La mare aux mots
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Gabriel - La mare aux mots

Un rêve et des vacances

Par 6 août 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux romans pour les plus jeunes, dans l’un on rencontrera une jeune fille noire qui veut devenir danseuse à l’Opéra de Paris, dans l’autre un jeune garçon dont les vacances vont être pourries… ou pas !

Les pointes noires
de Sophie Noël
Magnard dans la collection Romans perles
12,90 €, 140×213 mm, 176 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Des vacances bien pourries ou ma théorie sur les dominos
Texte de Séverine Vidal, illustré par Oriol Vidal
Milan
8,90 €, 130×195 mm, 80 pages, imprimé en Italie, 2019.

 

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Dis, tu veux un dessin ?

Par 1 août 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, il sera question de savoir comment faire un bébé et de dessiner pour ses ami·e·s.

Comment on fait les bébés ?
Texte d’Isabelle Jameson, illustré par Maud Legrand
Les 400 coups dans la collection Grimace
10,50 €, 223×225 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2019.
Je veux dessiner !
de Hyehin GO (traduit du coréen par LIM Yeong-hee)
Picquier Jeunesse
13,50 €, 240×250 mm, 40 pages, imprimé en Lettonie, 2019.

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Du berger à la bergère : de Gaya Wisniewski à Gaëtan Dorémus

Par 31 juillet 2019 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les trois derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. Après Fanny Joly et Catharina Valcks, Clémence Pollet et Sandrine Thommen, Marc Daniau et Natalie Fortier, cette semaine c’est Gaya Wisniewski qui a choisi de poser des questions à Gaëtan Dorémus !

Gaya Wisniewski : Bonjour Gaëtan, j’ai été subjugué par l’album Fuis tigre !, comment l’album s’est-il tissé ? Connaissiez-vous Gauthier David ou c’est la maison d’édition qui a fait le lien entre vous ?
Gaëtan Dorémus : On se connait avec Gauthier, on est copains. On habite pas loin l’un de l’autre. On a partagé des moments, des lectures, des visions du monde, et puis ensuite on s’est dit que, tiens, on pourrait essayer de travailler ensemble. J’aime travailler avec des copines et des copains. Un été, on a passé une journée à la rivière. Gauthier m’a dit qu’il avait fait un texte pour moi et qu’il me l’envoyait le soir même. Une histoire d’enfants qui installent un camping dans un salon. Et puis il m’a envoyé Fuis Tigre. Pour me réécrire le lendemain en me disant qu’il s’était trompé, qu’il ne voulait pas m’envoyer ce texte-là. Mais c’était trop tard.
Ce texte, je l’ai fait mien direct. Je ne sais pas si cette erreur d’envoi est fausse ou pas.
Et puis Gauthier m’avait dit qu’il était rentré en littérature jeunesse en partie avec mon premier livre, Bélisaire, déjà une histoire de tigre, déjà au Seuil jeunesse, il y a 20 ans.
J’aime la puissance évocatrice du texte de Gauthier. Cela laissait de la place pour mettre des images. Elles devaient trouver du sens et de la force dans les creux du texte.
J’ai fait le choix d’inscrire l’histoire dans le monde d’aujourd’hui et de travailler la figure de l’animal sauvage/animal doudou.

Gaya Wisniewski : Vous illustrez vos textes et parfois ceux des autres. Quel est l’auteur dont vous aimeriez illustrer le texte ?
Gaëtan Dorémus : Italo Calvino, mais je crois que ce n’est pas possible.
J’aime nombre d’auteurs contemporains, mais ils n’ont pas besoin d’imageurs.
Les auteurs de textes d’albums sont assez rares. Certains textes sont bons en tant que tels, mais parfois tout est dit et des illustrations seraient téléphonées, ou à l’inverse n’importe quelle image encagerait l’imaginaire du lecteur.
La poésie est illustrable, le roman (pour adulte) est illustrable, les essais sont illustrables, mais commercialement c’est suicidaire pour l’instant.

Gaya Wisniewski : Cette répétition de petit trait dans vos dessins à souvent l’air spontané et donne une grande force graphique. Y a-t-il beaucoup de croquis préparatoires à l’image ou justement c’est « instinctif » et fait sur le vif ?
Gaëtan Dorémus : Merci pour le compliment ! Tant mieux si on croit que c’est sur le vif. Parce que tout le temps, comme beaucoup de dessinatrices et dessinateurs, je m’interroge : « comment retrouver cette vie qui émane d’un croquis ? »
Et ça demande du labeur pour s’en approcher — sans jamais l’atteindre. Donc il y a pas mal de croquis en amont. Puis des dessins en noir et blanc. Et une réinterprétation pour arriver des images en couleur. C’est long, du marathon, pour arriver à des livres lus en 5 minutes. J’admire Sempé ou Shel Silverstein, et d’autres, où en trois traits c’est plié — dans le dessin il y a de l’esprit et de la vie — emballé — c’est pesé.

Gaëtan Dorémus : Dans tes livres reviennent l’hiver, la nuit et un lac, gelés, et le printemps. Peux-tu parler de ces présences récurrentes ? Réminiscences personnelles, rapport esthétique, ou narratif à ces lieux ?
Gaya Wisniewski : L’hiver est une saison que j’adore pour peu qu’il y ait de la neige, le temps qui s’arrête, se chauffer à côté d’un feu en dégustant une tasse de thé fait parti de mes rituels… Je pense profondément que l’humain est aussi fait pour hiberner. Depuis que j’ai quitté la ville, la nature m’inspire énormément, j’aime vivre les saisons, marcher sous la pluie, observer les étoiles la nuit… retour aux sources. J ’avais sans doute besoin de ce changement de lieu de vie pour créer des livres.

Gaëtan Dorémus : On sent tes livres nourris d’influences picturales et littéraires, est-ce réel ou inconscient ? Peux-tu les évoquer ?
Gaya Wisniewski : L’autre jour, un ami m’a définie comme « Chasseuse d’images » j’aime bien cette comparaison, effectivement je collectionne beaucoup de photographies, peintures, dessins… qui ressortent ici et là dans mes livres.
Il y a des photographies noir et blanc anonymes, des illustrateurs : Scarry, Tove Jansson, Inga Moore (j’adore ses illustrations du Vent dans les saules) et puis il y a les autres : les couleurs de Peter Doig, les photographies de Saul Leiter, les nus de Bonnard, les motifs de Vuillard…
Je fais des petits dossiers pour m’y plonger avant de commencer un livre. Je crée une atmosphère que j’aimerai que le lecteur ressente lors de la lecture… même chose pour la sélection musicale lorsque je dessine… Je suis une vraie éponge. Pour Chnourka la première image du livre où ils sont tous dans une luge au milieu d’une tempête de neige est influencée par Le bal des vampires de Polanski et pour la maison de glace de Chnourka c’est le Docteur Jivago de David Lean. Là je travaille sur un nouveau projet où le roman La conjuration des imbéciles (John Kennedy Toole) m’inspire juste pour les émotions que cela suscite en moi…

Gaëtan Dorémus : Tes histoires ne sont pas situées dans une époque, ou plutôt dans le temps de l’Enfance. Celui des amitiés imaginaires entre animaux et gamins, des goûters, de l’amitié simple et des boules de neige. Peux-tu imaginer dans tes histoires des smartphones, des twingos, des centrales nucléaires et des sacs plastiques dans les arbres ?
Gaya Wisniewski : Très bonne question… j’imaginerai bien des histoires de sacs plastiques dans les arbres… parce que je vois bien cette image.
Quand je dessine, je vais rechercher des émotions enfuies en moi, cette époque où je ne connaissais pas les centrales nucléaires, les smartphones n’existaient pas encore… Pour l’instant j’écris et dessine dans ma zone de confort, mais, pourquoi pas un jour illustrer quelque chose de complètement différent.
J’attends que l’on me propose, que l’on me bouscule 🙂

Bibliographie sélective de Gaëtan Dorémus :

  • Fuis Tigre !, illustration d’un texte de Gauthier David, Seuil Jeunesse (2018).
  • Les Goûters méga chouettes de Machinette, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • Tout doux, texte et illustrations, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • ICI, texte et illustrations, La Ville Brûle (2017).
  • Dans les dents !, illustration d’un texte de Denis Baronnet, Actes Sud Junior (2017).
  • Minute papillon !, texte et illustrations, Rouergue (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Till, illustrations de texte de Philippe Lechermeier, Les fourmis rouges (2015-2016).
  • Les Oreilles, texte et illustrations, Albin michel jeunesse (2016).
  • La Maman de la maman de mon papa, texte et illustrations, Les fourmis rouges (2016).
  • Mon bébé croco, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Le miel des trois compères, illustration d’un texte de Richard Marnier, Le rouergue (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Vacarme, texte et illustrations, Notari (2014).
  • Mon ami, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Tonio, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Ping Pong, texte et illustrations, Seuil jeunesse (2010).

Son site : https://gaetandoremus.com

Bibliographie de Gaya Wisniewski :

  • Chnourka, texte et illustrations, MeMo (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon bison, texte et illustrations, MeMo (2018), que nous avons chroniqué ici.

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Kiwi et maki

Par 26 juillet 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer un drôle d’oiseau courageux et un maki qui parle ! En route !

Quand le kiwi perdit ses ailes
d’Izumi Mattei-Cazalis
A2mimo dans la collection Conte et légende du monde
12 €, 105×206 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2019.
Vie et mort d’un maki sushi
Texte de Béatrice Gernot, illustré par Clémentine Louette
Voce Verso dans la collection Ginko
7,50 € 130×180 mm, 24 pages, lieu d’impression non indiqué, 2019.

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Du berger à la bergère : de Marc Daniau à Natali Fortier

Par 24 juillet 2019 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les trois derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. Après Fanny Joly et Catharina Valcks, Clémence Pollet et Sandrine Thommen, cette semaine c’est Marc Daniau qui a choisi de poser des questions à Natali Fortier !

Marc Daniau : J’aimerais que tu me parles de ton rapport aux animaux et en particulier aux oiseaux.
Natali Fortier : C’est drôle que tu me poses maintenant cette question, mon prochain livre s’appelle. « I, 2, 3 Volez » tu te doutes de quoi ça parle.
L’oisillon, quand tu en tiens un dans la paume de ta main, avec son cœur qui palpite, sa respiration saccadée, la détresse de son regard, la transparence de sa chair, tellement fragile, fragile, fragile, puis soudain, son cri d’une force bouleversante.
T’agrandis un oiseau à l’échelle 100. Tu te retrouves devant un monstre préhistorique terrifiant, le bec aiguisé, des griffes acérées.
Passer de la vulnérabilité à la férocité.
L’albatros, ce géant, tout en grâce dans le ciel pourtant à l’atterrissage, y’est d’une maladresse inouïe et ça ça me plaît.
La paruline rayée « 12 grammes » et elle traverse l’océan sans escale…
Un oiseau d’accord, ça chante mais ça glousse, ça cancane, ça trompette, zinzinule, turlutte, graille, coquerique, babille et j’en passe, piaille, réclame, bavarde…
Et les noms des oiseaux me réjouissent : corbeau, tourterelle, colibri, merle, pélican, mouette, le manchot, bécassine, la grue, le vautour, alouette… gentille alouette, je te couperai….
Dès mon premier atelier dans les écoles, à partir de trois ans, je demande aux enfants de dessiner, peindre, n’importe quelle forme et ensuite y coller un chapeau pointu.
Je te dis pas le nombre de dessins somptueux d’oiseaux que j’ai vu apparaître sous mes yeux.
Ici à Châlette-sur-Loing ma maison est un nid, il y en a partout.
Est-ce que c’est pour ça que j’aime les dessiner ?
J’ai le goût de te dire aujourd’hui, Marc, que c’est pour le geste de relever la tête si je veux les voir s’envoler.
Seulement un autre animal, sinon. Ça serait trop long.
L’alligator, l’alligator a bercé ma jeunesse. Au Québec dans mon enfance, c’était très facile d’en obtenir au pet shop (je sais c’est révoltant, mais à l’époque je ne m’en rendais pas compte).
Donc j’ai eu Ali et Baba, croque-monsieur et croque-madame. J’avais lu quelque part que pour les endormir il fallait caresser leurs ventres.
Tous les soirs je le faisais, je me souviens de leurs abandons, l’élasticité du cuir et de leurs yeux qui roulaient.
La nuit, je me réveillais souvent affolée de m’être endormie en même temps qu’eux et de les avoir oubliés dans mon lit.
J’en fabrique toujours beaucoup des crocodiles. Ils ont un petit air de Dieux.
J’ai toujours vécu en compagnie d’animaux, je ne pourrais pas m’en passer et même ceux qui n’existent pas sont drôles à dessiner.
L’éventail d’émotions qu’ils suscitent est infini.

Marc Daniau : Comment sais-tu qu’un dessin est terminé ?
Natali Fortier : C’est comme si on était en pleine conversation entre le trait et moi.
Je bois ses paroles, c’est captivant, j’attends une réponse, des explications et tout d’un coup en plein milieu d’une phrase, il s’interrompt, moi je suis là, je veux savoir.
Je suis curieuse.
Je reste suspendue à ses lèvres, frustrée, désireuse…
C’est pile là, que je devrais avoir le courage de quitter mon dessin.
Au moment où je ne sais pas encore ce qu’il veut me dire ou me faire.
J’insiste souvent trop. Mais de moins en moins. J’ai espoir d’y arriver dans vingt, trente ans.

Marc Daniau : Quand tu n’illustres pas, qu’est-ce qui te met en route, en œuvre, au travail ?
Natali Fortier : L’étonnement et l’amour du vivant. La rage de n’être qu’une seule personne.
Le plaisir immense jubilatoire (en espérant que cette sensation ne me quitte jamais)
Et les périodes où je ne vais pas bien, je sais qu’en Faisant, j’aurais quand même moins mal.
Le désir de dire ce que j’ai en tête, j’aurais besoin de beaucoup plus de temps, j’ai la sensation d’en être qu’à un flocon sur l’iceberg…
Je cherche à comprendre quelque chose. C’est pas gagné !
Rire.
Alors. Marc. Les trois questions.
Je serais tenté de te poser les mêmes. C’est que tes questions sont bonnes. Et si tu me les as posées, c’est que le sujet t’intéresse.

Mais j’ai envie de savoir quelle est ta relation avec la matière de tes dessins.
Marc Daniau : Faut que ça vibre, que ça soit costaud, accueillant, chaleureux. Faut que ce soit présent, que ça laisse respirer les personnages et les spectateurs. Donner à voir la matière c’est une manière d’affirmer que cela n’est qu’une image fabriquée et non pas un simulacre de réel, et ainsi en montrant les ficelles, les coutures comme dans un spectacle de marionnettes j’installe une distance avec le sujet du dessin. Faut pas que ça soit joli. Faut pas que ça autorise à me dire vous avez un joli coup de crayon. Faut pas que ça intimide.
Mais bon, surtout j’aime la pâte, la gouache sans eau, l’huile à la brosse rêche et les coups de crayon qui se mêlent à la fibre du papier. J’aime Les traces, les vibrations, que ça palpite. J’aime que les couleurs parlent se répondent quelles se montent le bourrichon, quelles klaxonnent aux pupilles, c’est plus fort que moi.
Le contact de l’outil avec le support m’est très important. Je n’aime ni l’acrylique ni peindre sur toile, j’aime le papier, le carton, le bois, les miroirs, et j’aimerais bien peindre sur des surfaces rouillées. Souvent quand je fabrique/bricole mes images j’ai en tête ces mots : La peau du monde.

Natali Fortier : Je me souviens aussi de tes grandes affiches pour le théâtre, est-ce que tu pourrais me raconter comment cela se passait?
Marc Daniau : Alors il y avait un thème par saison et une douzaine de pièces/spectacles. En mai l’équipe me briefait et me donnait les dossiers des spectacles et les textes. Et puis je lisais tout ça et je crobardais dans plein de directions autour du thème et des spectacles, et puis je revenais avec mon carnet de croquis et ils choisissaient les dessins/idées qui leur plaisaient et les directions qu’il fallait encore creuser. En juillet il fallait imprimer le programme, l’affiche de saison et souvent le premier spectacle de la rentrée. Des fois je travaillais avec les metteurs en scène, des fois non. Pendant les 10 ans qu’a duré cette aventure, je n’ai vu le spectacle avant de faire l’affiche qu’une seule fois. J’ai découvert des textes, des metteurs en scène, des acteurs/actrices, des traductrices. Il y a eu des émerveillements fabuleux et des ennuis rasoirs. Personnellement aussi il y a eu des moments de grâces et des compromis douloureux. J’ai pris conscience de l’exigence et de la fragilité des formes de spectacles vivants. J’ai pu aussi changer formellement les propositions, il y a eu deux saisons à la gouache et puis de l’huile sur papier et de l’huile sur bois avec fond blanc. J’avais aussi une grande liberté pour les dessins en noir et blanc dans les programmes de saison. Et j’ai eu la chance de pouvoir exposer deux fois dans les murs de ce théâtre et d’échanger quelques mots avec le visionnaire Jack Ralite. J’y ai aussi beaucoup emmené mes enfants, ma famille. Vous pouvez voir des traces de tout ça sur mon site : www.marcdaniau.fr.
Les grandes affiches celles qui étaient affichées dans le métro étaient imprimées en sérigraphie, et sont en soi des objets magnifiques aux couleurs éclatantes, du miel pour nos mirettes loin des tristes joies du numérique.

Natali Fortier : Et aussi le mouvement. Cela rejoint ta question sur comment terminer un dessin.
Pour toi, que demandes-tu à un dessin ?
Marc Daniau : Le mouvement : J’adore faire marcher, courir, voler les personnages, les animaux, je dessine contre l’immobilisme, contre l’ennui, contre l’essoufflement, le geindre, le râle, la camarde.
J’aime à croire que j’ai réussi un dessin quand en représentant un instant très court, le spectateur y saisit ce qu’il s’est passé l’avant et l’après du moment illustré.
J’aime recréer une sensation d’espace autour des personnages qui sont toujours au centre de mes images comme de mes préoccupations. Et puis il me faut installer la bonne distance pour que le spectateur soit en empathie sans être voyeur. Il y a une vulgarité constitutive dans les images, j’essaye d’en débarrasser nos regards et quand c’est impossible j’essaye de l’assumer.
Mais surtout il faut que l’image soit comme un gouffre, une montagne, une fenêtre, une faille spatio-temporelle à la surface du papier. Elle doit captiver, piéger les regards mais avec une certaine éthique qui me vient de je ne sais où et que je peine à expliquer.
Ça peut paraître sérieux dit comme ça mais il y a du jeu et beaucoup de plaisir à bricoler tout ça, et souvent de la joie quand le résultat m’étonne, qu’il surpasse ce que j’avais en tête. Je crois que c’est pour ça que je continue, pour la joie.

Bibliographie sélective de Natali Fortier :

  • Loin de Garbo, illustration d’un texte de Sigrid Baffert, Les éditions des braques (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’amour, ça vaut le détour, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016).
  • D’une rive à l’autre, illustration d’un texte de Cécile Roumiguière, À pas de loups (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Marcel et Gisèle, texte et illustrations, Le Rouergue (2015).
  • La folle journée de Colibri, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2013).
  • Reviens, avec Olivier Douzou, Le Rouergue (2013).
  • Conte à bascule, texte et illustrations, L’art à la page (2011).
  • Sur la pointe des pieds, texte et illustrations, L’atelier du poisson soluble (2008).
  • J’aime l’été…, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2006).
  • Lili plume, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2004).
  • Six cailloux blancs sur un fil, illustration d’un texte de Cécile Gagnon, Albin Michel Jeunesse (1998).

Retrouvez Natali Fortier sur son site : https://natalifortier.autoportrait.com.

Bibliographie sélective de Marc Daniau :

  • Adi de Boutanga, illustration d’un texte d’Alain-Serge Dzotap, Albin Michel Jeunesse (2019)
  • Princesse Mabelle, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon chien, papa et moi, illustration d’un texte de Raphaële Frier, À pas de loups (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Ruby tête haute, illustration d’un texte d’Irène Cohen-Janca, Les éditions des éléphants (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un géant, texte illustré par Ivan Duque, Thierry Magnier (2017).
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livres (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Je suis le chien qui court, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013).
  • Tous à poil !, co-écrit avec Claire Franek, Le Rouergue (2011).
  • Neuf couleurs de peur, illustration d’un texte d’Annie Agopian (2010).
  • L’arbre, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2007).
  • Coquin Colin, texte illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2002).

Le site de Marc Daniau : http://www.marcdaniau.fr et le blog collectif CITRON : http://danslecitron.blogspot.fr/search/label/Marc%20Daniau

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