crime et Châtiment, je me suis dit que je ne comprenais pas tout mais que ça allait être génial.
Je ne sais plus à quel âge, jeune adulte je pense, j’ai aussi découvert Crin blanc et Le ballon rouge de Albert Lamorisse et ça m’a beaucoup plu. Livres & films.
Et puis le Muppets show et Téléchat, Buster Keaton, Monty Python…

Quelques mots sur les prochaines histoires que vous nous proposerez ?
J’ai des pistes non poursuivies dans mes tiroirs, faut que je regarde de près…
Et un projet de livre photographies et texte pour adultes toujours en pause.
Rien à dire, avant des avancées… mais j’ai très envie de faire encore des albums.
Merci !

Bibliographie :

  • Le petit éléphant rose, texte et illustrations, l’école des loisirs (2018).
  • Le zinzin de la forêt, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Coquille, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016).
  • Copain Copain, texte et illustrations, l’école des loisirs (2015).
  • Le magicien d’os, texte et illustrations, l’école des loisirs (2015).
  • Les vacances, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Le chapeau de Maman, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Le déjeuner sur l’herbe, texte et illustrations, l’école des loisirs (2013).
  • Le musée des ours, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Une ou deux bêtises, texte et illustrations, l’école des loisirs (2011).
  • L’aventure, illustration d’un texte de Jean Rolin, Les éditions de la Table ronde (2011).
  • Couleurs à sensations, texte et illustrations, Le Rouergue (2011).
  • À la mer, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Oursons, texte et illustrations, l’école des loisirs (2008).
  • LOVE, texte et illustrations, P.O.L. (2006).

Retrouvez Isabelle Gil sur son site : http://www.isabellegil.fr.


Quand je crée… Daphné Collignon

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Daphné Collignon qui nous parle de quand elle crée.

Je fais de la BD et de l’illustration depuis plus de 15 ans maintenant ; j’ai donc écrit et dessiné dans de nombreux endroits, ayant beaucoup voyagé par le passé.
J’ai eu ma période café, où je faisais mes dessins et mes croquis avant de les mettre en couleur à la maison ; puis l’ère informatique est arrivée, et j’ai passé tout mon temps au café avec mon ordinateur portable. Une fois un album fini, je changeais d’endroit, parce que je ne pouvais plus remettre les pieds dans le café où j’avais travaillé pendant un an — ce qui pouvait s’avérer un peu ennuyeux quand il s’agit de lieux que nous aimions, mes proches et moi !… J’ai aussi beaucoup travaillé en bibliothèque, au milieu des livres et des lecteurs.
J’ai besoin d’un bruit de fond quand je dessine. Cela me rassure et me permet de mieux me concentrer. Le travail de dessinateur et de scénariste étant très solitaire, j’ai besoin de présences autour de moi.
Je n’ai cependant jamais pu travailler en atelier, et cela n’a pas été faute d’essayer ! Mais à chaque fois, j’étais trop déconcentrée par l’envie de discuter avec mes amis ou par les discussions qui se déroulaient autour de moi.
Le bruit d’un café ou l’ambiance d’une bibliothèque est impersonnel, alors qu’un atelier me sollicite plus intimement et ne me permet pas de me concentrer comme je le voudrais.
J’ai aussi travaillé beaucoup chez moi, ce qui est à la fois le meilleur endroit, et le pire ! C’est là que je suis le plus « dans ma bulle », et que les résultats sont les meilleurs. Mais c’est aussi très solitaire, et comme tous les gens qui travaillent à la maison, on n’a jamais vraiment l’impression de s’arrêter. En ce moment pourtant c’est là que je travaille. Mon rêve serait d’avoir mon atelier à moi, une sorte d’autre chez moi où je pourrais inviter des amis à partager des séances de modèle vivant ou à dessiner de temps en temps.
Je suis donc capable, a priori, de dessiner n’importe où pourvu que la lumière soit bonne et qu’on ne me parle pas, ou qu’on ne commente pas ce que je fais. Je déteste montrer mes images en cours de réalisation, n’étant jamais très sûre de moi, et sachant qu’elles vont évoluer. C’est un peu mon jardin secret, mon laboratoire intime.
J’ai même du mal à rester à côté de quelqu’un qui lit mes livres ! C’est parfois un problème en dédicace. 😉
Quand je dessine et que je fais de la couleur, j’écoute la radio ou des histoires. J’aime beaucoup lire, et j’ai trouvé sur internet des sites qui proposent des histoires à écouter. Depuis, j’ai dû écouter des centaines de livres ! Chacun de mes albums est relié à ces livres, et chaque page me les rappelle. C’est une manière pour moi de me concentrer, et de me plonger dans une sorte de bulle intime et personnelle.
Quand je dessine, je suis « en moi », je peux rester 6 ou 7 heures à la même place sans en bouger. Je ne sais pas si c’est la meilleure façon de faire, parce que je manque parfois de recul sur ce que je fais, mais ça me permet de m’immerger complètement dans les images.
Les interruptions téléphoniques sont plutôt malvenues en général, pour la même raison. Tout cela fait de moi une ourse solitaire !!
Depuis que j’ai une petite fille, mon rythme a un peu changé ; je suis obligée de faire des pauses, et j’ai dû modifier mes horaires.
Avant, je commençais en fin de matinée pour finir tard dans la nuit.
Aujourd’hui, je démarre tôt le matin après avoir posé ma fille à l’école, et je dessine jusqu’à la sortie des classes. Je me remets généralement au travail après qu’elle se soit couchée, jusque tard dans la nuit.
J’ai toujours énormément travaillé, et cela a toujours été mon activité principale ; j’ai un peu de mal à sortir de cette bulle qui s’est construite au fil du temps, et à ne pas percevoir le monde comme une matière à exploiter.
Je ne fais pourtant pas de carnet de voyage, parce que je suis nulle pour ça ! Je préfère m’imprégner des ambiances, des atmosphères, prendre des photos, profiter de l’instant, et le retranscrire plus tard sur le papier quand le besoin s’en fait sentir. C’est comme si j’avais une bibliothèque d’images dans la tête et le corps dont je me sers pour mes livres.
J’aime à penser, même si c’est un peu banal, que nous sommes tous des portes ouvertes sur des livres, par nos sensations et nos ressentis, par toutes les histoires que nous portons en nous. C’est plus qu’un travail. C’est une manière de vivre !

Daphné Collignon est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Série Calpurnia, BD, dessins d’après un scénario de Jacqueline Kelly, Rue de Sèvres (2018).
  • Tamara de Lempicka, BD, dessins d’après un scénario de Virginie Greiner, Glénat (2017).
  • Avant l’heure du tigre : La voie Malraux, BD, dessins d’après un scénario de Virginie Greiner, Glénat (2015).
  • Série Le rêve de Pierres Pétra, BD, dessins d’après un scénario d’Isabelle Dethan, Vents d’Ouest (2014).
  • Ma vie de chien, album, illustration d’un texte de France Quatromme, Fleur de ville (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le B.A. ba de la savate boxe française, illustration d’un texte de Victor Sebastiao, Fleur de Ville (2013).
  • Série Sirène, BD, scénario et dessins, Dupuis (2013).
  • Série Destins, BD, dessins d’après un scénario de Frank Giroud et Virginie Grenier, Glénat (2010)
  • Correspondante de Guerre, BD, dessins d’après un scénario d’Anne Nivat, Soleil (2009).
  • Série Cœlacanthe, BD, scénario et dessins, Vents d’ouest (2006-2007).

Le site de Daphné Collignon : https://www.daphnecollignon.com.

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Des jeux !

Par 10 décembre 2018 Jeux

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de jeux. Certains étaient déjà dans le webzine de Noël (mes préférés), mais vous découvrirez ici aussi d’autres jeux que j’ai testés et aimés.

Unlock – Escape adventures
de Cyril Demaegd
Space Cowboys
Prix : Autour de 27 €
Âge d’après l’éditeur : 10 +
Nombre de joueur·euse·s : 2-6
Temps de jeu d’après l’éditeur : 60 min.
Fabriqué en Allemagne.
Exit – Le Jeu – L’île oubliée
Exit – Le Jeu – Le Château interdit
Exit – Le Jeu – Le trésor englouti
Exit – Le Jeu – Le cadavre de l’Orient Express

d’Inka et Markus Brand
Iello
Prix : Autour de 13 € chacun
Âge d’après l’éditeur : 10+ ou 12 + suivant les jeux
Nombre de joueur·euse·s : 1-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 45-90 chacun
Fabriqué en Allemagne.
Brothers
de Christophe Boelinger, illustré par Xavier Houssin
Ankama
Prix : Autour de 14 €
Âge d’après l’éditeur : 8+
Nombre de joueur·euse·s : 2/4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 min.
Fabriqué aux Pays-Bas.
Kahuna
de Günter Cornett
Iello
Prix : Autour de 20 €
Âge d’après l’éditeur : 10+
Nombre de joueur·euse·s : 2
Temps de jeu d’après l’éditeur : 30 min.
Fabriqué en Allemagne.
Small world
de Philippe Keyaerts
Days of wonders
Prix : Autour de 40 €
Âge d’après l’éditeur : 8+
Nombre de joueur·euse·s : 2-5
Temps de jeu d’après l’éditeur : 40-80 min.
Fabriqué en Allemagne.
Les aventuriers du rail New York
d’Alan R. Moon
Days of wonders
Prix : Autour de 18 €
Âge d’après l’éditeur : 8+
Nombre de joueur·euse·s : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 10-15 min.
Fabriqué en Allemagne.
Gobblet gobblers
Blue Orange
Prix : Autour de 20 €
Âge d’après l’éditeur : 5+
Nombre de joueur·euse·s : 2
Temps de jeu d’après l’éditeur : 5 min.
Fabriqué en Chine.
Happy Bunny
de Peggy Brown, illustré par Gaëlle Picard
Blue Orange
Prix : Autour de 20 €
Âge d’après l’éditeur : 3+
Nombre de joueur·euse·s : 1-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 min.
Fabriqué en Chine.
7 familles inspirantes grandes femmes
The moon project
Prix : Autour de 13 €
Âge d’après l’éditeur : 5 à 105
Nombre de joueur·euse·s : 2+
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Pologne.
Ariol le kolektor
d’Emmanuel Guibert et Marc Boutavant
Bayard Jeux
Prix : Autour de 8 €
Âge d’après l’éditeur : 6+
Nombre de joueur·euse·s : 2 à 6
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 min.
Fabriqué en Chine.
Yam’s naval, dés… gomme les pirates !
de Charles Chevallier, illustré par Pierô
Widyka !
Prix : Autour de 16 €
Âge d’après l’éditeur : 6+
Nombre de joueur·euse·s : 2-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : n.c.
Fabriqué en Chine.

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Des BD et de l’humour

Par 7 décembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose cinq BD totalement différentes, si ce n’est qu’elles nous font bien rire.

Les cavaliers de l’apocadispe maîtrisent la situation
de Libon
Dupuis
12,50 €, 200×265 mm, 72 pages, imprimé en France, 2018.
Un Bébé à livrer
de Benjamin Renner
Shampooing
24,95 €, 212×170 mm, 296 pages, imprimé en Italie, 2018.
Crevette
d’Élodie Shanta
La Pastèque
16 €, 190×248 mm, 120 pages, imprimé en Slovaquie, 2018.
Crapule – 2
de Jean-Luc Deglin
Dupuis
14,50 €, 167×208 mm, 120 pages, imprimé en Italie, 2018.
Kong-Kong, le singe sur le toit
Scénario de Vincent Villeminot et Yann Autret, dessins de Yann Autret
Casterman
14,95 €, 200×270 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2018.

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De beaux et bons documentaires

Par 6 décembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose d’en savoir plus sur les villes (présentes et futures), mais aussi de parler des animaux et des humains. Quatre très bons documentaires à mettre au pied du sapin (que l’on trouve d’ailleurs dans notre webzine spécial Noël !).

la ville quoi de neuf ?
de Didier Corville
Hélium
16,90 €, 209×300 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2018.
Maisons autour du monde
Textes de Mia Cassany (traducteur·trice non crédité·e), illustrés par Paula Blumen
Nathan dans la collection Album Mosquito !
14,95 €, 230×320 mm, 40 pages, imprimé en France, 2018.
Les droits des animaux ça me concerne
Textes de Florence Pinaud, illustrés par Amélie Fontaine
Actes Sud Junior
15,90 €, 206×278 mm, 84 pages, imprimé au Portugal, 2018.
Discriminations, inventaire pour ne plus se taire
Texte d’Emma Strack, illustré par Maria Frade
De la Martinière Jeunesse
14,90 €, 170×230 mm, 160 pages, imprimé en Espagne, 2018.

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Les invité·e·s du mercredi : Delphine Monteil et Sophie Adriansen

Par 5 décembre 2018 Les invités du mercredi

À La mare aux mots, on aime les « petites » maisons d’édition, on aime les mettre en avant surtout quand elles font un beau travail. Aujourd’hui, c’est L’étagère du bas qu’on vous propose de découvrir… si vous ne la connaissez pas déjà ! Ensuite, c’est une autrice très talentueuse, Sophie Adriansen, qui nous livre ses coups de cœur et coups de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Delphine Monteil

Parlez-nous de votre parcours avant de créer L’étagère du bas.
Après un bac littéraire, j’ai fait des études de lettres modernes (Master 1) et beaucoup de stages chez des éditeurs de littérature générale où j’ai énormément appris. Au moment de se spécialiser, j’ai choisi le domaine de la correction en suivant une formation au Centre d’écriture et de communication puis j’ai été correctrice pendant cinq ans.

En 2016, vous avez créé votre maison d’édition, racontez-nous comment la maison est née.
Même si la correction est un métier passionnant, j’ai commencé à avoir vraiment envie d’aller vers autre chose et il y a un faisceau d’éléments concomitants. J’ai eu deux enfants et je me suis littéralement jetée dans la littérature jeunesse avec eux ! Petit à petit, les livres jeunesse ont pris de plus en plus place (au sens propre comme au sens figuré) et l’idée de créer un blog a fait son chemin… Mon blog (L’Étagère du bas) m’a permis de réaliser à quel point la littérature jeunesse était le milieu dans lequel je me sentais le mieux et que j’avais aussi envie d’en faire mon métier.
Avec mon mari Fredrik, nous avons décidé de nous lancer et de monter notre maison d’édition de livres pour enfants. Lui aussi est passionné de littérature jeunesse et, à l’origine, la maison a été créée pour donner vie à un personnage culte suédois qui s’appelle Plupp.

Pourquoi ce personnage en particulier ?
Fredrik (d’origine suédoise) a été très marqué par Plupp dans son enfance, il me l’a présenté et le courant est passé ! Avec une trentaine d’albums depuis les années 50, Inga Borg (auteure et illustratrice) a su imposer ce petit troll aux cheveux bleus (et tout son univers) qui est devenu l’une des figures incontournables de la littérature jeunesse suédoise.
Nous avons souhaité faire connaître Plupp aux petits Français car c’est un personnage très positif, bienveillant et qui les emmène dans de belles aventures au milieu d’une nature préservée. Nous avons publié deux albums : Plupp construit sa maison et Plupp fait un grand voyage. En 2020, le troisième verra le jour !

D’où est venu ce nom « L’étagère du bas » ?
Lorsqu’il a fallu trouver un nom pour la maison d’édition, cela a été compliqué car j’avais déjà beaucoup cherché pour trouver celui du blog et j’avais du mal à me détacher du nom de L’Étagère du bas. Premièrement, parce que je l’aimais beaucoup et que j’avais eu beaucoup de bons retours sur son côté « original » et évident à la fois : nous faisons des livres pour les enfants, plutôt les petits (3-7 ans) donc on espère que nos livres sont quelque part dans les maisons, les librairies, les médiathèques, accessibles aux enfants donc en bas…
Deuxièmement, c’est avec ce nom que les gens du milieu de l’édition jeunesse ainsi que mes lecteurs de blog ont commencé à me connaître, j’ai donc voulu profiter de cette visibilité naissante.

Quelle est la ligne éditoriale ?
À cette question, j’aime répondre qu’il n’y a pas de ligne éditoriale vraiment définie. Peut-être se définira-t-elle avec le temps mais, pour l’instant, je choisis les projets à l’instinct. Mais, ce n’est pas non plus complètement juste de dire qu’il n’y a absolument pas de ligne éditoriale… car il y a tout de même des caractéristiques communes à nos ouvrages : uniquement des albums, autant d’importance accordée au texte qu’à l’illustration, une fabrication soignée et des histoires qui – je pense – prennent en considération les enfants en leur apportant quelque chose. Nous faisons confiance à leur intelligence ! Notre ambition est de publier des livres accessibles et à hauteur d’enfants…

Vous parliez tout à l’heure de la Suède, c’est un pays qui tient une place importante dans la maison
Effectivement ! Pour les raisons que j’ai mentionnées plus haut et désormais, je peux dire aujourd’hui que c’est le pays que je connais le mieux après la France. La littérature jeunesse tient une place importante en Suède et il y a une grande qualité des ouvrages. Au-delà des livres de Plupp, nous avons aussi à cœur de publier des albums récents comme nous l’avons fait avec Les Voisins sauvages d’Ulrika Kestere. Nous avons eu un réel coup de foudre pour le travail d’Ulrika et nous avons hâte de vous présenter son deuxième album qui sortira à l’automne prochain : Un pull pour Otto. Dans les années à venir, nous allons publier plusieurs traductions d’albums suédois : des classiques des années 70 mais aussi d’autres albums de la relève de la littérature jeunesse suédoise ! Je me tiens très informée de la production des albums suédois et, avec Fredrik, nous avons vraiment à cœur de faire connaître nos préférés en France.

Qui compose l’équipe et quel est le rôle de chacun·e ?
Même si ce n’est pas très poli, je suis obligée de commencer par moi car je suis la seule qui travaille à 100 % pour la maison d’édition. Je m’occupe de l’éditorial, de l’administratif, de la presse, de la communication, des manuscrits, des relations avec l’imprimeur, etc.
Fredrik est mon associé, je le consulte donc énormément et nous prenons les décisions ensemble. Mais, il a un autre métier qui lui prend beaucoup de temps et, malheureusement, il ne travaille pas à mes côtés tout le temps. Dès qu’il le peut, il se rend disponible pour animer des ateliers, participer aux salons du livre et il gère aussi les relations avec l’étranger. Et il a traduit tous nos ouvrages qui viennent de Suède !
Marie Gosset rédige les fiches pédagogiques et est une formidable assistante multi-tâches ! Céline Robert est notre maquettiste, mais elle s’occupe aussi du site Internet et de la communication visuelle de documents, d’invitations, etc. Elle a un œil formidable… Sans oublier Laura Baudot qui nous donne de sacrés coups de main !

Quel est l’album qui a le plus marqué la maison ?
C’est trop difficile comme question, impossible de répondre ! Ce serait comme me demander si je préfère l’un de mes deux enfants… Chaque livre symbolise quelque chose et s’inscrit dans une étape de création du catalogue de la maison d’édition. En cette fin d’année, ce que je retiens, c’est que nous terminons 2018 avec dix albums. Ce n’est pas rien de passer à deux chiffres !

En plus d’être éditrice, vous êtes blogueuse, vous avez un regard particulier sur la création actuelle. Qu’est-ce qu’un bon livre jeunesse pour vous ?
À mon grand désespoir, j’ai de moins en moins de temps à consacrer à mon blog mais j’essaie tout de même… il y a tellement de bons livres qui voient le jour ! Selon moi, un bon livre jeunesse est un livre qui plaira autant à un adulte qu’à un enfant : un bon livre n’a pas d’âge. Un bon livre jeunesse est un livre qui interpelle d’une façon ou d’une autre que ce soit par l’émotion, la réflexion, l’humour, etc. Les lectures nous construisent et c’est d’autant plus vrai pour les enfants. Les éditeurs ont donc une grande responsabilité ! Je déborde un peu de la question, mais j’ai du mal avec les beaux livres très esthétiques qui font semblant de s’adresser aux enfants, les albums trop « médicaments » véhiculant un gros message bien lourd et, les pires, ceux qui prennent les enfants pour des abrutis… Pour finir sur une touche plus positive, nous avons une très belle production en France et, au retour du Salon de Montreuil, on constate qu’il y a un large public pour la littérature jeunesse. Qui a dit que les enfants n’aimaient pas lire ?

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Comme beaucoup de gens travaillant dans l’édition, je lisais beaucoup étant plus jeune. J’ai eu la chance d’être élevée dans une famille où il y avait des livres et, avec mes frères et ma sœur, on ne nous refusait jamais un livre ! Le Géant de Zéralda de Tomi Ungerer est ma première grosse trouille (enfin, celle dont je me rappelle). Je trouvais la couverture vraiment terrifiante ! Lorsque j’ai été capable de lire seule, je me souviens clairement d’avoir eu la sensation qu’un nouveau monde s’ouvrait à moi. Je me rappelle avec émotion (et je l’ai toujours) de La Maison qui s’envole de Claude Roy. Je lisais vraiment de tout : des albums, des romans, J’aime lire, des BD (un gros faible pour Tom-tom et Nana), la collection des Castor poche, Les Belles Histoires, la collection Rouge & or. Claudine de Lyon de Marie-Christine Helgerson m’a beaucoup marquée, j’aimais bien les histoires tristes, dures. J’avais aussi une petite obsession pour les histoires où il y avait des petites filles jumelles, ça me fascinait ! Le genre épistolaire me plaisait aussi énormément : je lisais beaucoup de livres avec des histoires d’amitié mettant en scène des échanges de lettres. En parallèle, on s’écrivait beaucoup avec mes ami·e·s et, adolescente, j’ai continué. À l’adolescence, je me suis tournée vers les classiques comme Hugo, Zola, Maupassant, etc. avec beaucoup de plaisir et pas seulement par obligation. Bref, j’ai continué à lire !

Quelques mots sur les prochains ouvrages que vous publierez ?
Ce sera donc l’année prochaine et 2019 promet de très beaux albums ! Il y en aura 9 en tout : 7 créations françaises et 2 traductions suédoises. La Vie rêvée de M. Maniac d’Adèle Tariel et Jérôme Peyrat (février), Moi mon ombre de Sébastien Joanniez et Evelyne Mary (mars), Minimichel de Pauline de Tarragon (avril, deuxième collaboration après Le Cri de Zabou), Marions-les ! de Éric Sanvoisin et Delphine Jacquot (mai), J’aimerais de Stéphanie Demasse-Pottier et Gérard DuBois (août), Capricieuse de Béatrice Fontanel et Lucile Placin (septembre), Un pull pour Otto d’Ulrika Kestere (octobre, deuxième collaboration après Les Voisins sauvages), Gustave Mouche d’Éva Chatelain (octobre) et La Chanson qui venait de l’autre côté de la mer de Emma Virke et Fumi Koike (novembre). Des albums avec des styles littéraires et des genres graphiques très différents ! Nous voulons continuer de proposer des histoires qui éveilleront l’imaginaire des petits lecteurs.

Bibliographie :

  • Riquet, d’Elsa Oriol (d’après Charles Perrault) (2018).
  • La Danse du Cygne, texte de Laurel Snyder, illustré par Julie Morstad (2018).
  • Les Voisins sauvages, d’Ulrika Kestere (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La Disparition de Chou, texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Élodie Perrotin (2018).
  • Comme son ombre, de Laurent Cirelli et Prune Cirelli (2018).
  • Quand j’étais petite…, texte de Sara O’Leary, illustré par Julie Morstad (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Louise, texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Magali Dulain (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Plupp fait un grand voyage, d’Inga Borg (2017).
  • Le Cri de Zabou, de Pauline de Tarragon (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Plupp construit sa maison, d’Inga Borg (2016).

 


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Sophie Adriansen

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur·trice, illustrateur·trice, éditeur·trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché·e, ému·e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il·elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé·e. Cette semaine, c’est Sophie Adriansen qui nous livre ses coups de cœur et ses coups de gueule.

De retour du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, je livre à chaud un coup de cœur et un coup de gueule liés à la manifestation, et dans cet ordre conformément au titre de cette rubrique.

Coup de cœur
J’aime le partage. J’ai toujours pensé que ce qu’on partageait bénéficiait autant à celui qui donnait qu’à celui qui recevait. Que tout le monde s’en trouvait gagnant.
Mercredi soir, lors de l’inauguration du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, a été lancé « émergences », recueil de douze nouvelles de littérature jeunesse issu du projet du même nom organisé par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Ce projet est le pendant romanesque du désormais célèbre « voyage à Bologne » : un accompagnement de débutants dans le métier par des professionnels plus aguerris. En tant que marraine (parmi d’autres), j’ai pu conseiller plus particulièrement une autrice et un auteur avant de partager mon expérience avec l’ensemble des « émergents » le temps d’une après-midi d’octobre. Outre la publication du recueil, distribué gratuitement pendant toute la durée du salon et disponible également en langue anglaise, les douze lauréats ont rencontré des éditeurs dans le cadre de « speed-dating » littéraires organisés pendant le salon. J’ai eu des échos des deux côtés de la table : il semble que cela soit plein de promesses, de part et d’autre.
C’est inscrit dans l’ADN de la Charte, qui rassemble des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse depuis plus de quarante ans : la transmission ; l’union ; la réflexion commune ; la valorisation des singularités ; l’entraide ; le partage.
Et moi, j’aime le partage.

Coup de gueule
Traditionnellement, le ministre de la Culture se rend au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Cette année, le nouveau nommé n’a pas daigné honorer le salon de sa présence, alors même que le monde de l’édition est chahuté par les rachats et autres regroupements, et que, du côté des auteurs et des autrices, on guette avec énormément d’inquiétudes les mesures gouvernementales qui promettent de tuer une profession que l’on refuse de considérer comme telle – avec le risque, en guise de dommage collatéral, de tuer le livre, déjà symboliquement enterré en juin dernier. Qu’il s’agisse d’un mépris ordinaire ou de l’ignorance de la nécessité de la lecture pour se construire, cette absence en dit long sur le rapport du gouvernement à la culture.

Sophie Adriansen est autrice.

Bibliographie jeunesse :

  • Papa est en bas, roman, Nathan (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Lise et les hirondelles, roman, Nathan (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Hors piste, roman, Slalom (2017).
  • Série Lucien et Hermine apprentis chevaliers, romans, Gulf Stream Éditeur (2017-2018).
  • Où est le renne au nez rouge ?, album illustré par Marta Orzel, Gulf Stream Éditeur (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • série Quart de frère quart de sœur, romans, Slalom (2017).
  • La vache de la brique de lait, album illustré par Mayana Itoïz, Frimousse (2017).
  • Les grandes jambes, roman, Slalom (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Max et les poissons, roman, Nathan (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Musiques diaboliques, roman, Nathan (2015).
  • La menace des fantômes, roman, Nathan (2015).
  • L’attaque des monstres animaux, roman, Nathan (2015).
  • Drôles d’époques !, roman, Nathan (2015).
  • Drôles de familles !, roman, Nathan (2014).
  • Le souffle de l’ange, roman, Nathan (2013).
  • J’ai passé l’âge de la colo !, roman, Éditions Volpilière (2012), que nous avons chroniqué ici.

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