La mare aux mots
Parcourir tous les billets de

Gabriel - La mare aux mots

D’une autre planète

Par 7 février 2019 Livres Jeunesse

Vous avez toujours eu envie de rencontrer des extraterrestres ? Alors, accrochez vos ceintures et c’est parti !

XOX et OXO
de Gilles Bachelet
Seuil Jeunesse
15 €, 240×330 mm, 36 pages, imprimé au Portugal, 2018.
Mon ami extraterrestre
de Rocio Bonilla (traduit par Gaïa Mugler)
Père Fouettard
14 €, 237×285 mm, 44 pages, imprimé en Belgique, 2019.

You Might Also Like

Les invité·e·s du mercredi : Marine Schneider, Samuel Ribeyron et Gaëlle Duhazé

Par 6 février 2019 Les invités du mercredi

Cette semaine, je vous propose de faire connaissance avec l’autrice-illustratrice du très beau Hiro – Hiver et Marshmallows, Marine Schneider. Ensuite, j’ai posé une question bête, « Est-ce que dessiner ça s’apprend », à Samuel Ribeyron et Gaëlle Duhazé qui ont accepté de me répondre. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Marine Schneider

Je voudrais commencer cette interview par vous dire tout simplement que j’ai vraiment beaucoup aimé Hiro – Hiver et Marshmallows, tant au niveau du texte que des illustrations. Comment est née cette histoire ?
J’avais depuis longtemps l’idée et l’envie de faire un album avec un ours. Je ne me souviens plus exactement comment l’histoire est née, je sais qu’elle m’est venue assez naturellement : il y aurait un ours, et un Émile, et ce serait l’hiver, tout simplement car j’adore dessiner des paysages enneigés. L’idée de l’ours qui ne veut pas hiberner est assez courante en littérature jeunesse, mais j’avais envie d’y ajouter cette dimension de curiosité qui pousse Hiro à sortir de son terrier, même si elle n’est pas du genre à enfreindre les règles. La soif de découvrir ce qui se passe lorsque les ours hibernent, et le doux plaisir de se faire un petit peu peur… Je pense avoir aussi été inspirée par mes propres expériences, notamment lorsque je vivais au Colorado, un État truffé d’ours. Il n’était pas rare d’en croiser, ce que je trouvais génial et terrifiant à la fois.

Je dois vous avouer qu’en voyant l’album il était évident pour moi que vous n’étiez pas francophone, je vous imaginais scandinave. Pas à cause de la neige, mais de votre style graphique. Quelles sont vos influences graphiques, si vous en avez ?
Dans mon cœur, je viens du Nord. Je suis née en Belgique mais les pays nordiques m’ont toujours attiré. J’aime les vastes paysages scandinaves, les ciels d’été, pouvoir marcher des heures sans ne croiser personne. J’aimerais habiter dans une petite cabane au sommet d’une montagne, entourée de beaux sapins bleu-vert. Puisque j’habite pour le moment dans un appartement à Bruxelles, j’imagine cette cabane dans mes dessins. Lorsque j’ai fait mon Erasmus à Bergen, en Norvège, j’ai découvert énormément d’artistes scandinaves que je me suis immédiatement mise à adorer : Jockum Nordström, Mamma Andersson, Tove Jansson (la maman des Moomins), Joanna Hellgren, Mari Kanstad Johnsen,… Il y en a tellement ! Je suis très inspirée par l’art inuit, qui est tout simplement sublime. À part ça, je suis influencée par la nature des pays du Nord et par la culture des pays lointains comme le Japon ou la Corée (qui regorgent aussi d’artistes incroyables !).

Qu’est-ce qui est né en premier, le texte ou les illustrations ?
Les deux sont nés simultanément. Le texte a influencé les dessins, et inversement. C’est la première fois que je travaille comme ça et je trouve que ça donne une très grande liberté. Jusqu’à la toute fin, tout peut encore changer !

Sur la couverture on imagine que le titre est « Hiro » et le sous-titre « hivers et marshmallows »… ce qui nous laisse espérer d’autres aventures d’Hiro !
Oh mais c’est une idée géniale ! J’avoue n’y avoir même pas pensé…

Parlez-nous de votre parcours
J’ai toujours voulu faire des livres pour enfants, et cette ambition s’est confirmée lors de mes études d’illustration à LUCA, à Gand. Lors de mes études, j’ai fait un Erasmus en Norvège, où j’y ai rencontré Svein Størksen, l’éditeur de Magikon, une excellente maison d’édition. Il m’a proposé d’illustrer un livre d’une autrice norvégienne, Elisabeth Helland Larsen, et c’est comme ça que tout a commencé !

J’ai vu qu’en 2019 vous alliez illustrer des albums, cette fois vous ne serez pas autrice, pouvez-vous nous parler de ces projets ?
Versant Sud va publier, en avril, trois albums que j’ai illustrés et qui sont écrits par la Norvégienne Elisabeth Helland Larsen, à l’origine parus chez Magikon Forlag. Je suis également en train de travailler sur un album écrit par Victoire de Changy, qui devrait sortir à la rentrée, et dont le personnage principal est… un ours ! Je vais aussi illustrer un livre CD à paraître au Label dans la forêt pour les fêtes de fin d’année, et puis j’ai plusieurs projets de livre tout-carton, inspirés par mon fils de six mois !

Bibliographie :

  • Hiro – Hiver et marshmallows, texte et illustrations, Versant Sud (2018), que nous avons chroniqué ici.


Ma question est peut-être bête, mais…

Régulièrement, on osera poser une question qui peut sembler un peu bête (mais l’est-elle vraiment ?) à des auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, éditeur·trice·s… Histoire de répondre à des questions que tout le monde se pose ou de tordre le cou à des idées reçues. Cette fois-ci, j’ai demandé à Samuel Ribeyron et Gaëlle Duhazé « Est-ce que dessiner ça s’apprend ». Je vous propose de lire leurs réponses. Si vous avez des questions bêtes, n’hésitez pas à nous les proposer !

Samuel Ribeyron (auteur-illustrateur) :
« Dessiner ça s’apprend ? »
Pour moi qui ai étudié en école d’art, j’aurais tendance à dire oui, dessiner ça s’apprend. La pratique quotidienne du dessin, fait que l’on s’améliore, on apprend au contact de professionnels des techniques, des astuces, des notions comme la perspective, la couleur, les volumes, l’anatomie. Ensuite, l’apprentissage du dessin est surtout un travail de l’œil, du regard, de la curiosité des formes. Aiguiser son regard est le premier outil du dessinateur. Voir une forme, et ne pas déceler uniquement son contour qui pourrait la définir, mais voir le plein qu’elle représente, les ombres, les lumières, son histoire, son volume et le vide qu’il y a entre cette forme et ce qui l’entoure. Tout dessinateur a un appareil photo interne avec lequel il va se composer des banques d’images. Voir un camion sur l’autoroute et le passer au scanner du dessinateur pour en assimiler sa forme, sa couleur, le nombre de roues, le logo sur le container, le nom du conducteur… pour ensuite mieux le dessiner.
J’ai appris le dessin, d’une manière très académique, à « l’italienne ». J’ai fait des plâtres de Jésus, du modèle vivant, j’ai appris où se trouvait le sterno-cléido-mastoïdien en cours d’anatomie, j’ai dessiné des escaliers en colimaçon avec plein de points de fuite… j’ai souffert !!
Et depuis je ne cesse d’essayer de désapprendre ce que j’ai appris. En dessinant une maison, j’essaye d’oublier la position de la ligne d’horizon et des deux points de fuite pour la rendre plus vivante, et trouver un dessin plus spontané. Aujourd’hui j’apprends encore quotidiennement en prenant des risques. En me confrontant à une technique que je ne maitrîse pas, ou en m’imposant une gamme colorée restreinte. Le résultat, parfois un peu bancal, me stimule en me donnant toujours l’envie d’apprendre à dessiner.

Gaëlle Duhazé (autrice-illustratrice) :
Est-ce que dessiner, ça s’apprend ?
Oui, dessiner, ça s’apprend.
Tu me poses la question parce que je suis autodidacte : je n’ai en effet pas fait d’école d’art, mais attention, je ne suis pas devenue illustratrice par hasard ! J’ai beaucoup travaillé et j’avais au préalable des bases qui m’ont permis ensuite d’être en mesure de progresser et d’apprendre par moi-même.

On dit souvent que bien dessiner, c’est un don : et non, c’est surtout beaucoup de travail de répétition et d’entraînement… C’est comme jouer d’un instrument de musique. On ne penserait pas qu’il soit possible de bien jouer de la guitare ou du trombone dès la première fois : le dessin, c’est pareil. Il faut faire ses gammes et apprivoiser ses outils. Savoir tracer des formes, les organiser dans l’espace de la feuille, avoir un beau trait, ce n’est pas inné. Tous les petits enfants dessinent : quand on est enfant, on a du temps, on ne se dit pas systématiquement que tout ce qu’on fait est moche, on découvre, on a du plaisir à faire. Et puis la majorité d’enfants arrête de dessiner en grandissant, parce qu’ils n’ont plus de temps pour ça, parce qu’ils trouvent que ce qu’ils font est moche… Beaucoup de dessinateurs pro racontent qu’ils n’ont justement jamais arrêté de dessiner. Ça fait que quand ils commencent à voir leurs dessins publiés, ils ont des années et des années de pratique derrière eux ! Tout ça pour dire qu’il faut beaucoup de temps pour faire un dessinateur…

Je reviens à mon propre cas : moi, comme la majorité des gens, j’ai arrêté de dessiner vers 11 ans, pour recommencer un peu plus tard, vers 16 ans, parce que j’aimais toujours ça. J’ai fréquenté pendant mes années de lycée un cours de dessin très classique : je faisais des études documentaires de légumes, de bustes en plâtre, de drapés. On passait des heures et des heures à copier des natures mortes. Comment on fait pour reproduite une forme, en cherchant des repères dans l’espace, pour les proportions, en cherchant les pentes avec son crayon, en étudiant les ombres et les lumières, en cherchant à reproduire le plus fidèlement la couleur des poireaux… Je ne faisais que ça, comme dessin, rien de personnel. Ça peut sembler aride et pas très intéressant, mais c’est vraiment ce qui m’a appris à regarder. Et savoir regarder, c’est le préalable indispensable à un dessin vivant, intéressant, car c’est comme ça qu’on peut puiser de la matière dans tout ce qui nous entoure, comprendre les formes, saisir ce qui fait leur beauté, leur puissance, leur singularité. Le travail de l’œil est similaire au travail de l’oreille en musique. C’est donc ce travail de croquis et de copie de nature morte qui m’a permis d’aiguiser mon œil. Plus tard, lorsque j’étais à la fac, j’ai fait beaucoup de modèle vivant : c’est l’étude du corps humain, d’après modèle. On dessinait essentiellement des poses très rapides, qui nous forçaient à comprendre le mouvement du corps et la forme dans sa globalité, et à bien relier l’œil et la main.
C’est grâce à ça que j’ai pu, plus tard, vers 24-25 ans, acquérir le savoir-faire que j’utilise dans mes albums (en travaillant beaucoup, j’insiste !). Sans tout ce préalable, je pense que je n’aurais pas été en mesure d’acquérir un niveau pro, parce qu’il m’aurait manqué la base. Et je le répète, combien de dessins juste sans intérêt avant d’arriver à quelque chose de satisfaisant !

Bref, le dessin ça s’apprend, et c’est long, il faut aimer ça pour avoir la pugnacité nécessaire.
Et puis, il y a aussi la question de la sensibilité, de ce qu’on met de soi dans le dessin  : on peut être très bon techniquement, être très habile à force d’entraînement, et ne pas réussir à faire passer d’émotion, alors que certains dessins d’enfants, sans technique ni savoir-faire, sont incroyables de justesse. Mais ça, c’est une autre histoire !

Bibliographie sélective de Samuel Ribeyron :

  • Dix ans tout juste, collectif, HongFei Cultures (2017).
  • La bête de mon jardin, illustration d’un texte de Gauthier David, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La papote, illustration d’un texte de Yannick Jaulin, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La moufle, illustration d’un texte de Christine Palluy, Milan (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ce n’est pas très compliqué, texte et illustrations, HongFei Cultures (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Super Beige, le retour, illustration d’un texte de Pierre-Luc Granjon, Le vengeur Masqué (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand papa et sa toute petite fille, illustration d’un texte de Cathy Hors, Milan (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Super Beige, texte et illustrations, Le vengeur Masqué (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Beau voyage, livre-DVD, texte, illustrations et réalisation, éditions-coRRidor (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Salade de fruits, texte et illustrations, HongFei Cultures (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Pi, Po, Pierrot, illustration d’un texte de Chun Liang Yeh, HongFei Cultures (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Yllavu, illustration d’un texte de Gambhiro Bhikkhu, HongFei Cultures (2008, puis 2015), que nous avons chroniqué ici et .
  • 38 perroquets, illustration d’un texte de Grigori Oster, Points de suspension (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Comptines anglaises et américaines, Didier jeunesse (2005), que nous avons chroniqué ici.
  • Les deux maisons, illustration d’un texte de Didier Kowarsky, Didier jeunesse (2004), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Samuel Ribeyron sur son site : http://www.samuelribeyron.com.

Bibliographie sélective de Gaëlle Duhazé :

  • Le grand voyage de Rickie Raccoon, texte et illustrations, HongFei Cultures (à sortir le 21 février).
  • Série Les petits mots rigolos de Pipelette & Momo, illustration de textes de Fanny Joly, Playbac (2019).
  • Mes comptines d’Afrique, illustration d’un texte de Souleymane Mbodj, Milan (2018).
  • Série Amélie Maléfice, illustrations de textes d’Arnaud Alméras, Nathan (2018).
  • Cité Babel, illustration de textes de Pascale Hédelin, Les éditions des éléphants (2016).
  • Chaton pâle et les insupportables petits messieurs, texte et illustrations, HongFei Cultures (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Drôle d’école !, illustration d’un texte d’Anne Rivière, Nathan (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes poupées à décorer, loisir créatif, Le vengeur masqué (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Fériel, illustrations de textes d’Eric Sanvoisin, Nathan (2011-2013).
  • Mûres mûres, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei Cultures (2008).

 Retrouvez Gaëlle Duhazé sur son site : http://perditacorleone.ultra-book.com.

You Might Also Like

Être soi ou être un autre

Par 1 février 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente un panda qui rêve d’être un oiseau et un homme qui rêve d’être Elvis.

Le rêve de Chan-hui
Texte de Heyna Bé, illustré par Baptistine Mésange
Cipango
14 €, 180×250 mm, 32 pages, imprimé en République Tchèque, 2017.
Elvis Tremblay
Texte de François Gravel, illustré par Jean-Baptiste Drouot
Les 400 coups dans la collection Grimace
13,50 €, 220×285 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2018.

You Might Also Like

Des histoires fortes

Par 31 janvier 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente un roman et un recueil de nouvelles. Le point commun entre ces deux livres ? Vous allez avoir du mal à laisser partir les héroïnes de ces histoires, elles vont rester avec vous pour un moment.

Un si petit oiseau
de Marie Pavlenko
Flammarion
17,50 €, 152×240 mm, 393 pages, imprimé en Espagne, 2018.
Sur le dos de la main gauche
d’Anahita Ettehadi
Le Muscadier dans la collection Rester Vivant
9,50 €, 140×190 mm, 86 pages, imprimé en Union Européenne, 2017.

You Might Also Like

Les invité·e·s du mercredi : Nathalie Wyss et Marc Daniau

Par 30 janvier 2019 Les invités du mercredi

J’ai eu un coup de cœur pour Un marron dans la poche, magnifique album qui vient de sortir chez L’initiale. Forcément, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son autrice, Nathalie Wyss. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, on part en vacances avec l’auteur-illustrateur Marc Daniau qui vient de sortir le très beau Princesse Mabelle. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Nathalie Wyss

J’aimerais que vous nous parliez de votre dernier album, le magnifique Un marron dans la poche.
Tout d’abord merci ;). C’est l’histoire d’un enfant qui parle de sa grand-mère et de l’habitude qu’elle avait de ramasser le premier marron de l’automne. C’est ma grand-mère, la Mutti, qui m’a inspiré cette histoire. Je n’ai vraiment rien inventé cette fois-ci, tout est vrai. Je ne pensais pas que ce texte trouverait un éditeur. J’en suis d’autant plus ravie car, avec cet album, ma grand-mère entre dans les maisons, dans les familles et peut-être même dans le cœur de quelques enfants. Grâce à elle, j’espère qu’ils auront le plaisir, au début de l’automne, de se baisser pour ramasser un marron et le glisser dans leur poche, cela porte chance !

Je trouve les planches de Cécile Deglain superbes, comment s’est passée la collaboration ? C’est un projet que vous aviez ensemble ou c’est l’éditrice Juliette Grégoire qui vous a réunies ?
Merci encore ! C’est l’éditrice Juliette Grégoire qui nous a réunies. À vrai dire nous ne nous sommes malheureusement jamais rencontrées… Tout s’est fait par e-mails, mais je suis ravie du résultat. Et puis étrangement, la grand-mère dessinée par Cécile ressemble fortement à la Mutti…

Parlez-nous de votre processus d’écriture et de la naissance de vos histoires.
Bien souvent les histoires me viennent d’elles-mêmes, un peu comme si elles tombaient du ciel. Cela commence par une phrase, un titre, ou une ambiance, et le reste suit. Je me laisse guider par mes histoires. Je ne fais pas de plan, je n’y pense que quand j’écris, je ne sais pas trouver « la suite » hors écriture. J’ai toujours un carnet avec moi au cas où… Écrire, c’est un peu comme partir à l’aventure, on ne sait jamais vraiment où on va !

Vous avez commencé à écrire très jeune, je crois, racontez-nous votre parcours d’autrice ?
J’ai commencé à écrire à dix ans des petits albums jeunesse (à l’époque je dessinais aussi) pour ma famille et mes amis. Vers onze ans, j’écrivais des histoires d’épouvante inspirées directement par mes lectures… J’ai tout gardé ! C’est très drôle de les relire aujourd’hui ! Je les apporte toujours dans les classes où je vais, les enfants rigolent beaucoup également en les voyant ! À l’adolescence, j’écrivais surtout des poèmes et vers 18 ans, j’ai commencé à envoyer des textes aux maisons d’éditions jeunesse. Mon premier texte a été publié cinq ans plus tard, un long parcours… !

Vous êtes libraire en plus d’être autrice, est-ce que ça a une influence sur votre travail ?
Je suis libraire spécialisée jeunesse, je baigne toute la journée dans ce monde. Alors oui, cela m’inspire ! Et bien sûr, il arrive parfois qu’on se dise, « oh comme j’aurais aimé écrire ce livre ! » C’est comme ça pour tous ceux qui écrivent je pense… Et tant mieux ! C’est merveilleux d’être frappé au cœur par des livres et de pouvoir les conseiller ensuite ! Donner le goût de la lecture aux enfants et aux adolescents est un extraordinaire challenge !
Cela me nourrit, c’est une place en or pour écrire ! Je vois tout ce qui paraît ou presque. C’est un univers merveilleux la littérature jeunesse, c’est la douceur et la magie de l’enfance à portée de main ! C’est un véritable refuge pour moi.

Peut-on vous demander vos derniers coups de cœur en tant que libraire ?
Avec mon mari nous sommes les heureux parents d’une petite fille depuis peu… Et donc, je n’ai pas beaucoup lu ces derniers mois… Mais l’année dernière, en jeunesse, j’ai découvert avec joie la plume de Cécile Alix et pour les grands adolescents/adultes, j’ai beaucoup aimé Un été circulaire chez Albin Michel de Marion Brunet. Et sinon, en littérature vieillesse, mon dernier gros coup de cœur est Règne animal chez Gallimard de Jean-Baptiste Del Amo.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant je lisais beaucoup d’albums et puis je me souviens du Petit prince et de L’œil du loup, ainsi que de la collection Chair de poule. J’avais une fascination pour les histoires qui font peur, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Avec l’âge, je suis devenue une vraie trouillarde ! À 15 ans, j’ai commencé mon apprentissage de libraire. J’ai découvert avec passion l’histoire de la littérature et lu beaucoup de classiques. J’ai été particulièrement marquée par Nabokov. Je lisais beaucoup de poésie également.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Paraîtra en février De quelle taille est ton cœur aux éditions Helvetiq, un album pour les petits, co-écrit avec mon mari et illustré par Jamie Aspinall. Au mois de mars sortira un roman pour adolescents Le Roi des rois, aux éditions Magnard. Puis, en septembre, deux albums aux éditions L’initiale dont un, illustré par Pascale Breysse. Et puis, mon album L’enfant qui avait oublié sa peur édité en 2015 au baron perché, épuisé aujourd’hui, va être réédité par les éditions (suisses) Utopie. J’en ai de la chance !

Bibliographie sélective :

  • Un marron dans la poche, album illustré par Cécile Deglain, L’initiale (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’allumeur de réverbères, roman, Oskar Jeunesse (2018).
  • L’enfant qui avait oublié sa peur, album illustré par Béatrice Boutignon, Le baron perché (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Sous le tori, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Dans les yeux de Marish, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Les esprits de Taïga, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Au cœur de l’Himalaya, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’étoile des Himba, roman illustré par Emna, Limonade (2012).
  • L’œil du tigre, roman illustré par Emna, Limonade (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Namasté et les 108 pétales, roman illustré par Bernard Reymond, Limonade (2011).


En vacances avec… Marc Daniau

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marc Daniau que nous partons ! Allez, en route !

5 Albums jeunesse :

  • Monsieur Madame de Charlie Schlingo
  • Tous les albums de Claire Franek, avec Le facteur n’est pas passé en pole position, dommage qu’il n’y ait eu que les Coréens pour comprendre l’importance de cet album.
  • Tous les albums de Lionel Koechlin, un petit faible pour la Fée des Sapins que j’ai dû lire pendant deux ans à mon fils aîné.
  • Les doigts niais d’Olivier Doudou et Natalie Fortier.
  • Le Pirate et l’Apothicaire de R.L. Stevenson illustré par Henning Wagenbrath

5 Romans :

  • Moby Dick de Melville
  • Le chant du Monde de Jean Giono
  • La vie secrète d’Emily Dickinson de Jerome Charyn
  • N’importe quel titre de Primo Levi
  • Don Quichotte de Cervantès
  • Nous trois de Jean Echenoz

5 DVD

  • Apocalypse now de Coppola
  • Cheyenne de John Ford
  • Les sept samouraïs de Kurozawa
  • Quai des brumes de Marcel Carné
  • Jour de fête de Jacques Tati

5 CD

  • Tout Boris Vian
  • Tout Lee Scratch Perry
  • The Undertones by The Undertones
  • Streetcore, Joe Strummer and the Mescaleros (et puis tout le reste avant)
  • Jonathan Richman and the Modern Lovers

3 BD

  • La balade de la mer salée H.Pratt
  • Z comme Zorglub/L’ombre du Z de Franquin
  • Mauvais rêves d’Imagex

5 artistes 

  • Tinguely
  • Bonnard
  • Freud (Lucian)
  • Alexandre Hollan
  • Ronan Barrot

5 lieux

  • Le jardin des plantes de Paris
  • Un petit endroit secret au Cap corse
  • L’île au milieu du Niger dans le parc du W
  • La plage de Saint Palais (17) à l’heure de l’apéro
  • London Derry

Marc Daniau est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Princesse Mabelle, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon chien, papa et moi, illustration d’un texte de Raphaële Frier, À pas de loups (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Ruby tête haute, illustration d’un texte d’Irène Cohen-Janca, Les éditions des éléphants (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un géant, texte illustré par Ivan Duque, Thierry Magnier (2017).
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livres (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Je suis le chien qui court, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013).
  • Tous à poil !, co-écrit avec Claire Franek, Le Rouergue (2011).
  • Neuf couleurs de peur, illustration d’un texte d’Annie Agopian (2010).
  • L’arbre, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2007).
  • Coquin Colin, texte illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2002).

Le site de Marc Daniau : http://www.marcdaniau.fr et le blog collectif CITRON : http://danslecitron.blogspot.fr/search/label/Marc%20Daniau

You Might Also Like

Secured By miniOrange