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Les invités du mercredi

Les invité·e·s du mercredi : Louise Mézel et Bruno Gibert

Par 19 juin 2019 Les invités du mercredi

Aujourd’hui on reçoit Louise Mézel, dont on a adoré les deux premiers albums, les aventures de Roland Léléfan, puis on va visiter l’atelier de Bruno Gibert. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Louise Mézel

Pouvez-vous nous présenter Roland Léléfan et nous dire comment est né ce personnage ?
Roland Léléfan est un petit éléphant qui habite avec moi, dans ma maison, et que je présente dans le premier album de la série, Roland Léléfan se présente. Ce personnage a plusieurs histoires mais toutes sont liées à ma passion pour les éléphants, que je nourris depuis toute petite.
Très tôt, je me suis identifiée aux éléphants, et plus particulièrement à Dumbo, qui a dû apprendre très jeune à voler de ses propres ailes, à l’aide de la petite souris et d’une plume magique. Dumbo a été pour moi un exemple. En grandissant, l’éléphant est toujours resté mon animal « totem », un modèle de force et de douceur, un modèle de conscience au monde également (pour sa mémoire et pour ses cimetières). Par ailleurs, l’image de l’éléphant qui s’envole avec une plume est pour moi une métaphore de l’écriture et de la création.
En 2015, j’ai reçu une commande de l’Institut Imagine de l’hôpital Necker, pour illustrer un site informatif destiné aux enfants traités par la thérapie génique, un traitement lourd pour lequel la Professeure Marina Cavazzana, directrice de la recherche, souhaitait des dessins légers et humoristiques. Au milieu de mes illustrations de cellules, de globules blancs et de moelle osseuse, j’ai laissé s’immiscer de temps à autre la silhouette d’un éléphant. C’était absurde et décalé, cela me permettait aussi de transmettre l’idée d’être fort comme un éléphant. C’est là que la physionomie de Roland est apparue pour la première fois.
En janvier 2017, pour mes trente ans, j’avais en tête de faire un carton d’invitation pour inviter ma famille à mon anniversaire et je ne savais pas quoi dessiner. J’ai alors pensé à la chose la plus importante pour moi et je me suis mise à dessiner des éléphants à la queue leu leu.
Dans les mois qui ont suivi, j’ai repris le dessin d’un éléphant au crayon, et je l’ai développé quotidiennement, selon mes humeurs et mes activités. Roland était né.

Quelle est la part de vous dans ce personnage attachant ?
Roland est sans nul doute un alter ego, il est mon moi « petit ». Je me souviens qu’enfant, je passais toujours dans une rue où il y avait une petite porte. Cela me plaisait bien de savoir qu’il existait au moins une porte dans le monde qui était à ma taille. J’étais aussi un peu inquiète à l’idée de grandir un jour et que la porte devienne trop petite pour moi. Inconsciemment, cette porte représentait l’accès à un monde qui m’était réservé, un monde secret et imaginaire, dans lequel on peut se cacher et disparaître.
Roland est aussi mon « clown ». Il représente tout ce que j’aimerais faire, sans limites. Dormir, manger, mais aussi réaliser des choses impossibles : marcher sur des verres, faire des nœuds avec ses oreilles, étirer son corps à l’infini. Comme moi, il joue de la musique, mais avec sa trompe ! Il ne parle pas et en cela il ressemble un peu aux mimes et aux clowns blancs (tels que Pierrot), personnages naïfs et rêveurs qui peuplent mon imaginaire. Contrairement à moi, son insouciance le caractérise, c’est personnellement pour cette raison que je suis attachée à lui. Avec Roland, tout peut devenir léger et amusant.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
En général, je dessine principalement au crayon de papier. Pour moi, le premier dessin n’est pas nécessairement un brouillon, c’est aussi là où l’on met son intention première et son émotion. C’est pourquoi je considère que le premier trait peut être le bon. Si le dessin tient, peu importent les imperfections, car elles sont aussi l’expression de la vie.
Pour Roland, j’utilise principalement des crayons de papier et de couleurs. Pour mes autres projets, j’utilise aussi l’acrylique diluée. Depuis deux ans, j’apprends la technique de la lithographie qui me permet de dessiner sur de plus grands formats.
Mon travail est visible sur mon site internet.

Qui sont vos premiers lecteurs et premières lectrices ?
Mes premiers lecteurs sont ma famille et mes amis. Grâce aux réseaux sociaux, le cercle s’est élargi.
Il est en effet possible de suivre Roland Léléfan sur Facebook et Instagram.
Je vous invite d’ailleurs à le suivre si le cœur vous en dit !

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Au départ, je ne me destinais pas à l’illustration. J’ai fait une classe prépa littéraire pendant 2 ans et ensuite j’ai étudié la littérature à l’université en même temps que l’histoire de l’art à l’École du Louvre pendant un an et demi. Déjà, je n’arrivais pas à choisir entre le texte et l’image. Je voulais comprendre la littérature en même temps que l’art, et vice versa. Lorsque je suis arrivée en Master I, je me suis aperçue que je n’étais pas faite pour la théorie et que je préférais bien plus inventer et interpréter les textes à ma façon ! Comme j’étais en Erasmus à Rome, je me suis mise à beaucoup dessiner. À mon retour à Paris j’ai décidé de suivre une formation en illustration et j’ai passé les examens d’entrée à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc de Bruxelles, à laquelle j’ai été prise et où j’ai étudié le dessin, la composition et l’art des couleurs pendant trois ans.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant : Le bain de Madame Trompette ! de Jill Murphy bien évidemment. C’est mon livre préféré, avec tous les livres de Madame Trompette. Puis les classiques comme Chien bleu de Nadja, Max et les Maximonstres de Maurice Sendak, Les Trois Brigands de Tomi Ungerer. J’aimais déjà beaucoup les histoires avec les animaux, les romans de Mary O’Hara (Mon amie Flicka), Dino Buzzati (La Fameuse Invasion de la Sicile par les Ours). Adolescente, j’ai lu beaucoup de classiques, notamment dans le registre du fantastique (Le Horla de Maupassant, La merveilleuse histoire de Peter Schlemilh de Adelbert de Chamisso). J’ai été très marquée par la découverte du surréalisme (Nadja d’André Breton), et plus tard par les livres d’Albert Cohen.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ? D’autres aventures de Roland ?
Oui ! Roland Léléfan aux sports d’hiver sortira en janvier 2020. Un quatrième album est aussi prévu mais le sujet n’est pas encore arrêté.
D’une manière générale, je souhaite consacrer plus de temps à l’écriture de mes propres histoires.

Bibliographie sélective :

  • Roland Léléfan bouquine, texte et illustrations, La joie de Lire (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Roland Léléfan se présente, texte et illustrations, La joie de Lire (2019), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Bruno Gibert

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux/elles-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Bruno Gibert qui nous parle de quand il crée.

Je n’ai pas de méthode mais j’ai des habitudes.

Je garde en tête des projets pendant plusieurs mois, voire plusieurs années avant de les coucher sur papier. Je note quelques phrases sur mes agendas (comme ça, elles sont « datées »). Je les recopie d’un agenda à l’autre en les complétant. Je me dis souvent « c’est bien mais il manque un truc ». J’aime à penser d’une année l’autre, que mes meilleurs livres sont peut-être à venir. Je me le dis sans certitude.

Une idée, même bonne, c’est rien, c’est un fœtus. Il faut le nourrir pour en faire un géant.

Je me dis parfois qu’un livre est comme un corps. Il faut que tous les organes fonctionnent les uns avec les autres pour que le livre soit bon.

Je travaille chez moi. Avec un petit ordinateur portable quand j’écris. Et un gros quand je dessine. Ils sont dans la même pièce mais dans 2 endroits différents. Il m’est apparu important de séparer géographiquement mes 2 activités que sont l’écriture et le dessin.

Lorsque j’ai commencé à travailler à la fin des années 80, presque personne n’avait d’ordinateur. Je dessinais alors « à l’ancienne » avec des couleurs et du papier. Je trouvais ça assez pénible et frustrant pour moi qui ne suis pas un grand technicien. Posséder enfin un ordi a été une libération !

J’aime tout confier à cette sorte de robot servile et bienveillant. Quand j’étudiais l’art, on me reprochait souvent de n’être pas assez soigneux. L’ordinateur est désormais soigneux pour moi.

Être plus proche d’un employé de bureau, toujours derrière son écran, que d’un artiste ne me dérange pas.

Je travaille presque à toutes les heures de la journée mais jamais en continu. Il faut que je coupe mes séances de travail par d’autres actions, très concrètes, celles-là (par exemple domestiques — planter un clou, laver un verre, faire une tarte —). Je crois que ma concentration meurt après 30 mn ! Mais elle se régénère souvent.

Je ne peux travailler (écrire) en dehors de chez moi (j’ai essayé). Je peux, à la rigueur, me relire. Cela dit, il m’est arrivé de rêver prendre un train grandes lignes uniquement pour y travailler (par exemple un Paris/Nice ou un Paris/Turin).

Les idées me viennent souvent au réveil, alors que je suis encore couché.

J’écoute peu de musique. Si j’écoute de la musique, je ne peux plus rien faire d’autre.

Souvent, j’écoute France Culture.

Quand j’écris, il me faut, en revanche, un total silence (au bout d’un moment, ce silence me pèse).

Quand je travaille, j’ai l’impression d’être un sauvage reclus dans une grotte. Dans l’isolement, il y a quelque chose de primitif. C’est comme s’il fallait me cacher pour travailler (activité honteuse ?).

Quand ma fille rentre du collège, c’est comme un retour au réel. Me voici de nouveau grégaire.

Bruno Gibert est auteur et illustrateur.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • Tout en rimes : 20 poèmes à compléter, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2019).
  • Le lapin qui ne disait rien, texte et illustrations, Sarbacane (2019).
  • Chaque seconde dans le monde, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2018).
  • Le zoo poétique, illustrations de poèmes, Seuil (2018).
  • 45 vérités sur les chats, texte et illustrations, Albin Michel jeunesse (2017).
  • La poésie est un jeu d’enfant, illustration d’un texte de Maurice Carême, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Au lit, poussin !, illustration d’un texte de Anne Terral, Albin Michel Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Peluches à Paris, texte et illustrations, Autrement (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le livre de tous les jumeaux (petits et grands), illustration d’un texte de Philippe Nessmann, Le Baron Perché (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Un roi tout nu, texte et illustrations, Autrement (2002), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma petite fabrique à histoires, texte et illustrations, Casterman (1993).

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Les invité·e·s du mercredi : Lucie Albon et Ella Charbon

Par 12 juin 2019 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous recevons deux autrices-illustratrices de talent ! On commence avec Lucie Albon dont vous connaissez sûrement l’adorable souris Lili, puis on part découvrir les secrets de création d’Ella Charbon. Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Lucie Albon

Quelques mots sur votre parcours ?
J’ai appris à lire et à écrire tard. Je me souviens encore de la maîtresse de CM2 qui disait : « tout le monde prend une feuille pour la dictée, SAUF LUCIE »
À l’époque, ce vide était largement comblé par le dessin, un mode d’expression que j’ai dû développer rapidement.
Après la 3 ème, les études ont pris un sens car elles ont commencé à m’intéresser.
F12, les Beaux Arts section BD et les Arts Décoratifs en illustration.

Comment se passe l’élaboration de vos albums ? En quoi le processus diffère-t’il pour les albums dont vous êtes l’illustratrice et ceux dont vous êtes également l’autrice ?
Je suis très souvent l’auteure de mes albums, mais j’aime aller vers des univers que je ne connais pas. Quand cela m’arrive, je trouve l’expérience enrichissante, elle oblige à faire des concessions. Je suis amenée ainsi à être plus juste dans la mise en images, car je ne pourrais pas revenir sur le texte pour commencer ou équilibrer le dialogue texte/images.

Vos techniques d’illustrations semblent très variées : comment les sélectionnez-vous ? Pourquoi, par exemple, avoir fait ce choix original de la peinture au doigt pour la série des Lili la souris ?
Pour réaliser mes premiers albums, je peignais sur mes mains et les photographiais un peu comme des marionnettes. Au bout de 7 tomes, 40 pellicules (car nous n’étions pas encore à l’ère du numérique) et un nombre considérable de crampes, je suis passée de la main à l’empreinte qu’elle laisse sur le papier. Beaucoup plus simple pour garder des originaux !
J’explore différentes techniques pour rester vigilante et amoureuse. Je n’aime pas m’ennuyer en travaillant, mais plutôt me laisser surprendre.

Y’a-t-il des auteur·trice·s et illustrateur·trice·s qui vous inspirent ?
Nous sommes constamment inspirés par ce qui nous touche, je n’ai pas de muse à proprement parler et j’aime beaucoup marcher dans la neige fraîche, quitte à me casser la figure 🙂

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Petite, je ne regardais que l’image mais je me souviens avoir été émue par Léo et Max et les Maximonstres. Adolescente, les biographies d’hommes de science m’attiraient particulièrement.

Peut-on en savoir plus sur vos prochains projets ?
Il y en a toujours plusieurs mais tous ne voient pas le jour !
Le prochain projet ne sera pas un album de BD (pourtant déjà scénarisé mais pas encore découpé) mais peut-être que ce sera « Des insectes ». Projet d’empreintes qui est sur mon bureau depuis 2 ans. Encore plus probablement un album sur les jeux de miroirs pour les tout-petits.

Bibliographie sélective :

  • Coucou, tu me vois ?, texte et illustrations, L’élan Vert (2018).
  • Une vie de grenouille, texte illustrations, Blue Dot (2018)
  • Curieuse fourmi, texte et illustrations, Fleur de ville (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Lili, c’est l’heure !, texte et illustrations, L’élan Vert (2017).
  • Allez, les poulettes !, texte et illustrations, L’élan Vert (2016).
  • Les saisons de Lili, texte et illustrations, L’élan Vert, 2016.
  • Mes premières peintures aux doigts, texte et illustrations, L’élan Vert (2015).
  • Le papillon très pressé, texte et illustrations, Fleur de Ville (2015).
  • L’invention des parents, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Le Rouergue (2012).
  • Les fruits de Lili, texte et illustrations, L’élan Vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les cerfs-volants, texte et illustrations, L’élan Vert (2012).


Quand je crée… Ella Charbon

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Ella Charbon qui nous parle de quand elle crée.

Je crée avec des dessins, des photos et depuis peu je m’autorise à créer aussi avec des mots en inventant mes propres histoires.
J’ai en fait la chance de pouvoir illustrer des histoires de Gwendoline et Jean, mais aussi maintenant, les miennes.
La création peut se faire dans des lieux et à des moments très différents.
Quand j’en suis à la découverte, la lecture du texte, je n’ai pas nécessairement besoin d’être à mon bureau. Tout support horizontal fera l’affaire : la table d’un café, la tablette d’un train, mes genoux…
J’imprime le texte et j’annote alors dans la marge les idées qui me viennent, les personnages que j’imagine pour cette histoire, leurs attitudes, leurs expressions, les différents cadrages…
Ensuite, je passe aux crayonnés. Bon, là, il me faut vraiment un bureau, le mien c’est l’idéal, mais je peux m’adapter. C’est à cette étape que je vais créer toutes les scènes avec beaucoup de précision. C’est nécessaire pour moi d’aller loin dans les détails, car si le projet est validé, je pourrai passer plus sereinement à la couleur.
Une fois les crayonnés terminés, une partie de ping-pong s’engage avec Gwendoline dans notre QG préféré, un salon de thé tout juste entre chez elle et chez moi. On va beaucoup échanger sur le texte, les dessins. Quand la partie s’engage avec Jean, alors notre QG préféré sera le net.
Si je réalise un projet, seule, les idées peuvent venir n’importe où, n’importe quand.
Ça peut être suite à une conversation, ça peut être au beau milieu de la nuit… dans ce cas, cette dernière sera très courte : les idées fusent, le projet peut alors prendre dans ma tête sa forme définitive et c’est au petit matin que je note ce qui m’est venu dans la nuit, en espérant ne pas avoir oublié la moitié de ce que j’avais pu imaginer.
Une fois les crayonnés validés par mon éditeur, j’attaque les couleurs. À ce stade, j’adore écouter des livres audio. J’ai une véritable obsession pour les enregistrements des livres de Roald Dahl, en particulier Coup de gigot et autres histoires à faire peur. J’ai dû l’écouter des centaines de fois, je ne m’en lasse pas, c’est comme retrouver des personnages familiers. C’est rassurant.
J’aime aussi piocher dans les fictions littéraires de France Culture ou dans certaines émissions comme Une vie-une œuvre, La compagnie des auteurs…
Cette ambiance sonore aide à me concentrer.
Mais la journée avance et une fois les enfants rentrés de l’école, je lâche tout: mon ordi, mes crayons, et je passe en mode maman. J’ai assez vite abandonné l’idée de travailler en leur présence. Ma concentration et leur excitation ne forment pas un bon duo.
Je réalise que c’est un métier où on peut ne jamais s’arrêter. On est toujours à l’affut d’une idée, c’est inconscient.
L’idée peut venir d’un mot, d’une peinture, d’un clip, d’une musique, en flânant dans la rue, en jouant avec mes enfants…
La création a aussi besoin d’une grande part de rêverie, c’est essentiel.
Et rêver, finalement, on peut le faire n’importe où, à tout moment…

Ella Charbon est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Zélie, viens t’habiller !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2019).
  • Nous, on répare tout !, illustration d’un texte de Jean Leroy, l’école des loisirs (2018).
  • Mes petits moments choisis, texte et illustrations, l’école des loisirs (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Caché-Trouvé, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Dodo, Super !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2017).
  • La soupe aux frites, illustration d’un texte de Jean Leroy, l’école des loisirs (2017).
  • Un gâteau comment ?, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2017).
  • Raspoutine se déguise, illustration d’un texte de Jean Leroy, l’école des loisirs (2016).
  • La montagne, illustration d’un texte de Delphine Huguet, Milan (2016).
  • D’un côté… et de l’autre, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Félix à Paris, illustration d’un texte de Géraldine Renault, Éditions Tourbillon (2014).
  • Debout, Super !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2014).
  • Vite !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand voyage d’un petit escargot, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Circonflexe (2013).
  • De toutes les couleurs, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Circonflexe (2012).
  • Des flots de bisous, texte et illustrations, Gautier-Languereau (2009).
  • Ani’gommettes, texte et illustrations, Gautier Languereau (2008).

Le site d’Ella Charbon : http://ellacharbon.ultra-book.com.

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Les invitées du mercredi : Chloé Marquaire, Guillaume Griffon (L’agrume) et Frédérique Bertrand

Par 5 juin 2019 Les invités du mercredi

On adore la maison d’édition L’agrume et ses beaux livres, j’avais donc envie d’en savoir plus sur celle et celui qui sont derrière… Chloé Marquaire et Guillaume Griffon. Ensuite c’est avec l’autrice-illustratrice Frédérique Bertrand qu’on part en vacances ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Chloé Marquaire et Guillaume Griffon (L’agrume)

Parlez-nous de votre parcours
Guillaume : J’ai fait des études littéraires puis une formation aux métiers du livre. À l’issue de cette formation, je suis venu à Paris pour découvrir l’édition à travers des stages. J’ai répondu à une annonce pour un stage au département Jeunesse des éditions Autrement et j’y suis resté 7 ans. J’y ai appris le métier d’éditeur et je me suis passionné pour le livre pour enfant. Quand j’ai quitté Autrement, j’ai d’abord été éditeur freelance pendant 2 ans puis l’envie de porter un projet éditorial global nous a rattrapé, Chloé et moi. La découverte de la bande dessinée Dora a été l’étincelle qui nous a poussé à nous lancer dans l’aventure de l’édition indépendante.
Chloé : J’ai un parcours artistique dans lequel j’ai exploré différentes formes de création — danse théâtre, scénographie, arts graphiques — et qui m’a menée jusqu’à l’édition par goût des livres d’artiste. Pendant une résidence artistique à Buenos Aires, j’ai découvert le livre qui allait changer le cours de ma vie professionnelle, Dora, un roman graphique génial tant pour son récit mêlant fiction et documentaire que pour son graphisme précis et ultra documenté qui nous donna l’impulsion de créer l’Agrume.

C’était en 2012, pourquoi avoir créé cette maison d’édition ?
Tout est parti d’un coup de foudre, comme toujours : le roman graphique Dora qu’il nous semblait indispensable d’éditer. Et puis nous avions un amour commun pour les livres d’artistes, projet autour duquel nous avions déjà travaillé en organisant des expositions collectives à Paris puis à Buenos Aires. Cet attrait pour le livre-objet a été le point de départ de notre collection Jeunesse.

D’où est venu ce nom ?
Nous voulions un nom qui réveille, qui donne envie de goûter et d’être surpris, un nom frais et coloré, à l’image de nos livres.

Quelle est la ligne de la maison ?
Le projet de la maison d’édition est d’explorer l’illustration contemporaine sous toutes ses formes, d’où nos trois collections : Jeunesse, Littérature graphique (la bande dessinée), et notre revue de société Citrus. Une même démarche éditoriale unit ces trois collections : celle de publier des livres d’auteurs, au sens où ils s’inscrivent dans une démarche artistique personnelle et où ils développent un style graphique singulier. On veut publier des projets artistiques forts qui marquent nos lecteurs, que ce soit pour un public adulte ou un public jeunesse. Pour cette raison, on ne passe jamais commande à un auteur. On intervient beaucoup sur les livres qu’on publie, mais l’origine des projets vient toujours de l’auteur. Notre démarche éditoriale est de l’accompagner dans sa création pour aboutir au meilleur livre possible.

Quels sont les livres qui ont marqué la maison ?
Incontestablement La mégalopole de Cléa Dieudonné, pour son format innovant et surprenant, ainsi que son graphisme très singulier. Il a été très remarqué en France et c’est notre best-seller à l’international.
Il y a aussi le très beau pop-up Avec quelques briques de Vincent Godeau, un des premiers livres Jeunesse que nous avons publiés. C’était un projet très audacieux pour une petite maison comme l’Agrume et un livre très singulier dans sa manière d’aborder l’ingénierie papier.
Enfin, il y a récemment Duel au soleil de Manuel Marsol, un western décalé, presque sans paroles, dans lequel le duel entre un cowboy et un Indien est sans cesse interrompu par des éléments perturbateurs. L’effet est extrêmement drôle, et le livre a été doublement primé : Pépites Album 2018 et Prix Sorcières Album 2019.

Il y a plusieurs collections, pouvez-vous nous les présenter ?
Notre collection principale aujourd’hui est notre collection Jeunesse. Comme notre domaine est l’illustration, on publie essentiellement des albums, dans différents genres : tout carton petite-enfance, livres à système, livres narratifs, et quelques documentaires. On s’est lancés avec le livre-objets, notre volonté était de publier des livres d’artistes pour enfants. Puis la collection s’est progressivement élargie à des livres plus classiques dans leur forme, même si nous gardons toujours un grand attrait pour l’objet livre.
La deuxième collection est celle de bande dessinée, intitulée « Littérature graphique ». Nous sommes tous deux de grands amateurs de littérature, de sciences humaines et de cinéma, et cette collection est une sorte de condensé de ces trois passions : des ouvrages qui parlent de sujets de société, proposant des écritures graphiques puissantes et faisant la part belle au texte.
Enfin, il y a Citrus, une revue de société illustrée de 200 pages, notre enfant terrible, qui nous a donné une énergie et une force créative incroyable mais aussi causé d’innombrables insomnies tant c’était lourd pour notre fragile économie. Mais quelle superbe aventure ! Humaine, artistique, intellectuelle ! Après 6 numéros (Football, Faits divers, Sexe, Dieu, Manger et Amériques) nous avons décidé d’arrêter la publication, tout en songeant à reprendre le concept dans une forme nouvelle, non-périodique et plus légère. C’est en réflexion…

Qui compose l’équipe et quel est le rôle de chacun·e ?
L’équipe est composée de cinq personnes : Chloé Marquaire et Guillaume Griffon, les deux fondateurs. Nous nous occupons de toute la production — programme, suivi des projets, fabrication — et de la gestion de la maison. Il y a Stéphanie Vernet qui s’occupe des droits étrangers, un domaine essentiel dans notre économie. La partie graphique est assurée par Pia Philippe. Enfin, pour toute la communication — presse, librairie, salons — Chiara Gennaretti nous a rejoint à l’automne 2018.

D’après vous, qu’est-ce qu’un bon livre jeunesse ?
On pense qu’un bon livre de jeunesse doit proposer une aventure de lecture, c’est-à-dire un certain dépaysement, par son sujet, ses images, son dispositif narratif… Il faut embarquer l’enfant dans un voyage. On pense aussi qu’un bon livre jeunesse doit s’appréhender facilement ; la ligne directrice doit être évidente. On a l’habitude de dire à nos auteurs qu’un livre doit pouvoir s’expliquer en une phrase. Le contenu peut être foisonnant, très riche et étoffé, mais le concept doit être simple.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent·e ?
Nous avons été marqués tous les deux par les classiques de L’école des loisirs (Tomi Ungerer, Leo Lionni, Arnold Lobel), ceux du Père Castor (Petit chat perdu, Roule galette, Les bons amis), les contes (Les mille et une nuits, les frères Grimm), les romans de Roald Dahl. Il y eut aussi Le marchand de fessées de Pierre Gripari, La sorcière Ozepine, Le prince de Motordu

Quelques mots sur les prochains ouvrages que vous allez éditer ?
Dans les prochains mois, on publiera notamment un très bel album de Simon Bailly qui s’inspire d’Utopia de Thomas More, un grand leporello cartonné de Judy Kaufmann qui montre toute l’activité d’une rue, un nouvel album original de Cléa Dieudonné : une maison qu’on visite en ouvrant les pages comme des doubles-portes, et un très beau premier album d’Orane Sigal sur l’aventure d’un petit oiseau.

Bibliographie sélective :

  • Les entrailles de New York, de Julia Wertz (2019).
  • qp, de Powerpaola (2019).
  • Qu’en penses-tu ?, de Marta Comin (2019).
  • Ma cabane du bout du monde, d’Emmanuelle Mardesson et Sarah Loulendo (2019).
  • Quel cirque !, de Judy Kaufmann (2019).
  • J’irai voir, d’Emmanuelle Bastien (2019).
  • Où va Mona ?, de Jérôme Ruillier (2019)
  • L’alphabet cocasse et illustré, d’Anne-Hélène Dubray (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Imagine, de Liuna Virardi (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Monter & descendre, de Marta Comín (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Duos d’animaux, texte d’Emmanuelle Mardesson, illustré par Sarah Loulendo (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Montagne, d’Anne-Hélène Dubray (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Pyramide des animaux, de Cléa Dieudonné (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Mégalopole, de Cléa Dieudonné (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les animaux des villes, de Nadia Budde (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonhomme, sa maison, et pluie et pluie, d’Emmanuelle Bastien (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Dora, l’année suivante à Bobigny, de Minaverry (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Choisis quelque chose, mais dépêche-toi !, de Nadia Budde (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Dora, de Minaverry (2009), que nous avons chroniqué ici.

Le site de L’agrume : http://lagrume.org.


En vacances avec… Frédérique Bertrand

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Frédérique Bertrand que nous partons ! Allez, en route !

5 romans :

  • Annie Ernaux : Les Années
  • Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue
  • Jean Echenoz : Envoyée spéciale
  • Haruki Murakami : Kafka sur le rivage
  • Akira Yoshimura : Le convoi de l’eau

5 DVD :

  • Peau d’âne de Jacques Demy
  • Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati
  • Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki
  • La femme d’à côté de François Truffaut
  • Les habitants d’Alex van Warmerdam

5 CD :

  • Bertrand Belin, PersonaDominique A, La Musique
  • Camille, Ouï
  • Claude Nougaro, Cécile ma fille
  • Bertrand Belin, Persona
  • La Femme, Psycho Tropical Berlin

5 artistes :

  • Giorio Morandi
  • Roland Topor
  • Pina Bausch
  • Robert Rauschenberg
  • Louise Bourgeois

5 livres jeunesse :

  • Mon Amour de Paul Cox
  • Tous les livres de Benoît Jacques (ou s’il en faut un… Titi nounours et la sousoupe au pilipili)
  • OOh-la-la (Max in love) de Maira Kalman
  • Oncle Gilbert de Benoït
  • Poèmes de terre d’Olivier Douzou et Anouk Ricard

5 BD :

  • Frances de Joanna Hellgren
  • Les Rigoles de Brecht Evens
  • Les hommes-loups de Dominique Goblet
  • Guirlanda de Lorenzo Mattotti
  • L de Benoît Jacques

5 lieux :

  • Une chaise dans mon jardin
  • Le bar de la Caravelle sur le vieux port de Marseille
  • La Halle Saint-Pierre à Montmartre
  • Le port du Guilvinec
  • Le Modulor à Berlin (magasin de matériel divers, véritable caverne d’Alibaba des arts créatifs)

Frédérique Bertrand est autrice et illustratrice

Bibliographie (sélective) :

  • Concentre-toi, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Tu vas voir, texte et illustration, Rouergue (2018).
  • Le musée en pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le mensonge, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les billes font la course, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2015).
  • Paris en pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La valise, texte et illustration, Rouergue (2014).
  • Le conte du prince en deux ou l’histoire d’une mémorable fessée, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, Rouergue (2014).
  • New York en Pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2011).
  • Des ailes dans le dos, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2009).
  • Le vieil ogre, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2008).
  • Pierre et le l’ours, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, MeMo (2007).
  • Les Mauvais Perdants, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, Rouergue (2001).

Le site de Frédérique Bertrand : http://www.frederiquebertrand.fr.

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Les invité·e·s du mercredi : Véronique Mazière et Coline Pierré

Par 29 mai 2019 Les invités du mercredi

Encore un beau mercredi aujourd’hui puisqu’on passe d’abord un moment avec l’autrice-illustratrice Véronique Mazière, qui vient de sortir le très beau Bientôt, puis on part en vacances avec l’autrice Coline Pierré, qui sort aujourd’hui même le très bon album Je peux te manger ?. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Véronique Mazière

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Les livres ont toujours fait partie de ma vie depuis l’enfance, je me souviens du plaisir de lire toute la journée en vacances, c’est toujours une activité qui me ravit. Et tout ce qui était manuel m’intéressait, j’ai fait toutes les activités possibles, 100 idées était ma revue préférée. J’ai donc fait des études littéraires et le dessin s’est imposé à moi, je me suis orientée vers une école d’art en dessin textile. L’envie de m’exprimer par des histoires est arrivée en cours d’études et ne m’a pas quittée.

Vous venez de sortir Bientôt chez Didier Jeunesse, pouvez-vous nous parler de cet album et de comment il est né ?Bientôt
C’est un album qui m’est cher car il résulte d’une belle aventure. Ce projet a été lauréat du concours de la bibliothèque de la Somme, « un bébé, des parents, un livre » dont le but est d’offrir un livre à tout enfant né ou adopté en 2018 dans ce département. J’ai accompagné ce livre pendant un an grâce à des ateliers en médiathèques et je suis heureuse que Didier jeunesse ait aimé ce livre et le publie à son tour.

Sur cet album, vous avez utilisé la gravure pour la première fois, mais vous aimez varier les techniques. Quelles sont celles que vous aimez utiliser et comment choisissez-vous celle que vous allez utiliser pour un projet ?
J’ai utilisé plusieurs techniques au fil du temps, papiers découpés, peinture retravaillée sur Photoshop, et récemment j’ai eu envie de retrouver la linogravure que j’avais pratiquée pendant mes études. Cela donne des contraintes, bien sûr, mais le plaisir de chercher la couleur et la forme en direct est plus grand pour moi que travailler sur ordinateur. C’est pour l’instant la seule technique que j’envisage.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Je me sens comme une éponge qui a besoin d’emmagasiner des images, des sensations, des émotions. J’ai autant besoin de nature, que de voir des œuvres d’art et d’aller au cinéma. J’aime chercher la beauté dans tout ce qui m’entoure. Ensuite tout est filtré et j’espère offrir un breuvage qui apportera du plaisir à mes lecteurs, petits et grands.

Est-ce que vous commencez par écrire le texte ou le texte naît de vos illustrations ?
Souvent des personnages se présentent sous mon crayon, avec leur personnalité propre, et quand j’écris une histoire, je pense à eux. Tout est mêlé mais j’essaie d’avoir une histoire aboutie avant de me plonger dans le dessin, partie la plus facile pour moi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?La graine de Gigi
Je lisais beaucoup, tout ce qui me tombait sous la main. J’ai retrouvé récemment La vache orange et j’ai découvert que je me souvenais très bien des images de cette lecture ancienne. Je dévorais Le journal de Mickey et les livres des bibliothèques rose et verte, les Fantômettes me faisaient rêver. Plus tard, j’ai découvert les sœurs Brontë et Sagan, les sœurs Groult dont les propos intelligents et féministes m’ont marquée et ont influencé mes lectures, les auteurs américains du Montana.

Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet et pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Je travaille toujours sur un nouveau projet, ça ne s’arrête jamais et c’est tant mieux. C’est encore une histoire d’animaux qui nous ressemblent. La forêt n’est jamais loin et l’humour non plus j’espère. Mais il est trop tôt pour en parler…

Bibliographie sélective :

  • La graine de Gigi, texte et illustrations, Points de suspension (à paraître juin 2019).
  • Bientôt, texte et illustrations, Didier jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Le chien de A à Z, avec Patrick Pasques, Circonflexe (2018).
  • La puce de A à Z, avec Patrick Pasques, Circonflexe (2018).
  • Une petite sieste, texte et illustrations, Points de suspension (2015).
  • Oh ! Un bébé !, texte et illustrations, Didier jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonjour, bonsoir, texte et illustrations, Didier jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde-toi dans le miroir… et fais comme moi, texte et illustrations, Didier jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • 1, 2, 3 lapins, texte et illustrations, Didier jeunesse (2011).
  • Il court, il court, le furet…, texte et illustrations, Casterman (2010).

Retrouvez Véronique Mazière sur son site : http://veronibook.blogspot.com.


En vacances avec… Coline Pierré

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Coline Pierré que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Crockett Johnson : Harold et le crayon violet
  • Isabel Martins et Bernardo Carvalho : Halte on ne passe pas
  • Quentin Blake : Les cacatoès
  • Barroux : Où est l’éléphant ?
  • Jon Klassen, Mac Barnett : Extra doux

5 romans

  • Roald Dahl : Le bon gros géant
  • Boris Vian : L’arrache cœur
  • Romain Gary : Chien blanc
  • Florence Seyvos : Le garçon incassable
  • Jack London : Martin Eden

5 DVD

  • Nora Ephron : Vous avez un message
  • Michel Gondry : Eternal sunshine of the spotless mind
  • Stanley Donen : Singing in the rain
  • Aaron Sorkin : À la maison blanche
  • Wes Anderson : Rushmore

5 CD

  • Radiohead : Kid A
  • Coconut records : Nighttiming
  • Neil Young : Harvest
  • Elliott Smith : Figure 8
  • Sebastien Schuller : Evenfall

5 BD

  • Bill Watterson : Calvin et hobbes
  • Howard Zin, Mike Konopacki et Paul Buhle : Une histoire populaire de l’empire américain
  • Frederik Peeters – Les pilules bleues
  • Marion Fayolle – La tendresse des pierres
  • Elodie Durand – La parenthèse

5 artistes

  • Matisse
  • Sylvia Plath
  • Aaron Sorkin
  • Sophie Calle
  • Saul Steinberg

5 lieux

  • Les bords de Loire depuis le TGV Angers – Nantes
  • les îles au large de Göteborg
  • le café .Cardinal à Angers
  • L’océan glacial et turquoise à Ouessant
  • Partout où il y a de l’eau (propre) dans laquelle on peut se baigner

Coline Pierré est autrice.

Bibliographie (jeunesse) :

  • Je peux te manger ?, album illustré par Maéva Tur, La plage (2019).
  • Nos mains en l’air, roman, Le Rouergue (2019).
  • Les nouvelles vies de Flora et Max, roman coécrit avec Martin Page, l’école des loisirs (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La révolte des animaux moches, roman illustré par Anne-Lise Combeaud, Rouergue (2018).
  • Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, album illustré par Loïc Froissart, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La Folle rencontre de Flora et Max, roman coécrit avec Martin Page, l’école des loisirs (2016).
  • Ma fugue chez moi, roman, Le Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • L’immeuble qui avait le vertige, roman, Le Rouergue (2015).
  • N’essayez pas de changer, le monde restera toujours votre ennemi, roman coécrit avec Martin Page, Monstrograph (2015).
  • Petite encyclopédie des introvertis, roman, Monstrograph (2015).
  • Apprendre à ronronner, roman illustré par José Parrondo, l’école des loisirs (2013).

Le site de Coline Pierré : http://www.colinepierre.fr.

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Les invité·e·s du mercredi : Églantine Ceulemans et Gaëlle Farre (librairie Maupetit)

Par 22 mai 2019 Les invités du mercredi

Anaïs vous a parlé la semaine dernière de Coiffeur pour monstres et je me suis rendu compte que nous n’avions jamais interviewé son illustratrice, Églantine Ceulemans (alors qu’on aime beaucoup son travail), cette erreur est corrigée ! Ensuite, c’est à nouveau une libraire qui est l’invité de la rubrique Ce livre-là. Cette fois, c’est Gaëlle Farre de la librairie Maupetit à Marseille. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Églantine Ceulemans

Vous venez d’illustrer Coiffeur pour monstres, sorti chez Père Castor, pouvez-vous nous parler de cet album ?
Coiffeur pour Monstres est un album à partir de 4 ans écrit par Alexandre Lacroix aux éditions Flammarion. C’est l’histoire d’Oscar qui, ayant besoin d’une bonne coupe de cheveux se retrouve à aider un coiffeur pas tout à fait ordinaire…
C’est mon éditrice et amie Anne-Claire Monnier chez Flammarion qui m’a proposé Coiffeur pour Monstres, elle a été la première à me faire confiance avec l’album des Trois petits Chats d’Anne Fronsacq, et quand elle m’a proposé Coiffeur pour Monstres, en plus d’avoir vraiment aimé l’histoire, j’avais envie de me donner à fond, cela faisait longtemps que je n’avais pas fait d’album et je voulais vraiment être à la hauteur de sa confiance et aussi du texte.
Je me suis donc un peu (beaucoup) mise la pression mais tout en m’amusant énormément. Le merveilleux texte d’Alexandre a joué pour beaucoup dans cette équation. Anne-Claire n’a malheureusement pas pu me suivre durant toute la réalisation, mais David Laforgue, qui a repris les rênes a su me cadrer et me rassurer à chaque étape, ça a été un travail qui m’a demandé beaucoup d’investissement, mais j’en suis ravie.

Vous avez dû vous régaler à créer ces montres, comment avez-vous travaillé sur ces illustrations ?
Oui, c’était super ! Alexandre (l’auteur) s’est amusé à faire allusion à tous types de monstres, issus de la mythologie, mais aussi des histoires populaires, des animaux qui font peur, etc. On m’a laissé un immense champ libre, je me suis vraiment lâchée.
J’aime faire rire, j’ai donc cherché à pousser les caractéristiques de chacun des monstres, en cherchant à les tourner en ridicule, pour faire sourire les enfants et aussi ne pas complètement les effrayer (un détail à ne pas négliger tout de même !).
Il y a par exemple une grosse araignée qui tricote, le monstre de Frankenstein qui prend un bain de pieds ou encore une tête coupée à moustache rousse qui semble pas du tout ennuyée de sa situation…

Suivant les projets, vous utilisez plusieurs techniques d’illustrations
Oui, je varie souvent, mais j’ai tout de même mes techniques préférées. Je travaille principalement en technique traditionnelle, c’est-à-dire avec de la peinture et pas sur l’ordinateur. Mais je bidouille beaucoup sur Photoshop après coup ! J’aime bien le contact avec le papier, la matière que crée la peinture et aussi les variations de la couleur en technique traditionnelle.
Je travaille habituellement avec une encre qui s’appelle la Colorex, qui est très pigmentée et donne des couleurs très vives, elle est idéale pour les premières lectures notamment, comme il y a beaucoup de blanc de papier pour faciliter l’apprentissage, le peu de couleurs utilisées permet de bien faire ressortir l’illustration.
Mais pour Coiffeur pour Monstres, je suis revenue à l’aquarelle, qui a plus de matière et dont les couleurs sont plus profondes et avec de belles transparences, je trouvais que ça faisait un bon écho à l’histoire d’Alexandre dont l’ambiance n’était pas toujours rassurante, mais en restant légère et très drôle.

Où trouvez-vous l’inspiration ?
Un peu partout ! J’aime beaucoup m’attarder sur les détails, les motifs sur le débardeur de mon voisin de métro, cette jolie lumière qui rebondit sur un coin de la table, les ongles violets d’une dame flippante qui avait mal mis son rouge à lèvres. Toutes ces choses, je les mets dans une petite boîte dans mon cerveau, que j’ouvre dès que j’ai besoin d’idées pour mes dessins.
Après, j’ai aussi été très inspirée par beaucoup d’illustrateurs, comme Babette Cole, Quentin Blake, Posy Simmonds, Benjamin Chaud, Sempé, etc. Tous ont en commun l’humour et les petits détails dans le dessin et c’est vraiment ce que j’essaye de faire dans mes illustrations. J’ai besoin de rire et de pouvoir passer des heures à m’imaginer vivre dans les dessins.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis née en Belgique, il y a très longtemps pour les enfants, mais pas si longtemps pour les adultes. Je suis arrivée en France à l’âge 10 ans et je n’en suis plus repartie depuis. J’ai vécu dans de nombreuses villes mais c’est à Lyon que je suis restée le plus longtemps. J’ai commencé des études de comptabilité après le bac et je me suis vite rendu compte que c’était pas fait pour moi…
On m’a parlé de l’école d’art Émile Cohl, j’ai postulé et j’ai été prise.
Je dois avouer qu’au tout départ, c’est ce hasard qui m’a propulsée dans le monde de l’illustration, j’avais toujours dessiné, mais n’avais jamais pensé à en faire une profession. Je me suis vraiment épanouie à partir de ce moment-là et j’ai jamais regretté d’avoir pris cette direction.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Comme j’ai vécu en Belgique toute mon enfance, en Flandre, je lisais beaucoup en néerlandais, langue que je ne pratique plus aujourd’hui, ce qui fait que je ne reviens que rarement à mes lectures d’enfant et en ai peu de souvenirs. J’ai néanmoins plusieurs livres (parfois traduits) en français qui me sont extrêmement précieux aujourd’hui.
Notamment Le gentil Facteur du couple Alberg, que j’ai dû lire 1000 fois, ou encore J’ai un problème avec ma mère de Babette Cole, qui me fait mourir de rire encore aujourd’hui. J’ai aussi découvert Le petit Nicolas quand j’apprenais à écrire le français (je ne savais écrire que le néerlandais à 10 ans) et ça a été merveilleux d’avoir cette lecture durant mon apprentissage.
Les romans de Marie-Aude Murail n’avaient pas de secret pour moi ado, je pourrais vous dire encore aujourd’hui où ils se trouvaient dans la bibliothèque de la petite ville où je vivais à cette époque.

Quels sont vos prochains livres que l’on va découvrir ?
Je travaille sur plusieurs projets actuellement, vous pourrez me trouver à la rentrée chez Bayard avec La voleuse de Noël d’Anne-Laure Bondoux dans la collection J’aime lire, ou encore chez Magnard pour notre dernier Lasco de la grotte avec l’autrice Sandrine Beau. Il y aura aussi des choses chez Little Urban… je m’en réjouis d’avance, même si je ne peux pas encore en parler !
Pour les anglophones, j’illustre actuellement la plupart des Jane Austen pour Hachette UK (très bien réécrits pour le public pré-ado), c’est un vrai plaisir à faire.

Bibliographie sélective :

  • Coiffeur pour monstres, illustration d’un texte d’Alexandre Lacroix, Père Castor (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Lasco de la grotte, illustration de textes de Sandrine Beau, Magnard (2017-2019).
  • Kidnapping à la confiture, illustration d’un texte de Marie Lenne-Fouquet, Sarbacane (2019).
  • Comment devenir une vraie sorcière ?, illustration d’un texte d’Anne-Marie Desplat-Duc, Scrinéo (2018).
  • Ma maison a le hoquet, illustration d’un texte de Myriam Dahman, Magnard (2016).
  • Monsieur Tilali, illustration d’un texte de Sabine du Faÿ, L’Élan vert (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup et les sept chevreaux, illustration d’un texte de Magdalena, Castor Poche (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit et les arbres poussaient, illustration d’un texte de Loïc Clément, Les p’tit bérets (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’univers ce qu’on ne sait pas encore, illustration d’un texte d’Anna Alter et Hubert Reeves, Le Pommier (2013), que nous avons chroniqué ici.

Le site d’Églantine Ceulemans : http://eglantineceulemans.com.

 


Ce livre-là… Gaëlle Farre (librairie Maupetit)

Ce livre-là… Un livre qui touche particulièrement, qui marque, qu’on conseille souvent ou tout simplement le premier qui nous vient à l’esprit quand on pense « un livre jeunesse ». Voilà la question qu’on avait envie de poser à des personnes qui ne sont pas auteur·trice, éditeur·trice… des libraires, des bibliothécaires, des enseignant·e·s ou tout simplement des gens que l’on aime mais qui sont sans lien avec la littérature jeunesse. Cette fois, c’est la libraire Gaëlle Farre de la librairie Maupetit à Marseille notre invitée.

De l’indicible lien qui unit une mère à son enfant

Ce livre-là s’ouvre sur une phrase de Tove Jansson – la maman de Moumine le troll : « Une méduse, c’est un corps transparent avec un cœur de fleur. » et c’est un bon présage.
Ce livre-là, c’est Mère Méduse et depuis sa parution en 2014, chaque lecture de cet album m’a tour à tour enthousiasmée, émue, aidée ou rassurée.

Au cœur de ce livre-là, il y a une maman qui aime passionnément Irisée, son enfant, si bien qu’elle pourrait l’étouffer et l’empêcher de vivre. Mais par amour pour sa fille, Mère Méduse va réussir à faire un pas de côté et lui permettre d’évoluer par elle-même.
Ce livre-là ne s’épuise pas à la première lecture. On peut le lire, le relire et y découvrir des espaces à chaque fois différents. (C’est un critère de bon livre que de supporter de multiples lectures !)
Proposer Mère Méduse à la librairie a fait naître au fil des ans plusieurs moments émotionnants qui se sont clos par des yeux mouillés et des mercis délicats.
Ce livre-là est à conseiller aux petits comme aux grands et il leur fera vivre des choses différentes – voilà un autre critère de bon livre que de contenir plusieurs niveaux de lecture !

Dans ce livre-là, il est question de maternité bien sûr – notons d’ailleurs que Kitty Crowther montre l’accouchement dans ses images. La mention me semble utile car étonnamment, ça n’est si pas fréquent. Mère Méduse parle donc du lien immense qui existe entre une maman et son enfant mais pas seulement. Il y est question d’amour tout court et aussi de liberté, de confiance en soi et du respect de l’autre. Il y a au sein de Mère Méduse un choix, un renoncement nécessaire à faire mais qui permet un si bel avancement.
Kitty Crowther ne dit pas tout, ne dit pas trop, car elle a une grande confiance dans l’intelligence de ses lecteurs. François Ruy-Vidal disait « Il n’y a pas de littérature pour enfants, il y a la littérature. » et ce livre-là en est une preuve.
Pour résumer, Mère Méduse fait grandir les cœurs, les tout neufs comme les moins jeunes.

La rubrique Ce livre-là est au singulier mais je vais me permettre de parler d’un autre livre car Mère Méduse me fait immanquablement penser à un autre titre, l’un des plus percutants que je connaisse, Julie capable.

Dans celui-ci, il est également question du lien très fort entre une mère et son enfant mais ici, l’une des deux est absente. La maman est morte. Julie se croit responsable de cela et s’empêche de vivre jusqu’à ce que lui soit délivré un message.
Les phrases qui suivent sont pour moi l’un des plus beaux moments de littérature qui soit :
Je sais combien tu aimais ta maman.
Je sais combien tu l’aimes encore aujourd’hui.
Tu ne pouvais pas l’aimer plus que cela.
(…)
Même si tu l’avais aimée autrement, elle serait morte.
Tu étais alors, comme aujourd’hui encore,
capable de beaucoup de choses.
Mais tu n’avais pas le pouvoir
de maintenir ta maman en vie.
Aucun enfant n’aurait pu le faire.

Julie Capable est un livre qui permet de mieux vivre.

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ces livres, voici leurs références :
. Mère Méduse est écrit et illustré par Kitty Crowther, une artiste pour laquelle j’ai beaucoup de respect et d’admiration.
. Le texte de Julie Capable est signé Thierry Lenain. La version illustrée par Anne Brouillard chez Grasset jeunesse est parue en 2005 mais est malheureusement épuisée. Tout comme la réédition limitée à 999 exemplaires en 2012 chez Samoa et illustrée par Beatrice Alemagna, Olivier Balez, Barroux, bobi+bobi, Irène Bonacina, Laurent Corvaisier, Kitty Crowther, Rebecca Dautremer, Thierry Dedieu, Claude K. Dubois, Delphine Durand, Yann Fastier, Antoine Guilloppé, Emmanuelle Houdart, Joëlle Jolivet, Benjamin Lacombe, Régis Lejonc, Antonin Louchard, Henri Meunier, Benoit Morel, Gilles Rapaport et Rascal.
Une réédition chez D’eux éditions est prévue en 2020 et d’ici là, vous pourrez peut-être le trouver en bibliothèque et sinon, Thierry Lenain permet une lecture numérique en cliquant ici : https://www.calameo.com/read/000416779e826b9e63038


Gaëlle Farre est libraire à la librairie Maupetit, 142 La Canebière à Marseille. Retrouvez cette super librairie sur son site :
http://maupetitlibraire.fr.

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